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ChroniqueHugoDécrypte — Actus et interviews (sur Podcast)· 4 avril 2025 13 minAutoproduitActualité / polémiqueDéfenseÉconomie & entreprisesJustice

La vraie raison derrière les frappes américaines au Yémen

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    « « Ce n'est qu'un début, le plus dur est à venir pour les houthis et pour leurs sponsors en Iran. » »
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    « « Selon un bilan des houthis, une soixantaine de personnes ont été tuées. » »
  • 3:21PrésentateurFait
    « « un axe de la résistance contre Israël et contre les États-Unis » »
  • 5:44PrésentateurChiffre
    « « atteignant aujourd'hui à priori un seuil de 60% » »
  • 7:20PrésentateurFait
    « « une chasse aux sorcières menée par des gauchistes européens qui se servent de l'arme judiciaire pour faire taire la liberté d'expression » »
  • 8:27PrésentateurChiffre
    « « elle a détourné près de 2,9 millions d'euros du Parlement européen et 1,2 millions d'euros en tant que complice » »
  • 9:49PrésentateurChiffre
    « « une perte historique de 2 400 milliards de dollars effacés en une seule journée » »
  • 10:05PrésentateurFait
    « « qu'il est important d'éviter des gestes qui pourraient heurter encore davantage l'économie mondiale » »

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Avec la guerre commerciale ou encore la condamnation de Marine Le Pen cette semaine, vous êtes peut-être passé à côté d'une autre actualité absolument majeure. Les Etats-Unis ont intensifié leur bombardement au Yémen ces derniers jours. Et ce, alors que le président américain Donald Trump souhaite mettre une pression maximale sur l'Iran pour qu'il abandonne ses ambitions nucléaires. Alors quel est le rapport entre le Yémen et l'Iran ? Quel est l'objectif des Etats-Unis ? Pourquoi est-ce un sujet aussi important ? Salut c'est Hugo, j'espère que vous allez bien. C'est donc le sujet à la une des actualités du jour.

En fait depuis deux semaines, les Etats-Unis multiplient les bombardements contre les rebelles houthis au Yémen. Donc le Yémen c'est ce pays situé au sud de la péninsule arabique. Et d'après Donald Trump, je cite, « Ce n'est qu'un début, le plus dur est à venir pour les houthis et pour leurs sponsors en Iran. » Fin de citation. Alors les houthis, qui sont-ils ? On en a parlé déjà à plusieurs reprises sur la chaîne. C'est donc un groupe rebelle qui est basé au Yémen, qui est en guerre civile depuis 2014. Dans cette guerre au Yémen qui a fait des centaines de milliers de morts, il y a d'un côté le gouvernement du Yémen qui est soutenu par l'Arabie Saoudite.

Et de l'autre côté, il y a notamment les houthis qui sont soutenus justement par l'Iran. Les houthis contrôlent une grande partie du Yémen, dont sa capitale. La situation au Yémen, elle est absolument catastrophique. On en a parlé à de nombreuses reprises sur la chaîne. Et on fera en sorte d'en reparler dans les prochains jours, puisque la situation humanitaire est critique. Mais donc pour revenir au sujet qu'on a en ce moment, depuis le 7 octobre 2023, on peut noter que les houthis prennent régulièrement pour cible des navires marchands en mer rouge. Des navires qu'ils estiment être, je cite, liés à Israël. Et là, c'est un point assez important à comprendre.

La mer rouge, c'est vraiment une région stratégique pour le commerce mondial. Résultat, ces attaques qui sont menées par les houthis, elles perturbent l'accès au canal de Suez, qui assure pourtant 12% du trafic maritime mondial. Alors, on peut quand même noter que ces attaques, elles avaient cessé avec la trêve dans la bande de Gaza. Sauf que, eh bien, à mi-mars, les houthis ont annoncé vouloir reprendre donc ces opérations. Or, face à cette menace, on peut noter que les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle offensive militaire contre les houthis.

Selon la porte-parole de la Maison Blanche, ces frappes, je cite, contre les houthis, ont été incroyablement efficaces, avec plus de 200 frappes réussies contre les houthis. Selon un bilan des houthis, une soixantaine de personnes ont été tuées. Bon, et c'est pas que des frappes et des bombardements, puisque, au-delà de tout cela, les Etats-Unis ont annoncé envoyer un deuxième porte-avions au Moyen-Orient, alors que le porte-avions Harry S. Truman, qui était déjà sur place, a été la cible d'attaques menées par des rebelles yéménites ces dernières semaines.

