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Conférence de presseRassemblement National (sur YouTube)· 24 septembre 2025 50 minContradictoireActualité / polémiqueSécuritéJusticeÉducation & rechercheImmigration & asile

Philippe Ballard : "Il est urgent d’abaisser la majorité pénale !" (CNEWS)

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 8 %Attaque 70 %Défensif 22 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 3:16OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui a changé en 40 ans pour qu'une attaque au couteau contre un enseignant soit imaginable aujourd'hui ?

  • 3:26FerméeRéponse partielle

    Est-ce que la loi interdisant les couteaux aux mineurs a eu un impact ?

  • 4:52OuverteRéponse directe

    Quelles informations avez-vous sur l'attaque de ce matin ?

  • 5:46OuverteRéponse directe

    Quelles mesures concrètes faut-il prendre pour sécuriser les établissements scolaires ?

  • 7:08RelanceÉludée

    L'interdiction de vente de couteaux aux mineurs a-t-elle servi à quelque chose ?

  • 8:51OuverteRéponse directe

    Pourquoi un enfant de 14 ans sort-il de chez lui avec un couteau ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:26PrésentateurChiffre
    « 120 attaques ou tentatives d'attaque au couteau par jour. »
  • 2:20Invité politiqueFait
    « Les conséquences d'une baisse d'assistants de vie scolaire, de personnels qui encadrent les élèves. »
  • 5:09Locuteur 5Fait
    « Cette scène, c'est évidemment pas un fait divers isolé. C'est en réalité le reflet d'une violence quotidienne qui frappe les salles de classe. »
  • 7:54Locuteur 5Fait
    « À 13 ou à 14 ans, parfois même plus jeunes, certains n'ont déjà plus aucune barrière. Ils peuvent frapper, blesser, parfois tuer, sans la moindre conscience des conséquences derrière. »
  • 21:43Invité politiqueFait
    « C'est honteux. »
  • 21:59Invité politiqueFait
    « Aujourd'hui, vous avez une justice qui ne répond pas à une certaine réalité. »
  • 24:05Invité politiqueFait
    « La police est délaissée. »
  • 24:07Invité politiqueFait
    « La police est méprisée. »
  • 26:45Invité politiqueFait
    « Il suffit d'un tout petit peu de courage politique et de courage pour pouvoir appliquer les lois et les règlements en vigueur sur le territoire national. »
  • 31:13Locuteur 4Fait
    « Claire Géronimi a été violée le 11 novembre 2023, en plein après-midi, dans le 8e arrondissement de Paris. »
  • 31:51Locuteur 4Fait
    « Son casier judiciaire mentionne 11 condamnations. Il a déjà été condamné pour des faits de violence et d'agression sexuelle. »
  • 33:27Locuteur 10Fait
    « Il a écouté les bras croisés, le rappel des faits, mais aussi le rapport sur sa personnalité. »
  • 46:14Invité politiqueFait
    « Le poids de la masse salariale, qui est de plus en plus importante, s'explique en grande partie par le fait qu'on ne demande qu'une seule chose quasiment à chaque journaliste. »
  • 46:57Invité politiqueFait
    « On voit bien que ce qui empêche notamment France Télévisions de se réformer, c'est le poids très important des syndicats qui refusent tout changement. »

Temps de parole

  • Présentateur64 %
  • Philippe Ballard8 %
  • Locuteur 57 %
  • Locuteur 86 %
  • Locuteur 34 %
  • Locuteur 24 %
  • Locuteur 103 %
  • Locuteur 93 %

0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Un drame terrible qui s'est produit aux alentours de 8h15 dans le barin ce matin. Oui, on a tous une pensée pour l'enseignant. Depuis les élèves qui ont dû assister à la scène, je pense que ça a dû évidemment les traumatiser. Je suis peut-être plus tout jeune, mais il y a une quarantaine d'années, j'étais encore à l'école, au collège, au lycée, mais on n'aurait jamais imaginé qu'une attaque, on puisse attaquer au couteau ou attaquer tout simplement un professeur, un enseignant. Il y avait le respect, mais qu'est-ce qui s'est passé en 40 ans ? C'est déjà une première question qu'on peut se poser. Après, il y a le couteau. Alors, 120 attaques ou tentatives d'attaque au couteau par jour.

Alors, très bien, il faut fouiller effectivement. On en est là maintenant, fouiller les sacs. On rappelle quand même que la loi interdit à quiconque de se balader avec un couteau dans la poche sur l'espace public. C'est déjà le fait. Et puis, il y a le point quand même qui interpelle. D'après ce qu'on disait, il s'est autopongardé en quelque sorte. Donc, il y a le profil psychologique. Il faut se souvenir qu'il y a quelques semaines, dans un lycée horticole du Var, il y a un jeune qui sortait, qui avait été hospitalisé en psychiatrie et qui a attaqué plusieurs personnels dans un lycée.

1:02
Locuteur 8

Oui, à Antibes. À Antibes, voilà. Le professeur et un autre élève.

1:05
Présentateur

Voilà. Donc, malheureusement, là, c'était il y a 15 jours, trois semaines.

1:08
Locuteur 8

C'était le 10 septembre dernier. Voilà.

1:10
Présentateur

Donc, vous voyez, en 15 jours, deux événements majeurs. Donc, il y a un problème du suivi psychiatrique de tous ces jeunes qui peuvent être hospitalisés. et il avait été relâché, enfin, il était ressorti quelques jours auparavant. Donc, il y a aussi cet aspect, le suivi psychiatrique de tous ces gamins. On verra tout à l'heure avec Sabrina, si on arrive à avoir des infos sur cet élève et sur qui il est, parce que pour l'instant, on ne connaît que son âge, a priori, qui est de 14 ans. C'est vrai, Massinissa, au signe qu'on est face à une situation qui est terrible aujourd'hui. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on est en train de faire d'un bunker, de transformer en bunker nos lycées, nos collèges.

Il faut les préserver des attaques extérieures. Et il faut également les préserver des attaques intérieures. C'est-à-dire des élèves eux-mêmes qui viennent avec des armes. Absolument. Je suis terrifié par ce que nous venons d'apprendre. C'est une triste nouvelle pour la communauté éducative.

1:57
Philippe Ballard

Et j'en profite d'ailleurs pour leur adresser mon total soutien. Lorsque j'ai adressé mes voeux de rentrée pour cette rentrée 2025-2026,

2:09
Présentateur

je l'ai adressé devant une école justement qui avait indiqué une banderole expliquant un manque de moyens vis-à-vis de l'État. Et ce manque de moyens se fait ressentir malheureusement à travers cette attaque au couteau que nous voyons là. Bien sûr que la corrélation n'est pas immédiate, mais les conséquences d'une baisse d'assistants de vie scolaire, de personnels qui encadrent les élèves. Vous savez, on ne pourra jamais mettre effectivement un policier derrière chaque établissement, comme le disait le syndicaliste. Et justement, lorsque vous avez une connaissance du terrain, vous avez un personnel de proximité qui est proche des élèves, on sait où taper. On sait qui...

On connaît les élèves et on voit qu'il y a un problème de déséquilibre. Mais après, c'est vrai qu'il faut aussi se demander le fait qu'il faille un policier absolument pour faire des fouilles de ça. Est-ce qu'il ne faut pas aussi se libérer un peu de ça et se dire qu'un, comme on appelait un pion à l'époque, puisse fouiller ? Absolument. Voilà, il va falloir sourire parce que les policiers, on ne va pas les mettre devant chaque époque. Non, nous avons besoin de notre police sur le terrain. Et justement, on est en direct avec un policier. On est en direct avec Michel Coriot, qui est délégué national de Police Alliance. Bonjour, merci beaucoup d'être en direct avec nous.

D'abord, est-ce que vous avez des informations complémentaires par rapport à ce qui s'est passé ce matin ? Voilà, on l'a perdu visiblement. On va essayer de le récupérer dans un instant. On va faire le CNews Info et puis ensuite, on va récupérer Michel Coriot. On refera un nouveau point avec Sabrina, effectivement, pour savoir quelles sont les dernières informations qu'on a reçues face à cette attaque, cette élève qui a attaqué cette professeure au couteau, cette élève qui s'est ensuite poignardée. Tout de suite, le CNews Info, Samaya Labidi.

