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interviewBFMTV· 22 août 2025 25 min

Mouvement du 10 septembre, budget 2026, censure… L'interview en intégralité de Marine Tondelier

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Bonsoir Marine Tondelet, merci d'être en direct avec nous à cette heure assez tardive. On voit d'ailleurs que c'est un peu la fête, on entend d'ailleurs la musique, ça a l'air sympa, les universités d'été.

0:09
Marine Tondelier

Je ne pensais pas que vous l'entendriez, je suis désolée, mais oui, c'est la partie festive de notre journée à Strasbourg.

0:15
Présentateur

Aucun problème, on va mettre les...

0:16
Marine Tondelier

Mais vous manquez que je ne suis pas dans l'ambiance parce que je suis avec vous, parce que priorité au direct, comme on dit chez vous.

0:21
Présentateur

Absolument, merci beaucoup. On va mettre les pieds dans le plat tout de suite. Ensuite, on a ce chiffre, 63% des Français, Marine Tondelet, qui soutiennent ce mouvement du 10 septembre. Que vous inspire ce chiffre ? Est-ce que vous avez été surprise quand vous avez vu l'ampleur finalement des Français qui soutiennent tout ça ?

0:38
Marine Tondelier

Ah bah, vu la colère que je vois monter, même le désespoir et la détresse, ça ne m'étonne absolument pas. Il y a une sorte de ras-le-bol général. Les gens, ils étouffent en fait dans ces inégalités sociales, dans ces inégalités environnementales, dans ces inégalités territoriales aussi. Et à un moment, la cocoque minute, voilà, est quand même très très en pression là. J'ai vu aussi que 80% des sympathisants écologistes soutenaient la mobilisation de la rentrée. Et vu l'été qu'on a passé avec les reculs écologistes de ce gouvernement, qui vraiment sont très inquiétants, ça ne m'étonne pas du tout. Donc voilà, je trouve que c'est important.

Et vous savez, les Français, ils ont beaucoup beaucoup de raisons d'être en colère. Et ça tombe bien, parce qu'ils auront beaucoup beaucoup d'occasion de le manifester à la rentrée, le 10 septembre. Vous venez de citer cette date, mais dans beaucoup d'entre-rendez-vous, puisque vous savez, le mois de septembre sera émaillé en fait de mobilisation en tout genre.

1:28
Présentateur

Alors c'est un mouvement qui est apolitique, qui ne se revendique d'aucun parti politique. C'est quoi l'objectif à gauche ? C'est le premier qui réussira à récupérer ce mouvement ? Jean-Luc Mélenchon parle par exemple de grève générale, un peu dans la surenchère sur le 10 septembre. Est-ce que ce n'est pas le piège dans lequel vous pourriez tomber, de vouloir récupérer ce mouvement ?

1:47
Marine Tondelier

Alors vous avez compris que moi, pour l'instant, ce que j'ai dit, par rapport au mouvement du 10 septembre, qui encore une fois n'est pas le seul mouvement en préparation, les syndicats se retrouvent en intersyndical le 1er septembre pour aussi créer des mobilisations. Donc c'est un mois de septembre complet de mobilisation. Et ma position est la même depuis le départ. Oui, on sera en soutien des mouvements de défense des Français qui vont s'auto-organiser pour obtenir justice. Là où ils ont souhaité le tenir par les urnes, on les a trahis, on a trahi le résultat de ces élections, du coup ils vont essayer de l'obtenir autrement.

Mais ce que je dis aussi, c'est qu'il faut respecter le fait que chacun est à sa place. Vous le disiez, il y a deux tiers des Français qui sont en soutien de ce mouvement. Très bien. Ce qui va compter aussi, c'est le nombre de Français qui vont y participer. Et vous savez bien qu'entre soutenir dans un sondage et participer, il y a un gros pas. C'est normal, c'est le pas de l'engagement. Et moi, je souhaite qu'un maximum de Français participent. Et je me dis que s'ils ont l'impression de marcher dans les pas de tel ou tel candidat à la présidentielle, ça peut un peu en bloquer certains. Et nous, ce n'est pas les gens qui veulent manifester qu'on veut bloquer, c'est le pays.

