L'invité de Bourdin Direct : Gérald Darmanin - 29/11
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Jean-Jacques Bourdin. Notre invité Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, bonjour. Bonjour. Le Covid, est-ce qu'il y a en France des cas de contamination avec ce fameux variant sud-africain, enfin fameux, entre guillemets, variant sud-africain Omicron ?
A pas notre connaissance. Vous avez vu qu'on a pris des décisions très rapides, notamment la fermeture de l'arrivée des vols de 7 pays d'Afrique qui sont concernés. Mais le ministre de la Santé a fait une déclaration hier. Il a dit qu'il est probable que quelques cas de ce variant soient en France. Pour l'instant, les autorités sanitaires n'ont pas eu connaissance de ce variant. Mais nous faisons tout pour le trouver, si jamais il existe en France.
Je veux dire d'ailleurs, relayer le message du ministre de la Santé, que tous ceux qui sont allés dans ces pays, notamment l'Afrique du Sud, où ce variant circulait, il faut absolument qu'ils aillent se faire, qu'ils soient ou non positifs, qu'ils aient ou non des symptômes, qu'ils aillent faire ce test pour qu'on puisse trouver éventuellement le patient qu'il est.
Bien. Question que tout le monde se pose. Est-ce qu'il sera possible de passer les fêtes de fin d'année et l'hiver sans restriction de circulation et sans confinement ? On fait tout pour.
On fait tout pour. Grâce à deux choses qui nous ont aidé depuis le début, malgré les grandes contestations qu'il y a pu avoir. Monsieur Bourdin, vous vous en souvenez ? La vaccination. La vaccination est une arme contre la restriction de liberté et le pass sanitaire. Et les deux combinés fait que la France, aujourd'hui, est un des pays qui peut, sans confinement, sans restriction, continuait à vivre le mieux possible. Quand on regarde nos voisins, on voit que, évidemment, les choses sont différentes. Donc, le président de la République a eu raison de faire le pari de la vaccination et le pari du pass sanitaire.
Mais Gérald Darmanin, certains, même, demandent d'aller plus loin et de rendre, pourquoi pas, la vaccination obligatoire, je l'entends, et dans la classe politique et chez les Français, et de, finalement, de soumettre les non-vaccinés à des restrictions plus strictes.
D'abord, ce ne serait pas constitutionnel, me semble-t-il, de distinguer les Français selon qu'ils aient été ou pas vaccinés. Non, mais le choix fait par le président de la République est celui de, d'abord, la pédagogie. Il reste à peu près 5 millions de personnes ne pas vaccinées. Il faut que ces personnes continuent à aller se faire vacciner. Et je pense que le travail mis en place par le gouvernement, par le président de la République, c'est de la pédagogie. La vaccination, c'est la protection. Et puis, il y a le pass sanitaire. Le pass sanitaire, c'est à la fois, vous avez vos vaccins, vous pouvez circuler, ou vous avez des tests.
Aujourd'hui, on a réduit, vous savez bien, la veille de l'Est à 24 heures. En fait, c'est simple, oui. Ça respecte la liberté... C'est un pass vaccinal, quoi. Ça respecte la liberté de gens qui ne veulent pas se faire vacciner et qui veulent quand même aller au restaurant. Mais effectivement, ça limite les moyens, si j'ose dire, d'avoir des tests PCR à la place de la vaccination. Donc, nous incitons toutes les Français, tous les Français, toutes les personnes qui sont sur notre territoire, à se faire vacciner.
