Révolte paysanne : rien n'a avancé ?
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Midih 14h [musique] Sud Radio, la France dans tous ces états, le fait du jour. Alors que le premier ministre Sébastien Lecnu poursuit ses consultations auprès des syndicats agricoles, siôt sorti sur le péron de Matignon, la coordination rurale a déclaré vouloir poursuivre la mobilisation avec notamment une convergence des agriculteurs vers Paris. Blocage, action, coup de point.
La désescalade souhaitée par la ministre de l'agriculture Annie Jeanevar n'aura pas lieu. On en parle avec le président de la coordination rurale, Bertrand Ventau. Bonjour.
Bonjour. Bonjour Bertrand Ventau. Bon, je vois que la paysannerie française ne désarme pas et ce n'est pas le froid et la neige qui vous empêche de de vous mobiliser pour la simple raison que je pense que votre colère est aussi intense qu'il y a quelques jours alors qu'on aurait pu penser qu'il y avait un apaisement en fin d'année.
Il n'en est rien. Vous n'avez pas obtenu les réponses que vous espériez auprès du gouvernement. Mais non, en fait sur la DNC, sur la dermatose, rien n' avancé en particulier sur pour étendre la zone la zone vaccinal et également pour avoir un protocole qui permet de sauver un maximum d'animaux qui sont sains.
Donc on continue à battre entièrement les troupeaux et puis sur ce qu'on avait proposé hein qui est purement du franco-français, c'est-à-dire la règle, la norme qui nous entrave là aussi. Alors l'excuse avancée, c'est écoutez, on est à 15 jours. Non, donnez-nous des engagements clairs et pas la lettre que vous avez envoyé comme a fait Sébastien Lecnu et et d'ailleurs depuis qu'on entend Sébastien Lecnu, on entend plus franchement à ni Jeunevar sur des résolutions à prendre pour sauver le monde agricole français.
Donc oui, on est ressorti très très insatisfait et surtout avec l'impression d'avoir été pris pour des imbéciles. Euh on entend plus madame Jeunevare parce que visiblement le ministère est dépassé et exactement comme il y a 2 ans. C'est Matignon qui reprend la main sur le ministère de l'agriculture parce que la crise prend des proportions nationales et et avec une implication politique terrible.
Vous pensez Bertrand Vtau qu'ils veulent aboutir ou ils vous mènent en bateau ou ils ne savent plus ? Quelle est quelle est votre sensation ? Euh je pense qu'en fait il y a ils sont incapables d'inverser le logiciel au sein de leur ministère pour remettre ben en fait les agents d'État à trouver des solutions à la cause agricole parce que ça se sent quoi.
On sent que ça fait 20 30 40 ans qu'il y a les mêmes conseillers auquels vous posez des questions et vous amène des problèmes quand vous apportez les solutions. Donc je sens pas une volonté politique à mettre de l'ordre au niveau des ministères pour que ben on vienne aider les agriculteurs à pouvoir travailler, se développer et se sauver. C'est un vrai sujet et je pense que c'est un aveu de faiblesse de leur part de dire mais non on est incapable de remettre l'administration à être à vos côtés ou à supprimer celle qui vous entrave.
Il y a pas de volonté politique, ça se sent. Vous voulez dire, Bert Vant que nos gouvernants, nos ministres de l'agriculture euh ne disposent pas des informations ou j'allais dire des compétences ou des connaissances nécessaires pour qu'ils prennent eux en conscience une décision politique ? Ils s'en remettent à des techniciens, ils font confiance aux techniciens qui finalement le dernier mot et on tourne comme ça depuis des années.
Oui, on tourne comme ça depuis des années et puis c'est surtout qu'effectivement on sent que c'est pas eux. Alors, il se cache derrière en disant "Mais nous, on est conseiller et sur les choix politiques. Bon, c'est pas à nous de les faire.
Mais si, quand on est élu, on fait les choix politiques. Moi, quand je j'ai que de maigres fonctions, mais je je tranche." Et là, aujourd'hui, ce qu'on veut, c'est des gens qui tranchent et qui mettent en particulier leur administration à travailler à la relance de l'agriculture française avant qu'il ne reste que des lambeaux d'un fleuron européen de l'agriculture qui était la France.
Là, nous sommes confrontés à un paramètre nouveau. J'en discuté hier avec le président de la Chambre d'agriculture de Laariège que vous connaissez bien. Même un troupeau vacciné euh s'il y a un cas de contamination, on continue à battre la totalité du troupeau alors que le troupeau est peut-être vacciné depuis 10 15 jours.
On considère que il y a pas à attendre que les que le vaccin fasse effet. On en est là dans le de dans la confrontation. Ouais, on en est exactement là.
Bon, il y a un travail qui a été fait justement au sein de l'Ariège hein qui est qui fait qu' était une menation de recommandation de la de la coordinationale auprès de la du président de la chambre qu'il a porté. Mais pour être plus clair, hier soir, on a pris un exemple très clair. C'est quand la date où vous vous supposez que le troupeau n'a plus raison d'être abattu parce qu'il a l'immunité ?
