Macron : rentrée en terrain miné #cdanslair Archives 2022
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Bonsoir à toutes et à tous, nous attendons vos questions, SMS, Internet et réseaux sociaux pour alimenter notre discussion. Pouvoir d'achat, crise écologique, crise énergétique, guerre en Ukraine, finances publiques dans le rouge, réforme des retraites, réforme de l'assurance chômage, tumulte à l'Assemblée. Bref, on ne peut pas dire que cette rentrée post-présidentielle s'ouvre sur des perspectives très réjouissantes avec des incertitudes économiques venues de la Chine qui ajoutent aux sombres prévisions.
Depuis hier, en tout cas, les poids lourds du gouvernement donnent de la voix, Bruno Le Maire, pour expliquer que l'État sera donc bien aux côtés des Français pour encaisser le choc de l'inflation. Gérald Darmanin, le ministre de l'Intérieur, pour dénoncer, ce sont ses mots, la minorité d'emmerdeurs et déployer un discours de fermeté. Emmanuel Macron présidera lui un Conseil des ministres après-demain et il a déjà annoncé la couleur en quelque sorte vendredi en appelant les Français à accepter de payer le prix de nos libertés et de nos valeurs face aux conséquences de la guerre en Ukraine. Macron, rentrer en terrain miné, c'est le titre de cette émission.
Avec nous pour en parler ce soir, Roland Quairol, vous êtes politologue, directeur du Centre d'études et d'analyse, le CETAN, vous êtes également directeur conseil de Région Magazine. Bruno Jeudy est avec nous ce soir, vous êtes journaliste et éditorialiste politique. Nathalie Saint-Cricq, vous êtes éditorialiste politique à France Télévisions, enfin Fanny Guinochet, vous êtes éditorialiste à France Info ainsi qu'à la Tribune. Vous êtes spécialiste des questions économiques et sociales. Dans votre chronique sur France Info ce matin, vous êtes revenu sur l'interview de Bruno Le Maire à Sud-Ouest hier et nous y reviendrons longuement. Bonsoir à tous les quatre.
Merci de participer à ce CETAN l'air en direct. On va commencer par la rentrée naturellement et puis par une polémique puisque ce gouvernement à peine rentré, Nathalie Saint-Cricq, doit encaisser l'affaire du quart de la prison de Fresnes avec un ministre qui se retrouve dans l'obligation de se justifier le garde des Sceaux. Est-ce que c'est plus qu'une polémique de la rentrée ? Est-ce que ça gêne vraiment ? Est-ce que c'est embarrassant pour le gouvernement ? C'est embarrassant et c'est surtout caricatural. Caricatural parce que la droite s'en est saisie et l'extrême droite en laissant entendre que les prisons c'était des colonies de vacances ou des centres ARS qui est largement excessifs.
Ça a été une journée, ça a été avec des prisonniers de courte peine et il a dû en avoir une dizaine qui ont participé. Donc l'idée n'est pas de dire que tous les violeurs, tous les cambrioleurs et tous les assassins de la terre sont en train de faire de la piscine. C'est une caricaturale parce que je trouve quand même qu'Éric Dupond-Moretti s'est un peu précipité pour dire que c'est choquant. C'est-à-dire pour ne pas laisser l'opinion être choquée mais l'accompagner alors qu'a priori tout avait été fait, un contrat avait été signé. Donc les choses étaient à peu près dans l'ordre. Il aurait dû être au courant, c'est ça que vous laissez entendre ?
Non, il était au courant du principe, peut-être pas de la modalité. Donc ce qui a choqué tout le monde c'est l'histoire du kart. Peut-être parce que dans l'inconscient collectif on voit des rodéos urbains et on se dit le kart, la vitesse. Il a tort, pardonnez-moi, c'est juste un mot là-dessus, Nathalie Saint-Cré, je vous laisse la parole. Mais on a entendu l'opposition, vous les avez citées rapidement, dire que ça a choqué les Français. Est-ce que vous pensez que ça a choqué les Français ? On n'est pas forcément là quand on est un dirigeant pour suivre le choc des Français.
On peut aussi expliquer que, effectivement, c'est une mesure qui n'était peut-être pas exactement opportune dans sa forme mais qu'en période de canicule, en période de surpopulation carcérale, 1900 places à Fresnes, 1400 places, 1900 détenus, voilà, les choses ont peut-être fait et que ça ne doit pas ruiner ni le débat sur les conditions pénitentiaires parce que c'est vrai que les syndicats de surveillance ont dit, quand on voit qu'il y a des rats, qu'on voit tout ça, ce n'est pas le sujet. Donc, un, ça ruine ça, deux, ça ruine la vraie question sur la réinsertion.
Parce que, manifestement, au lieu de se dire, alors, on peut répondre aussi si on leur faisait faire de la chorale ou si on voulait leur faire du bibliobus, les gens auraient dit c'est formidable. Bon, disons que ça doit être encadré et probablement la propagande ou la publicité qui a été faite sur les réseaux sociaux mérite une explication un jour dans l'année et non pas des vacances payées par l'État parce qu'accessoirement, ça ne nous a rien coûté. Bruno Jeudy, est-ce qu'on est confronté à un garde des Sceaux qui est fragilisé par ce dossier ? Il dit, la lutte contre la récidive passe par la réinsertion, pas par le karting.
Il s'est peut-être mis en difficulté en réagissant très, très, très, très vite.
Ce qui est certain, c'est que ce n'est pas audible. Les images sont des images récréatives comme ça à l'intérieur d'une prison. Ce n'est pas audible dans le contexte de l'été où, en plus, il y a eu la polémique sur les rodéos, les faits divers à répétition et les Français, aujourd'hui, n'acceptent pas, dans un contexte aussi de difficulté du gouvernement, sur la question de sécurité, plus globalement. Ce qui est certain, c'est que ça risque de ruiner aussi tous les efforts qui sont faits en matière d'insertion. Il faut quand même savoir qu'Éric Dupond-Moretti a longtemps été qualifié de ministre des prisonniers. Il avait commencé son magistère place Vendôme en allant visiter une prison.
Il a fait un certain nombre de choses très importantes, justement, sur la question du travail en prison. Il explique clairement que lui, il n'était pas au courant du CART et qu'évidemment, s'il avait su... C'est une faute de ne pas avoir été au courant ? Une faute de ne pas avoir été au courant. Il n'est pas au courant de tout. Le directeur de l'administration pénitentiaire ne l'était pas lui non plus, visiblement. Il y a eu un dysfonctionnement, un couac dans les services. Une fois passé cela, est-ce que c'est plus grave que cela ? Est-ce que c'est une polémique de rentrée avec une opposition qui est chauffée à blanc et qui fait feu de tout bois ?
Ou est-ce que cela raconte un petit quelque chose, à votre avis, Bruno Jeudy ? Non, moi je pense que cela s'ajoute plutôt à un contexte où les Français ne font pas confiance à Emmanuel Macron sur la question de la sécurité. C'est une question globale sur les sécurités. Et donc ça le met en difficulté sur ce terrain-là, même si là on est sur la politique carcérale, les difficultés de l'administration pénitentiaire, dont il faut rappeler quand même que les moyens ont été renforcés. Donc ça met en difficulté un ministre qui a des moyens pour mener une politique, comme il n'y en a jamais eu, et qui se trouve, j'allais dire, pris à revers.
Et donc fatalement, j'allais dire, avant la rentrée, s'il n'y avait pas trop d'actualité, ça devient un sujet momentané sur lequel, évidemment, le Rassemblement national, on a vu Marine Le Pen et d'autres réagir, surréagir tout de suite sur ce sujet-là, s'en emparer. Et vous parliez du bilan sur la sécurité, ce sondage IFOP pour 75% des Français, le bilan du gouvernement en un tiers de lutte contre l'insécurité est mauvais. Roland Quairol, votre regard sur cette polémique de rentrée, on va l'appeler comme ça, on va parler d'autre chose ce soir, je vous rassure, mais c'était juste pour avoir votre sentiment.
Oui, je suis d'accord avec ce qui a été dit. Au fond, l'affaire elle-même, ce n'est pas grand-chose. Il y a beaucoup dans des prisons françaises d'activités récréatives ou culturelles, et c'est normal dans le cadre de la réinsertion, dans le cadre de l'amélioration des rapports aussi entre les détenus et les gardiens de prison, c'est très important qu'il y ait des activités dans la prison. Là, il semble que ce soit le mot « karting » qui ait énervé tout le monde, parce que là, ce n'est plus du sport, ça doit être de l'amusement forain. Bon, de ce point de vue, c'est désolant, et c'est surtout désolant, parce que ça va empêcher de parler sérieusement des prisons.
Et c'est ça que je trouve absolument navrant, parce que nous avons quand même été condamnés au moins deux fois par la Commission européenne des droits de l'homme, que nous savons que nos prisons sont surpeuplées, pas hygiéniques, dans un État souvent lamentable, mais maintenant, ça va donner l'image du « kart » et de la prison 5 étoiles, ce qu'elles ne sont pas, qu'il faut quand même rappeler. Et puis, c'est Dupond-Moretti pour qui ce n'est pas bon. Parce que ? Est-ce que cette affaire aurait dégénéré à ce point en polémique sans lui ? À votre avis ? Ben non. Pourquoi ?
