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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 21 avril 2021 33 min

Marie-Jo Bonnet et Chloé Chaudet : tuer la mère ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

[Musique] dans l'actualité des idées aujourd'hui être ou ne pas être mère ne pas vouloir d'enfant en fait-il d'une femme une suspecte le regard porté sur celles qui font ce choix at il changé en cinquante ans que met-on derrière le mot maternité et qu'est-ce que cela dit de notre société regards croisés autour de la grande table aujourd'hui avec nos deux invités marie jo bonnet bonjour un jour zaz historienne militante de la première heure au mlf cofondatrice du mouvement les [ __ ] rouges votre dernier livre la maternité symbolique être mère autrement et publié chez albin michel et chloé chaude et bonjour bonjour avec nous à distance vous êtes maîtresse de conférences en littérature comparée à l'université clermont auvergne et vous signez j'ai décidé de ne pas être mère récit publié aux éditions de l'iconoclaste marie jo bonnet vous l'écrivez dès la première page de votre livre j'ai su dès l'adolescence que je ne me marierai pas et n'aurait pas d'enfant qu'est ce que c'était de savoir cela et surtout de le dire pour vous à ce moment-là à cette époque là c'était une manière de me dresser contre le modèle maternelle c'était clair parce que ma mère avait investi toute son énergie dans le mariage et la maternité alors que c'était une pianiste c'était une artiste et j'ai compris quand même assez rapidement qu'elle avait sacrifié cet aspect là d'elle-même qui pour moi était le plus intéressant enfin je veux dire c'était quelque chose qui m'avait touché dès mon enfance et donc et puis je voyais autour de moi toutes les femmes qui étaient sacrifiés dans la maternité vous savez c'était l'époque du baby boom il fallait au peuple et la france et ma grand mère elle était née après la guerre de 14 donc pareil il fallait aussi repeupler la france donc je suis dans une filiation matin matrilinéaire de fameux sacrifier pour repeupler la france alors un moment donné je me suis dit j'ai quand même autre chose à faire sur terre il ya cette femme qui font des bébés peut-être que j'ai le droit de faire mon oeuvre en fait finalement en tout cas d'écrire des livres de donc de prendre un autre chemin émancipateur nous étions débuts à des années à 70 ça à l'époque écrivez-vous où j'entrais au mouvement de libération des femmes guidé par un espoir immense me libérer de l'emprise social l'époque où les militantes lancer une grande campagne pour la libre maternité qu'est ce qui était alors entendu par libre maternité abbas était un enfant si je veux si je veux alors c'est ce qu'on a oublié aujourd'hui aujourd'hui c'est quand je veux mais un enfant si je veux quand je veux et ça a été fondamental parce que on était beaucoup finalement à ne pas désirer faire des enfants puisque ont été embarqués par une aventure extraordinaire toutes ces femmes on avait beaucoup de choses à faire on était en train de quand même de changer l'histoire et donc si vous voulez on était tellement occupé que de avoir des enfants ça aurait été peut-être pas possible mais ça n'empêchait pas que parmi nous il y avait des femmes qui avaient des enfants évidemment est en fait les enfants tout le monde s'en occuper vous voyez c'est c'était quelque chose de très ouvert enfin par exemple même chez les gones rose il y avait des hétéros donc on n'était pas parqués dans des identités figé et vous voyez c'était très vivant et donc ça nous paraissait évident on avait été tellement conditionné il y avait une telle pression sociale il n'y avait pas que la pression sociale il veut aussi la psychanalyse qui nous disait que pour être vraiment une femme féminine accompli il fallait avoir un enfant donc voyez beauvoir avait essayé de dissocier la maternité de la féminité mais ça continuait encore à devenir une prescription social en fait et comme on avait des doutes sur notre féminité parce qu'être une femme c'est quoi finalement vous voyez c'était quand même la question qu'on pose est donc de se sentir accompagné comme ça par beaucoup de femmes qui étaient dans le même état d'esprit c'était vraiment un soulagement énorme chloé chaude et vous avez quasiment 40 ans de moins que marie jo bonnet disant à peu près 35 ans deux mois puisque vous avez 35 ans et vous avez donc écrit