Instant Porcher | Israël - Palestine : Le début d'une crise économique mondiale ?
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« Il risque d'y avoir effectivement des perturbations sur la production de gaz israélienne. »
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« Dans 9 cas sur 10, une crise aux Etats-Unis est précédée d'une forte hausse des prix du pétrole. »
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« le SMIC qui a conservé son pouvoir d'achat, puisque c'est le seul qui est indexé. »
- 0:22PrésentateurFait
« Le revenu moyen a perdu le pouvoir d'achat, le RSA a perdu le pouvoir d'achat, les retraites ont perdu le pouvoir d'achat. »
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« Macron, il a dit non. Là-dessus, ce sera non. »
- 4:20PrésentateurFait
« Israël détient des ressources en gaz naturel. »
- 4:22PrésentateurChiffre
« Sur une vingtaine de milliards de mètres cubes produits en 2022, l'État hébreu en avait exporté près de la moitié, en particulier vers l'Égypte et la Jordanie. »
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« Côté pétrole, les exportations iraniennes de pétrole brut ont bondi de plus de 700 000 barils par jour entre le premier trimestre de 2021 et le troisième trimestre de 2023. »
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« L'Iran représente 12% des réserves mondiales de pétrole et 4% de la production mondiale. »
- 5:00PrésentateurFait
« Bruno Le Maire, notre ministre de l'Économie, a jugé que nous avons désormais un troisième risque géopolitique, qui est le risque d'extension du conflit en Israël à l'ensemble de la région. »
- 11:17PrésentateurFait
« La première ministre propose la mise en place d'un haut conseil des rémunérations. »
- 11:22PrésentateurFait
« « Les grilles de certaines branches professionnelles ne sont plus adaptées aux qualifications. Des salariés acquièrent des compétences très utiles pour la performance de notre économie sans que leur rémunération ne progresse dans la tribune dimanche. » »
- 14:26PrésentateurFait
« L'indexation en Belgique est quand même très cadrée, avec un minimum, etc. Un maximum aussi, à ne pas dépasser, etc. »
- 15:33PrésentateurFait
« quand ça fait trois ans que ça dure et que les gens ont perdu du pouvoir d'achat »
- 15:35PrésentateurFait
« il n'y a que le SMIC qui a conservé son pouvoir d'achat, puisque c'est le seul qui est indexé. »
- 15:38PrésentateurFait
« Le revenu moyen a perdu le pouvoir d'achat, le RSA a perdu le pouvoir d'achat, les retraites ont perdu le pouvoir d'achat. »
- 17:38PrésentateurChiffre
« Le pouvoir d'achat est la première priorité des Français. L'étude de la Fondation Jean Jaurès à 46% le monde. »
Temps de parole
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Pour ne rater aucune de nos vidéos, n'oubliez pas de vous abonner et d'activer la cloche. Il risque d'y avoir effectivement des perturbations sur la production de gaz israélienne. Il faut quand même se méfier. Dans 9 cas sur 10, une crise aux Etats-Unis est précédée d'une forte hausse des prix du pétrole. A partir de ce moment-là, quand ça fait 3 ans que ça dure et que les gens ont perdu du pouvoir d'achat, parce qu'il n'y a que le SMIC qui a conservé son pouvoir d'achat, puisque c'est le seul qui est indexé. Le revenu moyen a perdu le pouvoir d'achat, le RSA a perdu le pouvoir d'achat, les retraites ont perdu le pouvoir d'achat. Et Macron, il a dit non. Là-dessus, ce sera non.
Ça va être un dialogue de sourds. Bonjour tout le monde, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel Instant Porcher. L'instant Porcher, c'est un petit moment qu'on se prend entre nous, avec Thomas, pour analyser, décrypter et avoir les clés pour comprendre ce qu'il se passe autour de nous. Pour nous, la rentrée, c'est dans 5 petits jours à la télévision. C'est pour ça qu'on est revenus sur le grand plateau. Vous avez bien entendu, je vous le répétais sans cesse l'année dernière, nous avons réussi grâce à vous. Vendredi, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télés, des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes.
Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique. Pour constituer notre grille des programmes, nous sommes en pleine levée de fonds sur Kiss Kiss Bank Bank. Nous avons atteint les 170 000 euros. Merci, rejoignez cette grande aventure et soutenez la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. On a besoin de vous, donc continuez. Bonjour Thomas. Bonjour Lisa. Alors avec toi aujourd'hui au programme, on va parler des conséquences économiques du conflit israélo-palestinien, puis des propositions autour du salaire d'Elisabeth Borne, la conférence sociale de ce qui se passe en Belgique. On va voir tout ça avec toi. C'est parti.
