Immigration : une nouvelle loi début 2025 - C à vous : l’intégral - 14/10/2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
... ... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Bienvenue. Heureuse de vous retrouver. On est en direct avec toute l'équipe.
Emilie, votre choix de l'actu? - E.Tran Nguyen: Le président disait qu'il adorait la bagnole, mais qu'en est-il de la bagnole électrique?
Les constructeurs européens ont du mal à suivre la cadence, notamment le délai du tout électrique en 2035. C'est le Salon de l'auto. - A.-E.Lemoine: Nous aurons F.-X.Pietri, auteur de "Rendez-nous la liberté de rouler!".
Mohamed? - M.Bouhafsi: Aujourd'hui, à Châteauroux, s'est ouvert le procès de la honte.
Plusieurs dizaines d'enfants placés par l'ASE dans des centres agréés ont été victimes de violences physiques et psychologiques. - A.-E.Lemoine: Patrick? - P.Cohen: Moins d'un an après l'adoption d'une loi immigration, la loi Darmanin, il y en aura une nouvelle, la loi Retailleau. - A.-E.Lemoine: On en parle avec le ministre des Armées et des Anciens combattants, S.Lecornu.
Vous publiez un essai, "Vers la guerre? La France face au réarmement du monde". Vous imaginez comment faire face aux menaces qui pèsent sur notre pays.
Vous êtes aussi une énigme pour "Le Monde", le seul ministre rescapé de la présidence Macron de tous les gouvernements depuis 2017. Vous nous expliquerez pourquoi ce n'est peut-être pas une énigme. Lorrain? - L.Sénéchal: Une minute de silence dans tous les collèges et lycées de France un an après l'assassinat de D.Bernard. - A.-E.Lemoine: Pierre, un film dont on est fous ce soir dans "C à vous". - P.Lescure: C'est "L'Amour ouf" de G.Lellouche. - A.-E.Lemoine: Nous aurons quasiment tout le casting à notre table. - P.Lescure: Il y a tellement de monde qu'on va manger par terre! - A.-E.Lemoine: On va mettre des rallonges.
K.Leklou, G.Lellouche, R.Quenard, J.-P.Zadi...
Vous avez entendu un extrait de la bande originale de ce film qui nous plonge dans les années 80 et notre jeunesse. Le dîner est préparé par Angelo Gjika. Des pâtes au menu. - B.Chameroy: Angelo nous prépare ce soir? - Des cèpes avec un ragoût de champignons et du sarrasin. - A.-E.Lemoine: Merci.
A tout à l'heure. Tout de suite, l'Edito de P.Cohen.
Le gouvernement a annoncé qu'il y aurait l'an prochain une nouvelle loi sur l'immigration. - P.Cohen: Une loi Retailleau, selon l'envie pressante et manifeste du nouveau ministre de l'Intérieur.
L'important est de faire savoir qu'il y aura encore une autre loi, peu importe son contenu. C'est la 30e en 30 ans. G.Darmanin l'avait fait avant en présentant un ensemble de mesures pour faciliter l'intégration et les expulsions. "Gentil avec les gentils, méchant avec les méchants"...
Le feuilleton avait duré près d'un an et demi et le texte durci par la droite sénatoriale de B.Retailleau, adopté par le RN. Ca avait fracassé le gouvernement Borne et sa majorité.
Une soixantaine de députés Renaissance avaient refusé de le voter. C'est aussi un des objectifs politiques de l'annonce de cette loi: enfoncer des coins chez les macronistes. On a vu l'embarras de G.Attal ce matin. - G.Attal: On a adopté une loi il y a moins d'un an, avec des mesures dont certaines ne sont pas encore en vigueur car les décrets ne sont pas sortis.
Faire une loi pour une loi sans expliquer ce qu'il y a dedans ne nous semble pas prioritaire. - P.Cohen: Il dit que ça n'a pas de sens.
Il y a 2 signaux politiques dans cette annonce. D'abord, un désaveu pour G.Darmanin, qui s'était beaucoup investi sur ce dossier et dont le successeur promet de rétablir l'ordre et de faire ce qui aurait dû l'être depuis longtemps.
Ensuite, une prise en compte des souhaits du RN, qui exigeait cette loi sous peine de faire tomber le gouvernement. Réaction réjouie de J.Bardella ce matin. - J.Bardella: On est dans une position où plus rien ne peut se faire sans les voix du RN.
