Protection des mineurs sur internet : «C'est une très belle avancée et le fruit de la mobilisation de la France» affirme l'eurodéputée Valérie Hayer
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Et à 8h14 sur Europe 1, il est l'heure d'accueillir le deuxième invité d'Europe 1 matin week-end. Vous recevez Alexis Valérie Ayet, députée européenne et secrétaire générale déléguée de Renaissance. Bonjour Valérie Ayet. Bonjour. On va aborder ensemble plusieurs sujets d'actualité. Mais pour commencer, je voulais vous faire réagir sur complément d'enquête diffusé jeudi soir sur France 2. Documentaire à charge contre CNews. Première chaîne d'info en continu en France, l'accusant de ne pas respecter le pluralisme.
Sauf que quelques heures avant, l'ARCOM, le gendarme de l'audiovisuel, a désavoué une partie du reportage affirmant que le pluralisme était bien respecté sur CNews et que les chiffres de Reporters sans frontières cités dans le documentaire étaient faux. France Télévisions a même dû couper la séquence à la dernière minute. Est-ce que ça vous choque, madame, de voir le service public dépenser l'argent des Français ? C'est l'argent de nos impôts, environ 400 000 euros pour ce documentaire, avec des erreurs manifestes. Est-ce que ça vous choque de voir le service public finalement prendre parti ?
Écoutez, c'est la liberté de France 2 et du service public, en l'occurrence, et de France Télé, de diffuser une émission sur CNews, comme CNews, où vous-même avez toute la liberté de commenter.
Oui, mais c'est toujours le même problème, c'est que nous sommes un groupe privé et le service public se doit de représenter tous les Français, puisque c'est votre argent, c'est le mien, c'est celui de tout le monde qui est dépensé dans le service public. Vous voyez ce que je veux dire ?
Le service public représente tous les Français. Chaque chaîne, qu'elle soit privée ou publique, dispose de sa liberté éditoriale. Et ce qui compte fondamentalement pour chacune des chaînes, que ce soit le service public ou les chaînes privées, c'est le respect des obligations légales sous le contrôle de l'ARCOM. Le service public, c'est complément d'enquête. Le service public, c'est aussi la culture gratuite, c'est aussi des documentaires historiques d'intérêt général, c'est des émissions populaires comme celle de Michel Duruquer ou Cyril Ferraud. C'est tout ça le service public.
Oui. Vous avez vu quand même cette étude de l'Institut Thomas More à passer au crible. Plus de 1280 chroniques des matinales de Radio France en octobre de 2025, qu'on s'aperçoit qu'environ 60% des chroniques sur France Inter et 66% sur France Culture sont orientées à gauche. La droite est donc très minoritaire. Donc j'en reviens à ma première question. Faut-il par exemple réformer le service public ou faut-il en tout cas comment les forcer à trouver un meilleur équilibre ?
Écoutez, moi je ne sais pas dire si le service public aujourd'hui est de gauche ou de droite. Est-ce que vous savez ce que vote Dominique Seux ou Michel Duruquer ? Je n'en sais rien et ça n'est pas notre responsabilité. La seule chose qui compte pour le service public comme pour vos chaînes, ce sont le respect des obligations légales, le pluralisme, l'indépendance de l'information. Et ça n'est pas aux responsables politiques, ça n'est pas aux autres chaînes d'en juger, parce qu'on est dans un état de droit avec une séparation des pouvoirs. Et il y a un organe indépendant qui s'appelle l'ARCOM qui est chargé de veiller au respect de ses obligations.
Et l'ARCOM justement a désavoué donc une partie du reportage de complément d'enquête en expliquant très clairement que les chiffres sur le pluralisme n'étaient pas respectés sur CNews, ce qui était faux par exemple.
D'ailleurs, complément d'enquête n'a pas diffusé une séquence sur ces chiffres, justement parce que l'ARCOM a dit... En fait, c'est simplement que le complément d'enquête a retiré cette partie, parce que justement l'ARCOM avait dit qu'elle n'était pas d'accord avec le calcul sur le pluralisme. Donc sur ce point précis, l'erreur vient du calcul du RSF plus que de complément d'enquête, et par ailleurs l'émission a retiré.
Les choses sont très claires. Selon vous, aujourd'hui, le service public ne penche pas à gauche politiquement et respecte une neutralité totale ?
Selon moi, le service public est un service qu'il faut défendre fondamentalement. Moi, je suis députée européenne. Je vois ce qui se passe en Europe. Je vois les attaques méthodiques... C'est la réponse que je vous fais. Je ne sais pas dire en tant que responsable politique quelle est la ligne sur le service public. Je sais vous dire que le service public en France, doit respecter des obligations légales qui sont contrôlées par l'ARCOM. Je sais vous dire qu'en Europe, le service public dans certains pays est attaqué fondamentalement.
Je sais vous dire que le service public en Europe est attaqué fondamentalement par l'extrême droite, par les populistes, en Hongrie de Viktor Orban, en Slovaquie de Robert Fidtso, hier en Slovénie avec un Premier ministre qui était populiste. A chaque fois, c'est la même méthode. Porter atteinte à l'indépendance du service public et progressivement grignoter l'état de droit. Il faut être extrêmement prudent. Et moi, je serai toujours défenseur de l'audiovisuel public et de son indépendance.
