ArcelorMittal, budget, lycée musulman Averroès... Le "8h30 franceinfo" de Xavier Bertrand
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Bonjour Xavier Bertrand, vous avez participé hier à une réunion sur l'avenir d'ArcelorMittal, on le rappelle plus de 600 emplois sont en jeu dans votre région, autour de la table, donc vous les élus locaux, le ministre de l'industrie et les organisations syndicales, est-ce que vous êtes ressorti rassuré de cette réunion ?
J'ai surtout passé plusieurs messages que je vais passer à nouveau ce matin. La première des choses, qu'est-ce qu'il attend, le Premier ministre, pour se saisir de ce dossier ? Il y a 636 postes qui sont supprimés, 636 familles dans lesquelles on se dit que demain il n'y a plus de boulot et qu'il faudra en retrouver un. Il attend quoi ? Il est capable d'aller à Pau régulièrement, de l'hôtel Matignon jusqu'à Pau, il doit y avoir 2h30, je lui dis s'il a besoin que Matignon-Dunkerque, c'est pas plus loin, c'est pas plus longtemps.
Donc qu'est-ce qu'il attend pour réunir une table ronde avec l'ensemble des partenaires pour pouvoir se soucier de la façon dont les 636 personnes vont être traitées ?
Marc Ferrati, le ministre de l'industrie, c'est pas suffisant.
Écoutez, 636, il en faut combien ? Il en faut 1000 ? Il en faut 2000 sur le carreau pour qu'ils se déplacent ? Pourquoi c'est pas le ministre de l'industrie qui peut tout régler ? Il y a des questions de ministre du travail, c'est-à-dire pour savoir comment ils vont être accompagnés pour pouvoir rebondir et retrouver un emploi. Il y a aussi le ministre des territoires. Vous savez, je me suis mobilisé à l'époque sur le dossier Bridgestone pour permettre à chacun de pouvoir retrouver un emploi. Là, il y a 636 postes supprimés. Qu'est-ce qu'il attend ?
Vous, vous en appelez ?
Il est allé hier à Marseille et Dunkerque, c'est compliqué pour venir. Franchement, ça, c'est aujourd'hui quelque chose qui me semble essentiel et urgent.
On vous sent colère ce matin.
Mais oui, parce que qu'est-ce qu'il faut ? Qu'est-ce qu'il faut ? Et après, on se dit, il y a de la colère. On va s'occuper de la proportionnelle. Non, 636 personnes, 636 familles. Et l'obligation, parce qu'elle ne concerne pas cette obligation que la région des Hauts-de-France. Elle concerne aussi la région Grand Est. J'en parle et je me mobilise avec Franck Leroy, le président de la région Grand Est. C'est une question essentielle pour l'ensemble du pays. C'est au Premier ministre de se mobiliser, bon sang.
L'idée de nationaliser ArcelorMittal, proposition de Fabien Roussel, qui est maire de la commune du Nord de Saint-Amand-les-Eaux, vous en pensez quoi ?
Alors, déjà, la première chose, on s'occupe des 636 personnes. Et ensuite, on doit apporter des réponses pour les plus de 15 000 personnes qui, dans les Hauts-de-France, Grand Est, mais aussi dans la région Sud, veulent savoir est-ce que demain, on continuera à produire de l'acier en France et en Europe. Je vous le dis, moi, je me bats et je vais continuer à me battre pour qu'on garde une production d'acier en France et en Europe. Ça passe par quoi ? Ça passe par quoi ? Je vais vous répondre. Ça passe tout simplement parce que l'Union européenne doit décider de limiter à 15% de la demande les importations. C'est-à-dire que c'est plus open bar l'Europe.
Ça fait partie du plan acier ?
Non, non, non. Les 15%, ça ne fait pas partie du plan acier. J'en ai parlé avec Stéphane Séjourné pas plus tard que ce week-end. Je pense l'avoir convaincu sur ce point. Enfin, il faut limiter à 15% les importations qui viennent de partout dans le monde parce que ça, ça permettra de protéger la production et les emplois. Ça, c'est le deuxième sujet. Il faut faire ce que Donald Trump fait chez lui. Écoutez, vous êtes dans un monde où qu'est-ce qui compte ? La réciprocité, ce n'est pas un gros mot, la réciprocité. La réciprocité, c'est même quelque chose de sain.
