Maud Bregeon et Jean-Philippe Tanguy
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour, bonjour et bienvenue dans Question politique, le rendez-vous politique du dimanche sur France Inter à la radio, France Info à la télévision en partenariat avec le journal Le Monde. A la veille de la rentrée parlementaire, on a eu très envie de donner la parole à deux jeunes élus qui entament leur premier mandat à l'Assemblée nationale. Une Assemblée nationale qui se trouve du fait de l'absence de majorité absolue au cœur de notre vie démocratique, budget, retraite, immigration et peut-être à nouveau Covid.
Les sujets ne manqueront pas au Palais Bourbon et sur notre plateau, mais avant d'accueillir Jean-Philippe Tanguy, député Rassemblement national, puis Maude Bréjon, député Renaissance, comme c'est désormais l'habitude, l'œil de nos trois éditorialistes politiques préférés sur la semaine politique écoulée.
Question politique, Thomas Négaroff sur France Inter.
Oui, c'est vous, nos trois éditorialistes politiques préférés.
Non mais préférés, écoulés, c'est super rime, vraiment.
Bonjour Nathalie, 5 riques de France Télévisions.
Bonjour Thomas, bonjour à tous.
Bonjour Françoise Ressauce du Monde.
Bonjour Thomas, bonjour à tous.
Et salut Karine Bécart de France Inter.
Voilà, on m'a déjà entendu, salut tout le monde.
Karine, je commence avec vous, tiens, vous avez la parole et des rimes peut-être, pour évoquer une personnalité dont on entend beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup parler en ce moment, Sandrine Rousseau.
Exactement, parce qu'il y a un sacré foutoir quand même en ce moment chez Les Verts, réunion du Conseil fédéral hier. Je suis assez fascinée effectivement d'observer ce qui est en train de se passer autour de la personnalité Sandrine Rousseau. On l'a oubliée mais il y a à peine un an, ou il y a à peu près un an, au moment de la primaire des Verts, on la connaissait encore à peine Sandrine Rousseau. En tout cas, elle faisait assez peu parler d'elle. Là, tout a changé, aujourd'hui vraiment ça s'est transformé. Elle a appris à polémiquer, elle le fait très bien, avec beaucoup d'agilité, avec beaucoup de facilité. Ça lui permet évidemment d'exister. Elle est invitée partout, la radio, la télé.
Je vous annonce que demain, elle sera sur France Inter en compagnie de Nicolas Demorand et de Léa Salamé. Et partout où elle passe, elle crée le buzz. Elle est aujourd'hui sur France 3 exactement. N'oublions pas France Télé, c'est important. Bref, en tout cas, partout où elle passe, elle crée le buzz, elle joue la carte de la radicalité. Et ça marche, en tout cas, médiatiquement parlant. Maintenant, ce qu'on peut se demander quand même, c'est ce que ça pèse politiquement. À mon avis, pas grand-chose. Parce que les Verts, contrairement à ce qu'on pourrait penser, détestent les polémiques. Je parle des vrais militants Verts, pas ceux qui font seulement passer.
Je parle de ceux qui restent, de ceux qui croient vraiment dans le combat politique, écologique. Ceux-là, ils n'aiment pas les coups d'éclat. Ils n'aiment pas quand on parle des barbecues. Ils n'aiment pas quand on parle des allocations. Ils n'aiment pas quand on porte des accusations sur Julien Bayou. Donc, à deux mois du Congrès des Verts, est-ce que Sandrine Rousseau peut espérer récupérer le parti ? Alors, pas elle directement, mais par l'intermédiaire d'un proche qui pourrait effectivement la remplacer. Enfin, en tout cas, assumer effectivement cette porte-là qui appartient à son courant. Sincèrement, je ne crois pas que ça va fonctionner comme ça.
Ce n'est pas elle qui va gagner le parti. Ce n'est pas elle qui va gagner le Congrès. Parce que cette fois, ce n'est pas une primaire. Il n'y aura pas 80 000 électeurs. C'est un scrutin interne. Ce sont les vieux écolos, et ce n'est pas péjoratif de dire ça, ce sont ceux qui attendent que Europe Écologie Les Verts se remette à parler de crise climatique et de solutions énergétiques.
Et peut-être de retraite, Nathalie Saint-Claude, je me tourne vers vous.
Peut-être de retraite et non pas de faire de la secte délatrice qui fait la chasse à la vie privée de tout le monde.
Vous n'êtes pas une louve alpha.
Je ne suis pas une louve alpha, mais je le déplore peut-être. Je ne sais pas, j'y réfléchis. Oui, je voulais parler des retraites simplement en faisant une petite allusion à ce discours sur l'absence de méthode qu'on voit depuis quelques mois avec Emmanuel Macron. Ça devait mal commencer avec Jean-Paul Delvoye où tout était d'une grande confusion, où on ne comprenait pas très bien. Après, on nous a dit qu'on allait le faire. Après, on nous a dit qu'on allait nous concerter, mais pas négocier. Alors, je ne suis pas sûre que les Français fassent exactement la distinction entre la concertation et la négociation.
Ça donne quand même un peu l'impression que la concertation, c'est on vous écoute et puis on fait ce qu'on veut. Et la négociation, c'est on est ouvert et on va échanger nos idées. Donc, il y a ça. Si bien que les gens ne savent pas si c'est 65 ans tout de suite ou vraiment en 2031, ne savent plus ce qui arrive pour les régimes spéciaux, ne savent pas très bien sur la pénibilité où on va. Donc, tout ça, c'est quand même quelque chose qui inquiète, qui fragilise le gouvernement, le chef de l'État et qui fragilise les Français. Le débat n'a pas commencé, mais de toute façon, c'est que ça sera avant Noël. Alors, certains disent de moi.
On voit déjà Laurent Berger qui envoie un certain nombre de warnings. Et Dieu sait s'il en a envoyé, y compris à cette chaise, il y a quelques semaines. Donc, voilà, c'était juste pour me demander si comment ce début de quinquennat, comme c'est une des grandes angoisses de Françoise Fressos, ne commence pas extrêmement difficilement avec quelque chose que tout le monde devrait pouvoir décrypter et connaître pour savoir comment ça va finir.
Eh bien, on va voir ça, on va analyser ça et étudier ça semaine après semaine avec vous. Et Françoise, on parlait de vous il y a un instant. Alors, vous avez chaussé vos crampons. On va parler de foot, étonnamment. Je crois que c'est la première fois que vous parlez de foot à l'antenne. Allez-y.
Je ne suis pas très calée en foot, mais je vais quand même vous en parler, parce qu'il s'est passé quelque chose d'intéressant cette semaine. Donc, mercredi soir, au pied de la Tour Eiffel, l'équipe de foot de l'Assemblée nationale qui va faire un match amical face à Positive Football, qui est une association qui rassemble d'anciens footballeurs professionnels et aussi quelques artistes. En général, on n'en parle pas beaucoup. Ça a vocation caritative, sauf que cette fois, pour la première fois, il y a quatre élus rassemblements nationaux qui participent à la rencontre.
Et aussitôt, grande malaise dans les rangs de la gauche, où LFI, l'EPS et toute la gauche, finalement, décident de boycotter. Il y a aussi un débat au sein de Renaissance, le parti présidentiel, dont la moitié dit qu'il faut y aller, l'autre moitié dit qu'il ne faut pas y aller. Alors, sportivement, la rencontre, ce n'était pas génial. Ils ont perdu. L'équipe de l'Assemblée nationale a perdu. J'ai regardé SoFoot. Un des élus rassemblements nationaux a été évacué du terrain. Le terrain a été évacué du terrain parce qu'il a eu une rupture de ligament. Donc, ce n'était pas terrible.
Mais politiquement, l'affaire est très intéressante parce que ça montre à quel point l'entrée dans l'Assemblée nationale de 89 députés du Rassemblement national pose problème à l'ensemble de la représentation nationale. Quand vous rentrez à l'Assemblée nationale, vous avez, au fond, un règlement intérieur qui dit qu'en fonction du nombre d'élus que vous avez, vous avez droit à une certaine représentation. Donc, il y a deux vice-présidents. Ils sont dans les commissions. Ils sont dans les délégations importantes. Sauf que ça pose problème aux autres qui se disent est-ce qu'on fait comme s'ils sont comme les autres ? Mais alors, est-ce qu'on ne les banalise pas ?
Est-ce qu'on fait comme s'ils ne sont pas comme les autres ? Parce qu'ils viennent de l'extrême droite ? Parce qu'ils ont longtemps été considérés comme antirépublicains ? Mais à ce moment-là, de quel droit on peut le dire ? Alors qu'ils ont plus d'élus, par exemple, que le Parti Socialiste ou que LR ? Donc, grosse difficulté, notamment à LFI, où on se souvient aussi qu'il y a trois ans, un des élus qui s'appelait Alexis Corbière avait disputé, lui, un match de rugby face à Louis Alliot, qui concourt pour la présence du Rassemblement National. Donc, une affaire très compliquée qui montre à quel point la notabilisation du Rassemblement National pose problème à tout le monde.