Notre position d'ici de prochaines législatives, ce sera de pousser un maximum de nos mesures dans l'intérêt du pays et des Français. - A.-E.Lemoine: Il y a des mesures du RN qui pourraient être reprises par le gouvernement. - P.Cohen: Il y a des idées partagées entre M.Le Pen et B.Retailleau, à commencer par les mesures que le nouveau ministre avait introduites dans la loi Darmanin, ces mesures de préférence nationale que M.Le Pen avait saluées comme une victoire idéologique.
Prestations sociales différées pour les étrangers irréguliers, fin de l'automaticité du droit du sol, durcissement du regroupement familial, remplacement de l'AME par l'aide médicale d'urgence...
Autant de dossiers censurés par le Conseil constitutionnel et que B.Retailleau aimerait réinjecter dans sa loi. Dans l'entourage du ministre, on ne s'interdit rien, aucun tabou. - A.-E.Lemoine: Vous pensez que la loi peut aboutir à ce que souhaite B.Retailleau? - P.Cohen: C'est peu probable compte tenu de la configuration de l'Assemblée, mais c'est reparti pour un grand tour de débats publics sur l'immigration avec son lot de surenchères et de caricatures.
C'est l'idée absurde que les migrants viennent en France pour se faire recoller gratuitement les oreilles qui fait un tabac sur les chaînes d'à côté. Vous trouverez toujours plus dur et plus démagogique sur ce thème. Tout est ramené à l'affichage et à l'effet d'annonce, jusqu'à la prochaine loi. - A.-E.Lemoine: Est-ce que cette loi est une façon de dire que le soutien du RN importe plus que celui de G.Attal?
Est-ce aussi un désaveu pour G.Darmanin? - S.Lecornu: Votre édito montre que si la loi est mise au monde sur un fond politicien, ça ne va pas fonctionner. - A.-E.Lemoine: C'est le cas? - S.Lecornu: Il y a une réalité qui va vite s'imposer à nous, en tant que ministre des Armées...
Le continent africain va compter 3 milliards d'habitants à l'horizon 2060. L'Afrique des Grands Lacs, le Mozambique...
L'accès à l'eau potable et aux denrées alimentaires va être de plus en plus tendu. Ca va mener à des tentatives de déstabilisation, y compris sur les flux migratoires. - A.-E.Lemoine: Ce n'est pas réglé par la loi Darmanin? - S.Lecornu: Il y a un défi devant nous, pour l'Europe toute entière.
La question migratoire va continuer de s'imposer au continent européen pour l'ensemble de nos démocraties. Il y a déjà des choses à mettre en oeuvre. Les OQTF, c'est de la diplomatie, de la relation directe bilatérale entre la France et les pays d'où proviennent les différents flux migratoires.
Le volet européen, la mise en cohérence avec nos voisins, ça a énormément de valeur et de prix. G.Darmanin dit qu'il reçoit les décrets d'application. - A.-E.Lemoine: Ils ne sont pas encore sortis. - S.Lecornu: Il faut mettre de la méthode.
Il faut regarder ce qui peut être dans le texte. Je crois que B.Retailleau a dit qu'il y avait des réflexions sur les durées et les délais de rétention dans les CRA.
Il faut faire preuve de fermeté, mais aussi d'humanité. C'est la tradition française...
Il faut que le gouvernement auquel j'appartiens avance avec méthode sur le sujet. - A.-E.Lemoine: Vous dites que c'est nécessaire, que ce n'est pas une loi pour mettre le RN sous cloche et éviter une motion de censure? - S.Lecornu: Les contextes de notre monde font que la question des flux migratoires continue de se poser pour l'Europe. - A.-E.Lemoine: Il faudra une loi immigration tous les ans? - S.Lecornu: Il faudra surtout des réponses sur les questions migratoires, à l'échelle européenne ou internationale. - A.-E.Lemoine: Le 21 septembre dernier, vous avez été reconduit au ministère des Armées, que vous avez toujours voulu.
C'était un de vos rêves. Vous l'écrivez dans votre livre. Vous êtes le seul à avoir été de tous les gouvernements d'E.Macron depuis 2017.
Comment l'expliquez-vous? - S.Lecornu: Je suis ministre des Anciens combattants.
Il faut bien que je sois une promesse de cela. - A.-E.Lemoine: Un ancien combattant rescapé de la Macronie? - S.Lecornu: En 2017, avec d'autres, on a accepté de faire ce dépassement et de suivre E.Macron.
Quand on n'a rien à dire, c'est bien de se taire. Les circonstances du monde m'amènent à sortir un livre, à dire des choses aux Françaises et aux Français. Le monde change.
C'est mon devoir en tant que ministre des Armées que de le dire, de l'écrire. Les domaines réservés du président font que c'est lui qui décide. - A.-E.Lemoine: C'est lui qui vous a imposé à M.Barnier? - S.Lecornu: Pas imposé...
