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InterviewRassemblement National (sur YouTube)· 10 juillet 2025 8 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsJusticeEurope & internationalImmigration & asile

Laurent Jacobelli : "Il y a un glissement antidémocratique inquiétant !" (France info)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 5 %Attaque 70 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 77 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:20OuverteRéponse directe

    Comment ça s'est passé ?

  • 0:48OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a été saisi concrètement ?

  • 1:21RelanceRéponse directe

    Vous accusez les magistrats d'espionnage politique. Ça veut dire que vous remettez en cause l'indépendance de la justice ?

  • 2:12RelanceRéponse partielle

    Mais quel intérêt pour un juge d'instruction d'avoir votre stratégie de campagne ?

  • 2:59RelanceÉludée

    Vous parlez de pouvoir en déshérence, de pouvoir qui a peur. Vous dites aujourd'hui, c'est Emmanuel Macron qui orchestre tout ça ?

  • 3:54RelanceRéponse directe

    Jordan Bardella dénonce une opération spectaculaire et inédite. Mais une perquisition dans le siège d'un parti, c'est vieux comme le monde.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:22Invité politiqueFait
    « une vingtaine de policiers, comme ça se fait toujours dans ces cas-là, armés et avec des gilets pare-balles, sont arrivés au siège du RN pour effectuer une perquisition. »
  • 0:32Invité politiqueFait
    « nous n'étions pas au courant du motif que nous avons appris par la presse quelques heures après. »
  • 0:50Invité politiqueFait
    « À peu près tout. À peu près tout, c'est-à-dire ce qu'il y avait dans les ordinateurs, un certain nombre de documents. »
  • 0:54Invité politiqueFait
    « on parle des prêts qu'un certain nombre de particuliers ont fait au RN. »
  • 1:01Invité politiqueFait
    « Nos listes de candidats pour les prochaines législatives, nos techniques et nos stratégies, pour mener les futures campagnes, un certain nombre de secrets de fabrication, je dirais. »
  • 1:21PrésentateurFait
    « Hier, vous avez accusé les magistrats d'espionnage politique. »
  • 1:33Invité politiqueFait
    « Nous remettons en cause aujourd'hui les pratiques d'un système devenu fou. »
  • 1:50Invité politiqueFait
    « promis à prendre le pouvoir si l'on en croit les sondages »
  • 2:00Invité politiqueFait
    « En France, aujourd'hui, le premier parti d'opposition, le parti de l'alternance, a été fouillé. »
  • 2:41Invité politiqueFait
    « Tous les documents qui étaient recherchés, c'est-à-dire tous les documents relatifs au fait que des gens nous aient prêté de l'argent, eh bien, ils étaient déjà à la disposition de la Commission nationale des comptes de campagne. »
  • 3:20Invité politiqueFait
    « Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont la faveur des Français. »
  • 5:00Invité politiqueFait
    « Parce que des militants, des adhérents ont voulu participer à des campagnes et qu'ils nous ont prêté parfois 100 euros, 200 euros, et on les accuse d'être des banquiers non déclarés. »
  • 6:47PrésentateurFait
    « Mauvaise nouvelle encore pour Marine Le Pen, puisque hier, la Cour européenne des droits de l'homme a rejeté sa demande de suspendre sa peine d'inéligibilité provisoire. »
  • 8:03Invité politiqueFait
    « Après avoir là aussi validé nos comptes. »

Temps de parole

  • Laurent Jacobelli72 %
  • Présentateur28 %

3,4 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Bonjour Laurent Jacobelli. Bonjour. Hier, le siège du Rassemblement National a été perquisitionné. La justice cherche à savoir si le RN a contourné les règles de financement qui encadrent les partis politiques pour les élections de 2022 et 2024. On va entrer dans le détail de ce qu'on reproche, ce que la justice reproche à votre parti. Mais d'abord, comment ça s'est passé ?

0:22
Laurent Jacobelli

Écoutez, peu avant 9h, une vingtaine de policiers, comme ça se fait toujours dans ces cas-là, armés et avec des gilets pare-balles, sont arrivés au siège du RN pour effectuer une perquisition. Évidemment, nous n'étions pas au courant, et même nous n'étions pas au courant du motif que nous avons appris par la presse quelques heures après. Je ne vous cache pas que l'impression était particulière, surtout que nous n'avons rien à nous reprocher, que donc l'étonnement était de mise lorsque la cavalerie a débarqué.

0:48
Présentateur

Qu'est-ce qui a été saisi concrètement ?

0:50
Laurent Jacobelli

À peu près tout. À peu près tout, c'est-à-dire ce qu'il y avait dans les ordinateurs, un certain nombre de documents. Et vous savez, on parle des prêts qu'un certain nombre de particuliers ont fait au RN. Je crois qu'on va l'évoquer, mais le problème, c'est que tout a été pris. Nos listes de candidats pour les prochaines législatives, nos techniques et nos stratégies, pour mener les futures campagnes, un certain nombre de secrets de fabrication, je dirais. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le RN est à livre ouvert. À livre ouvert pour tout le monde, et y compris pour un système qui semble être dans ses dernières convulsions, et à peu près prêt à tout pour se maintenir au pouvoir.