Parce que c'est lui qui vient dire, alors que tout ça était en train de se calmer, « Au fait, qu'est-ce que c'est que tout ça ? Ça ne va pas, j'étais pas au courant. » Quand on est un ministre, on est responsable de son administration. Si on ne le sait pas, on ne vient pas dire « je ne savais pas », ou alors, on vire les responsables. Et une fois qu'on les a virés, on dit « moi, je ne savais pas, c'est pas bien, on l'a viré, tout désormais ira mieux. » Mais cette espèce d'entre-deux, on garde les gens, on ne sait pas. Et on commande une enquête. Et on commande une enquête. Et on commande une enquête. Franchement, ça ne va pas, ça ne va pas.
Il faut aller plus vite, plus fort, dans le sens de la vérité. Et tout le monde a eu le sentiment qu'on l'a alors caché.
Un mot sur les sondages. Emmanuel Macron, début de ce quinquennat minoritaire, dans toutes les catégories de la population, avec une Elisabeth Borne qui a plutôt le vent en poupe, dans les enquêtes d'opinion en tout cas. Il y a une curiosité autour de la Première ministre. Si près d'une élection, avec un climat, je le décrivais en débutant cette émission, on va revenir ce soir sur tous les dossiers qui sont posés à la fois sur le bureau du Président et de la Première ministre, un climat de tension politique, un climat de tension économique, climatique, et un duo de l'exécutif qui est déjà dans le chaudron. – Oui, alors pour Emmanuel Macron…
– Alors ce n'est peut-être pas inhabituel, après une élection présidentielle, mais enfin… – Alors pour Emmanuel Macron, j'allais dire, c'est neutre et ce n'est pas très grave. Neutre parce que quasiment sa cote de popularité d'aujourd'hui, c'est celle qu'il avait avant son élection, ça a très peu bouché, pas d'état de grâce. Et j'allais dire, c'est presque normal qu'il n'y ait pas d'état de grâce compte tenu des conditions de sa réélection. Et au fond, la question de la popularité ne sera plus aussi importante pour Emmanuel Macron. Je rappelle qu'il ne peut pas se représenter. Donc à la limite, il est libéré un peu de tout ça. – Ce n'est plus un sujet pour lui ?
– Je ne sais pas si ce n'est plus un sujet, mais en tous les cas, ce n'est plus le sujet central pour lui. Au fond, aujourd'hui, c'est qu'est-ce qu'il laissera comme trace, qu'est-ce qu'il va faire de son deuxième mandat, quels sont les grands objectifs qu'il veut mener. Et c'est un peu ça qui manque aujourd'hui. Et c'est peut-être ça qui fait que dans l'opinion, aujourd'hui, le regard des Français, ceux qui ont voté pour lui, ceux qui sont favorables, sont toujours pour lui. Et les autres, au fond, ce n'est plus leur problème. Ce qui est plus intéressant, c'est ce qui se passe avec Elisabeth Borne. Je trouve qu'il y a de la bienveillance. Elle a plutôt passé un été, finalement, pas si mal.
Il faut se souvenir qu'avant l'été, ici même, on se demandait si elle allait passer l'été. Eh bien oui, elle passe l'été, Elisabeth Borne. Elle n'a pas fait de faute ? Avec son style, sans faute, beaucoup de sobriété. Peut-être que ce n'est pas une personnalité tonitruante, qui fait le Tour de France, comme avaient pu le faire d'autres avant elle. Mais elle installe quelque chose qui fait que, je trouve qu'en tous les cas, elle ne rend pas plus difficile la tâche de cet exécutif. Pour rappeler qu'ils n'ont pas de majorité absolue à l'Assemblée nationale.
Et pour l'instant, elle a plutôt posé, j'allais dire, des signaux vers l'opinion qui lui permettent de conserver une certaine bienveillance ou prudence. En tous les cas, on la regarde, elle n'est pas condamnée aujourd'hui à la sortie d'été. Ce qui est quand même pas mal avant un automne, qui forcément va être compliqué. Il n'y a pas eu de sortie de route pendant ces vacances. Ça peut être dangereux, les vacances. Il peut y avoir des images, des polémiques mal gérées. Il n'y a pas eu de sortie de route. Elle a transformé ses handicaps en qualité. C'est-à-dire qu'elle les a habillées. On la disait pas drôle. On la disait austère. On la disait vraiment pas olé olé.
Elle nous a distillé quelques images, ce qu'elle aimait, qu'elle aimait, comment dire, Juliette Armanet. On a eu une chanson qu'elle mangeait des smoothies. Des smoothies, non pas qu'elle mangeait des graines, comme aurait dit Emmanuel Macron. Un certain nombre de choses. Et puis, elle a vendu son sérieux. C'est-à-dire, en gros, OK, je suis comme ça. Peut-être que vous ne partiriez pas en vacances avec moi. Mais moi, je bosse, je travaille. Et puis, je fais des petites blagues. C'est-à-dire, y compris la séance tournée quand elle allait de Matignon à l'Assemblée, où elle disait, ils n'ont pas d'autres questions. Les journalistes que les questions.
Tout ça, avec une espèce de côté pince sans rire, elle a réussi à retourner l'image. Et finalement, elle travaille. Et qu'est-ce que les Français lui demandent d'autre ? De travail. Oui, parce que, Fanny Guinochet, on va entrer dans le dur des sujets qui attendent le gouvernement. Les smoothies, ça ne va peut-être pas faire oublier les attentes des Français sur le pouvoir d'achat, notamment. Mais aussi sur la gestion de la crise climatique, dont on va beaucoup parler ce soir. Effectivement. Et Elisabeth Borne, elle prend son temps. C'est quelqu'un qui... Mais déjà, c'était le cas au ministère du Travail. Elle prend le temps d'aller dans les dossiers.
Elle a bien laissé gérer, justement, sur les polémiques, ses différents ministres. Gérald Darmanin l'a beaucoup entendu cet été. Là, c'est Dupond-Moréty qui monte en première ligne. Sur un certain nombre de dossiers, elle fait très attention. Elle est extrêmement prudente, extrêmement vigilante. On va voir comment va se passer la rentrée. Pour l'instant, son cabinet dit qu'elle est à pied d'œuvre sur tout un tas de sujets très techniques. Et c'est vrai que son côté ingénieur va certainement lui servir.
Maintenant, elle a juste distillé quelques messages plus côté gauche, c'est-à-dire plutôt l'Elisabeth Borne plus sociale, justement sur le pouvoir d'achat, sur l'attention que le gouvernement peut avoir pour les familles les plus modestes, les enfants, les mères célibataires. Et elle joue là-dessus. Et c'est vrai que les oppositions, est-ce que c'est parce que c'est une femme et qu'il n'y a pas eu tant de femmes premières ministres que sont plutôt bienveillantes ? Il n'y a pas eu d'attaque ad nominem, de personnalité, comme on a pu le voir certaines fois vis-à-vis d'un homme. Par ailleurs, quand on fait la comparaison, au début, Edouard Philippe n'était pas non plus hyper connu.
Il a gagné en popularité, en séduction, etc. Et Jean Castex non plus. Et à la fin, il a été regretté par les Français. Donc on parlait d'Isabelle Born, mais le président de la République a pris la parole aujourd'hui. Il a mis en garde les Français en cette fin d'été, les appelant, je le disais tout à l'heure, à accepter de payer le prix de notre liberté. Ce sont les mots qu'il a utilisés. Il a même évoqué la force d'âme nécessaire dans ce contexte incertain. Bref, le chef de l'État a choisi la gravité en cette rentrée. Une posture, selon les oppositions, qui lui reprochent déjà de faire de l'Ukraine et de la situation internationale un alibi. Magali Lacroze et Christophe Roquet.
En politique, la fin des vacances, c'est quand les ennuis commencent. Illustration ce week-end dans la cour de la prison de Fresnes. Des épreuves et des jeux entre prisonniers et surveillants dans une ambiance très très détendue. À peine diffusée sur Internet, l'émission fait polémique.
Incapable de contrôler ces prisons, comment ce gouvernement pourrait-il assurer la protection des Français ? Il est urgent que nous remettions la France en ordre.
Le garde des Sceaux, lui, se dit choqué, même si son propre ministère avait donné tous les accords pour le tournage de l'émission.
Après les images choquantes de la prison de Fresnes, j'ai immédiatement ordonné une enquête
pour que toute la lumière soit faite. La lutte contre la récidive passe par la réinsertion, mais certainement pas par le karting. Fausse note, la gauche s'empresse elle aussi de critiquer.
Si Éric Dupond-Moretti est choqué, il devrait être choqué de l'état des prisons en France. Il devrait être choqué du fait que, malgré une condamnation en 2020 par la Cour européenne des droits de l'homme pour la surpopulation carcérale dans notre pays, rien n'a été fait pour résoudre ces difficultés. Et je crois que le garde des Sceaux, il ferait mieux de s'attaquer à ces difficultés-là plutôt que de sauter à la corde des polémiques initiées par l'extrême droite.
Premier couac, alors que le gouvernement veut se montrer au travail. Ça tombe bien, Gérald Darmanin dans les Outre-mer boucle un bilan estival très médiatique. Hyperactivité affichée, remarquée, critiquée. Le ministre de l'Intérieur prépare son dossier de la rentrée. Depuis Mayotte hier, quelques annonces sur l'immigration.
J'aurai l'occasion en septembre d'échanger avec toutes les forces politiques du pays pour notamment suspendre le droit du sol tel qu'il existe ici à Mayotte. Les moyens technologiques et humains ne pourront pas tout tant qu'on aura encore cette législation qui permet aux gens de venir ici et très rapidement ne pas être exclus de l'île de Mayotte.