Il faut que l'Europe, et moi, je veux que l'Europe puisse montrer qu'elle est forte et qu'elle est capable de prendre des décisions fortes et fermes. On limite à 15%, y compris les importations qui vont venir d'Inde dans des proportions importantes dans les années qui viennent, à bon entendeur pour ArcelorMittal également. Donc, on limite à 15%. Et ensuite, il y a un autre aspect qui, pour moi, est aujourd'hui très important. Quand il y a ces éléments-là, et là, ArcelorMittal, qu'est-ce que vous faites ? Vous jouez carte sur table. Vous restez, vous investissez ou pas ? Est-ce que vous allez garder toute la production d'acier ?
Est-ce que vous avez l'idée de garder bien les hauts fourneaux ou de les fermer à terme ? C'est la raison pour laquelle, avec les organisations syndicales, avec les élus, dont Patrice Vergritte, le maire de Dunkerque, on veut qu'il y ait tout le monde autour de la table, tout le monde, les ministres concernés, l'Union européenne, et également ArcelorMittal, et qu'à l'issue de cette réunion, on sache clairement ce que Mittal fait comme investissement et quand.
Mais vous ne répondez pas à la question, est-ce que le mot nationalisation est un gros mot dans votre bouche ?
Vous voulez que je vous dise une chose ? Si vous ne faites pas la limitation à 15% des importations, 15% de la demande, il n'y a aucune nationalisation qui tiendra la route. Et je vais même plus loin. Parce que c'est un dossier sur lequel je me bats, comme je l'ai fait à l'époque, sur le dossier Ascoval. Et on a sauvé cette usine Ascoval à Saint-Saul, à côté de Valenciennes. C'est tout simplement que ces questions sont stratégiques. Si demain on pense qu'on va importer de l'acier de Chine, d'Inde ou des Etats-Unis, mais on est fou. On sait qu'on va devoir produire davantage demain de chars, d'avions. Les voitures ne vont pas non plus être construites en plastique.
Attendez, attendez, c'est essentiel, c'est une question de souveraineté. Et donc on ne va pas dans les années qui viennent espérer que les autres vont nous vendre de l'acier, qui plus est de l'acier vert, pour pouvoir justement se dire, excusez-moi, on a une production à faire chez nous, mais on ne sait plus faire d'acier. Et dans ces cas-là, s'il y a une initiative à prendre, le moment venu, si ArcelorMittal ne veut pas investir, l'initiative doit être européenne et pas franco-française.
Il y a la question de la nationalisation, il y a aussi la question des aides publiques. Comment est-ce qu'on fait pression sur ArcelorMittal ? Plusieurs centaines de millions d'euros d'aides publiques, il faut y renoncer ?
Non, il y a plus efficace. C'est l'intervention au niveau européen. Les quotas carbone gratuits, les échéances qui sont prévues, qui peuvent être avancées. Il y a un certain nombre d'aides sur lesquelles je pense qu'on n'a pas besoin aujourd'hui d'en dire trop. Mais l'important, encore une fois, pardonnez-moi, aujourd'hui, la politique n'est pas un monde de bisounours. La politique, c'est aussi une question de rapport de force. Et moi, je me bats en tant que président de région, je me bats en tant que responsable politique pour que l'État, Marc Ferracci, est mobilisé, pour que l'Europe, Stéphane Séjourné, doit aussi imposer à l'ensemble de la Commission européenne un changement de politique.
Écoutez, ça fait des années que l'Union européenne a mis des bâtons dans les roues de l'industrie. On prend l'industrie automobile, on les assomme avec des contraintes et avec des amendes. Et après, on s'étonne qu'ils ne soient pas en forme. Vous avez vu l'initiative à la fois de Renault et de... Dissortir de la naïveté aujourd'hui. C'est pas seulement la naïveté. Et qu'il faut arrêter de penser qu'on doit s'imposer toutes les contraintes en Europe alors que les autres n'ont pas de contraintes et qu'ils envahissent nos marchés. C'est une question d'emploi. C'est une question de souveraineté. C'est une question de force et d'indépendance pour l'Europe. Et c'est maintenant que ça se joue.
