Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
InterviewFrance Inter — L'invité de 6h20 (sur Site radio)· 9 mars 2016 6 minContradictoireActualité / polémiqueTravail & emploiSolidarités & familleÉconomie & entreprises

Benjamin Lucas

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 30 %Attaque 40 %Défensif 30 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 97 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16FerméeRéponse directe

    Serez-vous prêt à en discuter ou alors maintiendrez-vous votre mot d'ordre qui reste le retrait de ce texte ?

  • 0:39RelanceRéponse directe

    Il faut le retirer, dites-vous, c'est un texte pourtant encore en concertation.

  • 0:49FerméeRéponse directe

    Vous irez vous jusqu'à la rupture ?

  • 1:12OuverteRéponse directe

    Ce n'est pas exactement ce que dit Emmanuel Macron, il était hier matin encore l'invité de France Inter.

  • 1:28FerméeRéponse directe

    Moins de contrats courts, plus de CDI. Ça, vous n'y croyez pas non plus ?

  • 1:43RelanceRéponse directe

    Et la réforme veut pourtant faciliter les licenciements.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiquePromesse
    « Moi je pense que le retrait c'est un préalable indispensable aujourd'hui à faire une autre réforme. »
  • 0:51Invité politiqueFait
    « L'esprit avec lequel ce texte s'est construit, c'est l'idée selon laquelle le code du travail est un frein à l'emploi. »
  • 1:37Invité politiqueFait
    « Je crois que s'il y a du chômage dans ce pays aujourd'hui, c'est parce que les carnets de commandes sont vides, ce n'est pas parce qu'il est trop difficile de licencier. »
  • 2:31PrésentateurChiffre
    « qui est de l'ordre de 25%, bien au-delà de la moyenne française nationale ? »
  • 2:58Invité politiquePromesse
    « Par exemple, permettre aux jeunes chômeurs en fin de droit de moins de 25 ans d'accéder au RSA. »
  • 3:02Invité politiquePromesse
    « Par exemple, attendre le dispositif d'émission locale au-delà de 25 ans, parce qu'on n'en bénéficie pas aujourd'hui après 25 ans. »
  • 3:07Invité politiquePromesse
    « Par exemple, permettre aux jeunes de se défendre dans leur entreprise avec un chèque syndical. »
  • 4:36Invité politiqueFait
    « qui permet à des jeunes d'entrer dans le droit commun, d'avoir accès à des minimas sociaux desquels ils étaient exclus jusque-là. »
  • 4:53Invité politiqueFait
    « par exemple la déchéance de nationalité ou autre. »

Temps de parole

  • Benjamin Lucas62 %
  • Présentateur34 %
  • Locuteur non identifié4 %

0 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Locuteur non identifié

Votre invité ce matin, Éric Delvaux, c'est Benjamin Lucas, le président du mouvement des jeunes socialistes.

0:04
Présentateur

Oui, une jeunesse dont on dit qu'elle fait peur à l'exécutif. Bonjour Benjamin Lucas. Bonjour. Lundi prochain, le Premier ministre devrait préciser les chapitres de l'avant-projet d'Ouil Khomri qui pourraient être modifiés. Serez-vous prêt à en discuter ou alors maintiendrez-vous votre mot d'ordre qui reste le retrait de ce texte ?

0:22
Benjamin Lucas

Moi je pense que le retrait c'est un préalable indispensable aujourd'hui à faire une autre réforme. On n'est pas contre l'idée d'une réforme, personne n'est dans ce pays je pense pour l'immobilisme. Mais en tout cas il y a aujourd'hui trop de tensions autour de cet avant-projet. Il faut le retirer pour rediscuter, trouver les solutions d'un compromis, d'une synthèse comme la gauche a toujours su le faire.

0:39
Présentateur

Il faut le retirer, dites-vous, c'est un texte pourtant encore en concertation. C'est ce que vient de dire François Hollande hier au sommet à Venise, sommet franco-italien. Vous irez vous jusqu'à la rupture ?

