Bonjour chez vous ! du 2 juin 2026
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Questions et réponses
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- 7:31OuverteRéponse directe
Quand vous voyez ces chiffres sur les ventes de véhicules électriques neufs depuis le début de l'année, est-ce que vous dites que la voiture électrique va rebooster l'industrie automobile ?
- 9:53OuverteRéponse directe
Comment expliquer ce déclin de l'automobile française ?
- 13:21OuverteRéponse directe
L'arrivée d'un véhicule Dongfeng à Rennes est-elle pour vous une chance de sauver l'emploi ou le signe d'une dépendance industrielle accrue ?
- 15:02OuverteRéponse directe
Sur ce retard technologique avec la Chine, comment ça se fait qu'il y a un tel retard ?
- 17:10OuverteRéponse directe
Quelle doit être la réponse européenne pour essayer de rattraper des parts de marché face à cette concurrence chinoise sur la voiture électrique ?
- 20:06OuverteRéponse directe
À qui s'adresse ce dispositif de leasing social ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:29PrésentateurChiffre
« Les ventes de véhicules neufs électriques sont en hausse de 48% sur les premiers mois de l'année 2026 avec 185 000 immatriculations. »
- 0:44PrésentateurChiffre
« Emmanuel Macron a organisé hier à Versailles le sommet Choose France, qui a permis de récolter 93 milliards d'euros d'investissements étrangers pour notre pays. »
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« Les sénateurs souhaitent augmenter le budget de la défense de 50 milliards d'euros d'ici à 2030. »
- 1:59PrésentateurChiffre
« Depuis le début de la guerre, plus de 3400 personnes ont été tuées au Liban. »
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« Au total, 225 majeurs ont été placés en garde à vue après les débordements qui ont suivi la célébration de la victoire du PSG en Ligue des Champions. »
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« Les ventes de véhicules neufs électriques sont en hausse de 48% sur les premiers mois de l'année 2026 avec 185 000 immatriculations. »
- 7:58InvitéFait
« On va fabriquer des véhicules Dongfeng par exemple. »
- 8:22InvitéFait
« Aujourd'hui avec les problèmes au Moyen-Orient et notamment le blocage des droits d'Ormouse, évidemment il y a des problèmes d'approvisionnement de carburant et de prix de carburant. »
- 8:38InvitéFait
« C'est déductibilité totale du prix d'achat, c'est exonération de la taxe annuelle incitative, c'est abattement sur les avantages en nature. »
- 10:05InvitéFait
« C'est sans doute la conjonction d'un certain nombre de facteurs, mais sûrement des erreurs stratégiques à certains moments, oui, certainement. »
- 10:32InvitéFait
« Je suis allé en Chine, j'ai été voir les fabricants chinois il y a un an à peu près avec la Commission des affaires économiques du Sénat. Je suis revenu terrifié. »
- 13:39PrésentateurFait
« Les deux ? »
- 19:55PrésentateurChiffre
« Le dispositif a permis à 100 000 foyers modestes de rouler en électrique jusqu'ici. »
- 20:43PrésentateurChiffre
« Le montant de l'aide à l'achat peut aller jusqu'à 7 700 euros. »
- 24:51InvitéFait
« Les ventes globales de voitures neuves ont diminué considérablement, y compris dans ces chiffres. »
- 25:56InvitéPromesse
« Ces bornes et ces annonces viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030. »
- 31:31PrésentateurChiffre
« Ça correspondra à 2,5% du PIB du pays. »
- 33:10generalChiffre
« Je rappelle que nous étions descendus à 1,5. »
- 33:17generalChiffre
« On était avec la LPM vaguement remontée à 2 milliards. »
- 34:03PrésentateurChiffre
« Le gouvernement met le paquet sur les munitions, 8 milliards d'euros supplémentaires, et les drones, 2 milliards d'euros. »
- 35:37PrésentateurFait
« Il faut acheter 30 Rafales et 3 nouvelles Frégates. »
- 43:37PrésentateurFait
« L'Europe et l'OTAN ont d'importantes décisions à prendre et vous en saurez plus bientôt pendant trop longtemps les appels polis à nos alliés européens pour qu'ils dépensent davantage pour leur propre défense sont restés à l'être mort. »
- 43:55PrésentateurChiffre
« Donald Trump a annoncé le retrait de 5000 soldats américains d'Allemagne. »
- 45:28PrésentateurFait
« Tous nos alliés européens qui sont tous atlantistes. »
- 48:30PrésentateurFait
« Emmanuel Macron a annoncé une dissuasion nucléaire française élargie aux pays européens. »
- 1:02:03InvitéChiffre
« Cette édition de Chous France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d'euros d'investissement confirmés pour plus de 15 000 emplois. »
- 1:04:31InvitéChiffre
« 45 milliards avec Softbank une seule annonce qui crée 350 emplois. »
- 1:07:39InvitéFait
« Nous avons réussi collectivement à construire un environnement favorable aux entreprises. »
- 1:07:50InvitéFait
« La meilleure preuve de leur efficacité c'est que personne ne me parle plus des questions sociales lors de mes entretiens bilatéraux. »
- 1:11:42PrésentateurFait
« les baisses d'impôts et ce que Macron appelle l'environnement social plus favorable ça n'a eu aucun impact industriel »
- 1:11:56PrésentateurChiffre
« on est excédentaire on vend tous les ans notre excédent énergétique à l'Allemagne »
- 1:12:30PrésentateurChiffre
« on a des investissements France 2030 54 milliards c'est énorme »
- 1:17:16InvitéChiffre
« sur 2025 on est à 200 000 emplois industriels qui ont été détruits »
- 1:19:16InvitéChiffre
« la Chine aujourd'hui a plus de 1000 milliards d'excédents »
- 1:20:26PrésentateurChiffre
« sur ces 2 000 milliards d'assurance vie il n'y en a que 3 à 4% qui va vers les PME »
- 1:21:57PrésentateurChiffre
« quand vous avez une entreprise et que vous avez besoin d'être financé à plus de 3 milliards d'euros »
- 1:23:30PrésentateurChiffre
« 300 milliards d'euros d'épargne européenne qui part aux États-Unis »
- 1:27:09PrésentateurChiffre
« ce sont des projets qui sont très peu créateurs d'emplois 350 emplois le projet de SoftBank »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Public Sénat pour faire le tour de l'actualité politique et de l'information dans vos régions. Au sommaire de cette émission. Avec la hausse du prix de l'essence, les ventes de véhicules électriques sont en plein boom. Elles ont augmenté de 48% depuis le début de l'année. Alors est-ce suffisant pour relancer notre industrie automobile en crise ? Élément de réponse dans un instant avec Alain Cadec, sénateur républicain des Côtes d'Armor et spécialiste du sujet.
Emmanuel Macron a organisé hier à Versailles le sommet Choose France, qui a permis de récolter 93 milliards d'euros d'investissements étrangers pour notre pays. Mais ses annonces centraient sur l'intelligence artificielle. Cache-t-elle un bilan industriel plus terne pour le président de la République ? Ce sera le débat du jour dans une heure. L'intelligence artificielle qui va transformer en profondeur le marché du travail est impacté de nombreux métiers et notamment le métier de traducteur. Nous irons à Montpellier à la rencontre d'un traducteur indépendant et il voit sa profession menacée. Les armées françaises vont voir leurs moyens augmenter.
Le Sénat examine dès aujourd'hui le projet d'actualisation de la loi de programmation militaire. Et les sénateurs souhaitent augmenter le budget de la défense de 50 milliards d'euros d'ici à 2030. Une nécessité face à la menace russe et à l'incertitude de l'alliance avec les Etats-Unis. Nous analyserons ces enjeux de sécurité avec le général Olivier Kempf, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique. On est ensemble pendant une heure et demie. Bonjour chez vous. Et on commence avec le journal. Bonjour Stéphane Duguay. Bonjour Alexandre, bonjour à tous. À la une de ce mardi de juin, la guerre qui continue entre Israël et le Hezbollah au Liban.
Et oui, malgré l'annonce de Donald Trump d'un accord pour cesser les hostilités entre le Hezbollah libanais et Israël, les bombardements ont continué de part et d'autre cette nuit. Les négociations entre les émissaires libanais et israéliens doivent se poursuivre aujourd'hui et demain dans un contexte où l'armée de l'Etat hébreu continue d'avancer au Liban. Les explications de Jérémy Hines. C'est un endroit des plus symboliques. La forteresse de Beaufort sous le feu des attaques israéliennes au Liban. Un spectaculaire épeurant rocheux à 700 mètres d'altitude, construit au XIIe siècle, à l'époque des croisades.
Un tournant majeur selon l'armée qui permet d'avancer au sud Liban, notamment sur la région de Nabatier. De nouvelles frappes alors que les efforts de paix venus des Etats-Unis s'intensifient. Hier, Donald Trump a affirmé qu'un cessez-le-feu était proche. Le Hezbollah a accepté d'arrêter de tirer sur Israël et ses soldats. De même, Israël a accepté de cesser de tirer sur eux. Voyons combien de temps cela durera, espérons que ce soit pour toujours. Un arrêt des combats qu'aurait accepté le Hezbollah, mais remis en question par le Premier ministre israélien.
J'ai parlé ce soir avec le président Donald Trump et je lui ai dit que si le Hezbollah ne cessait pas ses attaques contre nos villes et nos citoyens, Israël frapperait des cibles terroristes à Beyrouth.
Une réaction qui n'a pas plu au président américain, qui souhaite une fin rapide au conflit. Il aurait traité hier Benyami Netanyahou de complètement fou. Une inquiétude aussi pour le Conseil de sécurité de l'ONU, réuni hier en urgence, à la demande de la France.
Les efforts diplomatiques doivent disposer de l'espace nécessaire pour aboutir. Toute escalade supplémentaire est intolérable. Les populations d'Israël et du Liban ont déjà enduré d'immenses souffrances.
Depuis le début de la guerre, plus de 3400 personnes ont été tuées au Liban. Les violences samedi soir en marge de la victoire du PSG en Ligue des Champions et les premières condamnations sont tombées. Oui, après de premières comparutions immédiates. Hier, une quinzaine de jeunes hommes arrêtés ce week-end ont été jugés pour outrage à agents, vols, violences ou encore détention et transports de mortiers. Au total, 225 majeurs ont été placés en garde à vue après les débordements qui ont suivi la célébration de la victoire du PSG en Ligue des Champions. Les audiences se poursuivront aujourd'hui au tribunal correctionnel de Paris.
L'Assemblée nationale a adopté la proposition de loi pour lutter contre les violences à l'école. Un texte issu de l'affaire Bétarame. Oui, adoption à l'unanimité hier soir de cette proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences à l'école et dans le périscolaire. Le texte prévoit un meilleur contrôle des intervenants susceptibles de se retrouver au contact d'enfants et une régulation plus importante des établissements privés. La proposition de loi a été portée par le duo qui avait mené les auditions de la commission d'enquête sur l'affaire Bétarame, la députée Renaissance Violette Spilbout et le député LFI Paul Vannier.
Et puis ce coup de tonnerre dans l'organisation des Jeux Olympiques d'hiver 2030 dans les Alpes françaises. Finalement, la ville de Nice n'accueillera pas l'événement. Et oui, au profit de la ville de Lyon, pour toutes les activités sur glace, le patinage artistique, le hockey ou encore le curling, le nouveau maire UDR. Denis Serric Ciotti avait refusé d'installer une patinoire temporaire dans le stade de football de l'Allianz Riviera. Il dénonce un choix politicien. Le gouvernement nie toute politisation du dossier, tout comme le président de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, Renaud Muselier.
On perd Nice, on perd le pôle de glace, on perd le pôle de glace parce qu'on n'arrive pas à trouver de solution pour le hockey masculin. Et à partir du moment où on n'a pas le hockey masculin, le hockey féminin suit, le patinage artistique suit et toute la glace suit. Et donc le village olympique part avec et la cérémonie de clôture.
Donc à partir du moment où on n'apporte pas la réponse et que la mairie de Nice ne veut pas trouver une solution sur l'Allianz Arena,
on ne peut pas aller dans l'Allianz Arena, on ne peut pas construire le patinoire complémentaire dans l'abs de temps. Donc on perd tout, c'est aussi simple que ça. Ils sont complotiques, alors si c'est pour le RN, donc l'extrême droite, je me permets de rappeler qu'ils étaient contre les Jeux de Paris 2024. Ils sont contre les Jeux d'hiver 2030 et notamment chez eux. Incroyable.