Xavier Bertrand, autre dossier à la SNCF grève aux effets limités sur les grandes lignes à en croire le PDG de l'entreprise. Reste que cette grève dérange beaucoup les usagers des TER, notamment dans la région que vous présidez, les Hauts-de-France. Qu'est-ce que vous dites ce matin aux grévistes ?
Qu'il faut faire évoluer ma loi de 2007. C'est moi qui ai fait voter à l'époque la loi sur le service minimum qui permet d'ailleurs aujourd'hui de limiter les effets d'une grève qui aurait dû être massive et qui permet aussi de savoir exactement sur quel train on pourra compter. Ça, c'est ce qui était fait en 2007. On est 18 ans après. La loi que j'ai fait voter doit évoluer.
Dans le sens du système italien, dans le sens de la proposition de loi d'Hervé Marseille qui constitue une très bonne base et qui dit qu'il y a des moments dans la vie de la nation, que ce soit les départs en vacances, que ce soit des ponts qui peuvent s'assimiler à des vacances, que ce soit des moments importants, notamment les épreuves du baccalauréat, ou alors, ça ne sera pas demain qu'on va les connaître à nouveau, Jeux Olympiques, Coupe du Monde, qu'il y a des moments où ce droit de grève, il est singulièrement limité.
Ce n'est pas le violer, ce droit de grève qui est constitutionnel ?
C'est constitutionnel et la Constitution prévoit bien que le droit de grève est régi par les lois en vigueur. Donc, c'est à la loi de le faire, mais il faut aujourd'hui faire évoluer. Je suis d'autant mieux placé que c'est moi qui l'ai fait voter à l'époque et aujourd'hui, une loi n'est pas immuable, elle doit forcément évoluer. Et je vais même plus loin sur cette question du droit de grève. C'est que, pourquoi aujourd'hui, les grévistes décident de faire à ces moments précis ? Parce qu'avec la loi sur le service minimum, et notamment le télétravail pour beaucoup de salariés, elles n'ont plus le même impact en semaine.
Et donc, ils font exprès de s'en prendre aux possibilités de loisirs des Français, aux possibilités, justement, de se déplacer aux moments importants, comme notamment les passages de l'épreuve du baccalauréat. Oui, pour que ça ait de l'impact. Oui, d'accord, que ça ait de l'impact. C'est le but de la grève. Oui, mais on pense aussi aux usagers. La liberté de circulation, c'est aussi un principe constitutionnel. Donc, si vous voulez qu'il y ait un équilibre, je demande et je souhaite, pour ma part, que l'on fasse évoluer la loi que j'ai portée à l'époque.
A propos des transports, le patron de la SNCF, Jean-Pierre Farandou, qui va partir dans quelques semaines, se lâche ces jours-ci. Faute d'investissement, disait-il hier chez nos confrères de France Inter, le transport ferroviaire est en voie de paupérisation. Il donne à peine 13 sur 20 à nos infrastructures ferroviaires. On rappelle que c'est l'échelon régional, notamment, qui est en charge des transports régionaux. Vous avez donc une responsabilité dans la dégradation du matériel. Alors, on va remettre les pendules à l'heure.
Moi, je fais chaque année un chèque à la SNCF pour faire circuler les trains. Les infrastructures, c'est qui ? C'est l'État. C'est l'État. Je ne suis pas du genre à me planquer derrière mon petit doigt. Quand j'ai des responsabilités, je les assume. Mais les infrastructures, c'est l'État. Et c'est normal. C'est SNCF réseau. L'État, il n'a plus d'argent. Oui, d'accord.
François Bayrou disait à l'entière, il faut plus de 100 milliards. Il faut des dizaines de milliards pour ce système de transport à bout de souffle. Il y avait le rail et les routes, disait-il. Or, il y a 100 milliards à trouver dans les 4 prochaines années.
