Ecorama : Entretien avec Nicolas Dupont-Aignan
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Votre invité aujourd'hui dans la grande interview en direct sur Boursorama, c'est Nicolas Dupont-Aignan. Bonjour. Bonjour à vous. Merci d'être là avec nous, député de l'Eston et président de Debout la France. On a eu ces deux sondages distincts, Elab et IFOP de mémoire, qui montrent pour la première fois depuis le début des mobilisations qu'une majorité de Français souhaitent justement la fin de la mobilisation des îles et jaunes. 56% pour Elab, dont 58% pour les classes moyennes. Vous aussi, comme la majorité des Français. On est un tournant. Vous demandez la mobilisation.
Non, je demande que le gouvernement arrête de jouer la montre, le pourrissement. Il y a une France coupée en deux. Une moitié veut arrêter, l'autre moitié veut continuer. La majorité veut arrêter. En démocratie, la majorité, c'est plus un. Est-ce qu'on peut gouverner contre 30 millions de Français qui vivent mal, des retraités à qui on a désindexé les pensions, ce qui ne s'était jamais vu depuis la Seconde Guerre mondiale ? Jamais. C'est une spoliation des retraités. Est-ce qu'on peut vivre avec des zones, des territoires où il n'y a plus rien, plus d'emplois ? Est-ce qu'on peut gouverner contre un peuple ? C'est ça, la crise des Gilets jaunes. Moi, je l'ai compris, cette crise.
Et je demandais, attendez, je demandais, je ne suis pas dans un camp. Non, mais on arrête, on n'arrête pas. J'estime qu'un président de la République, vous savez, une révolution, vous l'arrêtez ou vous ne l'arrêtez pas ? Ce n'est pas sur commande. C'est qu'il faut comprendre une société. Et le rôle d'un président de la République, c'est de gouverner pour l'ensemble du peuple, pas pour une minorité qui réussit. C'est de mettre tous les wagons derrière la locomotive. Et moi, j'ai fait des propositions concrètes. Ça veut dire quoi ? Nous avons proposé avec Debout la France, vous pouvez retrouver sur le site internet, 12 mesures qui permettraient une réelle fin du mouvement des Gilets jaunes.
Et ces mesures, nous sommes le seul parti à les financer par des économies sur les gaspillages. Car c'est à la fois une crise fiscale d'excédent d'impôts et une crise de justice sociale. Et tout l'enjeu, c'est de dépenser autrement, c'est-à-dire de cesser des gaspillages et au contraire de dépenser mieux. Et de l'autre côté, de baisser les charges sur les PME, les artisans, les commerçants, ceux qui bossent. Et de taxer l'évasion fiscale. Donc ce qui est très intéressant dans cette crise et dramatique, c'est qu'elle résume les mots du pays et que le gouvernement, au lieu de prendre les décisions qui s'imposent, fait un grand blabla pour...
Il y a eu 10 milliards d'euros quand même qui ont été... Mais 10 milliards d'euros, ce sont nos impôts, ça ne veut rien dire. 10 milliards d'euros... D'autant que c'est tiré sur la dette, sur le déficit. C'est absurde. Moi, j'ai fait la proposition. Je prends un exemple. Soyons précis. Il y a 14 milliards d'euros de fraude à la carte vitale. Il y a 2 millions de fausses cartes vitales en France. Aucun gouvernement n'a osé aller là-dedans. Moi, je propose qu'on tape fort là. J'ai fait des propositions pour qu'on réduise le train de vie de l'État. J'ai fait des propositions pour qu'on ne donne plus 11 milliards à l'Union européenne. 11 milliards nets chaque année. Sous Chirac, on en donnait 2.
C'est de l'argent gaspillé.
Sur le train de vie de l'État, Nicolas Dupont-Aignan, on a vu le Premier ministre il y a quelques jours qui disait que si on supprime l'Assemblée, le Sénat, le train de vie du gouvernement, sur 1 000 euros de dépenses publiques, ça enlève 1 euro. C'est beaucoup.