Et nous allons justement poser la question à notre premier invité, un élu du Front National, du Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy, l'invité de Questions Politiques.
France Inter Questions Politiques Thomas Négaroff
L'intérêt de recevoir des jeunes députés, c'est à la fois d'avoir un discours peut-être un peu nouveau et puis qu'ils s'installent très vite à leur place. Bonjour Jean-Philippe Tanguy. Bonjour M. Skiaroff. Député RN de la Somme. Je crois que vous n'avez pas participé aux matchs de foot, mais un mot quand même là-dessus. Est-ce que, c'est une question presque de philo, faut-il jouer uniquement avec des gens qui sont d'accord politiquement avec vous ? En tout cas, pas suffisamment en désaccord pour pouvoir leur faire des passes.
Non, c'est même le sens de l'esprit sportif, c'est de pouvoir jouer au-delà des désaccords politiques, au-delà des opinions, c'est se rassembler sur des valeurs communes et de pouvoir dépasser le quotidien pour une belle cause. En plus, parce que c'était un match caritatif pour les enfants, donc tout ça est assez déplorable pour ceux qui l'ont provoqué. Et, Mme Fressoz l'a dit, il y a cinq ans, M. Corbière, pardon, jouait au foot, pas une seule fois, régulièrement avec M. Alliot, ça ne posait strictement aucun problème. Et une fois de plus, je crois, en fait, que c'est la gauche qui a essayé de créer une polémique sans intérêt, et s'est prise, une fois encore, les pieds dans le tapis.
Parce que, moi, j'étais dans ma circo encore hier, personne n'a compris cette histoire. Vous savez, dans la Somme, où je suis élu, mais dans tous les départements, vous jouez au foot, vous jouez au rugby, vous jouez au tennis, vous jouez à tous les sports, avec des gens qui ne partagent pas vos opinions. C'est le sens du sport. On va accueillir les Jeux Olympiques en France. Le sens de l'olympisme, c'est de réussir à rassembler des gens qui, parfois même, sont au bord de la guerre. Donc, si on n'en est même pas en France à être capable de jouer au foot ensemble quand on est de gauche,
c'est quand même assez pathétique. Alors, la guerre, on va y venir justement après l'annexion de quatre territoires ukrainiens et le discours de Vladimir Poutine. C'était vendredi. La France s'apprêterait à envoyer des canons César à l'armée ukrainienne, à nouveau au 6 à 12, selon les médias. Est-ce que vous applaudissez cet envoi ?
Non, moi, je ne pense pas que personne n'applaudisse le fait d'envoyer des armes. Le mot applaudir ne correspond pas à une situation de guerre. Est-ce qu'il faut continuer à soutenir l'Ukraine ? Il y a deux choses différentes. Il y a soutenir l'Ukraine comme pays agressé en rupture avec le droit international et l'humanisme. Et il y a le fait de soutenir un pays en lui envoyant des armes. Pourquoi est-ce que, depuis le début, nous ne souhaitons pas envoyer des armes à l'Ukraine ? C'est que ça place la France dans une situation que nous craignons de co-belligérance. Et ça fait que la France ne peut plus jouer un rôle de neutralité, un rôle pour régler la crise.
Et donc les puissances européennes et les puissances occidentales en général délèguent les solutions de négociation de paix, la capacité à trouver un cessez-le-feu à des puissances extérieures, à la Turquie, à la Chine ou à des puissances non-alignées. Est-ce qu'elles sont efficaces ces armes depuis le début de la guerre ? Les armes sont efficaces puisque l'Ukraine résiste et même reconquête du territoire. Et c'est une bonne chose. Mais c'est une bonne chose que le peuple ukrainien soit capable de se défendre face à une agression dont elle est victime. Avec donc des armes qu'on leur lève.
Mais le fait que la France, elle, mais vous savez monsieur, on peut très bien concevoir que des puissances occidentales aident l'Ukraine, mais que la France, par son rôle historique, moi je viens du gaullisme, la France a un rôle historique particulier dans le concert des nations. Ah donc on l'a stémoque pour faire le travail. Surtout dans ce territoire. Et aujourd'hui le fait d'être en co-bélgérance, ou risquer d'être en co-bélgérance, nous retire à la France la capacité d'être une puissance.
En quoi le gaullisme ? Enfin en quoi, quand on est héritier du gaullisme, on considère qu'il ne faut pas envoyer d'armes à l'Ukraine ? J'ai entendu Jordan Bardella ce matin. Si vous posez une question madame, il faut que je puisse vous répondre. Attendez mais ça se lie. C'est lié, c'est pas une question autre. Jordan Bardella dire ce matin, les valeurs et la morale, ça passe après l'intérêt des français. C'est ça la vision gaullienne ?
Ah oui, alors là pour le coup c'est totalement la vision gaullienne de réelle politique. Ah bah oui, ça c'est pour le coup, c'est la vision parfaitement gaullienne. La vision gaullienne était de dire que la France est une puissance moyenne, et donc son rôle c'est de jouer les intermédiaires, à l'époque pendant la guerre froide, de les deux camps l'Est et l'Ouest. Mais quand vous entendez le... Et la suite du gaullisme, c'était quand un des deux camps évidemment rompt le droit international, comme c'était par exemple dans la crise de Cuba, le général de Gaulle s'est évidemment trouvé du côté des américains. C'est ce que nous avons fait au début du déclenchement de la crise.
Nous avons évidemment...
C'est pas la guerre froide en ce moment. C'est une puissance, la Russie...
Madame... Monsieur s'il vous plaît, s'il vous plaît.
Quand on entend le discours de Vladimir Poutine, excusez, vous entendez le discours de Vladimir Poutine qui dit je suis en guerre contre l'Occident. Oui. On n'a pas intérêt à rentrer dans le conflit et à livrer des armes. C'est pas notre combat ça.
Alors non, Madame Pressoz, on n'a pas intérêt à rentrer en guerre contre la Russie. Je pense qu'il n'y a personne en France, enfin en tout cas pas grand monde. Mais Poutine est le président de la fédération de Russie, Madame Pressoz. Donc rentrer en guerre contre Vladimir Poutine, c'est rentrer en guerre contre la fédération de Russie. On peut contester le fait que Poutine dirige la fédération de Russie. On peut espérer que la Russie trouve un moyen un jour d'arriver à la démocratie. Tout le monde espère ça. Mais aujourd'hui, celui qui dirige la fédération de Russie, c'est Vladimir Poutine.
Donc on ne peut pas dire je rentre en guerre contre Vladimir Poutine sans risquer de rentrer en guerre contre la fédération de Russie. Est-ce que le fait de faire des déclarations, et d'ailleurs M. Macron ne l'a pas fait, et Madame Le Pen, dès lors de la campagne présidentielle, a toujours soutenu M. Macron dans cette démarche-là. Le fait de multiplier les déclarations sur des plateaux télé, et je ne parle pas des journalistes, mais de responsables politiques qui pensent être courageux en multiplier les déclarations incendiaires, en faisant des déclarations sans se soucier des conséquences humaines, humanitaires et diplomatiques de ces déclarations, sont irresponsables.
La seule chose qu'on veut c'est qu'on revienne à une situation...
Est-ce que ce n'est pas une déclaration incendiaire de considérer qu'il faut aider les Ukrainiens sans leur envoyer des armes ?
Mais ce n'est pas du tout hypocrite. Vous avez plein de manières d'aider des pays en guerre. On va prendre des exemples historiques. La façon, par exemple, dont les Etats-Unis, pendant la Première Guerre mondiale, ont soutenu la France pendant plusieurs années, n'était pas un soutien guerrier. C'était un soutien financier, c'était un soutien moral, c'était un soutien logistique. On peut multiplier les exemples, mais les Etats-Unis, pendant longtemps, n'ont pas voulu entrer en situation de belligérance contre l'Allemagne.
Mais envoyer des armes à la France, clairement.
Non, pendant longtemps, ils n'ont pas spécialement envoyé des armes. Mais le sujet que je vais vous dire, c'est que, oui ou non, la France veut jouer dans ce conflit, et c'est ce que nous voulons. Et je pense aussi, c'est ce qu'a voulu M. Macron pendant longtemps, jouer un rôle pacificateur qui permette d'arriver à un cessez-le-feu. Parce que plus personne ne parle d'arriver à l'aspect. Le but, c'est de ne pas faire la guerre. Non, mais excusez-moi, est-ce qu'on peut revenir sur les positions communes ?