Stéphane, vous finissez ce journal, la tête dans les étoiles, avec cette annonce. Thomas Pesquet va retourner dans l'espace. Eh oui, un nouveau voyage dans l'espace pour l'astronaute français. Ce sera l'année prochaine, en 2027. L'annonce a été faite par Emmanuel Macron lui-même en marge du sommet Choose France. L'entreprise vaste choisit la France pour installer son siège européen, écrit le président de la République sur X. Cela confirme l'ambition spatiale de la France, ajoute-t-il. Deux missions, celle pour Thomas Pesquet et une autre distincte. Permettra à Arnaud Prost de vivre sa toute première mission dans l'espace. Les deux missions dureront approximativement deux semaines.
Merci beaucoup Stéphane. On vous retrouve dans quelques minutes pour parler du plan du gouvernement qui vise à inciter les Français à acheter des voitures électriques. La voiture électrique, c'est le thème de notre entretien avec le sénateur du jour. La voiture électrique française qui connaît un coût d'accélérateur grâce à la hausse du prix de l'essence. Les chiffres sont assez impressionnants. Les ventes de véhicules neufs électriques sont en hausse de 48% sur les premiers mois de l'année 2026 avec 185 000 immatriculations. La voiture électrique booste notre industrie automobile qui était plutôt à l'arrêt ces derniers temps. Pour en parler, j'accueille Alain Cadec. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes sénateur Les Républicains des Côtes d'Armor et auteur d'un rapport publié à la fin de l'année dernière sur l'avenir de la filière automobile française. Alors quand vous voyez ces chiffres sur les ventes de véhicules électriques neufs depuis le début de l'année, est-ce que vous dites que la voiture électrique va rebooster l'industrie automobile ? Je ne suis pas sûr qu'elle rebooste l'industrie automobile française. Elle va rebooster l'industrie automobile en général et notamment l'industrie automobile asiatique et chinoise en particulier.
On voit bien ce qui se passe actuellement puisque les fabricants chinois sont en train de s'installer en Europe, de s'installer même en France puisque dans mon secteur à Rennes, à l'Union de la Jeunesse, chez Stenantis, on va fabriquer des véhicules Dongfeng par exemple. On va en parler. Par ailleurs, vous avez évoqué tout de suite le boom un peu du véhicule électrique. Je pense qu'il est en partie conjoncturel puisque aujourd'hui avec les problèmes au Moyen-Orient et notamment le blocage des droits d'Ormouse, évidemment il y a des problèmes d'approvisionnement de carburant et de prix de carburant donc je pense que c'est ça.
Par ailleurs, les mesures incitatives que vous avez évoquées du gouvernement s'adressent notamment aux entreprises et aux flottes. C'est déductibilité totale du prix d'achat, c'est exonération de la taxe annuelle incitative, c'est abattement sur les avantages en nature. Donc ça veut dire que c'est des véhicules qui coûtent beaucoup moins cher que ce qu'ils devraient coûter pour les entreprises. Et les flottes évidemment ça représente beaucoup de choses. L'augmentation de vente des véhicules électriques, c'est pas chez les particuliers aujourd'hui. On parlera de toutes ces mesures incitatives. Ah pardonnez-moi. Vous faites un peu le menu de notre entretien.
Je ne suis pas une analyse, je ne suis que modestement l'auteur, pardonnez-moi. Juste d'abord sur ces chiffres de vente de véhicules neufs électriques, ils ne cachent pas quand même une réalité qui est plus terne pour l'automobile français avec une chute de la production et des pertes financières ces derniers temps. Totalement. Aujourd'hui l'industrie automobile française est en grand danger. Européenne même, ça va plus loin, mais là on va parler du français, est en grand danger. Et donc en effet cette poussée de l'électrique va plutôt vers les marques étrangères.
Et nos grandes entreprises qui étaient des fleurons de notre industrie, je pense à Stellantis, donc c'est un peu Peugeot, Citroën, des choses comme ça, c'est Stellantis, où Renault ont évidemment de grandes difficultés à s'adapter au marché. On a beaucoup de retard sur l'industrie chinoise. Et alors pour quelles raisons se déclin de l'automobile française ? C'est des fautes, des erreurs stratégiques de la part de ces groupes industriels français ? Comment expliquer ce retard avec les Chinois ? C'est sans doute la conjonction d'un certain nombre de facteurs, mais sûrement des erreurs stratégiques à certains moments, oui, certainement.
Par ailleurs, il y a la décision de l'Union Européenne d'arrêter la vente des moteurs thermiques en 2035, qui est en train d'évoluer puisqu'il y a une clause de revoyure. Mais on n'a pas su s'adapter à tout ça, je pense. Et pendant tout ce temps-là, les Chinois, eux, ont avancé de manière exponentielle, très rapide, très importante. Je suis allé en Chine, j'ai été voir les fabricants chinois il y a un an à peu près avec la Commission des affaires économiques du Sénat. Je suis revenu terrifié. Pourquoi ? Terrifié parce qu'ils ont 15 ans d'avance sur nous, en termes de technologie, en termes d'ingénieurs, pour fabriquer des véhicules désormais de très grande qualité.
Auparavant, on disait, ah, c'est chinois, c'est pas bien, c'est mal fait, c'est mal fini. Aujourd'hui, quand on voit les véhicules chinois, ce sont des véhicules qui sont remarquablement faits. Par ailleurs, il faut quand même le dire, c'est quand même extrêmement important dans ce problème, dans cette conjoncture, je parlais des problèmes du détro-dormeux, mais dans le même temps, les batteries qui, donc, alimentent les véhicules électriques, elles sont fabriquées en Chine, au moins les cellules, toutes. On va parler de cette concurrence chinoise qui peut parfois se transformer en partenaire.
On va aller dans votre région, Alain Kadek, on va aller à Rennes, retrouver nos partenaires de la chaîne TVR avec Stéphane Beignet. Bonjour. Bonjour, Alexandre. Stéphane, vous êtes le directeur de l'information de TVRennes et la nouvelle est tombée au milieu du mois de mai. L'usine Stellantis de Rennes-la-Jeanet va produire bientôt au moins un modèle fabriqué par le groupe chinois Dongfeng et qui est destiné au marché européen. Et c'est plutôt une nouvelle qui a été bien accueillie sur place.
Oui, parce qu'il faut dire, et le sénateur Alain Kadek connaît parfaitement, cette usine Stellantis de Rennes-la-Jeanet qui a ouvert ses portes en avril 1961 et qui a été dans les années 60-70 le premier employeur de Bretagne avec 14 000 salariés contre 3 000 aujourd'hui. Ce site lit une nouvelle phase stratégique, vous l'avez dit, avec l'arrivée annoncée d'un véhicule du groupe chinois Dongfeng, en plus de la Citroën C5 Aircross déjà produite sur le site. Alors, le véhicule chinois concerné serait de la marque premium Voya, avec une motorisation électrique ou hybride, selon les premières informations.
Alors, pour la Jeanet, c'est un signal de charge industrielle supplémentaire dans un site qui a connu de vives inquiétudes sur son avenir et des épisodes de sous-activité par le passé. Stellantis présente donc un projet comme levier de visibilité industrielle et de conciliation du site René. En revanche, les syndicats demandent, eux, des garanties solides pour l'emploi, la sous-traitance et la pérennité du site. Toujours est-il que cette ouverture de Dongfeng relance le débat sur la dépendance de l'industrie automobile européenne à des partenaires extra-européens. Sénateur Alain Cadec, j'ai une question à vous poser.
Vous savez, vous qui avez alerté au Sénat sur les risques de crash de cette filière automobile française, l'arrivée d'un véhicule Dongfeng à Rennes, la Jeanet, est-elle pour vous une chance de sauver l'emploi ou alors le signe d'une dépendance industrielle accrue ?
Les deux ? Les deux ? C'est une bouffée d'oxygène pour le site de la Jeanet, bien sûr, comme vous l'avez dit, puisque vous le connaissez bien, vous êtes à Rennes. Donc, la Jeanet a été un fleuron de l'industrie bretonne pendant de nombreuses années, ça avait diminué le nombre de salariés. Grâce à Dongfeng, ça va se maintenir, voire augmenter. Alors, Dong, c'est une bouffée d'oxygène sur le plan de l'emploi. Mais c'est aussi l'arrivée des Chinois sur le territoire français. Et ça, c'est beaucoup plus inquiétant par rapport à l'industrie automobile dite française. C'est ça, le problème. C'est-à-dire qu'il y a 30 ans, c'était Citroën qui partait conquérir la Chine. Maintenant, c'est l'averse.
Ce sont les Chinois qui viennent conquérir les usines européennes. Quand la Chine s'éveillera, le monde tremblera. Pas de moi. Donc, on va être de plus en plus dépendant ? Je pense que oui, c'est l'exemple type de l'accord de Stellantis. Stellantis a d'ailleurs déjà passé des accords avec les Chinois, puisque Stellantis distribue la marque Lipmotor à travers ses concessions Citroën ou Peugeot en général Citroën. Et donc, c'est un pas de plus, en fait, vers le fait que les Chinois prennent pied sur le territoire industriel automobile européen. Merci beaucoup Stéphane Beignet pour votre intervention. Je rappelle que vous êtes directeur de l'information de notre partenaire TVREN.
Justement, Alain Cadec, sur ce retard technologique avec la Chine, comment ça se fait qu'il y a un tel retard ? Les voitures sont meilleures que les nôtres ? Quand la Chine sort 10 000 ingénieurs par an, la France en sort 1 000. Il y a un problème de formation déjà. Alors vous savez, ça pose un problème. Évidemment, ils sont beaucoup plus efficaces, ils sont beaucoup plus forts. En plus, c'est une économie administrée. Ça ne vous a pas échappé. Donc, c'est plus facile de prendre des décisions en Chine. Ça va beaucoup plus vite que dans les pays occidentaux, en Union européenne et en France en particulier.
Donc, tous ces éléments mis bout à bout font qu'il y a des moyens financiers considérables. Des subventions d'État massives ? Oui, il y a des subventions massives de la part de l'État, puisque tout est administré, tout est organisé. Donc, je vous dis, les décisions sont extrêmement rapides. Donc, ils ont vu qu'il y avait un marché à conquérir. Et ils se sont dit, on fonce dedans, quoi. On y va. Et là, aujourd'hui, le phénomène d'Onteng, chez Stellantis, à la Genée, à Rennes, il y a d'autres sites en Europe, mais dont celui-là, il n'y a pas que Rennes. Il y a quatre sites en Europe. C'est évidemment inquiétant pour l'industrie automobile française, évidemment.
Alors oui, ça va maintenir l'emploi au début. Donc ça, tant mieux pour l'emploi, tant mieux pour les salariés. Mais l'indépendance, on la perd petit à petit. Ce n'est plus nous qui allons créer les automobiles, c'est les autres. C'est une forme de cheval de Troie, cet exemple de Dong Feng qui arrive à Rennes. Oui, tout à fait. Ça correspond à peu près à ça, mais on s'y attendait. Alors, évidemment, on souhaite que les Chinois, notamment, investissent. en Europe, en Union européenne et en France, mais pas en venant s'installer dans des usines existantes déjà et en disant, maintenant, on va fabriquer des automobiles chinoises en France qui vont les distribuer en France.
Donc ça veut dire que ce sera en concurrence directe avec les véhicules européens. Et comme ils ont des méthodes de travail qui leur permettent de diminuer les coûts, ces voitures-là sont toujours moins chères que les véhicules françaises. Alors, l'Europe reste quand même une industrie automobile forte. Quelle doit être la réponse européenne pour essayer de rattraper des parts de marché face à cette concurrence chinoise sur la voiture électrique ? Je vous invite à lire avec intérêt le rapport qui a été fait au Sénat par deux de mes collègues et moi-même. Non, non, nous proposons un certain nombre de solutions, enfin, en tous les cas, de choses qui permettraient de limiter cet impact.