Les vols à destination du Maroc, ou en provenance du Maroc suspendu à partir de ce soir, 23h59, que vont faire les Français qui sont là-bas et qui veulent rentrer, par exemple ? D'abord, j'ai compris que c'était pour quelques jours
que les autorités marocaines aient pris ces décisions. Deux semaines. Quelques jours. Nous avons des discussions diplomatiques avec les pays qui nous entourent. C'est pareil pour les sept pays d'Afrique, où c'est nous qui avons mis fin au vol. Il y a aussi des Français, il y a aussi des personnes qui sont dans ces pays. On les rapatrie, ceux qui ne sont pas encore partis ? Nos ambassades, nos consulats font ce travail. Vous savez, ils l'ont fait de manière beaucoup plus difficile, si j'ose dire. Pendant la première période du Covid, nous sommes malheureusement rompus à ce genre d'exercice. Il n'y a aucun Français qui ne sera mis de côté.
Bien, les migrants. Le drame de la semaine dernière vous a fait réagir, mais on va parler de la situation là-bas, d'ailleurs à Grande-Sainte, à Calais ou à Dunkerque, Gérald Darmanin. Réunion hier avec les ministres belges, allemands et néerlandais. Il n'y avait pas la ministre britannique, vous l'aviez souhaité. Aujourd'hui, je crois que vous la rencontrez, tout à l'heure ? Non. Non ? Mais vous êtes en réunion avec Emmanuel Macron tout à l'heure ? Tout à fait. À 9h30. Juste après vous. Juste après moi. Tous les deux ? Non, au conseil de défense, il y a d'autres personnes. Pour l'invitation du président de la République.
Bon, à l'invitation du président de la République. Pour prendre des décisions ? Pour faire le point ? Vous savez, depuis que je suis ministre de l'Intérieur, il ne se passe pas une journée où je ne m'occupe pas de Grande-Synthe, de Dunkerque et de Calais, comme tous les ministres de l'Intérieur depuis 20 ans. Ça fait 20 ans que ça dure cette histoire, M. Bourdin. On a progressé depuis 20 ans. Je lis parfois ou j'écoute des voix qui disent il ne se passe rien. Il y a 15 fois moins, 15 fois moins de migrants aujourd'hui qu'il y a 10 ans. Combien il y a de migrants aujourd'hui ?
Calais, Grande-Synthe, Dunkerque à peu près ?
Il y en a à peu près 2 000. 2 000 migrants ? Alors, les choses varient, évidemment. Depuis le 1er janvier, M. Bourdin, on en a relogé 12 000. L'État français a relogé 12 000 personnes depuis le 1er janvier. Depuis le 1er janvier, les policiers et les gendarmes ont sauvé en mer 7 800 migrants. Ils ont sauvé la vie à 7 800 personnes. Ça ne retire rien à l'émotion du drame des 27 personnes qui sont mortes, avec des femmes enceintes, des enfants. C'était absolument horrible et ignoble. Mais on a sauvé 7 800 personnes. Tous les jours, on distribue 2 200 repas, M. Bourdin, pour répondre à votre question, gratuitement.
C'est l'État qui les distribue ou qui paye les associations qui les distribuent, 2 200 repas. Donc, il y a à peu près 2 000 migrants. Mais malheureusement, vous savez, l'un des migrants qui est survivant en mer de Manche, du 24 novembre, ça faisait 6 jours à peine qu'il était sur le territoire national. Il est venu d'Allemagne, il est venu de Pologne, il est venu de Biélorussie. 6 jours. Voilà. Donc, malheureusement...
Et à l'origine du Kurdistan irakien.
Et à l'origine, effectivement, un vol sans doute du Kurdistan irakien en passant sans doute par la Syrie en allant à Minsk. Donc, ce que je veux aussi vous dire, c'est que le drame de Calais, c'est un drame international. Ce qui se passe en Irak, ce qui se passe en Afghanistan, ce qui se passe en Biélorussie, a évidemment une conséquence à Grande-Synthe, à Dunkerque et à Calais. Donc, les solutions simplistes, vous voyez, c'est pas prendre les Français pour des gens à tuer.
On va entrer dans le détail, Gérald Darmanin. Vous allez rencontrer votre homologue britannique dans la semaine ?