Bruno Le Maire anticipe lui aussi sa rentrée. Dans le journal Sud-Ouest, petit récapitulatif de tout ce qui a été fait pour soulager le porte-monnaie des Français, au cas où il l'aurait oublié. « Nous avons gelé le prix du gaz, plafonné le prix de l'électricité. Sans ces mesures, les factures des Français auraient augmenté de 35 à 50 %. » À Emmanuel Macron, le ton grave est l'appel solennel aux Français. Vendredi dernier dans le Var, alors qu'il évoque la guerre en Ukraine, l'annonce de prochaines heures sombres.
« Je pense à notre peuple, auquel il faudra de la force d'âme pour regarder en face le temps qui vient, résister aux incertitudes, parfois aux facilités et à l'adversité,
et unis, accepter de payer le prix de notre liberté et de nos valeurs. »
À droite, ont faim de ne pas comprendre le propos pour mieux le dénoncer. « Ces propos sont extraordinairement inquiétants, anxiogènes. Qu'est-ce qu'ils cachent, qu'est-ce qu'ils dissimulent ? Le président de la République doit s'expliquer. Est-ce que c'est sur le terrain militaire qu'il y aura un engagement plus fort ? Est-ce que c'est sur le plan économique ? Et là, quelque part, est-ce que le président de la République ne veut pas mettre sous la responsabilité du conflit ses fautes intérieures ? »
À l'Élysée, une nouvelle saison commence officiellement mercredi. Premier conseil des ministres et une rentrée sur tous les fronts. Sécurité, écologie, pouvoir d'achat. Une rentrée en terrain miné. Une question d'Alice dans l'Aude. Macron dit que nous allons devoir payer le prix de la liberté. Il en dit trop ou pas assez. Que faut-il comprendre ? Elle est un peu inquiétante, cette phrase.
Elle est inquiétante, mais au fond, c'est sans doute le rôle d'un président de la République de mettre son opinion au courant de ce qui est en train de se passer. Et ce qui est en train de se passer, c'est qu'il va y avoir une guerre plus longue que tout ce que les Français imaginaient en Ukraine. Et que la possibilité que cette guerre déborde d'une guerre russo-ukrainienne pour nous concerner plus directement les uns et les autres, elle est sur la table. C'est une des possibilités. Il est donc normal qu'ils le disent.
Ce qui est évidemment embêtant, c'est qu'ils préviennent les Français qu'ils doivent être éventuellement prêts à payer le prix de leur liberté, alors que les Français, pour le moment, ils n'ont pas le sentiment d'avoir fait un choix. Ce n'est pas eux qui ont mis en branle des mouvements tels que leur liberté soit en cause. Et donc, c'est un peu à double tranchant. Il a raison de leur parler sérieusement. Est-ce qu'il ne va pas un peu trop loin dans les phrases qu'il leur dit ? Peut-être un petit peu.
– La force d'âme nécessaire dans ce contexte incertain. Soyez courageux, c'est du sang et des larmes.
– Je trouve que d'un coup, c'est beaucoup.
– Oui, oui. Fanny Guinochet, votre sentiment. Quand on regarde la situation et les projections économiques et ce qui vient, je disais tout à l'heure, ce n'est pas très réjouissant. Est-ce que c'est ça qu'il a à l'esprit ? – Certainement, c'est ce qu'il a à l'esprit. Effectivement, on est quand même soumis à des importations de gaz. Du côté des matières premières, le conflit entre l'Ukraine et la Russie a des incidences très fortes qu'on va certainement mesurer cet hiver. Tout à l'heure, vous receviez Thierry Breton qui disait « Ok, pour l'hiver prochain, on a rempli les caisses de gaz, les cuves de gaz à 80 %, mais on tiendra 2-3 mois, mais c'est si l'hiver n'est pas trop rigoureux.
» Et par ailleurs, du côté de l'électricité, c'est compliqué. Du côté de l'ensemble, de l'unité, de la cohérence européenne sur cette question énergétique, ça risque de se fragiliser. Donc effectivement, l'hiver qui nous arrive, la rentrée, elle risque d'être difficile. Moi, ce qui me marque surtout, c'est les propos d'Emmanuel Macron, plutôt graves, et de l'autre côté, Bruno Le Maire, assez optimiste finalement, qui nous dit « On est au pic de l'inflation. » – Sous-entendu, c'est bientôt fini. – Sous-entendu, c'est bientôt fini. Il y aura une décrue des prix.
Alors certes, il peut y avoir une décrue des prix, mais s'il y a une décrue des prix, c'est aussi parce qu'il risque d'y avoir une récession, parce que la Chine ralentit, parce qu'on va moins consommer. Donc l'inflation est un fléau, mais une récession, ça risque d'occasionner des pertes d'emploi. Enfin, il y a d'autres difficultés qui sont guère plus réjouissantes. Mais c'est vrai que Bruno Le Maire fait cette rentrée de façon optimiste, en disant « On a tout fait, nous, en France, on protège les Français au niveau économique.
On a mis beaucoup de mesures sur la table pour protéger le pouvoir d'achat, ce qui est vrai, le bouclier tarifaire, la prime, la remise sur le litre de carburant qui va être augmenté dès la semaine prochaine et qui passe à 30 centimes d'euro contre les 18 centimes aujourd'hui. Et finalement, faites-le de rond, ça va passer. Ça va passer. Et au niveau des finances publiques, il n'y a pas d'urgence, puisque la priorité, c'est d'accompagner le choc de l'inflation pour les Français. Avec cette phrase qu'il a eue, « Il faut soulager le porte-monnaie des Français ». Tout le monde le comprend. Effectivement. Et dans cette interview, il n'y a pas un mot sur comment on finance.
Si ce n'est, grosso modo, on aura l'occasion d'en parler, plusieurs réformes qui ne sont pas toutes, dans l'opinion, très attendues favorablement, on va le dire comme ça, la réforme des retraites et puis la réforme de l'assurance chômage. Mais c'est vrai que la question aujourd'hui des finances publiques, comment on paye, où on trouve l'argent, comment on finance ces mesures pour alléger, pour aider les Français face à l'inflation, elle va certainement venir dans le débat, parce que je vous rappelle qu'à la rentrée, il y a un événement important budgétaire, c'est on décide, c'est le projet de loi de finances et ça sera donc à l'automne. Et là, il y aura un débat au Parlement.
Et comme Bruno Jeudy le rappelait tout à l'heure, il n'y a pas de majorité, le gouvernement n'a pas de majorité absolue, il y a une majorité relative, donc ça risque d'être un exercice assez compliqué. En tout cas, ce que je retiens de ce que vous venez de nous expliquer, c'est la différence de tonalité. Votre avis là-dessus, Nathalie Saint-Cricq, différence de tonalité entre un président très grave qui nous dit du sang et des larmes, il va falloir être soudé parce que ça ne va pas être simple, je résume, et d'un autre côté, un Bruno Le Maire qui nous dit on est là, n'ayez pas peur, l'État est à vos côtés et de toute façon, c'est bientôt fini. Il faut comprendre quoi ?
Il faut comprendre qu'il y a une forme d'incohérence, qu'il y a une forme de politisation des choses. Bruno Le Maire, c'est un secret pour ces personnes comme Gérald Darmanin joue leur carte, donc veulent apparaître, Bruno Le Maire est apparu comme le quoi qu'il en coûte, celui qui assure, il emploie des termes assez populaires comme le porte-monnaie, en disant ce qu'il compte c'est ce qu'il y a dans la poche des Français. Voilà, après, les Français sont fondés, comme le disait Roland tout à l'heure, à ne pas comprendre qu'on leur demande des efforts.
Moi, je trouve ça assez logique qu'Emmanuel Macron prépare les gens à une forme de sobriété, on en parlera peut-être tout à l'heure, pas de décroissance, mais qui est de dire en gros si c'est 2 degrés de moins dans l'appartement, si vous devez éteindre la lumière et pas faire des feux d'artifice chez vous, si on ferme les devantures comme ça, va être le cas, si on a l'éclairage public et dans toutes les administrations, que les gens se préparent à ça, surtout parce qu'ils considèrent quand même, j'ai cru comprendre une certaine évolution dans son discours, parce qu'on est passé des gaulois réfractaires à l'idée qu'ils considèrent que les Français sont un peu des râleurs qui ne sont jamais contents et qui en gros n'acceptent rien.
Donc, qu'ils nous préparent, ça n'est pas totalement logique, mais il faut que derrière, on nous explique ce que ça va donner parce que le discours de Churchillien, c'est très bien, mais on savait exactement les circonstances. Là, il y a la guerre, il y a l'écologie, il faudrait que ce soit un peu plus cohérent. Donc, probablement, Kelly-Bazabeth Borne, expliquant la suite, comme elle va le faire bientôt, nous donnera les modalités, mais on ne peut pas savoir si on est au pic, si ça ne va pas être pire, si la ristourne va durer tant de temps ou si finalement, on va la faire durer plus longtemps. Je parle de la ristourne sur l'essence. On entend tout et un peu n'importe quoi.
Elle est singulière, cette rentrée, Nathalie Saint-Crépé ? Elle est singulière parce que… Je pense que, de mémoire de journalistes politiques, dire qu'une rentrée n'est pas sous tension, ça n'arrive jamais. On entend tout le temps. Jamais on commence une émission en disant que cette rentrée est détendue et ça va bien se passer. On a systématiquement… Qu'est-ce qu'il y a de singulier ? Je vais répéter ce que mes camarades ont dit, c'est-à-dire qu'il n'y a pas de majorité. Il n'y a pas de majorité et il y a des envies, des ambitions. Vous avez la NUPS finalement qui considère qu'elle a fait un super coup, ce qui n'est pas faux.