ce récit j'ai décidé de ne pas être mère qui est un récit à la première personne sur votre choix mais qui dit vous ne concerne pas que vous pourquoi cette prise de parole et pourquoi le besoin d'en faire un geste plus large oui alors mais je pense que la première raison c'est une volonté de partage si ce n'est de transmission non parce que comme comme l'a souligné marie jo bonnet ça fait un moment que les féministes ou des penseuse et penseur d'ailleurs pas spécifiquement féministe s'intéresse à la question donc de la construction des figures de la parentalité des injonctions à la parentalité au sens large c'est vrai que beauvoir a quand même a quand même quasiment tous dit à mon sens même si ces réflexions pu être prolongée après bon et depuis depuis à peu près le début des années 2010 il ya d'autres voies qui sont plus largement diffusée alors ça veut pas dire qu'ils n'avaient pas avant mais peut-être que d'autres voix précédemment était un peu moins audible comme ça et le délit de valeo notamment que je que je cite son livre bon et disons depuis les années 2010 il ya une sorte de renouveau ou en tout cas de partage auprès du grand public de réflexion sur la charge parentale qui serait plus spécifiquement un qui peut dresser vrai plus spécifiquement sur les épaules des femmes et puis les injonctions à la maternité alors notamment chez une mona chollet horna donata dont je parle dans mon livre fiona schmidt dont les seuils à un petit peu plus grand public et j'ai éprouvé une certaine une certaine déception voire une frustration de voir que ces ouvrages étaient finalement très peu diffusé au delà des cercles de spécialistes alors ce que j'entends par cercle de spécialistes sont soit les cercles académiques soit les cercles féministes et j'ai eu envie en fait deux voilà de donner à entendre une partie de ses voix alors je ne sais pas j'ai pas du tout tous convoqués dans mon essai de 140 pages n'aurait pas suffi mais je vois là j'ai eu envie de donner un petit peu plus d'écho à ces voix alors en collaboration avec mon éditrice charlotte rotman qui qui avec moi à travailler à essayer de construire une incarnation a essayé de faire passer un petit peu ces débats de de les diffuser en présentant le texte sous la forme d'un témoignage et voilà donc le résultat c'est quelque chose d'un peu hybride d'un peu iconoclaste pour le coup le le nom de mon éditeur correspond parfaitement à à la forme et au contenu double ouvrage afin de voilà deux ne proposait pas enfin pas seulement un témoignage et pas uniquement une étude universitaire mais d'essayer d'articuler un peu les deux selon le grand slogan féministe le personnel et politique qui s'est développée dans les années 60 70 et vous citez effectivement plusieurs figures plusieurs travaux et puis vous décrivez surtout et c'est la partie témoignages toutes les remarques qui vous sont faites autant d'expressions d'incompréhension de doute d'incrédulité face à votre choix et parmi les figures qui sont cités dans votre livre est bien vous l'avez déjà citée elle est aussi dans le livre de marie jo bonnet il ya évidemment simone de beauvoir je crois que la première démarche que j'ai faite en tant que ministre et il est signé le manifeste on est un peu des jets à 143 [ __ ] disant que nous avons avorté où il y avait des noms connus et y avait des noms beaucoup moins connu mais dans l'ensemble c'est une revendication des femmes pour l'avortement parce qu'on pensait que c'est nous disions que nous avons avorté eh bien on aurait dû nous arrêter mais comme en fait le gouvernement n'a pas osé nous arrêter implicitement il fermait les yeux sur la question et puis qu'on enlève à la femme la mauvaise conscience qui lui vient d'une manière atavique à travers sa propre mère sa propre grand-mère bon après ça la maternité pourquoi pas je pense que c'est une chose assez belle que de voir en effet naître grandir se développer un être humain mais tel que c'est aujourd'hui c'est vraiment pour la femme un piège dans lequel elle ne peut que laisser sa liberté et son bonheur la liberté pourquoi pas à la maternité pourquoi pas pitau simone de vos goûts nous écoutons 50 ans après le manifeste des 343 vous en parler bien évidemment marie jo bonnet dans votre livre du combat pour le droit à l'avortement qui était a dit vous pour la majorité d'entre vous une étape et pas un but le refus d'enfanter était une question