Alors, on verra bien. Moi, je suis tout à fait prêt à discuter... Non, mais je suis tout à fait prêt à discuter avec mon partenaire britannique, que Mme Patel est quelqu'un de très bien. J'ai son numéro de téléphone. On s'appelle quasiment tous les jours. Depuis que je suis mise à l'intérieur, je l'ai vue de très nombreuses fois. Je suis de nombreuses fois à Londres et je suis tout à fait prêt à discuter avec elle. Mais comme, évidemment, on discute avec des amis...
La Grande-Bretagne apporte des solutions ou prenne ses responsabilités, Gérald Darmanin. Est-ce que la Grande-Bretagne prend ses responsabilités ?
À condition que nous avons un rapport normal et d'égalité d'humeur avec les Anglais. Nous ne l'avons pas aujourd'hui ? Non, on ne l'a pas. C'est pour ça, d'ailleurs, qu'on n'a pas invité Mme Patel dimanche entre Européens. D'abord parce que c'est des réunions entre Européens et qu'ils ont fait le choix de partir de l'Europe. Et puis deuxièmement, parce que les discours privés, les échanges privés que nous avons, ne sont pas, je parle en général, pas simplement avec la ministre britannique de l'Intérieur, ne sont pas toujours conformes aux échanges publics. C'est-à-dire ? Expliquez-nous.
Lorsqu'il y a des échanges diplomatiques, sérieux, c'est des questions très complexes et très sérieuses, il y a des vies qui sont en jeu. Oui, justement. Quand vous avez des échanges et que nous pouvons avancer sur des choses sérieuses ensemble et que vous vous apercevez quelques dizaines de minutes plus tard qu'une lettre dont personne n'a jamais évoqué l'existence est publiée sur Twitter du Premier ministre britannique au Président de la République française avant que le Président de la République l'ait reçu, c'est un peu particulier. Évidemment, Emmanuel Macron n'avait pas été prévenu de cette lettre. Non. Ni moi, ni M. le Président de la République. Ni vous.
Alors, vous avez eu des échanges quelques dizaines de minutes plus tôt à tous les niveaux. Deuxièmement, lorsque dans cette lettre, les Anglais disent que les Français doivent reprendre leurs migrants, tous leurs migrants, c'est de se moquer du monde. Vous savez combien il y a de demandes d'asile en France cette année ? 150 000. Combien il y en a eu en Grande-Bretagne ? 30 000. Vous savez combien il y a d'immigrés clandestins en Grande-Bretagne ? Plus d'un million. Et vous savez qu'en Grande-Bretagne, si les migrants veulent aller en Grande-Bretagne, c'est bien qu'il y a une raison. Ils veulent y aller parce que sans carte d'identité, M. Bourdin, ils peuvent travailler et payer des impôts.
Parce que l'un des moteurs de la politique économique anglaise, pas tout le moteur, évidemment, c'est notamment de faire travailler des personnes clandestines. Karl Marx s'appelait ça l'armée de réserve. Donc nous, on dit aux Anglais, vous êtes en partie responsables, pas totalement, évidemment. Chacun a une part de responsabilité. Vous êtes en partie responsables de l'attractivité de toutes ces personnes qui veulent traverser le monde, traverser l'Europe, traverser la France. Et s'ils sont accalés par milliers ou à Grande-Sainte ou à Dunkerque, c'est parce qu'ils veulent aller en Grande-Bretagne.
Alors, sur ces questions migratoires, la frontière britannique et sur les côtes françaises, après les accords du Touquet et de Sanders qui ont suivi ces accords, est-ce qu'il ne serait pas possible de mettre en place en France des bureaux britanniques, je ne sais pas moi, d'immigration et d'asile ?
Ce qui est sûr, c'est qu'il faut que la Grande-Bretagne, et ça c'est le sujet sérieux que nous devons discuter avec eux, ouvre la possibilité d'un accès légal de leur pays par l'immigration, comme nous en avons tous.
On ouvre des bureaux, les Britanniques ouvrent des bureaux en France. Non, attendez, je n'ai pas dit ça.