Alors, on ne va pas lire le rapport sur le plateau, mais peut-être, pour résumer, il faut aller vers une forme de protectionnisme face aux voitures chinoises ? Alors, déjà, il faut faire preuve d'un petit peu de protectionnisme, c'est-à-dire qu'il faut installer des droits de douane. Alors, évidemment, les Chinois sont extrêmement malins. On leur dit, il faut que ce soit fabriqué en Europe. Ben, ne bougez pas. On arrive. On arrive. On vit en Europe et on va les fabriquer en Europe. Et là, ça rentrera dans les clous. Et là, il y aura les subventions européennes. Et là, on pourra vous aider. Donc, les solutions, elles sont compliquées à trouver, en fait. Elles sont compliquées à trouver.
Je vous dis, on a pris un tel retard parce qu'inéluctablement, il faut bien le dire, on va venir petit à petit aux véhicules électriques, aux véhicules hybrides d'abord, aux véhicules électriques ensuite. On y viendra petit à petit. Même si, il y a un hic quand même, c'est qu'on vit dans des secteurs où il y a beaucoup de ruralité. Et en ruralité, c'est compliqué. Il faut avoir des véhicules qui ont une certaine autonomie parce qu'il n'y a pas des bornes partout. D'ailleurs, en Chine même, pour y être allé, pour avoir observé, à Shanghai, il n'y a que des véhicules électriques. Mais dès que vous sortez de Shanghai, dès que vous allez dans la campagne chinoise, ils sont encore au thermique.
Il ne faut pas rêver. Donc, dernière question sur cette concurrence chinoise. Quelle serait la solution ? C'est vraiment de fermer les usines européennes aux Chinois ? J'ai du mal à trouver la solution parce qu'on voit bien qu'on peut toujours détourner les règlements. On peut toujours les détourner. Quand il y a une volonté politique, économique farouche, on n'y arrive toujours. On ne peut rien y faire. C'est compliqué, quoi. C'est très compliqué. Moi, je suis très inquiet pour le devenir de notre industrie automobile, tel qu'on l'a connue et tel qu'on l'imagine. Alors, en tout cas, le gouvernement peut essayer d'inciter les Français à prendre le virage de la voiture électrique.
On va en parler avec vous, Stéphane Duguay, avec cet objectif du gouvernement, c'est d'électrifier les transports pour réduire un peu plus la part des énergies fossiles dans la consommation finale. Oui, c'est ça, parce qu'il faut le rappeler, Alexandre, le secteur des transports dépend très largement du pétrole et donc, dans son plan d'électrification présenté le 23 avril, le gouvernement a insisté sur la voiture électrique. La première mesure qui est proposée s'adresse aux ménages les plus modestes avec une nouvelle campagne de leasing social.
La location sociale de véhicules électriques, ça existe déjà et les chiffres du gouvernement nous indiquent que le dispositif a permis à 100 000 foyers modestes de rouler en électrique jusqu'ici. L'objectif est d'augmenter le nombre de véhicules en circulation à 50 000. Voilà, vous le voyez, d'ici à la fin de l'année 2026. Alors, à qui s'adresse ce dispositif ? Alors, aux ménages qui ont un revenu fiscal de référence de moins de 16 300 euros et ça permet de louer une voiture électrique auprès d'un concessionnaire pour moins de 200 euros par mois avec des offres qui peuvent même passer sous la barre des 100 euros par mois.
Cette nouvelle phase de location sociale de voitures électriques doit ouvrir au mois de juillet. Et pour les particuliers, il existe aussi des aides destinées aux grands rouleurs. Une aide qui s'adresse à ceux qui roulent plus de 12 000 km par an et qui ne peuvent pas prétendre à l'allocation sociale. Ce dispositif est par contre, là aussi, inconditionné à votre revenu. Et ça ne marche que si vous achetez une voiture avec un bon écoscore et une batterie fabriquée en Europe. Le montant de l'aide à l'achat peut aller jusqu'à 7 700 euros. Alain Kadec, une des critiques qu'on fait à la voiture électrique, c'est qu'elle est trop chère.
Est-ce que ces dispositifs peuvent permettre d'élargir le public cible, le public qui peut acheter une voiture électrique ? Alors, oui, totalement comme ça, oui, bien entendu. puisque si on incite par des mesures financières à acheter des véhicules, on peut imaginer qu'on en achètera davantage. Cependant, déjà, le budget de la France étant ce qu'il est, il va falloir trouver de l'argent. Ça ne va pas être simple. Ce n'est pas simple du tout. Par ailleurs, le leasing social, qui avait déjà été tenté une fois, ça n'avait pas été une grande réussite, s'adresse à très peu de population. La tranche de population concernée est infinitésimale.
Et ensuite, c'est ce que je disais tout à l'heure, la plupart des aides qui sont proposées, sont des aides qui sont proposées aux entreprises et aux flottes, qui les incitent à acheter des véhicules électriques. Alors, acheter des véhicules électriques, pourquoi pas ? Mais encore faut-il qu'il y ait des infrastructures autour. – On en parlera, oui. – Le président de la République nous a dit qu'on allait avoir des bornes un peu partout. Moi, je veux bien, mais je ne demande que ça. Mais vous savez, ça fait 10 ans que le président de la République nous fait des annonces. C'est la première sur les bornes, mais il y en a une sur d'autres domaines.
On attend toujours la concrétisation de ces annonces. Donc, moi, je m'inquiète quand même beaucoup sur la viabilité de ces véhicules électriques dans nos campagnes, notamment dans nos parties rurales. – Pour revenir sur les conditions de ces aides, elles sont conditionnées à ce que la batterie de la voiture électrique soit fabriquée en Europe. Est-ce que c'est une forme de réponse à ce que vous disiez tout à l'heure sur les entreprises chinoises qui viennent fabriquer en France ? – Je vous rassure, pardonnez-moi, dans ce qu'on a appelé pompeusement les gigafactories, qui sont toujours des mini-factories par rapport à ce qui se fait en Chine.
Les batteries qui sont fabriquées là, je ne citerai pas de fabricants, mais je les ai visitées, les batteries qui sont fabriquées là, sont des batteries qui sont fabriquées avec des cellules qui viennent de Chine. On ne fabrique pas les cellules, on les assemble. On les achète aux Chinois. – Donc ça n'arrive pas à le problème de la dépendance. – Par ailleurs, les métaux rares qui composent ces batteries sont des métaux rares qui sont traités en Chine, qui sont d'abord récoltés en Chine et traités en Chine. Encore une dépendance totale. – Y compris sur les batteries. Alors, quand les Chinois fabriquent 1000 batteries, nous, on en fabrique 10 en Europe.
Donc, c'est l'antiste depuis longtemps, d'ailleurs, sur les véhicules qu'ils ont, les véhicules électriques, les équipes de batteries chinoises. Donc, vous voyez, alors, ce n'est pas une obsession sur la Chine, mais c'est un constat. C'est factuel. – Alors Stéphane, on en a parlé, à des incitations pour les particuliers à acheter des voitures électriques, mais ces aides s'adressent aussi à d'autres types de véhicules. – Oui, dans ce plan d'électrification, le gouvernement va revaloriser les aides pour l'achat de véhicules utilitaires électriques jusqu'à 9 500 euros d'aides. Même chose pour les poids lourds électriques.
Donc, les entreprises de transport peuvent bénéficier d'un financement jusqu'à 100 000 euros. L'objectif est d'augmenter la part de véhicules électriques dans les voitures particulières, dans les camionnettes, dans les poids lourds. Voilà ce visuel publié par l'Elysée. Il existe aussi des dispositifs dans cette stratégie d'électrification pour encourager le passage à l'électrique d'engins de chantier ou d'engins agricoles. Mais ça, ça reste assez embryonnaire. Est-ce que ça ne va quand même pas dans le bon sens d'encourager à la fois les particuliers, mais aussi les professionnels à passer à l'électrique, notamment sur le transport routier de poids lourds ?
Il n'y avait que 2% de poids lourds électriques neufs dans les ventes en 2025. D'abord, par rapport aux ventes, une petite remarque. Les ventes globales de voitures neuves ont diminué considérablement, y compris dans ces chiffres. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'en valeur absolue, tout ça, ça a diminué. Donc, évidemment, la part peut-être plus importante de l'électrique aujourd'hui est toujours une part qui est trop basse. C'est la première chose. C'est trop basse, en tous les cas, par rapport aux objectifs que se sont fixés, que s'est fixé le gouvernement, par exemple. Alors, s'agissant des incitations, en effet, pour les poids lourds, moi, j'ai du mal à y croire.
J'ai du mal à y croire. Aujourd'hui, les poids lourds, c'est très compliqué. Ça consomme beaucoup de gasoil. Puisque c'est évidemment des diesels, c'est très compliqué de les électrifier. Et en tous les cas, les batteries sont énormes sur les gros véhicules. Donc, ça me paraît être une niche, un peu, quelque part. Alors, autant on peut imaginer ça sur des flottes de véhicules de transport en commun dans les villes, par exemple, comme ça existe déjà, l'hydrogène ou l'électrique, parce qu'ils peuvent recharger facilement. Ça, pourquoi pas ? Mais le poids lourd qu'il fait de l'international, ça me paraît extrêmement compliqué.
Alors, Stéphane, on a parlé des véhicules, mais pour que tout cela fonctionne, il faut des bornes de recharge. C'est ce que vous disiez Alain Kadek et Emmanuel Macron en a parlé la semaine dernière quand il a réuni autour de lui ce qu'il a appelé l'équipe de France de l'électrification avec 240 000 bornes en plus de celles qui existent déjà. Écoutez le Président.
Ces bornes et ces annonces viendront compléter les plus de 185 000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030. Et je veux vraiment remercier tous les acteurs dans la diversité que je viens d'évoquer qui participent à cet effort collectif. Le gouvernement s'est doté d'un schéma directeur
de déploiement de ces infrastructures de recherche. Vous le disiez tout à l'heure. Schéma directeur, oui. Pour vous, ce n'est pas suffisant ? Pour vous, ça ne résoudra pas les problèmes de maillage de bornes sur le territoire ? Si on arrive à l'objectif fixé par le Président de la République, on fera du progrès, évidemment. Mais je doute qu'on y arrive. Pourquoi ? Encore une fois, comme beaucoup d'annonces, il me semble rester au stade d'annonce parce qu'il faut que tout le monde s'y mette, il faut que les industriels s'y mettent, il faut que les collectivités s'y mettent. Tout ça, c'est un coût, ça a un prix.
Et aujourd'hui, notre pays, comme vous le savez, a des grosses difficultés financières. Donc tout ça, c'est lié, en fait. Tout ça, c'est lié. Mais cette problématique, on la retrouve aussi en Allemagne. On la retrouve aussi en Espagne. On la retrouve aussi dans la Pologne. Tous ces pays-là ont le même problème. Les Allemands, ça va être aussi douloureux que les Français. Les Allemands, pour l'instant, ça va parce qu'ils font des premiums chez BMW ou chez Mercedes. Mais Volkswagen, actuellement, est en très grande difficulté à cause de ce... J'en reviens au chinois, pardonnez-moi.
Mais ce n'est pas la multiplication des bornes en zone urbaine, d'ailleurs, entre parenthèses, qui va régler le problème. Et juste en quelques secondes, est-ce que l'État a raison de s'appuyer sur les opérateurs privés comme le fait Emmanuel Macron à défaut de lancer un grand plan d'investissement national où vous le disiez, le budget est contraint ? Et est-ce que ce n'est pas ça qui manque, finalement ? C'est un choix politique. Et puis il y a Total Energy aussi qui va investir dans des bornes. Qui investit déjà. Qui investit déjà, Total Energy. Mais oui, je pense qu'il faudrait... Vous savez, je suis un vieux gaulliste au canal historique.
Donc l'intervention de la puissance publique dans l'économie, ce n'est pas un tabou. Donc pourquoi pas, de temps en temps, pourquoi donner ça uniquement au privé ? Je pense qu'il faut planifier, sans doute, oui. Alain Cadec, on va finir cet entretien en regardant ce qu'il y a aujourd'hui dans la presse régionale. On a sélectionné pour vous trois unes de la PQR. D'abord, la une du Courrier de l'Ouest qui parle finalement du sujet de notre conversation avec ce méga projet du groupe Scania, le groupe suédois de transport de poids lourd, pour passer ses camions à l'électrique. 70 millions d'euros d'investissements annoncés sur son site Angevin.