Jean-Pierre Farandouk est quelqu'un de bien, qui a fait un vrai travail à la SNCF. Ça fait des années qu'il le dit sur ce besoin d'investissement. D'ailleurs, Elisabeth Borne avait dit elle-même qu'il y avait besoin de cette somme. La vraie question, c'est est-ce que l'État croit encore aux infrastructures de transport ? Si aujourd'hui, vous avez une dégradation du transport ferroviaire, c'est parce que l'État, qui est actionnaire de la SNCF, n'a pas fait son boulot d'actionnaire et d'investisseur depuis des années. Donc, les régions ont été obligées de compenser autant qu'elles ont pu le faire. Mais la vraie responsabilité, c'est celle de l'État.
Et j'attends de cette conférence sur le financement des infrastructures qu'elles nous disent clairement, si l'État croit encore aux services publics qui relient les territoires, qui relient les Français entre eux, pour que ceux qui habitent en milieu rural ne soient pas des relégués de quatrième zone, comme c'est le cas aujourd'hui. Et que clairement, sur ces sujets, on est enfin un État qui prépare l'avenir du pays. C'est ça le boulot. C'est ça la responsabilité des politiques.
L'avenir du pays, c'est le budget. Xavier Bertrand, vous n'êtes pas Crésus. Pourtant, François Bayrou vous demande, à vous, collectivité territoriale, de faire des efforts. Il y a 40 milliards d'économies à faire pour l'année prochaine. Votre région est prête à consentir à ces efforts ?
Et vous croyez qu'on l'a attendu ? Les collectivités locales, des communes jusqu'aux régions, n'ont pas le droit de voter un budget en déficit, en déséquilibre. Et on va nous faire la leçon ? Cette année, quand l'État nous a fait les poches, moi j'ai décidé de voter un budget où il y aura 128 millions d'euros d'économies sur les dépenses. Et je le dis, c'est un effort très important. J'ai veillé à ce qu'on ne casse pas de politique, notamment chez moi, dans ma région, la culture restera protégée. Les politiques de la jeunesse resteront protégées. Et je ne demande pas non plus, je ne fais pas les poches, moi, des gens de la région. J'ai refusé en revanche d'appliquer un nouvel impôt.
Parce qu'il y a des régions qui ont dit à l'État, vous nous faites les poches, autorisez-nous à prendre un nouvel impôt sur les entreprises. J'ai refusé d'appliquer ce nouvel impôt. Si j'avais accepté cet impôt, qu'est-ce qui serait passé ? Je n'aurais jamais fait la baisse des dépenses. Il y a aujourd'hui un principe qu'on doit comprendre, l'overdose fiscale. C'est quelque chose qui est très présent. Le consentement à l'impôt est en train de se déliter. C'est ce qui fonde pourtant le contrat républicain. Et très clairement, aujourd'hui, il n'y a que la baisse des dépenses qui peut être entendue par nos concitoyens.
Mais alors si on ne touche pas aux investissements et qu'on va quand même faire des économies ?
Ce n'est pas seulement les investissements, c'est qu'il faut toucher au fonctionnement. Monsieur Beyrou nous dit qu'on fait un référendum. Si son référendum, c'est qu'il faut plus ou moins d'impôts, il faut plus ou moins de dettes, il faut plus ou moins de déficits. Et je connais la réponse, on peut s'en passer dans ces cas-là. Si en revanche, dans son référendum, il nous dit qu'on va mettre en place une règle d'or, l'État ne pourra plus voter à l'avenir de budget en déficit, là c'est intéressant. Là, ça demande du courage, c'est ce que font les collectivités locales depuis longtemps.
Et vous me disiez, notamment pour les collectivités, moi je vous fais une proposition qui sera une proposition structurante et forte. Si on veut faire simple et efficace, fusionnons les élus départementaux et régionaux. Vous avez aujourd'hui...
Là, vous mettez le feu partout, Xavier Bertrand, avec votre proposition.