Je vous ai dit que ce qu'il faut, c'est que l'Angleterre, qui est une île, mais qui n'est pas qu'une île, elle est dans le monde. Elle est à 30 kilomètres des côtes de Calais de Blonne-sur-Mer, que l'Angleterre ouvre un accès légal d'immigration. Parce qu'aujourd'hui, pour les personnes qui veulent aller demander l'asile en Angleterre, qui veulent demander des visas en Angleterre, ils n'ont pas d'autre moyen que de traverser la Manche comme ils le font aujourd'hui. 60% des migrants qui sont sur les bateaux, les small boats, ils sont éligibles à l'asile en Angleterre. Et vous savez quoi ? Ils ne demandent pas l'asile en France.
Quand j'entends que la France veut s'en débarrasser, on leur demande. Voulez-vous déposer une demande d'asile chez nous ? Ils leur répondent non. Ils veulent aller en Angleterre. Donc, il faut que les Anglais puissent étudier ces demandes d'asile. Aujourd'hui, il n'y a pas de voie d'accès légale pour le faire. Donc, on est dans une impasse. Alors, maintenant, il faut étudier ça. Alors, quelle solution ? Créer une voie d'accès légale ? C'est possible. On doit en discuter avec les Anglais, bien sûr. Vous êtes favorable ? On peut en discuter avec les Anglais. Moi, je ne prends pas de décision à la place du peuple souverain britannique. Mais on doit en discuter avec les Anglais.
Mettre un bureau de demande d'asile en France pour l'Angleterre, ce ne serait pas tout à fait la chose que nous recommanderions. Parce que là, nous allons mettre encore plus de personnes à Calais et à Dunkerque qui attendent le bureau d'asile en France pour aller en Angleterre. Donc, nous devons respecter la souveraineté française. On doit pouvoir parler avec tous nos pays européens. Vous savez, ce survivant irakien, il était en Allemagne quand il a demandé son asile. Et évidemment, il doit y avoir une voie d'accès légale en Angleterre.
Mais Gérald Darmanin, la Grande-Bretagne a quitté l'Union Européenne. Brexit, les accords du Touquet datent d'avant le Brexit. Est-ce qu'ils ne sont pas obsolètes aujourd'hui ? Est-ce qu'il n'y a pas matière à remettre en cause ces accords ?
Alors moi, j'entends qu'on cite les accords du Touquet qui avaient été négociés par Nicolas Sarkozy comme le matraque. Il faut absolument révoquer. On peut toujours tout discuter. Ça ne pose pas de problème en soi. Moi, je n'ai pas de fétichisme sur les accords du Touquet. Mais les accords du Touquet, M. Bourdin, c'est un accord qui prévoit l'immigration légale. C'est où est la frontière entre l'Angleterre et la France, sachant qu'il y a la Manche, pour les touristes, pour les gens qui demandent des visas. Pas pour les immigrés clandestins, pour l'immigration légale. Donc vous pouvez révoquer les accords du Touquet.
Ça ne changera rien puisque les immigrés clandestins ne passent pas par les accords du Touquet pour aller en Angleterre ou pour les Anglais pour venir en France.
Donc ça n'a rien à voir. Les accords du Touquet prévoient une aide financière de la Grande-Bretagne. Est-ce qu'elle est versée d'ailleurs ?
C'est un autre accord qui n'a rien à voir avec les accords du Touquet qui s'appelle le traité de Sanders qui a été négocié en 2018 qui prévoit sur les 200 millions que ça nous coûte grosso modo 60 millions. C'est le dernier que j'ai négocié. Est-ce que les Anglais paient ? Oui, ils le payent après qu'on ait dû le rappeler. J'étais même sur votre plateau M. Bourdin parce que j'ai dit que les Anglais s'étaient engagés mais n'avaient pas payé. Et après plusieurs relances ils ont effectivement versé la première part qu'ils devaient verser. Mais je veux dire M. Bourdin que cette question elle est d'avant tout une question il faut bien le souligner une question anglaise.