Vous le savez, depuis le 7 octobre, nous suivons le conflit israélo-palestinien aux médias. Après l'attaque du Hamas en Israël, Israël a multiplié les bombardements sur Gaza. L'armée israélienne a demandé l'évacuation sous 24 heures de plus d'un million d'habitants du nord de la zone. Une demande impossible sans conséquences dévastatrices, selon l'ONU, qui, avec Human Rights Watch ou encore MSF, ont tiré la sonnette d'alarme et décrit une catastrophe humanitaire sans précédent, où Gaza était sans eau pendant 7 jours et sans électricité, avec des accès aux soins limités et entravés.
Une situation meurtrière, 1 400 morts en Israël, plus de 2 600 à Gaza, dont plus de 700 enfants, selon un dernier bilan des autorités locales dimanche soir. Entre le soutien inconditionnel à Israël d'une part, ou les accusations en soutien du terrorisme d'autre part, la scène politico-médiatique mondiale et française est saturée. Au Média, nous avons tenté et décidé de prendre le temps de mener un débat sain et posé. Je vous invite à aller voir nos émissions pour s'informer, réfléchir autour des questions politiques, historiques et humaines.
Nous, dans l'instant Porcher, émission économique, nous allons nous pencher sur une question que nous savons bien secondaire au regard de la catastrophe humanitaire en cours, les conséquences pour l'économie mondiale et française avec le risque d'extension du conflit à la région autour d'Israël, où, évidemment, l'Occident est loin d'y être absent, matériellement ou économiquement. Et tout cela révèle et met à mal les relations interdépendantes entre des pays. Tous les efforts des Etats-Unis pour pacifier les relations entre leur grand allié Israël et ses voisins du Moyen-Orient tombent à l'eau, écrit la tribune avec l'AFP.
En effet, l'Arabie saoudite a décidé de suspendre les discussions avec Israël et a affirmé ce samedi à l'AFP une source proche du gouvernement saoudien.
Riyad déclare son rejet catégorique des appels aux déplacements forcés de la population palestinienne de Gaza et sa condamnation du bombardement continu de civils sans défense dans ce territoire, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères dans un communiqué. Le ministère des Affaires étrangères a également appelé vendredi la communauté internationale à agir rapidement pour stopper toute forme d'escalade militaire à l'égard des civils, empêcher une catastrophe humanitaire et apporter l'aide nécessaire aux habitants de Gaza.
Les priver des moyens essentiels d'une vie décente est une violation de la loi humanitaire internationale et va exacerber la crise et les souffrances que la région connaît, a-t-il ajouté.
Les inquiétudes se concentrent surtout autour de l'Iran. Les Etats-Unis les soupçonnent d'avoir préparé l'attaque du Hamas. Les relations entre les deux pourraient se dégrader aussi. Si ces crimes de guerre commis par l'entité sioniste Israël ne s'arrêtent pas immédiatement, alors nous pouvons imaginer n'importe quelle possibilité, a prévenu le ministre des Affaires étrangères iranien vendredi. A la frontière Liban-Israël, les affrontements meurtriers se sont multipliés entre l'armée israélienne et le Hezbollah, l'organisation chiite libanaise proche de l'Iran. Emmanuel Macron a mis en garde le président iranien contre toute escalade ou extension du conflit.
Quels impacts énergétiques, économiques risquent-on dans tout cela ? Israël détient des ressources en gaz naturel. Sur une vingtaine de milliards de mètres cubes produits en 2022, l'État hébreu en avait exporté près de la moitié, en particulier vers l'Égypte et la Jordanie. Moins de gaz vers ces deux pays signifie moins d'exportation de gaz naturel liquéfié d'Égypte, donc moins de gaz naturel liquéfié pour le reste du monde, résume Anne-Sophie Corbeau, chercheuse au Centre Global de Politique de l'Énergie, à l'Université Columbia Journal Le Monde.