Eh bien ça, c'est l'objet d'un référendum possible alors. Parce que ce que vous êtes en train de me dire, c'est qu'il y a beaucoup de politiques qui ne sieront jamais la branche sur laquelle ils sont assis. Vous avez certainement raison. Alors demandons aux Français de trancher. Les élus dans les communes et dans les intercommunalités, communauté de communes, communauté d'agglomération, métropole, ce sont les mêmes élus. Pourquoi vous n'auriez pas les mêmes élus, les élus départementaux, qui sont liés à la population, qui soient à la fois au département et à la région ? Vous avez fait simple, vous avez fait efficace et vous allez avoir des économies. Pourquoi ?
La restauration, plutôt que les départements achètent pour leur cantine scolaire, plutôt que les régions achètent pour leur cantine scolaire. Ça serait le même regroupement. Vous avez une cité scolaire, collège et lycée. Mon Dieu, aujourd'hui, pour se mettre d'accord sur le calendrier et sur la nature des travaux, bon courage. Vous aurez le même service du personnel, le même service informatique. Et ça, ça fait l'objet, justement, d'un texte qui pourrait être soumis aux Français. Et là, on n'a pas besoin d'attendre encore ces deux ans d'immobilisme qu'on nous annonce pour que les choses changent en profondeur. C'est simple. Il y a aussi du bon sens. Ça demande du courage.
Moi, je suis convaincu que les Français sont courageux.
Xavier Bertrand est avec nous jusqu'à 9h sur France Info, 8h46. On laisse passer le fil info de Maureen Suignard. Une messe, une prière et puis le début d'un isolement drastique. Les 133 cardinaux chargés d'élire le nouveau pape vont s'enfermer cet après-midi dans la chapelle Sixtine du Vatican, sans téléphone portable, sans aucune communication pour ne pas être influencée. Un premier vote aura lieu ce soir. Le successeur de François doit recueillir au moins 89 voix pour être élu. Le Pakistan tient en ce moment un comité de sécurité nationale réunion alors qu'une escalade militaire est en cours avec son voisin indien. 26 morts au Pakistan, 8 en Inde ces dernières heures.
L'armée indienne a riposté après un attentat meurtrier au Cachemire qu'elle attribue au Pakistan. Londres se dit prête à intervenir pour une désescalade. Encore une journée compliquée pour les voyageurs de la SNCF. Le trafic des TER est perturbé par la grève dans de nombreuses régions françaises. En Ile-de-France, certaines lignes de RER et de Transilien sont aussi touchées par ce mouvement social. Pour le pont du Himet, la direction assure que 90% des trains circuleront. L'Agence nationale de sécurité du médicament rappelle plus de 32 000 boîtes de lysinopril, un médicament contre l'hypertension et l'insuffisance cardiaque.
Il y a un défaut d'impression sur les plaquettes qui peut entraîner un surdosage.
Xavier Bertrand, le président et l'air de la région des Hauts-de-France, 22 boulangers et pâtisseries ont été contrôlés le 1er mai dernier. La ministre du Travail avait dit qu'il fallait changer la loi en vigueur qui interdisait à ces boulangers et pâtissiers de travailler ce 1er mai. Il y a eu des contrôles malgré tout.
Oui, 22 de trop, 22 contrôles de trop. Moi-même j'ai saisi le préfet des Hauts-de-France pour demander à ce qu'il n'y ait pas de contrôle. Pourquoi ? Tout le monde reconnaît que c'est une aberration. Il y a des gens qui veulent travailler, il y a des salariés qui en plus ce jour-là voudraient être payés davantage, payés double, et on leur interdit de le faire. Alors on en prend conscience. Hervé Marseille, encore lui au Sénat, a déposé une proposition de loi pour que ça change. N'attendons pas que ça change. Moi j'aurais à dire deux choses.