C'est parce qu'il n'y a pas de voie légale pour les immigrés d'aller en Grande-Bretagne. 30 000 demandes d'asile sur 150 000 pour la France par exemple. Et parce que nous travaillons sans carte d'identité en Angleterre qu'il y a cet appel d'air. Donc vous me posez la question que faire avec les Anglais mais qu'ils changent leur législation. Qu'ils prennent leurs responsabilités et au lieu d'être le putsching ball de la presse britannique par médias interposés ou de la Chambre des communes nous aimerions discuter sérieusement avec nos amis britanniques.
Un avion européen de Frontex va survoler la Manche d'une part les migrants est-il vrai parce que j'ai vu les accusations des associations est-il vrai que certaines associations ont été empêchées de distribuer de la nourriture est-il vrai que des tentes ont été lacérées lors d'interventions de forces de police c'est vrai ou faux ?
Alors d'abord j'ai fait empêcher la distribution de repas en centre-ville de Calais ça c'est tout à fait vrai validé par le tribunal administratif et le conseil de l'état m'a donné raison. Pourquoi ?
Parce que je pense aussi aux habitants de Calais qui vivent des drames humains depuis plus de 20 ans et moi je peux on peut saluer leur patience collective personne n'accepterait de faire ce que vivent les habitants de Calais les habitants de Vincaire les habitants de Grande-Synthe donc oui j'ai fait interdire les repas en centre-ville par contre évidemment on n'a pas interdit les repas tout court et je répète que l'état paye 2200 repas par jour ça coûte 4 millions d'euros d'argent public depuis le 1er janvier la France a sa part d'humanité nous avons relogé 12 000 personnes d'ailleurs les gens ne veulent pas être relogés à Calais vous savez au moment où je vous parle alors qu'il y a 1000 migrants autour de Calais il y a plus de 150 places vides d'hébergement pourtant chauffées que nous proposons aux migrants ils ne veulent pas y aller ils ne veulent pas y aller parce qu'ils ne veulent pas passer en Angleterre ils ne veulent pas habiter en France ils veulent aller en Angleterre deuxièmement sur cette histoire de tente une société privée était embauchée par l'état une fois que les évacuations étaient faites par les policiers et les gendarmes pour récupérer les tentes et pour les jeter et il est lacéré en effet il n'y avait pas de commande de l'état c'est la société qui le faisait parce qu'elle prenait les tentes et elle les mettait ensuite à la benne nous avons demandé d'arrêter cela parce qu'on s'en est aperçu notamment parce que des journalistes nous l'ont montré mais ce ne sont pas les policiers et les gendarmes qui prennent des cuteurs et qui lacèrent les tentes c'est ce qui est devenu finalement sur les réseaux sociaux la critique des policiers et des gendarmes ce n'est pas les policiers et les gendarmes une fois que les gens étaient partis la lacération des tentes que j'ai fait arrêter était faite par une société privée je veux dire monsieur Bourdin qu'aujourd'hui les policiers et les gendarmes à Calais ils sauvent des vies tous les jours ils se jettent à l'eau littéralement dans la Manche au mois de novembre pour sauver des bébés des femmes enceintes des villiards qui tombent à l'eau donc au lieu de critiquer les policiers et les gendarmes on ferait mieux de leur rendre honneur tous les jours
Gérald Darmanin sur l'immigration ensuite je vais passer à la Guadeloupe-Martinique et à la politique mais sur l'immigration est-ce qu'on a besoin d'une immigration-travail en France ? Est-ce que l'immigration
est une chance pour la France ? L'immigration c'est ni une chance ni une malchance pour la France moi je suis moi-même issu de l'immigration comme beaucoup de français c'est de la croissance
l'immigration-travail
mais il y a des moments où on a besoin de l'immigration il y a des moments où on doit réguler cette immigration on doit pouvoir intégrer les étrangers qui viennent sur notre somme mais aujourd'hui on manque de main-d'oeuvre par exemple on n'a pas besoin d'immigration-travail on a en partie besoin d'immigration-travail mais moi je me refuse peut-être que pardon de le dire comme ça M.