1:21
Présentateur

Hier, vous avez accusé les magistrats d'espionnage politique. Vous dites qu'ils sont venus pour aspirer toutes nos données de stratégie politique. Ça veut dire que vous remettez aujourd'hui en cause l'indépendance de la justice ?

1:33
Laurent Jacobelli

Nous remettons en cause aujourd'hui les pratiques d'un système devenu fou. Imaginez qu'en Italie, en Pologne ou en Hongrie, le pouvoir assiste à la perquisition du principal parti d'opposition, promu d'ailleurs, promis à prendre le pouvoir si l'on en croit les sondages, que toutes les semaines, il y ait un harcèlement contre ce parti. Mais vous seriez les premiers, notamment, à dire, mais qu'est-ce qui se passe dans ces pays ? C'est la fin de la démocratie. C'est aujourd'hui en France. En France, aujourd'hui, le premier parti d'opposition, le parti de l'alternance, a été fouillé.

Et on a pris un certain nombre de documents qui, dans de mauvaises mains, pourraient être utilisés à notre encontre, simplement par exemple.

2:12
Présentateur

Mais quel intérêt pour un juge d'instruction, par exemple, d'avoir votre stratégie de campagne ?

2:17
Laurent Jacobelli

Mais pour le juge d'instruction, je ne sais pas. Pour d'autres, c'est évident. Vous savez, croire que les documents qui sont saisis seront pour toujours gardés sous scellés, c'est ne pas connaître l'histoire journalistique de notre pays, que vous connaissez probablement mieux que moi, qui vous dit que demain, dans Mediapart, tel ralliement ne sera pas dévoilé ou tel point de notre programme ne sera pas divulgué. Une fois encore, il faut se poser la question. Tous les documents qui étaient recherchés, c'est-à-dire tous les documents relatifs au fait que des gens nous aient prêté de l'argent, eh bien, ils étaient déjà à la disposition de la Commission nationale des comptes de campagne.

Tout est déjà public. Donc pourquoi venir rechercher des documents qu'on a déjà au sein d'un parti et prendre un peu plus que les documents dont on a besoin ? La question, elle se pose.

2:59
Présentateur

Mais vous parlez de pouvoir en déshérence, de pouvoir qui a peur. Vous dites, mais soyons clairs, vous dites aujourd'hui, c'est Emmanuel Macron qui orchestre tout ça ?

3:08
Laurent Jacobelli

Est-ce que c'est Emmanuel Macron ? Est-ce que ce sont des juges ? Vous savez, il y a aujourd'hui un vent de changement, en France comme en Europe. Clairement, les idées que nous représentons, Marine Le Pen et Jordan Bardella, ont la faveur des Français. Et il y a des gens depuis 40 ans qui s'agrippent au pouvoir, qui en ont fait leur gagne-pain, qui parfois... Mais qui, précisément ? Mais qui dirige notre pays ? Écoutez, faites votre travail de journaliste et posez-vous une seule question. Donc c'est un complot politique ? C'est un complotiste. Mais pourquoi, toutes les semaines, on nous sort une pseudo-affaire qui frappe shit, comme les autres, parce que nous n'avons rien à nous reprocher ?

Une fois encore, dans une démocratie, quand on perquisitionne sans raison, sans raison, le premier parti de France comprend l'ensemble de ses données, eh bien la question se pose de savoir pourquoi.

3:54
Présentateur

Jordan Bardella y est allé très fort hier. Il pointe une dérive antidémocratique, un prétexte pour fouiller son bureau. Il compare la France à la Russie. Donc on n'est plus en France dans une démocratie ?

4:05
Laurent Jacobelli

Vous savez...

4:06
Présentateur

C'est fort, hein, de comparer la Russie de Vladimir Poutine à la France d'Emmanuel Macron.

4:10
Laurent Jacobelli

Vous savez, un pays où on interdit à la leader de l'opposition d'être candidate à l'élection présidentielle. Un pays où on ferme des chaînes de télévision qui ne semblent pas penser comme le gouvernement. Un pays où le premier parti politique est perquisitionné objectivement, sans raison, et où on prend tous ses documents. Si cette définition-là correspond pour vous à la définition de la démocratie, je pense qu'il faut changer la définition dans le dictionnaire, ou alors changer les pratiques de ce système devenu en déshérence et complètement convulsif à l'idée de perdre le pouvoir.

4:40
Présentateur

Jordan Bardella, il dénonce aussi une opération spectaculaire et inédite, mais sauf qu'une perquisition dans le siège d'un parti, c'est vieux comme le monde. Ça touche tous les partis, le PS en 92, l'UMP en 2014, le MoDem en 2017, LFI en 2018, et même le parti du président de la République, Renaissance, c'était en 2022. Donc vous n'êtes pas un cas unique.