Oui, mais enfin, attendez. C'est à l'avoir beaucoup et peu. Mais je n'ai pas dit qu'il n'y avait que ça. Moi, je propose un milliard d'économies tout à fait jouables. Est-ce que c'est normal que les anciens présidents de la République aient un statut de monarque ? Vous savez, la crise, elle est aussi une crise existentielle du pays. Les Français ont le sentiment qu'une caste, une oligarchie, s'est accaparé le pouvoir et ne gouverne pas en leur faveur. Et ce qui est un peu vrai, c'est un peu vrai au niveau des entreprises, des grandes entreprises multinationales, au niveau des collectivités locales, au niveau... Et donc, il y a un moment où il faut remettre à plat les choses.
Je suis le seul, je le dis parce que c'est vrai, le seul, avec mon parti, tous les gens qui en font partie, où on a fait des propositions concrètes. Or, le problème, pourquoi il n'est pas crédible, Macron ? Pourquoi il n'est pas crédible ? Parce qu'il a dit le 31 décembre, « Je continue pareil, je ferai la même politique, mais on va débattre. » Mais les gens ne sont pas cons, pardonnez-moi. Attendons de voir ce qui en ressortira. Ah ben, moi, je sais très bien ce qui va ressortir. Il va ressortir à quoi ? Quasiment rien. D'ailleurs, il ne sait même plus comment en sortir, ce moment en débat. Et voilà pourquoi la violence apparaît.
S'il n'y a pas une issue politique, souvenez-vous, trop jeune, moi aussi, mais on a lu les livres d'histoire. Le général de Gaulle et Georges Pompidou, comment ils ont répondu à mai 68 ? Le Grenelle. Le fameux Grenelle. Mais oui, mais c'était des vraies mesures.
Avec des hausses de salaire qui étaient de 5 à 6% de mémoire, d'ailleurs. Mais il faut des hausses de salaire. On ne peut pas continuer comme ça.
On peut vivre avec 1000 euros.
Non, mais l'État décide pour le SMIC. L'État ne décide pas. On ne dit pas aux entreprises, vous devez augmenter de temps vos salariés.
On peut baisser la CSG. Moi, je propose de baisser la CSG sur tous les salariés, car si vous ne réévaluez pas les salaires en France, vous aurez trop peu de différence entre l'assistanat d'un côté et les salaires, et vous ne pouvez pas faire vivre un peuple dans la misère. C'est pour ça qu'ils défiscalisent les salaires supplémentaires aussi, pour que le travail... C'est une bonne nouvelle, mais ils le font à moitié. C'est ça le drame. Ils désocialisent sans défiscaliser, c'est ça ? Exactement, vous n'avez plus compris. Mais encore une fois, je vais vous interrompre.
Pouvoir d'achat, s'il n'y a pas un grand boom du pouvoir d'achat en France, et des mesures pour baisser les charges des PME, et relocaliser un million d'emplois, comme je l'avais proposé à la présidentielle, notre pays ira de pire en pire.
Vous savez que c'est bien documenté qu'à chaque fois qu'on augmente, qu'il y a plus de poids d'achat, on importe des biens.
Mais pas si on favorise la production locale.
C'est bien que c'est un processus qui est assez long,
mais juste pour clore la séquence fondamentale. Car si on n'a pas une industrie forte... Fondamentale, mais très long, très long. On ne clare pas des lois comme ça, on ne fait pas en relocalise pas. On peut tout dire de Trump, mais quand il met des baisses fiscales pour ceux qui réinvestissent aux Etats-Unis, ce que j'avais proposé à la présidentielle, il m'avait rionné, il l'a fait, eh bien je peux vous dire qu'il y a un boom de l'investissement aux Etats-Unis. Il faut relocaliser. Tant qu'on ne relocalisera pas en France de la production, on ne réglera pas le problème social. Car le problème social, ce n'est pas de partager un gâteau. C'est le gâteau grossiste.
C'est le gâteau grossiste, évidemment. Oui, mais il y en a très peu à le proposer. Dans cette séquence sondage, encore une fois, si on posait la question à Nicolas Dupont, il vous appelle l'IFOP, est-ce que vous souhaitez ou pas la fin des mobilisations des Gilets jaunes ? Vous répondez oui ou non. Mais je réponds...
Si c'est la fin pour rien changer, ça ne sert à rien.