Côté pétrole, les exportations iraniennes de pétrole brut ont bondi de plus de 700 000 barils par jour entre le premier trimestre de 2021 et le troisième trimestre de 2023. Détail Patricio Valdivisio, analyste pour Istad Énergie Toujours au Monde. L'Iran représente 12% des réserves mondiales de pétrole et 4% de la production mondiale, d'où les craintes autour d'un conflit généralisé. Bruno Le Maire, notre ministre de l'Économie, a jugé que nous avons désormais un troisième risque géopolitique, qui est le risque d'extension du conflit en Israël à l'ensemble de la région. Ce risque-là est un risque majeur pour l'économie mondiale.
Thomas, est-ce qu'il y a un véritable risque, comme on vient de l'entendre là de la part de Bruno Le Maire ? Alors d'abord, la première chose, et tu as eu raison de le rappeler dans ton introduction, c'est que les impacts économiques restent très largement secondaires face au nombre de morts et au chagrin que les familles qui ont connu des décès doivent vivre en ce moment. Après, on est une émission d'économie, et moi je parle d'économie, donc on va traiter cet aspect. En fait, de quoi vont dépendre les impacts économiques ? Parce que pour le moment, ils sont assez faibles. Pourquoi ils sont assez faibles ?
Parce qu'Israël n'est pas un gros producteur de pétrole, ni un très gros producteur de gaz, comme c'était le cas par exemple de la Russie, où là tout de suite, il y avait eu un impact, dès qu'il y avait eu des tensions géopolitiques et qu'il y avait le conflit qui avait commencé, il y avait eu un impact majeur tout de suite sur les marchés pétroliers et les marchés gaziers. Ce qui n'est pas le cas là. Il y a eu une petite pointe en début de semaine dernière, et puis très rapidement, c'est retombé. Parce que ce n'est pas un gros acteur, Israël n'est pas un gros acteur énergétique.
Maintenant, il y a quand même deux éléments à prendre en compte pour voir si l'impact économique peut se propager. C'est la durée du conflit et son extension. La durée, si le conflit reste très localisé, mais qui s'inscrit dans le temps, il risque d'y avoir effectivement, comme tu l'as dit dans l'introduction, des perturbations sur la production de gaz israélienne, qui a des gisements notamment au large de Haïfa, et qu'il exporte par l'Égypte, qui est liquifiée et qui revient vers l'Europe, sur un marché qui est extrêmement en tension sur l'Europe. Donc là, il peut y avoir un impact, notamment sur les prix de l'électricité. On reviendra là-dessus, mais sur les prix de l'électricité.
Et puis après, s'il y a une extension du conflit à l'Iran, qui est un gros producteur de pétrole, mais aussi un gros producteur de gaz, et une partie des pays européens comptait sur son gaz liquifié dans les années à venir pour se passer complètement du gaz russe. Là, il peut y avoir des fortes tensions sur les marchés pétroliers. Et il y a encore l'inconnu, même si ça avance de plus en plus, c'est la position de l'Arabie saoudite, qui était sur un rapprochement qu'elle a arrêté avec Israël, mais qui, si demain, décide de punir les soutiens d'Israël, peut baisser ses quotas.
Et là, on rentre dans un autre choc pétrolier qui aurait un impact majeur sur un certain nombre de pays au niveau mondial. Quel impact pèse, en fait, sur l'économie mondiale ? Sur l'économie mondiale, si vous avez le scénario, on va dire, de l'Arabie saoudite et de l'Iran, de l'extension du conflit avec l'Arabie saoudite qui rentre dans la danse. Qui rentre dans la danse, pas en guerre, mais qui va baisser les quotas de pétrole, son offre de pétrole, ce qui va faire tout de suite grimper les prix. Parce qu'on est encore une fois sur un marché sous tension. Donc, il y a la Russie qui est un des plus gros producteurs de pétrole qui a été touché.
Il y a certes les Etats-Unis, mais qui produit un pétrole principalement pour sa demande intérieure, donc qui a moins d'impact sur l'économie mondiale. Et vous avez ensuite le pétrole saoudien qui exporte une grande majorité de son pétrole, ce qui, là, va avoir un impact sur les prix. Et à partir du moment où vous avez une très forte hausse des prix du pétrole, même si nos économies sont beaucoup plus résilientes aujourd'hui aux prix du pétrole parce qu'elles sont plus tertiarisées, elles sont moins industrielles et donc elles ont moins besoin en intensité de consommation, elles ont moins besoin de pétrole. Il faut quand même se méfier.