C'est-à-dire que tout le monde se situe par rapport à la NUPS, du genre « non, on ne veut pas être dans une liste urbaine » et qui a décidé avec sa caravane de mettre le paquet à la rentrée. Vous avez les LR qui veulent émerger. Vous avez le Rassemblement national qui dit « c'est peut-être beau pour la prochaine fois ». Macron qui est déjà dans l'après-Macron. Donc avec des personnalités qui se projettent, qui veulent exister, à droite comme à gauche. Donc c'est effectivement, vous avez une forme de cohabitation entre Macron et le reste du monde.
Et quand vous dites « le reste du monde » à cette liste que vous venez de faire sur les incertitudes politiques, on peut ajouter les incertitudes internationales, économiques. Absolument. Et il le sait très bien. Effectivement, il y a quand même un fait, c'est qu'on a 6% d'inflation, un peu plus en France. Ce sont les derniers chiffres du mois de juillet. On n'a pas connu ça depuis les années 80. Et ça, c'est un fait quotidien que les Français mesurent chaque jour. Malgré les mesures mises en place par le gouvernement, on a une inflation très haine. Avec un risque de récession. Avec un risque de récession derrière.
C'est vrai que par rapport aux autres pays européens, on est nettement plus bas. Mais n'empêche que les Français aujourd'hui, leur priorité numéro un, ça peut être la sécurité, mais c'est essentiellement comment on va tenir le budget, comment on va se chauffer cet hiver, comment on remplit le caddie, parce que les prix actuellement flambent. Il va falloir rassurer les Français et puis il va falloir aussi leur défendre une nouvelle méthode. Vous nous faites les gros yeux, mais il va falloir parler du CNR. Est-ce que le 8 septembre, le président et le gouvernement vont défendre cette nouvelle méthode ?
On se souvient de l'idée d'une rénovation, d'une refondation du débat public pour éviter les tensions, les crispations avec des réformes, vous l'avez dit, qui vont venir, qui vont être assez éruptives. À n'en pas douter, que ce soit la réforme des retraites ou de l'assurance chômage. Le gouvernement, le duo de l'exécutif compte sur cette nouvelle méthode pour faire baisser ce niveau de tension qu'on vient de décrire ou pas ? Surtout le président de la République. Alors il tient à cette idée, c'est lui qui nous a sorti ça de son chapeau. Il devait mettre en place ce Conseil national de la refondation, puisque pas le CNR de l'après-guerre mondiale.
Enfin, il a repris la chronique, mais il l'a remis à sa sauce. Donc le fameux CNR qui devait se réunir, qui devait être installé juste après les législatives. Et après, ces législatives a raté. Ça a été reporté, s'inédié, après l'été. Donc ça arrivera le 8 septembre à la rentrée. C'est l'occasion pour le président de poser ces grands chantiers de son quinquennat. L'école, la santé, les services publics, il veut commencer par ça. Mais globalement, il veut installer ces grandes idées pour que ça passe par le filtre de ce CNR dont on ne sait pas encore exactement qui en sera. Il y aura les représentants des forces politiques, les représentants des partenaires sociaux.
– Certains ont dit non, ça sera sans nous. – Certains ont déjà dit non. Le Rassemblement national, les Républicains ont dit non. Donc on voit que cette idée est très contestée, qu'on suscite la controverse, y compris dans les rangs d'une partie des marcheurs qui disent « bon, il nous a déjà fait le coup avec le grand débat, si c'est pour que ça débouche pareil avec le Conseil national de la refondation ». Donc tout ça est lancé dans un grand scepticisme. Après, Emmanuel Macron, il a ses idées derrière sa tête.
Il sait qu'il veut déverrouiller un certain nombre de grandes questions de la société française, l'école, parce qu'on voit bien qu'on tourne en rond autour de comment faire évoluer notre système éducation nationale, les services publics. Il y a eu je ne sais combien de rapports autour de la réforme de l'État. Mais bon, il voudrait que ça avance de manière peut-être autrement que par le filtre des rapports parlementaires. Pour l'instant, ça suscite plus de scepticisme que d'enthousiasme. Mais il veut passer par ça. Aussi, c'est un moyen de calmer les choses. Par exemple, on a vu que sur la question de l'immigration, le ministre était très allant.
Il voulait lancer son projet de loi dès la rentrée. Parlons de cette interview dans le JDD de Gérald Darmanin, qui veut réformer le droit du sol à Mayotte, qui a eu cette phrase en disant qu'en gros, c'est une minorité d'emmerdeurs qui pose un problème. Il a fait une interview fleuve sur le sujet immigration, sécurité, qui n'était pas forcément à l'agenda. En tout cas, on imaginait que ce serait plus une rentrée pouvoir d'achat. Pourquoi ? C'est aussi une priorité ? D'abord, oui, c'est une priorité. Mais ce n'est pas la première des priorités, puisque là, c'est quand même le pouvoir d'achat. Et Elisabeth Borne veut plutôt aussi aller sur la transition écolo.
Je pense que, c'est ce que disait Nathalie, chacun a aussi un peu son agenda. En l'occurrence, le milieu intérieur a aussi un peu son agenda. C'est un peu tôt quand même, non ? Oui, alors il y a quand même sa loi sur la sécurité d'orientation, sur la sécurité intérieure, qui vient au Conseil des ministres à la mi-septembre, qui sera discutée au Parlement à l'automne, avec la difficulté aussi que toutes ces grandes lois, ces grandes lois d'orientation de début de mandat, d'habitude, ça faisait l'objet de textes, ensuite, ça allait à l'Assemblée, c'était voté parce qu'il y avait une majorité. Là, il n'y a pas de majorité.
Donc un grand texte comme ça, qu'est-ce qu'il en reste une fois qu'il est sorti de la moulinette du compromis à l'Assemblée ? Personne ne le sait. Donc c'est sans doute beaucoup de communication. Il faudra voir ce qu'il en reste en termes d'action. Alors le ministre, effectivement, il a essayé de mettre tout de suite des actes en allant à Mayotte, où la question du droit du sol est importante. Et Mayotte, c'est à peu près deux tiers des reconduites à la frontière. Mais ce sera un peu court quand même. Il va falloir être beaucoup plus précis dans ce qu'il veut faire en matière de sécurité et d'immigration. – Roland Quairol, est-ce qu'il y a un cap ?
Je vais vous soumettre cette phrase de Sylvain Fort. Je ne sais pas si vous vous souvenez de Sylvain Fort, c'était l'ancien plume d'Emmanuel Macron et dans le monde il dit. C'est un peu long, pardon, mais ça vaut le coup. Ce quinquennat avance au gré d'une gestion de crise permanence. Cette prudence manifeste la conscience que font peser la menace d'une crise exogène qui fragilise le national. En clair, il donne le sentiment de gérer des urgences, ce gouvernement. Est-ce que c'est le cas et est-ce qu'il peut faire autrement ?
– Je suis entièrement d'accord avec Sylvain Fort. Je pense en effet que pour le moment, Macron ne peut pas faire autrement. Mais je pense qu'il est contraint progressivement de dessiner un cap. Que ce n'est pas possible de gouverner sans qu'on ait une idée de ce vers quoi on nous emmène. Alors, il aurait eu une majorité absolue, sans doute. On aurait eu un discours de politique générale de la nouvelle première ministre qui aurait défini le cap sous les indications du président. Là, on a eu un très bon texte, mais qui n'était pas un vrai cap pour les 5 ou 10 prochaines années. Donc, je pense que Fort a raison. Il faut que Macron le fasse. Mais il ne peut pas pour le moment.
Pour le moment, il est coincé par les urgences. Est-ce qu'il le fera après ? Je n'en sais rien. Sur les urgences, on voit qu'il y a débat. L'histoire de l'immigration, ça n'est une priorité dans le gouvernement que pour Darmanin. Parce qu'après sa loi sécurité en septembre, il y avait prévu en octobre une discussion sur sa loi immigration qui revenait quand même sur des principes généraux du droit français. Ce n'était pas n'importe quoi. Et si j'ai bien compris, la première ministre lui a tapé sur les doigts en lui disant « Tu remplaces ça par un simple débat. La loi, on verra à la fin de l'année. » Bon, là, tout le monde n'a pas les mêmes priorités.
Et on voit très bien que Darmanin, qui est la cheville ouvrière de la droite gouvernementale, veut envoyer des messages aux gens qui sont comme lui, chez les Républicains, voire ailleurs. La deuxième chose, c'est le conseil de la rénovation, de la refondation. Bon, moi, je pense que pour le moment, c'est un gadget mystérieux, on verra bien, mais qu'il y a une espèce de loi quand même, qui est que dans une démocratie, plus on cause, plus on permet aux gens de causer, et plus les médias acceptent le jeu.
– Ça, c'est la méthode qui est rôle, causée.
– Oui, et mieux ça marche. Ça dissout toujours un peu un certain nombre de crispations. Donc, moi, je pense que c'est ça l'objet. Ça ne va pas en soi révolutionner tout, surtout que c'est maintenant restreint à la santé et à l'éducation. Ça ne part pas sur des sujets les plus brûlants, importants, bien sûr. Donc, voilà, je crois que ça fait pour ça. Et puis, la troisième, c'est qu'ils ne vont pas oublier la politique. Ce n'est pas un hasard, à mon avis, s'ils ont fait fuiter l'idée que sur le budget, 49.3. Vous savez ce que c'est le 49.3, je le dis pour ceux qui nous écoutent, c'est, voilà le texte, tel qu'il est comme ça, avec les amendements que j'accepte, etc. Vous votez le texte.