C'est les circonvolutions, il faut arrêter.
Vous répondez oui ou non. Mais la fin, ça veut dire quoi ?
La fin des mobilisations tous les samedis des Gilets jaunes. Oui ou non. C'est simple.
Moi, je vous le dis, je souhaite qu'il y ait des actions claires pour enfin réconcilier les Français.
Encore, on finit là-dessus. Enfin, sur la séquence sondage, pour 64% des Français, c'est intéressant. Les manifestations du samedi des Gilets jaunes se sont éloignées des intentions originelles, initiales des Gilets jaunes. Et c'est ça le drame. Et donc les Français ne se reconnaissent plus dans ce qu'on voit aujourd'hui. Mais je vais vous dire une chose. Ça s'est radicalisé, c'est une évidence.
Mais c'est une évidence, mais ça s'est radicalisé aussi. Pourquoi ? Parce qu'on a un gouvernement incapable de s'attaquer aux vrais casseurs et qui, pire, a cherché à manipuler la casse pour montrer des images chaque week-end de parisiens, avec des choses abominables. Alors qu'en province, si on mettait les caméras en province autour des ronds-points, on verrait des gens très différents. On verrait des retraités, des artisans, parfois des cadres. Donc il y a toujours des bons et des mauvais Gilets jaunes selon vous, c'est ça ? Mais il y a 99% des Gilets jaunes sont des Français qui aspirent simplement à vivre de leur travail.
Et depuis le début, le gouvernement a voulu casser, amalgamer, caricaturer. Et je vais vous dire le problème majeur du gouvernement et du président. C'est qu'aujourd'hui, il a dressé les Français les uns contre les autres et il se retrouve avec un pays en miettes. Et tout l'enjeu, c'est de sortir par le haut, de réconcilier les Français, d'avoir des mesures à la fois de rigueur et de progrès social, d'ordre et de justice.
Dans le grand débat national, on n'entend pas les mesures de rigueur. Et c'est là que j'ai envie de vous entendre du poignant là-dessus. Mais je suis le seul à leur proposer. Quand on voit les contributions sur le site du grand débat, on voit que les attentes des Français sont quand même un peu contradictoires. Il y a à la fois, est-ce qu'il est légitime, une volonté d'avoir plus de services publics, de proximité, d'avoir des profs qui sont mieux payés, évidemment, d'avoir des retraites qui sont indexées sur les prix, ou encore mieux, pourquoi pas, sur les salaires ? Imaginons des hausses d'ignes à sociaux, personne n'est contre, sauf qu'en face, il y a cette volonté d'avoir moins d'impôts.
Mais l'équation budgétaire, c'est un homme sérieux.
Eh bien, l'équation budgétaire, elle est insoluble. Si, mais pour ça, il faut arrêter de donner 11 milliards à l'Union européenne pour rien, pour subventionner la Turquie, le Kosovo et autres. Il faut arrêter de laisser 15 milliards évaporer dans la fraude aux cartes vitales. Il faut arrêter de payer l'immigration. Nous sommes l'un des seuls pays qui donnent autant d'aide sociale à des migrants clandestins. Il faut réduire les privilèges. Mais qu'est-ce qu'il fait, justement ? C'est intéressant. Mais moi, j'ai trouvé 32 milliards d'économies de l'un matin.
Non, sur les privilèges des députés, des représentants de la nation. Ah, ben, je peux vous dire qu'on les a proposés. Que fait Nicolas Dupont-Aignan pour montrer l'exemple et réduire son train de vie de député ?
On les a proposés 10% de baisse de salaire de tous les députés que j'ai proposés il y a 3 ans. J'ai proposé la suppression...
C'est symbolique, c'est symbolique.
C'est déjà pas mal. Suppression des conseils économiques et sociaux régionaux, qui ne servent à rien, et du conseil économique et social. Suppression des régions. Revenir à l'articulation commune, département, État. Moins de parlementaires aussi ? Moins de parlementaires. Je l'avais proposé de réduire d'un tiers, chaque parlementaire, et puis arrêter avec les autorités administratives indépendantes avec des salaires de 15 000 euros par mois. Vous savez, le ménage, il doit être fait à tous les niveaux. 32 milliards d'économiques de gaspillage supprimé. Je le réaffecte à qui ? Aux retraités pour qu'ils aient leur retraite. Comment vous arrivez à 32 milliards ? Il y a 15 sur les...