Et on avait on a eu nous pas comme les autres délégations la CR droit un grand chercheur en sciences vétérinaire et en fait on est ressorti de la réunion et personne n'a pu nous dire quand est-ce que effectivement on arrêtaé d'abatttre le d'abattre les troupeaux suivant trois types de vent trois scénarios donc c'est pas la peine de réunir c patience grise qui existe et le somum de du français pour pas réussir à nous dire une date si vous voulez on en est ressorti on s'est dit mais on est où là vous voulez dire que ce grand spécialiste lui-même n'avait pas l'information Il n'avait pas les éléments pour pouvoir vous donner un délai précis d'efficacité du vaccin. Non, il nous a dit qu'il fallait chercher encore plus. Donc c'est là où je commence à m'inquiéter parce que si effectivement si un chercheur aujourd'hui trouve, peut-être qu'il a plus d'emploi demain.
Mais enfin c'est je veux dire c'est c'est extraordinaire. Vous vous fait venir un imminent. Il nous dit c'est le premier ministre nous dit c'est un sachant vous entendez bien un sachant.
Donc on dit un sachant il va nous opérer et nous apporter une solution. Et ben en fait, il nous a apporté un autre problème. Dites-moi, vous êtes à l'unisson avec les autres syndicats, Bertrand Ventau, ou vous faites encore cavalier seul ou est-ce que les autres ils viennent ?
Bon, la confédération est peut-être plus attentive. Est-ce que la FNSEA progresse également dans ce dans cette réflexion ou elle reste basée sur une logique productiviste ? Bon, écoutez euh sur alors sur la partie Confédération paysane, sur la DNC, on est amis mais sur la vision de l'agriculture, on n'est pas forcément euh Je sais bien non mais je parlais vraiment du sur le sujet du jour.
Sur le sujet du jour là sur sur la DNC et le mercur et le mercure. Ouais, mais sur la DNC, le sur la DNC, la position de la de la confédération paysanne n'a pas changé et celle de la FNSA non plus. La FNSA est pour les abattages totaux.
Euh bon, son président son président euh son président Rousseau euh n'évoque d'ailleurs très peu dans les les prises-paroles qu'il a pris la la DNC parce que c'est un sujet qui doit lui poser des problèmes dans son réseau. Sa base est pas contente. Sa base est pas contente, on le sait aujourd'hui.
Euh on peut pas toujours faire l'unanimité. Voilà, il il fait il dit et fait ce qu'il a envie de faire. Après, j'ai senti quand même un revirement de situation de la part de du président de la FNSEA à dire qu'effectivement on commençait à avoir des problèmes franco-français, que le mercosour était un problème le repos mais qu'on avait un problème franco-français depuis ce matin.
Donc euh sur ça, je sur ça malgré tout même si on n'est pas forcément ami surtout, il vient de comprendre qu'on avait un problème franco-français. Donc effectivement, il va falloir qu'on appuie sur ce problème franco-français pour essayer de le résoudre. Voilà.
Quant au Bercossour euh c'était je pense que tout ça tout ce qui nous est mis aujourd'hui est encore une fois un bel enfumage en particulier quand on nous a dit euh les produits qui vont venir là-bas on va les interdire mais en fait oui le tru va signer s'il est pas signé au mois de janvier il sera signé au mois de février sera signé au mois de juin il sera signé j'en faisais mon humeur tout à l'heure c'est quand même une révolution politique on instaure sans le citer le protectionnisme. On peut que s'en réjouir. La classe paysane demande ça depuis des décennies et une partie de la classe politique française.
Est-ce qu'on peut se protéger quand on est victime d'une concurrence déloyale qui respecte pas les normes ? Jusqu'à présent, c'était moralement, intellectuellement, politiquement interdit. Là, pour la première fois, vous avez une ministre qui vous dit "Je vais interdire l'importation de produits qui ne respectent pas nos normes." C'est une conquête formidable.
Reste à savoir. Est-ce qu'elle va pouvoir tenir cette parole ? Alors euh il y a le sujet de est-ce qu'elle va pouvoir tenir sur la sur la sur la sur le positionnement.
Bravo, on la félicite. Malgré tout, le vrai sujet c'est que depuis 15 ans qu'on ne produit plus rien en France, les importations ont pris la place de la production française. Donc aujourd'hui, pour éviter qu'il y a d'autres importations qui arrivent, il y a deux choix.
Déjà, le premier, c'est relancer la production française où on est en absence de moyens de production, que sont euh euh par exemple le cuivre qui va bientôt être interdit en agriculture biologique, des produits phytosanitaires, une réglementation sur l'eau qui est absurde et totale, ce que n'ont pas nos concurrents euh européens ou mondiaux. Et donc par rapport à ça et ben il y a il y a quand même il faut qu'on reproduise parce que sinon si quand vous produisez pas c'est notre pays qui viennent et sur pour en finir si on veut vraiment avoir un signal fort ben vous dites vous faites vous la jouez comme les grandes puissances mondiales au jour d'aujourd'hui ok on a été modalisé mais maintenant si vous m'importez des choses que je suis en capacité de produire je vais vous les taxer à 30 40 50 % ou plus c'est comme ça c'est pas négociable et l'OMC je m'en fous parce que la production agricole de mon pays ou de l'Europe elle est doivent Vous êtes souveraine et vous n'y touchez plus et c'est pas une variable d'ajustement et c'est ça qu'on entend. Alors le premier virage politique a été effectué, il faut quand même qu'elle ait la validation de l'Europe pour que ça soit effectif.