3:51
Locuteur 2

Je condamne avec force l'agression d'une enseignante par un élève dans un collège du Bas-Rhin. J'exprime ma solidarité à l'enseignante et à la communauté scolaire. Les mots sur X d'Elisabeth Borne, ministre des missionnaires de l'éducation nationale, qui précise qu'une cellule d'urgence a été activée et qu'elle se rend immédiatement sur place. Ouverture depuis 9h30 du procès du viol de Claire Géronimi et d'une autre victime âgée de 19 ans. L'accusé, un centrafricain de 27 ans sous OQTF, a déjà été condamné 11 fois par la justice, notamment pour violences, menaces, portes d'armes ou encore des affaires liées aux stupéfiants.

Et puis au moins 14 personnes sont mortes à Taïwan des suites de la rupture d'une digue provoquée par le passage du typhon Ragaza, typhon qui balaie ce matin le sud de la Chine. Conséquence, Hong Kong est passé en alerte maximale face aux pluies diluviennes et aux fortes rafales de vent.

4:41
Présentateur

Merci beaucoup Somaïa. On continue donc cette page spéciale consacrée à ce drame qui s'est produit ce matin à 8h15 dans Le Barin. On est avec Michel Coriot, délégué national de la police Alliance. Bonjour, merci d'être en direct avec nous. On vous a retrouvé. Est-ce que vous avez des informations sur ce qui s'est passé ce matin ?

4:56
Locuteur 5

Non, pas précisément, puisque je rappelle que ce drame a eu lieu en zone gendarmerie, qui n'est pas évidemment de notre compétence. Mais ce que je peux dire en tout cas, c'est que cette scène, c'est évidemment pas un fait divers isolé. C'est en réalité le reflet d'une violence quotidienne qui frappe les salles de classe, mais aussi les halls d'immeubles, les transports, la rue. Chaque jour, nos collègues, ils interviennent sur des agressions à l'arme blanche. Chaque jour, il y a des innocents qui tombent sous les coups d'adolescents, qui se croient intouchables, parce qu'en réalité, ils n'ont pas tort, parce qu'ils le sont quasiment à chaque fois, sans réponse pénale suffisamment dissuasive.

Et cette fois, c'est malheureusement une enseignante qui en paye le prix. Mais vous le savez, comme moi, la liste des victimes de ce genre d'agressions va continuer à grandir si on ne prend pas les mesures qui s'imposent.

5:46
Présentateur

Et les mesures qui s'imposent, c'est quoi précisément ? Parce que je le disais tout à l'heure, on est en train parfois de transformer en bunker nos collèges, nos lycées. Est-ce que c'est ça la solution aujourd'hui pour qu'il y ait la paix dans les lycées ? Est-ce qu'on en est là en 2025 en France ?

5:57
Locuteur 5

Écoutez, le problème aussi, c'est qu'on a certains politiques qui sont à 10 000 lieux de la réalité du terrain. Je vais vous prendre un exemple précis. L'ancien Premier ministre François Bayrou avait choisi d'interdire la vente de couteaux mineurs. Alors très bien, parfait, avec de très beaux discours dont nos hommes politiques ont le talent. Mais c'est quoi le bilan de cette mesure ? En fait, il n'y en a absolument aucun. Ça n'a servi strictement à rien. Et nous, policiers, on est toujours en première ligne et au même stade face à ces individus. En fait, tout ça pour vous dire qu'on ferme les yeux sur le fond du problème. Alors évidemment, la psychiatrie en fait partie.

Il faut évidemment renforcer ce domaine. Mais le danger, il ne réside pas dans l'objet, mais dans l'absence totale aussi de crainte de la sanction. Tant qu'un adolescent pourra porter un couteau sans rien risquer, ou l'utilisant en sachant qu'il est risque si peu, eh bien on continuera très malheureusement à compter les blessés et les morts. Et c'est aussi triste que ça. On ne combat pas l'effondrement de l'autorité avec des mesures gadget. Nous, ce qu'on attend en tant que policiers, ce qu'on attend en alliance police nationale, ce n'est plus un choc, c'est bien un électrochoc d'autorité dont on a besoin, dont nos collègues ont besoin sur le terrain aux bétisiers.

7:05
Présentateur

Oui, Michel Corré, je reviens juste sur ce que vous avez dit, sur les ventes de couteaux qui étaient interdites aux mineurs. Enfin, je l'avais dit à l'époque, parce que vraiment, moi, je trouve que c'est de la communication des années 80, quoi. C'est prendre les gens pour des imbéciles, excusez-moi, parce qu'un couteau, il y en a dans toutes les cuisines. Donc dire on interdit la vente des couteaux aux mineurs, enfin, c'est d'un ridicule absolu, la situation est si grave qu'on ne comprend pas comment on peut faire des annonces aussi stupides, quoi, excusez-moi. Les couteaux, ils sont partout, donc dire on interdit la vente aux mineurs, c'est du pipeau, c'est du vent.

7:36
Locuteur 5

C'est absolument ça. Et puis, je peux vous dire que si vous partagez ce constat, alors qu'on, nous, policiers, alors qu'on est en attente de moyens, on est en attente d'électrochoc de sécurité, on entend ce genre d'annonce, ça nous laisse pantois. Nous, ce qui nous alarme, c'est la réalité du terrain, et la réalité du terrain, c'est qu'à 13 ou à 14 ans, parfois même plus jeunes, certains n'ont déjà plus aucune barrière. Ils peuvent frapper, blesser, parfois tuer, sans la moindre conscience des conséquences derrière. Pourquoi ? Parce que l'impunité, elle s'est installée comme une norme un peu partout sur le territoire.

Et ce que nous vivons, c'est plus seulement une crise d'autorité, c'est l'explosion pure et simple de toute notion de limite. Et comme je vous le disais, c'est un véritable électrochoc d'autorité qu'il nous faut, parce que sans ça, on ne s'en sortira pas.

8:21
Présentateur

Et dans tous les domaines, effectivement. Merci beaucoup Michel Coriot, merci d'avoir été avec nous, délégué national Alliance. Dans un instant, on va refaire un point avec Sabrina sur les dernières informations qu'on a. Je vous précise que Gabriel Attal, éphémère ministre de l'Éducation, a tweeté, lui aussi. Il dit dans le barin au collège Robert Schumann, une enseignante vient d'être victime d'une agression au couteau. Le choc est grand, notre solidarité totale, l'école doit être un sanctuaire. Voilà, on portera ça jusqu'au bout, un lieu de transmission. Mais la question, c'est qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait, Madi Saïdi ?

8:51
Locuteur 3

D'abord, je veux redire mon soutien à la communauté éducative et à l'enseignante, évidemment. Et dire combien, malheureusement, je crois que les politiques n'ont pas réellement pris conscience de la gravité du problème. On en a assez régulièrement. Et honnêtement, allez dire que je crois qu'ils n'ont pas conscience, ils sont complètement hors sol. Comment est-ce qu'on peut penser qu'en enlevant la vente des couteaux, ça changerait quelque chose ?

9:17
Présentateur

Mais c'est de la com' des années 80, je vous dis. On nous prend pour des couillons. Excusez-moi, je suis marseillais, c'est l'expression qui me vient. Je ne sais pas, mais c'était complètement ma pensée.

9:28
Locuteur 3

Mais oui, mais c'est complètement prendre des gens pour des... Voilà, comme vous l'avez dit, c'est ça. Parce qu'en réalité, un gamin, s'il a envie de sortir avec un couteau, il a juste à aller dans sa cuisine, il va le récupérer. Bien sûr, mais bien sûr. Voilà. Et je crois qu'on n'a toujours pas conscience, en tout cas ceux qui nous gouvernent n'ont pas conscience de la gravité du problème. Et évidemment, il y a la question de la santé mentale des enfants, ok. Il y a une question de moyens, peut-être. Mais il y a aussi le socle de tout ce qui se passe aujourd'hui dans nos écoles. C'est la question de l'éducation. Où sont les parents ? Comment un gamin sort de chez lui avec un couteau ?

Comment aujourd'hui un gamin...

9:59
Présentateur

À 14 ans, il a 14 ans.

10:01
Locuteur 3

À 14 ans, il sort de chez lui avec un couteau. Pourquoi il sort avec un couteau ? Pourquoi est-ce qu'aujourd'hui un gamin n'a pas peur de l'autorité que représente le professeur ? Le professeur, c'est une autorité. Pendant longtemps, moi je fais partie de ces gamins pour qui il y avait les parents, il y avait la police, il y avait le professeur. Et aujourd'hui, il n'y a plus aucune crainte, il n'y a plus de respect à cette crise de l'autorité qui est de plus en plus grande aujourd'hui. Et évidemment, les réponses qu'on apporte, c'est d'abord on déplore les pauvres gamins qui évidemment sont les enfants les plus malheureux du monde. Donc quand on est malheureux, forcément on est délinquant.

