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interviewC dans l'air· 2 septembre 2025 8 min

Bayrou ne veut pas dire "au revoir" aux Français

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

C'est différent de LFI. Le PS dit: "Si le prochain gouvernement nous présente la même chose, on censure immédiatement." - C.Roux: F.Bayrou tente, dans un dernier souffle, la méthode Coué.

Chaque jour qui passe le renvoie à sa solitude avec des soutiens historiques qui désormais prennent leurs distances. *-Nouvelle crise politique. Chute annoncée du Premier ministre.

Budget introuvable. F.Bayrou y croit encore ou fait-il semblant d'y croire? *-La chute de F.Bayrou paraît inévitable.

Il le sait et manie la carotte et le bâton. - F.Bayrou seul contre tous et seul face à 4 chaînes d'information hier soir.

Le Premier ministre tente toujours de défendre sa position après avoir lui-même accéléré sa chute. - F.Bayrou: Si vous imaginez que je peux abandonner les combats que je mène, que je mène ici, que je menais avant depuis des années, et que je continuerai à mener après, vous vous trompez.

Je suis absolument persuadé que ça peut bouger. Comment? Si les Français, dans la semaine qui vient, disent: "Mais tout ça est dingue!" - Il y croit encore, F.Bayrou, alors que même son propre camp commence à se retourner contre lui. - Y.Braun-Pivet: Demander aux Français toujours de travailler plus pour ne pas gagner plus, ce n'est pas acceptable. - Plus sévère encore, X.Bertrand annonce qu'il ne voterait pas la confiance au gouvernement s'il était député. - X.Bertrand: Ce plan est injuste.

Je l'avais dit dès la mi-juillet. Or, le Premier ministre n'a rien bougé, n'a rien changé. Ce qu'on a entendu encore hier, c'est: "Les Français ne comprennent rien.

Les Français ne travaillent pas assez. Les Français ne donnent pas assez. Les Français ne comprennent pas l'intérêt de la situation et en plus, ils sont partis en vacances." C'est la position de F.Bayrou.

C'est irresponsable. - Au sein du gouvernement, G.Darmanin pressenti parmi d'autres pour succéder à F.Bayrou continue sa partition. - G.Darmanin: Bien sûr que le gouvernement doit faire des efforts.

La France est un immense pays avec un immense peuple. La France est tout à fait capable de relever ce défi à condition que nous soyons responsables, que les partis de gouvernement qui ont vocation à gouverner le pays quand il y aura des alternances politiques, et je pense au PS, qui est un grand parti d'opposition responsable... - Mais le PS a de plus grandes ambitions.

Il veut un Premier ministre issu de ses rangs. L'occasion pour O.Faure d'acter la rupture avec LFI. - O.Faure: J.-L.Mélenchon a dit: "Je ne soutiendrai aucun gouvernement autre qu'insoumis." Je n'imagine pas qu'il dise qu'il est parfaitement à l'aise avec ce que nous proposons. - Donc il n'y aurait pas de ministre insoumis? - O.Faure: Non. - Et ça tombe bien... - M.Panot: Nous ne voulons pas participer à un gouvernement qui continuerait une politique macroniste. - De son côté, le RN considère déjà F.Bayrou hors jeu.

M.Le Pen cible donc le président de la République et réclame de nouvelles élections législatives. - M.Le Pen: E.Macron est un être irrationnel.

Par conséquent, ses décisions, nous n'arrivons souvent pas à les comprendre ni même à savoir quels sont les leviers de prise de cette position. Donc dissolution ou pas dissolution, aujourd'hui ou dans 3 mois...

Comme on ne sait pas, il faut être prêt. - Une nouvelle dissolution a été écartée par E.Macron, qui qualifie cette option de politique-fiction. - C.Roux: Nous entendions à la fin de ce reportage M.Le Pen.

Est-ce que c'est elle qui a les clés? Est-ce que c'est elle qui va peser sur le calendrier de ce qui peut se passer dans les semaines qui viennent? Elle n'avait jamais parlé de dissolution de cette manière et encore moins de démission d'E.Macron.

Pourquoi elle durcit autant le ton? Qu'est-ce qu'elle espère? - N.Mauret: Il y a un petit point très technique qu'il faut avoir en tête.

Le RN demande maintenant, sur tous les tons, une dissolution, parce que ça va lui permettre de déposer une QPC, une question prioritaire de constitutionnalité devant le Conseil d'Etat, etc. Pourquoi elle fait ça? Parce qu'elle a trouvé...

Il y a une jurisprudence qui date de 2003. Pour essayer de faire en sorte qu'elle puisse faire voler en éclats le fait qu'elle ne puisse pas se représenter, elle doit déposer une QPC. Pourtant, il faut qu'elle soit en mesure de le faire, et donc qu'il y ait une dissolution. - C.Roux: C'est son destin devant les juges, devant la justice qui se joue dans le calendrier qu'elle a choisi? - N.Mauret: Absolument.

Si c'était simplement son destin politique de députée, elle n'a pas intérêt à le faire dans la mesure où le pourra pas se représenter. Tandis que s'il y a dissolution, elle se représente et le Conseil constitutionnel sera obligé de statuer pour voir si elle est inéligible ou pas. Après, en dehors de ça,... - C.Roux: Elle regarde les sondages aussi, peut-être?

Un sondage Elabe de dimanche dit ceci. C'est ça qu'elle regarde. - N.Mauret: L'autre chose qu'elle regarde, c'est qu'il n'y aura sans doute pas de front républicain qui permette à la gauche de faire autant de voix qu'ils l'ont fait il y a 12 ou 13 mois.

Sur tous les plans, elle a intérêt à tenir le discours qu'elle tient. Ce qu'elle a fait aujourd'hui, c'est tenir un discours de responsabilité. "C'est le chaos en France, nous, on est là et on travaille...

Nous sommes l'alternance." - C.Roux: Est-ce qu'elle peut tout figer?

Est-ce que là, M.Le Pen a la capacité de tout figer et de dire "sans nous, de toute façon, rien ne passe"? - A.Rosencher: Là, en termes de groupe...

En termes RN, je ne parle pas de la coalition du NFP...

Bien sûr qu'elle pèse très fort et qu'elle peut espérer peser plus fort. Plus les élections passent et plus ce plafond de verre semble prendre l'eau de toutes parts. Mais là, il faut revenir sur cette dichotomie entre destins personnels et biens communs.

Pour le coup, je pense que c'est partagé par beaucoup. Il y a une phrase que j'ai trouvé géniale: "A tout moment, à Paris, il y a 123 personnes qui pensent avoir une chance sérieuse d'être le prochain locataire de l'Elysée." - C.Roux: Ca marche aussi pour Matignon. - A.Rosencher: Le 123 est taquin, dans cette citation.

Mais ça veut dire que tout semble figé par les arrière-pensées personnelles des uns et des autres. Entre ceux qui visent l'Elysée, ceux qui disent qu'E.Macron ne pourra pas se représenter...

On se demande à la fin parfois où passe l'intérêt général. Je dirais que ça nourrit une crise qui est peut-être encore plus grave que la crise institutionnelle qu'on a évoquée tout à l'heure, avec J.Jaffré.

La crise de confiance...

Il y a un moment où la démocratie se fonde quand même sur une confiance, dans le fait que quand vous donnez mandat aux élus de vous représenter, vous avez confiance en ce qu'ils vont agir pour le bien commun, qu'ils vont avoir le sens de l'Etat, des responsabilités. Or, aujourd'hui...