Et juste pour redonner du contexte, il faut quand même comprendre que Joe Biden aussi, ces derniers mois, enfin, en tout cas, quand il était encore au pouvoir, il avait lui aussi, en fait, mené des frappes contre les houthis. Donc, ça, en soi, c'est pas forcément nouveau. Là, ce qui est vraiment nouveau, c'est que c'est pas uniquement des frappes défensives. L'objectif précis, ici, de Donald Trump, c'est pas uniquement de dissuader les houthis de bombarder ou d'attaquer des navires en mer rouge, c'est vraiment beaucoup plus d'anéantir les capacités militaires du groupe et d'éliminer aussi les principales figures du mouvement.

Alors là, vous allez peut-être me dire, quel est le rapport, du coup, entre les houthis et l'Iran ? Alors, on l'a dit, les houthis au Yémen, ils sont soutenus par l'Iran, et les États-Unis sont en situation de tension depuis des années, maintenant, avec l'Iran. Or, les houthis, ils sont plus largement membres de ce qui est promu, ce qui est porté par l'Iran, comme ce qu'ils appellent, je cite, un axe de la résistance. Un axe de la résistance contre Israël et contre les États-Unis, et qui regroupe notamment aussi le Hamas, le djihad islamique palestinien, ou encore, donc, le Hezbollah au Liban.

Alors, pourquoi est-ce que précisément, en ce moment, Trump souhaite s'en prendre aux houthis et indirectement à l'Iran ? En fait, il souhaite reprendre les négociations avec l'Iran en parallèle sur un nouvel accord nucléaire. Pour que le contexte soit très clair, il faut comprendre que l'Iran ne fait pas partie officiellement, en tout cas, des puissances nucléaires mondiales, puisqu'il ne détient pas d'armes nucléaires qui sont reconnues. Son programme nucléaire, il remonte aux années 1950, une période durant laquelle il bénéficiait à l'époque du soutien de plusieurs pays, dont les États-Unis.

À l'époque, l'objectif affiché, c'était uniquement un objectif civil, donc d'énergie nucléaire et pas militaire. Sauf qu'il y a eu la révolution islamique en 1979, il y a les relations entre l'Iran et les États-Unis qui se sont très fortement dégradées. Ça a donc entraîné un arrêt total du soutien américain au programme nucléaire iranien. Et depuis, en gros, plusieurs décennies, les pays occidentaux, notamment les États-Unis, redoutent que l'Iran détourne son programme nucléaire civil afin de développer une véritable arme atomique.

Et les inquiétudes, elles se sont particulièrement intensifiées dans les années 2000 avec la découverte de sites d'enrichissement d'uranium non déclarés en Iran, l'uranium étant un élément essentiel à la fabrication d'une arme nucléaire. De son côté, le régime iranien a toujours rejeté ses accusations. Ils affirment que son programme est strictement civil et qu'il est destiné à la production d'énergie et non à des fins militaires. Donc pour reboucler sur la situation actuelle, on avance un petit peu dans l'histoire.

En 2015, il y a eu un accord entre l'Iran, l'Allemagne et les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU afin justement de faire en sorte de limiter la capacité nucléaire de l'Iran. L'idée, c'était notamment de restreindre son enrichissement d'uranium, de renforcer aussi un contrôle et des inspections internationales, en échange de quoi les sanctions économiques qui pesaient sur l'Iran allaient être progressivement levées. Trois ans plus tard, désolé c'est long, mais c'est quand même important de voir tout ça.

Trump en 2018, qui était donc président à l'époque, avait retiré les États-Unis de cet accord et avait rétabli des sanctions contre l'Iran, malgré d'ailleurs le respect des engagements iraniens selon l'Agence internationale de l'énergie atomique. Et selon Trump à l'époque, l'accord n'était pas suffisant pour empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire. Suite à cela, on peut noter que l'Iran a repris progressivement l'enrichissement d'uranium, atteignant aujourd'hui à priori un seuil de 60%, alors qu'il faut atteindre un seuil de 90% pour pouvoir fabriquer une bombe atomique.