Juste, je vous pose une question. Est-ce que c'est encore possible de dire cela après l'annexion de 100 000 km² de territoire ukrainien par la Russie, après des référendums que votre parti a même considéré comme une mascarade ? Mais c'est une mascarade. Donc est-ce que c'est possible d'envisager un cessez-le-feu avec ce pays ?
Mais il n'y a pas d'autre voie que d'envisager un moment un cessez-le-feu. Donc d'accepter l'annexion. Parce que c'est un cessez-le-feu que vous permettez d'ouvrir des négociations qui permettent d'arriver à la fin de la guerre. On ne va pas faire... Je veux dire, on peut très bien s'installer... On peut... Vous savez, l'Europe a été meurtrie et détruite par des guerres qui n'en finissaient pas, avec des guerres de tranchées, où on se battait pendant des années pour reconcourir quelques kilomètres, avec des millions de morts. Est-ce que c'est ce qu'on souhaite à l'Ukraine ?
Est-ce que l'Ukraine doit être le champ de guerre faite par des puissances qui l'utilisent comme un intermédiaire et qui la sacrifient ? Il faut la priorité... Enfin, ça devrait faire un consensus. La priorité de toutes les puissances qui ne sont pas partie prenante dans ce conflit devrait être d'arriver à un cessez-le-feu et d'arriver à la paix. Avec quelles conditions de départ ? Avec quelles conditions de départ ? Pour se mettre autour du table ?
Vous dites que les Américains, pendant la guerre, sont quand même venus à la libération, ils nous ont aidés, ils nous ont soutenus, et c'était les valeurs occidentales.
À la fin, la condition de la paix, c'est de retrouver l'intégrité territoriale de l'Ukraine, comme la France a retrouvé, pour suivre la comparaison, son intégrité territoriale à la fin de 14h.
Comment vous pensez vraiment que Vladimir Poutine, vous l'avez écouté vendredi comme nous, va reculer et va rendre 100 000 km², c'est trois fois la Belgique, à l'Ukraine, qu'il considère avoir annexé légalement ? Et puis la Crimée, qu'est-ce qu'on en fait ? La Crimée, c'est autre chose. Pourquoi c'est autre chose ?
Parce que les conditions de l'annexion et du référendum en Crimée étaient totalement différentes de la situation actuelle. Mais par définition, une puissance belligérante, et en particulier une puissance qui a été à l'origine de la guerre, va tenir des positions fortes et des positions qui ont l'air non négociables. Mais c'est le but de la diplomatie. Il n'y a aucun adversaire qui entre dans une négociation de paix en disant « je suis faible, j'ai perdu du terrain, je vais négocier avec vous ». Évidemment, Vladimir Poutine est dans une position provocatrice et qui vise à aller toujours plus loin dans cet engrenage.
Le rôle de la diplomatie, c'est de ne pas faire la paix avec des gens qui sont d'accord avec vous, c'est de faire la paix avec des gens qui sont non seulement en désaccord, mais parfois en conflit, en guerre avec vous. Aujourd'hui, je note, et je le déplore, que plus personne en Europe, aux Etats-Unis et en Occident en général, ne parle de négociation de paix. Ces négociations de paix ont été relayées à la puissance turque et aux puissances en alimètes.
Vous voyez bien l'escalade qui se produit, donc est-ce que vous n'êtes pas dans une illusion totale ?
Mais il n'y a pas d'illusion. Une fois plus, Mme François, quelle est l'alternative ? C'est de ne plus discuter, c'est qu'il n'y ait plus de diplomatie, c'est de ne plus arriver à la paix, c'est une guerre totale. Mais non, mais il faut aller au bout. Vous savez, en politique, il faut toujours aller au bout des raisonnements qu'on ouvre. Donc le raisonnement que vous ouvrez, ça veut dire qu'on va faire la guerre totale contre la Russie. Ça n'a aucun sens. Évidemment, mais si vous dites qu'on va attaquer le régime, on va faire la guerre, on va faire la guerre à Vladimir Koutin.
Moi, je veux qu'on arrive à rétablir une situation où on peut arriver à un cessez-le-feu et à un dialogue qui permette de protéger l'Ukraine. Aujourd'hui, vous avez des milliers de morts innocents parce qu'il y a une guerre. Donc le consensus commun devrait arriver à un moyen de retrouver la paix.
Je déteste le point Godwin, mais vous avez vous-même évoqué la Première Guerre mondiale. On peut aussi évoquer les années 30. C'est un discours qu'on aurait pu entendre, qu'on peut entendre aujourd'hui, après le siècle qu'on a connu.
Je suis désolé, je ne vois pas le rapport. Vladimir Poutine, mais ce n'est pas le traité de Munich. Vladimir Poutine a envahi un pays. A la limite, vous pourrez comparer avec la situation qui s'est passée en Pologne. Quand on a la situation en Pologne, évidemment, on est entré en guerre à ce moment-là contre l'Allemagne et ça a amené à la guerre. Donc est-ce qu'on veut entrer dans une logique de guerre ? Je ne le crois pas. Il faut entrer dans une logique de cesser le feu. Je ne vois pas d'autres alternatives. Mais si, bien sûr qu'il faut être deux.
Mais aujourd'hui, une fois plus, vous n'avez pas voulu débattre de cette question que j'ai évoquée, les questions de la paix et du cesser le feu ont été déléguées à des puissances non-occidentales, à savoir la Turquie et la Chine. Est-ce que c'est une situation qu'on peut se féliciter sachant que la guerre se trouve en Europe ? Moi, je considère que cette situation n'est pas acceptable.
Jean-Philippe Tanguil, je vous propose de revenir en France. Vous avez eu une prise de bec assez forte avec Bruno Le Maire. On a vu ça en commission. Vous avez évoqué le budget présenté cette semaine par le gouvernement comme un budget victime de la mondialisation. Est-ce que vous pouvez nous expliquer ce que ça veut dire ?
Eh bien, ça veut dire qu'en fait, aujourd'hui, les Français paient constamment, avec leurs impôts ou le déficit, un certain nombre de phénomènes économiques qui ne sont pas régulés et contre lesquels le gouvernement ne veut pas agir. Évidemment, le plus emblématique, c'est le marché de l'énergie, les marchés de l'électricité. Aujourd'hui, les moyens de production français produisent entre 40 et 60 euros le mégawatt-heure. Et par les règles européennes, on doit subir un prix de marché qui est entre 400 et 600 euros le mégawatt-heure. Donc, nous subissons une règle qui est injuste, qui est inefficace.
Et au lieu de s'y attaquer comme s'y attaquait le Portugal et l'Espagne, ben si, parce qu'aujourd'hui, le bouclier tarifaire, attendez, le bouclier tarifaire, c'est 45 milliards d'euros pour limiter la hausse des factures à 15%. Et sur ces 45 milliards d'euros, on en récupère 30. Qu'est-ce qu'on fait, alors ? On en récupère 30. Mais il faut sortir de la règle qui fait qu'aujourd'hui, le prix de l'électricité est calculé sur le pouvoir du large. On n'est plus en échange d'électricité dans le reste de l'Europe. Ça a été évoqué par Oussella-Bondar-Léa. Vous confondez deux choses.
Il y a toujours l'Espagne et le Portugal qui ont quitté la règle de fixation du prix sont toujours dans le marché physique de l'électricité. Emmanuel Macron, pendant la présidentielle, a essayé de faire peur aux Français en faisant croire que changer la règle de négociation du prix faisait qu'on sortait du marché électrique. Le Royaume-Uni n'est plus dans l'Union Européenne. Il est toujours dans le marché électrique français comme la Suisse, la Norvège. Je pourrais vous multiplier les exemples. Aujourd'hui, il y a une règle stupide qui fait qu'au lieu du coût moyen qui ferait que l'électricité serait aujourd'hui entre 50 et 60 euros le mégawatt-heure, on paie le coût marginal.
C'est-à-dire la dernière centrale appelée, en l'occurrence, des centrales à gaz ou à charbon allemands. Donc, on paie, en fait, pour l'Allemagne. Et le plan d'aide qu'a sorti le gouvernement allemand le prouve encore. C'est-à-dire que les Allemands ne font que défendre leur intérêt et que quand leur intérêt, c'est l'électricité, pas sécher... Moi, j'ai compris qu'il y avait aussi des échanges, que nous, ils nous aidaient aussi... Mais oui, mais ça existera toujours, Mme Fressoz. À partir du moment où vous récupérez le prix de votre électricité, ça ne vous empêche pas, comme on l'a fait pendant 40 ans, d'importer, d'exporter avec vos voisins.
C'est juste que la règle commune n'est pas celle du prix européen sur la production marginale. C'est une piste évoquée par Ursula von der Leyen elle-même. Mais ça fait deux ans, on arrive au deuxième hiver. Mais non, ça n'avance pas du tout. Ça fait deux hivers que les Français vont payer. Le discours sur l'État de l'Union de von der Leyen, elle l'a dit. Mais elle le dit, elle le dit depuis six mois à la présidence française de l'Union européenne, enfin du Conseil européen. C'était déjà, c'est la priorité, vous allez voir ce que vous allez voir. Ils ne veulent pas. Pourquoi ? Parce que si on change cette règle, c'est les Français qui paient pour les erreurs des Allemands.