Et puis, il y a aussi des gens qui peuvent dire, j'ai fait une manif, j'ai l'impression d'être dans un concours de nombre de drapeaux entre organisations politiques. Ce n'est pas le but. Et donc, puisque je sens que c'est votre prochaine question, j'y réponds. M. Mélenchon, oui, appelle à la grève générale. Mais vous savez, moi, la différence, c'est que je ne fais pas des déclarations en temps spécifique toute seule. J'appelle les responsables syndicaux, puisque dans ce pays, il y a des règles. Ce ne sont pas les partis politiques qui appellent à la grève, ce sont les organisations syndicales. Juridiquement, ça se passe comme ça.

Et donc, j'étais encore là à l'instant au téléphone avec Sophie Binet. Et je vous dis, il y a des grèves déjà qui vont arriver. Lundi, vous le savez, toute la rédaction de Radio France entre en grève reconductible. La semaine prochaine, lundi 1er septembre, c'est tout l'APHP, les hôpitaux de Paris, qui entrent en grève à leur tour. Et puis le 2, ce sera le secteur de l'énergie. Donc vous savez, les travailleurs, ils s'organisent. Ce n'est pas des grèves comme ça, des mouvements sociaux. Ce n'est pas une personne qui le décrète et tout le monde qui doit suivre.

C'est des fédérations, des travailleurs sur des sites ou dans des corps de métier qui décident à leur tour, les uns après les autres, d'entrer en grève. Et ils ne doivent pas avoir l'impression d'être instrumentalisés, d'être manipulés, d'être récupérés. C'est un mouvement qui doit appartenir à tout le monde. Et parce que c'est la décence, c'est le respect. C'est comme ça qu'on a toujours fait. J'ai horreur de la récupération et je pense que les gens qui vont manifester aussi.

4:12
Présentateur

Marine Tondelier, allons directement dans le fond justement de ce que prévoit François Bayrou. D'ailleurs, François Bayrou qui se dit prêt, je cite, je vais vous lire ce qu'il a dit, à négocier, il a dit, la seule chose pour moi qui n'est pas possible, c'est qu'on renonce à la prise de conscience, de sortir du piège infernal, celui du surendettement. Est-ce que cette prise de conscience est correcte selon vous ? Marine Tondelier, il faut faire des économies, plus de 3 milliards, 3 000 milliards de dettes.

Si je comprends bien, vous, vous êtes plutôt d'accord pour faire des économies, mais en ayant taxé justement peut-être les super riches un peu plus, en tout cas en trouvant d'autres moyens de recettes, si je comprends bien.

4:49
Marine Tondelier

Bon écoutez, j'ai un bac ES, j'ai fait de l'économie et dès la sortie du lycée, je savais que les déficits d'un pays et déficit après déficit, oui, on construit de la dette, c'est d'un côté des recettes et de l'autre côté des dépenses. Et donc, M. Bayrou, il est occupé par les dépenses. Moi, j'aime bien aller regarder du côté des recettes. Pourquoi ? Pas parce que je suis obsédée par principe par les recettes, mais parce que quand je regarde ce qui nous a conduit là, et bien c'est des cadeaux fiscaux aux plus riches. Et ce n'est pas moi qui le dis, c'est la cour des comptes.

40 milliards par an, donc cumulé en quelques années de macronisme ce que ça donne, 40 milliards par an de cadeaux fiscaux aux plus riches. Et quand je vous dis 40 milliards par an, je précise à vos téléspectateurs que je ne compte pas, par exemple, la taxe d'habitation. Il y a 14 milliards par an de moins de taxes d'habitation, mais ça, tout le monde en a bénéficié quelque part. Donc ils font des cadeaux aux plus riches.

5:36
Présentateur

C'est quand même le pouvoir à bachat de nombreux Français. Donc c'est quand même un geste qui a été fait au français également.

5:40
Marine Tondelier

Oui, mais c'est pour ça que je ne parle pas de ça. C'est pour ça que quand je parle des 40 milliards d'euros de cadeaux fiscaux aux plus riches, j'écarte ces 14 milliards, donc il en reste 40. Bon, jusque-là, vous me suivez. Donc on a des gens qui font des cadeaux fiscaux aux plus riches, qui baissent les recettes, et qui mécaniquement, du coup, augmentent le déficit et donc la dette. Vous me dites, il y a 3 milliards de dettes. Ben d'accord, il y a 3 000 milliards de dettes, mais il y avait 2 000 milliards de dettes quand ils sont arrivés au pouvoir. Donc c'est quand même leur bilan, voilà, les Mozart de la finance. Et donc, ils en arrivent là. Bon, ben ça, c'était mathématique.