Et on ne trouve aucune solution pérenne. Il n'y a rien de vrai aujourd'hui dans les solutions qu'on apporte.

10:36
Présentateur

Et l'autre question qui va faire plaisir à Guillaume Verstel, je pense, parce que je sais que c'est un de ses combats, c'est la santé. L'autre question qui se pose, c'est la santé psychologique de ce gamin. Comment est-ce possible que ce gamin, s'il avait des problèmes psychologiques, il n'ait pas été détecté plus tôt, les parents ne s'en soient pas occupés ? Parce qu'un gamin qui ensuite, au moment de son arrestation, comme on l'a appris par les gendarmes, se porte plusieurs coups de couteau, c'est qu'il y a des problèmes psychologiques et on revoit l'entrée du lycée en direct pendant que vous répondez.

Écoutez, Jean-Marc, ce qui me rassure, c'est que pour une fois, je ne vais pas créer un tollé sur le plateau en questionnant la santé mentale de la personne qui a utilisé le fameux couteau. Moi, j'ai beau faire, je persiste et signe quelqu'un qui passe à l'acte avec une arme blanche, il y a un moment où il faut quand même questionner la stabilité psychologique ou psychiatrique. Bon, évidemment, sur ce cas précis, la première chose, tout le monde l'a dit, on est tous d'accord, je suis enseignant par ailleurs, évidemment qu'on ne peut qu'être solidaire vis-à-vis du corps enseignant.

Mais une fois qu'on a dit ça, il y a quand même un problème que Madi a très bien souligné, c'est la question de la transmission des valeurs et de l'éducation. Moi, je suis père de famille, je n'imagine pas une demi-seconde qu'un de mes enfants parte le matin avec un couteau. Qu'il l'ait acheté dans le commerce ou qu'il l'ait pris dans la cuisine, ce n'est même pas le sujet à la limite. Après, il peut le cacher, on peut imaginer qu'à 14 ans, il peut le cacher. Mais moi, ce qui m'interpelle le plus, c'est l'état de santé mentale. Parce que les parents, ils doivent voir quand même si leur gamin est déséquipé.

Après, cacher un couteau, honnêtement, je pense qu'il ne faut pas trop dire qu'on s'en aperçoit forcément, il prend un couteau dans la cuisine, il le met dans son sac à dos. Mais il y a le problème de la santé mentale. Il y a le problème de la santé mentale, mais même en amont de ça, on en parlait la semaine dernière sur ce plateau, il y a la question de la notion de valeur. Qu'est-ce que le bien et le mal ? La transmission de ces valeurs-là. Ça, ça relève de l'éducation. Qu'un enfant de 14 ans prenne un couteau, ne serait-ce qu'il prenne un couteau et qu'il vienne au collège avec, ça veut déjà dire qu'il y a un échec dans la transmission des valeurs.

Ça veut dire que cet enfant, il ne se rend pas compte du bien et du mal, et quand il prend le couteau, c'est déjà perdu. – Juste, on va faire le point avec Sabrina, mais il y a une réaction à l'instant de Laurent Wauquiez, et je voudrais, alors c'est une réaction politique, Philippe Allard, mais je voudrais vous la lire, elle est étonnante. Il reprend cette info de l'enseignant de Poinardier par un élève de 14 ans, et il répond « 14 ans, trois points de suspension, voilà où nous mène le laxisme ». – Oui, alors… – Il n'y a pas d'autre mot, il y a juste « 14 ans, voilà où nous mène le laxisme ».

– Oui, c'est sûr qu'à 14 ans, il se livra ça, mais pour être concret et répondre un peu aux syndicalistes d'Allianz qui étaient là, effectivement… – Non, mais juste sur Laurent Wauquiez déjà. – Oui, mais je ne vois pas où ils vont venir, enfin oui, c'est ce que je disais tout à l'heure, moi, il y a une quarantaine d'années, enfin, aller au collège, au lycée, on n'imaginait même pas qu'un jour, une enseignante pouvait être poignardée, donc, et là, c'est, oui, effectivement, à 14 ans. Alors, on va reposer la question, que fait la famille ? Est-ce qu'il y avait même d'ailleurs une famille ?

Le suivi psy, j'en ai parlé tout à l'heure, effectivement, il y a 15 jours, à Antibes, enfin, il avait été hospitalisé dans une unité… – Oui, oui, vous l'avez dit, on ne va pas y revenir. – Voilà, et il ressort. Non, mais pour le syndicaliste policier, quand même, la majorité pénale, effectivement, il disait… – Mais à 14 ans, on ne va pas la descendre à 14 ans, la majorité pénale. – Au moins à 15 ans. – Oui, d'accord, mais donc à 14 ans, il ne serait pas concerné, là. – Il est enfermé, pour les cas les plus graves, en prison, et dans les autres cas, dans les centres éducatifs fermés. Il n'y en a même pas un par département.

Donc, on pourrait peut-être commencer par enfermé pour mettre à l'abri la société. – Sabrina, on va faire un nouveau point avec vous sur les toutes dernières informations que vous avez pu recueillir concernant ce drame qui s'est déroulé ce matin dans le Barin.

14:18
Locuteur 8

– Voilà, ce matin, 8h15, dans le collège Robert Schumann, c'est à Benfeld, près de Célestin, en Alsace. C'est là que l'enseignante s'est fait poignarder dans sa classe par un jeune homme de 14 ans. L'enseignante est âgée de 66 ans. Elle est professeure de musique dans l'établissement. Elle a été blessée au niveau du visage et du cou. Heureusement, son pronostic vital n'est pas engagé. Elle est hospitalisée en urgence relative, évacuée vers un centre hospitalier. Quant au jeune suspect, il avait pris la fuite dans un premier temps. Il a été rapidement interpellé par les gendarmes. Au moment de son arrestation, il s'est porté lui-même des coups de couteau au niveau de la gorge.

Il était en arrêt cardio-respiratoire. Finalement, il a été réanimé par les secours. Mais il est entre la vie et la mort. Il est en urgence absolue, transporté d'urgence vers l'hôpital d'Haute-Pierre à Strasbourg. Concernant les élèves, le collège a été évacué. Les élèves transférés dans la salle des fêtes à côté, en attendant d'être récupérés par leurs parents pour garantir une sécurité maximale.

15:13
Présentateur

Une nouvelle information que vous nous livrez, il s'est porté des coups de couteau à la gorge. Au niveau de la gorge. Ah oui, donc il y avait vraiment la volonté de mourir.

15:18
Locuteur 8

Oui, et ce qui expliquerait qu'il a été en arrêt cardio-respiratoire aussi soudainement.

15:22
Présentateur

Voilà ce qu'on pouvait vous dire sur ce sujet. On y revient à 11h30, bien évidemment. Sabrina reviendra avec les toutes dernières infos tout à l'heure à 11h30. Dans l'actualité également, il y a cette information qu'on va vous révéler grâce à notre confrère Jules Laurence de Frontières. Écoutez bien cette histoire. C'est un policier qui a été blessé 21 jours d'ITT dans un centre de rétention. Et l'homme qu'il a agressé a été condamné à ce qu'on appelait avant un rappel à la loi. Rappel à la loi pour avoir blessé un policier qui a 21 jours. On est en direct avec Jules Laurence, rédacteur en chef à Frontières. Bonjour Jules, merci d'être en direct avec nous.

Alors racontez-nous ce qui s'est passé et quelles sont les informations que vous avez. Bonjour Jean-Marc. C'est une histoire où on marche complètement sur la tête. Le 17 septembre dernier, en effet, un policier a été agressé par un individu sous OQTF au centre de rétention administrative de Vincennes. Dans l'effet, le policier y circulait dans le couloir du CRA. Et il a trouvé un de ses collègues en difficulté avec ce retenu sous OQTF. Il a tenté avec son collègue de maîtriser l'individu sous OQTF qui s'est débattu, qui est devenu extrêmement violent. Et l'individu a commencé à sonner des coups de tête finalement au policier.