À la une du Progrès de Lyon, face à la hausse du prix de l'essence, ces Français qui laissent leurs voitures au garage et qui réduisent leurs déplacements pour faire des économies. Et puis à la une, le journal Nord-Éclair à Roubaix, le dispositif renforcé pour lutter contre les rodéos urbains. Sur quelle une vous souhaitez réagir ? Sur les trois, rapidement. Sur les trois ? Mais le projet de Scania, d'abord Scania, il faut rappeler que c'est suédois, qu'il y a des capitaux chinois dans Scania. Les Chinois ont racheté Volvo. Volvo appartient au groupe Géli aujourd'hui, alors que c'était un fleuron de l'industrie suédoise.
Et donc, est-ce que ce sont vraiment des véhicules européens en tant que tels ? J'en suis pas sûr. Par ailleurs, il y a le mot projet dans le titre. Je suis toujours inquiet maintenant quand je vois le mot projet. Vous attendez les écrans ? Ça me va, mais projet, c'est plus compliqué. Alors ça, c'est la première chose. La deuxième E1, oui, je vous en prie. Et rapidement sur la deuxième E1 qui parle de la hausse du prix de l'essence de ces Français qui laissent dans le garage. Oui, les Français, pour certains, encore une fois en zone rurale notamment, ils ne peuvent plus utiliser leur véhicule.
Donc ils font du covoiturage, ils font un certain nombre de choses, ils essayent de se débrouiller, ils trouvent des solutions. Ils ne les ont pas toujours. Il n'y a pas toujours les transports en commun qui permettent de se déplacer. Donc c'est vrai, c'est un gros problème pour les Français. Et le pouvoir d'achat, ils vont prendre encore un coup. Merci beaucoup Alain Cadec d'avoir été notre invité aujourd'hui. Merci Stéphane. On se retrouve dans 20 minutes justement pour la revue de la presse régionale. Tout à fait. Je vous donnerai les conseils du journal L'Union pour calmer vos ados qui doivent être en stress en attendant les résultats de Parcoursup ce soir.
Allez, on va parler des moyens de l'armée qui sont en hausse face aux différentes menaces dans le monde. C'est le général Olivier Kempf qui nous rejoint. Et on va parler de la hausse des moyens des armées françaises alors que le Sénat s'attaque dès aujourd'hui à la forteresse budgétaire de la défense avec l'examen de l'actualisation de la loi de programmation militaire. Les sénateurs veulent augmenter de 50 milliards d'euros d'ici à 2030 le budget de la défense. Et pour en parler, et pour parler de tous ces défis sécuritaires qui se posent pour la France, pour l'Europe, j'ai le plaisir d'accueillir le général Olivier Kempf. Bonjour. Bonjour.
Vous êtes directeur du cabinet stratégique La Vigie et chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique. Je parlais de cette loi de programmation militaire, de son actualisation qui est en cours d'examen au Sénat avec d'abord la copie du gouvernement, 36 milliards d'euros supplémentaires pour les armées d'ici à 2030. Ça correspondra à 2,5% du PIB du pays. Est-ce que cet effort budgétaire est nécessaire et suffisant ? Alors nécessaire, à l'évidence, suffisant, un militaire vous dira toujours, c'est jamais suffisant, il y a toujours besoin de quelque chose. Et c'est tout le débat finalement de ce qu'a dit le Sénat, mais j'imagine que nous allons y revenir.
Mais oui, c'est nécessaire. Pourquoi ? Parce que nous étions en basse-eau jusqu'à 2015 finalement. Les fameux dividendes de la paix où de 1990 à 2015, on n'avait pas arrêté de sabrer, sabrer, sabrer, sabrer, sabrer. Officiellement au titre de l'optimisation, bien sûr, ça c'était les mots riches pour justifier une baisse, une baisse, une baisse. Et depuis 2015, avec les attentats terroristes, et puis depuis 2022, une certaine accélération avec la guerre d'Ukraine, et puis on voit bien que le monde est en profond bouleversement géopolitique. Tout le monde comprend qu'il faut augmenter.
Et donc, il y a d'abord eu une loi de programmation militaire, 400 milliards plus 13 milliards de ressources complémentaires. J'imagine qu'on va aussi y revenir. Et là, on a une actualisation pour deux raisons, enfin pour trois raisons finalement. Le besoin, vous me posez ce que c'est nécessaire. Oui, il y a du besoin, on va y revenir, on va détailler. Deuxième chose, on sent bien que le monde est de plus en plus heurté et qu'il y a de plus en plus de risques, voire de menaces.
Et puis, troisième chose, petit détail, c'est quand même le sommet de l'Alliance Atlantique qui a eu lieu l'an dernier à l'AE, le sommet de l'OTAN, et qui a demandé à chacun des alliés de passer à 3,5% de dépenses de défense, 3,5% du PIB en dépenses de défense. Je rappelle que nous étions descendus à 1,5. On était avec la LPM vaguement remontée à 2 milliards, et là, on va effectivement passer à 2%, et là, on va passer à 2,5%. Mais ça n'est qu'une marche, c'est-à-dire que de toute façon, cette marche est insuffisante par rapport à l'objectif de 3,5%. Et l'objectif de 3,5% pour nous, c'est 2035 ? Oui, c'est 2035, deuxième partie de la prochaine décennie.
Mais vous voyez bien que de toute façon, il va falloir qu'on continue l'effort. C'était prévu pour la prochaine loi de programmation militaire, justement celle de 2031-2036, et là, on se sent obligé d'augmenter le rythme. Donc, oui, c'est nécessaire, mais vous voyez bien que déjà, avec les objectifs, on est déjà un peu à retard. Alors, de l'argent supplémentaire pour nos armées, mais pour quelle stratégie et pour quels équipements ? Quand on regarde dans le détail, eh bien, ce projet de loi d'actualisation, le gouvernement met le paquet sur les munitions, 8 milliards d'euros supplémentaires, et les drones, 2 milliards d'euros. Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire qu'on est en train de tirer les leçons des conflits actuels dans le monde, l'Ukraine, le Moyen-Orient, qui montrent que l'armée française a des lacunes ? Absolument. Alors, il y a des lacunes de gros objets, on va y revenir, mais vous avez aussi les lacunes de tout ce qui permet, toute la sauce qui permet d'entourer la viande. Voilà, on a peut-être des ménagères qui nous ont dit ce matin, pour l'image, et là, finalement, on est en train de remettre un peu de maïzena, de farine, d'ingrédients dans la sauce, de façon à épaissir la sauce. Pourquoi ?
On parle effectivement des munitions, parce que c'était ce qui était le moins visible, et donc ce qui permettait de faire des économies assez faciles. On parle des pièces détachées, et on parle des drones. Tout ça, pourquoi ? Et effectivement, vous avez raison de mentionner d'abord la guerre d'Ukraine, mais aussi on regarde ce qui se passe sur la guerre d'Iran, et on s'aperçoit que, finalement, le taux de consommation, quand vous êtes dans un conflit assez intense, assez ouvert, et bien le taux de consommation de tous ces éléments-là dépasse toutes les abacs, toutes les estimations que l'on avait avant. Et donc, on a un gros, gros, gros effort. Alors, c'est invisible, ça ne se voit pas.
Maintenant, ça commence à se voir vu l'effort budgétaire, mais ce n'est pas quelque chose que l'on peut montrer le 14 juillet lors du défilé sur les Champs-Elysées, mais c'est absolument nécessaire pour l'efficacité. Et dans ce débat au Parlement, la droite sénatoriale dit « Attention, le gouvernement ne va pas assez loin, il faut au total 50 milliards d'euros supplémentaires d'ici à 2030, et puis il faut acheter 30 Rafales et 3 nouvelles Frégates. Ça veut dire que la France a des lacunes sur ces équipements importants ? » Alors, 50. Donc, on avait 36 sur la copie du gouvernement. Si je comprends bien, le Sénat en rajoute 14, ce qui nous fait un total de 50.
Et avec ce plus 14, qu'est-ce que je fais ? Je vous ai dit que sur les plus 36, finalement, on faisait toute la sauce. Et le Sénat, il dit « On va rajouter aussi des morceaux de viande. » Je reviens sur trois éléments fondamentaux. Oui, des avions, pourquoi ? Parce qu'au tournant des années 90 et 2000, je me souviens, on avait 270 avions alignés en arsenal et on disait « C'est à peine juste pour faire ce qu'on a à faire. » Aujourd'hui, on est à 170 ou 140. On est réellement en dessous du besoin nécessaire. Donc, il faut réaugmenter.
Sur les frégates, si j'enlève, sur la marine royale, sur la marine française, si j'enlève le porte-avions et si j'enlève les sous-marins, nous avons moins de frégates de premier rang que l'Italie. Pour vous donner un exemple. Alors que l'Italie, il n'y a que la Méditerranée. Et nous, on a deux façades atlantiques plus les trois océans. Enfin, je veux dire, les Outre-mer. C'est évidemment insuffisant. Donc, il est absolument nécessaire d'augmenter le nombre de frégates que les sénateurs ont aux ans. Troisième élément que vous n'avez pas mentionné mais qui est très intéressant, c'est qu'il faut qu'on développe une capacité de char intermédiaire.
Derrière ce mot compliqué, un peu administratif, c'est le constat que le projet de futur char franco-allemand est complètement en train de tomber à l'eau. Donc, on va l'abandonner. Et donc, il faut que nous fassions quelque chose par nous-mêmes. Et ça, c'est un signe politique qui est assez fort. Ce n'est pas seulement budgétaire, c'est aussi un signe politique assez fort de réindustrialisation chez nous. C'est intéressant. Alors, cette hausse des moyens est censée répondre aux différentes menaces et notamment à la menace russe avec la guerre en Ukraine.
Olivier Kempf, est-ce qu'un conflit avec la Russie est probable dans les trois ans à venir, comme on l'entend parfois dans le débat public ? Probable, c'est aller un peu vite en musique. Possible, oui. Je veux dire, le métier de l'État et le métier des militaires est de préparer les possibles. Donc, restons sur du possible. Oui, il y a une possibilité d'un choc. Alors, ce choc, ça ne veut pas dire que, comme au temps de la guerre froide, vous allez avoir des divisions blindées soviétiques qui vont traverser toute l'Allemagne et puis arriver à Strasbourg.
Pour une raison tout d'abord assez simple, c'est-à-dire que, d'abord, ils sont occupés en Ukraine, ensuite, tout ce qu'on appelait autrefois les pays d'Europe centrale et orientale sont finalement devenus dans l'espace européen et dans l'espace allié de l'Alliance atlantique. Donc, de toute façon, ça ne viendra pas. Cela étant, nous avons un devoir finalement de cohésion au titre de nos deux alliances, aussi bien celle de l'Alliance atlantique, l'OTAN et celle de l'Union européenne parce que nous avons un article 42.7 dans le traité de l'Union européenne qui force une alliance avec les États membres qui fait que nous avons un devoir de solidarité avec nos alliés.
Ce n'est pas un hasard si nous avons aujourd'hui une brigade en Roumanie et que nous avons un gros bataillon en Estonie avec les Anglais. Mais quand on voit la chute d'un drone russe en Roumanie, est-ce que vous ne vous dites pas que si l'Ukraine tombe, les Russes vont en venir au territoire de l'Union européenne ? Alors, il est très possible, et c'est pour ça que je reste sur la notion de possibilité plus que de menace, il est très possible qu'ils viennent tester justement la cohésion de l'Alliance atlantique.
Ça, c'est probable, alors, ça peut être en Roumanie, ça peut être probablement plus du côté des Pays-Baltes, Estonie, Lituanie, Lettonie, et c'est pour ça, si vous voulez, que nous devons augmenter finalement notre effort de défense parce que vous avez l'Est de l'Europe, mais il se passe encore des choses à notre Sud, que ce soit au Maghreb ou au Sahel, ça peut être au Moyen-Orient et puis ça peut être dans le reste du monde. Je veux dire, le monde est devenu dangereux, ça c'est absolument évident et donc l'effort que l'on doit faire doit correspondre à finalement tous ces dangers et ces risques qui nous environnent.
Et justement, avant de parler de cette cohésion de plus en plus incertaine de l'Alliance Atlantique, un mot sur cette guerre hybride avec la Russie puisque un pétrolier en provenance de Russie a été arraisonné dimanche lors d'une opération menée en haute mer dans l'Atlantique par la marine française. C'est le nerf de cette guerre en Ukraine, finalement le pétrole russe qui permet de financer l'effort de guerre de Vladimir Poutine ? Oui, même si contrairement à ce qu'on pourrait avoir à l'esprit d'une façon commune, la Russie n'est pas qu'un État pétrolier.
