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interviewC dans l'air· 23 juin 2023 64 min

Macron parle, le blocage continue...#cdanslair Archives 2022

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0:06
Présentateur

Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet, tes réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Le président a donc hier soir tenté de se donner du temps. Dans une intervention courte de 8 minutes, il a appelé les partis politiques à dire en toute transparence jusqu'où ils sont prêts à aller pour dégager des compromis. Le président qui a reconnu des fractures, des divisions qui traversent notre pays, a rappelé qu'il avait quand même été élu sur les fondements d'un projet clair. Ce sont ses mots.

Emmanuel Macron renvoie donc la balle aux oppositions pour tenter de trouver les moyens de gouverner autrement dans le compromis, le dialogue en trouvant des majorités texte par texte ou en bâtissant des contrats de coalition. La réponse ce matin des différentes formations politiques a été claire et unanime. Non, merci. Certains évoquent quand même un ultimatum présidentiel inacceptable. A l'Assemblée en tout cas, chacun prépare ses armes, ses troupes pour débuter un bras de fer et une guérilla parlementaire qui semble à cette heure inévitable. Macron parle, le blocage continue, c'est le titre de cette émission.

Avec nous pour en parler ce soir, Dominique Reynier, vous êtes directeur générale de la Fondapol, la Fondation pour l'innovation politique. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions. Aurélie Herbemont, vous êtes journaliste politique à RTL. On vous retrouve tous les matins pour votre chronique politique. Enfin, Mathilde Sirot, vous êtes journaliste politique au Point, chargée notamment de suivre l'exécutif. Je rappelle votre article du jour, la pirouette de Macron pour gagner du temps. Bonsoir à tous les quatre. Merci de participer à ce C'est dans l'air en direct.

Est-ce qu'Emmanuel Macron, Dominique Reynier, a eu raison de renvoyer les oppositions en disant en gros, c'est à vous de réfléchir. Moi, je suis presque au-dessus de la mêlée. Je vais aller faire ma séquence internationale. Ce n'est pas débrouiller vous, mais trouver les solutions et faites-moi des propositions. Est-ce qu'il est dans son rôle ?

1:51
Invité

Alors, il faut rappeler que c'est une situation d'une part sans précédent, d'autre part qui n'est pas du tout prévue par ces institutions-là. Donc, nous avons un système qui peut fonctionner parfaitement dès lors qu'il y a une majorité, même en cas de cohabitation, on l'a vu. La majorité travaille. Il peut y avoir des tensions entre le président et le gouvernement, mais ça avance. Là, c'est une situation vraiment inédite où il faut inventer quelque chose. Le président devait parler parce qu'on n'aurait pas compris qu'il reste silencieux.

Mais son propos a quand même été, je dirais, en tension, puisque d'un côté, il rappelait sa propre réélection et le programme sur lequel il avait été réélu, en indiquant qu'il fallait appliquer ce programme. Or, c'est précisément par le choix fait aux élections législatives que l'application de ce programme, de façon, je dirais, pleine et entière, devient impossible. Et donc, il faut qu'il trouve maintenant des partenaires au sein de l'Assemblée pour, sinon, appliquer son programme, en tout cas des parties de son programme, et puis trouver des accords pour faire quelques réformes.

Ce qui m'a paru, moi, un peu contradictoire, c'est cela, c'est-à-dire qu'au fond, il est quand même, c'est difficile, mais il est quand même assez largement responsable de la situation. On sort d'une élection présidentielle, nous aurions dû débattre de tout, nous mettre d'accord sur quelque chose, et puis à la fin, on passe au cycle de gouvernement, on travaille, et on l'a bien vu, après la présidentielle, on se trouve plus divisé que jamais, dans un pays qui ne sait pas fonctionner avec ces institutions que nous avons de cette manière-là.

D'ailleurs, le président a fait référence, ça s'en a beaucoup étonné, à l'Allemagne et à l'Italie, en disant, il y a d'autres pays où on gouverne, mais ce n'est pas les pays comme nous, ils ont un système parlementaire. Donc, voilà, il ne peut pas ne pas jouer un rôle important, il ne peut pas non plus oublier qu'il est le chef de l'État élu par tous les Français, et que par conséquent, on attend de lui des solutions.

3:44
Présentateur

Est-ce qu'il a suffisamment pris acte, toujours avec vous, Dominique Reynier, du vote de ces législatives ? Il dit, j'entends les fractures françaises qui traversent notre pays, est-ce qu'il a suffisamment pris acte de ce qui s'est passé dans les urnes ? Il parle de l'abstention aussi.

4:01
Invité

Il parle de l'abstention, en effet. Moi, je trouve qu'il n'a pas suffisamment insisté sur le côté sanction des législatives. J'appelle ça, moi, une sanction sans destitution. Les Français l'ont réélu parce qu'ils ne voulaient pas l'aventure. Ils lui ont fait confiance pour éviter le pire à leurs yeux. Et puis, ne pouvant pas lui dire quand même qu'ils étaient mécontents par certains aspects, ils l'ont dit aux législatives. Et il fait d'ailleurs cette phrase qui me paraît, moi, à la fin de son propos d'hier, extrêmement complexe, au fond, même s'il est très clair dans son énoncé. Vous avez, en avril et en juin, fait deux choix clairs, et j'en prends acte, mais ils sont contraires, ces choix.

Ma responsabilité, c'est de les faire vivre. Mais le premier choix est contredit par le second. C'est très difficile de faire vivre ces deux choix.

4:53
Présentateur

Et c'est intéressant de s'arrêter sur les contradictions qu'il y a eues dans cette intervention. Vous le disiez rapidement au début de votre intervention à vous. Il dit « J'ai été élu sur un projet clair ». Il commence comme ça. Le 24 à Ville, vous m'avez renouvelé votre confiance. Fermez le banc. Et un tout petit peu plus loin, dans son intervention, il dit « J'entends et je suis décidé à prendre en charge la volonté de changement que le pays a clairement exprimé ». Je pense qu'il peut difficilement faire autrement. Un, parce que les autres présidents ont fait ça aussi. C'est-à-dire, un, minimiser.

J'ai réécouté hier l'intervention de François Mitterrand en 88, tout de suite après l'élection. Il dit « Bon, c'est pas un drame ». Il laisse s'entendre que ça va être plus compliqué, mais il dit « Bon ». Et lui aussi cite les autres démocraties. Alors, vous me direz simplement qu'à l'époque de François Mitterrand, on a des partis de gouvernement avec lesquels il peut travailler. On n'a pas un RN, une France insoumise. Donc, c'est probablement plus facile. Donc, il est obligé de dédramatiser. Autrement, il commence à dire « C'est l'enfer, c'est la paralysie ». Il joue le jeu des autres. Donc, il fait un petit signe en direction des oppositions.

Et puis, à côté de ça, il essaie de trouver des solutions. Et comme il n'a pas parlé tout de suite après, en disant « J'en tirerai les sons, je viendrai vous voir pour dire ce que je vous propose », il fait quelque chose qui est un petit peu entre les deux. C'est-à-dire, à la fois, j'ai entendu le message des Français. Et puis, d'un autre côté, je vais essayer de vous renvoyer la responsabilité. C'est une espèce de côte mal taillée, effectivement, faite pour temporiser. Et probablement, mais c'est assez logique. Parce que s'il essaie de s'orienter vers une coalition, j'ai l'impression qu'ils n'y croient pas des masses et qu'ils sont plutôt sur du coup par coup, il faut du temps.

C'est-à-dire, je ne vais pas vous sortir l'Allemagne, parce que ça n'a pas de rapport, mais ça a pris trois mois. Mais c'est effectivement pas du jour au lendemain, avec un programme d'Emmanuel Macron qui est un peu faible, et avec, enfin faible, qu'on ne connaît pas bien, en dehors du pouvoir d'acheter. Et alors, je trouve simplement qu'il se retrouve. Vous savez, on a tous dit, sur votre plateau, ça a été dit beaucoup, « Jamais aucun président n'a été réélu hors cohabitation ». Eh bien, il a été réélu avec cohabitation, là. Sauf que la cohabitation va se faire après.

C'est-à-dire, avec une majorité relative et la nécessité de changer, on en arrive à ce que les Français aient tendance à garder une foi, jeter à la deuxième ou équilibrer les pouvoirs. Je trouve que c'est quelque chose qui est assez aussi perturbant. C'est pour ça qu'il dit, j'ai eu ma majorité, parce qu'il répond à Jean-Luc Mélenchon, qui a quand même eu une tendance à nous faire comprendre, un, que la présidentielle, ça avait été en gros une parenthèse, puisqu'il est intervenu dès le 19 avril, avant le second tour, pour dire, c'est le troisième tour, élisez-moi, et qui, en gros, fait comme s'il n'y avait pas de majorité.

Et puis, qui dit clairement ce matin, en gros, le pouvoir, il n'est plus du tout, peut-être, l'exécutif. Maintenant, le pouvoir, il est au Parlement. Il s'est donné du temps, vraiment, parce qu'il faut peut-être rappeler pourquoi il dit, en gros, je dois partir pour une séquence internationale, donc mettez-vous d'accord, et puis je reviens et on en discute. C'est un peu ça. – Oui, on a un petit peu l'impression, depuis ces élections législatives, qu'il nous parle tout le temps un petit peu entre deux portes, c'est-à-dire sur le tarmac, juste avant de partir, on le sait, en Roumanie, Moldavie, puis Ukraine la semaine passée.