Tellement il y avait de violences, un troisième policier a dû venir et intervenir sur place. Et lorsqu'il a asséné des coups de tête, finalement, le retenu sous OQTF a blessé gravement à la main un des policiers. Et vous le mentionnez, ce policier a été gravement blessé au doigt, au doigt. Ce qui fait qu'aujourd'hui, il a 21 jours d'ITT, donc d'interruption totale de travail, à tel point qu'il va même devoir sûrement faire une opération chirurgicale. Alors l'individu sous OQTF, il a été mis en garde à vue. Et deux jours après, il a été présenté au tribunal judiciaire de Paris.

Et vous l'avez mentionné, Jean-Marc, il a simplement pris un rappel probatoire pénal, c'est-à-dire ce qu'on appelait avant un rappel à la loi. Donc le policier est complètement indigné. Il se dit que finalement, aujourd'hui, on peut lui casser un doigt. On peut aujourd'hui avoir 21 jours d'ITT quand on est policier et avoir un individu qui prend simplement un rappel à la loi. Il faut aussi mentionner que ce policier, il estime avoir aucun soutien hiérarchique, aucun soutien évidemment dans la justice. L'individu, ce n'est pas la première fois qu'il est violent. Il a déjà commis des vols avec violence. Donc il devait partir ce 26 septembre prochain. On ne sait pas encore s'il va être expulsé.

Mais quoi qu'il en soit, le policier est absolument écœuré du laxisme et du peu de soutien hiérarchique qu'il obtient aujourd'hui. – Jules, l'histoire, elle est totalement folle quand même. Un rappel à la loi alors que le policier de l'autre côté a 21 jours d'ITT. Mais enfin, c'est une carte blanche à tous ceux qui ont envie de s'attaquer à des policiers, un jugement comme ça. – C'est exactement ça et c'est encore plus grave, Jean-Marc, parce qu'il m'expliquait que finalement, dans ce centre de rétention administrative de Vincennes, c'est tous les jours qu'il y a des retenues qui sont violentes, c'est tous les jours qu'il y a des retenues qui insultent les policiers.

Il m'expliquait qu'encore hier, Jean-Marc, il y avait une policière qui a été agressée par un retenu sous OQTF, encore une fois. Et finalement, ils ont l'impression, ces policiers, aujourd'hui, que personne ne les écoute, que la justice ne les soutient pas, que les retenues peuvent tout se permettre avec eux et que derrière, la presse n'en parlera pas, qu'ils n'auront pas de soutien de leurs confrères ni de leur hiérarchie. Donc ils sont absolument écoeurés. Et comme je vous dis, Jean-Marc, il ne faut pas non plus… Il faut vraiment rappeler que ce policier, il va probablement être opéré du doigt.

Il va subir une intervention chirurgicale sur son doigt tellement l'individu a frappé fort avec sa tête sur l'annulaire du policier. Merci beaucoup, Jean-Laurence. Merci d'avoir été en direct avec nous pour nous parler de cette information. Et c'est vrai que cette violence, en plus, dans les centres de rétention, elle est quasi quotidienne. C'est ce que nous montrent à peu près tous ceux qui sont là-bas. Regardez cet extrait du doc d'hier soir diffusé sur Sion. On parle justement de la violence des OQTF dans les centres de rétention. Il faut dire qu'en Cras, les retenues ne sont pas considérées comme des prisonniers. Pas de cellules individuelles, pas d'enfermement.

Un environnement accidentogène.

19:13
Locuteur 5

Les centres de rétention sont explosifs. Il y a déjà des communautés qui se créent entre les pays de l'Est et les pays d'Afrique. Il y a des rixes. Il y a des violences quotidiennes. Des incidents envers le personnel médical.

19:27
Présentateur

Moi, dans les Cras qui étaient dans mes départements, ils arrachaient les fenêtres, le bord des fenêtres, le cadre en aluminium pour se faire des couteaux qu'ils aiguisaient sur les murs ou contre les sols. C'était pour se battre entre eux.

19:40
Locuteur 5

Il y a des tentatives de suicide. Il y a beaucoup d'étrangers qui se mutilent et qui cherchent à aller à l'hôpital. En pensant qu'à l'hôpital, on pourra s'échapper, s'enfuir. Tous les jours, quel que soit le centre de rétention, vous avez un incident avec une personne ou un groupe de personnes. Notamment dans certaines phases. Je pense en particulier à la phase du Ramadan. En fin de soirée, il y a des incidents parce qu'il y a une grande nervosité. Les retenues sont fatiguées.

20:11
Présentateur

En France, il n'existe que 2000 places en CRA pour 140 000 au QTF. Un manque de place qui constitue l'un des principaux obstacles à leur exécution. Ma sinissa, aussi, moi, je vais vous dire que je suis désespéré quand j'entends ça. Quand j'entends un policier qui a 21 jours d'ITT et en face, l'agresseur, il a un rappel à la loi. Mais comment vous voulez vous en sortir ? C'est-à-dire que d'un côté, il y a les discours en disant on va être dur, on va être de plus en plus dur, attention, vous allez voir ce que vous allez voir. Et quand on regarde les faits, quand on regarde ces histoires, donc personne ne va parler ailleurs. Vous allez entendre nulle part cette histoire.

Alors c'est peut-être d'être extrêmement droite que d'en parler, j'en sais rien, ça fera plaisir à Delphine Arnott. Mais en tout cas, je trouve ça honteux. C'est un scandale. Oui, c'est pas tant la question de l'OQTF ou non, c'est la question de la personne qui est agressive et qui a effectivement... D'ailleurs, j'en profite pour adresser mon total soutien à la police nationale. Oui, mais le policier, il vous dit, je suis tout seul. Vous avez entendu ce que disait Jules ? Effectivement. Il dit, je suis tout seul. Il y a ce policier en particulier qui a été gravement blessé parce que 21 jours d'ITT, c'est pas rien. Maintenant, on peut supposer que la justice

21:14
Philippe Ballard

n'a pas pris en compte le caractère aggravé

21:19
Présentateur

de la situation de par 21 jours d'ITT et à effectuer qu'un simple rappel à la loi. Je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'il y a un problème de jugement. Mais malheureusement, la justice, parfois, on n'est pas... Est-ce que vous êtes choqué aussi ? Moi, je suis choqué déjà, surtout pour les 21 jours d'ITT

21:37
Philippe Ballard

et de ce policier. Et puis, choqué par la mesure de justice, moi, je respecte les lois de la République.

21:43
Présentateur

Donc, je ne peux que vous dire... Bah, que c'est honteux. Que c'est honteux, excusez-moi. Enfin, excusez-moi, c'est honteux. Je vais dire que c'est dommage. C'est honteux. Non, mais c'est pas dommage. Vous vous rendrez une dommage. Excusez-moi, c'est quoi ce mot-là ? Non, non, mais... C'est pas dommage. Non, mais ce que je veux dire par là... C'est honteux. C'est qu'aujourd'hui, vous avez une justice

22:02
Philippe Ballard

qui ne répond pas à une certaine réalité. C'est vrai que c'est...

22:07
Présentateur

Non, mais qu'est-ce qui peut se passer... Excusez-moi. Qu'est-ce qui peut se passer dans la tête d'un juge ? Enfin, je ne sais pas. Qu'est-ce qui peut se passer dans la tête d'un juge qui dit ce policier a 21 jours d'ITT. Ce policier va sans doute être opéré. Et qu'est-ce que je fais ? Je fais un rappel à la loi. Qu'est-ce qui se passe dans la tête des juges ? Alors, nous, les éléments dont nous disposons, il est clair que nous, en tant que... Si nous devions juger l'affaire avec les éléments dont nous disposons, il est clair que ce n'est pas une sentence acceptable. On est d'accord. Alors, Philippe Ballard... Non, mais c'est scandaleux. Enfin, il n'y a pas d'autre mot.

C'était l'air même pour ce policier. J'ai échangé l'émission avec un policier. Moi, je connais des policiers qui travaillent dans des CRAS, dans des conditions, mais extrêmement difficiles. Parce que dans les CRAS, on met les plus dangereux, en fait, des OQTF. Il n'aura même pas de procès. C'est-à-dire qu'il n'y a pas de reconnaissance, en fait, de ce qui vient de se passer. C'est scandaleux. Et puis, il y a un deuxième point, quand même. Parce que cet OQTF, là, il est slovéne. La Slovénie, c'est un pays membre de l'Union européenne, membre de l'espace Schengen. Et il est rentré comme il voulait en France, mais on ne peut pas le faire partir. On est obligé de lui mettre une OQTF.