Je vais vous dire. 1,5 milliard sur le train de vie de l'État. 5 milliards sur l'immigration. 5 milliards. 16 milliards sur les gaspillages sécurité sociale. Et 11 milliards sur l'Union européenne. 9 milliards sur l'Union européenne. Vous l'avez sur mon site internet. 5 milliards sur la sécu. Ça paraît énorme. Mais le propre de la fraude, c'est qu'on a du mal à la quantifier. Il y a eu un rapport d'enquête d'un magistrat, un magistrat, M. Prats. La sénatrice, Mme Goulet, centriste, a demandé au gouvernement l'autorisation d'un rapport parlementaire. C'était quand ça ? Il y a quelques mois. Ça a été refusé par le gouvernement. Ça a été refusé. Pourquoi ?
Parce que ouvrir le dossier des fausses cartes vitales, 1,8 millions de fausses cartes vitales, c'est ouvrir le dossier de l'immigration. C'est ouvrir le dossier. Est-ce que la société française a le droit d'être généreuse avec le monde entier ? Ah mais ça, c'est tabou. On n'a pas le droit d'en parler. Mais vous savez, vous allez dans un hôpital, tous les Français ont compris. Allez voir un hôpital. Et je vais vous dire, je préfère aider les hôpitaux d'Alger, de Rabat ou Tunis. Ça sera beaucoup plus efficace plutôt que de favoriser une immigration hospitalière. Je sais que ce n'est pas politiquement correct de dire ça. Mais tout le monde vous le dit.
Parlez aux infirmières dans les hôpitaux parisiens de ce qui se passe. Est-ce que la France peut aujourd'hui continuer à accueillir 400 000 personnes par an, soit la ville de Nice, cette année en 2018 ? Ça, c'est un fait. Entre les entrées légales et les demandes d'asile, on est à 400 000. La ville de Nice, chaque année. Est-ce que notre pays a la capacité ? Je ne suis pas contre l'immigration en soi. Je dis simplement que notre pays doit d'abord intégrer, assimiler ceux qui sont sur notre sol avant de dépenser de l'argent pour toujours plus. Et qu'il vaudrait mieux aider l'Afrique en amont plutôt que de faire venir des populations déracinées. Mais on n'a pas le droit de dire ça.
Vous avez vu que dans le grand débat, on n'a pas le droit.
Et ce n'est pas ce qu'on entend non plus dans les revendications des Gilets jaunes. Si, beaucoup en parlent. On entend beaucoup d'ailleurs, et c'est l'autre sujet. Pas des chefs, mais de la base. Beaucoup en parlent. Je voulais vous amener là-dessus. Il y a cette exigence, on l'a compris, de justice fiscale. J'ai envie de savoir comment il se positionne, Nicolas Dupont-Réunion, là-dessus. On a compris qu'il y a cette volonté, on dit les choses, de taper les riches au portefeuille. Vous en pensez quoi ? Vous avez vu toutes ces litanies, cette...
Je vais vous dire, ça m'a surpris. Un jour, j'étais sur un rond-point à Arles. Et il y a un monsieur qui me dit qu'il n'y avait plus rien. Il m'a dit, mais moi, je ne suis pas envieux. Ça ne me gêne pas qu'il y ait des gens riches en France. Ce qui me choque, c'est qu'Emmanuel Macron leur a fait un cadeau de 5 milliards. Et qu'en même temps, il a supprimé les emplois d'insertion. Il a supprimé l'aide au logement pour des gens qui n'ont rien. Enfin, vous savez, j'ai retrouvé un texte du général de Gaulle de 1958 au moment du grand plan d'économie budgétaire. Parce que le général de Gaulle a fait de sacrées économies en arrivant. Le plan RUEF, PINER-RUEF.
Et vous savez ce qu'il a fait en même temps ? Il a augmenté les petites retraites. Il a augmenté les bas salaires. Et il a dit, en revanche, on va supprimer des privilèges, des gaspillages. Donc, le problème de fond, c'est que les Français sont prêts à des efforts. Ils ne veulent pas taper les riches. Ils veulent simplement que l'effort soit partagé.