Bourdin c'est sans doute mon côté de gauche ou issu de milieux très populaires je refuse de voir les gens que par rapport à l'économie oui non mais vous voyez ce que je veux dire il y a parfois des patrons je vais vous dire qui tout en me disant vous n'êtes pas assez durs sur l'immigration demande des visas pour que les gens viennent travailler dans leur usine ou dans leur exploitation agricole là je me dis il y a un peu de schizophrénie moi je traite les hommes pour ce qu'ils sont pas pour des outils productifs voilà donc je me refuse de me penser à l'immigration que parce qu'on en a besoin à cause du travail mais on a sans doute besoin en partie aujourd'hui dans les exploitations agricoles vous l'avez dit dans certaines entreprises d'immigration de travail bien quelques chiffres
Gérald Darmanin combien de demandes d'asile en France en 2021 on a les chiffres
on sera à 150 000 entre 130 000 et 150 000 et combien de déboutés ? on en accepte à peu près 30% 30%
combien de reconduites à la frontière ?
aujourd'hui entre à peu près 20 000
20 000
oui insuffisant oui bien sûr c'est insuffisant très insuffisant ça dépend quand on se compare aux stations les anglais c'est 6 000 alors qu'ils ont un million et demi de clandestins je constate qu'on a fait trois fois plus que les italiens qui ont beaucoup d'immigration mais c'est vrai que c'est difficile et c'est difficile pourquoi ?
parce qu'il y a le Covid quand le Maroc ferme son espace aérien vous ne pouvez plus expulser d'étrangers au Maroc c'est difficile parce qu'elles étaient en guerre en général les immigrés que vous avez sur votre sol ce n'est pas toujours des gens qui vivent en démocratie l'Afghanistan la Syrie la Libye donc c'est difficile de renvoyer dans ces pays en guerre on ne va pas renvoyer des étrangers chez les talibans donc oui c'est difficile mais ça a des raisons et les délinquants étrangers expulsés ?
alors le président de la république m'avait demandé de faire une liste de 1100 étrangers délinquants sortant de prison dangereux ceux qui s'étaient pris aux policiers violence conjugale trafic de stupéfiants aujourd'hui pas plus tard que ce week-end on a dépassé les 1000 sur les 1100 qui étaient prévus pour le 31 décembre on a expulsé plus de 1000 étrangers sortant de prison ou condamnés pour la justice et qui eux sont retournés dans leur pays c'est ce qu'on a voulu faire avec le président de la république s'en prendre aux étrangers pour ce qu'ils font quand ils font des actes de délinquance c'est dehors mais ne pas regarder les étrangers par nature comme étant des gens dangereux il y a plein de gens formidables qui quittent leur pays pour venir travailler en France
Gérald Darmanin la Guadeloupe la Martinique les déclarations du ministre de l'Outre-mer ces déclarations ont fait du bruit sur ce potentiel débat sur l'autonomie de la Guadeloupe ça veut dire quoi ? ça veut dire un statut qui ressemblerait à celui de la Polynésie française ?
