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videoyoutube.com· 8 juillet 2026

Iran : "On va frapper fort ce soir", Donald Trump|LCI

Transcription automatique. À recouper avec la source d'origine.

L.C. Direct, soyez les bienvenus si vous nous rejoignez.

On suit la situation très évolutive sur le front de la guerre entre les Etats-Unis et l'Iran parce qu'on peut bien reparler de guerre. Le cessez-le-feu est terminé, c'est ce qu'a dit Donald Trump ce matin. Il y a quelques instants, il s'est exprimé, Donald Trump, à nouveau.

Il a confirmé qu'il y aurait de nouvelles frappes la nuit prochaine. Il se comporte très mal. D'ailleurs, c'est le cas depuis 47 ans.

On les a frappés très fort hier soir après qu'ils aient lancé. Vous n'êtes peut-être pas au courant, vous ne savez peut-être pas, mais ils ont lancé quelques drones et un missile aussi vers des navires puisqu'ils traversaient le détroit, ce qu'ils avaient tout à fait le droit de faire d'ailleurs. Donc on les a frappés très fort hier soir.

On va sûrement refaire pareil ce soir. Je les préviens, on va les frapper fort ce soir. Mais voilà, on verra comment ça se déroule.

On va refrapper fort ce soir, le cessez-le-feu est terminé. Donald Trump qui n'exclut pas quand même qu'il finisse par trouver un accord. Comment en est-on arrivé là ?

Un tel degré, un tel regain de tension, il faut remonter le fil des dernières heures. C'est ce qu'on va faire avec vous, Camilla Campuzano. Camilla, tout a commencé donc hier soir avec une attaque iranienne.

Oui, effectivement, les tensions, elles ont repris dans le détroit d'Ormuz. En moins de 24 heures, trois navires représentés ici ont été visés. Des navires commerciaux qui appartenaient à différents pays.

Au moins deux de ces attaques ont été attribuées à l'Iran. Une violation flagrante du cessez-le-feu pour les Etats-Unis. Alors représailles dans la nuit.

Regardez, ce sont des images de l'Iran. Explosion en plusieurs endroits. Et parmi les cibles, ce grand port, celui de Bandarabas en flamme avec des fumets visibles à des kilomètres à la ronde.

Au total, ce sont 80 cibles qui ont été visées, notamment dans la ville de Syrik et sur l'île de Keshem. L'armée américaine donne le détail. Système de défense aérienne visé, des sites de commandement, des missiles anti-navirs et une soixantaine de petites embarcations.

Des frappes 4 à 5 fois plus importantes que celles d'il y a 10 jours, selon un responsable qui se serait exprimé dans le média américain, Axios. Alors le commandement central américain a lui-même posté ces images de l'opération qui a été menée cette nuit. Avec cette menace, les forces américaines restent mobilisées et prêtes à demander des comptes à l'Iran si l'accord n'est pas respecté ou bafoué.

Bilan de ces attaques, au moins un mort parmi les gardiens de la révolution. Et l'Iran n'a pas tardé à répliquer dès la nuit dernière. Effectivement, en réalité, ce sont les deux camps qui s'accusent mutuellement d'avoir violé ce cessez-le-feu.

Raison pour laquelle 85 sites ont été visés par l'Iran, annonce officielle. Et parmi les sites visés, c'est la base d'Ali Salem qui se trouve au Koweït. Mais également au Bahreïn, la base aérienne de Sheikhiza et le siège de la 5e flotte américaine.

Voici, vous allez voir les images qui ont été postées de ces tirs iraniens sur les réseaux sociaux. Les bases américaines ne sont pas à l'abri. Elles restent menacées puisque l'état-major iranien a déclaré par voie de communique et encore aujourd'hui, tout soutien apporté à l'armée américaine agressive pour violer la souveraineté et le territoire de l'Iran islamique sera une cible légitime, je cite, des forces armées.

Et d'ailleurs, comme vous l'entendez, dans quelques instants, vous allez voir, L'alerte reste très importante dans les pays cibles au Koweït. Alerte encore ce matin qu'on pouvait entendre dans les rues le Koweït qui est d'ailleurs devenue une cible récurrente de l'Iran. Merci beaucoup Camilla pour toutes ces explications.

Ce qu'on vient de voir pourrait donc bien être ce qui va se reproduire la nuit prochaine puisque Donald Trump promet de nouvelles frappes sur l'Iran. Deux jours consécutifs, ça n'était pas arrivé depuis plusieurs semaines. Donald Trump qui participe pour le moment à une réunion bilatérale avec le président Zelensky depuis le sommet de l'OTAN à Ankara et qui va se réexprimer dans les prochaines minutes.