Il y avait un économiste qui disait que dans 9 cas sur 10, une crise aux Etats-Unis est précédée d'une forte hausse des prix du pétrole. En 2008, on avait un prix du pétrole à plus de 148 dollars, à peu près autour de 148 dollars, et tout de suite, on a eu une très grosse crise financière mondiale. Donc, si les prix augmentent très fortement, dans des prévisions qui sont déjà plutôt moroses, dans des économies qui luttent contre l'inflation et qui sont plus fragiles, il peut y avoir un impact et on peut voir advenir une forme de crise économique. Et sur l'économie française, du coup ?
Sur l'économie française, alors il y a effectivement la courroie du pétrole, mais la première courroie, c'est celle du gaz. C'est-à-dire que même s'il n'y a pas d'extension, même s'il n'y a pas une extension à l'Iran, à l'Arabie Saoudite, si le conflit dure en Israël, bon ben là, vous allez avoir une partie, comme on a dit, du gaz qui revenait à l'Europe, qui n'était pas énorme, mais qui était quand même nécessaire aujourd'hui, qui ne va pas pouvoir aller vers l'Europe. Et comme sur l'Europe, on est sur un marché extrêmement tendu depuis la crise avec la Russie, là, il peut y avoir effectivement les prix du gaz qui augmentent.
Et il faut bien savoir une chose, c'est que quand les températures baissent fortement, les gens consomment plus d'électricité. Quand ils consomment plus d'électricité, il y a une forme d'ordre de mérite. C'est-à-dire que vous avez en premier lieu l'hydraulique au fil de l'eau, les barrages, puis vous avez les renouvelables, puis vous avez le nucléaire, et à la fin, vous avez les centrales thermiques, c'est-à-dire à gaz et à charbon. Et c'est elles qui déterminent le prix quand il y a une forte demande. Parce qu'à partir du moment où on demande de l'électricité, l'électricité n'étant pas stockable, il faut la produire sur le moment.
Donc si on a des températures très basses, c'est l'unité marginale mise en production, la centrale à gaz, qui détermine le prix de l'électricité. Si vous avez un prix du gaz qui augmente parce qu'il y a X ou Y de problèmes, comme on l'a vu récemment sur un pipeline entre deux pays au niveau européen, et que vous avez de l'autre, le gaz israélien qui manque, on peut avoir une forte hausse des prix qui va peser en plus sur l'inflation. Ça, c'est sur le gaz. Maintenant, sur le pétrole, c'est la même chose.
Si on a l'extension du conflit, l'Arabie saoudite et l'Iran qui rentrent dans la danse, on va avoir les prix du pétrole qui vont augmenter, ça va se répercuter sur les prix du carburant, et ça va alimenter l'inflation. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il y a des travaux très sérieux qui ont été faits en économie qui montrent qu'en fonction du cycle de conjoncture, on a un impact plus ou moins fort. Quand vous avez un cycle de conjoncture élevé, c'est-à-dire une très bonne croissance, l'impact est assez faible. Il est très faible, on va dire, sur les coûts de production pour les entreprises, mais il se porte plutôt sur la baisse de la demande étrangère. Mais il est très faible.
Mais quand vous avez une conjoncture faible, ce qui est le cas aujourd'hui, parce qu'on est à 0,9 de prévision de croissance en France, 0,9, c'est un peu optimiste, sur la zone euro, on est à 0,7. Donc si on a une conjoncture très faible, là l'impact est très fort sur l'activité. C'est ce que montrent des travaux économiques sérieux. Donc l'impact sur les prix du pétrole et sur les prix du gaz, dans un contexte de baisse d'activité avec la hausse des taux et de forte inflation, peut-être vraiment la goutte d'eau qui fasse plonger l'économie dans la récession. S'ouvre aujourd'hui la conférence sociale sur les bas salaires avec Elisabeth Borne.
La première ministre propose la mise en place d'un haut conseil des rémunérations. Je la cite, « Les grilles de certaines branches professionnelles ne sont plus adaptées aux qualifications. Des salariés acquièrent des compétences très utiles pour la performance de notre économie sans que leur rémunération ne progresse dans la tribune dimanche. » Les organisations syndicales et patronales se retrouvent d'ailleurs également aujourd'hui dans ce même thème.