C'est un État qui se réindustrialise à grande vitesse et pas seulement autour de l'industrie de défense qui, grâce au pétrole, trouve bien évidemment des moyens de financer son écor de guerre. Donc, cela étant, ce pétrolier, cet arraisonnement, c'est de l'ordre du symbole, plus exactement, du signal. Voilà, nous sommes en train d'envoyer des signaux de la même façon que les Russes nous envoient des signaux parce que nous sommes, tout le monde parle de guerre hybride. Non, ce n'est pas la guerre parce que la guerre, il y a des morts. Je veux dire, techniquement, il y a des morts à la guerre.
Mais nous sommes dans une conflictualité, une opposition, un agacement qui est sous le seuil effectivement de létalité, de mortalité et ça passe effectivement par de l'espionnage, effectivement par de la propagande plus ou moins directe et finalement par des actions un peu comme ça, limite, j'envoie un drone, tu ne sais pas où est-ce qu'il est, etc. Je viens tester tes frontières, je ne vais pas voler juste sur les frontières mais juste à côté de façon à voir comment tu vas réagir, de façon à enregistrer tes pistes radar. Voilà le genre de choses où on avait l'habitude sous la guerre froide. Autant de la guerre froide, c'est ça que les gens ont oublié.
Un certain nombre de commandateurs ont l'air de se réveiller le matin en disant nous étions dans un état de paix absolument idyllique. Mais souvenez-vous au temps de la guerre froide ? Ça se passait tous les jours ce genre de choses. Donc on est revenu finalement à ces frottements géopolitiques entre puissances. Et la différence avec la guerre froide c'est que maintenant il y a de plus en plus d'incertitudes vis-à-vis de notre allié américain. Et parlons-en de Donald Trump, Olivier Kempf, il y a trois mois sur ce plateau vous disiez que Donald Trump n'aimait pas la guerre car il la jugeait trop coûteuse et qu'il était une sorte je cite de pacifiste.
Depuis il s'est embourbé dans sa guerre au Moyen-Orient il continuait de frapper sur l'Iran. Est-ce que vous avez changé d'analyse sur ce président américain ? Il a tenté un coup parce que le Venezuela ce n'était pas réellement une guerre parce qu'en fait il avait acheté l'entourage de Maduro pour enlever Maduro. Donc l'opération militaire là pour le coup c'était une opération militaire spéciale américaine avait tellement bien marché qu'il s'est dit bah ok donc de temps en temps je peux utiliser un bateau et ça va ça va marcher et quand il a lancé son opération le 28 février contre l'Iran il a pensé que c'était un coup de bâton où il allait décapiter et que ça allait bien se passer.
Le seul problème c'est que vous avez raison cette opération militaire spéciale s'est transformée en guerre avec une capacité de résistance des Iraniens qui était insoupçonnée de la part non pas de l'état-major américain parce qu'à mon avis l'état-major américain le savait très bien mais de la part des sphères gouvernementales notamment de Maltrump donc il s'est fait avoir il s'est fait avoir parce qu'il a été mal conseillé notamment par Benhamin Netanyahou et donc il a mené les opérations pendant 40 jours constaté que ça fait 60 jours 55 jours qu'on est dans un cessez-le-feu qu'il est en train de négocier avec les Iraniens et qu'il essaye de sortir parce qu'il s'est aperçu que ça ne marchait pas.
Et en tout cas les Européens ne l'ont pas suivi dans cette guerre au Moyen-Orient ce qui a créé des tensions au sein de l'Alliance Atlantique avec une dernière déclaration intéressante samedi dernier du ministre de la Défense américain Pete Exet à Singapour je le cite l'Europe et l'OTAN ont d'importantes décisions à prendre et vous en saurez plus bientôt pendant trop longtemps les appels polis à nos alliés européens pour qu'ils dépensent davantage pour leur propre défense sont restés à l'être mort alors il dit qu'ils sont en train de rattraper leur retard mais quand même on peut rappeler que Donald Trump a annoncé le retrait de 5000 soldats américains d'Allemagne est-ce qu'on peut aller vers un retrait américain plus large du territoire européen alors c'est tout à fait possible même si on voit bien depuis le retour alors déjà à l'occasion du premier mandat de Donald Trump il n'aimait déjà pas l'OTAN et déjà à l'époque il a dit je vais me retirer et puis ça ne s'est pas fait pour beaucoup de raisons depuis son retour on voit bien qu'il met énormément la pression je faisais allusion tout à l'heure au sommet de l'AE qui a eu lieu l'an dernier on est arrivé à cet objectif des 3,5% et dans son esprit les 3,5% c'est non seulement vous augmentez vos dépenses mais en plus vous allez acheter américain et puis nous voulons faire en sorte nous les américains c'est notre intérêt de faire en sorte que vous les européens vous preniez en charge vos affaires en main et quelque part c'est dans l'intérêt des européens observons les choses ça leur permet ça leur permet d'acquérir une autonomie stratégique mais oui parce qu'on voit on voit chez les européens c'est mon mauvais idée d'observer cela notamment depuis le début de l'année avec l'affaire du Groenland avec toutes les déclarations absolument incroyables de Trump qui retire qui menace Friedrich Merz etc qui a menacé les espagnols de couper leur accès internet avec ce qui s'est passé sur la guerre en Iran on voit bien que vous avez une sorte de révélation les écailles tombent des yeux de la part de quasiment tous nos alliés européens qui sont tous atlantistes il faut quand même comprendre que nous à Paris à cause de la dissuasion nucléaire nous avons une exception stratégique qui fait de nous une île stratégique au milieu de nos alliés européens tous nos alliés européens depuis 80 ans sont abonnés finalement à la garantie de sécurité américaine au travers de l'Alliance Atlantique et là on est en train de leur dire les américains non seulement vous allez payer mais vous allez vous prendre en main c'est quelque part bénéfique pour nous certes alors nous français on est assez tranquille même si on doit faire des efforts mais la déchirure est beaucoup plus importante chez nos amis italiens chez nos amis polonais chez nos amis allemands par exemple alors il y a cette prise de conscience dans les pays européens qui étaient atlantistes historiquement mais est-ce qu'ils croient vraiment en une industrie de défense européenne est-ce qu'ils ne sont pas toujours attachés à acheter des équipements américains qui sont prêts sur les étagères d'ailleurs il y a un exemple un peu d'échec en termes d'industrie de la défense européenne c'est le projet SCAF d'avions de combat du futur entre la France l'Allemagne et l'Espagne mené depuis 2019 aujourd'hui ce projet il est à l'arrêt à cause d'un différent entre l'industriel d'assaut et Airbus ça montre qu'on est encore loin de cette industrie européenne de défense ?
Oui et non ça montre peut-être que des projets qui avaient été conçus il y a une dizaine d'années ne sont plus adaptés aux nouvelles conditions stratégiques vous parlez du SCAF donc ce nouvel avion je vous ai parlé tout à l'heure du MGCS le nouveau char on voit bien que les Allemands pour 15 milliards de raisons et d'abord parce que finalement traditionnellement l'Allemagne est une géoéconomie avant d'être une géopolitique et elle voit la puissance au travers de la puissance industrielle et donc elle veut absolument récupérer finalement ces affaires-là parce qu'elle voit une façon de convertir son industrie classique notamment automobile vers la défense parce que les marchés sont en train d'augmenter mais il y a un autre facteur l'autre facteur c'est qu'avec l'augmentation des budgets tout le monde a de plus en plus chacun des états finalement fait des efforts a de plus en plus de moyens et se dit je vais pouvoir acheter de plus en plus chez moi et donc vous allez avoir un autre phénomène de construction nationale qui est en train d'apparaître un peu partout parmi tous les pays européens donc si vous voulez les grands mécanismes d'alliance collective ça va peut-être pas se faire tel qu'on l'imaginait il y a 10 ans ou il y a 5 ans parce que ça c'est ce qu'on avait et puis on va peut-être de plus en plus se dire et regardez ce que font les Canadiens les Canadiens qui étaient ils ne sont pas européens nous sommes d'accord les Canadiens qui étaient traditionnellement pro-américains et bien là ils sont en train d'acheter des avions de surveillance SAB le côté suédois et ils sont d'ailleurs en train de réfléchir à limiter leur commande de F-35 et de commander des Gripen donc là aussi des chasseurs SAB donc suédois en complément donc vous voyez que c'est pas aussi simple que ça et finalement on peut tirer nos épingles du jeu un mot pour conclure sur la dissuasion nucléaire car le chef de l'État Emmanuel Macron a annoncé une dissuasion nucléaire française élargie aux pays européens avec plusieurs pays européens volontaires même si Emmanuel Macron a précisé que la décision ultime restera française et dans cet élargissement dans ce club des pays européens il y a l'Allemagne la Pologne le Royaume-Uni les Pays-Bas la Belgique la Grèce la Suède le Danemark la Norvège a rejoint également récemment ce groupe de pays qui sont prêts à accueillir et à se mettre sous la dissuasion nucléaire française en quoi ça va changer la donne est-ce que ça va remettre en question le parapluie nucléaire américain alors je suis pas d'accord avec votre approche je suis désolé j'ai devoir vous corriger je suis confus c'est une dissuasion nucléaire avancée ça ne veut pas dire que la dissuasion nucléaire française s'étend à tous les pays européens que vous venez de mentionner c'est-à-dire que nous sommes pas en train d'élargir le parapluie nucléaire à ces pays-là c'est pas du tout ce dont il est question la dissuasion nucléaire reste nationale pour les intérêts vitaux nationaux alors les intérêts vitaux nationaux il y a bien évidemment le territoire national mais il peut y avoir finalement des marges et il est important qu'il y ait cette incertitude justement vis-à-vis des agresseurs potentiels nous pensons tous à la Russie la dissuasion c'est une manœuvre de l'incertitude donc nous ne sommes pas en train d'étendre la dissuasion nucléaire à tous nos alliés en revanche dans le cadre de l'autonomie stratégique européenne faire participer nos alliés à la réflexion stratégique et doctrinale sur la mise en œuvre de la dissuasion c'est pas bête grand 1 et ça pourra passer éventuellement à travers quelques exercices en commun et notamment ceux de l'armée de l'air les exercices poker de mise en œuvre et de test de la dissuasion donc c'est assez théorique cette dissuasion nucléaire avancée ça peut aller ça pourra aller par exemple à ce que de temps en temps on aille mettre des avions sur des bases aériennes des avions nucléaires sous commandement français sur des bases nucléaires sur des bases aériennes avancées des fameux pays que l'on vient de mentionner donc vous voyez que c'est toujours une dissuasion nationale et avec une augmentation de l'incertitude pas pour nous mais pour l'adversaire la dissuasion sert avant tout à compliquer les calculs stratégiques de l'adversaire donc une dissuasion nucléaire qui reste française on l'a bien compris bien clair là-dessus et vous devez les téléspectateurs le comprendre merci beaucoup pour vos explications général Olivier Kemmes je rappelle que vous êtes directeur du cabinet stratégique La Vigie et chercheur associé à la Fondation pour la Recherche Stratégique merci à vous tout de suite on va regarder l'actualité à la une de nos régions et on accueille Stéphane Duguay qui a épluché la presse régionale ce matin Stéphane et bien ce soir ce sera le début du soulagement la fin de l'angoisse pour 657 000 lycéens qui sont inscrits sur la plateforme Parcoursup et oui les lycéens pourront savoir si oui ou non ils ont été acceptés dans les formations post-bac qu'ils demandent première réponse ce soir mais d'autres suivront c'est progressif et ça peut peut-être angoisser alors le journal L'Union vous donne quelques conseils ce matin pour que votre ado à la maison reste le plus serein possible le pédopsychiatre Thierry Delcourt est interrogé dans le quotidien et vous enjoint à ne surtout pas blâmer votre enfant s'il y suit un ou plusieurs refus Parcoursup a un côté verdict coup près dit-il donc pour le parent et bien l'enjeu c'est de transformer ce coup près et d'aider votre enfant à se projeter vers l'avenir et de lui rappeler à votre enfant que même si l'enjeu est important dit le pédopsychiatre on ne joue pas sa vie voilà ce que dit le spécialiste interrogé par l'Union la presse régionale dans le sud de la France se fait l'écho de l'angoisse de la ville de Florence dans le département du Gers oui où les trois jours de recherche de Liana 11 ans n'ont pour le moment à rien donné qu'est-il arrivé à Liana interroge à sa une midi libre ce matin la jeune collégienne a disparu après être sortie de son collège vendredi deux heures plus tôt avant la fin de ses cours deux heures avant la fin de ses cours un homme de 41 ans a été mis en examen pour enlèvement et séquestration de mineurs de moins de 15 ans il avait pris dans sa voiture Liana avant qu'elle ne donne plus signe de vie la dépêche du midi nous apprend que l'homme était le père d'une amie de Liana la mère de la jeune fille qui a disparu témoigne dans le quotidien ce matin elle affirme que le suspect avait eu une attitude déplacée avec sa fille en début d'année scolaire lors d'une soirée pyjama chez lui Stéphane vous restez avec nous on va retrouver nos partenaires du journal Le Dauphiné Libéré on va aller à Valence retrouver Carole Reynaud bonjour Carole