On suivra cela en direct, peut-être en dira-t-il plus sur ces buts de guerre. Parce que si on frappe deux jours de suite, il faut bien qu'il y ait un but et que ça débouche sur quelque chose. Général, c'est aussi ça la question.

Si on repart dans un moment de tension plus fort, plus intense, frappière, frappe cette nuit, pour quel but ? Alors c'est vrai que le but militaire sera difficile à atteindre. Bon, c'est d'abord de fragiliser sans doute toutes les infrastructures militaires qui se seraient reconstruites.

Parce qu'on en a beaucoup parlé, j'ai quelques doutes, même en quelques semaines, on puisse vraiment beaucoup renforcer le système. Mais peu importe, tout ce qui aura été identifié, qui n'aurait pas été détruit avant, pourra l'être maintenant, parce qu'il a été vu. Tout ce qui a été reconstruit pourra être redétruit.

Donc ça sera un affaiblissement. Mais pour autant, est-ce que ça résoudra le problème ? Je pense qu'il y aura ces frappes régulières, j'irais, qui sont plutôt un message de fermeté qui sera porté, tout en affaiblissant l'Iran, qui a quand même beaucoup souffert de cette guerre du point de vue militaire.

Mais qui a réussi à répliquer cette nuit ? Oui, mais en fait, quel nombre de drones, quel type de missiles ont vraiment été envoyés à 300 km de la frontière, je dirais, de l'Iran, de la bordure maritime de l'Iran ? Donc la question, je disais tout à l'heure, c'est qu'en fait, est-ce qu'il y a eu même des frappes sur Israël ?

Parce qu'à la limite, l'Iran aurait pu très bien dire, allez, je balance quelques missiles sur Israël. Alors peut-être que soit l'Iran craint la riposte d'Israël, ce qui serait fort possible, soit peut-être qu'il n'y a plus autant de missiles de longue portée capable d'atteindre Israël. Et on se contente de frapper les pays arabes du Golfe.

Voilà. Bon, maintenant, le but militaire, donc je crois que le but militaire, c'est plutôt pour montrer la détermination, la volonté de Donald Trump. Et puis il y a le deuxième aspect, que moi je crois quand même très crédible et qui peut être remis en place très facilement, c'est ce blocus maritime.

Si finalement on ne veut pas passer par les droits d'Hormuz pour les uns pour les autres à cause des Iraniens, je pense que si les États-Unis s'y mettent à nouveau de bloquer tous les passages de navires, je pense que là il y a un affaiblissement vraiment durable du gouvernement iranien, et que là peut-être on obtiendra quelque chose, parce qu'il sera pris à la gorge. Mais je ne crois pas que ce soit la solution militaire qui apportera la réponse. David Rigoulet-Rose nous a rejoint.

Bonjour, vous êtes chercheur à Alifas, rédacteur en chef de la revue Orient Stratégie. Comment vous lisez cette nouvelle posture de Donald Trump ? Deuxième nuit de frappe annoncée.

J'ai face à moi, on va reprendre ses mots à Donald Trump, des ordures, des malades, des vicieux, on ne peut pas discuter avec eux. Oui, mais ça, ça fait partie des déclarations outrancières, coutumières du président américain. Sur le fond, on voit bien que sa patience est à bout.

Et d'ailleurs, ça avait été quand même annoncé par Mike Walsh, qui est son représentant à l'ONU, en disant que la patience du président Donald Trump n'était pas illimitée. Et là, il y a un vrai enjeu, en fait, miscalculation des deux parties. Les Iraniens savaient très bien qu'il y aurait une réponse américaine.

Justement, aux frappes qu'ils ont effectuées, sur un méthanier qatari. Ce qui est paradoxal, d'ailleurs, parce que le Qatar est plutôt un médiateur, etc. Et puis sur les pétroliers saoudiens, dans les eaux manaises, il faut préciser quand même, ce n'est pas les eaux territoriales iraniennes.

C'était une manière de montrer qu'ils voulaient assurer leur mainmise sur le D3, alors même que dans les clauses du protocole, il y avait un mois qui précisait qu'il y avait une fluidité qui était attendue, avec un statut à redéfinir in fine, mais en tout cas, dans le premier temps, donc il y a une violation. Alors, ils accusent les Américains de violation, en réalité, là, la violation, elle est du côté iranien de manière avérée, même s'ils sont dans un déni plausible, mais qui ne fonctionne plus. Et donc, ça a entraîné la réplique américaine, qui est une réplique dite punitive, contrairement à la réplique précédente, qui s'est voulu, on va dire, calibrer, paramétrer, etc.