Je voudrais dire aux commerçants qui ont été contrôlés, s'ils sont verbalisés, faites un recours gracieux à propos de cette décision auprès de la ministre et je demande à la ministre d'accepter ce recours gracieux et qu'il n'y ait aucune verbalisation et aucune sanction. Les 22 en question, s'il n'y en a que 22, vous êtes verbalisés, faites un recours gracieux auprès du ministère et je demande aujourd'hui à la ministre de donner suite à ce recours gracieux et qu'il n'y ait aucune sanction. La loi va changer. C'est aussi une question de bon sens. Qu'est-ce qu'on attend ? N'attendons pas que l'année prochaine, les choses aient changé. Prenez notamment nos fleuristes.
Les fleuristes payent des charges dans leur commerce toute l'année. Ce sont des commerces physiques. C'est le seul jour où il y a une tradition. Vous avez aussi des vendeurs occasionnels qui sont dans la rue. Et eux, fleuristes qui payent des charges toute l'année, sont obligés de fermer. Allons, un peu de bon sens en politique, ça fait du bien.
Xavier Bertrand, vous avez été auditionné hier par la commission d'enquête parlementaire sur les violences dans les établissements scolaires, publics et privés, à propos notamment du lycée privé musulman Averroès de Lille, dans votre région. Ce lycée qui a perdu son contrat d'association avec l'État après une décision de la préfecture du Nord. Mais le tribunal administratif a décidé de rétablir ce contrat. Hier, vous vous êtes présenté devant les députés. Il y a un appel en cours. Hier, devant cette commission, vous vous êtes présenté, Xavier Bertrand, comme un lanceur d'alerte dans ce dossier. Pourquoi ?
Tout simplement parce que si à partir de 2017, je ne saisis pas l'éducation nationale pour qu'il regarde précisément ce qui se passe dans ce lycée, si je ne refuse pas de verser le forfait d'externa qui pourtant est obligatoire, je sais ce que je fais à l'époque, en refusant de voter cette dépense obligatoire, rien n'aurait bougé. Rien n'aurait bougé. Et c'est vrai qu'il y a eu le préfet du Nord, Georges-François Leclerc, qui a pris ses responsabilités en regardant le dossier, et qui, à la suite d'un rapport de la Chambre régionale des comptes, a décidé de mettre un terme à ce contrat d'association.
Actuellement, la justice est passée, Xavier Bertrand, le tribunal administratif a décidé de rétablir le contrat d'association avec le lycée Averroès, parce qu'après l'investigation, il n'y a aucun manquement grave aux fondamentaux de la République qui a été constaté. Donc logiquement, vous, vos subventions, vous devrez les rétablir. Vous devez les rétablir.
Plusieurs choses, si vous me permettez. La première, c'est que moi, je respecte l'institution judiciaire. Il y a une décision qui a été rendue en première instance par le tribunal administratif. Le ministère d'éducation nationale, par la voix d'Elisabeth Borne, a indiqué qu'elle formait un appel. Tant qu'il n'y aura pas un jugement définitif dans cette affaire, je ne reprendrai pas. Mais à vos yeux, quel est le problème aujourd'hui ? Madame, je viens de vous le dire, à l'instant, un jugement est définitif quand toutes les voies de recours sont utilisées. Le gouvernement a décidé, en motivant son recours de le faire, il a eu raison. Mais c'était aussi intéressant.
L'enseur d'alerte, quand on lance une alerte, c'est qu'il y a quelque chose de grave. Qu'est-ce qu'il y a de grave dans le cas du lycée Averroës ? Je vous invite, et j'invite celles et ceux qui nous écoutent ou qui nous regardent, à prendre justement le rapport de la Chambre régionale des comptes. Mon vice-président à l'éducation, hier, a rendu public sur les réseaux exactement ce qui était dit. C'est-à-dire qu'il y avait un cours sur l'éducation religieuse dans ce lycée, où on mettait en avant un ouvrage, un ouvrage qui clairement montrait que les femmes ne sont pas légales de l'homme. Pour moi, c'est intolérable. Pour moi, c'est contraire aux valeurs de la République.