Non, vous votez pas le texte. Si vous n'êtes pas d'accord avec le texte, vous me renversez en même temps comme gouvernant. Si vous ne me renversez pas, c'est que vous acceptez mon texte. Ça, je me dis, ce n'est pas impossible de faire voter par cette assemblée-là un budget comme ça. renverser le gouvernement sur son budget alors qu'on voit bien qu'il y a des convergences qui existent pas mal, notamment avec les Républicains, parfois avec le groupe Liott, Territoires, Progrès, etc. Ben, voilà, à mon avis, ça peut marcher, quoi. Pareil pour la loi sur l'assurance chômage. L'opinion publique, elle n'est pas très hostile à cette loi.
Plus sur les retraites, elle est plus hostile sur la forme de retraite.
Parce qu'on ne sait pas ce qu'il y aura dedans. Donc, moi, je pense que K1, K1, l'ensemble de ce dispositif permet d'attendre le cap et permet de gérer le trimestre.
Et si le cap, c'était l'écologie, l'environnement, on va en parler. Incendie, monstre, canicule, épisode climatique exceptionnel, cet été a marqué peut-être en tournant une démonstration, en tout cas grandeur nature, des conséquences du réchauffement climatique avec l'urgence pour l'équipe d'Elisabeth Borne d'apporter maintenant des réponses et un calendrier. La première est symbolique. Elle est venue du ministre des Transports, Clément Bonne, l'Asselo Gélabert, Thibault Grosse et Marion Devauchel. Le temps d'un été, ils sont devenus le symbole d'un gaspillage énergétique démesuré.
Les jets privés de grandes fortunes, désormais traqués sur les réseaux sociaux par des internautes, comme sur ce compte Twitter suivi par plus de 60 000 personnes et qui publie les périples des avions de Bernard Arnault, Martin Bouygues ou encore Vincent Bolloré. Petit dimanche à la mer pour l'avion de Vincent Bolloré si seulement le TGV Paris-Marseille existait. Le 8 août dernier, ce même avion a réalisé pas moins de 5 vols dans la même journée au prix d'un lourd bilan carbone. L'opinion publique fait pression, le gouvernement répond. Le ministre des Transports s'empare alors de ce dossier brûlant.
Parmi les pistes envisagées, obliger les entreprises propriétaires de jets à rendre public leurs déplacements.
Je pense qu'on doit agir et réguler les vols en jets privés. Cela devient le symbole d'un effort à deux vitesses.
Un effort à deux vitesses alors qu'en juillet dernier, Emmanuel Macron sonnait la mobilisation générale pour économiser de l'énergie. On va construire un plan, on va d'abord essayer de faire attention collectivement le soir aux éclairages quand ils sont inutiles, en effet, aux éléments sur l'utilisation de notre électricité. Et donc, on va faire un plan pour les administrations publiques, on va faire un plan de sobriété dans lesquelles on va demander à tous nos compatriotes de s'engager. Appelé à la sobriété énergétique à l'heure où le dérèglement climatique a percuté l'été de tous les Français.
Incendies monstres en Gironde, plus de 20 000 hectares ravagés par les flammes, des pompiers mobilisés jour et nuit et des milliers et des milliers de vacanciers évacués.
En attendant, c'est pénible quand même, c'est dur d'attendre sous la chaleur et on ne sait pas comment ça va se terminer.
Les canicules sont intenses, la sécheresse historique et en Corse, les orages d'une violence exceptionnelle.
On a fait le tour du camping en voiture, on ne savait même pas où on allait, c'était les arbres en plein milieu. L'île est endeuillée, le bilan s'élève à 5 morts. Autant de catastrophes
qui doivent servir d'électrochoc pour Yannick Jadot. Cet été doit être notre Pearl Harbor, ce choc qui nous fait sortir du déni et sonne la mobilisation de toutes les forces de la société. Dans une telle situation d'urgence, le gouvernement en fait-il assez pour inciter les ultra-riches à réduire leur empreinte carbone. Julien Bayou veut aller plus loin. Le député écologiste souhaite tout simplement
bannir l'utilisation des jets privés. Ce n'est pas d'encadrement ou de taxes dont on a besoin, c'est d'une interdiction. Les propriétaires de ces jets ont un patrimoine d'un milliard d'euros en moyenne. Vous pouvez leur mettre 15 000 euros d'amende ou de taxation. Pour vous et moi, c'est immense, c'est énorme. Pour eux, c'est de l'argent de poche. L'enjeu, c'est l'interdiction. Rendez-vous compte que quand l'air est trop pollué, il y a des centaines de milliers de véhicules qui sont interdits de circuler. Pendant ce temps-là, les jets peuvent encore décoller et atterrir. Quand c'est trop pollué, on interdit aux enfants de sortir dans les cours de récréation.
Mais pendant ce temps-là, les jets peuvent encore décoller et atterrir.
Quand la lutte pour le réchauffement climatique passe par plus de justice sociale et pousse des activistes à des actions radicales. À Toulouse, deux golfs autorisés à arroser leur terrain en pleine restriction d'eau ont été pris pour cible par des membres du collectif Extinction Rebellion. Les trous ont été remplis avec du béton et les grins saccagés. Une question d'Henri en Gironde. Pourquoi interdirait-on de rouler en voiture thermique alors que les milliardaires se déplacent en jet privé ? Est-ce qu'elle se pose cette question comme l'a posé Clément Beaune avec l'idée de réguler les jets privés comme on l'a vu au début du reportage ?
On voit bien quand même que dans l'opinion, il y a une partie de l'opinion qui voit le deux poids deux mesures et forcément, même si c'est un peu facile de... Ça a été répété, les chiffres, je crois que c'est extrêmement faible quand même ce que ça représente, la pollution par les jets privés, mais il n'en reste pas moins que ça va être difficile de ne pas passer par une phase de régulation et je pense que Clément Beaune entre le bannissement des jets privés comme le souhaite Julien Bayou, l'écologiste, ce n'est pas surprenant sa prise de position. Chez nous, les écologistes, ils sont radicaux donc ils ont des positions radicales.
Mais ils considèrent que pour faire bouger les choses, à un moment donné, il faut de la radicalité ? Peut-être qu'il faut de la radicalité, mais peut-être que la radicalité doit être placée aussi sur des sujets qui me semblent sans doute peut-être plus importants. Les jets privés, c'est un élément de pollution incontestable mais ça reste assez faible par rapport au niveau de pollution. Et après l'été chaotique que nous avons connu, des incendies, aux inondations et aux mini-tsunamis qu'on a pu voir dans certains coins du pays, il y a sans doute d'autres priorités.
Mais il n'en reste pas moins que je pense que Clément Beaune fait de la politique et comprend qu'il y a un sujet et qu'on va passer par des phases de régulation. Peut-être que ce sont des régulations. – Pardonnez-moi, qu'il y a un sujet, qu'il y a un sujet, ça veut dire sur l'acceptabilité des Français, des efforts qu'on va leur demander, sur les prix, sur la sobriété, c'est ça votre avis ? – Sur la sobriété, la question de la sobriété est centrale dans le discours. Il sera d'ailleurs au centre du discours d'Elisabeth Borne qui va faire un discours sur cette question-là. – Au MEDEF ? – Au MEDEF, sur la question de la sobriété.
Je rappelle qu'elle est première ministre en charge aussi de la planification écologique. Elle ne l'oublie pas, elle était ancienne ministre de la Transition écologique et je pense que ce discours est très attendu et on va voir comment elle va présenter les choses. Parce que la question de la sobriété est très difficile à servir aux Français aujourd'hui. C'est compliqué. mais on voit bien qu'on a une prise de conscience qui quand même est en train de se faire et l'été chaotique, l'été chaos qu'il y a eu sur le plan climatique. – Oui, alors certains qui nous regardent et qui ont de la mémoire ce soir se disent que des prises de conscience, Nathalie Saint-Cricq, il y en a eu.
Il y a eu des étés de canicule, il y a eu des rentrées où on se disait cette fois-ci rien ne sera comme avant et puis finalement on a eu de bonnes vieilles habitudes. – En 2019, effectivement, une canicule, il y a eu un certain nombre d'images qui sont venues de dérèglement et on a vu dans les sondages, parce que ce n'est pas quand même totalement infondé les sondages, et dans les baromètres, voir le dérèglement climatique arriver en un, c'est-à-dire dépasser l'immigration, la sécurité, dépasser le pouvoir d'achat comme un temps.
Le problème est de savoir si ça va être durable et si ça va, effectivement, les gens vont prendre conscience un petit peu comme le disait Emmanuel Macron que c'est une sorte de guerre et vont considérer, et là j'en reviens à la déclaration de Clément Beaune, que ce n'est pas de point de mesure. C'est-à-dire que que les jets volent ou volent pas, ça ne va rien changer. Simplement que dans un pays extrêmement égalitariste, ce qui n'est pas forcément le cas dans d'autres pays, en Angleterre, en Allemagne ou aux Etats-Unis, on ne veut pas forcément que tout le monde ait la même chose.
Se dire que quelqu'un prend son jet, parce que quand on a un jet, c'est qu'on est nanti, et que lui, il peut faire ce qu'il veut alors que vous, on est contraint, juste, c'est une mesure symbolique, mais il faut la prendre, probablement pour faire avaler la pilule aux autres et considérer que tout le monde doit souffrir un petit peu d'un certain nombre de choses. Donc, si vous voulez, toute l'interrogation, je sais que le gouvernement est très coupé en deux, ou même l'opinion, c'est combien de temps ça va durer ? Est-ce que c'est un effet ? C'est-à-dire qu'on voit les feux... Combien de temps ça va durer la prise de conscience ?