Là, 80 frappes, c'est important. Le président laisse entendre qu'il y aura d'autres frappes. Sa patience est, effectivement, et le problème, c'est que les Iraniens jouent avec le feu.

Ils font un pari sur le fait que les frappes militaires américaines constituent une impasse stratégique. C'est-à-dire qu'il ne pourra pas aller au-delà d'un certain seuil. Et ça peut être une erreur fatale.

Le seuil en question, c'est de frapper les infrastructures qu'il n'a pas fait jusqu'à présent, les infrastructures énergétiques du pays. Parce que, quand même, Donald Trump, en colère, exaspéré, des bases américaines touchées la nuit dernière par les Iraniens dans les pays du Golfe, Donald Trump, à un moment, on connaît son caractère incontrôlable, peut aussi décider de taper fort du poing sur la table. Oui, ça fait partie des scénarios envisageables.

Ce qui me semble important, c'est qu'on insiste bien sur le fait que, dans cette zone du monde, où les acteurs extérieurs agissent dans cette zone du monde, personne ne veut la même chose. Absolument personne. Et si on s'arrête sur le seul cas de Donald Trump, il y a le côté imprévisible, ça vient d'être fort bien dit, mais il y a aussi le fait que lui-même, il y a trois, quatre mois, le narratif n'était pas polarisé sur le nucléaire.

Il a annoncé tout à l'heure à Ankara que le seul sujet qui, en fait, le préoccupe, c'est le nucléaire iranien. Ce n'est pas le changement de régime, c'est encore moins la population iranienne, ça vraiment, on s'en contrefiche. Et donc, si l'Iran doit rester une dictature, tant qu'elle n'est pas nucléaire, ce n'est pas un problème.

Ce n'est pas du tout ce que pensent Israël, ce n'est pas du tout ce que pensent plusieurs monarchies du Golfe. Donc, on a une bordélisation générale, pardon, au Moyen-Orient, qui n'est pas nouvelle, qui est toujours un peu plus grave, parce qu'on a rajouté des instabilités dans la zone ces derniers mois. Hormuz en fait partie.

Et ce qu'on a sans doute mal mesuré aussi, c'est à quel point les Iraniens sont en capacité de faire une guerre d'usure et d'aller taper sur les terrains économiques, informationnels, pour déstabiliser en fait les chaînes énergétiques mondiales, parce qu'ils ont ces atouts-là par Hormuz, par la géographie, par les ressources, et de finalement tester les colères de Trump ou les capacités de Trump d'être sur son narratif « moi je règle des problèmes ». Et là, en fait, comme ça a été dit, hier dans les eaux homanaises, on va tester jusqu'où Trump est capable de rester calme. En fait, on ne teste pas Oman, on ne teste pas le Qatar.

On teste Trump. C'est un jeu dangereux. Et c'est un jeu très dangereux.

On teste Trump, mais on joue aussi en fait sur le rééquilibrage de la région, parce qu'il faut quand même souligner que depuis hier soir et depuis ces frappes, il y a tout de même des navires qui sont passés. On en compte au moins trois. Il y avait par exemple un très gros navire qui transportait 2 millions de barils de pétrole.

C'est quand même assez conséquent du pétrole émiratique, qui est sorti encore aujourd'hui. Donc on voit que c'est toujours possible. Comment ?

Tout simplement en prenant la route qui est imposée par les Iraniens. Et c'est ce que cherchent à faire aujourd'hui les gardiens de la Révolution, imposer leur méthode et aussi discuter, négocier avec les différents acteurs pour qu'ils ne se tournent pas vers les Israéliens, vers les Américains, mais qu'ils gardent des relations avec les Iraniens. Et je reviens également sur ce qui avait été dit sur les frappes sur Israël.

On voit bien que les Iraniens n'ont aucun intérêt à frapper Israël, puisque là on voit qu'ils frappent encore une fois les acteurs régionaux avec qui ils vont pouvoir discuter, essayer de négocier comment on va vous préserver. S'ils frappent Israël, Israël n'attend évidemment que ça pour pouvoir répliquer et repartir. Le mot du détroit d'Hormuz peut-être un peu, puisqu'on l'évoque, le dernier chiffre c'est 6 000 marins qui sont toujours bloqués dans le détroit d'Hormuz aujourd'hui, avec toutes les conséquences économiques, et notamment sur le prix du baril.

Oui, rapidement sur Hormuz, d'abord c'est pas complètement réouvert et c'est pas totalement fermé. Donc on est dans l'incertitude, il y a des bateaux qui passent, il y en a qui peuvent pas passer. Qui ne correspond pas à l'accord que rappelait David Régoulé-Rose à l'instant.