essentielle écrivez vous comment était-elle traiter cette question le problème si vous voulez ça c'est con on en est resté là le manifeste des 343 a débouché sur le lac est donc vous il ya eu beaucoup de groupes qui se sont mis à faire des avortements clandestins parce que la méthode karman a permis justement de le faire étant donné que les hôpitaux refusé de le faire c'était vous imaginez pas parce que c'était à cette époque là parce que il y avait à la fois l'atmosphère de liberté sexuelle et en même temps c'était les femmes qui devaient supporter tout le poids de cette liberté masculine vous pourrez dire et donc c'était profondément injuste et donc il a fallu s'organiser les hommes [Musique] comment on pourrait les appeler conscient ont rejoint le combat il y avait des médecins est donc tout le monde s'est focalisée sur l'avortement et puis on a oublié la libre maternité on l'a oublié en chemin parce qu'une fois qu'on a eus l'avortement avec grâce entre autres à simone veil mais simone veulent elles arrivent après tout un mouvement de pensée de conscience et bien une fois qu'on a eu ça eh bien voyez la société ses intérêts c'est autre chose alors l'homme lac le lac c'est le mouvement pour la liberté de l'avortement donc qui était d'abord le aimait la pluie de la fin puis le lac vous vous parlez de cette évolution effectivement dans votre livre marie jo bonnet et cloud est chaude et ce qui est intéressant c'est que vous aussi vous parler de ce moment même si vous n'avez pas vécu et que vous aussi vous trouvez que dans le slogan un enfant quand je veux si je veux il ya une partie qui a été un peu oublié oui et d'ailleurs c'est ce que j'ai trouvé absolument passionnant dans le dans l'essai de marie jo bonnet le moment où elle explique que finalement ces débats existèrent donc les débats sur le désir le nom désir d'être mère existait mais on était un petit peu éclipsé au profit d'une conception de la maternité qui seraient associés afin de de la féminité pardon qui serait nécessairement associée à à la maternité et maillot jaune acide dans ce contexte le nom d'antoinette fouque et ce passage je les trouvais absolument révélateur parce que effectivement il y avait des débats y avait certaines figures a notamment alors une des plus connues celle de monique wittig qui m'ont abordé un tout tout tout c'est toutes ces questions mais qui finalement dont le propos les discours ont été ont été minorés et là je cite monique wittig donc je ne parle pas dans mon essai mais peu importe mais ce que je trouvais intéressant en pente en réfléchissant à cet entretien là c'est que finalement monique wittig est à nouveau devenu célèbre en tout cas à nouveau acquis une certaine notoriété au moment elle est partie aux états unis et c'est à ce moment là que la question de la dissociation de la figure de la femme et de la mère c'est c'est s'est posé dans un autre contexte et alors voilà donc que ce soit l'exclusion en fait de deux figures qui ont qui ont abordé ces questions cette question du si un enfant si je veux où l'idée que finalement les débats ont ressurgi de bien plus tard trouve qu'effectivement il ya une forme de alors peut-être pas de non-dits mais en tout cas de manque de dialogue au sein au sein des grands mouvements féministes en tout cas français des années 70 soit à jean bonnet oui manque de dialogue également entre les générations parce que justement c'est ce qui m'a frappé le problème de la transmission de notre expérience tout d'un coup vous avez par exemple sur virginie despentes qui écrit un livre sur king kong théorie et qui écrit que ya jamais eu de combat contre le viol alors que nous on avait mené en 1975-76 un grand combat contre le viol et tout ça c'était parti à la trappe donc moi j'estime qu'il ya vraiment un problème de transmission entre générations et de découpe réciproque des jeunes vis-à-vis des des aînés des aînés vis-à-vis des jeunes et c'est pour cette raison d'ailleurs que j'ai fait un livre sur la maternité symbolique parce que justement c'est ce qui permet d'authentifier l'expérience des aînés et de s'associer entre les jeunes et les aînés dans une réflexion commune parce que nous nous avons des choses à apporter des jeunes ont des choses à apporter voyez et je pense que c'est très important de rétablir le lien alors marié jo bonnet vous écrivez dans votre livre venu très difficile aujourd'hui de refuser d'enfanter quand