Je voulais m'assurer des orientations qu'il prendrait pour le ministère des Armées. M.Barnier est un gaulliste.
Il a été ministre des Affaires étrangères de J.Chirac. En termes d'idéologie, d'orientation et de convictions, les choses nous rapprochent.
J'assume ma loyauté complète au président. Je ne suis pas toujours d'accord avec celles et ceux qui cherchent à créer des ruptures. La loyauté est une valeur en politique.
C'est une valeur qui a de la valeur. - A.-E.Lemoine: Vous êtes loyal avec E.Macron.
Vous avez cité B.Cazeneuve: "Ne parlez pas si vous n'avez rien à dire." C'est votre modèle dans la pratique du pouvoir.
Ca devrait inspirer d'autres responsables politiques? - S.Lecornu: Il m'a dit ça quand j'étais secrétaire d'Etat.
A l'heure où il y a beaucoup de médias, de réseaux sociaux, de capacités à communiquer, les femmes et hommes politiques doivent renouer avec une forme de sobriété. - A.-E.Lemoine: "Ils ont tendance à régler leurs problèmes psychologiques sur le dos du peuple français." C'est-à-dire? - S.Lecornu: Un peu de retenue ne peut pas faire de mal, notamment lorsqu'on est au gouvernement.
L'action doit précéder la communication. Il ne faut pas avoir peur de communiquer quand on a des choses à vendre. - A.-E.Lemoine: C'est l'objet de cet essai.
Vous apportez des réponses à certaines questions. La guerre, c'est notamment le Liban. 2 chars israéliens ont enfoncé le portail d'une base intérimaire des Nations unies.
B.Nétanyahou a enjoint les Casques bleus présents d'évacuer le Liban du Sud. Une source militaire française a accepté de parler au "Monde".
Ses propos sont sans ambiguïté. "La crainte, c'est l'humiliation. Est-ce qu'on va partir comme du Niger ou du Mali avec un coup de pied au cul?" - S.Lecornu: C'est mal avisé. de reprendre le sens même de nos engagements au Sahel.
Il se passe quelque chose de plus grave que la probable humiliation d'untel ou d'untel. On a un agenda de déstabilisation et d'insécurité porté par la République islamique d'Iran depuis de nombreuses décennies. C'est un pays proliférant sur le terrain nucléaire.
Il organise la déstabilisation de la région par des proxies, des auxiliaires. L'Iran détient des citoyens français dans cette prison. C'est un pays qui menace Israël de destruction depuis la révolution islamique de 1979.
Face à cet agenda de déstabilisation qui a pris un regard nouveau au lendemain 7-Octobre, on a un allié...
Israël est notre allié. Tout à l'heure, à l'Assemblée nationale, j'ai entendu des propos stupéfiants de députés LFI. La France a reconnu l'Etat d'Israël en 1949.
C'est aussi notre histoire que de réaffirmer cela. Israël est face à 3 pièges dans lesquels il peut tomber. Le 1er, c'est le respect du droit international humanitaire, dans la manière de faire la guerre, mais aussi du respect de la souveraineté du Liban, mais aussi du respect de la résolution 1701. - P.Cohen: Ca fait longtemps qu'Israël ne respecte pas les résolutions de l'ONU. - S.Lecornu: Ce qui protège est aussi ce qui peut affaiblir.
Israël peut prendre un excès de confiance au regard de ses succès tactiques militaires. Ca crée une forme d'escalade. Ca pose la question de la sécurité de l'Etat d'Israël à moyen et long terme.
Ca repousse toute forme de perspective d'une solution politique. Depuis 30 ans, il y a toujours une tentation pour les dirigeants israéliens, pas pour Israël, que de repousser toute forme de solution politique. La sécurité de l'Etat d'Israël ne passera pas que par les armes.
Elle passera aussi par une solution politique. Le 3e écueil, c'est qu'il y a une stratégie menée par Israël, comme par Téhéran...
Chez les stratèges militaires, on parle d'escalade pour la désescalade. Depuis avant l'été 2024, il se passe quelque chose de grave. Cette stratégie construit une escalade pour l'escalade.
C'est la frappe sur le consulat iranien à Damas, les contre-frappes en retour...
Israël a annoncé une riposte suite aux frappes récentes que l'Iran a menées sur le sol israélien. C'est tout le sens de notre diplomatie, comment on arrive à enrayer ça. L'Iran veut un conflit indirect avec Israël par ses proxies.
Israël continue de vouloir établir cette dissuasion, avec une escalade qui paraît de plus en plus inéluctable. C'est là où la diplomatie française entre en action. On parle à l'Iran.