Oui, c'est-à-dire qu'on voit, on se dit, tous les jours dans les journaux, on voit les feux de forêt, on voit, ne serait-ce que le beluga, on se dit bien que c'est un truc qui ne va pas, le beluga qu'on retrouve qui ne devrait pas se trouver à cet endroit-là. Alors, je dis ça pour des gens qui prennent ça au premier degré. On voit la Corse qui ressemble à un typhon au Mexique. On voit tout ça. Donc, chez les personnes plus âgées, la prise de conscience avait été très nette en 2019 parce qu'ils considéraient que ce n'était pas la fin du monde. On sait que les jeunes sont déjà extrêmement concernés et considèrent qu'il faut faire les choses très vite.
Donc, on peut espérer que ça durera un peu plus que l'affolement d'un post-été suite à des images... Et là, on retrouve une urgence climatique, naturellement, mais aussi une urgence politique, Roland Kérol, pour le président de la République, peut-être en particulier. C'est de répondre à ce procès qui lui est fait souvent sur sa conviction en matière d'écologie, d'environnement, en disant, en gros, vous emparez des sujets avant les élections. Et puis, au final, on voit bien que les décisions qui sont prises ne vont pas toutes en direction de la préservation de l'environnement ou de la lutte contre le réchauffement climatique. Là-dessus, vous diriez qu'il y a une urgence politique ?
Je dirais que les écologistes vont continuer à dire ça. D'accord. À tort ? Alors, par exemple, Bayou, quand il dit... Julien Bayou. Julien Bayou, le chef des écologistes dans le parti, il dit, il faut interdire les jets privés. Il a raison, de son point de vue. Dans son électorat, s'il dit des choses plus modérées que ça, il ne joue pas le jeu. Même si c'est 0,02% des émissions de gaz à effet de serre, et c'est en effet à peu près ça, puisque l'ensemble du transport aérien, ça n'est que 2%, s'il ne dit pas ça, les gens diront mais comment ? Alors, qu'est-ce que c'est ?
Il a en face de lui, Macron, or nous savons très bien que ce n'est pas possible de liquider les jets privés et que ce n'est pas possible parce que c'est un problème mondial, disons européen en tout cas, et que la France toute seule ne peut pas s'amuser. Il voulait même interdire les flight trackers, vous savez, les choses qui permettent sur Internet les applications de suivre les vols et ces applications, elles sont générales mondiales aussi. Donc, on ne voit pas comment sur Internet un gouvernement quelconque en français pourrait le faire. Donc, il y a cette préoccupation, il peut aller dans le sens de l'écologie.
Je crois qu'il s'est beaucoup converti à ça, à Macron et en même temps, il y a le fait qu'il ne convaincra jamais un écologiste. Et puis, il y a le problème de l'opinion générale. Moi, je suis d'accord avec tout ce que vient de dire Nathalie et notamment le fait que les gens se disent que ça leur est un peu égal que ça ait beaucoup d'efficacité ou pas de réguler les jets privés. Mais c'est cette vieille passion de l'égalité que décrivait Tocqueville chez les Français, cette vieille passion de l'égalité qui fait que ce n'est pas supportable. Eux, ils font ce qu'ils veulent et moi, pas.
Et ça, tant que vous avez ça dans l'opinion publique, vous ne les convaincrez pas d'une politique de sobriété. Ils diront « Ouais, ouais ! » Parce que la crise de conscience se fait. Elle se fait sans arrêt. Donc, en effet, les gens diront « La sobriété, c'est très bien. Il faut la faire. » Mais on y va tous. Mais vous n'allez quand même pas venir chez moi « Regardez si je passe le thermostat à 19, pas un flux dans chaque appartement. » Donc, ça ne marchera pas. Et c'est très compliqué. Ça veut dire qu'il ne faut pas gérer seulement l'efficacité des mesures. Il faut gérer en permanence cette communication à des gens épris d'égalité.
Et puis, il faut gérer aussi le monde de l'entreprise. Il faut gérer aussi le secteur de l'économie qui vit cette transition écologique. Aussi comme un choc qu'il faut accompagner avec cette idée. C'est devenu le mot à la mode, même si c'est un vieux mot de la vie politique française. La planification. C'est aussi l'idée de dire aux acteurs économiques on va vous dire comment ça va se passer sur les 5, 30 prochaines années. Oui, mais là, effectivement, il y a aussi une prise de conscience. Une prise de conscience de la part du monde des affaires qu'il n'y avait pas auparavant. Et qui, malheureusement, tient aussi aux événements dont on parlait tout à l'heure.
Que ce soit la guerre en Ukraine, mais aujourd'hui, vous n'avez pas de l'énergie à disposition comme avant, pas chère. C'est aussi ce mouvement-là qui va obliger le Covid. On a vu les difficultés d'acheminement, la façon dont les chaînes de valeur de production doivent être repensées. Donc, finalement, le monde des affaires, le monde économique va être au pied du mur. Ils vont trouver des solutions. Mais la problématique, c'est le timing, c'est le calendrier. Et le gouvernement va accompagner, même au niveau européen. Il n'y a pas que les Français qui réfléchissent à ces questions de sobriété. Il va y avoir cet accompagnement qui va se faire.
Mais c'est vrai que le timing, le calendrier entre les images, l'émotion que ça suscite et puis le temps qu'on va mettre à trouver d'autres solutions en passant par l'hydrogène, l'innovation, va être un peu plus long. Et on arrive dans un débat, souvenez-vous, au moment de la crise des Gilets jaunes, on disait, il y a une différence entre la fin du mois et la fin du monde. On y est toujours. On est en plein dedans.
Et on est aussi en plein dedans entre des Français qui vont se serrer la ceinture pour essayer de tenir la fin du mois parce que les factures de chauffage, parce qu'à un moment, le bouclier tarifaire risque d'être en tout cas amenuit et qui vont faire l'arbitrage sur la fin du mois. Et puis, de l'autre côté, des nantis, des personnalités. Alors, c'est surtout les chefs d'entreprise, mais aussi des politiques. Il va y avoir, on va leur demander une exemplarité. Regardez comment, rien que le vol en Falcon, je crois, de Jean Castex pour aller voter avait été mal perçu. Il y a eu deux, trois petites choses comme ça qui vont aussi toucher.
On est dans du symbole, mais c'est aussi de la politique et ça compte aussi. Quand Elisabeth Borne dit qu'il faisait 40 degrés à Matignon, mais j'ai coupé la clim et tout le monde va être chaud. C'est du symbole. C'est du symbole, mais la crise des Gilets jaunes, elle est partie aussi sur une question climatique. Derrière, il y a un risque de crispation sociale et ce qui fait toujours peur à un gouvernement. On parle beaucoup de rentrée sociale, ce sont les jeunes. Et les jeunes, la question climatique, certes, les plus âgés, les quarantenaires, même les personnes âgées en prennent conscience. Mais les jeunes, c'est le seul truc quasiment qui les intéresse. Mais comment est-ce qu'on résout ?
Ils ne vont pas voter, ils ne vont pas dans les urnes, on l'a vu, ils se sont beaucoup abstenus, mais ils sont sur les réseaux sociaux à traquer, ils sont effectivement dans des associations de militants et c'est vraiment un sujet pour le coup qu'ils vont défendre. Fanny Guinochet, je vous ai coupé, je voulais juste vous interroger sur comment répondre à cette incohérence qui fait qu'on utilise de l'argent public pour aider, accompagner les Français à utiliser de l'énergie fossile, c'est-à-dire payer les pleins d'essence et de l'autre côté, leur dire, il faut faire la transition écologique. C'est tout le paradoxe dans lequel est empêtré le gouvernement.
D'un côté, vous faites une ristourne sur le carburant qui va passer à 30 centimes d'euros, c'est-à-dire que le symbole prix n'existe plus quand de l'autre côté, vous demandez ou vous dites il va falloir qu'on trouve d'autres solutions, qu'on regarde du côté des énergies alternatives, du côté de la sobriété. Et pour l'instant, le gouvernement n'a absolument pas résolu l'équation, mais à des charges pour lui, tous les pays sont dans la même injonction contradictoire. C'est le choc de deux urgences. Exactement. Avec une nécessité, à mon avis, qui est de faire de la pédagogie. Alors tout le monde dit qu'il faut faire de la pédagogie. J'ai un cas très précis.
Un département que je ne citerai pas cet été qui était en pénurie d'eau. Et pourquoi vous ne voulez pas le citer ? C'est le... Je vais vous le retrouver. C'est peut-être parce que je l'ai oublié. Les agriculteurs... Je ne voulais pas vous piéger. Les agriculteurs disaient on ne peut pas donner de l'eau à nos bêtes. Ils criaient parce qu'il y avait une industrie qui emploie donc des gens qui avaient besoin d'eau. Et il était assez logique de donner de l'eau parce que la main d'oeuvre on n'allait pas mettre les gens au chômage technique. Et puis il y avait des gens qui criaient en disant j'ai vu les images du golf en disant on ne va pas aller arroser le golf.
Mais sauf que le golf ça fait venir des gens et qu'il ne s'agit pas d'arroser l'intégralité. Je ne joue pas au golf. Mais il ne s'agit pas d'arroser l'intégralité mais éventuellement de laisser quelque chose qui attire le tourisme et qui peut permettre aux gens et qui emploient aussi des gens. Donc bien expliquer qu'à chaque fois c'est pas il n'y a qu'à donner aux entreprises il n'y a qu'à donner aux bêtises c'est essayer d'expliquer que tout sujet y compris celui que vous posiez à Fanny sur les voitures mais à côté de ça on veut lutter contre le réchauffement c'est quelque chose qui est une espèce de données de données complexes.