Enfin, on marche sur la tête. Il n'y a rien qui va. En fait, il n'y a rien qui va. Il n'y a rien qui va. On espère que ça a expulsé. Non, mais la Slovénie, ce n'est pas l'Algérie. Il n'y a pas besoin de laisser passer consulaire pour retourner en Slovénie. Enfin, on est complètement déboussolé. On marche sur la tête dans ce pays. Donc, il faut rétablir un petit peu tout ça. On est en direct avec Fabien Bouguet, qui est délégué Alliance Police Nationale 75. Bonjour, merci d'être en direct avec nous. Enfin, je ne sais pas. Moi, cette histoire me révolte. Je ne sais pas quelle est votre réaction.

23:31
Philippe Ballard

Bonjour. Écoutez, je vous écoute avec vos invités. Donc, tout le monde est choqué. Tout le monde se demande pourquoi. Tout le monde se demande comment. Et en attendant, qu'est-ce qui reste ? En attendant, ce collègue-là, mis à part ses syndicats et sa hiérarchie, qu'est-ce qui lui reste ? De ses propres mots, il se sent délaissé, méprisé, oublié. Comme énormément de nos collègues. La police souffre, oui. Pourquoi ? Parce que oui, la police est délaissée. Oui, la police est méprisée. Et effectivement, les décisions judiciaires qui ne se comprennent pas, qui ne semblent pas être en adéquation avec la gravité des faits, l'OQTF, c'est le détail.

Maintenant, les 21 jours d'idété, première circonstance aggravante. Maintenant, sur un agent de la force publique, deuxième circonstance aggravante. Et on se retrouve avec le plus bas de l'échelle des sanctions pénales, l'avertissement pénal probatoire. Donc, derrière, évidemment, la justice n'a pas à se justifier, n'a pas à s'expliquer. C'est comme ça. C'est gravé dans la loi. Maintenant, nos collègues, eux, qui sont dans les cras, et j'entendais effectivement, aujourd'hui, on a 95% de profils top, les troubles à l'ordre public, qui constituent la population des centres de rétention administrative.

Et on a des collègues qui se retrouvent dans des situations où ils sont obligés de surveiller et ils sont obligés d'essayer de contrôler toute une population qui vit en autarcie. Pourquoi ? Parce que ce sont des personnes retenues administrativement. Donc, elles ont effectivement, et heureusement, grâce aux lois, des droits. Mais par exemple, elles ont toutes le droit d'avoir leurs briquets, leurs cigarettes, le téléphone, les lacets.

Donc, lorsqu'on entend derrière certaines franges politiques accusant aujourd'hui les cras comme étant des véritables centres de détention avec des conditions énormes et contre les droits de l'homme, effectivement, on a souvent la visite de certains députés ou sénateurs qui viennent dans les cras. Bien évidemment, ils ne vont pas parler à nos collègues, ils vont parler aux retenues. Mais j'invite tout le monde à, justement, essayer de prendre un peu la mesure et l'ampleur du délaissement de cette population de police dont tout le monde se moque, en fait. Et y compris la justice. Voilà.

Ce qu'on a aujourd'hui, c'est un collègue qui est gravement blessé, 21 jours d'ITT, qui est choqué, et dont tout le monde se moque.

26:08
Présentateur

Mais moi, je me demande, en fait, ce qu'il faut pour qu'on ait, ne serait-ce que de la prison avec sursis. Voilà. Parce que 21 jours d'ITT, ça ne mérite même pas de la prison avec sursis. Je ne parle même pas de ferme. Je parle de prison avec sursis. Même pas un jour de prison avec sursis. Qu'est-ce qu'il faut ? Il faut quoi ? Il faut qu'il soit entre la vie et la mort, le policier ?

26:27
Philippe Ballard

Non, c'est très simple. Il faut de la volonté pour appliquer simplement la loi. Il n'y a pas besoin de rajouter encore une couche aux millefeuilles. Il n'y a pas besoin d'essayer de voter des nouvelles lois. Il suffit d'un tout petit peu de courage politique et de courage pour pouvoir appliquer les lois et les règlements en vigueur sur le territoire national.

26:45
Présentateur

Merci beaucoup, Fabien Bouguet. Merci d'avoir été avec nous, délégué Alliance Police Nationale 75. Madi Saidi, cette histoire, en fait, elle est symptomatique de ce qui se passe aujourd'hui en France. C'est-à-dire qu'en fait, on est à côté de la plaque. C'est-à-dire qu'on voit toutes ces choses qui sont en train de tomber. On voit tous ces drames qui sont en train de se produire. On nous explique dans les discours beaucoup de blabla. « Vous allez voir, ce que vous allez voir, ça va être de plus en plus dur. On protège nos forces de l'ordre, on protège les gendarmes, on protège les policiers. » Et le résultat, c'est un jugement comme celui-là.

27:17
Locuteur 3

Ce jugement, c'est au-delà même du choc. Pour moi, c'est révoltant. Quel signal on envoie aux personnes qui agressent quotidiennement les policiers ? En fait, c'est juste plus possible. Tout à l'heure, on ne voulait pas parler du fait qu'il soit au QTF, mais il faut aussi en parler. Parce que malheureusement, on a souvent ces profils qui sont au QTF. Donc déjà, ils sont hors la loi. Et ils se permettent des choses qu'ils ne devraient pas. Mais d'un autre côté, ils n'ont pas peur de la justice. Ces gens-là ne craignent rien. Mais ils ont raison. Excusez-moi, ils ont raison.

27:45
Présentateur

Quand on se rend rappel à la loi, quand on met 21 jours d'IT à un policier, c'est qu'on a raison.

27:49
Locuteur 3

Mais évidemment, c'est un scandale. Quand on voit qu'il y a quand même 21 jours d'IT, c'est comme si c'était rien du tout. Il n'y a rien du tout. Il est condamné. En tout cas, il n'a rien à faire sur le territoire français. Il est là. Et je crois qu'il faut changer complètement notre doctrine en matière de QTF. Il faut tout changer.

28:02
Présentateur

Et ce n'est même pas un problème que de QTF. J'ai presque envie de dire que c'est accessoire. J'ai presque envie de dire que le fait qu'il soit au QTF, c'est accessoire. Ah non. Ou alors, à moins qu'on nous explique que parce qu'il est au QTF, il a droit à des circonstances atténuantes. A priori, ça devrait être aggravant. Bah oui. C'est aggravant. Sabrina, vous venez de dire quelque chose.

28:19
Locuteur 8

Oui, parce que ce sont des étrangers qui sont dans un CRA, centre de rétention administrative. Mais ils sortent de ce CRA. Parce que s'ils ne sont pas expulsés, ils sont voués à être expulsés. Mais ce n'est pas toujours le cas. Au-delà de 90 jours, ils sont à nouveau dehors. Donc, il y a aussi cette dangerosité qui circule malgré tout. Je vous rappelle que Bruno Retailleau voulait prolonger la durée des CRA jusqu'à 18 mois. Et que ça a été censuré par le Conseil constitutionnel. Ou Guillaume Bastel.

28:42
Présentateur

Ou Guillaume Bastel, est-ce que vous êtes révolté aussi ? Vous n'avez pas l'air ? Non, ce n'est pas ça. Pour le coup, il n'y a rien qui va. Ah oui, d'accord. Non, mais c'est bien. D'accord. Je vais vous dire, il n'y a rien qui va, mais dans tous les sens. C'est-à-dire, la situation, elle est lunaire. Un rappel à la loi. Alors, j'entends que, Jean-Marc, vous vouliez qu'on soit plus sévère. Bon. Effectivement. Au moins de la prison avec sursis. Mais de la prison avec sursis, Jean-Marc, ça ne change rien. Il va rester dans son cas. Au moins. Au moins, il se dit que s'il recommence, il ira en prison. Vous voyez ? Mais pour le policier, il y a une sanction prononcée. Non, mais attendez.

On va être pragmatique et concret deux secondes. Il fait de la prison avec sursis. Vous refaites le sujet la semaine prochaine. Vous dites, mais qu'est-ce que c'est que cette justice qui met du sursis à quelqu'un qui met 21 jours d'ITT à un policier ? Non, mais bon. Alors après, restons chez nous. Non, mais c'est pas ça. On pile les bagages, je prends mes affaires et je vous en vais. Non, mais de ce côté-là, il n'y a rien qui va. Parce que la décision de justice, elle est lunaire. Et je comprends le policier qui se sent abandonné. Mais de l'autre côté, quand j'entends votre syndicaliste qui dit, ils sont en cra, vous comprenez, ils ont leur lacet, accès aux briquets et aux cigarettes.

