Apologie du terrorisme : que changerait la proposition de LFI ? - C à Vous
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
"Il faudrait oser faire marche arrière, mais en faire le constat sereinement, en discuter avec les magistrats, plutôt que lancer ce débat en solitaire et au plus mauvais moment." - A.-E.Lemoine: Vous êtes d'accord avec ce constat?
Le débat mérite d'être mené, mais pas en solitaire et pas en ce moment? - F.Roussel: Je suis d'accord.
Rires. - A.-E.Lemoine: Vous avez expliqué ça aux insoumis? - F.Roussel: Il y a besoin d'une loi claire condamnant l'apologie du terrorisme.
C'était dans la loi sur la presse. Ca existait et c'était écrit. En 2014, ils l'ont mis dans le droit pénal.
Aujourd'hui, je suis d'accord avec le juge Trévidic: cette loi est dévoyée, mal utilisée, utilisée à l'excès. La proposition de loi de LFI est mal faite. Ils disent qu'il faut abroger l'existante, mais ils n'écrivent pas qu'il faut rétablir l'ancienne version.
Il manque cet article. - A.-E.Lemoine: C'est mal rédigé et mal réfléchi? - F.Roussel: Si ce texte était voté, ce serait abrogé mais pas rétabli.
Donc il n'y aurait plus de moyens juridiques pour condamner et poursuivre ceux qui font l'apologie du terrorisme. - A.-E.Lemoine: Cette loi créée en 2014 ne servait à rien? - F.Roussel: Si.
Je me suis replongé dans les débats. Nous l'avons soutenue, mais nous avons émis des remarques sur le fait qu'elle pourrait être dévoyée, mal utilisée... - A.-E.Lemoine: Avec des plaintes... - F.Roussel: Il existe un tribunal spécial, avec des magistrats spécialisés dans le droit de la liberté d'expression et le droit de la presse.
Il faut laisser ces magistrats juger ce genre d'affaire. C'est pour ça que ce délit apologie du terrorisme doit revenir. Il faut être intraitable.
La lutte contre le racisme et l'antisémitisme se retrouve dans ce texte de loi. - A.-E.Lemoine: LFI a divisé la gauche et a donné des munitions à ses adversaires, comme B.Retailleau. - F.Roussel: Je veux venir ici parler des salariés d'ArcelorMittal, des ouvriers de ce pays et de la proposition de loi que nous faisons pour lutter contre les licenciements abusifs. - A.-E.Lemoine: 136 emplois vont être supprimés d'ici juin dans 2 sites d'ArcelorMittal. - F.Roussel: Derrière eux, c'est toute l'industrie qui est menacée, ceux de Michelin, de l'automobile, de la sidérurgie, de Fos.
Est-ce qu'on aura encore des ouvriers qui porteront ce casque dans les années qui viennent? Sans gestes forts pour les protéger, ils vont mourir. - A.-E.Lemoine: Que dirait la proposition de loi? - F.Roussel: Quand des groupes réalisent des bénéfices, distribuent des dividendes, les licenciements ne doivent pas être autorisés.
On appelle ça des licenciements abusifs, boursiers. Ils doivent être interdits. - A.-E.Lemoine: C'est le cas d'ArcelorMittal? - F.Roussel: Oui.
Ce groupe distribue beaucoup d'argent, gagnait beaucoup d'argent. Ensuite, Dunkerque sera menacée. Cette aciérie fonctionne au charbon.
Il faut la transformer. Elle fonctionne à l'électricité. - P.Cohen: Ca demande des investissements considérables. - F.Roussel: 850 millions d'euros ont été débloqués.
Arcelor a décidé qu'ils ne feraient pas ces investissements. S'ils ne sont pas faits en 2025, ils ne seront pas prêts pour la période où on va sortir des énergies fossiles. L'usine qu'ils ont installée au Brésil va fabriquer ce que nous faisons à Dunkerque et l'acier viendra du Brésil.
Je crains même que ce soit dans le Mercosur. Dans le Mercosur, il n'y a pas que l'agriculture. Le Brésil fait partie des pays d'Amérique latine concernés.
Je crains qu'ArcelorMittal mise sur le Mercosur et que l'acier vienne du Brésil. - A.-E.Lemoine: Sous quel gouvernement cette proposition de loi sera-t-elle débattue?
M.Barnier est menacé par une motion de censure. Il a entamé ce matin des rendez-vous avec les oppositions parlementaires.