Et le département je vais finir par vous le donner c'était la lausère. Voilà. Elle retombe sur ses pattes. Toujours. Nathalie Saint-Cricq. Allez en tout cas la France insoumise n'a pas attendu la rentrée pour labourer le terrain comme on dit en politique et les militants de la caravane d'été du parti de Jean-Luc Mélenchon ont continué à aller à la rencontre des Français pour préparer des rendez-vous les rendez-vous sociaux de la rentrée de septembre mais vous allez le voir quelques semaines après une grosse séquence électorale la présidentielle puis les législatives les portes ne sont pas toujours grandes ouvertes. Léa Demidjan et Emmanuel Bach.
Je suis votre député pour la France insoumise je vous laisse un petit flyer. Merci. Je vous en prie.
Des portes qui se referment et d'autres qui ne s'ouvrent même pas. La règle d'or du porte à porte être prêt à toute éventualité.
Je peux vous donner un petit flyer ? Adrien Coué je suis votre député.
Oui, super.
Je vous en prie monsieur.
Savoir encaisser dans le fossé avec une partie de la population est abyssale.
On a vu à quelques occasions
des personnes nous demandaient si les présidentielles étaient passées. On a dit mais qui a gagné les présidentielles ? C'est une question qu'on a déjà eue plusieurs fois durant l'initiative. Donc bon ben voilà forcément ça acte à des monuments. L'objectif pour la France insoumise tout faire pour combler cet écart. Quelques heures plus tôt au pied des immeubles de ce quartier populaire de Toulouse les militants installent leur caravane d'été comme un air de campagne électorale. Du coup vous n'avez pas perdu la main ?
Eh ben non, on continue. On est toujours en campagne du nouveau matos. Donc là pour le SMIC
il y a 1500 euros net.
Voilà donc une mesure portée par la nouvelle union populaire écologique et sociale.
Mais une campagne pourquoi ? C'est quoi l'échéance ? Il n'y a plus d'élections ?
Ah ben non, il n'y a pas d'élections mais notre but c'est de montrer justement qu'on est toujours en campagne.
On nous a beaucoup dit
en porte à porte par exemple trois semaines avant l'élection ouais mais on voit juste quand il faut voter. Et ben non, nous notre but c'est vraiment d'être en campagne en permanence.
Occuper le terrain au cœur de l'été les nouveaux députés en tête. La politique elle commence au lendemain du mandat et c'est une fois qu'on est élu que tout le travail débute et reste à faire. Les autres parties sont encore en vacances. Elle est fille ou l'art de se démarquer à tout prix quitte parfois à bousculer ses alliés de la NUPES. Bonjour les jeunes. Bonjour. Il y a quelques semaines Jean-Luc Mélenchon a refusé de soutenir Taïwan. Alors cette électrice communiste n'hésite pas à lancer un avertissement. Le problème c'est qu'il faut passer aux prochaines élections. Ça fait peur.
Donc il faut surtout ne pas s'éclater tout le groupe NUPES et essayer de mettre de côté nos différences pour se rassembler sur ce qui nous assemble parce que sinon on ne peut pas s'en sortir. Il y aura un fond national aux prochaines élections. Toute l'après-midi le porte-à-porte se poursuit. Nous retrouvons le nouveau député de la circonscription Adrien Clouet et un sujet écrase tout le pouvoir d'achat.
Nous à la France Insoumise
et la gauche dans son ensemble on s'est battus et on continue de se battre à l'Assemblée pour que les salaires les allocations les retraites suivent.
Le pouvoir d'achat
justement à l'Assemblée les Insoumise n'ont réussi à faire passer aucune de leurs propositions. Pourtant les aides du gouvernement cette mère de 4 enfants en a besoin. Il faudrait quoi pour vous ? Il faut tout. Tout ? Tout même si c'est pas beaucoup ? Oui même si c'est pas beaucoup. Même s'il y a quelques centimes au moins c'est déjà mieux. Si moi mon activité ça se résume à demander des miettes cette dame elle n'en aura même pas. C'est comme ça que ça se passe. Si moi je me commence à demander seulement un euro par ci un euro par là elle aura 50 centimes. C'est parce que nous on se bat à l'Assemblée pour demander 10 euros 15 euros 20 euros qu'à la fin elle obtient 5 ou 6.
Voilà c'est un rapport de force et c'est une lutte qui se construit. Les miettes ça tombe jamais du ciel. Une miette
c'est parce que quelque part
des gens se battent demandent ont des exigences politiques et que cette exigence
elle oblige le pouvoir en place à donner quelque chose.
L'ambition d'incarner une opposition radicale dans l'hémicycle et dans la rue la France Insoumise organisera au mois d'octobre une marche contre la vie chère. Et cette question de Michel
en Meurthe et Moselle les députés LFI pour le bazar à l'Assemblée et Mélenchon pour le bazar dans la rue bon est-ce que c'est vraiment comme ça que ça va se passer Roland Carrol ?
Là c'était pas l'idée de faire le bazar c'était au contraire l'idée de montrer qu'un parti politique allait dans les quartiers populaires dans les villes populaires voir les électeurs parler avec eux leur donner la parole. D'ailleurs en lançant le reportage vous avez dit une chose fausse qui en fait est vraie sur le fond. Vous avez dit les militants de LFI LFI lance or c'était théoriquement les caravanes de l'Union Populaire et en vérité il n'y a que les gens d'LFI et c'est aussi très significatif ce qu'on vient de voir théoriquement c'est l'ensemble de la gauche qui se promène et c'est uniquement les gens d'LFI donc
ce que vous voulez dire c'est qu'en fait ils ont écrasé ils ont plié le match à gauche
non seulement ils les ont plié mais ils ont proposé aux autres parties de gauche de se joindre à eux dans ces caravanes et personne n'est venu ils ont autre chose à faire l'été les écologistes les socialistes que d'aller se balader avec les gens d'LFI par un truc organisé par eux ça en dit aussi sur le fait que ils vivent une alliance électorale qui leur a rapporté aux uns et aux autres mais ils n'ont pas très envie d'aller beaucoup plus loin
mais ce qu'il y a dans cette question de Michel c'est l'idée de dire le bazar dans la rue c'est-à-dire que l'inquiétude qui exprime cette question et on en a d'autres j'imagine ce soir c'est de dire au fond est-ce que ce qui nous attend c'est pas ce qui est en train de se passer notamment en Grande-Bretagne où l'inflation est à 10% c'est le bazar comme il dit dans la rue Fanny Guinness c'est la crainte du gouvernement même si vous avez un Bruno Le Maire qui les confiant là quand vous regardez en Angleterre certes l'inflation est à 10% mais vous avez un certain nombre de secteurs essentiels de l'économie qui se mettent en grève que ce soit les ports les postes la justice pour dire écoutez au niveau des salaires ça ne suit pas et on ne veut pas une inflation qui soit aussi forte du côté en France la conflictualité en tout cas les mouvements sociaux dans les entreprises n'ont pas augmenté là cet été mais c'est vrai que le risque c'est que ce soit attisé par certains groupes politiques ou même syndicats la CGT a prévu une grande marche ou en tout cas un mouvement où il y aura des grèves le 29 septembre il faut voir si ça prendra ou pas mais il y a toujours un petit risque on ne sait pas la différence par rapport aux autres rentrées sociales c'est qu'on est dans un contexte où les gens voient leur porte-monnaie en tout cas ce qu'ils peuvent acheter diminuer et les salaires n'augmentent pas forcément parce que quand vous regardez il y a eu des primes et encore la prime Macron Emmanuel Macron essaye de faire de la retape et Bercy aussi en disant allez-y utilisez-la c'est pas défiscalisé c'est sans cotisation en disant aux entreprises essayez de donner un petit coup de pouce comme ça à vos salariés mais c'est vrai que la question des augmentations de salaire elle va certainement être là ça fait longtemps qu'on en parle Fanny Guinochet des augmentations de salaire oui ça fait longtemps qu'on en parle mais regardez cet été il y a eu beaucoup de démissions on commence aussi le rapport de force entre les salariés et les chefs d'entreprise change un petit peu par rapport à des années de chômage on est à 7,4% de chômage on a un chômage qui est plus bas par rapport à l'avant-crise ça dépend des secteurs évidemment ça dépend des départements ça dépend des territoires mais vous avez quand même dans certains métiers il n'y a qu'à voir la restauration il y a un rapport de force qui change mais vous avez commencé votre intervention en disant naturellement le gouvernement fait très attention au climat social et Roland Quirole disait tous les gouvernements et sans doute que tous les gouvernements européens ont cette crainte dans le contexte international et économique qui est le nôtre mais dans ce contexte-là justement est-ce que la réforme des retraites la réforme de l'assurance chômage même si ce n'est pas exactement la même perception par l'opinion publique est-ce que ça ce n'est pas de nature à réveiller des colères on se souvient avant les vacances Laurent Berger il disait annoncer à la rentrée le report de l'âge légal de départ à la retraite c'est le chaos social absolument alors pour l'instant ils sont sur une réforme de retraite en disant le report de l'âge plutôt 2030 c'est à un moment donné où il n'y aura plus d'Emmanuel Macron enfin il y aura quelqu'un d'autre bon il est évident pour répondre aussi à la question de Michel que la France Insoumise NUPS et les autres ne s'interdisent rien et régulièrement disent que tout ça va ensemble le combat à l'Assemblée le combat dans la rue le combat éventuellement une jonction avec les syndicats même si les syndicats n'aiment pas trop être doublés par la France Insoumise donc en clair ça ne veut pas dire que ça sera forcément le bazar ça veut dire que tout est possible tout est possible et tous les leviers seront utilisés pour des gens qui considèrent que c'est une forme de nouvelle révolution qu'il faut faire ça c'est le premier point et puis sur le problème des salaires il y a effectivement comme le dit Fanny probablement un espoir qui est que les choses s'améliorent je lisais un papier dans Le Monde aujourd'hui disant que les chauffeurs de bus on n'en trouvait pas ils étaient payés 450 euros net par mois parce qu'ils faisaient un petit peu d'horreur le matin pour déposer les enfants et puis le soir bon tout ça est en train de s'améliorer probablement c'est à dire que la pénurie on peut espérer que les choses s'arrangent mais il est évident et je réponds enfin à votre question que sur les retraites l'assurance chômage voir le RSA conditionné à 15 ou 20 heures travail c'est probablement des choses on va attendre le budget ils vont voir je pense comment ça se passe et puis c'est peut-être pas la peine de se prendre tout en même temps en tout cas c'est pas acté sur le calendrier de manière très ferme c'est acté à terme ça doit être fait d'ici mais le moment précis j'ai l'impression que c'est un peu plus flou merci et on revient maintenant à vos questions il y a une question de Julien dans l'Hérault une journée exceptionnelle en prison organisée dans les règles et à but caritatif et préventif où est la polémique ?