on est femme vous parlait même de chantage à la fécondité qui s'exerce sur les jeunes femmes expliquez nous ce que vous entendez par là et qui sonne effectivement dit comme ça comme un recul oui c'est le problème vous voyez c'est le développement des bio technologies le développement des pma des gpa et qui fait que tout le pouvoir médical a repris la main sur le corps des femmes maintenant la sexualité des femmes et sans arrêt sous contrôle médical où nous donne des hormones à tour de bras que ce soit pour la pma que ce soit pour la ménopause et tout ça donc on a des corps qui sont infectés d'hormones et puis ce sont quand même les médecins qui ont inventé l'idée de l'infertilité des couples c'est à dire que quand pendant un an un couple n'a pas eu d'enfants il est déclaré infertiles et donc on le soumet à toute une procédure médicale pour avoir un enfant pour faire des pma et c'est donc vous avez cette pression des biotechnologies qui se présente en plus de ça comme un progrès ce qui est quand même un comble parce que c'est quand même une domination là c'est le biopouvoir donc cette pression technique donc soit disant progressistes vous avez ce marché extraordinaire des biotechnologies qui fait que tout le monde pousse parce que ce sont des nouveaux terrains est donc maintenant aujourd'hui une femme qui n'a pas d'enfant c'est comme si elle était pas capable de s'intéresser d'aller voir des médecins parce que maintenant on peut tout faire y compris des enfants sans relations sexuelles alors vous avez depuis plusieurs années explique est votre position effectivement à la gpa surtout mais aussi à la pma pour toutes les femmes vous l'expliquer de nouveau longuement dans cet ouvrage et ce qui est intéressant c'est que vous y voyez précisément une façon d'effacer l'amer la maternité vous qui défendez la libre maternité vous trouvez qu'avec ça on efface la mer alors expliquez nous non seulement on efface la mer mais moi je sais que c'est une forme de matricide parce que très violent comme mot à oui mais le matricide vous savez dans notre histoire malheureusement on a eu beaucoup d'époque le matricide était à l'honneur un le problème si vous voulez c'est que j'ai un chapitre là dessus sur le la comment dire remercier nos mères savoir d'où l'on vient on a tendance à effacer les maires la filiation justement notre société bon c'est une société patriarcale donc c'est le père 1 qui compte 1 c'est lui qui donne le nom et c est donc effacée la mer c'est quand même effacer ce que les femmes apportent à l'humanité je veux dire sans les maires vous n'avez pas d'humanité je veux dire c'est quand même quelque chose est la moindre des choses c'est de reconnaître l'apport des femmes non seulement d'un point de vue biologique mais aussi d'un point de vue symbolique parce que c'est quand même je veux dire c'est l'effacement du symbolique c'est ça aussi qui m'a qui m'a scandalisé dans la gpa parce que maintenant on parle de gestatrice c'est quand même dramatique au niveau du langage que l'eau est chaude et vous ne parlez pas vous dans votre livre de gpa de gpa de pma et l'idée n'est pas de faire un débat là-dessus et d'ailleurs pour le coup vous vous expliquez que vous parlez encore d'injonctions à la maternité vous ressentez encore cette injonction à la maternité et vous ne la mettez pas on va dire sur le dos des biotechnologies mais sur quelque chose qui est finalement dans le quotidien dans les remarques que vous entendez au quotidien sur les questions qu'on vous pose par quoi passe tel pour vous cette injonction à la maternité oui alors bon si je devais peut-être résumé ça de manière assez assez synthétique je pense que ce qui pose fondamentalement problème dans ce que je vis à l'image d'autres femmes dans ma situation c'est cette résurgence de la norme du fer famille dans un contexte alors qu'on peut qualifier néolibérale alors plus précisément enfin j'ai l'impression qu'il n'est pas juste une impression qui étayé par quantité de travaux sur le sujet que le modèle féminin qui prévaut aujourd'hui et en particulier en france c'est le double modèle de la mère qui est par ailleurs épanouie ou en tout du moins qui travaillent sans forcément être épanoui dans sa carrière professionnelle ça c'est autre chose donc le double modèle de la mère qui s'occupe de ses enfants et qui travaille et ça en fait cette on est plus si vous voulez dans voilà dans