Encore eux, ils ne sont pas en prison quand même. Il y a un moment, c'est juste, ce n'est pas un centre de détention pour des gens condamnés. Il faisait référence à des débats qu'on a eus à l'Assemblée nationale, où vous aviez la frange de ceux qui sont face à moi, qui disaient, mais c'est scandaleux, même dans ces conditions, c'est difficile, c'est compliqué. On ne va pas les réinsérer. On ne va pas les réinsérer, on va les écouter. On ne va pas les réinsérer, ils sont en rétention administratives, parce qu'ils aient goûté, je le comprends. Donc vous êtes d'accord, il n'y a rien qui va, c'est-à-dire la sanction, ça ne va pas. D'accord, mais la sanction, ça ne va pas.

Vous êtes d'accord avec moi ? Et la sanction... Parce que vous y redigez en disant, si c'était la prison avec sursis, vous auriez dit pourquoi du sursis ? Mais vous êtes d'accord que ça ne va pas ? Je suis d'accord avec vous, là-dessus, pas de débat. En revanche, il y a un truc sur lequel, je ne sais plus qui l'a dit, peut-être plusieurs. Moi, je ne suis pas du tout en phase avec, c'est un problème politique. Ce n'est pas un problème politique. C'est un problème de juge. C'est un problème de droit. De juge, pas de droit, parce que le droit, il existe. Je voulais vous dire, c'est que l'arsenal législatif, il existe. Donc ce n'est pas un problème politique. Je suis d'accord.

C'est un problème de la magistrature. Exactement. En revanche, vous ne m'entendrez pas non plus dire, parce que j'ai beaucoup trop d'amour pour la notion de justice, je ne vais pas cracher sur l'ensemble de la magistrature. Non, on parle de ce cas précis, on ne parle pas de tous les juges, bien évidemment. C'est un magistrat qui manifestement a peut-être pris à la légère l'atteinte qui a été faite sur le policier. Allez, justement, puisqu'on parle de justice, on va partir dans un instant s'occuper de ce procès qui s'est ouvert ce matin, procès du violeur de Claire Géronimi. Vous vous souvenez de ce procès ?

Alors là encore, il se trouve que c'est un OQTF qui a violé cette jeune fille dans le hall de son immeuble à Paris. C'était le 11 novembre 2023. Ce matin, deux ans après, le procès de son agresseur qui est centrafricain s'est ouvert à Paris. Le rappel des faits.

31:21
Locuteur 4

Claire Géronimi a été violée le 11 novembre 2023, en plein après-midi, dans le 8e arrondissement de Paris. Alors que la jeune femme rentre dans son immeuble ce jour-là, un homme la suit et la menace de mort si elle ne se soumet pas.

31:35
Locuteur 9

Il a failli me tuer, il m'a menacé de mort et pour moi, le viol m'a permis de survivre. C'est ça qu'il faut vraiment comprendre, c'est que le viol à côté de ça, c'est rien. J'ai vu ma vie passer à toute vitesse et j'ai cru vraiment que j'allais mourir pendant ces 30 minutes.

31:51
Locuteur 4

Son agresseur serait un homme de 26 ans, sans domicile fixe, sans profession, consommateur régulier d'alcool et fumeur de cannabis et sous OQTF. Son casier judiciaire mentionne 11 condamnations. Il a déjà été condamné pour des faits de violence et d'agression sexuelle. Deux ans après les faits, Claire Géronimi sera confrontée pour la première fois à son agresseur.

32:14
Présentateur

Elle espère avoir des réponses. Comme elle le dit, non pas retrouver cette insouciance qu'elle avait avant les faits, mais d'essayer de se reconstruire et d'aller de l'avant.

32:28
Locuteur 4

Claire Géronimi ne sera pas seule à l'audience. Une autre jeune femme, victime d'un viol le même jour, par le même homme, sera aussi sur le banc des partis civils.

32:39
Présentateur

Alors on part tout de suite en direct à la cour criminelle de Paris où nous attend Marie-Victoire Dieudonné avec les images de Laurent Célarier. Bonjour Marie-Victoire. Question simple ce matin avec l'agresseur présumé, puisqu'il n'est pas encore condamné, qui a pris la parole à la barre pour la première fois.

32:54
Locuteur 10

Oui, bonjour Jean-Marc. Exactement, c'est le président de la cour qui a questionné l'accusé depuis son box. La question, elle est simple. Avec sa situation de sans domicile fixe, avec ses trois obligations de quitter le territoire, n'a-t-il jamais pensé à rentrer en Centrafrique dont il est parti en 2009 pour rejoindre alors un oncle inconnu ? Et la réponse de l'accusé détonne, non, car les OQTF sont donnés à tort et à raison et parce que je dors français et je me lève français. En réalité, c'est d'une voix grave et laconique que cet individu a de nouveau ce matin reconnu l'effet de viols aggravés qui lui sont reprochés. Mais néanmoins, il ne semble pas en prendre la mesure.

Il a écouté les bras croisés, le rappel des faits, mais aussi le rapport sur sa personnalité. On y découvre une personnalité ambivalente avec des problèmes d'autorité, mais aussi des agressions sexuelles commises tout au long de ses différents placements en foyer et en famille d'accueil. Ce qu'il faut savoir, Jean-Marc, c'est que cet homme de 27 ans selon lui, 29 ans selon l'expertise osseuse en cours, 20 ans de réclusion criminelle. Son procès se tient jusqu'à vendredi.

34:09
Présentateur

Merci beaucoup, Marie-Victoire, en direct de la Cour criminelle de Paris avec les images de Laurence et l'arrière. Enfin, là encore, c'est totalement surréaliste de toute façon d'entendre des choses comme ça. Écoutez justement Claire était hier soir sur CNews. Elle a expliqué ce qu'elle attendait de ce procès. Je vous le dis tout de suite, elle n'attend pas grand-chose.

34:22
Locuteur 9

Je l'espère. J'espère qu'il pourra encourir la peine qu'il mérite, c'est-à-dire 20 ans de prison pour viol aggravé avec menace d'une arme. Encore une fois, j'ai peu d'espoir parce qu'on entend tellement d'histoires justement de femmes qui n'ont pas eu la justice qu'elle méritait. Je prends l'exemple parce qu'avec l'association que j'ai créée avec la femme, j'y accompagne beaucoup de femmes qui n'ont pas pu avoir justice. Et je vais prendre l'exemple de cette jeune fille qui a été atteinte de troubles autistiques, qui s'est fait violer par un homme sous OKTF qui était pakistanais, a rué de ma maison dans un jardin et qui est l'homme justement a été retrouvé à eu que huit mois de prison.

C'est tout simplement ridicule et à chaque fois, c'est que des histoires comme ça qu'on entend tous les jours, tous les jours avec l'association. C'est ça, à mon sens, qui n'est pas normal. Après, c'est normal qu'en tant que victime, on l'espère, mais on verra ce que ça donne.

35:22
Présentateur

Voilà, moi je vous dis, en fait, je ne sais plus quoi dire, je ne sais plus quoi penser parce que, en fait, tous les cas qu'on aborde, tous les cas qu'on aborde, on se dit, ça ne fonctionne pas, ça ne marche pas, Philippe Ballard. Oui, parce qu'on pense à Philippine, évidemment, heureusement, Claire s'en sort mieux. Elle a été violée. Non, mais elle n'a pas été assassinée, c'est ce que je voulais dire, évidemment. Dans l'échelle de l'horreur, c'est pas compliqué. Il était au QTF et il sortait d'un crat. Mais là, le profil de celui qui est le principal suspect, mais alors on a tout là.

Parce qu'il est arrivé en France, visiblement, en 2009, donc c'était un gamin, au titre du regroupement familial, mais d'après ce qu'on vient de nous dire, on ne connaissait même pas l'oncle, d'accord ? Donc là, il a été placé en famille d'accueil, enfin c'est la France qui a payé tout ça. Il a été accueilli en famille d'accueil. Et là, maintenant, il se retrouve SDF et il agresse des femmes. Et quand vous lui dites, vous avez entendu ce qui s'est passé ce matin ? Quand on lui dit, mais pourquoi vous ne rentrez pas chez vous ? Ah, mais je dors français, je me lève français.

