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interviewFrançois Ruffin· 11 juin 2019 5 min

C'EST UNE FRÉNÉSIE QUI DOIT SAISIR LA FRANCE : RÉFÉRENDUM !

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Ma question ne s'adresse à aucun ministre. Ca n'est d'ailleurs pas une question. C'est une alerte.

Françaises, Français, Ca n'est pour l'instant qu'un murmure : référendum. Un référendum sur les Aéroports de Paris. Un référendum pour ne pas brader ce trésor à Vinci.

Un référendum, surtout, sur l'avenir, l'avenir que nous refusons, l'avenir que nous désirons. Voilà l'arme qui les effraie. Ils ont peur.

Peur de votre portable. Peur de votre tablette. Peur de votre ordinateur.

Peur de vos signatures. D'emblée, d'ailleurs, le Premier ministre s'est étranglé : "C'est une situation dangereuse ! Cela pose un vrai et grave problème démocratique !" Et il a bien raison: c'est la "démocratie" qui est en jeu.

Pour lui, pour eux, la démocratie, c'est bien quand elle somnole dans cette Assemblée. La démocratie, c'est quand ils répètent en boucle "croissance", "concurrence", "compétitivité", "mondialisation", "déficit". La démocratie, c'est de voter une fois tous les cinq ans, et ensuite circulez braves gens.

On dirige pour vous. On décide pour vous. Voilà, la démocratie qu'ils apprécient !

Pour nous, au contraire, la démocratie, c'est la reprise en main de notre destin commun. Et il faut bien commencer par un bout, même petit : puisque le premier référendum d'initiative partagée, le premier de notre histoire, nous le permet, allons-y par le bitume des aéroports. Avant de passer à nos écoles, nos forêts, nos trains, nos maternités, nos tribunaux...

Alors, ils vendent Charles de Gaulle ? Nous répondons : "Référendum!" Ils cassent nos urgences?

Nous répondons : "Référendum!" Ils ferment nos classes ? Nous répondons : "Référendum!" Ils polluent l'air, la terre, la mer?

Nous répondons : "Référendum!" Partout, sur nos cahiers d'écoliers, sur les murs de nos villes, sur nos pages Internet, nous écrivons ce nom : "Référendum !" C'est une frénésie qui doit saisir la France : Référendum !

Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les députés, Monsieur le député vous m'interrogez sur le référendum. Vous ne m'interrogez pas d'ailleurs. Vous ne respectez pas la règle de cet hémicycle.

Et vous nous dites que vous êtes attaché Monsieur le député à la démocratie. Nous aussi. Monsieur le député, aucune votation, aucune élection ne fait peur aux démocrates.

Il y a quelques mois celui qui dirige votre formation politique a dit qu'il voulait faire des élections européennes un référendum comme vous dites. Contre le gouvernement et contre le Président de la République. Eh bien je crois Monsieur le député que les Français ont voté.

Je ne demandais pas de réponse à ma question et il y a une réponse d'Edouard Philippe. Il ne demandait pas de réponse à sa réponse mais je vais la lui fournir quand même. Un, il parle comme s'il avait gagné les élections européennes.

Or, la liste qui arrive en tête c'est le Front national et ça paraît lui convenir et il se considère comme ayant été le grand vainqueur. Par ailleurs dans les scrutins exprimés il y a nettement plus d'opposants à la politique de Macron que de gens qui lui sont favorables. Bon ceci dit on fait 6% et donc là évidemment ça offre une réponse facile d'autant plus que la liste qui arrive en tête, du Rassemblement national, elle n'est pas dans l'hémicycle.

Donc ils se retrouvent avec des oppositions qui sont présentes dans l'hémicycle mais qui sont très faibles dans les urnes et une opposition qui est forte dans les urnes mais qui est inexistante dans l'hémicycle. Donc il peut jouer sur les deux tableaux. Ca c'est le premier point.

Et le deuxième point : nous n'avons pas peur d'un référendum. C'est faux. Ils en ont peur.

Pourquoi ils ont cherché à d'emblée aller le détruire au Conseil constitutionnel ? Et que le Conseil constitutionnel, Laurent Fabius c'est l'une des premières fois dans l'histoire de la vie politique que j'ai envie d'aller lui faire des bisous, a répondu : "Non, on accepte la loi Pacte mais on maintient le référendum d'initiative partagée." Il est évident qu'ils ont peur de ça.

Sinon ils ne l'auraient pas fait. Et je peux vous dire qu'ils feront tout pour noyer ce référendum. Ils feront tout pour l'euthanasier.

Ils feront tout pour qu'il passe inaperçu. Donc ça va être à nous de mener cette bataille. Dans l'hémicycle et surtout en dehors de l'hémicycle.

Et comme on sait que le gouvernement ne va pas faire le boulot d'info sur ce référendum, qu'est-ce qu'on a fait nous ? On a produit le tract du gouvernement. Un référendum, comment on fait pour signer ?

Un référendum pourquoi ? Relativement objectif, informatif, plutôt neutre, aux couleurs de la France parce qu'on sait que ça ils ne vont pas le faire. Ouvrir des bureaux dans toutes les mairies ils ne vont pas le faire.

Donc ça va être à nous de nous bagarrer pour le faire exister ce référendum d'initiative partagée.

C'EST UNE FRÉNÉSIE QUI DOIT SAISIR LA FRANCE : RÉFÉRENDUM ! — François Ruffin · Pourquijevote