Et on continue à payer, à payer. La fameuse taxe sur les surprofits qu'on nous annonce en ce moment, ce n'est pas une taxe sur les surprofits, c'est une péréquation tarifaire entre les moyens de production qui produisent au-dessus de 180 euros le mégawatt-heure et les moyens de production français qui produisent en dessous. Et donc en fait, l'Europe va récupérer les marges faites par EDF grâce aux moyens de production français, nucléaire, hydroélectrique et même en ce moment l'éolien pour équilibrer les surcoûts allemands. Donc on fait croire aux Français. Mais pas seulement allemands, enfin je veux dire, il va y avoir comme vous l'avez dit,
un système de péréquation et ça va être réparti entre les différents pays de l'Union Européenne.
Mais qui en bénéficie là, Madame Bécard ?
Non mais ne serait-ce que la France va récupérer une partie de ses superprofits.
Imaginez donc, imaginez, mais écoutez, imaginez la France Inter, vous produisez une émission qui vous coûte 50 euros. Vous avez votre concurrence.
J'ai bien compris le principe.
Donc ne me dites pas que ce n'est pas nous qui payons pour les Allemands. Aujourd'hui, la plus de production français, c'est entre 30 et 50 euros. Et vous voulez que j'aille payer un prix de péréquation à 50 euros.
Le superprofit va revenir intégralement à l'Allemagne. Enfin, je veux dire, arrêtez de présenter des choses comme ça. Les superprofits globaux qui vont être empochés par l'Union Européenne vont être répartis sur les différents pays européens. Enfin, je veux dire,
arrêtez de réorganiser. Non, Madame Bécard, ce n'est pas ça. L'argent va permettre d'équilibrer le système européen qui est en faveur de l'Allemagne. C'est-à-dire que les... Mais si, mais excusez-moi, les surcoûts payés par les Français... C'est un argument un peu spéciieux. Mais ce n'est pas du tout que c'est spéciieux. Qu'est-ce que vous voulez ?
Vous ne voulez pas entendre une remise en cause du marché européen qui a été fait depuis 20 ans que nous avons toujours dénoncé depuis le début de sa création en disant ça finira comme ça, ça finira par un système hors contrôle avec un prix du gaz qui partira dans le décor, un prix du charbon qui partira dans le décor parce que le système, comme ça s'est passé aux Etats-Unis avec le scandale Enron, le système ne peut que finir comme ça. Alors restons sur les superprofits. Vous voulez une mesure nationale ?
Ça n'a rien à voir avec le scandale Enron. Ah non, c'est un scandale de comptabilité.
Pas du tout. C'est qu'on avait favorisé sur le prix marginal, on avait incité à des producteurs d'électricité, pareil, sur le coût marginal. Et de mensonges. Et donc ils avaient truqué...
On ne va pas faire le débat sur Enron.
Vous me remettez en cause ce que je dis. Ils avaient incité les producteurs à aller à la marge de production et un jour le système s'est effondré. C'était exactement ce qui s'est passé et au lieu d'en tirer les conséquences, on continue dans cet impasse et c'est les Français qui paient.
On a avancé, comme disait Françoise. Super, Alors, qu'est-ce que vous proposez en termes de taxe ? Est-ce que vous avez l'air de regretter qu'il n'y ait pas une vraie taxation des super-profits ? Ben oui, c'est vous qui l'avez proposé en premier, Madame Fresseuse. Alors, quel est son périmètre ?
Marine Le Pen, dès septembre 2021, a dénoncé à l'époque les profiteurs de crise. C'était les sur-profits faits sur le plan de relance et après les profiteurs de guerre. Nous avons proposé un amendement très simple que j'ai déposé au nom du groupe en juillet. C'est tous les profits supérieurs à ceux de 2019 sont surtaxés au double de l'IS, donc à 50%. C'est une mesure très simple.
Est-ce que vous allez faire une démarche commune avec la gauche qui n'est pas dans la même direction ? Le problème, c'est que cet été,
c'est la gauche qui, par sectarisme, n'a pas voulu travailler avec nous sur ce sujet et donc le gouvernement a pu se faufiler dans nos dissensions. Mais nous, on a soutenu systématiquement toutes mesures qui visent à faire rentrer de l'argent de la part de l'argent qui, aujourd'hui, est illégitime. Parce que le débat, malheureusement, est un peu dérivé. La question des sur-profits. La gauche, aujourd'hui, essaie de faire croire que le problème, c'est que ce soit des gros profits. Le problème, ce n'est pas que ce soit des gros profits. Le problème, c'est l'origine et la légitimité de ces profits.
Les profits légitimes, s'ils viennent d'une innovation, de la conquête de marché, d'un nouveau produit, bref, du travail... Ça, on ne se retaxe pas. Non, il n'y a pas de raison. Par contre, quand le profit vient de la spéculation, comme c'est le cas sur l'énergie, ou vient de plans de relance payés par les Français parce que telle la chaîne alimentaire,
des exemples d'entreprises que vous pourriez surtaxer ?
Mais justement, nous, on ne veut pas désigner, parce que là, c'est fait avec Total d'une manière un peu grotesque, l'idée n'est pas de désigner une entreprise. C'est pour ça que l'amendement qu'on avait déposé taxait de manière identique toutes les entreprises qui, de toute évidence, avaient fait des sur-profits. Ce n'est pas un enjeu moral. La question, ce n'est pas un enjeu moral, c'est une question est-ce que l'argent...
Parce qu'aujourd'hui, nous sommes dans un grave difficile parce que quand vous avez quand même le ministre de l'économie qui vient vous expliquer que le budget de la France est à l'euro près alors qu'on est à 150 milliards d'euros près, on est vraiment dans une manipulation politique assez grave et qui nous explique qu'il n'y a pas d'argent. Il y a de l'argent, il y a des sur-profits, il y a des rachats d'actions, il y a un certain nombre de mécanismes financiers aujourd'hui qui ne sont pas légitimes et qui sont même anti-économiques. Donc nous, on veut s'y attaquer, pas pour punir ces entreprises, mais parce que cet argent n'est pas à la bonne place. Quelle est la mesure
de ce super-profit et de cette boîte qui en a profité ? De la période du confinement ou des plans de relance du gouvernement ? Mais vous les listez comment ? C'est vous qui décidez que tellement d'artistes...
Ou l'artisan qui a un peu profité de la hausse des prix pour augmenter un peu davantage ses prix, vous en faites quoi ? Ce n'est pas très moral, ce n'est pas très légitime ?
Non, alors je précise le mécanisme, c'était dans l'amendement qu'on a déposé, c'était les entreprises de plus de 100 millions de chiffres d'affaires. Et après, c'est le seul critère, c'est-à-dire après, c'est si cette entreprise a fait plus de profits après la crise Covid qu'en 2019, on a pris 2019 comme référent. Parce que là, la moyenne, je ne comprends pas cette moyenne de faire 2019, 2020, 2021 parce qu'il y a deux années où les profits étaient structurellement faibles, surtout 2020. Donc en fait, c'est une prime un peu... Ça diminue la ressource fiscale. Donc 2019, c'est l'année avant la crise. C'est une année normale.
C'est une année où il n'y avait pas un plan de relance extraordinaire et c'est une année où il n'y avait pas, malheureusement, la guerre en Ukraine. Donc nous, tout ce qu'on veut, c'est pouvoir aussi trouver des nouvelles ressources. Parce qu'aujourd'hui, au-delà de la question politique de est-ce qu'il faut ou pas taxer les surprofits, c'est où est-ce qu'on trouve l'argent pour soulager aussi les impôts ? Vous avez cité les PME-TPE. Parce qu'aujourd'hui, moi je suis à la commission des finances. Là, on va lancer une commission d'enquête et c'est très bien sur le fait que vous avez aujourd'hui les TPE-PME qui paient les impôts remis sur l'ongle.
Eux, ils paient toujours 25% d'impôts sur l'IS. Ils paient leurs impôts de production. Ils paient leurs charges. Et vous avez les multinationales qui se démènent toujours pour optimiser leurs ressources et pour ne jamais payer ce qu'ils doivent. Or, ce sont les entreprises qui sont aussi le plus favorisées par l'État. Parce que qu'est-ce que j'ai dit au PDG de Total ? Je lui ai dit vous êtes bien gentil mais Total n'existe que parce que l'État français a protégé Total pendant des années. On forme ses ingénieurs, on protège ses brevets et ces gens ne veulent pas payer leur juste part à la France. Surtout qu'ils ne sont pas en France.