Vous avez vu toutes les mesures qui remontent. Allez, sur le site du grand débat, vous verrez. Création d'une tranche d'impôt sur le revenu supplémentaire pour les hauts salaires. On a quoi ? Rétablissement de l'ISF. On a droit de succession plus élevé. On a non-suppression de la taxe d'habitation pour les 20 Français les plus riches.
Sur l'ISF, j'avais proposé la seule mesure possible, qui était parfaite. Zéro ISF. Zéro ISF. Supprimer l'ISF. Supprimer l'ISF quand l'argent s'investissait en France.
Ah, c'est ce que proposent les fameux 22 députés de la République en marche. Très bien.
Pour une fois, ils auront une bonne idée. Ils ont dû copier mon programme. C'est très important ce que je veux dire. Donc, je supprimais l'ISF, qui est dissuasif pour l'investissement en France. À condition que l'argent s'investisse en France, dans des entreprises, même étrangers, en France. C'est l'esprit de ce que fait Trump aux États-Unis, qui a rapatrié des centaines de milliards de dollars. Quand vous investissez en France... En baissant massivement les impôts. Oui, pour les productions françaises. Mais en revanche, les accords de Rulignes au Luxembourg, aux Pays-Bas, en Irlande, alors là, il faut les taper. C'est scandaleux ce qui se passe. Regardez la différence.
Tous les petits cafés de France qui meurent, ils sont surtaxés. Et Starbucks ne paye pas d'impôts. Si on ne résout pas ce problème européen, et c'est le sens de ma candidature... Il y a cette taxe GAFA. Bien sûr. ...que la France défend et va mettre en œuvre cette année. Oui, défend une mini, mini, mini-taxe. Mais on a commencé. 500 millions d'euros pour commencer. Non, mais c'est rien. Ce n'est pas ça qu'il faut. Il faut revoir la taxe sur le chiffre d'affaires. Et il faut partir... On a tous les chiffres. Tous les résultats sont faits. Et vous savez pourquoi ils existent, les résultats ? Ils sont donnés aux autorités de la concurrence.
Tous les grands groupes donnent aux autorités de la concurrence les résultats par pays. On progresse à l'OCDE. C'est la clé de l'avenir. Si on ne veut pas avoir une révolution en France et en Europe, il faut rétablir une justice fiscale. Moins d'impôts pour ceux qui travaillent, pour ceux qui investissent dans le pays, pour ceux qui créent, qui innovent. Et en cela, je suis libéral. Mais en revanche, la fuite, la fuite devant l'impôt... Regardez Uber. Vous avez vu qu'Uber a combien de pertes ? Un milliard. Un milliard. Sur un trimestre. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'une société qui fait...
Ça veut dire qu'ils investissent beaucoup pour être rentable demain après.
Ça veut dire que ce qui est autorisé à Uber est interdit à toutes les sociétés françaises. Eh bien ça, c'est de la concurrence déloyale. On n'est plus dans le capitalisme. Je n'ai pas compris avec le lien avec Uber. Eh bien si. Est-ce que vous croyez qu'il y a beaucoup de PME françaises qui peuvent aller voir leurs banquiers en disant « J'ai 2 milliards de pertes sur 12 milliards. Allez, j'ai 25% de mon chiffre d'affaires en pertes. Vous m'aidez. » Est-ce que vous croyez qu'il y a beaucoup de patrons de PME ? Ce ne sont pas les banques qu'il y a de Uber, vous avez compris.
D'accord, mais c'est qui ? C'est les investisseurs qui se disent « Aujourd'hui, je perds de l'argent. Mais Uber, le marché est phénoménal et on gagnera bon appareil. »
Non, Uber ne triche avec toutes les règles. Les règles sociales, les règles fiscales. Et qui, M. Macron, reçoit à Versailles ? Est-ce qu'il reçoit les patrons de PME qui investissent en France ? Non. Il reçoit les gens qui trichent avec les règles du jeu. Et les peuples d'Europe, comme aux États-Unis, ne supportent plus cette triche. Le capitalisme, le libéralisme, il doit être ordonné. Il n'y a pas d'un côté des gens qui ont des privilèges, qui trichent avec toutes les règles du jeu, qui accumulent des pertes pour avoir des positions monopolistiques demain. Et de l'autre, ceux qui triment.