Mais malgré tout ce protectionnisme qu'elle a instauré ne touche que des fruits qu'on ne produit pas chez nous ou qu'on ou arrivent à contreaison pour être honnête. Oui. Alors, le principe c'est que elle accepte l'idée que l'on puisse que la France puisse dire "Moi, je ne j'arrête l'importation ou j'interdit l'importation de produits qui sont pas conformes." Elle compensent, elle commence évidemment par des fruits qui sont, j'allais dire, des produits symboliques.
Mais puisque le concept est euh accepté et intégré, je pense qu'aujourd'hui l'agriculture française peut se dire "Et ben écoutez, puisqu'on a ouvert cette porte à une forme de protection, on peut aller plus loin. Je pense que vous irez dans ce sens et que vous l'encouragerez pour qu'elle aille qu'elle tienne sa parole." Elle a dit que c'était non négociable.
Elle a bien utilisé la formule non négociable. Oui, mais le sur le la l'affichage politique, très bien. Mais quand on regarde le diable dans ces détails, aujourd'hui, les ce qui a été instauré pour pas que c'est produrante, c'est un taux de matière active qui est interdit.
Et je vous promets que ceux qui nous importent ça vont être assez malin pour que les choisi de questions soient en dessous de ce qui est demandé et ça passera sous les radars parce qu'ils sont malins. Voilà, pour être très honnête et pour connaître un peu ce domaine-là. Voilà.
Et si et et cette police aussi, il faut le dire, la police qu'elle veut qu'elle veut mettre en place pour surveiller, vous vous prometez qu'il y a un énorme travail à faire sur ce qui rentre et ce qui en sort en terme de traçabilité. On a déjà aussi un problème là aussi franco-français, c'est-à-dire que on a des prétentions politiques, on fait des déclarations, on fait des promesses et en fait on n pas les outils ni techniques ni politiques pour pouvoir les appliquer. Donc ça coûte rien de faire ce genre de promesse puisqu'on sait que toutes les manières, elles sont difficilement applicables.
On est d'accord ? Il faut absolument que l'État français devienne fort et qu'il ait des agents dans ses rampes qui soient effectivement des forces de contrôle sur ce qui rentre et qui a les capacités à faire mais qui soit aussi au service des agriculteurs. Je je c'est le on n'arrête pas de le répéter, il faut supprimer des agences et des offices et il faut renforcer les fonctionnaires qui sont là pour nous aider à relancer l'agriculture.
C'est la priorité des priorités. simplement ce palier sera franchi, on aura fait un bon énorme et il va falloir du temps je le sais hein mais bon écoutez le budget est en décision et je crois comprendre que il y a des économies à faire autant commencer par celle-là Bertrand Ventau la détermination la coordunéation rurale est totale. Là vous êtes en mobilisation vous allez tenir vous pouvez vous pouvez obtenir votre atteindre votre objectif de de monter jusqu'à la capitale ou non vous pensez qu'ils vont mettre les moyens pour vous en empêcher ?
Ben écoutez, ça a été la grosse discussion hier soir. Les arrêtés préfectoraux sont sortis. Nos troupes ont commencé à monter autour de la ceinture parisienne depuis dimanche et il y en a d'autres qui nous rejoignent.
On est dans le froid, il fait mo- 10, on est chez des collègues agriculteurs partout autour de la voilà, on tient bon dans l'instant. Euh l'objectif est en Paris et je le répète de façon pacifique parce que pour nous ce qui est extrêmement important c'est de pouvoir rentrer dans Paris de façon pacifiste pour aller sur les deux symboles qui nous portent à cœur qui sont le Sénat et l'Assemblée nationale pour aller discuter avec effectivement le la présidente de l'Assemblée nationale et le président du Sénat mais aussi les groupes politiques parce qu'on a beaucoup de choses à dire à nos parlementaires qui pour les trois/4 nous ont trahi et ont sacrifié l'agriculture française au principe type euh du principe de précaution ou de l'écologie punitive. Donc euh je pense qu'on est la seule on est la seule force honnêtement syndicale qui est capable de leur dire en face ce qu'ils ont fait pour la plupart, j'ai pas dit tous depuis 40 ans et qui nous a et qui nous a amené de la situation dans laquelle est l'agriculture française.
Donc notre souhait de rebâtir une agriculture française forte pour des paysans qui puissent en vivre avec le moins de contraintes possible et que la France retrouve sa position agricole historique avec bien évidemment ses produits de qualité mais aussi sa production de masse qui est la meilleure du monde même si c'est une production de masse. C'est vous êtes entendu Bertrand Vento et évidemment Sud Radio sera toujours à votre écoute. Je suppose qu'on aura l'occasion d'en reparler.
Bon courage et à très bientôt.
Xavier Bertrand