Exactement, et néanmoins dans la question derrière qui est toujours posée, c'est est-ce que Hormuz va devenir un passage payant ? Et si c'est payant, est-ce que c'est l'Iran uniquement qui fait passer à la caisse ? Est-ce que les voisins sont OK avec ce système potentiel ?

Mais surtout, est-ce que la Maison Blanche, est-ce que les États-Unis sont prêts à céder Hormuz, gérés par l'Iran, parce que ça permet une réouverture, ça permet de s'arranger sur d'autres dossiers ? Encore une fois, ouvrir cette boîte de Pandore-là sur le droit maritime international, ça va donner plein d'idées en Asie, mais dans d'autres espaces maritimes. Et c'est intéressant parce que ça nous ramène à cette redéfinition permanente du but de guerre de Donald Trump, c'est-à-dire que Hormuz est un sujet, Emmanuel Macron à l'instant vient d'en parler en disant il faut la libre circulation des bateaux, mais Donald Trump, vous le rappeliez il y a un instant, dit non, non, ce qui est maintenant important c'est le nucléaire.

En réalité ça a toujours été ça, c'est-à-dire que le problème c'est qu'il a offert Hormuz sur un plateau aux Iraniens ce qui n'était pas prévu. C'est un déficit stratégique d'évaluation initiale. Pour le dommage collatéral non anticipé.

Oui mais c'est une bombe atomique pour les Iraniens, c'est d'ailleurs le qualificatif qu'ils ont employé, on a une bombe, c'est pas celle que vous croyez, c'est celle-là. C'est relatif cela dit, on pourra le dire parce que c'est pas aussi simple que ça. Mais en tout cas, il y a une constante chez Donald Trump et on aurait tort de la sous-estimer, les Iraniens auraient tort, c'est le nucléaire.

Il ne transigera pas sur le nucléaire. Et je pense qu'il y a, quels que soient les griefs ou les critiques qui peuvent être formulées à son endroit, et elles sont nombreuses et légitimes, il y a une constante, c'est celle-là, et il dérogera pas cette constante, vraisemblablement, et ça explique qu'ils se sentent piégés là, parce qu'effectivement il sait pas comment gérer le problème. Mais les frappes par les Iraniens, ça passe un peu sous les radars, mais les Américains avaient levé ce qu'on appelle les waivers, c'est-à-dire qu'ils avaient fait des dérogations pour un mois, les 60 jours, qui normalement étaient censés pouvoir faire entrer de l'argent au profit de l'Iran, puisque pendant cinq semaines, ils avaient été amputés par le contre-blocus.

Or l'Iran ne vend pas son pétrole, ce qu'on ne sait pas forcément. C'est-à-dire que l'Iran pensait qu'avec la levée, justement avec la dérogation, il allait pouvoir vendre. Il n'y arrive pas, parce qu'en réalité il y a un influx sur le marché, et il se trouve que les pétromonarchies évacuent aussi leurs stocks avec une décote qui concurrence la décote.

Et les Chinois achètent moins de pétrole. Donc en réalité, les rentrées qui étaient attendues par les Iraniens ne sont pas aussi importantes qu'ils l'espéraient. Et ça explique aussi la tension très forte qu'il y a sur la région.

Et d'ailleurs, quand Donald Trump dit que l'accord est terminé, le cessez-le-feu est terminé, il dit aussi retour des sanctions sur les exportations de pétrole. Oui, c'est exactement ce qui a été dit. C'est la fin de cet arrêt des sanctions.

On avait estimé effectivement qu'en 60 jours, les Iraniens auraient pu empocher comme revenu 8 milliards de dollars. Et ce n'est pas le cas. Ce qui est incroyable, c'est qu'on voit bien que quelque part, il y avait le pari, il y avait un peu le côté iranien, on va vous faire respirer quelques temps à condition qu'on provasse dans les négociations.

Et en même temps, de l'autre côté, les Iraniens montrent qu'ils sont capables d'être endurants. Toute cette adversité. Et encore une fois, on ne parle plus du tout de la population iranienne et de ce qui se passait à l'intérieur, mais c'est épouvantable.

Les conditions de vie socio-économiques encore plus dégradées qu'avant. Et moi, je suis surpris que cet hiver, on parlait énormément de la population iranienne, y compris dans les déclarations de leaders européens autour de ça, et que là, on n'en parle plus du tout. Donc on revient au sujet nucléaire.

Et sur le nucléaire, obsession états-unienne, obsession israélienne. Israël, son obsession, ce n'est pas Hormuz. C'est sûr, c'est la menace nucléaire.

C'est sûr, c'est la menace nucléaire.