Ils se débrouillent pour prendre leur juste part. Ils maîtrisent absolument. Juste une question. Oui, non ? C'est pérenne votre dispositif sur les super-profits ou c'est pour cette année ou dans deux ans ?
Par définition, on pourrait dire c'est des sur-profits exceptionnels. Donc là, ce ne serait pas pérenne. Après, si la situation continue, malheureusement, on ne connaît pas l'échéance et la fin des hostilités en Ukraine. Donc aussi, le marché continue.
Pour l'instant, c'est pour 2023 ? C'est à partir de maintenant ou c'est pour 2023 ?
Moi, j'aimerais qu'on récupère encore ce 2021. Parce que, pour revenir à votre question tout à l'heure sur la gauche. Il nous reste trois minutes avec vous. Le problème du référendum. Non, parce qu'il y a le problème du référendum si ça paraît être une bonne idée. Pourquoi est-ce qu'on est critique de cette démarche ? Ce n'est pas le texte en lui-même ou le texte qu'on pourrait le soutenir. C'est qu'en droit fiscal, chaque année qui passe est très dur à récupérer. Et un référendum, ça va prendre entre 18 et 24 mois si ça aboutit. Or, il faut récupérer l'argent maintenant. Donc, la seule solution, c'est un amendement au projet de loi de finances.
Je voudrais vous poser juste une question sur l'Italie après la victoire de Giorgia Meloni cette semaine. Est-ce que ça va changer éventuellement la stratégie électorale du Rassemblement national ? Cette victoire ? Est-ce que du coup, vous réfléchissez à l'union des droites notamment ?
Non, parce que le système est allé à totalement différent. D'ailleurs, le programme de Méloni n'est pas celui de Marine Le Pen.
On est d'accord.
C'est compris sur l'Ukraine. Oui, ce sont des situations totalement différentes. Il n'y a pas d'enjeux. Vous savez, au contraire, on nous a dit pendant toute avant la présidentielle, oui, Madame Le Pen, Marine Le Pen se trompe pour faire l'union des droites. On n'a jamais fait des scores aussi forts. Et Madame Fresseuse l'a dit, on a fait rentrer 89 députés au Parlement français. Donc la stratégie de Marine Le Pen est la bonne.
Mais 66% des sympathisants au Rassemblement national souhaitent cette union des droites. C'est ce que révèle vendredi dans le Figaro un sondage au DOXA. Vous regardez ça ou pas ?
Bien sûr, mais c'est la stratégie aussi d'ouverture de Marine. Moi, je viens de Boulafrance, donc du parti gaulliste de M. Dubourgnant. Il y a d'autres personnes qui sont venues de LR, M. Mariani, M. Alizio. Donc il y a ces stratégies d'ouverture. Mais ce qu'on ne veut pas faire, c'est se mettre avec les appareils. Parce que, si vous voulez, le problème des appareils, c'est que ce sont des boulets. Voilà, l'appareil LR aujourd'hui, ce n'est pas une force, ce n'est pas un atout. C'est un boulet. C'est un boulet avec un passif monumental. C'est un boulet en ayant trahi toutes les promesses faites à leur électorat. Donc l'appareil LR, on n'en veut pas. Par contre, la force électorale
et les nouveaux électeurs... Bien sûr.
Mais c'est la stratégie de la 5ème République. Dernière question. Vous êtes depuis peu, effectivement, un militant du Rassemblement national. Dans quelques jours, ce sera les 50 ans de votre nouvelle famille politique. Est-ce que vous allez célébrer avec les autres les 50 ans du Front national lancé en 1972 par Jean-Marie Le Pen et quelques autres de ses camarades ?
Oui, il y a un colloque jeudi. Vous y serez ? J'y serez. Je vais parler pour montrer que le Rassemblement national est le nouveau parti gaulliste. Je suis sûr que ça vous plaira beaucoup. Et vous serez tous invités pour... C'est un peu disruptif. Comme les gens de l'OS.
C'est un peu disruptif pour les 50 ans d'un parti né précisément contre le gaullisme d'en faire un parti gaulliste.
C'est vrai. Ce sont les méandres de l'histoire de France et c'est la perspective donnée par Marine Le Pen. Vous savez, Marine Le Pen ne peut pas être la seule personnalité politique qui est responsable de tout alors que tout le monde passe son temps à renier ses promesses électorales. Marine Le Pen...
C'était juste de voir par exemple la place Pierre Sergent qui va être décidée par Louis Alliot à Perpignan qui était un membre éminant de l'OS. C'est-à-dire que le Rassemblement national qui est dans la filiation du gaullisme, ça peut interpeller comme on dit. Vous savez, c'est les objectifs politiques.
C'est la défense de l'intérêt national, c'est la défense de l'indépendance nationale, c'est la justice sociale, on l'a dit, avec la surtaxation des profits illégitimes. C'est la perspective des objectifs de Marine Le Pen. L'histoire de France, elle appartient à l'histoire de France. Et c'est d'ailleurs... C'est la différence. Et je trouve toujours très injustes les procès qui sont faits au Rassemblement national là-dedans. Le Rassemblement national est comme tous les autres partis issus de l'histoire de France avec ses contradictions parfois, ses difficultés, mais ce n'est pas une particularité du Rassemblement national.
C'est l'ensemble des partis qui ont une histoire très compliquée, mais je remarque qu'il n'y a que au Rassemblement national qu'on fait le procès du passé.
Merci beaucoup d'avoir été notre invité. Merci. Et à bientôt sur le plateau de questions politiques. On va accueillir notre nouvel invité.
France Inter Hashtag Question Paul
Maude Bréjon s'est installée aussi rapidement que Philippe Tanguy. Bonjour. Bonjour. Député des Hauts-de-Seine. Cette semaine, Emmanuel Macron, lors d'un dîner avec les poêleurs de la majorité, se serait emporté au moment d'évoquer les positions à sa réforme, l'opposition à la réforme de Retrot. Voilà ce qu'il aurait dit à ce moment-là. Je ne veux pas la chienlit. Si une motion de censure est votée, je dissous dans la minute qui suit, est-ce que vous êtes prête à repartir en campagne ?
Je suis complètement prête à repartir en campagne et on est en campagne en permanence. C'est d'ailleurs ce que nous avait dit le président de la République quand il avait reçu les députés qui venaient d'être élus début juillet à l'Élysée, les députés de la majorité. C'était le premier message qu'il nous avait envoyé. Je pense qu'il faut être très cohérent. Si aujourd'hui, suite à un 49.3, une motion de censure est votée par une majorité de parlementaires que ça amène à faire tomber le gouvernement, il est tout à fait normal et même attendu de retourner devant les Français pour leur demander d'arbitrer.
Vous étiez favorable vous dans la scission, enfin une scission virtuelle qu'il y avait dans le groupe pour un passage rapide au PLFSS, c'est-à-dire juste un amendement où vous pensiez qu'il fallait donner un peu de temps au temps de manière à éviter le cirque tout de suite. Ce qui ne veut pas dire qu'on ne l'aura pas dans deux mois, dans trois mois.
Exactement. Il y a deux choses. D'abord, il y a eu des élections présidentielles. Emmanuel Macron a affiché de façon très claire la volonté de faire cette réforme. Donc on l'a toujours dit, il n'y avait pas d'agenda caché, c'était mis sur la table et les Français ont fait le choix de le réélire. Historiquement, les réformes des retraites, tous les présidents qui ont essayé de se lancer dans ce projet-là ont toujours eu des difficultés. On sait que c'est des réformes qui sont compliquées à mener.
Donc ma conviction, c'est que prendre quelques semaines supplémentaires pour discuter, pour dialoguer, pour concerter davantage de telle sorte de maintenir cet objectif qui est de garder une cohésion nationale autour notamment de ce que nous, on porte, de cette valeur travail, ça me semble important. Au fond, que ce soit en décembre ou en janvier, ça ne change pas grand-chose puisque cette réforme, elle sera faite.
Mais ça, c'est terrible, cette phrase. Parce que ça veut dire... Donc en fait,
la concertation, elle ne sert à rien. Non. Ce que je veux dire, c'est qu'en termes de calendrier, ce n'est pas du tout ce que j'ai dit. Ce que je veux dire, c'est qu'elle soit votée en décembre ou qu'elle soit votée en janvier. On garde cet objectif de l'appliquer progressivement à partir de l'été 2023. Et donc s'il y a besoin de prendre quelques semaines, et je pense qu'il y a besoin de prendre ces quelques semaines supplémentaires pour échanger notamment avec les partenaires sociaux, faisons-le.
C'est important parce que vous êtes une très jeune députée, vous êtes députée depuis trois mois. Manifestement, dans ce qu'on entend, ça ne vous gênait pas et qu'éventuellement, il y a un amendement glissé dans le PLFSS. Ce qui est surprenant, c'est votre conception de la politique alors que vous êtes députée depuis seulement trois mois.