bonjour
vous êtes directrice des éditions Drôme et Ardèche du journal Le Dauphiné Libéré et désormais depuis hier le département de l'Ardèche a adopté une mesure de suspension du permis de conduire en cas d'utilisation du téléphone portable au volant et ce département de l'Ardèche rejoint cinq autres départements qui ont déjà pris un tel dispositif
et oui le département de l'Ardèche rejoint le Vaucluse la Charente-Maritime et donc les quatre autres départements les deux sèvres à partir du 15 juin vont également mettre en place ce dispositif alors hier c'était le premier jour on a déjà eu 67 suspensions de permis dans ce cadre-là sur le département de l'Ardèche le principe c'est simple c'est qu'aujourd'hui vous avez le téléphone à la main vous êtes en train de faire un SMS ou de chercher même votre chemin sur votre téléphone portable votre permis est suspendu immédiatement jusqu'à six mois de suspension et l'amende de 135 euros auparavant il fallait qu'il y ait une infraction qui soit concomitante finalement à l'usage du téléphone portable donc ça change les habitudes les mauvaises habitudes j'ai envie de dire des automobilistes sur le département mais le préfet de l'Ardèche a décidé effectivement de durcir le ton sur cette problématique il faut savoir qu'un téléphone portable ça multiplie par trois les risques d'accident et par 23 les risques d'accident si vous êtes en train de taper un SMS sur votre téléphone portable
et Carole cette décision du département de l'Ardèche elle a été prise à la suite d'un grave accident
Oui ça fait suite au drame du 1er mai qui a coûté la vie à 5 jeunes gens sur les routes du Nord-Ardèche c'est un drame qui a touché tout le département évidemment 5 jeunes gens qui avaient une vingtaine d'années la vitesse était sans doute aussi l'une des explications mais l'idée du préfet Trevisiani il nous l'avait dit en exclusivité dans le Dauphiné Libéré à la fin de l'année dernière de la tolérance zéro finalement sur les questions de sécurité routière le département de l'Ardèche c'est vous le savez le seul département qui n'a pas d'autoroute qui n'a pas de train non plus ce qui signifie qu'il y a énormément de personnes qui empruntent les routes du département c'est un département où les routes sont sinueuses et on a eu fin avril début mai sur une semaine une série noire sur le département avec 8 décès sur les routes aujourd'hui on est au 2 juin 2026 on compte 19 morts le bilan est extrêmement lourd 19 morts sur les routes du département c'est le bilan pour vous donner une idée c'est le bilan total de l'année 2025 c'est beaucoup trop à rappeler le préfet de l'Ardèche et c'est la raison pour laquelle il a décidé d'appliquer ce qu'il avait annoncé et donc de mettre en place ce dispositif hyper répressif il y a eu des opérations de pédagogie auparavant et là il applique ce qu'il a dit
Merci beaucoup Carole Reynaud je rappelle que vous êtes directrice des éditions de Romer Ardèche du journal Le Dauphiné Libéré merci Carole Stéphane on poursuit votre revue de presse avec le fleuron de la verrerie française qui est placé en redressement judiciaire Duralex trinque encore voilà la une de l'éco-républicain ce matin encore parce que l'entreprise avait déjà été en difficulté il y a deux ans reprise alors en coopérative par ses salariés pour se sauver mais Duralex fait encore face à des tensions de trésorerie le tribunal de commerce d'Orléans va observer la situation de l'entreprise créée en 1945 pendant les six prochains mois Autre ambiance en Alsace après le sommet Tchuss France qui va bénéficier au territoire alsacien Et oui c'est ce que nous dit le quotidien l'Alsace ce matin derrière l'annonce du président de la République d'un investissement record de 93 milliards d'euros une part du gâteau ira à plusieurs usines alsaciennes l'entreprise Mars les bars chocolatés ou encore les M&M ça va investir 45 millions d'euros pour améliorer ces usines 90 millions d'euros viendront aussi de l'entreprise Libère spécialisée dans les moteurs à combustion à grande puissance et on l'a appris il y a quelques minutes Stellantis confirme investir 1 milliard d'euros en France dont 40% pour Mulhouse de quoi garantir l'avenir des 4000 salariés de l'usine Merci beaucoup Stéphane avec des investissements notamment centrés sur l'intelligence artificielle l'IA qui va bouleverser le monde du travail qui va remettre en cause beaucoup de métiers 120 métiers seraient menacés par l'intelligence artificielle et parmi ces métiers il y a celui de traducteur et on va allier à Montpellier avec ce portrait précisément d'un traducteur indépendant Edi-Pierre Lara et il fait face à ce bouleversement technologique qui remet en cause sa profession regardez ce reportage de Gaspard Bunel
à Montpellier ce matin Edi-Pierre Lara s'apprête à commencer sa journée de travail depuis plus de 15 ans il est traducteur spécialisé en finances durables et passe le plus clair de son temps devant ses écrans et en français
il en résulte ce que l'on appelle une boucle salaire-prix dont il est difficile de s'extraire
à 39 ans Edi-Pierre est ce qu'on appelle un passionné pour lui la traduction est bien plus qu'un métier c'est son identité
c'est ce qui m'a défini une bonne partie de ma vie les 20 dernières années j'ai fait mes études dans cette optique-là j'ai été en agence dans cette optique-là je suis devenu indépendant dans cette optique-là
mais il y a quelques années sa vie professionnelle bascule et il doit faire face à un nouveau défi
en effet le métier a été percuté par une météorite en fait qui s'appelle l'IA de traducteur en fait on devient post-éditeur c'est-à-dire qu'on part d'un modèle où on traduit nous-mêmes on réfléchit nous-mêmes à un modèle où c'est la machine qui traduit automatiquement et on doit passer derrière pour vérifier s'il n'y a pas d'erreur
Face à cette nouvelle concurrence l'entrepreneur de 39 ans a perdu 70% de ses clients en un an et demi s'il espère encore continuer son activité le plus longtemps possible il sait d'ores et déjà qu'il devra s'inventer un avenir en dehors de la langue de Goethe
Et on termine cette revue de l'actualité de nos régions dans les Pyrénées où Stéphane vous avez croisé Paul Sexas qui est en plein entraînement avant le Tour de France qui débute dans un mois Alors c'est pas moi qui l'ai croisé c'est la une ce matin de la République des Pyrénées qu'il a croisé le cycliste français de 19 ans qui participera à son tout premier Tour de France fait la une donc son entraînement sur les pentes du Tourmalet n'est pas passé inaperçu ce week-end notamment sur l'application qui recense les performances sportives l'application Strava et pour le voir courir en vrai cette fois pendant le Tour de France sur le col du Tourmalet ce sera la sixième étape du Tour le 6 juillet prochain On suivra la compétition avec attention merci beaucoup Stéphane pour cette revue de la presse régionale place maintenant au débat du jour autour de ce sommet Choose France à Versailles et d'un Emmanuel Macron un président de la République qui est aussi un VRP pour attirer les investisseurs mondiaux Emmanuel Macron qui a donc organisé hier à Versailles le sommet Choose France le dernier de son quinquennat un sommet qui a permis de récolter 93 milliards d'euros d'investissements étrangers pour notre pays mais ces annonces centrées sur l'intelligence artificielle cache-t-elle un bilan industriel plus terne pour le président de la République c'est le débat du jour et pour en parler j'accueille Elisabeth Martichoux bonjour
bonjour à vous
vous êtes éditorialiste politique pour Public Sénat j'accueille également Louis-Samuel Pilser bonjour bonjour vous êtes maître de conférences et enseignant à Polytechnique et auteur du livre intitulé Souveraineté économique analyse et stratégie un livre disponible aux éditions Economica et puis j'accueille Anne-Sophie Alzif bonjour vous êtes chef économiste et associé au cabinet BDO France alors on va écouter Emmanuel Macron qui s'est félicité de ce dernier sommet de Chous France de son quinquennat et de ce record d'investissement étranger
cette édition de Chous France à elle seule va permettre de cristalliser un montant record de 93 milliards d'euros d'investissement confirmés pour plus de 15 000 emplois c'est évidemment de très loin une édition record et c'est historique ce sont 93 milliards d'euros d'investissement dans les data centers et dans l'IA bien sûr ces 93 milliards d'euros d'investissement étranger dans notre pays sont la preuve concrète de l'attractivité de la France pour la 7ème année consécutive première destination des investissements étrangers en Europe
Elisabeth Martichoux a ses sommets Chous France depuis 2017 ça illustre politiquement une méthode Macron pour essayer de valoriser l'image du pays
Oui quand on fera le bilan on va bientôt le faire des 10 années de macronisme il y a une chose qui restera effectivement c'est ce volontarisme c'est le président qui s'est fait élire sur la promesse de la start-up nation c'est effectivement un fermement du macronisme et on ne peut pas enlever au président Macron ce volontarisme effectivement qu'il a affiché beaucoup d'énergie après le bilan industriel il est ce qu'il est et on va en parler avec des chiffres documentés vous avez laissé entendre dans votre question qu'il était plus contrasté mitigé discutable que donne cette impression de pluie de dizaines de milliards qui tombent sur la France le ruissellement en termes d'industrialisation structurelle de soldes nets en emploi vous nous le direz bien mieux que moi mais effectivement c'est beaucoup plus compliqué parce qu'en même temps des industries traditionnelles perdent du terrain mais je voudrais juste dire en termes d'image il y a l'attractivité de la France effectivement elle est réelle par ailleurs Emmanuel Macron là où la contradiction est majeure c'est que c'est lui-même qui a provoqué l'instabilité politique avec la dissolution et que l'instabilité politique elle est difficilement compatible avec une politique économique qui sécurise le monde économique
Louis-Samuel Pilser est-ce que vous diriez qu'en deux quinquennats Emmanuel Macron a rendu le pays plus attractif économiquement ?