Bruno Jeudy c'est exactement ce qu'a dit madame Simono qui est la déléguée qui s'occupe justement des conditions d'incarcération en France si parce que je pense qu'on est dans un contexte où ces images récréatives ne sont pas audibles et ne sont pas acceptées par les français alors peut-être parce qu'il n'y a pas eu le ministre n'a pas fait justement peut-être j'allais dire pris ses responsabilités dit ben oui il ne devrait pas y avoir ces images ou en tous les cas expliquer qu'il y a aussi une politique d'insertion que les français ne connaissent pas les français ne savent pas qu'il y a une politique d'insertion y compris en faisant du VTT du cheval
ça ne devait pas sortir en clair parce que moi je me souviens d'une polémique
on se posait des questions sur les écrans de télé dans les prisons les gens disaient les écrans plats pour les détenus sauf qu'il n'y avait plus que des écrans plats donc ça ne servait à rien d'agiter les gens en leur disant on met des écrans plats aux détenus il n'y avait plus les télés qu'on avait dans le temps avec 1m50 derrière bon ça n'aurait pas dû sortir
moi je pense que ce n'est pas audible ce n'est pas audible
et tout à l'heure Roland Carole nous disait c'est peut-être une gestion aussi du ministre qui est un peu maladroite et qui a relancé cette polémique pourquoi suspendre maintenant l'accès au droit du sol à Mayotte ?
d'abord un il y a eu un projet de durcissement du droit du sol déjà en 2018 qui a capoté et qui à l'époque il faut savoir que le droit du sol est déjà réduit à Mayotte là cette fois-ci le ministre veut durcir et veut que maintenant un des deux parents d'enfants soit réside depuis un an à Mayotte alors que jusqu'à présent pour Mayotte c'est trois mois il faut savoir aussi qu'il y a 23 000 reconduites à la frontière à Mayotte et que c'est quasiment les deux tiers des reconduites sur l'ensemble du territoire national donc c'est une vraie question à Mayotte la population a quadruplé en 30 ans on est débordé c'est très difficile la gestion des flux migratoires dans l'île et c'est pour ça que Gérald Darmanin y va il faut juste dire que maintenant il faut passer aux actes que François Baroin qui était ministre de Outre-mer à la fin du siècle dernier en parlait déjà quand Emmanuel Macron oui ça permet de relativiser du coup quand Emmanuel Macron appelle les français à accepter de payer le prix de la liberté pense-t-il au jour où disparaîtra le bouclier tarifaire sur l'énergie Fanny Guinochet alors effectivement l'idée du gouvernement pour le moment ça n'est pas de le faire disparaître totalement ce bouclier tarifaire mais c'est à partir de l'année prochaine donc janvier 2023 de le moduler en fonction des revenus des français après il faut que ça passe au niveau du conseil constitutionnel mais l'idée c'est on vous aidera à payer votre gaz votre électricité si vous êtes parmi les foyers modestes en revanche les plus aisés eux paieront le prix fort donc c'est ça l'idée pour le moment mais ce qui risque là où Bruno Le Maire a raison c'est qu'effectivement sans ce bouclier tarifaire on aurait payé 35 à 45% plus cher notre électricité et c'est ce qui fait que la France aujourd'hui a un niveau d'inflation plus bas par rapport aux autres pays européens mais à quoi servent ces aides ponctuelles n'est-ce pas les salaires qu'il faut relever de même que les indemnités chômage c'est ce que vous nous disiez tout à l'heure alors effectivement ces aides elles permettent quand même à un certain nombre de français à terminer le mois à ne pas être surendettés notamment des familles monoparentales avec des enfants on rappelle qu'en France il y a un enfant sur cinq qui vit quand même dans un foyer en dessous du seuil de pauvreté ça n'est pas rien ces aides elles servent essentiellement à ça elles servent aussi à canaliser une grogne sociale les salaires la question quand vous posez la question aux économistes ils vous disent attention à la spirale infernale c'est ce qui s'est passé aux économistes voilà salaire inflation plus vous augmentez plus les prix augmentent plus les salaires vous les augmentez puis plus du coup les prix continuent à augmenter et puis c'est une spirale qui est néfaste pour l'économie sur les indemnités chômage juste une petite parenthèse c'est un sujet un peu Roland Quairol a raison c'est un sujet quand on regarde les études il y a une étude qui est sortie un sondage élabe qui est sorti début août vous aviez 6 français sur 10 qui étaient favorables à une réforme de l'assurance chômage c'est d'ailleurs pour ça qu'Emmanuel Macron y va en disant il n'y a pas de raison c'est un peu comme la polémique en prison il n'y a pas de raison que les chômeurs ne travaillent pas et qu'on ne pousse pas les gens à retrouver un travail alors qu'il y a des postes de libre et il y a une date quand même Olivier Dussop en tout cas a laissé entendre donc le ministre en charge de la réforme ministre du travail a laissé entendre que très rapidement après le conseil le CNR de la refondation il y aurait une date de rendez-vous pour parler de la réforme de l'assurance chômage justement cette question d'Alain en Seine-Saint-Denis à quoi va servir ce conseil national de la refondation qui va être mis en place début septembre n'est-ce pas un organisme de plus ?
c'est clairement un organisme de plus puisqu'il sort des sables ça va servir à discuter des problèmes mais on discute Roland Kérol on discute dans beaucoup d'endroits
on discute au parlement ou pas ? c'est ce qu'on a beaucoup entendu d'ailleurs Edwin Philippe avait dit il y a un endroit pour discuter ça s'appelle le parlement
l'idée justement c'est qu'il n'y a pas que le parlement il y a les forces syndicales et sociales il y a les forces économiques il y a les associations et puis il y a les citoyens parce que l'idée c'est de mettre là-dedans les représentants des associations des partis des syndicats aussi et les citoyens tirés au sort comme on l'avait fait pour la convention climat le résultat n'était pas si inintéressant il a généré de la frustration on ne va pas rentrer là-dedans mais ça générera de la frustration forcément mais l'idée c'est que ces grands débats servent à éclairer la société française et à éclairer aussi les institutions qui existent dont le parlement c'est peut-être une façon de dire au parlement vous êtes trop entre vous dans votre bulle regardez un peu comment débattent les gens qui sont en dehors et qui sont aux prises avec les problèmes
une question de Bernard à Paris Emmanuel Macron a augmenté massivement la dette en raison du Covid restent-il des marges de manœuvre pour acheter la paix sociale ? elle est intéressante cette question si ça se complique vraiment fin septembre mi-octobre parce que l'inflation galope est-ce qu'il y aura des marges de manœuvre budgétaires ?
il n'y en a pas beaucoup c'est pour ça qu'Emmanuel Macron insiste sur la nécessité de faire des réformes ça engrange ça fait rentrer de l'argent dans les caisses notamment de retrouver un plein emploi c'est 5% on est à 7% de chômage aujourd'hui la question de la dette alors là aussi elle va se poser on laisse cette dette on la creuse et la difficulté aujourd'hui c'est que les taux d'intérêt augmentent donc c'est-à-dire que cette dette elle nous coûte de plus en plus cher mais on n'est pas les seuls et pour l'instant la décision européenne c'est que écoutez tout le monde va creuser de la dette peut-être pas les allemands qui ont une situation budgétaire meilleure que nous on n'est pas les seuls on est pas les plus endettés on n'est pas les plus endettés on est très endettés
je rappelle qu'on est censé s'occuper de la dette à partir de 2026 oui ça nous laisse autant il y en a qui pensent qu'on n'est pas pressés du tout
allez comment faire des réformes quand les crises se succèdent quand les crises succèdent aux crises depuis 3 ans c'est difficile et on en fait très peu et surtout quand on n'a pas de majorité absolue ça paraît assez difficile sauf à trouver et c'est ce qu'essaie de faire Elisabeth Band passer des compromis merci à vous tous c'est la fin de cette émission qui sera rediffusée ce soir à 22h45 nous on se retrouve demain en direct à 17h30 pour un nouveau C'est dans l'air l'invité puis ensuite pour C'est dans l'air en direct et puis je vous rappelle que vous pouvez retrouver tous vos rendez-vous quand vous le souhaitez en replay en podcast et sur tous les réseaux sociaux c'est dit bonne soirée belle rentrée et sur tous les réseaux sociaux
Emmanuel Macron