Ma conception de la politique, c'est qu'on a là une réforme, encore une fois, qui a été largement débattue pendant les élections passées, pendant les présidentielles, pendant les législatives. On a été beaucoup interpellés sur ces questions. On en a parlé avec les électeurs, dans nos circonscriptions respectives. Emmanuel Macron n'a fait partie
d'aucun débat à l'élection présidentielle. Il n'en a débattu avec aucun des autres candidats. Vous trouvez effectivement que ça a été largement débattu ?
Je pense que ça a été largement débattu dans le champ politique. Je pense que ça a été débattu au cœur de la société. On continue à en parler. Je le redis, il y aura des concertations qui vont être menées notamment par Olivier Dussopt. Donc, ça fait... Je crois que c'est au cœur du débat démocratique. Et puis, qu'est-ce qui est...
Attendez, c'était une demande de vos électeurs de réformer la retraite. Les retraites. Vous l'avez entendu, formulé de la part de vos électeurs, on veut la retraite à 65 ans.
J'ai entendu des électeurs qui étaient conscients qu'il y avait besoin d'augmenter le volume global de travail. Notre projet, c'est d'abord un projet pour le travail. C'est un projet qui met en avant cette valeur travail. Ça passe par la réforme des retraites, ça passe par la question du plein emploi, ça passe par la formation. Et pourquoi on le fait ? On le fait parce qu'augmenter ce volume global, ça permettra de produire davantage de richesses. Donc, de financer l'école parce que les enseignants ne sont pas suffisamment bien payés. Vous avez sérieusement entendu
des électeurs parler comme vous êtes en train de parler.
De financer le système de santé et de rééquilibrer ce modèle social que celui de la retraite par répartition sur le long terme. Bien sûr, quand vous demandez à un Français dans la rue est-ce que vous avez envie de travailler deux ans de plus ? De base, il va plutôt vous dire non. Mais quand vous expliquez ce qu'il y a derrière, pourquoi est-ce qu'on le fait ? Parce que cette chaîne de solidarité entre les générations qui est le cœur de notre modèle actuel, pour la préserver, on a besoin de décaler progressivement cet âge de départ parce qu'on a besoin de produire davantage de richesses pour financer tous les grands chantiers qu'on a mis sur la table. Je pense que... Qu'est-ce qui est mis
en concertation ? Et moi, ce qui m'étonne un peu, c'est qu'il y a des sujets très lourds comme par exemple l'emploi des seniors, la pénibilité. Est-ce qu'une concertation de quelques mois, ça suffit ? Comment vous voyez les choses ? Je pense que tout doit être mis sur la table. Y compris l'âge légal ou ça,
c'est discutable ou pas ? Je pense que tout doit être mis sur la table, âge légal y compris, et notamment dans la façon dont on va le décaler parce qu'on l'a toujours dit, ce sera un décalage progressif. Donc, comment tout ça s'articule ? Ça doit être un point qui sera discuté. La question de la pénibilité, évidemment, la question des carrières hachées, la question des régimes spéciaux, tout ça est absolument nécessaire et sera au cœur des concertations.
Est-ce que toute cette palette de choses dont il faut parler, ça n'aurait pas été possible avec un amendement au PLFSS ? C'est vrai. C'est pour ça qu'on...
Ça n'aurait été qu'une mesure de temps en fait, juste pour avoir de l'argent. C'est pour ça. Ça aurait nécessité probablement de refaire un projet ad hoc ensuite pour notamment pouvoir insérer des questions de pénibilité. Donc, on prend un peu plus de temps effectivement pour ces concertations. Ça permettra aussi d'avoir une vision plus globale des choses. Je pense que c'est un point d'atterrissage équilibré.
Et quelle est la différence entre concertation et négociation ? Emmanuel Macron a bien insisté sur le fait que c'était une concertation. Pas une négociation, je ne suis pas sûre de voir les contours sémantiques précis de ces deux mots.
Parce que ce n'est pas une négociation au sens où les discussions qu'on doit avoir avec les partenaires sociaux, avec les différentes forces politiques, ce n'est pas je te donne le sel, tu me passes le poivre. Ça ne peut pas fonctionner comme ça. Il faut arriver à réfléchir de façon plus globale sur quel modèle on veut, comment est-ce qu'on fait pour le préserver. Mais voilà, ce n'est pas un troc. Ça ne peut pas fonctionner comme ça parce que le système et l'enjeu est beaucoup trop important.
comment est-ce que vous, la jeune députée, encore je reviens sur cette idée-là, sent en ce moment le pays ? On a 250 000 manifestants au jeudi dernier qui sont descendus dans la rue pour défendre leur salaire et les retraites, justement. Vous avez trouvé que 250 000 manifestants, pardonnez-moi, c'était beaucoup, c'était pas beaucoup. Quelle analyse vous faites ? Est-ce que vous avez le sentiment que les Français sont prêts à descendre dans la rue pour défendre le régime des retraites tel qu'il existe aujourd'hui ?
Je sens en France une inquiétude que je trouve légitime et à laquelle on s'efforce depuis la réélection du président de la République de répondre. Mais il y a de la colère aussi ou pas ? J'entends d'abord une inquiétude par exemple sur la question du pouvoir d'achat. On y a déjà répondu, ça a été en partie, c'était le premier projet de loi qu'on a voté en arrivant d'ailleurs à trouver une majorité de projets à l'Assemblée nationale en juillet. Regardons ce qui se passe sur les prix de l'énergie, ils vont être contenus à 15%. Sans intervention de l'État, ça aurait été des prix qui auraient augmenté de 100, 120%.
Ce qui là nous permet et permettra aux gens de ne pas avoir une hausse de 120 euros en moyenne par foyer sur leur facture d'électricité ou de 160 euros en moyenne par foyer. Donc vous dites qu'on les a aidés sur le pouvoir d'achat donc du coup ils seront plus sympas sur les retraites ? Moi je suis là pour expliquer aux gens notamment dans ma circonscription ce qu'on fait concrètement pour eux, ce qui se passerait si l'État n'agissait pas, ce bouclier tarifaire qui permettra de contenir cette hausse c'est plus de 15 milliards. On va avoir aussi un chèque énergie entre 100 et 200 euros qui va concerner 12 millions de foyers donc on apporte des réelles réponses.
Maintenant je comprends qu'il puisse y avoir des inquiétudes, je comprends qu'il puisse y avoir des incertitudes et on est là pour les entendre et on est là pour y répondre. Il y a une chose
qu'on ne comprend pas forcément c'est qu'au fond tout le mandat de 5 ans c'est quand même la transition écologique. C'est ça sur lequel on vous attend. Pourquoi ne pas avoir mis d'emblée l'accent là-dessus et faire de l'affaire des retraites un risque d'épreuve de force assez fort avec le pays, une partie du pays et risquer de bloquer le quinquennat ? Est-ce qu'il n'y a pas eu un arbitrage de se dire il vaudrait peut-être mieux commencer par la transition écologique et voir après la question des retraites ?
Je pense que là-dessus en fait on est complètement capable de faire fromager des serres si je puis me permettre. Il y a besoin de faire cette réforme des retraites pour les raisons que j'ai évoquées. Ça n'empêche pas d'avancer et d'avancer extrêmement rapidement sur la question
de la transition écologique. Vous avez besoin
d'emporter le pays.
Là il y a un risque immédiat blanc.
Je ne suis pas d'accord avec vous. On va mener notamment un projet de loi d'accélération des énergies renouvelables qui va permettre de développer bien plus rapidement notamment le solaire donc le photovoltaïque l'éolien offshore comme ça n'avait jamais été fait avant. Donc on accélère et le GIEC nous dit d'ailleurs qu'il faut accélérer là-dessus contrairement à ce que peut prétendre notamment le Rassemblement National qui a un discours très anti énergie renouvelable. Nous on prend le contre-pied de ça.
On va aussi accélérer sur les constructions de nouveaux réacteurs parce que c'est un autre moyen de production décarboné et que notre ennemi commun ça doit être les énergies fossiles donc on a un plan qui est extrêmement clair et puis la sobriété avec un besoin de diminuer nos consommations et de le faire sur la durée donc on accompagne les industries on accompagne les entreprises on continue à faire de la pédagogie aussi auprès du grand public c'est un travail qui se fait sur le temps long mais avec des objectifs de court terme et notamment ce projet de loi d'accélération des énergies renouvelables qui vont permettre de décarboner encore plus rapidement notre économie
Alors je vais avoir quelques questions à l'ingénieur nucléaire qui est en face de nous mais vous avez évoqué la question de l'exemplarité de la sobriété on ne va pas parler de pull à col roule on en a trop parlé cette semaine en revanche est-ce que vous pouvez nous donner votre bilan carbone à vous ? Est-ce que vous le calculez est-ce que vous le connaissez ?