Ce matin, M.Le Pen a été reçue par le Premier ministre. - M.Le Pen: Ma position n'a pas évolué, pas plus que celle du Premier ministre. - Si le vote avait lieu cet après-midi, vous censureriez le gouvernement? - M.Le Pen: Le budget, s'il ne passe pas, c'est celui de l'an dernier qui s'appliquera.
Il est moins mauvais que celui-là car il y a moins d'impôts qui pèseront sur les classes populaires et les classes moyennes. - A.-E.Lemoine: Si le budget reste en l'état, M.Le Pen votera la censure.
Vous avez appelé le RN à voter cette motion de censure. Si le gouvernement tombe, vous direz merci aux députés du RN? - F.Roussel: Ce n'est pas ça.
Je cherche à démasquer l'imposture du RN sur son discours. Le RN dit tous les jours qu'il défend le pouvoir d'achat des Français. La réalité, en commission des finances, quand les députés de gauche ont transformé ce budget pour qu'ils ne s'attaquent plus au pouvoir d'achat des Français, à la fin, les députés du RN, ceux de monsieur Barnier ont voté ensemble pour déconstruire ce que nous avions fait.
M.Le Pen est devant ses buts. Je vais voir ce qu'ils vont faire.
J'attends de voir ce qu'ils vont faire. Le budget, présenté comme aujourd'hui, prévoit d'augmenter les prix des médicaments, des consultations médicales, de l'électricité, de geler les retraites. Tout ça, c'est mauvais pour les Français.
Nous ne voulons pas de ce budget. - A.-E.Lemoine: Pour le bloquer, vous avez besoin d'une alliance de circonstance avec le RN.
Pas facile à expliquer aux électeurs du PCF? - F.Roussel: Ce n'est pas facile.
On n'a que 193 députés. Ca ne fait pas une majorité. Si, demain, on veut empêcher ce budget de passer, il faut que chaque député soit cohérent avec son discours. - P.Cohen: Le résultat du vote, c'est pas de budget, et pas un budget de gauche. - F.Roussel: Quand il y a un 49-3 sur un budget et une motion de censure derrière, la motion de censure fait tomber le gouvernement et le budget. - P.Cohen: Donc il n'y a pas de budget. - F.Roussel: Si. - P.Cohen: Ca ne produit pas un budget de gauche à la place. - F.Roussel: Si!
Laissez-moi un peu d'espoir. J'espère que monsieur Macron va entendre ce que disent les Français depuis des mois: qu'ils veulent enfin avoir des députés, un gouvernement qui va répondre à leurs attentes. Nous nous attendons à ce qu'il nomme un nouveau gouvernement.
Il va enlever toutes les mesures toxiques et il va faire rentrer des recettes. - A.-E.Lemoine: En 24 heures?
Comme D.Trump qui veut régler la guerre en Ukraine... - F.Roussel: J'entends déjà le discours. "Vous allez provoquer la faillite de l'Etat." On n'est pas aux Etats-Unis.
Il n'y a pas de shutdown, chez nous. Il y a 2 choses. Ou monsieur Macron nomme un gouvernement de gauche et on rétablit des mesures sociales...
On se donne quelques jours avant le 30 décembre pour voter ces 1res mesures et on fait un projet de loi de finances rectificatif au 1er trimestre. - E.Tran Nguyen: On se rappelle le temps que ça avait mis pour avoir un trimestre.
Vous allez reproposer L.Castets? - F.Roussel: La question, ce n'est pas si on repropose L.Castets ou quelqu'un d'autre.
La question, c'est: est-ce que monsieur Macron et ses députés sont prêts à accepter qu'il y ait demain un budget à l'inverse de ce qu'ils ont fait? - E.Tran Nguyen: Est-ce que vous êtes prêt, vous, à dégainer un nouveau gouvernement et un nouveau Premier ministre? - F.Roussel: Des 193 députés, on a montré qu'on était prêts à travailler avec d'autres députés, MoDem, centristes, y compris parfois des macronistes.
Au PCF, nous sommes clair: ce n'est pas tout le programme, rien que le programme. On demande 5 mesures. L'abrogation de la réforme des retraites, l'indexation des salaires et des pensions sur l'inflation, la baisse du coût de l'électricité... - A.-E.Lemoine: Il faut faire un programme, faire un budget, le faire adopter en ayant choisi un premier ministre en 10 jours. - F.Roussel: On a 10 jours.