Donc, si le capitalisme, le libéralisme, et moi je crois à la démocratie et je crois à l'économie libérale régulée, ne comprend pas... Ce n'est pas antinomique, ça ? Économie libérale régulée ? C'est évident, mais ça a été toute l'histoire... Il faut qu'il y ait des règles, bien sûr. Mais attendez, si vous mettez le renard dans le poulailler, vous aurez des révolutions dans tous les pays d'Europe. Et aux États-Unis, ça a commencé. Et c'est quand même curieux, vous, qui êtes dans l'économie, que tous ces beaux esprits qui règnent sur l'oligarchie parisienne ne se rendent pas compte qu'ils sont dans la situation des fermiers généraux en 1786, 1796. Ce n'est pas très bien terminé.
Ce n'est pas bien terminé.
Donc, moi, j'aimerais qu'on puisse réconcilier les Français avec l'économie, c'est-à-dire des règles. Pour Nicolas Dupont-Aignan, on n'alourdit pas la taxation des plus riches en France, on ne tape pas au portefeuille des plus riches.
On les incite à investir en France.
On l'alourdit, oui ou non, la fiscalité des plus riches.
On l'alourdit s'ils investissent à l'étranger. On l'allège s'ils investissent en France. Donnant, donnant.
Ça, c'est pour l'ISF. Mais pour le reste, on crée une tranche marginale à l'impôt sur le revenu, au-delà de...
Je pense qu'elle est déjà élevée. Je pense, en revanche, qu'il faut des mécanismes d'incitation. Quand vous investissez en France, vous avez un bonus. Quand vous n'investissez pas en France, on vous tape. C'est la carotte et le bas. Non, je suis même pour l'exonération totale de la France. La résidence principale, j'estime que les Français... Est-ce que c'est le cas aujourd'hui, déjà ? Non, bien sûr que non. L'exonération de la... Pas totale, pas totale. Vous avez des abattements.
Totale de la résidence principale. Non, résidence principale, il n'y a pas... C'est pas vrai. Non, non, allez sur Google. Non, non, sur la résidence principale, elle est totalement exonérée. C'est pas vrai. Vous parlez de la secondaire, les abattements fonctionnent sur la secondaire.
Résidence principale, non, elle n'est pas totalement exonérée. Quand vous la revendez... Elle n'est pas exonérée. Vous faites un restaurant là-dessus, vous. On prend le pari ? Oui, je vous prends le pari. Oui, j'ai un exemple très précis. Allez, dites-moi. Dites-moi. Eh bien, qui ont vendu leur avis qu'on payait des impôts. Sur la résidence principale. Sur la résidence principale de leurs parents décédés. Bien sûr. Ah, de leurs parents décédés.
De la lune succession, c'est quoi ? Ah oui, dans le cas d'une succession. Vous confondez avec les plus-values sur la résidence principale. Je pensais qu'on parlait des plus-values sur la résidence principale. Non, je vous parle du droit de succession. Ah, évidemment, on est d'accord.
Eh bien, je suis pour l'exonération... C'est un impôt sur l'impôt, vous savez, les droits de succession. Je suis pour l'exonération des droits de succession sur la résidence principale. Ah. Des Français qui ont économisé pour acheter leur petit pavillon, leur petite maison, doivent pouvoir la céder à leurs enfants. Ça, c'est révolutionnaire. En revanche, les grosses successions doivent être taxées. Et le sont-ils aujourd'hui ? Au-delà d'un million huit, à 45%, on augmente ? On met une tranche encore en plus ? Écoutez, déjà, si on pouvait exonérer la résidence principale pour que chaque Français puisse économiser et léguer à ses enfants son petit pavillon.
J'entends bien qu'on ne tape, encore une fois, on ne tape pas dans le portefeuille des riches dans le cadre de ce grand débat au final.