l'injonction à être une femme au foyer ça c'est quelque chose qui est dépassée c'est pas un modèle qui est valorisé en ce qu on peut d'ailleurs également questionné parce qu'après tout c'est aussi une forme de travail que d'être ce qu'on appelle mail mère au foyer mémé et donc voilà donc derrière en fait les les questions les remarques un peu indiscrètes qui me demandent en fait sans cesse de rationaliser mon choix de me justifier je discerne une omniprésence toujours toujours très très marquée de cette norme du fer famille qu'elle soit hétéro ou homosexuel d'ailleurs j'ai notamment plusieurs plusieurs amis qui ont réagi à la parution de mon livre dont des amis en couple homosexuel et qui m'ont dit ah oui cette cette injonction la parentalité on la reçoit aussi donc ça me semble dépassée finalement la question du féminin tout ça même si bien évidemment cette question absolument fondamental mais voilà je pense que c'est plus généralement la à la norme du fer famille et de considérer surtout en ces temps actuel de crise que la cellule familiale constituerait une forme de refuge de protection absolue et et surtout que les la transmission se limiterait à la cellule familiale ça c'est aussi quelque chose oui que j'ai aussi trouvé intéressant dans l'ouvragé de marie jo bonnet pas ce que fait je partage entièrement son opinion alors bon sur la question png péage et voilà j'ai passé un petit peu plus rapidement sur ces passages parce que ça m'intéressait moins dans l'optique de mon livre mais sur la question en fait d'une transmission qui ne passeraient pas forcément par un acte en tout cas des capacités biologiques qui pourrait s'incarner en dehors de de la cellule familiale alors je pense que moi j'aurais davantage employer le terme de transmission partage voire de parentalité mais d'autre part je comprends tout à fait la volonté de marie jo bonnet d'avoir voulu revaloriser symboliquement la figure du ses mines mais ouais mais c'est vrai que oui puis autre autre peut-être dernière remarque mais sur la question des injonctions ou des justifications qui sont faites à mon choix je suis très souvent confrontés à l'idée que finalement je ne veux pas d'enfant parce que je suis une intellectuelle et que comme je ne progresse pas il faudrait que je crée autre chose à la place avec ça c'est quelque chose qui est aussi très anciens qu'on trouve notamment dans dans une chambre à soi un de virginia woolf ou ya aussi cette idée que finalement pour avoir une chambre à soi avoir une chambre à soi permet de devenir une brillante écrivaine donc donc en fait il vous trouve toujours trouver une raison une justification et on ne peut pas se contenter en fait d'un voilà d'entendre ce nom désir sans se poser de questions sans juger il faut toujours qu'il ya une forme de d'explication en fait à ce non choix france culture la grande table chloé cambrelin nous sommes toujours en compagnie de clouer chaude et maîtresse de conférences en littérature comparée à l'université clermont auvergne dont le récit j'ai décidé de ne pas être mère est publié aux éditions de l'iconoclaste et de marie jo bonnet dont le dernier livre la maternité symbolique être mère autrement et publié chez albin michel alors justement nous y arrivons à la maternité symbolique marie jo bonnet nous avons déjà commencé à en parler qu'est ce que vous entendez par là alors je donnerai une petite définition la maternité symbolique c'est une relation sociale fondée sur la confiance c'est à dire que ce n'est pas dans le cadre universitaire par exemple où la relation entre le professeur et ses élèves c'est un diplôme un là si vous voulez y à rien il ya le seul but de cette relation sociale c'est d'abord de d'authentifier par l'exemple des aînés son propre désir d de liberté et son désir de l'inscrire dans la société dans des relations sociales et je pense que c'est ce dont nous avons le plus besoin aujourd'hui nous avons besoin de symbolique parce que le symbolique c'est ce qui fait tenir la société c'est pas les deux familles c'est le symbolique mais c'est donc bien reconnaître une forme de destins maternel chez les femmes même si vous ne mettez pas forcément la question des enfants derrière ça veut dire quand même que toutes les femmes sont des mères ou bien même des mers symbolique c'est une la maternité symbolique si vous voulez c'est une façon de se mettre au monde de mettre au monde l'enfant intérieur