Non je n'ai pas calculé
Mais ça ne vous intéresse pas ?
Si ça m'intéresse
ça m'intéresse
je fais attention au quotidien
Vous avez changé des choses ? Beaucoup de français pardon
Est-ce que vous avez changé des choses ?
Dans mon quotidien moi je n'ai déjà pas de voiture je prends les transports en commun je prends peu l'avion j'essaie de faire attention de trier mes déchets de tous ces petits gestes du quotidien auxquels on doit tous faire attention je ne prétends pas être absolument exemplaire et je pense qu'aujourd'hui personne ne l'a il faut être extrêmement humble mais en même temps il faut porter ce message et c'est aux femmes et aux hommes politiques aussi de le porter
Vous avez parlé de l'accélération pour les énergies renouvelables on parle aussi d'une accélération du nucléaire dans la loi ça voudrait dire quoi et pourquoi est-ce que ça inquiète à ce point Greenpeace par exemple ?
Aujourd'hui entre le moment où vous décidez de construire une centrale et le moment où vous coulez le premier béton donc où vous commencez concrètement le chantier il se passe 5-6 ans c'est beaucoup trop important il faut arriver au lieu d'avoir les étapes qui se succèdent les unes aux autres à paralyser à faire en parallèle je vais y arriver pour pouvoir gagner ce temps là encore une fois pourquoi on le fait ?
On a un parc nucléaire aujourd'hui qui a atteint un certain âge donc on prolonge avec le projet Grand Carénage la durée des centrales jusqu'à 50 ans ça va nous permettre de continuer à produire massivement cette électricité décarbonée mais il faut anticiper la fin de vie de ces centrales et donc on relance le nucléaire je pense que les années 1970 ont eu un plan Missmer les années 2020 aujourd'hui un plan Macron sur le nucléaire et c'est extrêmement important parce que ça répond évidemment à un enjeu de climat ça n'émet pas de CO2 ça répond à un enjeu de souveraineté produire de l'énergie nous-mêmes c'est ne pas dépendre par exemple de la réussite sur le gaz et ça répond à des questions de pouvoir d'achat parce que juste je termine le prix du baril par exemple pour le prix des énergies fossiles vont continuer à augmenter dans les années à venir et donc on a besoin de réinternaliser
ces moyens de production là-dessus le diagnostic qu'on a besoin du nucléaire c'est fait sur quoi on va couper dans le processus de manière à le ramener de 5 ans à 2 ans c'est ce que veut Emmanuel Macron est-ce qu'on va dire on arrête de consulter tout le monde et de faire de voir les écolos nous peuvent faire perdre du temps d'ailleurs dans tous les domaines dans les éoliennes tout le monde pense qu'au gouvernement que ça dure trop longtemps donc quoi vous taillez pour gagner du temps
et moi j'ai entendu Jean-Bernard Lévy le futur ancien président d'EDF dire au MEDEF à la fin de l'été que c'était n'importe quoi de vouloir relancer trop vite lui il savait que les gens n'étaient plus formés parce qu'il y a eu tellement d'attermoiements politiques y compris du quinquennat dans le premier quinquennat d'Emmanuel Macron qu'on n'est pas aujourd'hui en capacité même technique et technologique de relancer très vite la machine c'est pas moi qui le dis c'est l'ancien président d'EDF
alors c'est deux questions un peu différentes quand même sur les concertations bien sûr que les concertations vont être menées et elles seront maintenues elles commencent d'ailleurs en octobre d'octobre à février vous avez une concertation qui est menée par la commission nationale du débat public autour de ce projet de 6 EPR et notamment du premier qui devrait être construit à Panlis donc on va continuer évidemment à concerter la question c'est au lieu de mener les étapes les unes après les autres est-ce qu'il y en a qu'on peut faire en même temps pour gagner du temps j'ai pas le détail du projet de loi et il n'est pas encore sorti donc c'est tout à fait normal on aura l'occasion d'en reparler mais il s'agit pas pour être très clair de s'asseoir sur le code de l'environnement contrairement à ce que prétend Greenpeace sur ce que disait Jean-Bernard Lévy il a raison sur un certain nombre de choses il s'est passé des années sans qu'aucun chantier pardon de réacteurs nucléaires n'existe en France avant le début notamment de Flamanville 3 Flamanville 3 qui a eu un certain nombre de déboires je vais pas y revenir donc pendant 20 ans puisque le dernier réacteur qu'on a couplé sur le réseau c'était Civo en 2002 on a manqué de ces chantiers là ceux qui ont construit les réacteurs à l'époque sont partis à la retraite et donc on a perdu un certain nombre de compétences on est en train de les regagner grâce à deux choses notamment d'une part les nouveaux chantiers Flamanville Inclay Point pour ne citer que cela et puis grâce au Grand Carénage je vous parlais tout à l'heure qu'on augmente la durée de vie des centrales en fait c'est des travaux de maintenance des visites décennales sur chaque réacteur qui sont extrêmement importantes avec des chantiers extrêmement complexes et ce projet Grand Carénage qui se passe très bien on en parle pas beaucoup mais ça se passe très bien a permis notamment une remontée en compétence de la filière maintenant il y a aussi un vrai travail à faire conjointement par l'Etat et par EDF par la filière plus globalement pour continuer à être attractif comment est-ce qu'on fait aujourd'hui pour donner aux jeunes envie de devenir mécanicien, robinettier chaudronnier qui sont des très beaux métiers comment est-ce qu'on met en place des écoles comment est-ce qu'on met en place des partenariats avec notamment l'apprentissage
donc on continuera
à travailler dessus
je parlais des attermoiements depuis des années mais y compris du premier mandat d'Emmanuel Macron il n'y a aucune responsabilité politique de la part d'Emmanuel Macron qui voulait quand même largement se passer du nucléaire qui a enterré le projet Astrid ce qui a beaucoup fait grincer des dents chez les nucléaires chez les pronucléaires est-ce qu'il n'y a pas aussi une responsabilité de votre partie de votre mouvement de ces dernières années ?
j'admets une responsabilité collective des 20 dernières années les LR quand ils étaient au pouvoir non mais je vous parle là vraiment je vais vous répondre les LR quand ils étaient au pouvoir ils l'oublient un peu mais n'ont pas lancé de nouveaux projets il y a eu le fiasco Areva qui on n'en parle plus mais a énormément pesé sur la filière ensuite il y a eu le quinquennat de Hollande où effectivement il y a eu du recul sur la filière et est-ce qu'on aurait pu lancer le renouvellement du parc un peu plus tôt ? peut-être maintenant je crois
c'est pas simplement renouveler le parc on a le sentiment quand même qu'Emmanuel Macron a changé d'avis qu'au début il était plutôt anti-nucléaire et qu'il est devenu à la toute fin de son quinquennat pro-nucléaire
est-ce que ça c'est possible ? est-ce que ça vous pouvez l'admettre ?