Il n'y a sûrement pas de laisser passer consulaire, parce qu'on s'est en plus, merci Macron, fâché avec tous les pays de la bande sahélienne. Donc, il va falloir prendre des mesures coercitives. Mais il n'a rien à faire sur le territoire national. M. Jordi, ce n'est pas très sahélien. Ah ben, il est de Centrafrique. C'est ce qui était dit République centrafricaine. Il est de Centrafrique. Bon, on va faire une pause, on va se retrouver dans un instant. On va faire avec vous, Sabrina, un nouveau point sur ce qui s'est passé dans ce collège ce matin. C'était dans le bar sur cet élève de 14 ans qui a poignardé un professeur. On va en parler.

Puis ensuite, on parlera de choses forcément un peu plus légères, même si c'est France Télévisions au bord de l'implosion. On va se poser la question. Ce sera juste après. Tout de suite, la pause, le CNews Info. On se retrouve juste après.

37:08
Locuteur 5

Ah, la plupart des gens y pensent. C'est juste un petit pet. Ça peut attendre. Sérieux, c'est un petit pet, ça.

37:14
Présentateur

Non, non, ça n'attend pas.

37:16
Locuteur 5

Nos clients nous disent, un impact sur deux fissure en moins de trois semaines.

37:19
Présentateur

Eh oui, en moins de trois semaines. En plus, chez Carglass, en 30 minutes, c'est réparé. Alors, ne prenez pas ce risque. Sinon, c'est tout le paroisse qu'il faut changer. En plus, en ce moment, Carglass vous offre une boîte à outils. Prenez rendez-vous sur carglass.fr ou appelez-nous au 3044.

37:35
Locuteur 1

Carglass rend place. Louis de Ragenel, directeur de la rédaction du JD News.

37:40
Présentateur

Le JD News fête son premier anniversaire. Chaque semaine, nous bousculons l'actualité sans tabou, sans concession.

37:46
Locuteur 1

Pour nous, un an, profitez de moins 50% sur l'abonnement numérique du JDD, du JD News et du JD Mag avec le code JD50 sur le jdd.fr. Le JD News, vive la liberté d'expression.

38:05
Présentateur

11h34 sur CNews. Merci d'être en direct avec nous. Dans un instant, on va faire le point complet sur ce qui s'est passé dans le Barin. Ce matin, cette professeure qui a été agressée avec un couteau par un élève de 14 ans qui s'est ensuite poignardée. Mais tout de suite, le CNews Info. Et c'est avec Somaïa Labidi.

38:17
Locuteur 2

Je condamne avec force l'agression d'une enseignante par un élève dans un collège du Barin. J'exprime ma solidarité à l'enseignante et à la communauté scolaire. Les mots d'Elisabeth Borne, ministre démissionnaire de l'éducation nationale qui précise qu'une cellule d'urgence a été activée et qu'elle se rend immédiatement sur place. Après leur ultimatum, les syndicats reçus ce matin à Matignon, syndicat qui réclame des mesures de rupture au nouveau Premier ministre. Alors que de son côté, Sébastien Lecornu qui joue la carte de l'apaisement recevra ensuite le patronat cet après-midi pour tenter de trouver un compromis sur le budget 2026.

Et puis Emmanuel Macron rencontre aujourd'hui son homologue iranien, Massou Pézeskian, en marche de l'Assemblée générale de l'ONU à New York pour évoquer le dossier du nucléaire. Les prochaines heures seront déterminantes. Soit l'Iran fait un geste, se réengage dans un chemin de paix et de responsabilité, soit les sanctions devront s'appliquer, a prévenu le chef de l'État.

39:17
Présentateur

– Merci beaucoup Somaïa. On va donc faire un point tout de suite sur les dernières infos qui nous sont parvenues depuis tout à l'heure concernant ce qui s'est passé dans Le Barin, Sabrina, avec donc cette professeure qui ce matin, professeure de musique, qui a été poignardée par un élève, un élève qui a 14 ans.

39:32
Locuteur 8

– Oui, je vous rappelle l'effet, ça s'est passé ce matin, 8h15, dans le collège Robert Schumann à Benfeld, près de Célestat, dans Le Barin. C'est là qu'une enseignante s'est fait poignarder par un jeune homme de 14 ans. Ça s'est passé dans sa classe. L'enseignante, elle est âgée de 66 ans. Les professeurs de musique dans l'établissement, elle a été blessée au niveau du visage et du cou. Heureusement, son pronostic vital n'est pas engagé. Elle est en urgence relative, évacuée vers le centre hospitalier le plus proche. Quant au suspect, lui, il avait pris la fuite dans un premier temps. Il a été finalement rattrapé par les gendarmes.

Au moment de son arrestation, il s'est porté plusieurs coups de couteau au niveau de la gorge. Il était en arrêt cardio-respiratoire, a été réanimé par les secours, mais il reste entre la vie et la mort. Il était en urgence absolue, lui aussi transporté d'urgence vers l'hôpital. Rappelons que ce collège a été évacué. Les élèves transférés vers la salle des fêtes la plus proche pour garantir leur sécurité le temps que les parents viennent les chercher. Elisabeth Borne, la ministre de l'éducation nationale, se rend sur place. Et d'après nos informations, notamment celle du syndicat des lycéens du collège, le SNALC, l'établissement avait une réputation plutôt bonne.

C'était un établissement connu pour son calme. Et il nous précisait que concernant le profil de cet élève, de ce suspect, il souffrirait de troubles d'ordre psychiatrique et il aurait été placé dans un foyer pour jeunes.

40:54
Présentateur

Merci beaucoup Sabrina. On est en direct avec Bruno Bartosetti du syndicat de police. Bonjour Bruno, merci d'être en direct avec nous. Est-ce que vous avez des informations complémentaires concernant ce qui s'est passé ce matin ? Non, malheureusement, bonjour. Non, malheureusement, je n'ai pas d'informations supplémentaires. Bien sûr, l'enquête est en cours. On va essayer de comprendre, bien sûr, le mobile de ce geste. Mais ce qu'on retient surtout, c'est que c'est, vous l'avez noté, c'est quelque chose de plus en plus fréquent. C'est un véritable fléau.

C'est très difficile aujourd'hui de travailler, je pense donc aux professeurs des établissements scolaires, de travailler dans ces conditions en se sentant en danger, et peu importe le collège, puisque celui-ci a plutôt bonne réputation. Je crois qu'il va falloir aller plus loin dans la réflexion. On ne va pas mettre un flic dans chaque classe avec l'éventuel riposte dans le cadre d'une légitime défense devant un élève de 14 ans qui peut pointer un couteau à l'endroit de ses camarades de classe ou d'un professeur. Je crois qu'il va falloir aussi se donner les moyens, peut-être, dans ces établissements, de très très vite.

Peut-être, je dis bien, ça n'enlèvera pas malheureusement parfois des risques, mais c'est de déterminer très très vite si on a des collégiens qui ne sont pas tranquilles, qui ne jouissent pas de toute leur faculté, et tout le suivi qu'ils doivent avoir derrière, une fois qu'ils ont été décelés et ciblés. Et c'est ça qui est important, c'est d'anticiper ce genre de geste, même si, j'insiste bien, le risque zéro n'existe pas, sachant que malheureusement, les attaques au couteau, que ce soit dans les collèges ou aux abords des collèges, sont de plus en plus fréquents. Est-ce qu'il faut, selon vous, généraliser la fouille des sacs, par exemple, à l'entrée des lycées et des collèges ?

On avait entendu cette mesure qui avait été annoncée, mais visiblement, ce n'est pas dans tous les lycées, ce n'est pas dans tous les collèges. Donc, au final, ces choses-là arrivent dans des collèges où ce n'est pas appliqué. Oui, exactement, ça peut arriver même dans ces collèges qui n'ont pas une mauvaise réputation. La fouille des sacs systématiques est une piste qu'on ne doit pas rejeter, mais au quotidien, c'est quand même difficile. C'est très difficile de filtrer l'afflux de 100, 150, 200, 300 élèves qui arrivent à la même heure, au même endroit. C'est assez compliqué, ça demande beaucoup de personnel, mais bien sûr qu'il faut se donner tous les moyens possibles et adaptés.