Emmanuel Macron envisageait de confier à Reporters sans frontières la labellisation des sites d'information. Peut-on vraiment leur confier ce rôle alors que ces dirigeants ont des positions politiques, pour le coup, très marquées à gauche ?
Je le redis, monsieur, et j'en resterai sur ce point. Le service public en France doit être protégé. Et c'est le sens de l'engagement de la ministre de la Culture. On peut évidemment le réformer. Mais c'est un atout fondamental. Moi, je suis en soutien du service public. C'est une chance pour notre pays d'avoir accès à des programmes culturels, éducatifs, sportifs, gratuitement, sans condition de rentabilité ou sans condition d'audience.
Dans l'actualité également, madame, il y a une vingtaine de jours de Noël. La traditionnelle crèche de Bruxelles sur la Grand-Place a été remplacée par des figurines sans visage, gestes artistiques ou effacement de la tradition chrétienne. Quel est votre sentiment sur cette crèche à Bruxelles, justement ?
Je ne commenterai pas les décisions de la ville de Bruxelles.
Donc ça ne vous a pas choqué ?
Je n'ai pas eu l'occasion de traverser la ville de Bruxelles aujourd'hui. Chaque ville, chaque commune fait ses choix. Vous pourrez aller et trouver des crèches dans toutes les villes de France, par ailleurs, et je vous invite à aller visiter.
Certains dénoncent une crèche charia compatible, justement, puisque le but, c'est en effaçant les visages, c'est de ne pas choquer la communauté musulmane. Le joueur de foot, Thomas Meunier, joueur de foot belge, a dit qu'on touche le fond et on continue de creuser. Mais vous ne partagez pas son avis, j'ai l'impression.
Je vous le redis, vous trouverez partout en Belgique, partout en France, des crèches. Et je ne commenterai pas ces choix de la ville de Bruxelles.
Madame Meunier, vous venez de voter un rapport pour protéger les mineurs sur Internet avec interdiction des réseaux sociaux avant 13 ans et contrôle parental jusqu'à 16 ans. Vous soutenez donc évidemment le président de la République qui vient d'annoncer la suppression des téléphones portables dès la rentrée prochaine au lycée. C'est une mesure que vous soutenez, évidemment.
C'est une mesure. Chaque mesure qui permet de protéger nos enfants va dans le bon sens. Ce qu'on a voté cette semaine au Parlement européen, c'est une très belle avancée. C'est le fruit de la mobilisation de la France, c'est le fruit de la mobilisation du président de la République. Alors à ce stade, on est sur un rapport d'initiative. Mais déjà, il y a une volonté exprimée par une majorité du Parlement pour aller vers une interdiction des réseaux sociaux avant 13 ans et vers un contrôle parental avant 16 ans.
On sait que les réseaux sociaux, on a des études scientifiques aujourd'hui, on sait que les réseaux sociaux, les téléphones portables aussi, génèrent des pratiques addictives, parfois des contenus dangereux. Et donc, on a une mobilisation. D'ailleurs, depuis 2019, avec le président de la République, on s'est mobilisés au niveau européen pour contrôler les géants du numérique et les réseaux sociaux. On a des lois qui ont été adoptées. Maintenant, il faut s'assurer qu'elles soient mises en œuvre. Et seule l'échelle européenne sera la plus efficace pour ça.
C'est très clair. Dans l'actualité internationale également, Madame, vous avez dit qu'il ne peut pas y avoir de paix en Ukraine sans les Ukrainiens et les Européens. Vous vous opposez donc clairement au plan de paix américain qui impose pour l'instant des concessions importantes à Kiev.
Alors, ce plan de paix, ce prétendu plan de paix n'est en aucun cas un plan de paix. C'est une trahison. Ce plan, il a été pensé, écrit aux conditions du Kremlin. C'est très clair. Avec une liste de concessions demandées à l'Ukraine qui est extrêmement longue et rien qui est demandé à la Russie de Vladimir Poutine. Donc, l'Union européenne, à raison, est revenue dans le jeu. Elle a rendu ce plan caduque. Ce qu'il faut rappeler, ce que je rappelle systématiquement, il n'y a pas de paix possible. Il n'y a pas de paix durable et juste possible sans que les Ukrainiens soient à la table des négociations, sans que les Européens soient à la table des négociations.
Parce que ce qui se joue aujourd'hui, c'est évidemment l'avenir de l'Ukraine, mais c'est aussi notre sécurité, la sécurité du continent. La menace russe, elle est réelle. Elle est réelle, évidemment. On le voit malheureusement pour les Ukrainiens qui sont sous les bombes tous les jours. Elle est réelle pour nous, y compris en France. Partout en Europe, on voit des sabotages, de la désinformation, des cyberattaques, des drones. Et Vladimir Poutine est en train de faire monter en puissance son armée avec 2000 hommes d'ici à 2030. Donc, il faut créer les conditions et dissuader la menace.
Et c'est pour ça qu'Emmanuel Macron a voulu lancer un service militaire national volontaire. Merci beaucoup Valérie Hayé d'avoir été avec nous. Bon week-end. Merci.
Merci. Merci. Merci.