Vous avez ensuite une autre question qui avait été révélée par l'ouvrage de Messieurs Chénault et Malbruneau, qui montrait que cet établissement avait bénéficié de financements étrangers. Je n'ai jamais obtenu de réponse pour savoir s'il y avait eu des contreparties à ces financements d'origine étrangère. Tout est rapporté par la Chambre régionale des comptes. La Chambre régionale des comptes, ce sont des magistrats, des magistrats indépendants, qui ont fait un travail sérieux. Le tribunal administratif a donné sa position. On verra maintenant ce qui sera décidé en appel.
Mais c'était aussi intéressant hier, parce que j'ai vu aussi deux choses, à la fois de la part de l'un des rapporteurs et des élus du Front National qui étaient là. Ce qui montrait une chose, c'est que sur tous ces dossiers, moi je me garde toujours et je refuse et je combats les amalgames entre les islamistes, parce qu'il y a clairement pour moi la main des frères musulmans, l'antrisme, derrière ce qui s'est passé à Averroès. Et puis il y a également ceux qui profitent de la situation. Clairement, la stigmatisation de nos compatriotes musulmans, c'est le Front National. Et l'instrumentalisation, c'est LFI. C'est la raison pour laquelle je combats les dirigeants de ces deux parties extrêmes.
Et hier, c'était très clair entre les questions qui m'ont été posées par le Front National et l'attitude du rapporteur et LFI. Et maintenant, je vais vous dire une chose, ça serait à refaire. Je referai tout de la même façon, parce que si je n'avais pas bougé et lancé l'alerte sur ce dossier, rien n'aurait changé à l'intérieur du lycée et l'État ne se serait pas saisi de ce dossier comme il a fini par s'en saisir. Donc moi qui suis très attaché aux valeurs de la République, ce combat restera le mien.
Juste pour être complet sur ce sujet et après on passe à un autre. Les magistrats du tribunal administratif ont estimé que les faits reprochés n'étaient pas suffisamment démontrés, ce que vous avez cité, qu'il n'y avait pas de caractère contraire aux valeurs de la République du cours d'éthique musulmane ou l'existence d'un système de financement illicite.
Eh bien c'est maintenant l'appel qui dira exactement le droit. Vous savez, le ministère de l'Éducation nationale a formé un recours, c'est pas n'importe comment, et en plus ils ont mis en place autre chose. Un contrôle a été refusé par l'établissement. Vous trouvez ça pas surprenant ?
Le lycée Aéverrois a été contrôlé 14 fois. Xavier Bertrand...
Vous ne parlez pas du même contrôle. Là c'est un contrôle qui était diligenté par l'Éducation nationale. Donc moi très clairement sur ce sujet-là, je vous le dis, c'est à refaire, je le refais. Et si demain des choses changent parce qu'il y a des dirigeants, M. Lasfar, qui avait des intérêts privés et qui était dans le lycée, qui a mis un terme à sa collaboration, c'est aussi parce que je suis intervenu. Donc clairement, si les choses changent et si chacun respecte la valeur de la République, le combat que je porte, je ne suis pas le seul à porter, il vaut la peine d'être mené.
Xavier Bertrand, demain 8 mai 45, 80e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale. C'est aussi le 80e anniversaire de manifestations indépendantistes en Algérie qui avaient été sévèrement réprimées par les forces françaises à l'époque. Déplacement demain, avec d'ailleurs dès ce soir une délégation de députés et de sénateurs en Algérie dans le cadre d'une visite pour cet anniversaire déplacement d'allus français. Est-ce que c'est une bonne chose à vos yeux ? Et qui il y a dans cette délégation qui est à l'origine ?
Il y a un certain nombre de députés, notamment de la France insoumise et des écologiens.
De gauche et de centre.
Oui, enfin, France insoumise qui est à la manœuvre. Qu'est-ce qu'ils cherchent, eux ? C'est absolument pas à ce qu'on trouve des solutions, notamment à ce qui est aujourd'hui véritable conflit entre la France et l'Algérie. Et d'ailleurs, si je ne me trompe pas, il y avait hier une proposition de loi, une résolution pour demander la libération de Bolem Sansal. Qui a voté contre ? La France insoumise. Non mais, qui a voté contre la France insoumise ? On parle de quelqu'un, d'un écrivain qui symbolise la liberté, la liberté d'expression, qui est aujourd'hui hospitalisée, qui a été condamnée.
