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Discours / meetingLa France insoumise (sur YouTube)· 15 avril 2024AutoproduitFond programmatiqueTravail & emploiSolidarités & familleEurope & internationalJustice

Porter les luttes sociales le plus haut possible | Discours d'Anthony Smith à Montpellier

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:30Anthony SmithFait
    « Je suis un syndicaliste, c'est-à-dire un militant de la double besogne. »
  • 3:30Anthony SmithFait
    « La question du travail, la question de nos droits au travail, est une question de rapports de force sociaux. »
  • 5:30Anthony SmithFait
    « La loi de travail du quinquennat Hollande s'est attaquée violemment aux droits du travail en remettant en cause le principe de faveur. »
  • 7:30Anthony SmithChiffre
    « Chaque année en France, près de 600 000 travailleurs sont victimes d'accidents de travail, dont des dizaines de milliers ne retravailleront jamais. »
  • 8:30Anthony SmithChiffre
    « La France concentre 20% des accidents mortels de l'Union européenne et se classe tristement parmi les pays où l'on meurt le plus en Europe. »
  • 9:30Anthony SmithChiffre
    « Chaque jour, 2 morts au travail, 9 chaque jour en Europe. »
  • 11:30Anthony SmithChiffre
    « Il reste 1 700 inspectrices et inspecteurs du travail dans le pays pour 20 millions de salariés et près de 2 millions d'entreprises. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Waouh ! Impossible de commencer sans vous dire combien je suis heureux de faire campagne à vos côtés avec Manon et combien je suis honoré du choix de mes camarades insoumises et insoumis. Nous luttons ensemble maintenant depuis des années et ce sont ces combats qui forgent les solidarités et qui construisent les consciences.

Amis et camarades, je suis un syndicaliste, c'est-à-dire un militant de la double besogne. Celle du travail au quotidien pour améliorer les conditions de vie de mes collègues au travail, la santé, la sécurité, les salaires. Et celle du travail au long cours pour l'émancipation de notre camp social et la transformation radicale de cette société.

Et je suis aussi un inspecteur du travail au service d'un code du travail censé protéger encore un peu la partie faible du contrat, le salarié. Un métier où je vois ce travail qui, bien sûr, parfois émancipe, mais qui souvent encore aliène par ce qui caractérise le contrat de travail, c'est la subordination juridique au service du code du travail, y compris quand j'ai dû faire face aux pressions institutionnelles, politiques, patronales qui m'ont sanctionné pour avoir voulu faire mon métier en aidant les aides à domicile d'une association durant Covid. Cette bataille contre l'arbitraire, nous l'avons gagnée par la lutte face à Pénicaud et Borne, les ministres de l'époque.

Une lutte unitaire, syndicale, citoyenne et politique comme on aime les voir. Mais pour un qui gagne, combien sont ceux qui subissent dans les entreprises l'humiliation et la répression ? C'est pour cela que notre combat collectif pour les européennes du 9 juin est essentiel.

Nous avons besoin de nous donner de la force autour d'un projet d'émancipation sociale. Mon premier combat comme député européen, si vous m'élisez, si vous nous élisez, ce sera de porter les luttes sociales, de les porter le plus haut possible, et de porter le soutien aux luttes comme l'ont fait nos députés sortants. Parce que cette question sociale, elle est l'ADN de mon engagement dans les combats auxquels je participe depuis des décennies.

Et je la retrouve aujourd'hui dans l'Union populaire que nous construisons. Vous le savez, les lois du travail, le code du travail par exemple, ne sont que la résultante, la traduction des rapports sociaux, des rapports de force sociaux. Sa construction des confins du 19e siècle et tout au long du 20e siècle, n'a été que la conséquence directe ou différée des luttes sociales que nous avons conduites.

Droits de grève, droits syndicales, journée de 8h, 35h, assurances chômage, sécurité sociale, statut de la fonction publique, congés payés, nous ne devons rien aux puissants. Tout ce qui a été acquis, l'a été par les salariés, par les travailleurs et leur traduction politique. Le ministère du Travail, amis et camarades, en est l'exemple.

Ce ministère, il n'est créé par un décret d'octobre 1906 que parce que des grèves massives vont suivre la mort de 1099 mineurs le samedi 10 mars 1906 à Courrières, dans le bassin minier du Pas-de-Calais. La question du travail, la question de nos droits au travail, est une question de rapports de force sociaux, où si les conquises sont le fruit de nos luttes, les reculs, eux, sont les conséquences de nos défaites. Et ces droits que nous n'avons pas réussi à préserver malgré la grande et belle bataille unitaire du premier semestre 2023 sur les retraites.

Ces saufs-grèves générales d'ici là, évidemment, on la souhaite, par la conquête de l'hégémonie politique que nous les obtiendrons. C'est notamment pour cela que, dès le 9 juin, commence l'après-Macron, parce qu'il faudra mettre fin aux terribles reculs sociaux de ces quinquennats, à commencer par exemple par la suppression des CHSCT dans les entreprises. Mais, camarades et amis, nous n'oublions pas au moment où les zombies du hollandisme surgissent dans cette élection, qu'avant même Macron, la loi de travail du quinquennat Hollande s'est attaquée violemment aux droits du travail en remettant en cause le principe de faveur qui disait « oui à la négociation pour améliorer la loi », pas à l'inverse, pas pour permettre de payer les heures supplémentaires dans les entreprises à 10% et non plus à 25%.

Et ils ont continué en reculant l'âge de la retraite pour nous faire revenir au début du XXe siècle. Ils ont rayé des cartes la pénibilité, celle dont Macron, toujours lui, dit, je le cite, qu'il n'aimait pas ce mot car il donnait le sentiment que le travail serait pénible. Leur imagination est sans limite.