5:00
Laurent Jacobelli

Vous savez pourquoi on nous perquisitionne ? Parce que des militants, des adhérents ont voulu participer à des campagnes et qu'ils nous ont prêté parfois 100 euros, 200 euros, et on les accuse d'être des banquiers non déclarés. Mais objectif, quand je vous dis ça, honnêtement, soit vous riez parce que vous trouvez que c'est ridicule, soit vous pleurez parce que vous vous dites que notre démocratie est attaquée.

5:19
Présentateur

Concrètement, pour que les téléspectateurs comprennent, ces prêts effectivement ne sont pas une infraction en soi, mais c'est vrai que c'est le côté habituel, c'est-à-dire le côté récurrent. Au-delà de deux prêts effectués par la même personne, ça peut poser question. En l'occurrence, c'est ce que semble, voilà, en tout cas c'est ce sur quoi enquête la justice, avec des prêts qui étaient parfois faits par deux fois, trois fois, quatre fois, cinq fois par la même personne.

5:50
Laurent Jacobelli

Oui, oui, bien sûr, une personne qui a prêté une fois 100 euros pour les législatifs, puis une deuxième fois 100 euros pour les européennes, et probablement quelqu'un qui se prend pour un banquier de manière illicite, tout cela est complètement stupide. Et je vais vous dire, aujourd'hui, pourquoi est-ce que nous avons recours aux prêts légals, je le répète, de particuliers ? Parce que les banques refusent de nous prêter, parce qu'elles ont une pression pour ne pas prêter aux premiers partis de France. Or, il faut nous financer, il faut financer les campagnes. Il n'y a que deux moyens légaux de se financer, soit les banques, soit les particuliers.

On nous a interdit le premier, alors on utilise le second, et on veut nous interdire aujourd'hui les prêts aux particuliers. C'est quoi l'idée ? De nous étouffer ? De nous empêcher d'avoir de l'argent pour faire campagne ? Mais je le dis clairement, et j'utilise le temps d'antenne que j'ai, ceux qui croient que par les procès, par l'assèchement financier, par l'insulte et par la calomnie, nous feront taire, ils se trompent, ils nous renforcent. Maintenant, on a deux buts. Sauver la France, ça, ça a toujours été notre but. Et on a un deuxième but, sauver la démocratie qui, aujourd'hui, est en danger.

6:45
Présentateur

Mauvaise nouvelle encore pour Marine Le Pen, puisque hier, la Cour européenne des droits de l'homme a rejeté sa demande de suspendre sa peine d'inéligibilité provisoire. La Cour européenne estime que l'atteinte à ses droits n'est pas imminente. Le chemin vers la présidentielle s'obscurcit de plus en plus pour Marine Le Pen.

7:03
Laurent Jacobelli

Le verre à moitié vide, c'est ce que vous venez de dire. Le verre à moitié plein, c'est de dire que la Cour européenne des droits de l'homme, dans le cas où il y a une élection... S'il y avait une législative, par exemple. Par exemple, une législative demain matin. Et donc, une urgence, elle reverrait le statut de Marine Le Pen.

7:17
Présentateur

Ça veut dire que vous allez censurer rapidement le gouvernement de François Bayrou ?

7:20
Laurent Jacobelli

Non, ça n'a pas de rapport avec cela, mais c'est plutôt en fonction du budget qui nous sera présenté. Mais vous voyez, Alix Bouillaguet, je suis ravi de répondre à votre invitation et d'être sur France Info Télévisions. Mais aujourd'hui, on aura parlé d'une perquisition et de procès. Vous voyez, on détourne l'attention des Français. C'est la politique judiciaire spectacle. On crée un feuilleton. On apprendra dans quelques mois qu'évidemment, il n'y a rien contre nous. C'est une évidence. Mais pendant ce temps-là, on n'aura pas parlé de l'essentiel, de la dette, de la sécurité, de l'immigration. Et si c'était ça l'objectif, finalement ?

7:48
Présentateur

Oui, mais ça veut dire qu'au bout d'un moment, on se dit « Tiens, ça, quand même, on s'affaire beaucoup. Le Parc européen a aussi annoncé avoir ouvert une enquête sur le groupe Identité et Démocratie. C'est le groupe auquel appartenait l'ERN avant 2024 pour diverses irrégularités financières. »

8:03
Laurent Jacobelli

Après avoir là aussi validé nos comptes. Une fois encore, il faudra qu'on se demande pourquoi tous ces organismes, lorsqu'ils ont nos comptes entre les mains, disent « Bravo, il n'y a rien à redire. » Et puis, quand on monte dans les sondages, je se dis « Tiens, finalement, on va aller jeter l'opprobre sur ce parti. » C'est toutes les semaines, Alex Bouyaiguet. Je le répète, il y a aujourd'hui un vrai problème, c'est vrai. Ce n'est pas le financement du Rassemblement National, c'est le maintien de la démocratie en France. Merci d'avoir regardé cette vidéo !

Laurent Jacobelli : "Il y a un glissement antidémocratique inquiétant !" (France info) — Laurent Jacobelli · Pourquijevote