Peu de pays occidentaux acceptent de garder le lien avec Téhéran. C'est aussi notre héritage gaulliste et gaullien dans cette diplomatie. Avec le président de la République et J.-N.Barrot, on essaye de recréer les conditions de désescalade, de faire appliquer, tant bien que mal, la résolution 1701, de faire en sorte que le Hezbollah se dissocie du Hamas.
Nous essayons de faire en sorte qu'Israël arrête, fasse un cessez-le-feu... - E.Macron: Il est tout à fait inacceptable de voir les troupes de la Finul visées délibérément par les forces armées israéliennes.
Nous ne le tolérons pas. ... - E.Tran Nguyen: Il y a des condamnations à chaque fois.
Il y en a eu beaucoup. Elles sont assez claires, mais semblent à chaque fois sans aucun effet. Ce sont des paroles dans le vide? - S.Lecornu: Non.
L'escalade à la frontière entre le Liban et Israël aurait pu intervenir plus tôt. Vous avez des stratèges au sein de Tsahal qui recommandaient de débuter par le Liban et le Hezbollah il y a un an et de traiter ensuite la bande de Gaza. J'ai fait de nombreux allers-retours entre Tel-Aviv et Beyrouth ces 12 derniers mois pour maîtriser le seuil de l'escalade.
On est dans un moment de vérité. Les choses deviennent escalatoires. Ca a été retardé grâce à cette diplomatie.
Notre allié israélien s'isole. Si on veut défendre la sécurité de l'Etat d'Israël, c'est un moment où il y a une fragilité de la position d'Israël dans le monde, notamment parce qu'une partie de ce qu'on appelle le Sud global commence à se poser des questions sur le double standard. Le respect des frontières est pour tout le monde.
Le respect de la frontière avec le Liban, il faut que le droit soit respecté...
Il y a des pays amis d'Israël qui mettent ces contingents à disposition de cette résolution des Nations unies. On a entendu les leaders espagnols, italiens, qui sont de gros contingents européens. la résolution 1701 ou une nouvelle, toujours une zone dont il faudra assumer la neutralisation de la mise en sécurité, l'accompagnement humanitaire des populations civiles et l'accompagnement des forces armées libanaises.
L'idée de ce plan est de permettre au Liban d'assumer sa souveraineté. Il ne peut pas le faire aujourd'hui avec le Hezbollah. Quand les armes se tairont, on aura besoin des Casques bleus.
C'est pour ça que la mission a vocation à rester. - A.-E.Lemoine: Malgré les intimidations... - S.Lecornu: Ce sont les Nations unies qui ont mis ces forces.
C'est aux Nations unies de les retirer. Tout le monde fait bloc et tout le monde est solidaire. - P.Cohen: Sur le front ukrainien, les Ukrainiens sont toujours en difficulté.
L'armée russe grignote du terrain quasiment chaque jour. Mercredi, E.Macron a visité un camp militaire de la région Grand Est où une brigade ukrainienne est formée par la France.
La France a déjà formé plus de 15 000 soldats ukrainiens. Perspective éventuelle, mais de moins en moins improbable...
Que D.Trump remporte l'élection américaine le 20 novembre. Est-ce que l'Europe est prête à absorber ce choc d'un moindre soutien américain à notre allié ukrainien? - S.Lecornu: Votre question amène 2 types de réponses.
D'abord, le soutien à l'Ukraine. Le président Zelensky, lors de sa tournée aux Etats-Unis, a rencontré le président Biden, mais aussi les 2 candidats démocrate et républicain. Les Ukrainiens vont prendre des initiatives diplomatiques.
Vous avez parlé de cette brigade...
Si on continue à les aider, c'est pour leur permettre de le faire dans une situation où ils ne sont pas en situation de faiblesse. La 2e question, centrale, que j'essaye de défendre dans l'ouvrage, c'est notre sécurité à nous. On est à un moment de vérité pour l'Europe.
C'est de dire que, quoi qu'il arrive, quel que soit le candidat à l'élection présidentielle américaine qui l'emporte, il y aura un pivot de l'Europe vers la Chine. L'obsession américaine, ce sont les Etats-Unis d'Amérique et le défi que la Chine fait porter à l'ensemble du Pacifique Nord. Quoi qu'il arrive, on aura un moment de vérité pour la sécurité des Européens.
Il faudra prendre notre sécurité davantage en charge. - P.Cohen: Ca va être brutal. - S.Lecornu: Ce sera plus pour les autres pays que pour nous.
On est une armée d'emploi, on a notre industrie de défense...