Un jour, c'est un député macroniste qui propose de désindexer le SMIC de l'inflation, alors qu'à l'inverse, ce sont l'ensemble des salaires qui devraient être indexés sur l'inflation. Un autre jour, c'est le ministre de la Fonction publique, en roue libre, qui veut casser les statuts pour pouvoir licencier à tour de bras. Soyons clairs, de Macron à Van der Leyen, l'objectif est le même.

Supprimer, effacer, le plus vite possible, en quelques années, quelques décennies tout au plus, un siècle de conquis sociaux. Revenir chaque fois que le rapport de force le leur permet, sur chaque conquis social, sur le code du travail, sur les conventions collectives, sur chaque disposition, en fait, qui libère un tant soit peu l'homme de la machine. Tout cela pour répondre à la demande des capitalistes, des milliardaires, des grands patrons, qui considèrent les droits des travailleurs comme trop chers, trop contraignants, qui opposent santé, sécurité, conditions de travail, et possibilité de réaliser et d'accumuler des profits sans limite.

Ils ont donc besoin, chaque fois que cela est possible, de faire reculer les droits sociaux, en sortant par exemple la relation de travail, de la relation de travail des pans entiers, du salariat. C'est le modèle des travailleurs des plateformes qu'ils veulent apposer. D'Uber, de Deliveroo, et de tant d'autres faux indépendants, où, fictivement, le contrat de travail est remplacé par la prestation de service, où la subordination disparaît derrière le partenariat, où on ne licencie plus, mais on rompt un contrat commercial.

C'est là le formidable travail de Léhi Lachaïbi, et de tous nos députés européens sortant que d'avoir réussi à être les artisans d'une directive sur les travailleurs des plateformes numériques imposant une présomption de salariat. Je dis imposée parce que la France de Macron, premier soutien d'Uber, s'est opposée jusqu'au dernier moment à cette directive qui, fidèlement, devait être votée très prochainement au Parlement européen. Et ce sont les Macron, les Hayé, les Wanderleyen, et pourquoi pas demain l'imposteur Bardella, qui disent vouloir lutter pour améliorer les conditions de travail en Europe.

L'autre soir, le Premier ministre Attal, à TF1, a semblé découvrir les accidents du travail en expliquant que ça ne peut plus durer, et qu'il fallait une grande initiative autour de la question. La réalité, c'est que chaque année en France, près de 600 000 travailleurs sont victimes d'accidents de travail, dont des dizaines de milliers ne retravailleront jamais. La réalité, ce sont les effectifs de l'inspection du travail supprimés de 16%, et ce n'est pas le syndicaliste qui le dit, c'est le rapport de la Cour des comptes.

Il reste 1 700 inspectrices et inspecteurs du travail dans le pays pour 20 millions de salariés et près de 2 millions d'entreprises. La réalité, c'est chaque jour, 2 morts au travail, 9 chaque jour en Europe. La France concentre 20% des accidents mortels de l'Union européenne et se classe tristement parmi les pays où l'on meurt le plus en Europe, alors qu'à l'inverse, elle est en bas du classement pour ce qui concerne les conditions de travail et le bien-être au travail.

Mais derrière ces chiffres, ce sont des vies et des familles brisées. La santé, la sécurité, les conditions de travail doivent passer avant la recherche du profit effréné. Et ce sera le second grand combat que je mènerai au Parlement européen.

Lutter sans relâche pour une politique zéro mort au travail qui vienne renforcer partout en Europe les droits des travailleurs pour lutter contre les accidents. Et aussi un autre continent invisible, celui des maladies professionnelles qui chaque année tue en Europe 200 000 personnes. Ce combat, je vais le mener aux côtés de camarades valeureux, dont Marina Mesur qui ne cesse d'oeuvrer en la matière.

Nous voulons en Europe combattre ces politiques libérales et ces pratiques patronales archaïques qui ramènent encore une fois l'accident du travail à une somme de poncifs. Ça n'arrive qu'aux autres. Ce sont les risques du métier.

Ou comme le dit Aurore Berger et ministre Dattal, mourir au travail. Mourir au travail. Sérieusement, on en est encore là de la vision du monde du travail ?

Faire condamner les printemps d'Alain Caen, prendre au sérieux l'évaluation des risques, former à la sécurité en entreprise, insérer dans chaque texte des clauses de non-régression sociale. Voilà des priorités en Europe, quand on sait que ce sont souvent les jeunes, les apprentis, les sans-papiers, les plus précaires des travailleurs qui sont les premières victimes de cette hécatombe au travail. Non, définitivement, personne n'est dupe de la superchurie d'Atal et du gouvernement pour preuve, alors que le changement climatique expose jusqu'à la mort les travailleurs dans les chantiers du bâtiment ou dans les vignes.

Par exemple, le gouvernement se refuse encore aujourd'hui à prendre des mesures de protection de la santé. Mathilde Panot est le groupe insoumis à l'Assemblée nationale ou pourtant déposer une proposition de loi en ce sens et rien à part la volonté politique n'empêche de la mettre en œuvre. D'ailleurs, en Belgique, le Code pénal social belge permet aux inspecteurs du travail d'arrêter toute activité à partir du moment où la santé et la sécurité des travailleurs est en cause.

La voilà, notre Europe ! C'est celle des clauses du salarié le plus favorisé qui permettent l'harmonisation des droits sociaux par le haut, sans se bercer d'illusions, évidemment. C'est celle qui place au centre de ses préoccupations les conditions de travail.

Et en la matière, amis et camarades, le seul idéal qui vaille, le seul qui motivera nos concitoyennes et concitoyens à voter le 9 juin, c'est un idéal porteur de droits et d'émancipation sociale. Alors à la bataille ! Merci.

Merci. Merci.