L'Agence internationale de l'énergie atomique et les pays occidentaux craignent donc que l'Iran soit bientôt en mesure de produire plusieurs bombes nucléaires. Et on en vient donc à la situation actuelle. Trump à la fois souhaite reprendre des négociations avec l'Iran sur le nucléaire et démanteler une partie de son programme. Le 20 mars, il a par ailleurs donné deux mois à l'Iran pour signer un accord sur le sujet. Fin mars, on peut noter que l'Iran s'est dit ouvert à des négociations indirectes avec les Etats-Unis sur son programme nucléaire.

Trump espère en fait faire pression sur l'Iran et donc les contraindre d'accepter un accord en affaiblissant l'Iran via notamment ses frappes donc sur les outils et en maintenant donc une pression sur l'Iran ainsi. Sauf qu'en face, côté iranien, on affirme qu'on ne négociera pas sous la pression. La stratégie de Trump est donc de mettre sous pression l'Iran, mais dans quelle mesure est-ce une bonne stratégie ? La crainte plus largement selon de nombreux spécialistes, c'est la crainte d'un embrasement régional encore plus important alors qu'en réalité, c'est déjà bien une situation extrêmement critique.

Évidemment déjà aujourd'hui en Israël, dans les territoires palestiniens ou encore au Liban, mais aussi donc ici de plus en plus au Yémen avec toujours l'Iran derrière. On verra donc comment tout cela évolue, mais ça me paraissait important de faire un point factuel sur l'historique et sur la situation en ce moment. Je vous mets des liens en description si vous voulez creuser le sujet. N'hésitez pas à vous abonner si ce n'est pas encore le cas. Je vous laisse avec Blanche pour les actualités en bref et je reviens juste après. Merci Hugo et bonjour à tous. On commence avec cette actu. Le président américain Donald Trump et son vice-président J.D.

Vance ont apporté leur soutien à Marine Le Pen, dénonçant, je cite, « une chasse aux sorcières menée par des gauchistes européens qui se servent de l'arme judiciaire pour faire taire la liberté d'expression ». Donald Trump a appelé ce jeudi soir à sa libération en jugeant que sa condamnation à une peine d'inéligibilité tombée lundi visait à l'empêcher de remporter la présidentielle de 2027. Il faut savoir que depuis la condamnation de Marine Le Pen, de nombreux dirigeants étrangers ont réagi en s'inquiétant de ce qu'ils voient comme une instrumentalisation de la justice contre des opposants politiques.

Beaucoup affirment que ce jugement est devenu un combat politique malgré les 9 ans d'enquête et les 152 pages de rapports de la justice. A noter que depuis leur arrivée au pouvoir, Donald Trump, J.D. Vance ou encore Elon Musk soutiennent régulièrement et ouvertement des partis d'extrême droite en Europe. Et tant qu'on parle de la condamnation de Marine Le Pen, la France Insoumise et les écologistes ont appelé à un rassemblement de la gauche contre l'extrême droite ce dimanche à Paris. Cette mobilisation a en fait pour but de répondre à celle que le Rassemblement National organise lui aussi ce dimanche en soutien à Marine Le Pen.

Si vous n'aviez pas suivi, Marine Le Pen a été condamnée à une peine d'inéligibilité de 5 ans avec exécution immédiate et une peine de prison de 4 ans dont deux enfermes aménagées sous bracelet électronique. Selon la justice, elle a détourné près de 2,9 millions d'euros du Parlement européen et 1,2 millions d'euros en tant que complice. Elle a fait appel de cette décision. Deuxième actu, ça concerne toujours la politique en France. Olivier Faure, le premier secrétaire du Parti Socialiste, a proposé de créer une plateforme pour désigner un candidat commun des partis de gauche à l'élection présidentielle de 2027 mais en excluant la France Insoumise du processus.

Selon Olivier Faure, il s'agirait d'un outil pour départager les futurs candidats à l'Elysée. Les communistes et les écologistes seront donc présents, mais pas LFI. En fait, de nombreux élus de gauche jugent que Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France Insoumise, a des positions trop radicales et le PS pourrait ici chercher à séduire un électorat qui vote d'habitude plutôt au centre. L'idée, ce serait, grâce à cette plateforme, de se positionner comme une nouvelle alternative pour la gauche. De son côté, Jean-Luc Mélenchon est actuellement le candidat de gauche en tête des sondages mais il refuse de se soumettre à une primaire, donc une élection interne.