Alors c'est toujours une bonne nouvelle quand on a des dizaines de milliards d'euros d'investissement en France donc 93 annoncés hier je pense qu'il faut regarder le détail notamment vous l'avez dit sur les annonces qui ont été réalisées hier l'essentiel de ces investissements sont des data centers donc on a 45 milliards avec Softbank une seule annonce qui crée 350 emplois 45 milliards 350 emplois il faut remettre ça dans un contexte c'est des investissements qui sont à la fois assez importants pour notre souveraineté mais qui créent au final assez peu d'emplois sur le sol national et les compétences que nous arrivons à constituer en installant ces data centers ne sont pas inintéressantes électricien de l'entretien de data centers et un peu de compétences sur le logiciel également donc en fait c'est beaucoup de communication c'est beaucoup de communication en fait quand on décompose je pense que les investissements industriels à proprement parler dans ces 95 milliards c'est à peu près une dizaine de milliards avec quelques investissements sur la santé sur l'agroalimentaire c'est pas inintéressant mais quand on regarde le bilan on voit très clairement que le pays recommence depuis deux ans à se désindustrialiser on a fermé en solde net on a fermé 15 usines en 2024 63 usines en 2025 cette année on voit bien que les plans sociaux se multiplient et qu'on continue à dégringoler on va parler de cette réalité industrielle qui est bien plus terne que ne laisse entendre le président de la République mais quand même Anne-Sophie Alzif quand on regarde les chiffres depuis sept ans la France est le premier pays en termes d'accueil d'investissement étranger en Europe ça veut dire qu'il y a quand même une réalité en termes d'attractivité oui il y a une véritable attractivité de la France parce qu'on a véritablement des atouts on en a parlé on a des infrastructures on a une main d'oeuvre qui est très qualifiée et puis surtout on a un élément très important qui est notre énergie décarbonée souvent on le met de côté c'est assez étonnant parce que nos partenaires par exemple italiens et allemands ne parlent que de ça et nous on le met très peu en valeur alors que aussi c'est un des éléments qui explique pourquoi on a aussi autant de data centers parce qu'on a cette énergie en effet décarbonée robuste et de très bonne qualité qui nous permet d'être très attractifs et très compétitifs et dans un monde où on veut plus de souveraineté être moins dépendant aux énergies fossiles je pense que d'être très bien positionné sur des énergies décarbonées c'est un véritable atout et un véritable avantage comparatif donc souvent on dit concrètement qu'est-ce que ça veut dire là vous le voyez dans les chiffres c'est grâce à ça qu'on attire donc en effet je pense que sur ce point notamment de l'énergie c'est vraiment quelque chose qui est très positif pour la France c'est un atout finalement qui est historique pour la France avec cet investissement dans l'énergie nucléaire c'est pas forcément que Emmanuel Macron non non non ça en est fait quelque chose qui est historique mais souvenez-vous on a eu cette filière nucléaire qui a été mise en oeuvre pour justement avoir une indépendance énergétique sur le long terme ensuite on est revenu en arrière maintenant on revient justement à ce type d'énergie nucléaire mais pas seulement c'est aussi l'éolienne c'est aussi le solaire donc c'est un mix d'énergie décarbonée et aujourd'hui plus que jamais on veut être de plus en plus autonome face à l'énergie fossile donc c'est vrai que d'être bien placé sur ce type d'énergie je pense qu'en termes d'attractivité c'est absolument essentiel et quand vous écoutez les investisseurs c'est un des premiers éléments qui explique pourquoi ils choisissent la France plutôt que l'Allemagne ou le Royaume-Uni alors l'énergie nucléaire est un des atouts de la France qui explique l'attractivité économique et ses investissements étrangers mais pour Emmanuel Macron l'une des raisons aussi c'est ces réformes et l'environnement économique qu'il a créé en deux quinquennats on l'écoute
je pense que ces dernières années et c'est le principal moteur de ces nouvelles initiatives nous avons réussi collectivement
à construire un environnement favorable aux entreprises nous avons très tôt entrepris de nombreuses réformes du droit du travail et la meilleure preuve de leur efficacité c'est que personne ne me parle plus des questions sociales lors de mes entretiens bilatéraux
Elisabeth Martichoux
Elisabeth Martichoux on l'entend Emmanuel Macron il est en train d'écrire son bilan et finalement l'histoire d'un président réformiste
oui alors il y a quelque chose de comment dirais-je je vais dire touchant c'est pas tout à fait le mot mais Emmanuel Macron il se rend compte à la fin de la neuvième année de mandat de tout ce qu'il aurait pu faire en neuf ans et il essaye dans la dernière année d'en rattraper un peu le temps perdu et il y a quelques semaines on en avait parlé vous savez il est allé inaugurer 150 projets industriels sur le modèle de Notre-Dame et l'idée de Notre-Dame c'était effectivement de surmonter ou de faire des dérogations aux normes et aux règlements pour pouvoir mettre en oeuvre plus rapidement des chantiers et c'était finalement une critique de la réglementation française qui est plus tatillée trop tatillonne trop normée disent les chefs d'entreprise évidemment aussi trop chargés mais il y a aussi des questions de réglementation et donc on est dans cette contradiction mais c'est vrai que si vous me permettez on a envie de comprendre pourquoi dans le fond tous ces investissements qui se comptent par dizaines de milliards au fil des ans depuis 2018 n'ont pas permis de créer un ferment de réindustrialisation profond c'est-à-dire qu'on a l'impression que oui il y a des investissements mais qu'il n'y a pas structurellement de réformes ou de transformations qui permettent vraiment d'avoir une réindustrialisation plus solide et on se dit qu'est-ce qui a manqué dans le fond
alors déjà ce qui manque c'est une vision très long terme quand vous voulez vous réindustrialiser c'est pas en 2-3 ans c'est minimum 15-20 ans donc c'est du temps très long surtout quand vous voulez revenir sur de l'énergie sur des secteurs voilà qui sont vraiment qui ont beaucoup de capitaux et beaucoup d'investissements donc déjà il y a vraiment l'idée d'une planification et d'avoir une vision du temps lent du temps long d'avoir un objectif de s'y tenir et de ne pas changer c'est vrai qu'on a vu ces derniers temps c'est très compliqué d'avoir cette vision là l'autre élément c'est quand vous décidez de vous réindustrialiser vous pouvez dire on a cet objectif là mais vous ne pouvez pas le décréter donc vous avez au niveau international plusieurs choses vous avez déjà une compétition internationale qui est très vive notamment asiatique et on voit aujourd'hui les pays qui sont les plus touchés par les désindustrialisations et la compétition c'est beaucoup plus l'Allemagne que la France parce qu'il y a cette concurrence asiatique qui est excessivement forte donc c'est aussi très compliqué de dire même si vous avez la vision même si vous avez les investissements on va se réindustrialiser comme ça parce que vous êtes dans un monde vert où aujourd'hui vous avez des géants notamment les Etats-Unis et la Chine qui ont une politique industrielle très agressive on l'a vu avec les Etats-Unis droit de douane et on a vu la Chine qui est aujourd'hui la première puissance industrielle qui n'a jamais produit autant depuis la seconde guerre mondiale donc dans cela ce monde là il faut en effet à mon sens se réindustrialiser se réindustrialiser aussi sur tous les éléments de la chaîne à mon sens parfois on dit oui il faut réaliser dans certains secteurs ou que dans telles entreprises non il faut vraiment se réindustrialiser partout autant les petites entreprises les fameuses entreprises de taille intermédiaire et les très grandes pourquoi ?
c'était votre question parce que quand vous créez un emploi dans l'industrie c'est trois dans les services et la France est très bien positionnée dans les services aux entreprises donc c'est ça qu'il faut regarder en termes d'emplois c'est pas l'industrie demain qui va créer des millions d'emplois comme dans le passé parce qu'il y a la robotique etc par contre ça crée un écosystème favorable et ça crée des emplois pas seulement dans l'industrie mais dans les services et sur l'ensemble du territoire mais ça prend 20 ans Louis-Samuel Pilser quand on fait le bilan industriel d'Emmanuel Macron est-ce qu'il a vraiment créé cet écosystème cet environnement favorable aux investissements industriels dans notre pays ?
il y a un vrai problème de méthode en fait ce qu'on peut faire comme bilan c'est d'abord le fait que les baisses d'impôts et ce que Macron appelle l'environnement social plus favorable ça n'a eu aucun impact industriel la vérité c'est que les data centers comme l'a dit Anne-Sophie s'installent parce qu'on a une énergie qui est abondante on est excédentaire on vend tous les ans notre excédent énergétique à l'Allemagne donc notre électricité qui par ailleurs est plutôt plus chère que celle qu'on trouve aux Etats-Unis ou en Chine elle attire parce que quand des data centers doivent s'installer sur le sol américain ils ont de grandes difficultés pour se raccorder aux réseaux électriques et pour obtenir les puissances énergétiques nécessaires pour faire tourner ces data centers donc la plupart installent même des usines sur site pour avoir l'énergie dont ils ont besoin pour tourner en France on a une énergie qui est disponible ça les attire beaucoup même si c'est un peu plus cher sur l'industrie je pense en effet qu'on a fait un peu la moitié du chemin on a des investissements France 2030 54 milliards c'est énorme on a des investissements étrangers par ailleurs qu'on attire mais ce sont des gros investissements sur des grands projets le problème c'est que le consensus c'est que les deux tiers à peu près de notre potentiel de réindustrialisation ils se trouvent dans des territoires enfin dans les territoires et dans des petits projets de PME qui étendent une usine ces projets ne trouvent pas leur compte dans les politiques qui ont été mises en place actuellement pour accompagner ces grands projets d'envergure ces gigafactories etc et pourquoi ?
parce qu'on a centré nos politiques industrielles sur des très grands projets d'envergure sur lesquels on met un milliard sur des investissements internationaux qu'on attire en dizaines de milliards c'est très bien c'est utile parce qu'il nous faut ces gigafactories de batteries c'est production de panneaux solaires etc qu'on a besoin d'attirer de mettre en place en France mais ça ne fait pas tout le chemin il faut aussi qu'on arrive à accompagner les territoires dans leur reconstruction industrielle qui nécessite de construire des filières d'aménager du foncier mettre en place des infrastructures des formations ça on l'a insuffisamment fait ces dernières années Anne-Sophie Alzy vous voulez y réagir ?
Oui il faut faire aussi attention là on parlait d'un bilan c'est vrai que depuis deux ans on ferme plus d'usines qu'on en ouvre mais on a aussi concernant les masses d'investissement qui sont absolument énormes en intelligence artificielle aux Etats-Unis et en transition écologique en Chine quand vous regardez en Europe on a ce choc d'investissement mais il reste quand même beaucoup plus faible en volume par contre quand vous regardez sur les dix ans deux années en effet on ferme plus d'usines mais au tout début il a quand même remis cette politique de l'offre au début alors qu'on n'était pas vraiment dans cette politique là et on a eu des ouvertures d'usines quand même assez importantes et de la recréation d'emplois industriels ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps donc bien évidemment il y a ce contexte là là aussi il faut faire attention de se dire ah bah voilà depuis deux ans on ferme des usines donc on va laisser de côté il ne faut surtout pas faire ça il faut surtout continuer parce que par rapport à ce qu'on a dit avant si on veut se réindustrialiser c'est sur très long terme donc ce n'est pas parce que deux ans on a des chiffres moins bons qu'il faut dire ah on met de côté la réindustrialisation surtout pas Elisabeth
oui c'est intéressant ce que dit Emmanuel Alcif parce que précisément on a deux ans devant nous très incertains politiquement et qu'on se dit l'année 2026 elle est compliquée 2027 on ne sait pas si on va avoir un sommet de choses France dans un an qui sera à l'Elysée est-ce que le successeur ou la successeur d'Emmanuel Macron sera dans la même logique quand on écoute les discours et ceux qui aujourd'hui sont donnés gagnant à l'Elysée on se dit que ce n'est pas sûr ce n'est pas certain et les industriels et là je parle sous votre contrôle les industriels ils le savent ça quand même ce climat politique en France il est terrible on se dit mais c'est presque un miracle que les investisseurs viennent encore en France d'abord parce qu'effectivement il y a eu des avancées la politique de l'offre d'abord de François Hollande puis d'Emmanuel Macron effectivement on fait en sorte que ça rende plus attractive la France on l'a bien vu en termes de social de coût de ce que représente le travail en France mais bon ce n'est quand même pas encore extraordinaire du point de vue du patronat et puis politiquement on est quand même depuis 2024 dans une situation dans un marasme politique très incertaine mais totale et une incertitude qui va perdurer encore pendant au moins deux ans donc vous disiez deux ans c'est très important justement politiquement c'est très chaud oui c'est très chaud
mais regardons aussi on dit la France vous regardez le Royaume-Uni ils ont énormément de problèmes politiques pour regarder l'Allemagne ils ont eu non non pas ce qu'on se mais ce que je veux dire c'est qu'il y a des tensions politiques vu qu'on est en face à beaucoup de transitions on va en avoir en France on en aura dans d'autres pays et ça va continuer donc la question c'est de se dire de toute façon ça c'est toujours l'Espagne regardez qui est la première aujourd'hui moteur de croissance en Europe qui n'a pas de budget et c'est pas pour ça ils ont quand même plus de 2% de croissance en Espagne donc vous vous dites que c'est décorrélé ce que je veux dire c'est pas du tout décorrélé mais ce que je veux dire c'est que c'est tout à fait possible malgré les crises malgré les chocs vous êtes optimiste non non mais de conduire si on a la volonté politique en effet une politique d'offre une politique de réindustrialisation et une politique de développement des entreprises c'est tout à fait possible vous regardez aux Etats-Unis que ce soit en effet Joe Biden ou Donald Trump la forme est différente mais sur ces politiques de réindustrialisation d'autonomie stratégique on a quasiment la même politique donc c'est possible si vous voulez de garder un cap de garder un cap même s'il y a des changements politiques par contre il faut avoir la volonté politique et c'est là où vous avez raison on ne sait pas Emmanuel Macron a attiré les investissements étrangers mais le bilan industriel reste plus mitigé les avis sont assez critiques on va écouter celui de la secrétaire générale de la CFDT Marie-Lise Léon qui était hier sur ce plateau
on est loin du compte en matière de réindustrialisation sur 2025 on est à 200 000 emplois industriels qui ont été détruits alors d'autres ont été créés en attendant mais je pense qu'on a une véritable problématique de maintien de l'industrie en France et les investissements qui sont annoncés les crassures d'emplois qui sont annoncées notamment pour les data centers en Haute-France c'est une bonne nouvelle pour le territoire c'est une bonne nouvelle pour l'emploi mais le bilan de la CFDT il n'est pas aussi réjouissant
Louis-Samuel Pilser il y a quand même certaines filières industrielles qui sont en souffrance aujourd'hui dans notre pays malgré ces annonces oui en fait le problème de la France c'est qu'on a enfin on a mis en place des politiques industrielles qui permettent de reconstruire mais en même temps on n'a pas fait l'ensemble du chemin c'est-à-dire qu'on accompagne avec des subventions des grands projets industriels des gigafactories etc.