Et au lieu de se dire, ben, comme du coup, on est endettés, ça ne va pas, on va revenir sur les mesures qu'ils avaient prises, là, ils se tournent vers les Français, avec leur air le plus contrit, pour dire, c'est très très grave, et du coup, tout le monde va devoir faire un effort. Voilà, et donc ils voudraient qu'on les remercie, en disant, ben bien sûr, prenez nos jours fériés, les vacances de Noël, tout ça, c'est pour la France, on est très contents de le faire. Mais regardez autour de vous, dans tous les Français, combien vivent mieux aujourd'hui qu'ils ne vivaient au début du mandat d'Emmanuel Macron ? Très très peu.

Et en fait, ils sont tous au gouvernement, et dans les cercles très très proches d'amis du gouvernement. Donc ça commence à se voir, voilà.

6:43
Présentateur

C'est en effet le mot d'ordre, en tout cas, des gens qui vont descendre dans la rue. Aurore Malval, de Marianne, a une question à vous poser. Marine Tondelier.

6:48
Locuteur non identifié

La conclusion de tout ce que vous venez de dire, Marine Tondelier, c'est que vous allez voter la motion de censure déposée par la France Insoumise à la rentrée parlementaire ?

7:00
Marine Tondelier

Alors moi, je fais partie des gens qui pensent que ça ne sert pas à grand-chose de faire des motions de censure toutes les semaines. J'aimerais qu'on en fasse une, bien, tous ensemble, plutôt que faire le concours de celui qui dépose la motion de censure en premier. Parce que peut-être qu'aussi, à un moment, on dévoie l'outil à en faire tout le temps. Mais évidemment, toutes celles qui seront déposées, on les votera. Pourquoi ? Quand M. Bayrou a été nommé Premier ministre, c'est déjà contre les élections législatives et leur résultat, alors qu'Emmanuel Macron avait posé une question aux Français, ils ont répondu, il a dit, bon, d'accord, je fais l'inverse. Bon, premier problème.

Deuxième chose, avant même qu'il compose son gouvernement, nous lui avons dit, en privé et publiquement, que la simple présence de Bruno Retailleau au ministère de l'Intérieur, ça valait censure à lui tout seul. Bon, évidemment, il le nomme. Et puis, je ne vous dis pas le reste du gouvernement. Et puis, ça, c'était le jour 1 du gouvernement Bayrou. Et tous les jours, depuis ce jour-là, il nous a donné de nouvelles raisons de le censurer. Donc, écoutez, c'est très simple. Si j'étais dans une pièce toute seule avec un député et qu'on me demandait de le convaincre de ne pas voter la censure de Bayrou, je n'aurais aucun argument à lui présenter.

Voilà, donc, que voulez-vous que je vous dise, on va le censurer, c'est par plaisir, c'est parce qu'on n'a pas le choix et que c'est la seule chose logique à faire.

8:06
Présentateur

Vous allez être reçu d'ailleurs par le gouvernement lundi, ce ne sera pas par François Bayrou, mais ce sera par certains membres du gouvernement. Qu'allez-vous leur dire ? Moi, j'étais sur ce plateau-là l'été dernier et je n'ai vraiment pas l'impression qu'on ait avancé de quelques centimètres que ce soit depuis justement un an avec ces gouvernements successifs et finalement les mêmes débats que l'on a aujourd'hui. En fait, on est toujours dans cette même impasse. C'est ce que vous allez répéter.

8:32
Marine Tondelier

Je précise que le rendez-vous qui a lieu lundi, il y en aura sûrement d'autres, c'est des rendez-vous qui ont toujours eu lieu à la rentrée entre les groupes parlementaires et les ministres en charge du budget. Ce n'est pas un rendez-vous spécial parce qu'il y a une situation de crise. Ce sont des rendez-vous assez traditionnels. Vous dites que ça n'a pas avancé, si seulement ça n'avait juste pas avancé, ça a reculé. Sur l'écologie, ça a reculé, et beaucoup. Et vous savez, ce n'est pas juste « tiens, gouvernement 1, écologiste 0 » comme si c'était nous qui avions perdu. Quand l'écologie perd, tout le monde perd. Je vous donne un exemple. « Ma prime rénove », qui permet d'isoler son logement.

Il y a eu des milliards et des milliards de « Ma prime rénove » en moins. À la fin du compte, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire des logements qui n'ont pas été rénovés. En un an, avec la première baisse par M. Attal, c'était l'équivalent de toute la ville de Rennes qui aurait pu être rénovée et qui ne le serait pas. Et derrière, c'est des choses très concrètes. C'est des familles qui, du coup, sont dans la précarité énergétique et donc dans la précarité aussi financière parce qu'elles ont du mal à payer ces factures qui s'envolent. C'est des familles qui vivent dans des bouloirs thermiques l'été et dans des passoires thermiques l'hiver.

C'est des familles qui, du coup, ont des problèmes de santé psychique parce que c'est dur quand on n'arrive pas à chauffer ou à se refroidir. Ils ont des problèmes physiques aussi, qui ont des problèmes de réussite scolaire de leurs enfants qui n'arrivent pas à se concentrer parce qu'il fait trop froid dans leur chambre. Et puis, c'est aussi des émissions de CO2 qu'on aurait pu éviter et qu'on n'évite pas accentuant à suivre la crise climatique. Ça, c'est pour une seule ligne budgétaire qu'ils ont saccagé. Mais il y a eu le fond vert, il y a eu le leasing social, on avait dit « Ah, voilà, les Français, maintenant, on va vous aider à changer de voiture. » Marine Tondelier, que la France

10:03
Présentateur

va se réarmer également massivement pour faire face à la situation et en tout cas à ce qui se passe en Ukraine. J'aimerais vous faire réagir, Marine Tondelier, également à ce qu'a dit Henri Guéneau tout à l'heure.

10:14
Marine Tondelier

— Attendez, attendez, sur l'Ukraine, il n'y a pas... Oui, mais ce que vous dites sur l'Ukraine, évidemment qu'il faut aider l'Ukraine plus que jamais. Mais vous savez, si on veut aider l'Ukraine jusqu'au bout, il faut maintenir en France le soutien populaire aux Ukrainiens. Et si les Français ont l'impression qu'on leur sacrifie des choses à eux qui travaillent, qui ne sont pas des gens qui ont beaucoup de marge de manœuvre pour aider les Ukrainiens, le risque, c'est qu'ils retirent. Oui, mais en fait, il y a 1 800 personnes dans ce pays qui ont plus de 100 millions d'euros de patrimoine par personne. 1 800, 100 milliards de patrimoine, 100 000 milliards de patrimoine au moins par personne.

Si on les taxe 2% de ce patrimoine, on a déjà 25 milliards. Et on peut en aider avec ça, des Ukrainiens. Et donc, évidemment qu'il faut aider les gens, mais la contribution à l'impôt doit être juste. Et aujourd'hui, les ultra-riches, je ne parle même pas des riches, je parle des ultra-riches, ils payent en proportion moins d'impôts que tous les Français de ce pays, en pourcentage de leur fortune, parce qu'ils ont des systèmes d'optimisation. Et ça, ce n'est pas juste. Comment voulez-vous que les Français, à un moment, ne se disent pas, mais les Ukrainiens, oui, il faut les aider ?

Mais pourquoi c'est nous qui devons payer alors qu'eux, ils ont beaucoup plus d'argent, ils échappent à l'impôt ? Ce n'est pas juste. On n'arrivera pas à faire société comme ça. Donc, y compris pour le soutien à l'Ukraine, il faut que les choses soient comprises et donc que l'effort soit partagé équitablement.

11:31
Présentateur

Donc, il faut taxer un peu plus, c'est ce que je disais tout à l'heure, les super-riches, selon vous. En tout cas, d'ailleurs, ce chiffre, puisqu'on a eu ce débat, rappelez-vous, en début d'année, le résultat du groupe LVMH, c'était 12,5 milliards d'euros l'année dernière au niveau mondial. Ils ont payé 6 milliards d'impôts, dont 40% en France. C'est une somme importante. Je ne suis pas l'avocat de LVMH, mais voilà.

11:55
Marine Tondelier

Que ce soit des entreprises ou des personnes, les gens qui payent beaucoup d'impôts, c'est qu'ils ont de la chance et qu'ils gagnent beaucoup d'argent. Voilà, donc c'est la vie.

12:04
Présentateur

Réponse assez efficace. Laurence Saillet, qui est un peu en train, vous ne la voyez pas, de bondir sur ce plateau, Laurence.

12:11
Locuteur non identifié

Les impôts, champion du monde des prélèvements. Donc, si on continue comme ça et on est les plus endettés, je ne pense pas que ce soit la bonne méthode économique, même si Mme Tondelier est experte en économie, puisque apparemment, ça nous amène dans le mur d'être champion du monde des impôts. Et j'ai le sentiment, quand on appelle comme ça, à toujours faire des journées de mobilisation qui coûtent très cher à la France. Parce que la France est endettée, mais des journées où le pays s'arrête, c'est encore enfoncer un peu plus la France. Je n'ai pas l'impression qu'on aime son pays, en fait. Pour moi, aimer la France, c'est quand même essayer de tous chercher des solutions.

12:42
Présentateur

– Après, le droit de grève, il est constitutionnel.

12:44
Locuteur non identifié

– Oui, non, mais le droit de grève, d'accord. Mais à quoi ça sert de se dire qu'on va bloquer le pays plein de jours, dans le mois, etc. Le droit de grève, pour obtenir quoi ? Vous savez ce qu'il va l'obtenir ? Il va l'obtenir, la démission du président de la République. C'est ça, l'objectif. Parce qu'ils n'ont jamais accepté qu'Emmanuel Macron soit élu. Et comme ils n'arrivent pas à l'obtenir par les urnes, ils essaient de l'obtenir par le chaos. Et ça, c'est depuis 2017.

13:08
Présentateur

– On n'en sait rien, on n'en sait rien. On ne sait pas…

13:10
Locuteur non identifié

– Des revendications pour demander la démission du président de la République, je pense que Mme Tondelier est plutôt d'accord.

13:14
Présentateur

– Oui, mais les gens qui descendent dans la rue, aujourd'hui, on ne sait pas quel sera en tout cas le profil, en tout cas, et la façon dont ces événements vont se passer.

13:21
Locuteur non identifié

– En tout cas, je ne vois pas quelles autres demandes ils peuvent avoir. – Martin Garagnon. – Parce que le gouvernement, ça ne va amener à rien de plus.

13:25
Présentateur

– Et après, on reviendra vers Marine Tondelier. – Oui, avant de laisser Mme Tondelier retourner à sa rêve-partie, quand même, les spectateurs. – Mais alors ça, bon, ça c'est moyen. – On a entendu le boom-boom, moi je ne sais pas, voilà. On a entendu Marine Tondelier nous expliquer qu'elle avait eu un bac ES, bon, ce n'est pas une attaque, on a entendu le boom-boom, avait passé un bac ES, visiblement, vous l'avez passé en révisant avec le capital de Karl Marx, et vous avez dû lire à l'envers, parce que visiblement, vous avez des recettes magiques pour les équilibres économiques qui sont fantastiques.

Vous nous parlez des cadeaux pour les super riches en parlant d'attaques des habitations, qui a bénéficié à tous les Français, y compris les plus modestes, en disant après, « Ah ben attendez, je ne l'avais pas de côté, et vous mélangez absolument tous les sujets. » – Mais attendez-vous, vous faites exprès ? – En France, il y a une majorité de Français qui justement veut plus d'équité fiscale et plus de justice sociale. Ça va à l'encontre des recettes que vous êtes en train de nous proposer. Et donc, excusez-moi, je finis là-dessus, entendre un responsable politique dire que son souhait, c'est de bloquer son pays, je trouve ça quand même assez fantastique.

– Marine Tondelier, vous avez la parole. N'en soupirez pas, on vous voit à l'entendre.

14:28
Marine Tondelier

– Non mais franchement, c'était un catalogue d'inepsis, donc je vais rester très sympathique et très sereine, même vu l'heure. Premièrement, vous dites que j'ai dit que la taxe d'habitation était payée par les plus riches. J'ai dit exactement l'inverse. J'ai dit que la taxe d'habitation, c'était 14 milliards qui étaient payés par tous les Français. Oui, parce que j'ai dit, ils ont fait 40 milliards de cadeaux pour les plus riches et dans ces 40 milliards, je ne compte pas les 14 milliards de la taxe d'habitation qui, eux, ont bénéficié à tout le monde. Donc si vous écoutez tous les mots, normalement c'est compréhensible, y compris par un enfant de sixième.

Deuxième chose, ceux qui bloquent le pays aujourd'hui, ce sont les macronistes. Ils bloquent tout. Ils provoquent, en tout cas un président, provoquent des élections législatives anticipées. On doit tous passer notre temps à ça pendant un mois. Et ils n'en respectent pas le résultat. Ils font de l'obstruction au changement. Alors que la majorité des Français le demandent. Et que ça vous plaise ou pas, on vit encore en démocratie. Donc voyez, on vote, on ne suit pas le résultat des urnes. Et on a, oui, le droit de manifester. Et je remercie le collègue en plateau qui a rappelé juste la Constitution.

Et vous savez, monsieur, le moment où les élites racontent n'importe quoi, donnent des fake news, comme vous venez de le dire sur ce que j'ai dit, qui expliquent que l'état de droit, genre le droit à la manifestation, ça devient surfait, ben moi j'ai un petit problème en fait.

15:41
Présentateur

Mais chacun assumera. La société, c'est pas bleu. Vous restez avec nous, Marine Tondelier. Laurent Fragermane, qui est spécialiste des mouvements sociaux, votre regard sur ce qu'explique la chef de file des écologistes, Marine Tondelier.

15:51
Intervenant

Alors moi, ce qui me frappe, et je vais me faire accuser d'être de droite, c'est que dans le plan Bérou, officiellement, il y a 13 milliards. C'est pas mon camp. Il y a 13 milliards d'euros qui sont annoncés, qui sont fléchés, c'est assez détaillé, qui sont pris sur les plus riches et sur les entreprises. Et je n'entends personne ne le dire du côté de la droite. Alors je suis assez surpris, je me dis, tiens, est-ce que, alors du coup, j'ai deux hypothèses. Soit c'est une conversion partielle et inachevée finalement, au fait, à l'évidence, c'est-à-dire que tout le monde doit participer à l'effort. Marine Tondelier l'a bien expliqué.

Il n'est pas possible de demander des efforts aux Français les plus pauvres sans que les plus riches donnent l'exemple. Ou alors, finalement, c'est faux. Mais moi, j'ai l'impression que c'était plutôt vrai. Je voulais rajouter, par rapport à ce qu'a dit Marine Tondelier, que finalement, elle-même, alors elle dit, Jean-Luc Mélenchon récupère le mouvement. Alors je simplifie un peu, mais c'est ça. En même temps, elle-même a placé son opposition à la loi Duplon, c'est-à-dire qu'elle a rajouté ses propres revendications qui ne font pas l'unanimité chez les gens qui participent à ce mouvement.

Et c'est pour ça, d'ailleurs, que ce mouvement, là-dessus, je suis d'accord avec vous, sa seule chance d'être fort, c'est d'être vague. C'est le principe de la plupart des mouvements. Si vous voulez qu'il y ait des gens très divers qui soient agrégés, vous ne pouvez pas rentrer trop dans le détail. Et donc, justement, typiquement, vous ne pouvez pas avoir ensemble des gens qui... Les agriculteurs qui ont fait une mobilisation extrêmement forte l'an dernier, notamment pour avoir les méga-bassines, des retenues d'eau, et à côté, les gens qui protestent contre la loi Duplon. Ce n'est pas possible. Par contre, vous pouvez avoir quelqu'un qui fédère contre ce que je disais tout à l'heure.

Pour moi, François Bayrou, ce n'est pas quelqu'un qui va fédérer contre lui. C'est quelqu'un qui peut énerver potentiellement. Mais Macron, oui, il l'a démontré. Donc, effectivement, ce sera plus contre Macron. Sauf que, on voit bien la difficulté, Macron n'est pas réellement au pouvoir. Donc, ça, c'est quand même un des points de difficulté de ce mouvement. Je rajouterai une chose sur Jean-Luc Mélenchon. C'est quand même assez extraordinaire parce qu'il y a quelques jours, il a dit non, on ne va pas récupérer le mouvement, il faut le laisser indépendant. Et là, il annonce qu'il faut la greffe générale. C'est-à-dire qu'il décide des modalités d'un mouvement qui n'est pas le sien.

Il a fait la même chose avec le mouvement sur la retraite, ce qui a occasionné un fort conflit avec l'intersyndical. On voit qu'il ne peut pas s'en empêcher. Je pense que c'est structurel par rapport à mes collègues plus à droite dans le plateau. C'est quand même ce mouvement sur le 10 septembre a fait boule de neige pendant tout l'été. Il y aura quelque chose. Et petit à petit, justement, c'est une prophétie autoréalisatrice. Et dire maintenant, ça va faire pchit, je ne crois pas.

18:19
Présentateur

Non, il y aura de la casse avec des black blocs, ça, c'est sûr.

18:22
Intervenant

Oui, mais les black blocs, ils vont même à un festival de rue à Aurillac pour l'enfer de la casse.

18:26
Présentateur

On n'a besoin de rien pour casser. On n'en sait rien pour l'instant, mais c'est vrai que c'était ce que l'on avait vu. Marine Tondelier, très intéressant ce que nous dit Laurent Fragerman à l'instant.

18:34
Marine Tondelier

Avec un enthousiasme quasi jubilatoire. Nous, nous ne les attendons pas. Vous voulez quoi ?

18:39
Présentateur

Très intéressant ce que nous dit Laurent Fragerman à l'instant. C'est vrai que dans la rue, il va y avoir des agriculteurs opposés à la loi du plomb qui veulent la réintroduction de certains pesticides, des agriculteurs qui n'en veulent absolument pas, des gens de gauche, une formation de gauche, en tout cas, dont vous faites partie, des gens également du Rassemblement national, de l'extrême droite. C'est vrai qu'on n'arrive pas à voir comment ces gens-là vont pouvoir se mobiliser ensemble. Est-ce que vous avez ce sentiment-là également, cette confusion dans le message ?

19:10
Marine Tondelier

Pour l'instant, je n'ai pas beaucoup entendu l'extrême droite appeler à manifester. Ils sont encore en vacances, donc on ne sait pas ce qu'ils vont faire. Ils n'appellent pas à manifester. Ils ne disent pas qu'ils vont censurer. Comme d'habitude, ils ne servent à rien. Ils sont à la traîne. Ils sont à la traîne des mouvements sociaux au Rassemblement national. Comme d'habitude, ils arriveront après la bataille pour dire que c'est grâce à eux. C'est un autre côté du problème. Mais moi, pour répondre au monsieur qui parlait des luttes sociales et de comment il y a plusieurs causes qu'il pouvait amener à manifester, je crois profondément à la convergence des luttes.

Je crois à la convergence des luttes sociales, féministes, antiracistes, environnementales. Et je pense que mises bout à bout, ces luttes, elles amènent aussi sur un projet alternatif. Vous parlez des agriculteurs. Moi, je suis petite fille de betteraviers. On ne va pas régler le problème des betteraves et de l'acétamipride là sur ce plateau. Il faut des recherches pour trouver des alternatives qui ne sont pas menées parce qu'il n'y a aussi plus de budget pour les recherches. Et les agriculteurs le savent. On en entier soutien pour trouver des alternatives et on les cherchera et on les trouvera avec eux. Mais 83% des Français étaient contre qu'on remette ces pesticides dans l'air.

Mais ces mêmes Français sont pour que les agriculteurs aient une vie digne. Moi, je ne combats pas contre les agriculteurs et la plupart des agriculteurs ne combattent pas contre les écologistes. On a beaucoup de combats qu'on mène ensemble depuis 40 ans. Qui a défendu et fait ralentir l'artificialisation des sols ? Les agriculteurs et les écologistes ensemble. Qui a fait en sorte qu'on se batte contre les traités de libre-échange comme le Mercosur ? Les agriculteurs et les écologistes ensemble. Qui s'est battu pour mettre des produits bio et locaux dans les cantines pour causer des débouches chez les écologistes et les agriculteurs ensemble. Et on se bat aussi pour leurs revenus.

On a fait adopter à l'Assemblée nationale une proposition loi sur les revenus planchers des agriculteurs et c'était les écologistes. Donc vous voyez, on peut marcher ensemble sur beaucoup de sujets.

20:56
Présentateur

Sur la façon dont justement vous pouvez marcher ensemble. Laurence et...

21:00
Locuteur non identifié

Moi, j'ai une question simple à poser à Mme Tondelier. Elle appelle au blocage du pays à plusieurs reprises. Elle a envie qu'il y ait plein de journées de manifestations, plein de grèves, plein de blocages. Mais au final, au final, qu'est-ce que vous voulez obtenir Mme Tondelier ? Concrètement, qu'est-ce que vous voulez qu'il se passe là au mois de septembre ou octobre ?

21:20
Marine Tondelier

Je veux que ce gouvernement et ce président comprennent que quand on pose une question très claire aux Français, en disant à l'époque Emmanuel Macron, je ne sais plus si c'est Moïse Acte, mais il avait dit voilà, je pose, je fais cette dissolution parce que je veux redonner la parole aux Français. Je veux leur poser la question. Les Français répondent très très clairement. En une immense majorité, ils veulent un changement de cas politique. Ils veulent que ce soit autre chose que le macronisme qui soit exprimé comme politique et notamment sur les politiques injustes. Vous auriez une majorité absolue si vous aviez été vraiment élu,

21:49
Locuteur non identifié

comme vous le dites. Vous n'avez pas eu de majorité absolue. Oui, mais les gens qui voulaient,

21:54
Marine Tondelier

écoutez, Madame, entre les gens qui ont voté pour nous, entre les gens qui ont voté pour nous, entre certains qui n'ont peut-être pas voté pour nous et d'autres aussi qui n'ont pas voté du tout, vous savez bien qu'une immense majorité ne veut plus du macronisme. Regardez les résultats des urnes et regardez les résultats des sondages. Est-ce que ça vous choque ou pas qu'en démocratie, un président de la République décide de ne pas suivre le résultat des élections et de ne pas donner d'autres ministres issus de la force à arriver en tête aux élections ? Si vous commencez à additionner des gens et les voix des gens

22:26
Locuteur non identifié

qui n'ont pas voté, ça ne marche pas. Si vous aviez été vraiment publicité par le pays, vous auriez eu une majorité absolue

22:31
Présentateur

et le problème était réglé. On ne va pas refaire ce débat si vous le voulez bien. Oui, mais elle revient toujours à ça en fait. Mais Madame, restez très détendue,

22:37
Marine Tondelier

dans n'importe quel pays d'Europe, c'est la question Madame, dans n'importe quel pays d'Europe, on nomme un Premier ministre, mais dans n'importe quel pays d'Europe, j'ai encore écouté sur le service public une émission que j'aime beaucoup qui s'appelle Secrets d'actualité qui revenait sur le NFP, sur les législatives. Et l'expert qui était plutôt un expert juridique disait que dans tous les pays démocratiques, c'est la force arrivée en tête aux élections. Quelle est la majorité absolue ou pas ? C'est la force arrivée en tête aux élections qui est appelée à gouverner. C'est la base de la démocratie représentative. Qu'est-ce que je voulais que je vous dise ?

Alors vous pouvez me dire non c'est faux, non c'est faux, non c'est faux. Si vous voulez, vous n'êtes pas d'accord. Mais dites pas c'est faux. C'est comme ça que ça se passe dans tous les autres pays. Une dernière question

23:21
Présentateur

d'Aurore Malvoi qui a clôturé le bal. Oui mais c'est intéressant.

23:26
Locuteur non identifié

Non mais c'était plus une remarque en fait. Effectivement, on peut en tout cas être tous d'accord je pense autour de la table pour dire que deux tiers des Français n'ont pas voté effectivement pour le bloc central en tout cas. Puisqu'il y a à la fois le Rassemblement National et le Nouveau Front Populaire qui sont les deux premières forces à l'Assemblée Nationale.

Donc ça je pense qu'on peut faire ce constat et qu'effectivement il y a eu un rejet de la politique et qu'en fait malheureusement on a ce débat encore parce qu'on est quelque part toujours un petit peu on en revient à la même question et pourquoi on assiste d'ailleurs aujourd'hui à d'une certaine façon un président Macron qui s'est resolidarisé je dirais un peu avec son Premier ministre après avoir passé un été en tout cas un début d'été un petit peu compliqué. On entendait ça n'allait pas assez vite pour lui il était un petit peu agacé.

Là il a dit d'ailleurs ce budget je l'assume je l'assume pleinement aussi parce qu'il sait que si François Bayrou tombe on revient à la situation dans laquelle on était il y a quelques mois et avec cette question et vous l'avez évoqué tout à l'heure de son avenir de façon très concrète avec des gens qui appelleront à nouveau à sa démission.

24:28
Présentateur

Je vais vous remercier merci Aurore merci également à vous Marine Tondelier de nous avoir accroché on devait avoir 10 minutes ensemble ça fait 25 minutes qu'on échange mais c'était passionnant j'espère qu'on ne vous a pas trop gâché la fête j'ai pas vu le temps passer c'est parfait vous reviendrez quand vous voulez merci à vous très bonne soirée

Mouvement du 10 septembre, budget 2026, censure… L'interview en intégralité de Marine Tondelier — Marine Tondelier · Pourquijevote