Si on incite les riches à investir en France, ceux qui n'investissent pas en France seront plus taxés que ceux qui investissent en France. Un petit mot de cette prime... Mais vous êtes très attaché aux riches alors qu'il y a beaucoup plus de pauvres. Et on devrait s'occuper des pauvres. Non, mais bien sûr, mais ce qu'on voit fleurir... Non, mais je trouve quand même surprenant... Les contributions du grand débat... Eh bien, c'est normal.
C'est beaucoup d'idées qui venaient à dire...
Il est quand même normal que les plus riches contribuent au pays quand il y a une crise. Et il est quand même anormal d'avoir un président de la République qui a donné 5 milliards d'euros aux plus riches et pas aux plus riches, aux très très riches et qui a accablé d'impôts la majorité des Français. Enfin, il faut peut-être revenir à un moment sur Terre quand même. Il ne le peut peut-être aujourd'hui. Je ne le pas.
Un petit mot de cette prime Macron, encore une fois, prime défiscalisée, facultative jusqu'à 1000 euros, qui est annoncée en fin d'année. C'est un pourboire. On a vu quand même que sur les 100 plus grandes entreprises françaises, 74 ont donné 630 euros. En moyenne, les grandes boîtes françaises jouent le jeu. Vous pouvez les vilipendez. Mais je ne les vilipende pas. Ils jouent le jeu, là ? Enfin, elles jouent le jeu.
Mais enfin, un pourboire, une miette, la vraie question n'est pas là. 630 euros en moyenne, ce n'est pas rien. Chez total, c'était 1500 euros. Oui. Qu'à combien de profit ? Et qu'investit combien en France ? La vraie question, ce n'est pas la faute des entreprises. Moi, je veux qu'on change les règles du jeu. Et je veux, comme aux États-Unis, que quand une entreprise investisse en France, elle ait un bonus. J'avais proposé de diviser par deux l'impôt sur les sociétés quand les bénéfices sont réinvestis en France. La question n'est pas d'opposer les riches et les pauvres. La question n'est pas d'opposer les grandes et les petites.
La vraie question, c'est le tissu des petites entreprises qui font l'emploi. Ces petites entreprises sont écrabouillées de charges. Les petites entreprises ne sont pas aidées par les banques. Les petites entreprises, les chefs d'entreprise qui gagnent 2000 euros par mois, 3000 euros par mois, qui font la richesse du pays, beaucoup plus que les oligarques qui finissent en taule au Japon parce qu'ils ont été indécents. Eh bien, c'est eux qui font la France. Et j'aimerais qu'à Bercy, on s'occupe un peu plus des petits patrons que de quelques copains.
Il nous reste quelques instants, Nicolas Dupont-Aignan, pour parler. En préparant l'interview, je suis tombé sur cet entretien que Marine Le Pen a donné il y a, on va dire, 10-15 jours au magazine Le Point, que vous avez dû lire. On lui demandait pourquoi est-ce que vous aviez refusé la main qu'elle vous tendait après les présidentielles, là, dans le cadre des européennes. En parlant de vous, je la cite et vous connaissez la phrase, « Je ne sonde pas les cœurs et les reins de Nicolas, qui ne dit d'ailleurs pas toujours ce qu'il pense. » « Qui ne dit pas toujours ce qu'il pense. »
Je ne connaissais pas cette phrase. « Le point de la 15 jours. » Moi, je ne veux pas polémiquer avec Marine Le Pen.
Parce qu'il y a indirectement comme un peu de... Elle vous traite d'hypocrite, d'insincère, de dubliste. Moi, j'ai de bonnes relations avec elle.
Écoutez, moi, je ne rentre jamais dans les querelles personnelles. J'ai proposé à Marine Le Pen de tirer les leçons de la présidentielle et aux européennes de partir des idées, d'avoir un beau projet. J'ai rédigé un projet. Je l'ai envoyé à Laurent Wauquiez et à Marine Le Pen. Laurent Wauquiez est dans l'ambiguïté sur l'Europe et il nous a répondu à Debout la France qu'il ne souscrivait pas à notre projet. Très bien. Marine Le Pen n'a jamais répondu.