je pense que moins que le président c'est la société qui a évolué sur ces questions faut pas oublier qu'en 2011 il y a Fukushima Fukushima ça sonne le début de l'hiver du nucléaire quand je débute moi mon job d'ingénieur dans le nucléaire c'est en 2014 c'est pas une industrie qu'elle vend en poupe et on me dit pas super tu vas travailler dans le nucléaire c'est un peu plus mesuré que ça donc on a mis du temps avant de mettre de la rationalité dans le débat d'arriver à expliquer à l'heure où on se parle je pense que sur les derniers sondages c'est environ un français sur deux qui pense que le nucléaire émet encore du CO2 donc il y a un vrai travail de fédagogie à faire Emmanuel Macron a commandé ce qu'on appelle les futurs énergétiques 2050 donc les rapports RTE qui ont permis de donner une vision extrêmement exhaustive sur le plan technique sur ce qu'on est capable de faire pour avoir un mix décarboné quelle part de NR quelle part de nucléaire quel niveau de risque il y a derrière chacun de ces scénarios sans donner d'avis sur lequel était le meilleur c'est cette politique de trancher et donc le président de la république sur la base de ces informations factuelles et rationnelles scientifiques a tranché sur un mix équilibré renouvelable et nucléaire je crois qu'on est aujourd'hui la seule formation politique à tenir ce discours à ne jamais opposer les énergies décarbonées entre elles je crois que ça honore le président de la république quand j'entends aujourd'hui le rassemblement national ou quand j'entends Europe Ecologie Les Verts je les renvoie là-dessus dos à dos ils sont l'un est aux antinucléaires ce que l'autre est aux antirenouvelables et c'est vraiment pas le climat qui gagne à la fin c'est vraiment pas le climat
alors on va à une question plus politique avec
il y a un espèce de climat un peu étrange dans la classe politique consécutif à ce qui a pu s'arriver à Adrien Quatennens à LFI et à Julien Bayou chez Les Verts et peut-être avec Domia Abadavant est-ce qu'on a eu une déclaration cette semaine d'Éric Dupond-Moretti disant il est temps de siffler la fin de la récré et c'est à la justice de trancher à la justice de trancher c'est le code pénal pas de code de déontologie est-ce que vous êtes d'accord avec cette déclaration c'est-à-dire qu'on va arrêter de faire des tribunaux parallèles ou est-ce que vous maintenez comme c'est le cas à Renaissance la nécessité d'une cellule interne et si oui comment elle doit fonctionner
et on précisera que Marlène Schiappa vient de prendre la tête de cette cellule interne
pour moi l'un s'oppose pas nécessairement à l'autre le fait d'avoir des cellules internes dans les partis politiques dans les entreprises qui sont là pour accompagner la parole des femmes ça me semble tout à fait pertinent et légitime avant d'aller poser une plainte au commissariat on peut facilement comprendre que les femmes qui sont victimes de violences sexistes ou sexuelles par exemple aient peut-être besoin d'être accompagnées d'avoir d'abord un premier échange et si elles souhaitent le faire en interne du parti il faut que le parti le propose en revanche les médias les partis politiques ne doivent pas se transformer en tribunaux et là il y a une dérive moi je trouve depuis un certain temps une dérive globale notamment chez Europe Ecologie Le Vert chez la France Insoumise une dérive peut-être dans la façon dont le sujet a été traité parfois aussi parce qu'aujourd'hui prenons l'exemple Bayou vous avez peut-être lu l'enquête de libération je trouve ça extrêmement gênant c'est-à-dire qu'on en est à avoir un tribunal populaire qui se tient sur Twitter qui se tient sur certains plateaux télé qui se tient en interne dans des partis politiques et qui où on a le sentiment qu'il est supérieur à la justice moi ça me met profondément mal à l'aise c'est pas ma conception du féminisme j'estime que le féminisme il avance dans l'honneur quand il est adossé à l'état de droit partout on fait reculer l'état de droit et c'est un peu ce qui risque de se faire si on continue à fonctionner comme ça le féminisme recule aussi après on a vocation à s'inscrire pleinement dans ce cadre dans le cadre de la justice dans le cadre de l'état de droit c'est comme ça qu'on avancera et de façon plus globale ce qui moi me met mal à l'aise au-delà de la spécificité des différentes affaires que vous avez citées dans le comportement notamment de Sandrine Rousseau c'est que sa conception du féminisme c'est que finalement l'amour des femmes la défense des femmes passe par la haine des hommes moi je crois que l'amour des femmes c'est pas la haine des hommes je crois au contraire qu'on a vocation à avancer ensemble qu'ils ont vocation à nous accompagner dans la façon où on défend où on mène ce combat là mais c'est pas contre eux c'est vraiment pas contre eux et d'autant plus que j'observe moi des hommes autour de moi et je tiens quand même à le dire que l'immense majorité des hommes ne sont pas des prédateurs sexuels contrairement à ce qu'elle peut laisser penser parfois c'est important
vous êtes une jeune femme en politique il y a 5 ans c'est le 5 octobre prochain on fêtera les il y a 5 ans on a fait c'était le début pardon de MeToo on va célébrer les 5 ans de MeToo c'était le 5 octobre 2017 est-ce que les choses ont évolué est-ce que vous en tant que jeune femme il y a des histoires qui ont touché votre camp politique qui vous ont choqué des gens qui seraient encore au pouvoir aussi ou qui auraient été très très ou on aurait mis du temps avant de les mettre de côté
je pense à Nicolas Hulot par exemple je ne vais pas revenir sur l'affaire Hulot spécifiquement parce que pour être très vite
je connais mal je connais mal ce dossier oui mais c'est quand même intéressant
parce que si jamais vous avez une cellule à Renaissance les cas Hulot les cas Darmanin vous aurez à les traiter a priori mais Gérald Darmanin la justice s'est prononcée la justice a surtout dit qu'en fait le délai de prescription était dépassé donc en fait
il y a eu un non-lieu sur la question de Gérald Darmanin donc pour moi c'est une affaire qui est très différente sur la question de MeToo plus globalement je pense que ça a effectivement contribué à libérer la parole c'est à dire que la honte a changé de camp vous avez l'impression de ça et ça c'est extrêmement important je pense que oui je pense que la honte a changé le camp maintenant attention on a vécu des millénaires de domination on arrive là dans un extrême inverse je pense qu'il y a un moment il faut que les choses arrivent à se rééquilibrer vous avez le sentiment
qu'il y a un extrême inverse qu'il y a une domination des femmes sur les hommes
je vois qu'un certain nombre de femmes aujourd'hui notamment à gauche et à l'extrême gauche ont une façon de se comporter et de véhiculer un féminisme qui en fait est très hostile aux hommes je pense que c'est pas sain je pense que c'est pas à mon avis rendre service à la société c'est pas rendre service aux femmes que de se comporter comme ça et donc il faut que collectivement on arrive à traiter les choses de façon le plus équilibré possible ça passe par la question de la justice le fait nommé de mitou a évidemment permis de libérer la parole des femmes et c'est très bien c'est bien que les partis politiques s'en saisissent c'est bien que le débat politique se concentre aussi parfois sur ces questions là on a beaucoup avancé lors du quinquennat précédent mais encore une fois je suis davantage d'avantage Elisabeth Ballinter que que Rosandrine Rousseau
y compris sur la prescription
y compris
autre question d'actualité on sent à l'éducation nationale une certaine inquiétude sur la montée de atteinte à la laïcité alors est-ce qu'on est reparti dans une guerre du voile comment vous sentez les choses et comment le ministère peut réagir et freiner
ses comportements je pense qu'il faut continuer dans la droite ligne de ce qu'avait fait Jean-Michel Blanquer j'en profite d'ailleurs pour rendre hommage à l'action qui a été la sienne sur ces questions là d'une part il faut avoir une ligne qui soit parfaitement claire et la redire autant que nécessaire on le fera Vous trouvez que le nouveau ministre d'éducation nationale
Papandia ne l'est pas suffisamment ?
Non je pense qu'il l'est suffisamment mais qu'il faut continuer à le faire c'est ce qu'on fait aussi au niveau des députés Aurore Berger notre présidente de groupe par exemple a eu toujours une voix très forte et extrêmement claire sur ce sujet il faut qu'on arrive à accompagner les établissements scolaires à accompagner les équipes pédagogiques il y avait d'ailleurs un certain nombre de choses qui avaient été mises en place dans les rectorats lors du quinquennat précédent avec des cellules qui allaient dans les établissements qui formaient donc il faut peut-être accélérer ça et surtout ne jamais reculer
Une dernière question sur le mondial de football qui momme du bil au Qatar Deux villes ont déjà annoncé qu'elles ne retransmettraient pas les matchs
Avant bien d'autres Avant bien d'autres Alors voilà
avant potentiel mondial Bonne décision une décision nécessaire qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce qu'il faut les retransmettre ces matchs ? Les matchs de l'équipe de France Ou des autres enfin en tout cas les matchs de ce mondial de football au Qatar
Moi je pense qu'on n'a pas vocation d'une part à pointer nos joueurs du doigt C'est normal Ils sont tout à fait légitimes à participer à cette compétition Et je pense qu'ensuite c'est à chaque français de faire son choix en toute connaissance de cause Est-ce qu'il veut regarder ? Est-ce qu'il ne veut pas regarder ? Mais leur permettre de le faire Je pense que couper et mettre un écran noir ce n'est pas franchement la solution
Dans le contexte énergétique pardonnez-moi dans lequel on est aujourd'hui Vous n'avez pas le sentiment qu'il faut dire qu'il y a des choses qu'on n'a plus le droit de se faire ?
Il y a des choses qu'on n'a plus le droit de se faire mais tout ne peut pas passer par les symboles Les jets les coupes du monde C'est facile de s'attaquer à ça Très concrètement ce n'est pas ce qui résout la question du réchauffement climatique
Une dernière question Nathalie Pancric
Pardon Pas sur le Qatar
sur Edouard Philippe Très vite Il vous reste quelques secondes On a l'impression quelquefois que la majorité et Emmanuel Macron sont un petit peu agacés par son côté extrême prudence son côté surplomb c'est-à-dire je donne des leçons à tout le monde Est-ce que c'est votre cas ou que tout le monde vit en bonne intelligence ?
10 secondes bravo
Edouard Philippe a toujours eu une voix importante et singulière au sein de cette majorité donc on a besoin de lui et je suis ravie qu'il soit toujours à nos côtés Je suis ravie que vous soyez ravis Merci On est tous ravis On se retrouve dimanche prochain
On sera très ravis de vous retrouver pour un nouveau numéro de Questions politiques
Jean-Philippe Tanguy