Les sujets abordés dans cette conférence seront les minima conventionnels, les classifications et les déroulés de carrière, les temps partiels et les contrats courts, les exonérations de cotisations, primes d'activités et tassements des rémunérations. Attention, Elisabeth Borne a prévenu pas de contraintes pour les entreprises. Nous voulons inciter, impulser, suivre les avancées, fermer les guillemets. Thomas, à quoi va servir là cette conférence sociale ? À rien, à rien du tout. En fait, cette conférence sociale a été inventée, je pense, suite à la grève qu'il y a eu et à l'opposition majeure des syndicats et de la population à la réforme des retraites.
Il fallait inventer une forme de gadget. C'est un peu comme la Convention citoyenne sur le climat. On sait grosso modo ce qu'il faut faire. Mais on va faire parler les citoyens, ce qui a été d'ailleurs par ailleurs très intéressant et ce qui a montré que les citoyens, quand ils discutaient entre eux de manière très calme, ils arrivaient à trouver des consensus, ce qui est assez intéressant. Mais après, le gouvernement n'a suivi qu'une petite partie parce que c'est lui qui décide in fine. Donc là, les syndicats n'ont pas été reçus par Macron pendant la réforme des retraites. Et donc, il faut inventer un gadget pour dire quand même, on parle aux syndicats, on les écoute, on les entend.
Mais on fixe nos lignes rouges. Nos lignes rouges, tu l'as bien dit, c'est de ne pas intervenir sur les salaires. Or, c'est ce que demandent les syndicats. Les syndicats, ils demandent que dans les conventions, dans les branches, le salaire de référence soit le SMIC et pas en dessous pour que quand le SMIC augmente, les autres salaires augmentent. Ils veulent qu'une partie des salaires soit indexée sur l'inflation. C'est ce qu'ils demandent. Ils veulent aussi que les aides soient conditionnées aux hausses de salaire des entreprises, qu'elles jouent le jeu. Et Macron, il a dit non. Là-dessus, ce sera non.
Donc, à partir du moment où les revendications des syndicats sont connues, et que le gouvernement met ses lignes rouges, ça va être un dialogue de sourds. Et en plus, tu l'as bien dit au début, tu as cité un certain nombre de sujets qui doivent être traités. Tu l'as dit, il y a un certain nombre de thèmes. Tout ça va être traité en une journée. Donc, ça va être quelque chose. On va faire une photo. Macron va dire, je rencontre les syndicats, je discute avec eux, je les respecte. Et puis, les syndicats vont sortir fâchés. Et puis voilà, rien ne va avancer. Donc, pour moi, c'est vraiment de... Bon, il faut faire des choses. Il faut montrer qu'on fait des choses.
Mais derrière, on sait qu'on connaît très bien le modèle de Emmanuel Macron. Tout le monde le connaît. Il y a eu une manifestation, justement, vendredi dernier sur cette question des salaires appelés par l'intersyndicat, une manifestation interprofessionnelle. Et sur la question des salaires, justement, ça fait des mois que nous, ici, on parle d'indexation des salaires sur les prix, sur l'inflation. Et c'est ce que demandent, depuis des années, des syndicats comme la CET, Solidaires, etc.
Attention à la boucle salaire-prix qui, du fait de l'augmentation des salaires, fait augmenter les prix, peut-on entendre, presque de toute part, en fait, depuis des années, jusque dans la bouche d'Emmanuel Macron, dans cette dernière interview sur TF1, où il agite le chiffon de la boucle inflationniste, j'y arrivais. Et la Belgique est un des derniers exemples européens à avoir gardé cette indexation. Il y a un article d'Alternative économique qui le montre. L'indexation en Belgique est quand même très cadrée, avec un minimum, etc. Un maximum aussi, à ne pas dépasser, etc. Et cette fameuse boucle inflationniste, en fait, elle n'arrive pas, dans les faits.
La CFDT, elle, par contre, n'y voit que des inconvénients dans l'indexation salaire-prix. Je les cite. « Nous sommes opposés à l'établissement d'une échelle mobile, car nous voulons de la négociation dans les branches et les entreprises. Or, l'automaticité des revalorisations salariales conduit à l'extension des négociations. Je suis convaincu que cela retire un levier aux organisations syndicales. » C'est s'expliquer Marie-Lise Léon, la secrétaire générale dans Alternatives économiques. Toi, qu'est-ce que tu penses de ces plusieurs orientations qui sont proposées là ? Alors, tu as eu raison de le rappeler.