d'abord je veux dire que le ministre des Outre-mer qui fait un travail difficile et courageux discute avec les élus tous les élus et c'est les élus qui ont demandé ce débat sur l'autonomie c'est pas le gouvernement c'est les élus donc on peut pas à la fois dire le gouvernement n'écoute pas les élus puis quand il les écoute dire ah bah il écoute trop les élus deuxièmement le débat sur l'autonomie c'est évidemment pas le débat sur l'indépendance le ministre Lecornu a eu raison de souligner l'autonomie c'est à la fois la décentralisation pour l'Outre-mer et effectivement ça pourrait s'apparenter à un statut comme la Polynésie française en a aujourd'hui qui est un territoire pleinement français où nous avons nos armées où il y a bien sûr les policiers de la République
l'État n'intervient que
sur le régalien en gros parti mais les compétences sociales les compétences économiques sont de la compétence du territoire et de santé je constate d'ailleurs que la Polynésie a décidé de la vaccination indépendamment de la décision du gouvernement français et c'est une responsabilité forte vous savez quand les gens attaquent la proposition de Sébastien Lecornu ils attaquent un peu aussi nos territoires ultramarins il y a un petit côté allez colonial sans doute peut-être dans certaines propositions quand on te dit mais ils ne sont pas capables de s'organiser
mais les Guadeloupéens les Martiniquais veulent plus d'État dit Xavier Bertrand
d'abord moi je veux dire que le ministre des Outre-mer il est aujourd'hui en Guadeloupe donc je pense que de Paris c'est difficile de dire ce que veulent les Guadeloupéens donc j'imagine qu'il faut être le ministre des Outre-mer en ce moment en Guadeloupe pour discuter avec les îles Guadeloupéens et que tous ceux qui veulent sans doute avoir une idée sur la Guadeloupe doivent aller en Guadeloupe
bien parlons politique un tout petit peu Gérald Darmanin est-ce que le doigt d'honneur accompagné des mots bien profonds disqualifie Éric Zemmour pour la présidentielle ?
je ne vais pas commenter le doigt d'honneur de quelqu'un qui n'est pas encore candidat à l'élection présidentielle non j'essaye d'avoir un peu de dignité dans le débat public
c'est qu'il risque d'être candidat dans les jours qui viennent
mais vous voyez au courant on en est réduit c'est-à-dire ? on est loin du général de Gaulle avec Éric Zemmour le comportement on ne va pas commenter il y a des choses plus importantes me semble-t-il moi je n'ai rien personnellement contre telle ou telle personne mais voilà je pense que si on pouvait rester à un niveau à peu près acceptable pour les français ça aiderait la politique et ça aiderait tous ceux qui regardent la télévision comme quand j'étais petit M.
Bourdin qui disait la poétique c'est un c'est difficile c'est plein d'honneur c'est du courage pour son pays c'est des débats passionnants et je pense qu'aujourd'hui des gens qui regardent les jeunes qui avaient 14, 15, 16 ans qui regardent la télévision peut-être ce matin commenter le doigt d'Éric Zemmour ça ne donne pas très envie de faire de la politique je pense LR qui va gagner ?
vous connaissez bien la maison ?
même si ça a changé ? j'ai plein d'amis au LR encore aujourd'hui qui n'ont pas fait le même choix que moi qui parfois attendent cette primaire pour rejoindre le président de la République mais c'est autre chose qui me disent qu'Éric Zemmour ah pardon j'ai fait un lapsus pardon qu'Éric Ciotti a de grandes chances de gagner ils se ressemblent non ? en tout cas Éric Ciotti est sans doute la personne la plus sincère dans ce débat il était déjà à la droite très dure j'allais dire à la droite extrême il dit qu'il peut travailler avec M.
Zemmour il dit qu'il nommera Laurent Wauquiez Premier ministre Mme Le Pen dit qu'il pourrait être son ministre de l'Intérieur Éric Ciotti est un homme intelligent je le respecte personnellement en tant qu'homme mais il est sans doute aujourd'hui celui qui correspond le plus au LR moi je ne serais pas étonné qu'Éric Ciotti serait non seulement au second tour mais gagne l'élection primaire c'est l'homme qui a l'air le plus sincère et le plus cohérent avec tout ce qu'il dit depuis 4 ans moi je peux témoigner qu'Éric Ciotti est très cohérent dans l'attaque contre le président de la République contre notre politique c'est un adversaire que je respecte mais je n'ai pas l'impression qu'il mente aux adhérents LR donc j'allais vous dire en tant que commentateur oui les LR que je connais vont voter Éric Ciotti
Gérald Darmanin Marlène Schiappa dans l'affaire Nicolas Hulot et les accusations Marlène Schiappa ministre déléguée auprès de vous a-t-elle fauté ?