Et là, il nous dit, je pars pour un Conseil européen, certes très important, c'est là aussi les questions du sort de l'Ukraine, l'Union européenne, etc. Mais voilà, il nous dit, je pars, en attendant, il faut que les choses avancent. Il n'a pas la solution, donc clairement, on n'a pas beaucoup avancé, finalement, hier soir. Et le souci pour lui, c'est que, donc là, il est clairement dans une longue séquence internationale, Conseil européen, G7, OTAN, etc. Et qu'en attendant, il faut que les discussions, les négociations avancent. Donc il a refilé un petit peu la tâche à Elisabeth Borne, qui est, elle aussi, dans une situation très compliquée.

Et voilà, il nous a posé des options hier, pas de solution. Et finalement, il voulait montrer un président plus ouvert au dialogue, mais il a tendu le jeu avec les oppositions. Il l'a tendu, on va en parler dans un instant, parce que la réaction, effectivement, elle a été assez ferme de la part des oppositions. Mais il dit quand même, compromis. Il ouvre quand même, il tend la main, d'une certaine manière, aux autres forces politiques en disant, de toute façon, il va falloir qu'on s'entende, de toute façon, il va falloir qu'on se parle. Ce n'est pas à prendre ou à laisser. En gros, c'est avec mon projet présidentiel, avancer le petit doigt sur la couture du pantalon.

Il est contraint, naturellement, par ce qui s'est passé dimanche dernier, de tendre quand même la main en disant, je suis ouvert au compromis, dites-moi vous, jusqu'où vous êtes prêts à aller ? C'est ça, il essaye de partager le fardeau de cette situation politique assez inédite, assez compliquée, mais on a du mal à voir quelles vont être les marges de manœuvre, vraiment, clairement, qui seront laissées aux oppositions. Est-ce que ça va être plutôt du côté des Républicains ? Est-ce que ça va être plutôt du côté de la gauche ? Un peu des deux, mais enfin bon, c'est quand même difficilement tenable, surtout sur des textes très importants comme le pouvoir d'achat.

Donc voilà, pour l'instant, c'est très flou. Il a fermé une porte quand même. Il est resté invasif. Il a fermé une porte, clairement, il a dit, la plupart des dirigeants que j'ai reçus ont exclu l'hypothèse d'un gouvernement d'Union nationale. Ça, on a bien compris que ce n'était pas possible. C'est lui qui l'avait mis sur la table et qui l'a remballé quasiment aussitôt, puisque effectivement, dans l'opposition, tout le monde a dit, mais non, il faut quand même se rappeler que la dernière fois qu'on a eu un gouvernement d'Union nationale, c'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. On n'est pas tout à fait dans le même cas de figure.

Là, il s'agit d'aller sauver un président qui n'a juste pas la majorité absolue. Le gouvernement d'Union nationale, ça a fait long feu. Donc, hier soir, effectivement, il a refermé cette porte en laissant encore entre-ouverte la porte de la coalition. C'est ça. Mais ça, on ne voit pas bien qui va accepter de faire une coalition, parce que la logique voudrait que ça s'adresse plutôt aux Républicains, sauf que les Républicains, depuis dimanche, disent non, pas de coalition.

Donc, il reste la troisième option qui va être le coup par coup et qui va être une sorte de stress test pour les institutions de la Ve République pour voir comment est-ce qu'on peut arriver à faire passer des textes au coup par coup. Alors, peut-être parfois en ayant plus de voix de droite, peut-être plus de voix à gauche. Et puis, il y a quand même une chose aussi qu'ils sont en train de regarder, c'est peut-être aussi négocier des abstentions. Parce que parfois aussi négocier des abstentions, ça fait mécaniquement baisser le nombre de votes contre. Et donc, peut-être avec 240, 5, 6, 7, 8, 9 votes pour, on peut faire passer des lois.

Mais on voit que ça va être de la dentelle, vraiment, pour faire passer des textes. Et il joue aussi peut-être sur l'idée que les Français ne veulent pas du blocage. Alors, il y a un sondage aujourd'hui qui est intéressant, peut-être qu'il faut le commenter. Sondage publié par nos confrères du Figaro, qui dit que 7 Français sur 10 imputent à Emmanuel Macron la responsabilité de l'absence de majorité. Et en même temps, c'est assez logique que les Français lui imputent, puisque eux-mêmes ne lui ont pas donné la majorité. Donc, finalement, il y a une certaine cohérence.

Mais c'est vrai qu'Emmanuel Macron met l'opposition face à ses responsabilités en disant, moi, je veux bien avancer, même si c'est dans un cadre très contraint, c'est sur son projet, et avec deux critères qu'il a fixés, sans augmenter les impôts, ni augmenter la dette. Bon courage pour dealer avec la gauche, avec ce cadre extrêmement contraint, quand même. Et voilà, donc il y a un cadre à la fois très figé, mais bon, c'est la première étape, on va dire. On peut commencer la négociation, et puis après on voit. Mais on a du mal à voir comment ça va pouvoir. Mais les Français, c'est sûr, ne vont pas accepter le blocage. De toute façon, ils vont voir s'ils n'arrivent rien à faire passer.

Ce qui se profile, c'est que dans quelques mois, si tout est bloqué, que rien ne passe, que le pays est bloqué, Emmanuel Macron aura beau jeu de dire, ben voyez, moi j'ai tendu la main, j'ai dit, je veux bien faire des promis, l'opposition ne veut pas, c'est bloqué, j'appuie sur le bouton dissolution. On va en reparler dans un instant. Demain, ça paraît compliqué. Ce qui est quand même incroyable, c'est qu'à moins d'une semaine après un scrutin, on évoque déjà cette hypothèse, ça paraît très bien. Mais il va falloir voir comment est-ce qu'ils arrivent dans cet esprit de côte mal taillée, effectivement, à essayer de faire avancer des choses.

Mais tout le monde y intère, en fait, personne n'a intérêt. Et on va essayer de détailler. Et au premier rang, les Français d'ailleurs. Et on va essayer de détailler la position des uns et des autres, parce que je disais tout à l'heure, réaction assez ferme des oppositions, et on va essayer de voir qui joue quoi dans cette histoire-là. En tout cas, le président, cette fois, a choisi de faire court une intervention de 8 minutes pour reprendre acte des inquiétudes des Français. Mais rappelle qu'il a quand même été élu le 24 avril sur un projet clair.

Son message hier soir s'adressait, on l'a compris, surtout aux oppositions pour trouver les voies et moyens collectivement d'apprendre à gouverner aussi différemment. Il leur donne un peu plus de 48 heures, quand même en tout cas quelques jours, pour dire jusqu'où ils sont prêts à aller. C'est Anne Maquignon et Christophe Roquet. Une minute seulement face aux Français, après trois jours de silence. Huit minutes pendant lesquelles le président, que la presse juge tour à tour dépassé, condamné à naviguer à vue, a voulu rappeler qui était le chef.

13:32
Emmanuel Macron

Le 24 avril, vous m'avez renouvelé votre confiance en m'élisant président de la République. Vous l'avez fait sur le fondement d'un projet clair, et en me donnant une légitimité claire.

13:41
Présentateur

Mais sans majorité absolue, Emmanuel Macron est bien conscient d'avoir perdu la main. Le voilà donc prêt à gouverner autrement. Le chef de l'État laisse à ses opposants la charge de trouver un compromis.

13:54
Invité

Il faudra clarifier dans les prochains jours la part de responsabilité et de coopération que les différentes formations de l'Assemblée nationale sont prêtes à prendre. Entrer dans une coalition de gouvernement et d'action,

14:08
Emmanuel Macron

s'engager à voter simplement certains textes, notre budget, lesquels ? Pour avancer utilement, il revient maintenant au groupe politique

14:17
Invité

de dire en toute transparence jusqu'où ils sont prêts à aller.

14:22
Présentateur

Mains tendus ou coup de pression. L'allocution a été vécue comme une injonction par l'opposition.

14:29
Invité

Écoutez, il n'a pas fait une proposition et il a posé un ultimatum. Je trouve qu'hier, il y avait quand même une forme de, pardon, mais de crachat au visage du peuple français quand on voyait un message extrêmement clair au deuxième tour des élections législatives. Nous ne sommes pas d'accord avec ce projet. Il ne comprend rien parce que déconnecté sûrement des réalités, parce que ne s'entend pas le pays. Ce que les Français lui ont dit dimanche dernier, c'est qu'il voulait à nouveau qu'il y ait des convictions politiques dans notre pays.

14:56
Présentateur

Mains tendus, déclinés, donc, pas de coalition en vue pour l'instant, et encore moins de gouvernement d'union nationale. À gauche comme à droite, on rétorque plutôt au président que c'est à lui de bouger.

15:10
Invité

C'est à lui de dire aujourd'hui quel chemin est-il prêt à prendre, sur quels axes de son programme est-il prêt à reculer ou à renoncer pour faire un chemin vers les partis d'opposition.

15:19
Présentateur

Aujourd'hui, il est au pied du mur, c'est lui qui est au pied du mur. C'est pas nous, c'est lui qui a la responsabilité du destin de la France. Et quand on a la responsabilité du destin de la France, on pose des capes très clairs. Est-ce que, oui ou non, le président de la République veut aller sur le SMIC à 1 500 euros net ? 8 minutes, et puis il s'en va. Emmanuel Macron s'est depuis échappé pour une semaine de sommets internationaux. Ici aujourd'hui à Bruxelles, Conseil européen a tout sourire pour acter la candidature de l'Ukraine à l'Union européenne. Pour le service après-vente en France, place aux fidèles de la Macronie.