C'est-à-dire que depuis le début de cette phase inflationniste, c'est-à-dire 2020-2023, là, ça fait trois ans, au début, on a pensé, on a cru, effectivement, il n'y avait pas le conflit ukrainien, que ça allait être temporaire et que c'était un ajustement de l'offre et de la demande au niveau mondial. Puis, le conflit ukrainien est arrivé et là, on se dit, bon, l'inflation va durer, quoi qu'il arrive. Elle va durer. Tout le monde le dit qu'elle risque de durer, en tous les cas. À partir de ce moment-là, quand ça fait trois ans que ça dure et que les gens ont perdu du pouvoir d'achat, parce qu'il n'y a que le SMIC qui a conservé son pouvoir d'achat, puisque c'est le seul qui est indexé.
Le revenu moyen a perdu le pouvoir d'achat, le RSA a perdu le pouvoir d'achat, les retraites ont perdu le pouvoir d'achat. À partir de ce moment-là, se pose la question d'ouvrir, jusqu'au salaire médian. Et puis après, on poursuit, on voit. C'était impossible d'en débattre. Alors que là, on ouvrait juste une possibilité de réflexion, d'indexer le SMIC et les salaires au-dessus du SMIC jusqu'au salaire médian. On n'était pas non plus à ceux qui gagnent 2500, 3000 euros et qui sont quand même, qui touchent, qui ont des problèmes quand même maintenant aujourd'hui qui se rendent compte que l'inflation pèse. Mais on n'était même pas à ça. Et c'était impossible. Pourquoi c'était impossible ?
Parce qu'il y avait cette boucle prix-salaire, avec cette idée que, oui, les prix augmentent en hyperinflation. Force est de constater, tu l'as bien dit, c'est que la Belgique, qui est un pays qui indexe ses salaires sur les prix, ne connaît pas cette boucle d'hyperinflation. Et c'est le cas aussi de Malte et c'est le cas du Luxembourg aussi, qui sont deux autres pays qui ont indexé. Pourquoi ? On l'avait dit ici au début, parce qu'il y a un certain nombre de critères qui font qu'on arrive à cette hyperinflation.
Que l'on ne retrouve pas dans nos pays riches, qui sont plus présents dans les pays émergents pour d'autres raisons qu'on pourra développer, mais qu'on ne retrouverait pas dans un pays comme la France et encore moins dans une zone euro. Donc, on pouvait indexer les salaires. Et je veux dire, ça pouvait faire l'objet d'un débat au début pour qu'on y voit plus clair. Mais c'est comme les marches, c'est comme tout. Un jour, on va dire, je suis persuadé, peut-être que dans quelques années ou dans six mois, on nous dira, lançons une étude sur l'indexation pour voir ce qui se passe. Donc là, on a vraiment loupé le coche sur cette question-là.
Et alors que l'on savait qu'ils n'allaient pas lancer cette hyperinflation et qu'il y a une différence entre une inflation à 6-7, même une inflation à 10-12 qu'une inflation à 2500% comme en Argentine ou à 114% comme en Argentine actuellement. 2500%, c'était plutôt dans les années 70. Donc oui, il y a une vraie question de pouvoir d'achat. Et aujourd'hui, toutes les études le montrent. Le pouvoir d'achat est la première priorité des Français. L'étude de la Fondation Jean Jaurès à 46% le monde. Donc, il fallait trouver des solutions. Et il n'y a pas eu de solution qui a été faite par l'État. La seule solution qui a été dite, c'est d'inciter des entreprises à le faire.
Quand elles le peuvent, elles l'ont fait. Jamais au même niveau que l'inflation, mais il y a quand même des effets de rattrapage parce que je pense que dans l'entreprise, il y avait des pressions très fortes. Mais force est de constater que la majorité des gens ont perdu en pouvoir d'achat aujourd'hui. Et donc, du coup, sur le point de vue de la CFDT, qui dit que ça pourrait enlever des leviers aux syndicats que ce soit automatisé cette indexation, tu en penses quoi ? Je ne pense pas parce qu'en réalité, ce qu'on a vécu avant, c'est que les syndicats demandaient des hausses, parfois dans certains secteurs, au-dessus des indexations automatiques.
L'indexation automatique, ça permet juste de préserver le pouvoir d'achat. Après, les syndicats, ils peuvent demander d'autres choses pour augmenter encore plus le salaire que l'indexation, mais aussi pour améliorer les conditions de vie, etc. Donc, je ne pense pas que ça enlève un poids aux syndicats. Je ne pense pas du tout. Je pense que le constat que l'on voit en tous les cas aujourd'hui, c'est que même si ça a enlevé un poids, les syndicats, même s'ils ont réussi à avoir des augmentations de salaire probablement dans les entreprises, ils n'ont pas réussi à gagner la bataille du pouvoir d'achat. Donc, il faut qu'ils fassent pression pour que ces mécanismes soient automatiques.