Alors, je parle comme ça, c'est très large, mais il faut se les donner, ces moyens, pour surveiller, pour voir s'il y a des attitudes qui ne sont pas normales. Mais j'insiste aussi sur le travail qui doit être fait en amont. Ça peut être, bien sûr, les fouilles des sacs, mais aussi vraiment, vraiment cibler les élèves qui ont un comportement difficile. D'ailleurs, dans la présentation, on parle d'un gamin qui avait déjà été placé. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi il n'y a pas de suivi après ? Et c'est ça qu'on doit se poser comme question. On ne peut pas aujourd'hui, on ne peut pas laisser un prof travailler avec des élèves dont un peut passer à l'acte à tout moment.

Bien sûr qu'il n'y a pas marqué « je vais commettre un crime », mais ce n'est pas marqué sur le front de ces gamins, mais il faut quand même préserver ces professeurs, il faut préserver les élèves, et ça passe par là, à mon avis, à la détection de ces élèves qui sont parfois fragiles. Merci beaucoup Bruno Bartosetti du syndicat Unité. Thomas Bonnet, on voit des réactions politiques, bien évidemment, depuis que cette nouvelle a été rendue publique, des réactions politiques à ce front du « oh là là, quelle horreur ». Mais en fait, tout le monde paraît impuissant face à ça.

C'est terrifiant, d'ailleurs, pour moi, c'est l'aspect le plus vertigineux de tout ça, c'est-à-dire que vous avez des mesures qui ont été annoncées, la fouille des sacs, on avait eu des chiffres sur, je crois, 4000 fouilles, il y avait quasiment 500 couteaux qui avaient été retrouvés. 400 couteaux qui avaient été retrouvés dans les fouilles en quelques jours. Le ratio est énorme, il y avait aussi eu cette affaire, et je parle sous le contrôle de Sabrina, où lors d'une fouille, justement, un élève, ensuite, avait agi avec un couteau qui était dans son sac. Donc, bref, d'où comprennent le sujet, on a l'impression qu'il n'y a pas d'issue.

Je me rappelle aussi de Bruno Retailleau, qui était allé à Nantes où un élève avait poignardé une autre élève, et il avait eu un discours très fort, mais qui dépassait largement son périmètre à lui, qui était en fait un discours sur l'éducation, sur ce qu'il y a dans la tête des jeunes aujourd'hui, qui les pousse pour certains à passer à l'acte. Et là, effectivement, c'est vertigineux si vous vous penchez sur ce sujet-là. Bon, on va continuer à suivre ce dossier, bien évidemment, Sabrina, avec des informations complémentaires tout à l'heure. Ce sera avec Sonia Mabrouk à partir de midi.

Autre sujet, on change totalement de domaine, puisqu'on va parler de France Télévisions, et cette question France Télévisions, est-ce au bord de l'implosion ? Puisqu'il y a ce rapport qui a été fait, rapport explosif de la Cour des comptes sur France Télévisions, on va le détailler dans un instant. Alors, on vous en parle depuis hier, mais alors, visiblement, je crois qu'à France Télévisions, ils n'ont pas lu du tout le même rapport que nous, parce que je ne sais pas si vous avez vu le communiqué qui a été fait par France Télévisions hier. Alors, je vous propose de le regarder. Moi, j'ai vu ça ce matin. J'ai halluciné. Regardez le deuxième paragraphe.

« L'entreprise prend acte des nombreux constats positifs formulés par la Cour des comptes et de la reconnaissance des transformations structurantes engagées ces dernières années. » Non, mais c'est totalement surréaliste par rapport à ce qu'il y a dans ce communiqué. Enfin, on se met la tête sous le tapis et on ne bouge plus. Alors, regardez d'abord quelques éléments qui sont dans ce rapport de la Cour des comptes. La polyvalence n'est pas de mise à France Télévisions. Depuis un accord de 2013, chaque métier est défini de manière très précise. Pour la Cour des comptes, cette classification rigide freine le développement de l'entreprise.

46:13
Philippe Ballard

« Le poids de la masse salariale, qui est de plus en plus importante, s'explique en grande partie par le fait qu'on ne demande qu'une seule chose quasiment à chaque journaliste. Au lieu de mutualiser les forces, au lieu de développer une certaine polyvalence chez les collaborateurs de France Télévisions, cette structure extrêmement rigide génère en fait des coûts supplémentaires. »

46:32
Présentateur

Difficile dans ces conditions de faire évoluer les postes ou de les adapter aux évolutions technologiques. Pour moderniser cette classification, les syndicats doivent se mettre d'accord métier par métier. Problème depuis 2017, les divergences entre les organisations syndicales sont nombreuses. Seuls 11 métiers ont évolué sur les 160 présents à France Télévisions. Un fonctionnement d'un autre temps, non sans risque pour l'entreprise.

46:57
Philippe Ballard

« On voit bien que ce qui empêche notamment France Télévisions de se réformer, c'est le poids très important des syndicats qui refusent tout changement. Alors même que pour que justement France Télévisions puisse redevenir performante, il faut absolument qu'elle fasse des réformes de fonds de la forme de structure. »

47:13
Présentateur

L'an dernier, la direction de France Télévisions avait proposé une révision globale des métiers. L'accord avait été rejeté par les syndicats, faute de majorité. Voilà, et après avoir eu le sujet, donc je vous rappelle, c'est important, le communiqué de France Télévisions, l'entreprise prendra avec des nombreux constats positifs formulés par la Cour des comptes et la reconnaissance des transformations structurantes engagées ces dernières années. Thomas Bonnet, il se fout de nous ? Mais en fait, je n'avais pas vu le communiqué pour tout vous dire. Maintenant que j'ai vu ce communiqué, je me dis que ça n'évoluera jamais. Ben non. Enfin, on ne peut pas avec cette direction actuelle.

Alors on peut dire, ils voient le verre à moitié vide, à moitié plein. Bon là, clairement, ils ne veulent pas voir l'évidence. Le verre est vide et ils voient la goutte, quoi. Oui, c'est ça. Alors là, il y a un vrai sujet quand même de gestion. Il y a le poids des syndicats. Ça a été rappelé dans le sujet. C'est évidemment aujourd'hui très compliqué de réformer France Télévisions. Je sais que mon voisin est pour la privatisation. Je fais partie de ceux qui estiment que le service public a encore un sens pour ce qui concerne l'audiovisuel. Évidemment, dans d'autres circonstances, avec un pluralisme qui serait respecté, etc.

Donc je suis un peu triste quand même de voir ce que est en train de devenir France Télévisions. Moi, je ne sais pas si je suis entre vous deux parce que moi, je suis pour une privatisation partielle et qu'on garde une ou deux chaînes. Voilà, exactement. Et voilà, je pense qu'une ou deux chaînes, ça peut être utile. Et dans quasiment tous les pays démocratiques, il y a une ou deux chaînes publiques. Mais on n'a pas besoin de 6, 7, 8 chaînes publiques qui, en plus, dans certaines, ne font pas d'audience. Salut France Info. Philippe Ballard. Bon, ça, c'est que du français, mais il y a aussi Radio France parce que le service public, c'est 4 milliards d'euros quand même.

Et pour avoir été journaliste 6 ans dans le service public, je peux vous dire que le poids des syndicats, parce qu'on en parlait, en fait, leur objectif, c'est Jurassic Park. C'est on fiche tout, rien ne bouge. Et comme de l'autre côté de la table, vous avez les directions qui, quand on leur demande de respecter le contrat d'objectifs et de moyens, c'est-à-dire l'État donne des moyens, des objectifs, et que ce n'est pas respecté, il y a l'ARCOM qui se fonde un communiqué en disant, ce n'est pas terrible ce que vous avez fait cette année. Il faut essayer de faire un effort l'année prochaine. Donc, voilà, rien ne bougera.

C'est pour ça qu'on est peut-être un peu par rapport aux deux maximalistes, mais pas la privatisation totale parce que l'eau du visuel extérieur, les dom-toms, etc., on n'y touche pas. Donc là, mais rien ne peut bouger. Rien ne peut bouger. Et l'ARCOM, parce que c'est, en fait, c'est un système assez pervers. Là, je viens de vous parler des syndicats, de la direction, et l'ARCOM marche dans la combine. Alors, on peut parler de l'ARCOM et la désignation du président de l'ARCOM. Il faut savoir que, alors c'est le président de la République qui choisit et sa nomination, en fait, est validée ou n'est pas validée par la Commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale et du Sénat.

Mais il faut qu'il y ait 3 cinquièmes des votes contre. Et celui qui est en place actuellement, M. Adjari, lui, il n'est pas série craque. 38% d'opinions favorables, en gros.