15:54
Invité

Il n'y a ni ultimatum, ni question de 48 heures. C'est pas, j'attends vos copies au retour vendredi soir sur oui, non, sur tel axe du projet. C'est pas ça. C'est, quand je reviendrai, on va continuer, on va même commencer à bâtir, ce sont ces mots,

16:11
Présentateur

avec les oppositions pour trouver des voies et moyens. C'est le début du chemin, ça n'est pas la fin. Un nouveau chemin, et déjà les absents. La réforme des retraites bannie hier de la liste des priorités du président. Et Elisabeth Borne dans tout ça, pas un mot pour la première ministre. Elle évoque le plein emploi, l'énergie, les mobilités, le développement économique. Bref, elle s'efforce de se montrer au travail. Cinq semaines après son arrivée, la voilà sous pression, sommée de trouver 40 députés supplémentaires pour élargir la majorité, et tenter ainsi de peut-être garder son bureau à Matignon. Mathilde Sirot, le président n'a pas cité la première ministre hier soir.

Il avait quand même l'occasion, devant des millions de Français, de lui renouveler sa confiance. Le message aurait été clair. Il ne l'a pas fait. Ça n'est pas un hasard. Ce n'est pas un hasard, parce qu'il semblerait que le sort d'Elisabeth Borne, concrètement, ne soit pas tout à fait encore scellé. Il a songé à s'en séparer dès le début de la semaine, juste après, dans la foulée des élections législatives. Là, en fait, on se dit, très bien, on change la première ministre, mais est-ce que quelqu'un d'autre pourrait peut-être bâtir une coalition ? Ce n'est pas certain. C'est compliqué. Donc, pour l'instant, il la garde en attendant de voir. C'est-à-dire que là, tout est en suspens.

On a une déclaration de politique générale qui est prévue, a priori, le 5 juillet, mais rien n'est confirmé. Ça peut bouger. Ça peut intervenir sans vote de confiance. On ne sait pas. Donc, pour elle, elle semble s'accrocher, bien sûr. Elle était sur le terrain, aujourd'hui. Elle était en déplacement pour montrer quoi ? Pour montrer une chose, qu'elle était au travail. Elle avait consulté aussi son gouvernement mardi. Elle prendra la parole ces prochains jours. Elle montre qu'elle est à la tâche, qu'il y a des sujets sur lesquels elle souhaite avancer. La question du Covid, la question de l'énergie. Il y a un texte aussi, Pouvoir d'achat, qui doit être présenté en Conseil des ministres.

Elle se bat pour rester. Elle se bat, clairement, pour rester. Elle veut montrer qu'elle est légitime, qu'elle a déjà, d'ailleurs, ses proches le font dire, qu'elle a déjà, par le passé, montré des capacités de négociatrice, puisqu'elle a eu à porter des lois compliquées. Mais enfin, le contexte politique était un tout petit peu différent à ce moment-là, du quinquennat précédent. Nathalie Saint-Cré, qu'elle est aujourd'hui un maillon faible ou pas ? Elisabeth Borne, on précise qu'elle va voir. Elle aura son moment politique la semaine prochaine, puisqu'elle va rencontrer les responsables des groupes. Avec tout le danger que constitue le moment politique.

Maillon faible, au sens où, je ne vais pas répéter, François Bayrou, qui, à mon avis, n'a pas trouvé le meilleur moment pour dire qu'il y en avait à le bol des technos et qu'il fallait mieux des politiques. Maillon faible, parce qu'il est vrai qu'elle a connu pour avoir un caractère cassant et qu'en gros, pour aller négocier et pas brusquer, que ce soit aussi bien le groupe LR ou certains socialistes, il faudrait peut-être être un peu plus transigeant, ce qui n'est pas, elle n'est pas connue pour cela.

Mais d'un autre côté, c'est une femme, alors ça c'est imponcif, mais c'est la première femme depuis 30 ans, donc c'est quand même difficile, même si on a une femme au perchoir, à savoir il y a une prime pivée qui pourrait faire quand même une symbolique. Et puis, on peut la sanctionner pour ce qu'elle n'a pas fait, et quelque chose d'assez paradoxal. On peut être puni quand on a fait quelque chose de mal, mais être là simplement parce qu'on était au mauvais endroit, au mauvais moment, c'est quand même un petit peu compliqué. Et dernier élément, il faut trouver mieux. Il faut trouver mieux.

C'est-à-dire que si c'est pour faire avoir quelqu'un qui est impolitique, Emmanuel Macron aura du mal à le supporter, puisqu'il a du mal à supporter probablement des profils à l'Edouard Philippe ou des Bruno Le Maire, ou des gens qui peuvent être dangereux d'être des rivaux. Donc s'il ne veut pas ça, il prend des technos, s'il est technos, il a des technos. Et puis s'il veut quelqu'un de droite, il prend quelqu'un de droite, mais maintenant il perd la gauche. Voilà, l'équation, elle est... Donc maillon faible, maillon faible. Mais il est vrai que le discours de politique générale, c'est un cauchemar absolu. C'est-à-dire qu'un, elle ne sait pas exactement où elle va.

Je ne parle pas du pouvoir d'achat, parce que ça, c'est plutôt facile. Ça va être difficile pour les oppositions de dire « on ne veut pas de ça, ce n'est pas assez ». Je parle sur d'autres choses, sur les retraites par exemple, on n'en a pas parlé hier soir. Et si elle se fait, comment dire, chahuter de façon détestable à l'Assemblée, on peut espérer que les gens se tiendront correctement, ça va être un moment absolument impugnable. Et contrairement, moi je ne vois pas comment elle échapperait au vote de confiance. Comment elle pourrait dire « ah non, c'est une tradition, ce n'est pas une obligation, c'est un symbole républicain ». Et après une cohabitation, c'est quand même...

Enfin, cohabitation relative, c'est quand même difficile de ne pas passer par là. Ce que je retiens de vous expliquer, c'est qu'elle ne peut pas, ce serait illégitime, injuste en tout cas, qu'elle soit sanctionnée pour une campagne électorale qu'elle n'a pas menée. La politique est toujours injuste. Ça oui, on l'a bien compris. Qu'elle a mené chez elle, dans le Calavados. Oui, elle a gagné à 52%, certains considérants que c'est assez juste, mais elle n'est pas apparue comme leader de la majorité pendant cette campagne des législatives. Elle ne peut pas devenir leader de la majorité, vu qu'elle a toujours été plutôt une technicienne.

Et en plus, je ne sais pas si elle est suffisamment en confiance pour qu'on lui ait dit d'y aller. Est-ce qu'elle n'aurait peut-être pas su quoi dire, vu qu'on n'a pas totalement compris ce qui se passait entre la présidentielle et la législative ? Ce soir, je pense qu'on va lister toutes les incertitudes dans les prochains jours. Ça, ça fait partie des incertitudes, le sort de la Première ministre. Une question qui nous est posée par Jacqueline dans les Pyrénées-Atlantiques. Emmanuel Macron ne va-t-il pas s'appliquer à diviser l'opposition pour mieux gouverner ? Dominique Régnier.

21:20
Invité

Diviser pour mieux régner, c'est une stratégie de base dans la politique. Mais là, il lui manque des forces, il lui manque des troupes. Ce qu'il va devoir faire sans doute, c'est choisir malgré tout. Il ne peut pas espérer, je ne crois pas moi, s'appuyer sur une aile gauche et sur une aile droite. Il va falloir qu'il choisisse.

21:40
Présentateur

Il ne peut pas le jouer au cas par cas, un peu à gauche sur l'écologie, un peu à droite sur d'autres textes.

21:45
Invité

Qu'est-ce qui va se passer en fait ? Tous les textes de dépense publique trouveront une majorité. Mais quand il va falloir couper dans la dépense publique parce qu'on a des contraintes fortes qui pèsent sur nous, je me demande même s'il aura un seul groupe pour le soutenir. Parce qu'il faut porter après cette responsabilité, d'autant plus que vous n'êtes pas nombreux à le faire. Y compris si vous vous abstenez, je pense que ça sera commenté. Et donc, s'il n'y a pas le choix d'une espèce de doctrine gouvernementale fragile mais avec une sorte d'entente, je ne sais pas comment...

22:20
Présentateur

Alors pardonnez-moi, juste pour être bien sûr d'avoir compris, quand vous dites doctrine gouvernementale, c'est-à-dire le choix d'un cap clair, c'est-à-dire un virage à droite assumé, par exemple ?

22:27
Invité

Par exemple, je vais vous donner un exemple. Effectivement, prenons les questions qui tarotent beaucoup de Français, sécurité et immigration. S'il ne choisit pas d'alimenter en réponse publique le pays sur ce sujet-là, eh bien il se privera d'une bonne part des soutiens qu'il aurait pu obtenir. Et s'il le fait, c'est une forme de rupture avec une bonne partie de la gauche. Mais il va falloir qu'il renonce de toute façon et que les forces sont plutôt sur la droite. Ce n'est pas forcément agréable pour lui parce que c'est peut-être pas son inclination.

Il faudrait ajouter que c'est curieux, ce serait curieux qu'Emmanuel Macron ne veuille pas avoir autour de lui des personnalités politiques lourdes qu'il redouterait parce qu'elle pourrait lui faire de l'ombre ou le concurrencer. Il ne sera plus candidat ensuite. Et Elisabeth Borges, j'ajoute un mot qui va un peu contraster. Son caractère, plutôt je veux dire ça, son profil de techno peut aussi être un avantage dans ce contexte-là. parce que si vous choisissez un politique, il va bien falloir qu'il soit de gauche ou de droite. Et là...

23:33
Présentateur

Elle est censée être de gauche.

23:34
Invité

Oui, mais c'est pas... Je dirais, c'est pas... Elle ne sait pas... Elle n'est pas apparue comme cela.

23:41
Présentateur

D'accord.

23:41
Invité

Ce n'est pas une femme de parti techno.

23:43
Présentateur

Elle est d'abord techno

23:44
Invité

avant d'être une femme de gauche. Quand on la connaît vraiment bien, on sait qu'elle a un parcours politique qui vient de la gauche. Mais pour le public, c'est une femme qui est compétente et qui est supposée savoir...

23:53
Présentateur

Donc, votre suggestion, c'est qu'on garde une première ministre identifiée comme une serviteure de l'État et on s'encadre, on s'entoure de ministres puissants identifiés comme des personnages politiques qui marquent peut-être une ligne.

24:10
Invité

Il est possible que le fait d'avoir ce profil à Matignon soit une des conditions pour fabriquer du consensus avec quelques groupes. Parce qu'elle est relativement neutre, je dirais, en termes de perception. Voilà, c'est un peu renversé l'argument.

24:21
Présentateur

Aurélie Herbemont, quand on regarde les réactions, ce n'est pas une porte qui claque, mais en tout cas, ça a été très mal vécu, on va dire comme ça. Très mal vécu, les Insoumis tout de suite et même globalement la gauche, parce qu'Olivier Fort aussi, qui est patron du PS, donc plus parti de gouvernement que la France Insoumise, a tout de suite dit mais non, non, on n'a pas du tout à vous dire jusqu'où on est prêt à aller pour vous donner un chèque en blanc. Marine Le Pen aussi a été assez...

Voilà, Emmanuel Macron n'a pas compris que les Français ne voulaient pas de son projet, mais en même temps, elle a dit, nous, on va regarder au cas par cas les textes pour voter dans l'intérêt des Français. Puis il y a eu un autre type de réaction, le groupe des Républicains, Olivier Marlex, le tout nouveau président du groupe à l'Assemblée, a dit, écoutez, nous, on ne va pas faire comme vous dites, monsieur le Président, on ne va pas vous dire ce qu'on peut faire, on va vous dire, nous, la semaine prochaine, on propose nos propres mesures en faveur du pouvoir d'achat et c'est vous qui allez nous dire ce que vous acceptez ou pas.

Sachant qu'hier soir, j'en discutais avec un député des Républicains qui était plutôt ouvert à ne pas bloquer le pays, il dit, le problème, c'est qu'Emmanuel Macron, pendant le quinquennat qui s'est écoulé, nous, on a voté à peu près la moitié des textes de la majorité présidentielle, ils ont rejeté 94% des propositions qui venaient de la droite. Donc la droite dit, ben voilà, vous nous mettez la pression, mais nous aussi, on va vous mettre la pression, en disant, nous, on veut ça, qu'est-ce que vous prenez ? Qu'est-ce que vous êtes prêts à prendre pour arracher quelques voix chez nous ?

Mathilde Siron, sachant que ça va être compliqué pour la droite, sur certains textes, d'être renvoyé, en gros, au rôle de ceux qui empêchent de tourner en rond et de ceux qui bloquent l'avancée de certains textes. On n'a pas l'impression que ce soit si clair que ça, la ligne des Républicains. Il y en a au sein même du parti LR qui appelle à un contrat de gouvernement, alors ils sont peut-être marginaux, mais la ligne est à définir encore. Disons, parmi le groupe Les Républicains actuellement, beaucoup ont quand même gagné leur élection, ils viennent juste d'être élus ou réélus, et donc bien souvent dans un discours d'opposition ou de rupture par rapport à Emmanuel Macron.

Donc c'est compliqué pour ces élus, pour ces personnalités, juste après un scrutin comme celui-ci, de se dire, bon, je vais en fait négocier, travailler avec la majorité. Voilà, c'est naturel et c'est politique. Ce qui se passe aussi... Mais il y a un piège pour eux ? Bien sûr, le piège pour eux, c'est qu'il y a encore la division à droite entre ceux qui vont rester sur une ligne très dure, très d'opposition, telle que semble la tenir jusqu'alors Olivier Marlex. Le nouveau président du groupe, qui vient d'être élu, et une autre qui pourrait être davantage ouverte au dialogue.

mais tout ça va se négocier à la fois sur le fond, sur des textes, mais peut-être au-delà, si jamais c'est ce vers quoi le gouvernement veut aller, vers la droite. Ça n'a pas été vécu comme une main tendue. Ça ne voulait pas être vécu comme une main tendue. Parce que quand on entend, quand on lit l'interview d'Olivier Marlex ce matin dans le Figaro qui dit « je suis un incorruptible », bon, « incorruptible » ça veut dire quoi ? Qu'on va l'acheter. Effectivement, il y a peut-être une différence entre compromis et compromission. Donc déjà, premier point. Deuxièmement, sur la ligne de clivage.

Alors il y a une ligne Copé qui est reconnue lui-même qui l'aurait relativement isolée avec son contrat de gouvernement. Mais il y a eu quand même les petits jeunes qui n'étaient pas sur la ligne Wauquiez puisque Olivier Marlex était sur la ligne Wauquiez qui étaient finalement avec la candidature de… Ils étaient plus ouverts. Pas tous les jeunes. Mais pas certains. Ce que je veux dire, c'est que la question est-ce que c'est monolithique ? C'est la question qui est posée. Ça ne l'est pas avec une peur aussi. C'est de se dire si on fait l'opposition trop systématique, finalement on sera perçu comme des bloqueurs tout en sachant que la vraie opposition ça sera l'ORN.

Donc nous, on va passer entre deux portes et on va peut-être passer inaperçu qui sont dans une situation qui n'est pas forcément confortable sachant en plus qu'il y a des postures systématiques qui sont des postures dues au quinquennat. C'est-à-dire qu'on est déjà à peine voté pour la présidentielle que Vauquiez se positionne, que les dents se positionnent et que tout le monde se positionne et que ça empêche ce fameux système à l'Allemande où on discute et on n'est pas simple. C'est étonnant parce qu'en vous écoutant le système à l'Allemande du compromis, du dialogue, nous on est dans le système on est en train d'entrer dans le système de ce que vous nous racontez ce soir.

Non pas de la magouille c'est pas ça mais du rapport de force politique. On se dit le Parlement ça va être une espèce de chaudron avec des négociations c'est comme ça que ça se passe sur chaque texte avec quelque chose de très politicien et je ne suis pas sûre que ce soit le message qu'on voyait les Français.

29:00
Invité

Mais on peut faire une remarque notre système chacun le sait avec l'élection du chef de l'État au suffrage universel direct empêchera les discussions et les compromis

29:13
Présentateur

parce que

29:14
Invité

tous les parlementaires appartiennent à un parti qui pense à la prochaine présidentielle. C'est un système de ce point de vue-là mortifère. Il fonctionne quand il y a une majorité mais quand il n'y a pas comme là une majorité nous n'allons pas avoir de coopération. Donc il se passe quoi Dominique Rémi ? C'est là aussi que la position de la droite va être compliquée parce que vous pouvez ne pas coopérer parce que mettons de côté l'intérêt qui est très présent dans tout ça et le calcul qui est omniprésent mais vous ne coopérez pas parce que vous voulez rester disponible pour la prochaine échéance et ne pas laisser la voie libre à Marine Le Pen. Ça se tient même pour l'intérêt du pays.

Mais si vous ne coopérez pas nous pourrons avoir une crise historique majeure. La situation est très grave quand même. Nous avons des défis financiers considérables je ne vais pas détailler ça. Si nous avons une crise historique majeure on cherchera les responsables. Si la droite en fait partie ce ne sera pas simple pour elle de dire c'est mon pays c'est mon régime c'est ma cinquième mais j'ai laissé tout tomber parce que je pensais à la présidentielle.

30:13
Présentateur

Donc c'est quoi le scénario que vous prévisez Dominique René ?

30:15
Invité

Mais si vous coopérez vous prenez le risque d'être assimilé au Macronisme.

30:19
Présentateur

Donc c'est quoi le scénario que vous prévisez ?

30:20
Invité

Moi je trouve que c'est une situation indécidable. Ah mince ! Vous voyez ce que je veux dire c'est-à-dire que dans les deux cas si par exemple ils coopèrent sur un contrat on fait des choses mais au terme du quinquennat la droite est morte il n'y a plus que l'RN.

30:36
Présentateur

Je résume ce que vous êtes en train d'expliquer Dominique René on est coincé.

30:40
Invité

Moi je pense que la situation n'est pas il n'est pas prévu d'avoir une situation comme ça dans notre système.

30:46
Présentateur

Alors je vais vous redonner la parole mais je voudrais qu'on voit ce reportage. Pourquoi j'insiste sur le fait qu'on semble face à une espèce de situation de blocage politique et d'impasse ? Parce que le sujet du pouvoir d'achat offre notamment à la majorité l'occasion de prendre à témoin les oppositions et prendre aussi les Français à témoin. Le premier texte prévu au Parlement va obliger les uns et les autres à se positionner sur les mesures attendues très attendues notamment quand on voit ce reportage sur ces Français qui pour s'en sortir doivent avoir un cours à des prêts sur gage. Constance Meilleur Ariane Morisson et Théomane Val.

31:21
Invité

À deux pas de la Garonne en plein cœur de Bordeaux c'est un endroit où l'on vient sur la pointe des pieds. Le crédit municipal de la ville existe depuis plus d'un siècle. En ce moment chaque jour près de 40 personnes comme Patricia viennent déposer des objets précieux. J'ai déjà un dossier. En échange tout de suite d'une somme d'argent liquide. Vous souhaitez le maximum ?

31:52
Présentateur

Oui ça me permettra de payer les factures depuis le décès de mon mari je peux vous dire que ça s'accumule. Qu'est-ce que vous déposez madame ? Des bijoux qui m'appartiennent j'avais mon alliance celle de mon époux qui malheureusement les étaient au mois de mars.

32:11
Invité

Le prêt sur gage comme tout dernier recours quand les banques refusent de prêter à celles et ceux comme Patricia petite retraite juste au-dessus du seuil de pauvreté.

32:21
Présentateur

Là je suis à 1100 euros c'est tout vous savez une fois que vous avez tout payé je paye mon crédit et tout là je viens de perdre mon second mari donc vous savez c'est très dur et puis il n'est pas question que je demande à mes enfants c'est pas à eux à aider leurs parents c'est plutôt le contraire.

32:38
Invité

De la fierté et un sentiment d'impuissance aussi face à l'inflation malgré les mesures promises par le gouvernement.

32:45
Présentateur

Ils augmentent les salaires ils augmentent les retraites tout le reste augmente derrière

32:50
Invité

alors ça change rien. Contrairement aux banques donc ici tout le monde peut obtenir un prêt sur gage il suffit d'une pièce d'identité et d'un justificatif de domicile l'objet déposé est ensuite estimé avec minutie et en toute impartialité.

33:07
Présentateur

En fait on fait par rapport au cours de l'heure donc moi de toute façon je me base sur un barème le 18 carat je prête forcément à 21 euros le gramme en ce moment ou le 14 à 16 euros le gramme.

33:18
Invité

Des bijoux très personnels Guillemette de Montvert en voit passer beaucoup elle ne connaît jamais l'histoire de ceux qui les déposent pour bien déterminer leurs valeurs réelles sans être envahies par la valeur émotionnelle.

33:30
Présentateur

J'essaie de ne pas la sentir au bout d'un moment on ne la sent plus après oui effectivement vous regardez à l'intérieur vous voyez que c'est gravé vous vous dites bon ça pourrait être je ne sais pas ça pourrait être comme mon grand-père ou ma grand-mère ou mes parents mais bon ça c'est pas je ne dois pas m'attarder là-dessus. Là en tout je suis à 350 euros pour tout l'or que j'ai gardé.

33:49
Invité

Estimation faite contrat signé Patricia repart même avec 400 euros. Merci beaucoup. Qu'elle espère bien rembourser dans les deux ans un parti pour récupérer ses alliances. C'est la deuxième fois que Patricia a recours au présurgage mais derrière son guichet Maximilien Courcière voit de plus en plus de nouveaux visages. Les deux tiers des clients viennent pour la première fois.

34:14
Emmanuel Macron

Pas mal de retraités qui veulent aider les enfants ou les petits-enfants de plus en plus et on a beaucoup de clients qui viennent déposer à peu près tout et n'importe quoi c'est-à-dire qu'ils sont vraiment en besoin de petites sommes mais on voit que c'est vital. On fait de plus en plus de prêts de 5, 10, 20, 30 euros et les gens sont contents c'est-à-dire qu'ils ont vraiment besoin d'argent. Illustration dans les réserves où nous emmène

34:42
Invité

le directeur. Vous avez ici par exemple un certain nombre de guitares ici on est principalement sur des objets déposés qui appartiennent à des jeunes une clientèle de tous âges donc mais aussi de tous milieux déposant de grandes bouteilles ou des tableaux pour parfois plus de 1000 euros. L'inflation n'est pas la seule responsable ici on a bien senti la fin du quoi qu'il en coûte.

Les aides qui ont été faites lors du Covid ont touché effectivement les entreprises ont touché aussi un certain nombre de particuliers soit en direct ou soit par ricochet et effectivement donc on a eu cette période où notre économie était vraiment sous perfusion on est sorti de cette période et donc aujourd'hui les gens ont vraiment besoin de nous pour les aider à vivre au quotidien. Dans leur très grande majorité ces prêts sur gage sont aujourd'hui remboursés 95% des clients parviennent à racheter leurs biens.

35:35
Présentateur

La voilà l'urgence. Ben oui.

C'est ça qui fait que la classe politique peut vouloir se lancer dans de la guérilla parlementaire et jouer à ça mais en fait la vraie urgence elle est là c'est les français le premier texte effectivement que doit présenter le gouvernement c'est un texte sur le pouvoir d'achat alors évidemment la gauche voudra aller beaucoup plus loin que ce que propose le gouvernement mais qui imagine la gauche à la fin ou le rassemblement national voter contre un projet de loi qui propose de dégeler l'indice le point d'indice pour les fonctionnaires de revaloriser les retraites en les réindexant sur l'inflation de supprimer la redevance qui imagine la gauche assumer et puis globalement toute l'opposition assumer de bloquer parce qu'en fait la revalorisation c'est pas suffisamment ils vont dire c'est pas les bonnes méthodes c'est pas comme ça qu'il faut faire bien sûr et donc d'ailleurs ils vont essayer et sans doute que la majorité aura tout intérêt à accepter des mesures qui viennent d'ailleurs mais personne ne pourra assumer dans le contexte économique et social de voter contre donc évidemment il va y avoir la gauche va pousser pour certaines mesures la droite aussi la droite ne veut pas la logique d'échec alimentaire mais la droite dit nous on veut baisser le carburant à 1,50€ le litre c'est quelque chose qui peut aussi plaire à gauche puisque Marine Le Pen est sur une baisse de la TV à 5,5€ sur les prix du carburant donc ça passera si chacun fait un effort c'est à dire si le gouvernement aussi reprend quelques amendements ils vont être obligés de prendre des choses de la gauche mais même s'ils ne reprenaient rien j'ai envie de vous dire qui va oser assumer devant les français de dire on vote contre et cette loi est rejetée alors qu'elle est attendue alors qu'elle est attendue la revalorisation des retraites c'est pour arriver en août donc qui peut bloquer et dire non non on est contre tout et on fait tomber cette loi Mathilde, ça me paraît compliqué c'est pour ça en ce moment on est vraiment dans le jeu des postures on est vraiment au lendemain de l'élection pour l'instant il n'y a pas de discussion sur un texte mais ça va être vraiment le test de ce système politique dans lequel on est maintenant aujourd'hui c'est le texte pouvoir d'achat est-ce que ce sera celui-ci pardonnez-moi je vous coupe mais est-ce que ce sera celui-ci le vrai test ou est-ce que ce sera les projets de budget par exemple est-ce que ce sera des choses qui sont à venir et qui seront naturellement plus clivantes Aurélie l'a dit c'est un texte le vote contre c'est un texte qui veut donner plus d'argent aux français donc l'expliquer ensuite c'est quand même s'exposer à quelques remontrances de la part des électeurs ensuite effectivement il y aura les textes budgétaires qui vont être très compliqués voilà ça veut dire qu'ils trouvaient du consensus sauf qu'on peut passer à coup de 49,3 au pire au pire du pire le budget peut passer Mathilde Cireau vous l'avez terminé ?

oui c'est ça alors Nathalie Saint-Cric je pense que c'est le plus facile ils vont manger leur pain blanc dès cet été c'est à dire que évidemment alors évidemment ils prendront 2-3 choses mais personne Edora et d'ailleurs il y a quelques déclarations de Marine Le Pen quand on lit entre les lignes ce sont des déclarations qui sont plutôt plus ouvertes et que ça va être difficile de dire on veut bloquer les prix on veut faire ça parce qu'autrement ils vont se faire massacrer dans leur circonscription donc le premier va être le plus simple et tout ça parce que et c'est la ligne qu'a choisie Emmanuel Macron c'est la ligne de renvoyer la responsabilité du genre ça sera de votre faute et ça sera enfantin sur le pouvoir d'achat il y aura d'accord on ne peut pas faire plus c'est pas terrible mais on fait ça il a évoqué d'autres textes hier soir il a évoqué la santé il a évoqué la question de l'environnement l'environnement il n'a pas évoqué les retraites ça ça ne vous a pas échappé mais quand il va falloir effectivement sur le budget même si on peut passer au 49 roi quand il va falloir rentrer sur des choses sur la fiscalité un peu plus précisément on va avoir toute une gauche qui va vouloir rétablir des impôts en considérant qu'il y a des choses injustes là ça va être un petit peu plus compliqué sur la santé il y a effectivement un certain nombre de déblocages d'argent puisque l'AFI considère que le signeur de la santé c'est une blague et puis je vous rappelle qu'il y a quand même un gros problème en ce moment c'est qu'il n'y a plus de ministre de la santé enfin globalement donc il va falloir aussi tout ça que ça se règle assez rapidement avec une personnalité qui soit compatible avec plusieurs groupes parce qu'entre l'épidémie les urgences qui risquent de fermer cet été c'est une personne très costaude pour pouvoir discuter c'est peut-être justement des personnalités comme ça qu'il va falloir trouver et assez rapidement On parlait d'urgence je vais vous donner la parole dans un instant Dominique Régnier mais cette question de Guy le plus inquiétant pour les Français ce n'est pas le prix de l'essence mais le mur de la dette avec la remontée des taux d'intérêt vous l'avez évoqué rapidement ça aussi c'est peut-être la mauvaise surprise de la rentrée et ça va impacter le débat politique et ce qui peut se passer à l'Assemblée

39:58
Invité

Ça c'est catastrophique mais c'est déjà fait c'est-à-dire que les intérêts pour les emprunts français sur le marché des obligations je ne suis pas un spécialiste mais j'ai lu ça avec beaucoup d'intérêt sont passés de moins 0,4% à plus 2,4% donc un point on nous dit c'est 40 milliards de plus de charges pour les Français chaque année au bout d'une certaine durée donc nous allons crouler sous une dette et les accords vont se faire évidemment sans difficulté sur de la dépense donc cette loi sur le pouvoir d'achat elle ne sera pas contestée il y a des petits points amusants à observer parce que si on se met d'accord par exemple pour baisser le prix du litre d'essence à 1,50€ je ne sais pas ce que vont dire les écolos parce que c'est tout à fait contre leur politique qui consiste à dissuader l'usage de la voiture il y a peut-être des difficultés ici ou là mais la vraie le caractère moi je trouve il faut quand même s'interroger sur le caractère vertigineux de la situation qui est que ce système-là qui est complètement déstructuré déréglé va grosso modo être particulièrement réticent à de l'économie budgétaire à un moment où les marchés financiers nos amis européens et même ceux qui sont sensibles aux générations futures mettez-vous d'accord pour faire des économies et je ne sais pas qui viendrait soutenir un programme d'économie donc ce système dans lequel nous entrons il a une potentialité perverse inouïe il peut à la fois défaire le système politique français menacer même son fonctionnement démocratique et contribuer

41:34
Présentateur

là vous nous décrivez une crise institutionnelle

41:36
Invité

et financière et donc sociale donc une crise historique moi je redoute ça c'est-à-dire que je suis dans cet esprit-là et je veux bien et j'espère vraiment que ça n'aura pas lieu mais je ne vois pas bien comment on fait avec ce parlement qui est fait de personnes qui vont être tactiques qui vont chercher à et les français vont très vite ne pas aimer du tout ce parlementarisme à la française ça n'est pas comme le parlementarisme néerlandais ou allemand

42:03
Présentateur

mais en tout cas vous n'êtes pas de ceux qui voient cette situation-là comme une opportunité de changer peut-être les méthodes on disait Jupiter c'est fini etc. de changer les méthodes et de dégager du consensus davantage à l'Assemblée que dans la rue nous pourrions

42:17
Invité

nous pourrions nous pourrions si nous n'avions pas à élire un président au suffrage universel tant que nous aurons cela je ne dis pas qu'il faut le faire ce n'est pas le sujet de la mission mais là nous avons un obstacle majeur

42:28
Présentateur

et puis un deuxième obstacle pardon c'est quand on a des oppositions qui sont systématiques c'est-à-dire hier soir Macron parle il termine à 20h08 à 20h08 et 30 nanosecondes il y a Jean-Luc Mélenchon qui commence à dire que ce n'est pas possible tout le monde vous avez raison la spécificité française c'est plus vous qui êtes politologue que moi avec une espèce de gros bloc central et puis deux oppositions radicales ça ne prête pas tellement à des négociations est-ce qu'on peut parler un peu du rassemblement national parce que opposition systématique dites-vous depuis ces quelques jours si on tend bien l'oreille on se rend compte que le rassemblement national a un peu changé de discours depuis l'arrivée des 89 députés au parlement à l'assemblée nationale et que le président n'a pas exclu de discuter de dialoguer avec le rassemblement national alors il y a eu aussi deux points de mesure là sur ce sujet là c'est-à-dire qu'il a eu une position flottante c'est-à-dire au début le rassemblement national c'était le diable après ça a été les filles qui étaient assez intéressantes au moment du discours de Marseille parce qu'on avait besoin et puis après le discours d'Orly ça a été les renvoyer dos à dos après il y a Olivier Véran qui a dit que l'arc républicain ne comprenait ni le rassemblement national ni LFI après on a cru qu'on pense que c'était un peu plus compliqué hier soir finalement il n'a cité personne et comme vous le disiez si on décrypte bien le discours de Marine Le Pen elle est presque la plus raisonnable depuis deux jours en disant mais vous n'imaginez quand même pas que s'il y a une mesure pour aider les français on ne va pas la voter donc il y a une espèce qui va un peu avec je lisais des papiers sur l'arrivée des nouveaux parlementaires RN tellement flattés tellement heureux de pouvoir faire ça je ne suis pas en train d'admirer je suis en train de décrire et elle aura dit vous vous habillez bien vous tenez bien c'est un honneur et comme manifestement ils obéiront à tout ce qu'elle dit elle a laissé entendre qu'elle bonne tacticienne et probablement aussi parce qu'elle considère et elle a fait campagne sur le pouvoir d'achat qu'elle sera presque plus ouverte que les autres et qu'elle rentre dans la catégorie des interlocuteurs légitimes aux yeux du chef qui est la table suivante d'une forme de banalisation à laquelle on a assisté et il faut dire qu'elle a eu un comportement qui est allé dans ce sens-là il l'a reçu au même titre que les autres responsables politiques et aujourd'hui vous avez des ministres bien sûr ils ne le diront pas tel quel ouvertement mais qui disent on aura besoin aussi des voix du rassemblement national donc voilà on en est là ils sont 89 élus ils sont une partie entière intégrante de l'Assemblée et effectivement sur le texte du pouvoir d'achat ils vont avoir à cœur de montrer que c'est leur sujet et qu'ils veulent protéger les Français le sujet le plus compliqué pour parler des finances publiques ce sera les retraites c'était le seul projet de mesure d'économie d'Emmanuel Macron il ne va pas la dégainer et là clairement c'est plus trop la priorité Dominique Régnier

45:08
Invité

vous voulez ajouter un mot ? une observation rapide la présidentielle de 2022 elle s'est jouée sur le front républicain et le rejet de Marine Le Pen et là maintenant nous avons un pouvoir qui compte bien sur sa coopération pour avancer comment voulez-vous que dans le pays on n'ait pas le sentiment d'une espèce de dérèglement généralisé comment on peut expliquer ça ? il n'y a pas si longtemps c'était dès le premier tour qu'il fallait empêcher alors maintenant on va compter sur elle et bien sûr elle va savourer son succès

45:36
Présentateur

oui mais soit il y a une position morale qui est de dire on ne doit pas soit ce qui l'a fait ce qui a été fait parce qu'en fait on a eu un peu de tour soit on considère qu'elle est arrivée au second tour et que à partir de là on doit si on additionne les abstentionnistes qui sont dégoûtés par la politique plus les gens qui vont voter RN y compris ceux qui n'ont pas eu de problème pour voter RN au deuxième tour il faut peut-être les entendre

46:02
Invité

je crois que c'est indispensable mais il m'a dit

46:04
Présentateur

les jugements des français non mais les jugements des français je ne suis pas sûre que les jugements des français contrairement à ce qu'il a pu y avoir au moment de Jean-Marie Le Pen ou au début de Marine Le Pen considéreront qu'on a un fondement démocratique qui s'effondre non non c'est juste les allers-retours ah les allers-retours il va falloir arrêter il va falloir arrêter simplement si elle dit ok pour le chèque alimentaire personne n'ira dire on ne veut pas on ne veut pas des voix du rassemblement national ça on a bien compris pour le coup ces derniers jours que ce n'était pas une option voire à la majorité en tout cas habituellement ce sont des postes qui ne font pas l'objet d'une grande attention en tout cas médiatique mais dans le contexte le casting des rôles clés du Parlement devient essentiel président de groupe parlementaire président de la commission des finances président de l'assemblée chaque parti se prépare et prépare ses troupes à la bataille parlementaire qu'on a décrit je pense largement ce soir Aubrey Perrault et Mathieu Lignot Hier Aurore Berger avait le sourire être au centre de la photo elle en avait tant rêvé la députée de 35 ans vient d'être promue chef de son groupe à l'assemblée c'est pas le job le plus simple ça se saurait mais c'est probablement celui qui est le plus exigeant et qui est le plus essentiel dans le moment qu'on est en train de vivre et de connaître ça ne lui fait pas peur à Aurore Berger elle qui avait déjà postulé mais à l'époque ils sont encore là les ténors de la Macronie comme son prédécesseur Christophe Castaner la députée fait donc partie des rescapés parmi les fidèles de la première heure une marcheuse devenue figure médiatique c'est une chance de pouvoir être partie prenante d'une recomposition politique qui est inédite je pense que les partis politiques n'ont pas encore compris ce qui était en train de se passer pour beaucoup d'entre eux mais voilà qu'une page se tourne et cette ancienne de l'UMP va devoir aller convaincre à sa droite et à sa gauche il faut qu'on arrive à compter jusqu'à 289 aujourd'hui on compte jusqu'à 245 et donc ça veut dire que sur chaque texte il va falloir qu'on génère du compromis est-ce qu'à un moment c'est non et c'est non tout le temps est-ce que c'est oui si est-ce que ce sont d'autres propositions et c'est ça qu'il va falloir évaluer première femme à diriger le groupe majoritaire ce sera également une première pour sa voisine candidate à la présidence de l'assemblée Yael Brown-Pivet actuelle ministre des Outre-mer elle aussi convoitait déjà le perchoir en 2018 face à Richard Ferrand l'ancienne présidente de la commission des lois est bien connue de ses pairs habituée aux échanges musclés comme ici dans une salle d'audition à l'assemblée