Les détails de ce dispositif devraient être dévoilés ce samedi. Troisième actu, ça concerne les répercussions de l'augmentation massive des droits de douane sur les importations annoncées par le président américain Donald Trump ce mercredi. Alors, je ne vais pas tout vous rappeler aujourd'hui, mais si vous voulez en savoir plus, c'était le sujet à la une de nos actus du jour d'hier. En tout cas, ce matin, suite à ces annonces, Wall Street, donc la bourse de New York, qui est l'une des plus grandes et des plus influentes bourses mondiales, a chuté de 4,8%, soit sa pire journée depuis le début du Covid-19.

On parle d'une perte historique de 2 400 milliards de dollars effacés en une seule journée. Selon les analystes, ça pourrait mener à un ralentissement économique global avec un impact sur les échanges et l'emploi. Le FMI a dans la foulée alerté sur un risque important pour l'économie mondiale et a déclaré, je cite, qu'il est important d'éviter des gestes qui pourraient heurter encore davantage l'économie mondiale et a appelé à résoudre les tensions commerciales et réduire les intertitudes. A noter au passage que la Chine a annoncé ce vendredi mettre en place dès le 10 avril des droits de douane de 34% sur tous les biens en provenance des Etats-Unis, en réponse donc à ceux de Donald Trump.

Quatrième actu, Emmanuel Macron se rendra ce mardi près de la bande de Gaza pour marquer d'après l'Elysée sa mobilisation en faveur d'un cessez-le-feu. En fait, le président est attendu dès dimanche soir au Caire, la capitale de l'Egypte, et s'entretiendra lundi matin avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sisi. Plusieurs accords économiques devraient être signés et de nombreux ministres français se rendront également sur place avec lui. Concernant sa visite près de la bande de Gaza, le président français va y rencontrer des personnels d'ONG françaises, de l'ONU, du croissant rouge égyptien, mais aussi probablement des bénéficiaires palestiniens de l'action humanitaire.

Selon l'Elysée, l'objectif est notamment de discuter de l'urgence d'un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, alors que les négociations sur un potentiel cessez-le-feu n'arrivent toujours pas à aboutir entre les deux camps. A noter que le haut commissaire de l'ONU au droit de l'homme s'est dit horrifié ce jeudi par les meurtres de 15 personnels de santé et travailleurs humanitaires dans la bande de Gaza. Il a évoqué un possible crime de guerre d'Israël après des tirs sur des ambulances. De son côté, l'armée israélienne a indiqué enquêter sur l'incident en affirmant que ses soldats avaient ouvert le feu, je cite, sur des terroristes.

Cinquième actu, on vous en parlait en début de semaine, l'ex-employé de crèche qui a tué une fillette de 11 mois en lui faisant avaler du desktop il y a 3 ans a été condamné ce jeudi à 25 ans de prison. La prévenue, âgée de 30 ans aujourd'hui, a été reconnue coupable de faits de torture et barbarie sur un bébé ayant entraîné la mort sans intention de la donner. A noter que la famille de la victime s'est dit extrêmement déçue du verdict car l'homicide volontaire n'a pas été retenu. Le décès de la petite Lisa avait notamment permis de mettre en avant les dysfonctionnements des crèches privées qui ont depuis été la cible de nombreuses enquêtes.

Si vous voulez en savoir plus sur ces crèches privées et notamment sur le groupe privé People and Baby, on vous met en description le lien de notre interview de Victor Castanet, un journaliste qui a enquêté sur le sujet. Et on termine avec cette actu et c'est une bonne nouvelle, le zoo de Beauval situé dans le Loir-et-Cher a accueilli ce jeudi des singes dorés, une première en dehors de l'Asie. Cet accueil dans le cadre d'un programme de conservation a lieu suite à un accord entre la France et la Chine. Concrètement, le zoo s'occupera pendant 10 ans de trois singes dorés en danger d'extinction.

Le directeur du zoo a déclaré espérer avoir des bébés rapidement qui pourront repartir en Chine pour la réintroduction en milieu naturel. Il faut savoir que la China Wildlife Conservation Association avait déjà confié des pandas géants au zoo de Beauval. C'est assez précis, mais pour l'anecdote, ces singes sont les deux seuls primates connus, à part l'homme, à se déplacer sur leurs deux pattes arrière dans la neige. Cette espèce est de moins en moins nombreuse à cause de la destruction de ses habitats et de la chasse pour sa peau et sa viande. Merci pour ces actualités en bref.

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