mais on est incapable au niveau français mais surtout au niveau européen de se protéger contre la concurrence internationale extrêmement féroce à laquelle font face les acteurs qui sont sur ces filières on a entendu la semaine dernière que des projets comme ceux de Vercors ACC les projets de gigafactory de batteries qui étaient des emblèmes du quinquennat Macron étaient en difficulté parce que Renault Peugeot estimaient que c'était plus cher d'acheter une batterie fabriquée en France que de prendre une batterie fabriquée en Chine évidemment c'est beaucoup plus cher si on ne met pas en place les barrières douanières et les politiques de protection de nos entreprises nécessaires donc au niveau européen on n'a pas réussi à impulser ce changement de fonctionnement qui permettrait de protéger les filières qu'on essaye de reconstruire sur le sol national et sur le sol européen de la concurrence chinoise notamment donc il y a une question de souveraineté aussi dans ce débat oui exactement en fait il faut quand on essaye de reconstruire une filière qu'on soit cohérent si on veut reconstruire une filière des batteries et bien on se protège on arrête d'importer des voitures électriques chinoises qui sont effectivement beaucoup moins chères et beaucoup moins chères parce qu'elles sont dumpées parce que les Chinois subventionnent leurs exportations en Europe pour couler nos filières et ils l'assument quasiment et ça c'est juste pour compléter pourquoi c'est très important la réindustrialisation la Chine aujourd'hui a plus de 1000 milliards d'excédents quasiment tout ce que vous consommez autour de cet état plus de 30% c'est chinois et donc c'est en effet de l'argent que vous donnez enfin vous consommez à ce pays quand vous avez autant d'argent bien évidemment vous pouvez après massivement subventionner des filières et être en concurrence avec l'Europe si demain vous vous réindustrialisez si demain vous avez de nouveau une base industrie qui est beaucoup plus importante sur votre sol européen un vous avez plus de souveraineté mais aussi vous avez de la valeur ajoutée qui est créée parce que souvent vous parlez en termes d'emploi sur le quinquennat Macron en effet on a baissé le taux de chômage on a eu beaucoup d'emplois créés mais il y a eu beaucoup d'emplois aussi dans le secteur des services qui avaient moins de gains de productivité et donc moins de création de valeur donc c'est ça aussi l'idée c'est d'avoir plus d'industrie pour créer plus de richesses et arrêter de se paupériser alors sur cette question la souveraineté et des investissements étrangers je voudrais qu'on écoute François Ruffin ce matin qui dit attention il ne faut pas faire trop de danse du ventre c'est ce qu'il va dire vous allez l'écouter face à tous ces investisseurs notamment chinois mais il faut mobiliser l'épargne des français On a une épargne nationale qui est gigantesque qui est à hauteur de 19% qui est 2 000 milliards d'assurance vie et sur ces 2 000 milliards d'assurance vie il n'y en a que 3 à 4% qui va vers les PME donc la priorité ça ne doit pas être de faire la danse du ventre devant les capitaux étrangers mais ça doit être de se demander comment on mobilise cette épargne nationale et on vient avec des réponses en disant il y a une première chose à faire c'est puisque c'est un produit partiellement défiscalisé l'assurance vie et bien on le flèche on le flèche en particulier en direction des PME Elisabeth, on a les moyens en France de financer cette réindustrialisation ?
Alors justement là vous mettez sur la table un point majeur c'est le problème du budget les caisses sont vides par parenthèse il y a quand même un petit malaise à entendre cette expression de François Ruffin les capitaux étrangers comme si c'était sale que la France investisse que les pays étrangers investissent en France c'est quand même une bonne nouvelle après les caisses publiques sont totalement vides et la question que si vous me permettez j'ai aussi envie de poser à vos invités c'est le moteur de l'industrialisation aussi mais peut-être je me trompais c'est l'innovation et en France on a l'impression que les investissements en fait ils pleuvent sur des secteurs qui existent déjà qu'on n'arrive pas vraiment à innover à créer nous des nouveaux secteurs industriels d'avenir mais pourquoi dans le fond pourquoi on n'y arrive pas on a l'électricité on a des chercheurs on a des ingénieurs on a des emplois qualifiés et ça on n'y arrive pas
alors en effet c'est la question du financement on a absolument tout vous l'avez dit pour pouvoir créer par contre en effet on a des problèmes de financement quand vous avez une entreprise et que vous avez besoin d'être financé à plus de 3 milliards d'euros et bien on le voit derrière les 10 dernières années notamment dans les secteurs des technologies à 75% vous pouvez être acheté par des entreprises américaines donc ça c'est un vrai sujet de souveraineté c'est un vrai sujet et en effet c'est tous les débats qu'il y a sur le fléchage de l'épargne etc même si l'épargne finance déjà l'économie réelle et les entreprises c'est pas l'épargne qui finance rien l'assurance-vie finance déjà les entreprises mais c'est de dire comment on peut faire pour que toutes ces entreprises qui sont en effet créées en Europe et bien puissent se développer en Europe et ça c'est vraiment une vraie question de souveraineté ça pose également la question de la taille des entreprises oui d'avoir des géants européens dans énormément de secteurs vous le voyez aujourd'hui que pendant 20 ans mais c'est pas la faute de l'Europe l'idée c'était d'avoir un territoire un marché unique et pas forcément un grand marché de producteurs plutôt de consommateurs donc ça il faut revoir ça donc c'est vrai qu'un petit peu tous les fondamentaux du marché qui avaient été créés pour en effet être un marché ouvert de consommateurs et d'augmenter notre pouvoir d'achat aujourd'hui il faut le revoir être beaucoup plus sur la production et moins sur la consommation et quand on a été biberonné à la consommation pendant des dizaines et des dizaines d'années c'est pas facile de revenir à cette production Louis-Samuel vous êtes d'accord il faut utiliser cette épargne française cette épargne européenne qui parfois d'ailleurs peut partir à l'étranger ou aux Etats-Unis il faut l'utiliser pour notre production industrielle oui c'est vrai qu'on a un paradoxe en fait l'épargne des français elle finance la tech américaine et derrière nos start-up quand elles veulent lever des fonds elles sont contraintes d'aller aux Etats-Unis pour faire leur tour de table
c'est le punchline notre épargne finance la tech américaine
300 milliards d'euros d'épargne européenne qui part aux Etats-Unis oui c'est massif c'est énorme oui exactement ça fait partie des conclusions du rapport Draghi et c'est un des gros problèmes de notre économie ensuite d'un côté l'épargne des français finance la tech américaine de l'autre les investisseurs américains mettent de l'argent en France pour ouvrir des data centers des sites industriels et les start-up françaises doivent être financées aux Etats-Unis parce qu'on n'a pas d'industrie du venture capable de participer à des tours de table de 100 millions 500 millions etc qui se font aujourd'hui sur certains secteurs donc je pense ce paradoxe doit être résolu ensuite sur ce donc quelle est la solution pour vraiment utiliser notre épargne pour notre industrie en réalité sur le financement des start-up je pense qu'on a fait de sérieux progrès depuis 15 ans en fait depuis la mise en place de BPI les plans les programmes d'investissement d'avenir on a construit une vraie industrie du capital risque qui permet aujourd'hui de participer à la plupart des tours de table alors c'est vrai que sur notamment les rachats en fait on a un problème parce que quand une start-up travaille sur de l'IA de la cybersécurité du logiciel en fait c'est très compliqué de lui dire non tu ne vas pas te faire racheter par Apple par Google et tu vas aller chez Renault enfin c'est vrai que quand on regarde les perspectives pour une start-up qui se développe en France sur ces filières elles sont quasi inexistantes pour des rachats français, européens donc elles sont contraintes sur les étapes les plus avales de leur développement de passer côté américain je pense qu'il faut qu'on arrive à structurer des vraies filières numériques en Europe pour offrir des débouchés à nos start-up justement sur la filière numérique et sur l'intelligence artificielle je voudrais qu'on écoute le patron du groupe japonais Softbank qui est l'un des principaux investisseurs de ce dernier sommet Choose France avec 75 milliards d'euros annoncés d'investissement notamment dans un méga data center dans les Hauts-de-France on va l'écouter sur l'enjeu de l'IA en Europe En fait il y aura deux types d'emplois des emplois directs que nous allons créer et puis des emplois indirects il y a besoin de beaucoup de composants de matériaux il va falloir produire et puis il faudra évidemment construire ces sites ça correspondra à plusieurs dizaines de milliers de personnes et ça va aussi permettre d'augmenter la croissance en France
d'augmenter les investissements parce que toutes
ces personnes embauchées elles vont consommer davantage et donc ça va contribuer à faire tourner l'économie
Je n'ai pas candidat à la présidentielle Non
Amélie essaye d'être convaincant Anne-Sophialzi est-ce qu'il faut le croire ce patron du groupe Softbank est-ce que l'IA au final va créer des emplois ou en détruire au final Les deux ça a toujours été le cas vous regardez les dernières années les transitions écologiques ont toujours créé et détruit de l'emploi donc voilà c'est tout à fait normal après la question c'est de savoir où c'est créé où c'est détruit et quel pays on va dire bénéficie de ces innovations et c'est aujourd'hui pour ça qu'on a une course effrénée sur l'intelligence artificielle notamment entre la Chine et les Etats-Unis parce qu'en effet si vous allez être le leader sur ces nouvelles transitions et bien c'est vous qui en fait vous allez plus bénéficier des retombées positives donc c'est pour ça qu'on a en effet ces investissements qui sont absolument colossaux donc c'est très important que la France se positionne et en effet c'est un investissement qui est très très positif pour le territoire français après on l'a dit l'idée c'est vraiment d'avoir une réindustrialisation globale donc pas se concentrer là-dessus et vraiment sur tous les pans de la chaîne mais ça on l'a vu c'est pas qu'au niveau français c'est aussi au niveau européen que ça joue avec des protections avec une politique industrielle commune Louis-Samuel Pilser est-ce que sur le fonds de l'emploi sur l'intelligence artificielle et ses conséquences il faut être inquiet alors sur ces data centers je pense qu'il faut souligner que ce sont des projets qui sont très peu créateurs d'emplois 350 emplois le projet de SoftBank c'est très peu par ailleurs quand on regarde l'investissement 45 milliards en fait les deux tiers c'est l'installation de ce qu'on appelle de GPU de carte graphique de CPU des composants électroniques qui sont fabriqués aux Etats-Unis et c'est terminé rapidement non peut-être juste pour revenir sur l'intelligence artificielle je pense qu'il ne faut pas qu'on rate cette révolution c'est une vraie révolution technologique qu'on est en train de vivre on a raté la révolution de la robotique on est en retard face à l'Allemagne face à la Chine aux Etats-Unis il faut réussir la révolution de l'IA merci à tous les trois d'avoir participé à ce débat merci à tous d'avoir suivi cette émission et on se retrouve demain pour une nouvelle édition de Bonjour Chez Vous très bonne journée sur Public Sénat Public Sénat en partenariat avec la presse régionale vous a proposé Bonjour Chez Vous Trouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat