Marine LE PEN : « Refonder l'école »
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« Depuis une quinzaine d'années, l'insécurité à l'école n'a cessé de progresser, de l'ordre de 10% par an d'après les chiffres officiels. »
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« Le ministère de l'éducation nationale a publié en janvier 2009 une étude réalisée en 1987, puis en 2007, auprès de 4000 élèves de CM2. Ces résultats sont sans appel. »
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« Quand les élèves faisaient en moyenne 11 fautes à une dictée en 1987, ils en font aujourd'hui 15 sur la même dictée. »
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« En 1976, un élève qui sortait du collège avait reçu 2800 heures d'enseignement du français depuis son entrée en CP. En 2004, c'était 2000 heures, soit 800 de moins. »
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« Il faut enfin parler des 10 000 à 15 000 suppressions de postes d'enseignants chaque année depuis 2007. »
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« Chiffré, je vous le rappelle, à 150 millions d'euros par an, alors que d'autres économies, tabou celles-là, ne sont jamais envisagées. »
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Pas grand monde ne s'intéresse à l'école. Et pourtant l'école va mal, très mal. Elle qui devrait assurer l'avenir de la nation et préparer les réussites de demain, elle qui devait offrir aux jeunes français, notamment issus des milieux populaires, une possibilité de faire valoir leurs mérites et rendre tous leurs projets possibles, elle qui devrait former des citoyens libres et éclairés, n'est plus en mesure de relever tous ces défis. Disons-le franchement, l'école a été laissée à l'abandon.
Peu à peu, ces 25 dernières années se sont constituées des enclaves scolaires où règnent le désordre et la violence, à l'instar des quartiers où sont implantés ces établissements, souvent très touchés par l'immigration de masse. Peu à peu, les gouvernements de gauche comme de droite ont baissé les bras, cédant à la démagogie en laissant le niveau des élèves s'effondrer et les professeurs se débrouiller seuls. Peu à peu, les valeurs ont déserté l'école. La situation est grave, mais il est possible de relever la tête et de reconstruire l'école, de la maternelle au lycée.
Des professeurs talentueux qui ont souvent le courage d'aller à l'encontre des consignes de leur hiérarchie n'ont jamais baissé des bras et continuent de se battre pour l'avenir de nos enfants. Des parents d'élèves luttent pour que les choses changent. La nation française toute entière reste extrêmement attachée à ce pivot essentiel que constitue l'école de la République. Nous pensons que l'école souffre avant tout de l'abandon des élites dirigeantes et d'un laissé à l'est général. Nous proposons donc, face à cette dérive, un relèvement des exigences à l'école, dans tous les domaines, la discipline, les savoirs et les valeurs.
Platon a écrit « Lorsque les maîtres tremblent devant leurs élèves et préfèrent les flatter, lorsque les jeunes méprisent les lois parce qu'ils ne reconnaissent plus au-dessus d'eux l'autorité de rien ni de personne, alors c'est là, en toute beauté et en toute jeunesse, le début de la tyrannie. » Ce qui n'était à l'époque qu'une réflexion philosophique très juste est aujourd'hui devenu réalité dans bon nombre d'établissements scolaires. Depuis une quinzaine d'années, l'insécurité à l'école n'a cessé de progresser, de l'ordre de 10% par an d'après les chiffres officiels.
La discipline est une valeur en recul et il n'est pas rare qu'un cours entier se fasse dans le brouhaha et que des professeurs se voient insultés, au mieux verbalement, au pire physiquement, par leurs élèves ou leurs parents. Cette situation ne peut plus durer. Il va de soi qu'on ne peut rien transmettre quand les conditions élémentaires de sécurité et d'ordre ne sont pas réunies. Nous proposons donc de relever très fortement, en s'en donnant les moyens, l'exigence d'autorité à l'école. Dans les collèges et les lycées où cela se justifie, il faut autoriser les chefs d'établissement à fouiller les élèves suspects.
Il faut installer des portiques de détection des métaux, sanctionner financièrement les parents lorsque leurs enfants entrent à l'école avec un objet dangereux. Il faut envisager de leur supprimer des allocations familiales dans les cas les plus graves. Il faut aussi mettre l'élève en condition d'apprendre. Parce qu'un jeune dans l'enceinte scolaire est d'abord un élève, il doit se comporter comme tel. Ce qui suppose de ne pas tolérer tout et n'importe quoi. Ainsi, un code vestimentaire strict doit être établi dans tous les établissements. Le téléphone portable doit être prohibé de la primaire au lycée.