Je lui avais proposé de faire une liste très large et de tirer les leçons de la présidentielle, c'est-à-dire de comprendre que les Français n'avaient pas voté pour elle et pour moi indirectement, puisque nous étions alliés, parce qu'ils ne trouvaient pas le programme assez solide. Et Marine Le Pen n'a pas semblé utile de donner suite. Je l'ai regretté et je maintiens et je lui ai dit que je crois que pour que demain on puisse gagner, il faut revoir le projet, il faut partir d'idées solides. Maintenant, c'est un scrutin à la tour, que le meilleur gagne. Il y aura beaucoup de listes différentes. Je regrette qu'on n'ait pas pu faire une liste unique, mais ce n'est pas moi qui y refuse.
Donc ce n'est pas de votre faute s'il n'y a pas de liste unique.
Vous admettez quand même que depuis la présidentielle, il y a de la friture sur la ligne ? Pourquoi il y a de l'eau dans le gaz, comme disent... Ah si, un petit peu quand même. Non, il y a simplement... Elle ne vous avait pas répondu.
Simplement, il y a le fait que je crois que dans la vie, quand on a un échec, il faut toujours en tirer les leçons. Ce n'est pas le cas. Et je ne crois pas qu'elle en ait tiré les leçons et je le regrette. Mais je suis sûr qu'elle va évoluer, car demain, on peut battre Emmanuel Macron si on a une vaste coalition qui ne se réduit pas d'ailleurs à Debout la France et le Front National, mais qui va... Rassemblement National. Rassemblement National, mais qui va aussi vers une partie des Républicains.
Et beaucoup de Républicains rejoignent Debout la France parce qu'ils savent que moi, nous avons un programme sérieux, porté par des gens honnêtes, et que nous sommes convaincus que l'on peut apporter des solutions à notre pays.
Donc à vous écouter, vous n'excluez pas une nouvelle alliance possible avec le Rassemblement National, encore une fois, dans la culture ? Je veux qu'il soit beaucoup plus large.
Ou alors, vous êtes vacciné, c'est terminé ? Non, moi, je parle des idées et des personnalités. Je crois que les électeurs républicains, patriotes, les électeurs de Debout la France et une partie des électeurs du Rassemblement National pensent exactement la même chose. Et je suis certain qu'on peut un jour leur proposer une belle alternative. Mais cela exige, pardonnez-moi, du professionnalisme, ne pas vouloir faire des coups politiques, travailler en profondeur les dossiers, car je crois que les Français, n'ont pas osé voter Marine Le Pen au second tour parce qu'ils ont été inquiets. Eh bien, je veux en 2022 qu'on présente une offre patriotique très raisonnable, très solide.
Et c'est à cette condition qu'on gagnera. Vous écoutez, elle n'a pas tiré les leçons,
encore une fois, du scrutin. Mais je n'ai pas à polémiquer. Elle va le faire. Et en même temps, elle est vue comme les Français, comme là, aujourd'hui, la principale opposante au chef de l'État. Aujourd'hui, ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon, ce n'est pas vous, c'est Marine Le Pen.
Peut-être, mais je crois que tout est fait par Emmanuel Macron et par le système pour nous préparer un second tour à nouveau pour Macron-Le Pen. Et je pense que beaucoup de Français ne veulent pas de cela. Et j'ai eu certains sondages récemment sur Paris Match, c'était intéressant, où je pense que les Français attendent, au contraire, une offre alternative qui ne nous enferme pas dans ce choix. Et en tout cas, c'est ce que j'essaye de construire, avec d'ailleurs des gens qui viennent du Rassemblement National et des gens qui viennent des Républicains. Voilà.
Je retiens qu'on n'alourdit pas la fiscalité des riches quand ils investissent en France. Là, on parle de l'IACF.
Sous condition. Le grand drame d'Emmanuel Macron, c'est qu'il a fait un chèque en blanc à ceux qui avaient commandité sa campagne, qui l'ont payé, en gros. Et il s'est coupé du peuple. Et le peuple français lui en veut beaucoup parce qu'il a compris que c'était le président d'une très petite minorité qui, en plus, joue contre son pays. Et ça, c'est terrible.
Bon, voilà. Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui, Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France, qui était l'invité de la grande interview en direct sur le Sorama. Merci à vous. Merci à vous.
Nicolas Dupont-Aignan