48:36
Invité

merci pour ces rappels au règlement quasi maternels à notre endroit

48:40
Présentateur

j'adore vos réflexions fort misogynes monsieur Préda Lors de la commission d'enquête sur l'affaire Benalla qui met en cause ce proche du président Yael Brown-Pivet est accusé d'écourter les débats pour protéger l'Elysée

48:54
Invité

La République En Marche la majorité à l'assemblée Yael Brown-Pivet sa présidente est en train d'organiser un entièrement de première classe de cette commission d'enquête en nous amusant avec trois auditions supplémentaires en expliquant que c'est bon ce sera suffisant Je pense qu'il y a

49:09
Présentateur

une utilisation à nouveau politique de cette affaire il faut laisser aujourd'hui la justice qui est saisie travailler sereinement Ses opposants désormais la candidate au perchoir leur tend la main C'est ça la beauté de la démocratie au Parlement lorsque l'on vote des textes nous ne sommes pas nécessairement tenus par nos groupes chaque parlementaire a devant lui un bouton pour, contre, abstention Pas si simple répond l'opposition notamment Olivier Marlex élu président du groupe Les Républicains il annonce déjà la couleur

49:42
Invité

Je serai un président incorruptible La période où les gens se vendaient pour négocier des postes pour eux-mêmes est révolue

49:53
Présentateur

Réputé pour sa connaissance des dossiers et des institutions ce proche de Laurent Wauquiez entend bien user de son pouvoir d'opposition

50:03
Invité

Si la situation nous permet aujourd'hui d'être plus utiles c'est uniquement pour répondre à cette attente des français pas à quelques combinaisons que ce soit

50:12
Présentateur

Une opposition tonitruante c'est aussi la méthode de Mathilde Panot 33 ans devenue lors du précédent quinquennat la plus jeune chef de groupe dans l'histoire de l'Assemblée nationale L'héritière de Jean-Luc Mélenchon offre alors déjà quelques coups d'éclat dans l'hémicycle Madame la présidente Direction du peuple vous le baïonnez Mais au-delà des coups médiatiques L'insoumise vante la force de travail de son groupe Nous sommes ceux qui avons le plus travaillé fait le plus d'amendements fait le plus de propositions de loi pas juste un travail d'opposants de proposants aussi donc tout le monde sait ce que nous portons Aurore Berger Yaël Braun-Pivet Olivier Marlex et Mathilde Panot chacun de son côté de l'hémicycle Ils se retrouveront la semaine prochaine pour la répartition des postes clés de l'assemblée Parmi les autres postes clés la présidence de la commission des finances Oh là là Avec certains élus qui considèrent qu'elle doit revenir au rassemblement national Alors ce qui se passe jusqu'ici c'est forcément un groupe d'opposition ça ne précise pas d'ailleurs dans le règlement de l'assemblée que c'est nécessairement du plus gros groupe de l'opposition Là il se trouve qu'aujourd'hui effectivement le plus gros groupe d'opposition c'est le rassemblement national avec 89 élus puisque la NUP l'alliance de la gauche est divisée en 4 groupes et les insoumis ne sont que 72 Donc techniquement si on se fie à tout ce qui s'est passé depuis que Nicolas Sarkozy a instauré cette règle en 2008 c'est toujours le plus gros groupe d'opposition qu'il avait Mais bon on était sur de la droite contre de la gauche c'était assez basique Là effectivement il y a une bataille souterraine en se disant logiquement ça devrait être le rassemblement national sauf que les insoumis disent nous sommes la NUP nous sommes plus nombreux D'ailleurs Jean-Luc Mélenchon a vainement tenté de dire si on faisait un groupe tous ensemble pour être plus nombreux les autres ont dit non sachant que du côté de la NUP alors ils doivent essayer de se mettre d'accord pour avoir un seul candidat parce que Éric Coquerel a priori veut être candidat pour les insoumis mais Valérie Rabault la socialiste est aussi intéressée et ça c'est une candidature qui pourrait plaire y compris à des républicains la majorité verrait d'un bien meilleur oeil que ce soit Valérie Rabault plus tôt qu'un insoumis Aurélie Rabault pourquoi on a entendu certains républicains dire il faut que ce soit le rassemblement national qui hérite de la commission présente la commission Gérard Larcher notamment a dit ça qu'il fallait respecter les électeurs du front national et que c'était du rassemblement national qu'est-ce qu'ils craignent de la NUP alors peut-être qu'ils ont plus peur d'un insoumis à la tête de la commission des finances que le rassemblement national c'est vrai quand vous êtes à la présidence de la commission des finances vous avez des pouvoirs extrêmement larges vous pouvez filtrer les amendements gouvernementaux qui arrivent pour faire le budget vous pouvez aller contrôler des dossiers fiscaux alors le secret fiscal quand même est maintenu si jamais vous allez contrôler quelque chose et que vous le dévoilez c'est puni par la loi vous n'avez pas le droit mais vous pouvez débarquer dans n'importe quelle administration et contrôler tous les documents que vous voulez et visiblement même Eric Wirt l'ex-LR ancien président de la commission des finances aurait l'air de préférer que ce soit le rassemblement national plutôt que les insoumis qui est la commission des finances et côté de l'exécutif également c'est à dire que globalement ils ont effectivement une peur d'une infiltration ou des méthodes de LFI je ne suis pas en train de dire que c'est vrai ou que c'est faux je suis juste en train de dire qu'ils ont peur de ça et qu'ils ont une confiance extrêmement modérée en Eric Coquerel et qu'ils préféraient tous finalement que ce soit le rassemblement national à savoir le Jean-Philippe Tanguy qui a été désigné pour faire ce chose on parle de gens que peut-être les gens qui nous regardent ce soir ne connaissent pas forcément mais on est d'accord que les personnes qu'on a présentées dans ce reportage sont amenées à avoir un vrai rôle et des vraies responsabilités et ce sont des postes Dominique Régnier déterminants dans les semaines et les mois qui viennent

54:03
Invité

oui on n'est pas habitué à ça donc ça va sans doute intéresser dans un premier temps au moins mais un cœur de la vie politique va se passer véritablement à l'Assemblée nationale ceux qui sont les élus vont jouer un rôle important on va davantage les connaître et d'ailleurs ceux qui n'ont pas voulu y aller on s'en doute commis une erreur très importante c'est le cas

54:25
Présentateur

Vous pensez à qui ?

54:26
Invité

Je pense à Jean-Luc Mélenchon qui n'est pas député parce qu'il n'a pas voulu se présenter et du coup il ne sera pas de ces personnages que l'on va interroger interviewer voir et dont on va connaître les décisions ou les réflexions

54:38
Présentateur

Jean-Luc Mélenchon et Jordan Bardella qui est député européen et qui ne sera pas au théâtre c'est un endroit où on... Et Marine Le Pen a donc été élu sans surprise présidente du groupe Eran à l'Assemblée Cette question si l'on s'empoigne dans l'hémicycle alors comment se comporteront les Français déçus dans la rue ?

54:53
Invité

L'aspect je dirais le plus redoutable c'est la possibilité que ce Parlement ne parvenant pas à produire une politique raisonnable et à peu près continue et bien finisse par s'opposer à lui-même dans une sorte d'antipolitique où rien ne serait possible et que cela produise en reflet je dirais en miroir dans des manifestations des mouvements sociaux non pas contre l'incurie parlementaire mais parce qu'on ne gouvernerait pas correctement parce que là nous aurions une crise parlementaire une crise politique une crise sociale et que nous n'allons pas sans doute pouvoir gérer tout cela avec les moyens que nous avons aujourd'hui

55:32
Présentateur

on revient maintenant à vos questions une question de Patricia trois ministres à remplacer voire quatre un gouvernement élargi qui se fait attendre le président absent plusieurs jours tout va bien sur le calendrier ça ne peut pas durer c'est ce que vous nous disiez tout à l'heure oui effectivement quatre ministres qui sont démissionnaires on imagine qu'à la suite peut-être de l'élection pour la présidence de l'Assemblée qui a lieu mardi si jamais c'était Yael Brown-Pivet qui logiquement devrait être élue puisque c'est la candidate de la majorité présidentielle comme elle est actuellement ministre des Outre-mer elle devra quitter son poste et donc là s'ouvrira certainement la séquence du remaniement et on ne sait jamais combien de temps ça dure là il y a quand même des contraintes qui viennent d'être posées c'est-à-dire le fait d'avancer très vite sur le texte pouvoir d'achat et puis les contraintes économiques aussi qui poussent peut-être la France à se mettre en ordre de bataille non ?

et la santé il y a même certaines personnes qui considèrent que ça peut aller assez rapidement même si c'est non significatif ce que je veux dire par là c'est dire que c'est peut-être pas le gros remaniement mais que temporairement il faut donner l'impression qu'il y a des gens qui travaillent avec cette énorme inquiétude sur l'hôpital et sur les Outre-mer donc il y a ça et puis c'est vrai que le texte pouvoir d'achat c'est le 6 juillet en Conseil des ministres alors on a déjà sauté un Conseil des ministres il ne faut pas traîner assez trop Emmanuel Macron veut que les oppositions se mettent d'accord sur son programme bizarre non ?