0:51
Benjamin Lucas

L'esprit avec lequel ce texte s'est construit, c'est l'idée selon laquelle le code du travail est un frein à l'emploi. Moi je ne peux pas adhérer à ça, donc au-delà des questions de curseurs sur lesquelles il peut y avoir des évolutions ces prochains jours, l'esprit dans lequel il est fait est celui qui va à l'encontre de ce que nous disons, nous socialistes, depuis pas 100 ans, depuis 5 ans.

1:07
Présentateur

Vous dites que c'est un frein à l'emploi, faciliter les licenciements pour favoriser les embauches. Ce n'est pas exactement ce que dit Emmanuel Macron, il était hier matin encore l'invité de France Inter. Il veut, dit-il, faciliter au contraire les conditions de la rupture pour que les précaires comme vous, les jeunes, puissent plus facilement bénéficier de cette forteresse devenue imprenable qu'est le CDI. Moins de contrats courts, plus de CDI. Ça, vous n'y croyez pas non plus ?

1:31
Benjamin Lucas

Non, moi j'ai toujours du mal à comprendre la logique, qui pour le coup n'est pas du tout pragmatique, de croire que parce qu'on va licencier plus facilement, on va embaucher plus facilement. Je crois que s'il y a du chômage dans ce pays aujourd'hui, c'est parce que les carnets de commandes sont vides, ce n'est pas parce qu'il est trop difficile de licencier.

1:43
Présentateur

Et la réforme veut pourtant faciliter les licenciements. Quand une entreprise, il y a des conditions, quand elle a vu deux semestres de chiffre d'affaires baissé, deux semestres consécutifs, la question est de savoir si vous estimez que dans un contexte de zone rouge comme deux semestres de difficultés financières pour une entreprise, est-ce qu'il vaut mieux licencier ou emmener l'entreprise vers un redressement judiciaire ?

2:04
Benjamin Lucas

Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on est toujours dans un chantage de la fermeture, dans un chantage au licenciement, etc. Et donc moi, je refuse une logique où pour les salariés, c'est toujours la peur. La peur aux ventes de perdre son emploi, la peur aux ventes d'avoir ces conditions de travail qui sont remises en cause. Je crois qu'une vraie bonne réforme du droit du travail serait une réforme qui protège davantage les salariés, justement dans une économie de plus en plus dure, de plus en plus sauvage. Vous parliez du beurre tout à l'heure, dans une économie qui bouge beaucoup et où les protections s'amoindrissent.

2:27
Présentateur

Et les protections pour vous, il n'y a que les emplois aidés pour contrebalancer le taux de chômage des jeunes qui est de l'ordre de 25%, bien au-delà de la moyenne française nationale ?

2:35
Benjamin Lucas

Pas seulement. Je pense aussi que dans une société où on a augmenté la productivité, où il y a un chômage de masse et où la croissance ne revient pas, on peut partager le temps de travail pour travailler mieux, moins et tous.

2:43
Locuteur non identifié

Hier, vous avez soumis une série de propositions à Myriam El Khomri. Quelles sont ces propositions ?

2:48
Benjamin Lucas

Il y en a beaucoup, mais moi je pense que si on veut faire une réforme qui rassemble la gauche, une réforme surtout qui est utile aux jeunes, la priorité jeunesse c'est l'engagement phare du quinquennat de François-Lande, il faut un certain nombre de mesures fortes. Par exemple, permettre aux jeunes chômeurs en fin de droit de moins de 25 ans d'accéder au RSA. Par exemple, attendre le dispositif d'émission locale au-delà de 25 ans, parce qu'on n'en bénéficie pas aujourd'hui après 25 ans. Par exemple, permettre aux jeunes de se défendre dans leur entreprise avec un chèque syndical. Je pourrais vous faire beaucoup de propositions comme ça. Aussi, par exemple, relancer les emplois d'avenir.

On a fait la COP21 il y a quelques mois, c'était un grand succès, l'un des plus grands succès du quinquennat. Mais ça, ce sont des ajustements ? Il faut les en quoi d'avenir dans la transition énergétique.

3:20
Locuteur non identifié

Ce sont des ajustements, pas forcément des lois de fonds ou des réformes de fonds ?

3:24
Benjamin Lucas

Je ne crois pas que ce soit que des ajustements, de partager le temps de travail, de mieux protéger les jeunes, etc. C'est une orientation différente que ce texte.