de mettre au monde une une oeuvre d'art un livre moi je trouve très bien que ça soit valoriser les productions culturelles intellectuelles des femmes on en a besoin elles ont besoin de diriger la société de nourrir la société parce qu'aujourd'hui on a besoin d'autres nourritures que les ogm et les et que les pma et donc on a besoin de réfléchir à ce que nous vivons et je pense que les femmes ont beaucoup à apporter dans cette espèce de monde comment est ce qu'on pourrait dire on a appelé ça le caire aussi vous voyez on a on a aussi appelé ça dans autrefois on parlait des vierges miséricordieuse c'est à dire prendre soin de notre société et de l'avenir de notre société et je pense que peut-être que les femmes sont moins prédatrice sur ce plan là que les hommes qui continuent à vouloir faire du fric sur le dos de la terre comment entendez-vous cela clôt échaudés à vous d'y expliquer et vous l'avez dit aussi un peu tout à l'heure vous l'expliqué bien dans votre livre qui vous est désagréable de constater que si une femme n'a pas d'enfant elle doit faire autre chose de très important de créer autre chose comme pour comme pour compenser est ce que vous entendez un peu cela dans ce que marie jo bonnet dit delà de la maternité symbolique oui alors alors un petit peu mais bon cela dit je répète je comprends tout à fait à cette importance de revaloriser de voilà le féminin symbolique bon alors d'autres pages sans entrer dans le cliché misogyne de femmes qui se crêpent le chignon l' expression sympathique je pense pas que les femmes soient forcément moins prédatrice que les hommes ça on le voit très clairement dans mon livre au moment où je raconte que ce sont sans cesse en fait des femmes ce sont six rounds où des femmes très majoritairement des femmes qui m'interroge c'est justifié quand un mot on désire mais en fait en entendant marie-jo bonnel je pense que j'entends exactement la même chose quelques en moi je parle de sororité et là en parlant de transmission entre les générations féministe alors c'est un terme qui a été employée là encore dans les années 60 70 alors d'abord aux états unis puis en france et qu'on peut définir de manière générale comme la volonté l'ambition de prendre en compte d'autres expériences féminines que la sienne est alors dans une optique de partage dans le but de s'inscrire comme comme le disait marie jo bonnet dans la société et tout ça au service alors pas d'un d'un idéal qui exclurait les hommes met au service d'un idéal de solidarité un petit peu plus générale et je pense de ce point de vue là que finalement on dit la même chose simplement voilà moi je déconnecte vraiment la notion de création artistique la notion de transmission de partage la décollecte de celle de la maternité aller à la rigueur je pense que je pourrais employer le terme de parentalité à une forme de de parentalité symbolique je sais plus exactement dans quel terreau mal de formules mais je sais que tiphaine samoyault dans son dernier ouvrage sur la traduction traduction et violence associe aussi l'acte de traduction la traduction littéraire à une forme de procréation de parentalité donc donc je me retrouve un petit peu là dedans mais mais simplement je pense que je déconnecte ça tout simplement de de la figure de la mère en fait alors marie jo bonnet la sororité vie devant mais la sororité si vous voulez ça ça met en relation des dd liens horizontaux et il faut pas oublier que les soeurs elles ont une mère est ce qu on sait ce qu'on a tendance à oublier justement quand on parle de ce retraité c'est à dire qu'il ya toujours eu quelque avant nous il s'est passé des choses et donc il faut le reconnaître faut reconnaître la dette symbolique nous avons vis-à-vis des de nos aînés et ça c'est très important à faire et c'est ce que notre société a tendance à oublier mais qu'est ce que vous voulez dire par là parce que vous insistez beaucoup beaucoup sur sa dette sur sathorn reconnaissance pourquoi pourquoi est ce si important et surtout pourquoi dites vous que ça n'existe pas mais parce que on efface l'origine on est on efface la mer on efface l'origine et on efface également toutes les expériences de maternité spirituelle qui existe parce que vous dans l'histoire vous avez beaucoup d'exemples de mère spirituelle et moi si j'ai fait ce livre en fait c'était parce que j'ai eu la chance de rencontrer charlotte calme hisse au mouvement de libération