Les oppositions trouvent ça bizarre effectivement oui il y a un côté paradoxal à dire il faut vous mettre d'accord sur mon programme mais il a dit qu'il fallait faire du compromis donc ça veut dire que lui aussi va devoir faire un pas vers les propositions de l'opposition sinon c'est du donnant-donnant quand vous devez faire du compromis donc il a commencé par voilà c'est mon programme qui compte c'est la base après on peut discuter avant après il faut discuter

57:20
Invité

sinon il n'y a pas de compromis Il faut rappeler que son programme pour 2022 est quand même très light et qu'il se prête assez bien pour le coup sans que ça ait été voulu j'en suis sûr à une discussion avec d'autres partenaires pour le modifier

57:31
Présentateur

Pourquoi Emmanuel Macron n'a-t-il pas pris de mesures en faveur du pouvoir d'achat avant les législatives ?

Parce qu'il y a déjà tout ce qui a été fait dans toute la période du quoi qu'il en coûte il y a déjà eu le bouclier le bouclier tarifaire qui va être prolongé dont Elisabeth Borne a annoncé aujourd'hui qu'il serait poursuivre jusqu'à l'année il y a eu un certain nombre de primes simplement ils ont je crois attendu un peu de voir quel était l'effet de l'inflation quel était l'effet de la crise ukrainienne pour voir à quel point tout a augmenté et tout était problématique et ils ont dit on le fera je ne pense pas qu'ils aient trop ils ont peut-être sous-estimé Une question d'Henri en Gironde notre première ministre va faire son discours de politique générale sans se soumettre à un vote de confiance On ne sait pas pour l'instant elle n'est pas obligée formellement par la constitution ce serait bizarre de ne pas le faire sauf si elle est sûre de le perdre ce qui est un risque c'est pour ça que en ce moment des ténors de droite de la Macronie appellent des petits camarades plutôt moins fermés que les autres à droite avec une question si jamais on fait quelque chose est-ce que tu peux au moins t'abstenir toujours dans cette de faire baisser les votes contre parce qu'effectivement si elle est sûre de perdre si toute l'opposition se ligue pour voter contre elle ça veut dire qu'elle est renversée directement donc dans ce cas-là il pourrait éviter de passer par un vote de confiance Je me tourne vers le politologue Dominique Fénier ce serait possible politiquement dans un contexte comme celui-ci de dire je vais faire mon discours de politique générale mais je ne veux pas de confiance

59:00
Invité

Ce sera commenté il y aura une espèce de bruit politique mais je ne suis pas certain que pour les français ce soit considéré comme plus important que ce n'est pas rien mais plus important que d'avancer sur l'hôpital Ce sera considéré comme une lâcheté absolue et un refus

59:17
Présentateur

d'entendre l'Assemblée pour elle

59:18
Invité

ça la plombera On va laisser finir Dominique René C'est très probable mais c'est peut-être une meilleure solution que d'avoir un gouvernement qui est défait renversé et qu'il faut tout recommencer à ce moment-là

59:30
Présentateur

Allez, une question de Christophe dans la Vienne Si toutefois Elisabeth Borne était obligée de quitter Matignon qui pour la remplacer ? Qui ? Alors il y a des candidats On a expliqué justement qu'il n'y avait pas de...

Non, il y a des candidats Il y a des candidats bien sûr Là, on en trouve généralement des ambitieux des personnalités qui se verraient bien à des postes On a parlé de François Bayrou Il y a aussi Bruno Le Maire Mais ce qu'on a dit tout à l'heure c'est que personne ne cochait entre guillemets toutes les cases dans cette période pour être véritablement la personne idéale pour tenir cette assemblée Et on n'est même pas capable aujourd'hui de dire si le président de la République y réfléchit vraiment Ça fait partie des cartes qu'il a posées sur la table Il y réfléchit forcément Bien sûr Ça fait partie des options qu'il a à trancher devant lui Nous allons découvrir d'autres pans de la personnalité d'Emmanuel Macron Sait-il réellement négocier débattre trouver des compromis ?

Nathalie Saint-Cricq Il va bien être obligé Oui Ou alors à ce moment-là il s'en va Enfin je veux dire il y a un moment donné on apprend en avançant C'était un peu facile la première fois enfin les 5 ans bien qu'il y a eu une grosse crise donc pas si facile que ça Mais effectivement il y avait un membre de l'opposition qui disait on va lui offrir un que sais-je sur le Parlement pour qu'il comprenne comment ça marche C'est un peu vache Et il a dit hier soir c'est très intéressant peut-être s'y arrêter il nous reste quelques minutes il a dit au fond c'est presque ce que j'ai toujours voulu parce que moi j'ai voulu le dépassement Le dépassement mais sur le fond philosophiquement c'est pas idiot Oui c'est-à-dire de considérer qu'on prend ce qui a le mieux à gauche ce qui a le mieux à droite sauf que manifestement quand le dépassement est trop flou non pas c'est qu'il y a l'eau mais c'est parce que c'est pas assez lisible pour les français qu'il y a les vieux clivages qui remontent autour d'Emmanuel Macron ils sont très forts pour post-rationaliser vous savez les situations donc là ils vont vous dire que c'est formidable ce qui s'est passé dans la lésion de dimanche parce que c'est ce qu'ils auraient toujours voulu qui arrive c'est-à-dire pouvoir négocier aller chercher voie par voie revenir à l'origine du macronisme puisqu'on se revient la loi Macron en 2015 à l'époque quand il était ministre de l'économie il avait fait ce travail-là parce qu'il savait que c'était un texte compliqué pour sa majorité pour la majorité de l'époque socialiste mais la finit par pardon excusez-moi Aurélie ce n'est pas que faux c'est-à-dire qu'il y a quand même eu cette volonté de la part d'Emmanuel Macron de travailler avec une partie de la droite et une partie de la gauche effectivement c'était sa ligne politique pour laquelle il s'est engagé pour la précédente élection présidentielle mais là elle se heurte un peu au principe de réalité pour avancer sur vraiment du dur c'est-à-dire des textes de loi et des votes au Parlement et puis pour continuer à réformer et ne pas tomber dans l'immobilisme ce qu'il a évoqué aussi hier soir pourquoi le président Macron persiste-t-il à dire que les Français ont voté pour son programme alors qu'il fallait faire barrage

1:02:11
Invité

oui c'est un des aspects qui m'a étonné parce que ça consiste à ne pas reconnaître l'effort qui a été fait par beaucoup d'électeurs pour éviter un autre résultat à la présidentielle que d'insister ainsi sur le soutien à son programme c'est aussi une façon malgré tout de rappeler sa légitimité qui est pleine et entière pour le quinquennat c'est une façon de dire aussi aux parlementaires ce qui est vrai qu'il a une légitimité totale par rapport aux parlementaires il est dans une circonscription lui il a été élu par le pays tout entier je pense qu'il a voulu aussi faire entendre cela à ce moment là

1:02:42
Présentateur

il a dit j'ai été élu le 24 avril il a dit aussi on est arrivé en tête c'est nous qui avons le plus de députés de rien quand même c'est lui qui a le plus de députés le 245 c'est pas suffisant mais c'est quand même beaucoup plus que la nuque qui est à 130 et qui ont été élus donc c'était assez nécessaire de sa part de le rappeler oui il a rappelé quand même il n'a pas gagné mais qu'il n'a pas totalement perdu il ne s'est pas fait totalement désavouer c'est juste que les français ont dit on va pimper un petit peu le quinquennat et voir comment vous pouvez vous en sortir comme ça il y a aussi eu des reports dans le législatif qui font qu'on peut considérer que chaque député n'a pas été élu uniquement sur son propre mérite mais aussi par rapport à des barrages qui ont pu être faits donc ça renvoie tout le monde à sa triste solitude merci c'est le mot de la fin merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée à minuit ce soir il est l'heure de retrouver Anne-Elisabeth Lemoyne et toute l'équipe de CETAVOU bonsoir Anne-Elisabeth bonsoir Caroline bonsoir Caroline Emmanuel Macron qui tutoie Poutine qui s'assure que Zelensky est en sécurité au soir de l'invasion russe qui depuis le PC Jupiter l'abri anti-atomique de l'Elysée anime un conseil de défense jamais une caméra n'avait filmé le pouvoir au coeur d'une crise mondiale le journaliste Guy Lagache a mis ses pas dans ceux du chef de l'Etat depuis 6 mois résultant un documentaire incroyable dont vous découvrirez les premières images dans un instant merci beaucoup Anne-Elisabeth bonne émission demain vous retrouvez Axel Dottarlay pour un nouveau C'est dans l'air je vous rappelle que vous pouvez retrouver l'émission quand vous le souhaitez en replay et en podcast belle soirée c'est dans l'air

1:04:08
Locuteur

c'est dans l'air