3:31
Présentateur

Et donc aujourd'hui, des jeunes socialistes contre la politique d'un gouvernement socialiste. Le journal L'Opinion dit ce matin que le patron du PS juge votre mouvement épouvantable. Et quels sont vos rapports aujourd'hui avec Jean-Christophe Cambadélis ?

3:45
Benjamin Lucas

Mes rapports avec Jean-Christophe Cambadélis sont très bons. Jean-Christophe Cambadélis, ça a été l'un des premiers à avoir le courage de dire que ce texte était déséquilibré. Et à dire qu'en l'État, il ne le voterait pas. Donc je ne crois pas que les propos rapportés dans l'opinion d'ailleurs soient cités directement et qu'ils soient exacts.

3:57
Présentateur

Non, mais on a l'impression qu'il ne vous a pas reçu à lire l'article de l'opinion, qu'il ne vous a pas reçu depuis longtemps. Est-ce que vous prenez ça comme une brimade ?

4:04
Benjamin Lucas

Écoutez, on se voit tous les lundis en bureau national du parti auquel je suis invité et on a des contacts réguliers. Donc là-dessus, pas de soucis pour le moment.

4:13
Présentateur

Vous qui avez voté Hollande, Hollande qui avait promis d'être le président de la jeunesse, à partir de quel moment, avant cette réforme El Khomri, à partir de quel moment vous les jeunes socialistes avez commencé à être déçus ?

4:23
Benjamin Lucas

Il y a plusieurs éléments. D'abord, ce gouvernement fait beaucoup pour la priorité jeunesse. Et tout le début du quinquennat a été marqué par cet engagement. Les emplois d'avenir, la prime d'activité aujourd'hui, dont les premiers bénéficiaires ont pu la toucher il y a quelques semaines, qui permet à des jeunes d'entrer dans le droit commun, d'avoir accès à des minimas sociaux desquels ils étaient exclus jusque-là. Donc la refondation de l'école, etc. Il y a beaucoup de choses qui ont été faites pour la priorité jeunesse. Malheureusement, on a le sentiment aujourd'hui que ça s'essouffle, qu'on fait avec cette réforme un certain nombre de choses.

Après oui, il y a depuis quelques mois un certain nombre de choses qui heurtent nos convictions, qui heurtent ce que doit faire la gauche quand elle est au pouvoir, par exemple la déchéance de nationalité ou autre. Mais la déception en soi n'est pas un problème. Le problème, c'est quand il y a un déséquilibre entre la déception et la satisfaction. Est-ce que vous revendiquez votre filiation, votre proximité avec Benoît Hamon ? Je lis beaucoup d'articles en ce moment qui parlent de Baron Noir. Je pense que c'est une série qui intéresse beaucoup de monde. C'est bien. On pourrait dire d'ailleurs Baron Rose.

Moi, je revendique le fait d'avoir sur ce sujet-là, par exemple, une proximité avec beaucoup de socialistes. Je le disais notamment avec Jean-Christophe Cambadélis, qui a dit que le texte était déséquilibré. On aime beaucoup croire dans ce pays que la jeunesse n'arrive pas à réfléchir par elle-même. Moi, en l'occurrence, je ne prends mes consignes chez personne et il n'y a personne sous la table aujourd'hui pour me donner des petites fiches ou me dire ce que je dois dire devant vous. Est-ce qu'une rencontre avec Martine Aubry est prévue entre les mouvements des jeunes socialistes et elle ? Pas à ce stade.

Vous savez, Martine Aubry était présente à notre congrès, puisque nous l'avons tenue à Lille, dans sa ville. Mais comme le ministre de la Jeunesse, Patrick Cannaire, qui est aussi l'îlois que nous rencontrons régulièrement, moi, je rencontre en tout cas tous mes aînés qui veulent bien donner des conseils, parce que je crois que quand on est jeune, on a aussi un devoir d'humilité et d'écoute de ceux qui mènent des combats depuis très longtemps.

5:55
Présentateur

Merci. Benjamin Lucas, le président du mouvement des jeunes socialistes, invité ce matin de France Inter. Merci et bonne journée un peu sous la pluie pour manifester aujourd'hui. Quand on est piquard, on n'a pas peur de la pluie.