L'élève remis à sa place, le professeur pourra plus facilement assurer sa mission première de transmission des savoirs. Il devra voir son statut revalorisé significativement parce qu'un pays n'a pas d'avenir quand il ne respecte pas ses professeurs. Revalorisation financière mais aussi revalorisation symbolique à laquelle les enseignants, je le sais, tiennent beaucoup. A la moindre agression, même verbale, de la part d'un élève ou d'un parent d'élève, la sanction devrait être immédiate et exemplaire par sa dureté. C'est en replaçant l'autorité du professeur au cœur de l'éducation, en faisant en sorte qu'il se respecte et qu'il soit respecté, qu'on redressera la barre.
Alors parfois, cela ne semble plus possible, parce que l'établissement est trop abîmé, parce qu'il y règne une ambiance trop délétère, parce que le découragement le submerge depuis trop d'années, parce que la violence y est massive et quotidienne, parce que les professeurs ne s'y sentent plus en sécurité, parce que le savoir aussi a déserté depuis longtemps ses locaux. Ces établissements irrécupérables doivent être matériellement détruits et d'autres doivent être reconstruits ailleurs, plus intelligemment, dans des quartiers moins ghettoisés, parfois ce n'est qu'en faisant table rase d'un passé trop lourd qu'on peut réenvisager l'avenir avec confiance.
C'est détruire un établissement et en reconstruire un neuf, rebâtir une dynamique de savoir, c'est parfois la seule façon de tourner une page et de redonner l'espoir à ceux qui n'y croient plus. Le deuxième chantier qu'il nous faut ouvrir d'urgence concerne les savoirs. Inutile de le nier, le niveau des élèves baisse d'année en année. Des études confirment ce sentiment de tout à chacun. Le ministère de l'éducation nationale a publié en janvier 2009 une étude réalisée en 1987, puis en 2007, auprès de 4000 élèves de CM2. Ces résultats sont sans appel. Aussi bien en lecture qu'en calcul ou en orthographe, le niveau a chuté.
Quand les élèves faisaient en moyenne 11 fautes à une dictée en 1987, ils en font aujourd'hui 15 sur la même dictée. Alors certains nient toujours cette baisse de niveau. Ils sont aveugles ou criminels. D'autres la reconnaissent, mais l'expliquent par la démocratisation et la massification de l'enseignement. Cet argument était valable dans les années 1950, puis aujourd'hui. En 1987, l'enseignement était déjà tout aussi massifié qu'aujourd'hui, et pourtant le niveau était bien meilleur. Il faut réagir d'urgence parce que cet affaissement des savoirs pénalise d'abord ceux à qui leurs parents n'auront pas les moyens d'offrir des cours particuliers.
Cet affaiblissement pénalise l'avenir de la nation et tue l'ascenseur social. Alors que chiffres dramatiques, 200 maternelles seulement fournissent 95% des élèves de grandes écoles. La France a besoin d'ingénieurs de haut niveau, de bons techniciens. Elle a besoin de jeunes bien formés, cultivés. Les élites de gauche comme de droite mettront toujours leurs enfants dans les meilleurs lycées, là où le niveau ne baisse pas. Voilà pourquoi on ne peut pas compter sur elle depuis des années. Nous avons des pistes pour inverser la tendance. D'abord, il faut cesser de faire de l'élève français le cobaye des pédagogistes de tout poil.
Les mérieux et autres professeurs zébulons qui ont tué les méthodes traditionnelles d'enseignement. Celles qui pourtant ont fait leur preuve. Ces gens-là que le pouvoir continue d'écouter ont empoisonné depuis des années par leurs préceptes suicidaires, les IUFM. Il faut sortir au plus vite de ce courant de pensée ravageur. Ce qu'a été incapable de faire Nicolas Sarkozy, contrairement à ce qu'il avait promis. Son ministre de l'éducation au national, Luc Châtel, vient encore de déclarer tout récemment que l'école devait être en priorité un lieu de vie. C'est beau comme dit Jack Lang, mais c'est dramatiquement faux. Non. L'école doit être avant tout un lieu de savoir et de connaissance.