Monsieur Macron, c'est à lui de se bouger. S'il met 2 mois à nommer un Premier ministre, c'est celui qui met le pays dedans. Je n'y suis pour rien, moi! - E.Tran Nguyen: Qui serait votre Premier ministre? - F.Roussel: On en a plein sous le coude.
La question, c'est à monsieur Macron et à ses députés qu'il faut la poser. Sont-ils prêts à ce qu'il y ait demain un Premier ministre ou une Première ministre qui soit prêt à mettre en oeuvre ces mesures? Est-ce qu'il accepterait ça? - A.-E.Lemoine: Chez Ensemble pour la République, ils ne veulent pas de cette motion de censure. - F.Roussel: Le problème n'est pas chez nous, mais chez eux.
Ils veulent passer au forceps des mesures que les Français ne veulent pas. C'est eux qui provoquent le chaos. C'est même eux qui provoquent une crise dans le monde économique.
Les entreprises ne savent pas où elles vont. Aujourd'hui, c'est le grand vide. Le président de la République prend des risques énormes.
Il vaut mieux un gouvernement de gauche qu'il laisse travailler et dont on sait où il va aller...
On a présenté nos mesures. On a fait voter 58 milliards d'euros de recettes supplémentaires. On fait passer le déficit en dessous des 3 %.
On défend les ouvriers. On va défendre les services publics. Qu'il nous laisse travailler!
Les Français jugeront si ça va ou pas au bout d'un an. Mais qu'il donne de la lisibilité aux acteurs de la vie sociale, aux communes, qui sont exsangues...
Vous ne vous rendez pas compte de notre situation! Comment vont travailler nos communes l'an prochain? Avec quel budget? - A.-E.Lemoine: On a entendu vos arguments. - P.Cohen: Quelques mots sur la situation internationale.
On a été surpris de voir, il y a une dizaine de jours, à l'occasion du changement d'administration à la Maison-Blanche et de la décision de J.Biden d'autoriser les Ukrainiens à utiliser des missiles longue portée pour frapper les bases militaires en Russie...
Un changement de ton assez net de la part du PCF à la une de "L'Humanité". Dans votre une: "J.Biden a du sang sur les mains." On vous avait entendu avec des mots de soutien assénés à l'égard de l'Ukraine de Zelensky.
Quand je parlais du sang sur les mains, je parlais de Gaza et de la Palestine et de la responsabilité immense de l'administration Biden dans le massacre des Palestiniens à Gaza. Deuxièmement, dans cette guerre qui vient en Europe, il y a un agresseur, Poutine, que j'ai toujours qualifié d'agresseur nationaliste...
Il a du sang sur les mains. - F.Roussel: Oui.
Il y a aussi un pays agressé, l'Ukraine. Nous en sommes à quasiment 3 ans de guerre. 1 million de victimes, essentiellement ukrainiennes, militaires et civiles.
Des victimes russes aussi, des soldats. Ce conflit, de plus en plus, ressemble à la Première Guerre mondiale. Aujourd'hui, j'alerte sur le fait que les mêmes mécanismes qui ont conduit à la Première Guerre mondiale peuvent conduire à une 3e guerre mondiale.
En plus, elle sera nucléaire. Je dis: "Arrêtons les discours va-t-en-guerre, arrêtons de livrer des armes, ce qui fait de l'Otan des belligérants prêts à rentrer en guerre." - P.Cohen: Ca revient à inviter l'Ukraine à capituler. - F.Roussel: Il faut inviter l'Ukraine à négocier, à aboutir à un cessez-le-feu rapidement, à se mettre autour de la table... - A.-E.Lemoine: Aux conditions de V.Poutine. - F.Roussel: Les diplomates le disent: c'est l'objet des discussions qu'ils vont avoir pour se mettre d'accord dans une sortie politique.
Tout conflit, même quand il dure longtemps, comme celui du Vietnam...
Ca passe par une négociation et une discussion. Il y a des discussions diplomatiques qui ont lieu, qui durent parfois des mois. On passera par là.
Ceux qui disent, comme monsieur Biden, et c'est ça que je lui reproche, qu'il faut gagner militairement cette guerre...
Certains pays d'Europe le disent aussi. Ils nous poussent à aller à la guerre. Ils nous poussent, les pays d'Europe, à rentrer en guerre.
Nous ne voulons pas de 3e guerre mondiale. Le PCF veut la paix le plus rapidement possible, et donc des discussions. C'est ce sur quoi j'alerte.
C'est pour ça que ces missiles longue portée ne vont pas
Fabien Roussel