moi je ne souhaite pas rentrer dans ce débat médiatique d'abord je veux dire que Marlène Schiappa c'est une excellente ministre auprès de moi et je n'ai pas à me plaindre un seul instant de son sens de l'honneur et de son goût pour l'intérêt général monsieur Hulot aujourd'hui il y a une enquête judiciaire qui est ouverte si j'ose dire tant mieux cette enquête judiciaire elle va établir des faits ou non elle va pouvoir entendre des personnes voilà et moi je pense que c'est toujours mieux qu'il y ait des enquêtes judiciaires
pour le reste je pense je dis ça parce qu'en 2018 elle avait affiché ouvertement son soutien à Nicolas Hulot après la première accusation
je pense encore une fois que c'est toujours mieux quand on ne commente pas voilà les affaires judiciaires c'est très difficile parce qu'aujourd'hui évidemment tout se commente les journalistes font leur travail moi je le respecte parfaitement mais on n'est pas obligé de commenter les commentaires voilà et je pense que c'est important que chacun garde cette règle
il ne s'agit pas de commenter des commentés c'est de commenter des faits ou de s'intéresser à des faits Gérald Darman
celui qui établit les faits c'est le juge c'est le juge ou le procureur avec les services de police et le gendarmerie voilà je pense que c'est très difficile de pas d'avoir un discours modéré sur ces questions bien évidemment parce qu'il faut que les gens puissent parler il faut que tout le monde puisse les écouter que les journalistes fassent leur travail c'est tout à fait normal mais de manière générale quand on ne commande pas des décisions de justice ou des décisions qui pourraient ouvrir à la justice moi j'ai eu parfois connaissance de faits qui étaient apparemment tout à fait dramatiques criminels ce que j'ai fait c'est que j'ai à chaque fois pris mon stylo mon papier à lettres et j'ai écrit au procureur de la république je pense que les français devraient faire ça ils devraient écrire c'est l'article 40 c'est notre code de procédure pénale écrire au procureur de la république pour dire voilà j'ai connaissance de tel fait telle personne est venue me voir dans mon bureau pour m'expliquer qu'il avait subi une agression qu'il avait subi un crime qu'il avait je pense que le mieux c'est d'écrire au procureur de la république il ouvre une enquête et il ne lui appartient qu'à lui qu'à lui ou à elle de décider s'il y a des poursuites ou pas
un policier était grillé avant blessé dans le 13ème arrondissement de Paris quels sont les nouvelles
alors je sais qu'il était pronostic vital engagé oui hier soir de ce que j'ai compris de sa compagne et à qui nous pensons tous évidemment puisqu'elle l'accompagnait et ce drame est arrivé devant elle et de l'hôpital qu'il était sorti d'affaires mais il rentrait au bloc opératoire dans la nuit voilà donc je n'ai pas eu de nouvelles ce matin agression ce policier était hors service il n'était pas en uniforme voilà il a décliné sa sa profession de policier quand il se faisait agresser et c'est une agression absolument inacceptable absolument inacceptable une tentative de meurtre il n'y a pas d'autre mot je crois je crois la justice le dira puisqu'elle a été saisie de ce que nous en savons je veux dire aussi que les policiers de Paris ont été très réactifs et en moins de deux heures ont interpellé la personne voilà qui est supposé être le responsable de ce drame la justice va passer je l'espère et j'espère surtout que ce policier va survivre et n'aura pas de séquelles en tout cas nous pensons bien à lui ce qui me conforte dans l'idée qu'il faut continuer à travailler pour la sécurité de nos concitoyens
merci Gérald Darmanin d'être venu nous voir ce matin sur RMC et BFM TV
Gérald Darmanin