des femmes qui était peintre et poète et cette femme a eu énormément d'importance dans ma vie parce que elle m'a reconnu dans mon être ça c'est très important à une époque où on est quand même un peu marginalisé à et elle m'a aidé à grandir et c'est quand même pour moi c'est c'est la fonction d'une mère symbolique et je donne d'autres exemples de mer comme par exemple madame guyon qui était la mère spirituelle de fénelon vous savez que fait une lancée lui qui a fait une éducation des filles et c'est pas par hasard que le lycée fénelon porte sans nom donc donc tout ça c'est oublié il ya plein de gens qui m'en dire mais je savais pas que madame guillon était la mère spirituelle de fénelon voyez on connaît fénelon mais pas madame guyon et donc moi pour moi c'est une manière de restituer leur apport dans dans la culture dans le patrimoine commun dans dance qui nous construit en fête familiale qui sont cités dans votre livre ma et jo bonnet et dans le vôtre clos échaudé il y a françoise d'eaubonne vous vous l'avez connue oui mais je connais dès votre arrivée au mlf en 71 romancière philosophe pouvez vous nous parler d'elle et surtout nous dire pourquoi elle est peut-être importante dans cette discussion elle qui a parlé la première déco féminisme ah oui parce que françoise c'était une rebelle anarchiste une espèce de force de vie c'était extraordinaire françoise et en même temps une force de conceptualisations de ce qu'elle vivait elle était très sensible elle capte et elle était capable de capter les mouvements les mouvements sociaux qui était en train d'émerger et elle à la première elle a fait une déclaration à la elle a proposé de faire la grève des ventres tant que la planète serait exploité c'est à dire que l ami une équivalence entre l'exploitation des femmes et l'exploitation de la planète et donc et c'est ça qui a donné naissance à l'écoféminisme elle est la première à l'avoir formulée en france et ça c'était très important de pouvoir relier les deux parce que l it et de gauche donc il ya toute une réflexion également sur l'exploitation et donc c'est dans ce sens là et je suis très contente qu'elle soit re découverte aujourd'hui parce que vraiment elle a beaucoup donné c'est une de nos moeurs symbolique est ce que l'on nomme aujourd'hui échos anxiété en tout cas cette angoisse existentielle qui peut saisir face à la catastrophe climatique qui peut parfois être avancé comme un argument par celles et ceux qui ne veulent pas d'enfant et puis parfois ça change voici flora une jeune femme mobiliser sur cette question climatique et qui témoignaient lsd sur france culture dans une série intitulée la fin du monde et nous il ya quelques années j'aurais été beaucoup plus lapidaire genre a dit je veux pas d'enfant et maintenant que j'ai rencontré mathieu je me repose la question pour moi le les enfants c'est la vie c'est l'espoir et même si je ne me fais pas d'illusions avec cet espoir justement pour moi c'est pas du tout les lendemains qui chantent demain tout ira mieux si on se serre les coudes c'est plutôt au contraire les temps vont être durs la vie sera rude mais on a envie en tout cas moi j'ai envie de me dire que je vais aussi donner naissance éduquer aider à grandir un enfant qui lui apportera autre chose à ce monde qu une volonté de détruire la nature d'en extraire toutes les ressources mais plutôt d'essayer de prendre soin de la vie en fait de sa vie de la vie de ceux qui l'entourent des oiseaux des arbres avoir le choix c'est aussi pouvoir changer deux fois de choix et vous vous approuve y est il complètement c'est la vie elle a tout à fait raison c'est la vie qui est importante merci merci beaucoup à tout les deux marie jo bonnet la maternité symbolique être mère autrement et publié aux éditions albin michel jeu sorte je signale aussi la sortie de gaia et autres poèmes de charlotte camistes on vous nous avez parlé et que vous présentez c'est aux éditions interstices merci à vous clouer chaude et j'ai décidé de ne pas être maire aux éditions de l'iconoclaste merci à vous devez merci à l'équipe de la grande table oriane delacroix henry leblanc jean bulot l'aura du teich perez valentina loin 4,6 raynaud jana les os et marianne chassors à la réalisation thomas beau à la technique florent bugeon demain à midi c'est la critique autour de lucile comeau sur france culture et lundi vous aurez le plaisir de retrouver olivia gesbert