Et eux, après, ils peuvent, dans certains secteurs difficiles, soutenir des augmentations beaucoup plus élevées que l'inflation. Parce que le but, quand même, c'est sur plusieurs années, c'est de gagner plus de pouvoir d'achat. Ce n'est pas de le préserver ou de le voir diminuer. Sur la boucle salaire-prix, Emmanuel Macron, il est quand même censé être doué en économie. Donc, quand il dit sur TF1, oui, ça risque de créer derrière de « je ne veux pas toucher ». Je pense que c'est une position qui est tenue par un bon nombre d'économistes qu'on a entendu. Un bon nombre d'économistes, y compris des économistes du centre-gauche, comme Daniel Cohen qui disait que c'était...
Et lui qui préconisait, d'ailleurs, au lieu d'indexer les salaires, de faire de la redistribution en taxant les plus riches. Ce qui était aussi une piste, finalement. Si vous n'indexez pas, vous faites de la taxation de ceux qui profitent de l'inflation et vous la reversez sous forme de primes ou autre chose aux autres. Ce qui n'a pas été fait, ce qui a été fait en partie, mais pas totalement. Mais il y a une partie des économistes qui ont dit ça. Mais aujourd'hui, c'est les faits qui contredisent ces économistes. C'est ça qu'il faut regarder. C'est-à-dire que, oui, il y a une période dans certains pays avec un certain nombre de conditions où il y a cette spirale qui est partie.
Mais elle ne part pas à tous les coups. C'est ça qu'on disait au début. Et aujourd'hui, on le voit bien. Si ça partait à tous les coups, la Belgique devrait être dans une spirale inflationniste. Or, la Belgique, les trois pays qui ont indexé, vous en avez deux sur trois qui sont en dessous de la moyenne de la zone euro en termes d'inflation. Ça veut bien dire que ça n'alimente pas une boucle de manière automatique comme ça a été dit par ces économistes. Donc, à un moment, quand les faits contredisent la réalité, il faut se fier aux faits et pas dire que les faits se sont trompés. Et là, c'est l'inverse que fait le gouvernement parce que ce serait trop compliqué d'imposer ça.
Il y aurait trop d'entreprises qui crieraient parce que l'inflation, c'est un conflit d'intérêts. Vous avez des gens qui en profitent. On l'a bien vu quand on voit les bénéfices, les profits des distributeurs et de grandes compagnies. Et puis, il y en a d'autres qui en pâtissent, c'est les 30% les plus pauvres. Donc, quand vous faites de l'économie pour ceux qui en profitent, vous n'avez pas intérêt à toucher. Quand vous vous souciez plus des 30% qui pâtissent de cette inflation ou 40%, 50%, même les 30% qui en pâtissent très très fortement, vous demandez une indexation pour préserver l'emploi d'achat.
Et merci à vous, chez vous, d'avoir suivi cet épisode de l'Instant Porcher pour cette émission et pour le média La Rentrée. C'est dans 5 petits jours à la télévision. Vous avez bien entendu, je vous le répétais sans cesse l'année dernière, nous avons réussi grâce à vous. Vendredi, à 20h, vous aurez enfin un média libre et indépendant des luttes sur les bouquets télé, des box internet. Oui, nous allons nous frotter aux grandes chaînes. Nous avons absolument besoin de vous pour cette grande étape de l'histoire médiatique pour constituer notre grille des programmes. Nous sommes en pleine levée de fonds sur KissKissBankBank. Nous avons atteint les 170 000 euros. Merci beaucoup.
Il faut continuer, rejoigner cette grande aventure et soutenir la première coopérative médiatique de France sur le petit écran. Rendez-vous sur le canal 350 de Free vendredi à 20h et bien sûr sur YouTube qu'on ne quitte pas. Nous sommes ravis de décrypter l'actualité avec Thomas et vous chaque semaine. Merci de toujours nous suivre pour tous vos commentaires et pouces en l'air sous la vidéo. Spectateurs, abonnés, donatrices et sociaux, je vous dis à la semaine prochaine. Sous-titrage Société Radio-Canada
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