Un lieu d'études et de récompense de l'effort. Les méthodes classiques d'enseignement doivent être rendues obligatoires dans tous les établissements scolaires pour que cesse le carnage. Par ailleurs, il faut savoir qu'on a supprimé progressivement des heures d'enseignement dans les matières essentielles, comme le français. En 1976, un élève qui sortait du collège avait reçu 2800 heures d'enseignement du français depuis son entrée en CP. En 2004, c'était 2000 heures, soit 800 de moins. L'équivalent de deux ans et demi de cours.
A cela s'ajoute la décision récente de supprimer encore des heures de cours en primaire, de ne plus accepter la plupart du temps les enfants de moins de 3 ans en maternelle, la place grandissante du sport et des langues étrangères dès les petites classes, au détriment du français et du calcul. Concernant les langues étrangères, ce grignotage incessant des heures de français n'a produit aucun résultat. Récemment, Le Monde publiait une étude qui démontrait que le niveau en anglais des jeunes français n'avait pas du tout progressé en 10 ans.
Il faut donc cesser de saupoudrer les heures de langue au détriment du français dans les petites classes et préférer le financement au collège d'un long voyage d'études, en immersion totale à l'étranger, en Angleterre, en Espagne ou en Allemagne par exemple. Ce n'est évidemment qu'en pratiquant une langue sur place qu'on l'apprend véritablement. En parallèle, on pourra récupérer des heures de cours au bénéfice des matières de base. Il faut enfin parler des 10 000 à 15 000 suppressions de postes d'enseignants chaque année depuis 2007. Dans le contexte actuel, quand l'insécurité ne cesse de progresser à l'école, quand le niveau baisse, ce n'est pas une décision opportune.
On doit mieux répartir les professeurs et faire en sorte qu'ils soient tous devant une classe, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Mais on ne doit pas détruire l'école sous prétexte d'économies ridicules. Chiffré, je vous le rappelle, à 150 millions d'euros par an, alors que d'autres économies, tabou celles-là, ne sont jamais envisagées. Sur la décentralisation, par exemple, et la folie des grandeurs des petits barons locaux qui nous coûtent des milliards d'euros par an. Mais aussi sur l'immigration, l'Europe ou la fraude sociale, ou les 87 000 fonctionnaires territoriaux qui ont été embauchés en 2008. Pour terminer mon propos sur l'école, je souhaiterais parler des valeurs.
Parce que l'école, ce n'est pas seulement un lieu où l'on apprend des savoirs. On y apprend aussi à devenir un homme ou une femme honnête, un français à part entière. Malheureusement, ce n'est plus le cas aujourd'hui dans nombre d'établissements. Dans ceux, bien sûr, qui concentrent tous les problèmes de l'immigration massive, comment enseigner convenablement quand on est face à une classe composée de 17 nationalités différentes et où les élèves ne parlent plus français le soir quand ils rentrent chez eux. Cette difficulté est exacerbée dans ces établissements, mais elle existe aussi ailleurs. La transmission des valeurs doit devenir une priorité.
Elle se fera plus aisément quand on aura renforcé les exigences en matière de discipline, parce qu'on aura inculqué aux élèves les valeurs de respect, de travail, d'effort, d'attention à son prochain, d'humilité et le goût du travail bien fait. Mais l'école doit aussi apporter quelque chose de plus. C'est à l'école que le citoyen en herbe doit apprendre le respect et l'amour de son pays, la France. Un pays qui n'a pas confiance en lui, qui ne s'aime pas, ne peut pas aller de l'avant. Pour cela, il faut sortir d'une vision dépréciée de notre histoire nationale. Non, l'histoire de France ne se résume pas au triptyque, esclavage, colonisation, collaboration.
Oui, la République française est belle, admirable et digne d'être respectée. Forger à l'école un citoyen critique mais fier de son pays. Ce n'est qu'ainsi qu'on pourra envisager l'avenir avec sérénité et confiance. Ma fille et mes jumeaux ont 11 et 10 ans. J'ai fait le choix pour eux de l'école publique, où j'ai moi-même fait toutes mes études, parce que j'y crois. C'est pourquoi je refuse de me soumettre à sa disparition programmée.
Merci.