Et quand vous avez un texte qui est déposé à l'Assemblée nationale, l'indignité de la France insoumise les pousse à ne pas voter ce texte. Cette visite ne peut pas être l'occasion précisément d'évoquer le cas à Bolem Sansal. A l'origine de la France insoumise qui a refusé de voter pour sa libération ? Certainement pas.
Là encore, on va être précis sur la résolution en question. Ils disent à la France insoumise de ne pas avoir voté cette résolution parce qu'il était question aussi de remettre en cause le partenariat de l'Algérie avec la France ou de l'Europe avec l'Algérie.
Parce que donc la liberté n'est pas au-dessus de tout pour eux. Ça ne m'étonne pas d'eux.
Question rapide, réponse rapide, il y a tout à l'heure à l'Elysée une rencontre entre le président syrien par intérim, Ahmed Al-Chara, qui a renversé Bachar el-Assad il y a quelques mois, et Emmanuel Macron. Est-ce qu'il faut se féliciter du fait que la France est le premier pays européen à l'accueillir ?
J'aurais rencontré ce président syrien. Et ceux qui font des reproches à Emmanuel Macron n'ont rien compris à la fonction qui est celle de chef de l'État.
Stupeur et consternation, précise Jordan Bardella, qui dit qu'Al-Chara est avant tout un djihadiste passé par Daesh et Al-Qaïda.
On le sait, mais la question qui est posée aujourd'hui c'est est-ce qu'il va s'engager à condamner les auteurs des exactions ? Est-ce qu'il va s'engager à protéger notamment les chrétiens, les druzes et les alawites ? Est-ce qu'il va s'engager pour la paix ? Vous savez, je ne peux pas être suspect de ma chronisme, c'est le moins qu'on puisse dire depuis toutes ces années, mais ce qui est vrai c'est que le président de la République a raison de parler aux uns et aux autres et de chercher aussi des solutions pour faire avancer la paix. Et vous savez, les premiers qui sont à dire il ne faut pas le recevoir, ce seraient les premiers à dire la France connaît une perte d'influence.
Ce seraient les premiers, ce seraient les mêmes. Ils ne sont pas à une contradiction près. La seule chose qui compte pour eux, c'est de critiquer, en ne voyant pas qu'ils affaiblissent la position de la France. Si demain, le président syrien ne tient pas les engagements qu'il peut prendre, il sera toujours temps de fermer la porte. Il sera toujours temps de changer de politique, mais un grand pays comme la France doit pouvoir parler aux uns et aux autres, surtout s'il s'agit de la paix et de protéger.
Monsieur le président de la République, nous vous demandons de retirer sa Légion d'honneur à Nicolas Sarkozy. Dans une lettre ouverte, plusieurs descendants de titulaires demandent à Emmanuel Macron de retirer la Légion d'honneur à l'ancien président de la République, définitivement condamné dans l'affaire des écoutes. Est-ce que Nicolas Sarkozy mérite encore sa Légion d'honneur ?
Il a été président de la République, oui ou non ?
Oui.
Voilà. Il a eu cette Légion d'honneur, à ce titre-là, il veut l'effacer aussi des tableaux des présidents de la République ?
Le code de la Légion d'honneur indique que peuvent être exclus de l'ordre les personnes condamnées à une peine d'emprisonnement sans sursis égale ou supérieure à un an. Or, Nicolas Sarkozy a écopé de trois ans de prison, dont un enferme, pour corruption et trafic d'influence. On zappe donc le code de la Légion d'honneur.
Il est écrit quoi ? Vous venez de le dire à l'instant ? Peuvent. Et est-ce qu'en plus, toutes les voies de recours ont été actionnées, utilisées ? Pas encore.
Définitivement condamnées dans cette affaire.
Je viens de vous le dire. Xavier Bertrand.
Xavier Bertrand a été l'invité de France Info ce matin.
Xavier Bertrand