Dans le livre, j'essaye d'expliquer ce qui va bien. Il n'y a pas de schéma. Quel que soit le victorieux à cette élection présidentielle américain, il est évident que le défi chinois va l'emporter dans la stratégie et l'agenda de Washington. - A.-E.Lemoine: "Vers la guerre?
La France face au réarmement du monde", c'est le titre de votre ouvrage. Restez avec nous. On a d'autres sujets à vous soumettre, notamment dans la Story de M.Bouhafsi. - Il me rabaisse, me critique sur ma manière d'être, d'agir.
Le 2 septembre 2017, je tombe dans le coma suite à des violences physiques. On m'aurait poussé sur un poteau métallique. Après, c'est le vide. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'un procès hors norme qui débute aujourd'hui au tribunal de Châteauroux.
Entre 2010 et 2017, plusieurs dizaines d'enfants placés sous la protection de l'Aide sociale à l'enfance ont été accueillis par des familles. Au centre des accusations, 2 hommes contre qui pèsent la plupart des charges de violences et de sévices. Des enfants étaient contraints de travailler près de 16 heures par jour, sans répit. - Il y avait cette soumission par la force.
Je devais faire du jardinage, creuser des tranchées dans la terre. - Je commençais le ménage après le repas du midi. Je devais nettoyer les joints du carrelage à la brosse à dents.
Il fallait que le carrelage brille tous les jours. Les poussières...
Je devais aussi faire leur jardin. Ca pouvait se finir à 1h ou 2h du matin. Je n'avais pas le droit de manger tant que le ménage n'était pas fini et nickel. - M.Bouhafsi: Ces 2 hommes auraient empoché 130 000 euros de l'ASE du Nord.
Les parents de l'un des coaccusés avaient été interdits de s'occuper des mineurs après la condamnation du père pour agressions sexuelles sur des enfants placés. Pourtant, les agressions continuaient sur d'autres enfants. Il y avait des conditions de vie inacceptables. - Il y avait une caravane dans le jardin.
On m'a dit que c'était là où j'allais dormir. On était 5 ou 6 personnes. Il n'y avait pas d'eau, d'électricité ou de chauffage.
Je devais porter des jupes ou des shorts très courts. Moi et les autres filles, on n'avait pas le droit de porter de sous-vêtements. Tous les jours, quand on s'habillait, il vérifiait qu'on n'avait pas ses sous-vêtements.
Il nous touchait les parties intimes. Il nous humiliait. On avait peur.
On était obligés d'obéir. - M.Bouhafsi: Les enfants ont été aussi victimes de surdosage de Valium et d'autres anxiolytiques.
Si la défense ne cautionne pas les actes des accusés, elle invoque le contexte familial difficile et les enfants que personne ne voulait accueillir. - Ce sont des enfants qui étaient très difficiles, que plus personne ne voulait accueillir. On avait des enfants constamment dans la provocation, des enfants turbulents.
On a des notes de service de l'ASE du 59 qui expliquent que ces enfants ne pouvaient pas intégrer des foyers classiques ou des familles d'accueil classiques. Je ne veux pas dire qu'il y a de l'exagération, mais ça ne s'est pas passé tout à fait comme les enfants veulent le dire. - M.Bouhafsi: Cette affaire met en lumière les graves défaillances de l'ASE.
Elle a maintenu son partenariat avec les accusés, bien que 19 victimes aient été identifiées. Il pourrait y en avoir plus d'une cinquantaine dispersées à travers la France. - On a dû se battre et retrouver les enfants grâce à des réseaux sociaux.
Les enfants n'allaient pas être à leur propre procès. Les 1ers qu'on a réussi à trouver, on s'est cotisé et on leur a fait faire des évaluations psychologiques. Ils sont tous en état de stress post-traumatique. - Le parquet a choisi de ne pas poursuivre l'ASE.
L'ASE n'est ni coupable ni responsable, même pas en qualité de témoin. - M.Bouhafsi: Angélina est aujourd'hui anorexique après avoir été insultée de grosse toute son adolescence.
La plupart restent marqués par cette expérience. Ils en conservent des séquelles graves. - Les séquelles que ça a eu sur moi, c'est des pertes de mémoire...
Physiquement, je suis là, mais dans mon esprit, je suis ailleurs. - Je n'ai aucune confiance en moi. C'est plus fort que moi.
Je refuse catégoriquement de grossir. Pour moi, c'est logique. Il ne faut pas que je sois grosse.
Ils ne peuvent pas rester comme ça, sans rien faire, sans rien dire... - M.Bouhafsi: L'ASE n'a pas souhaité répondre à nos questions.
C'est un exemple d'un raté total de l'administration et de l'ASE? - S.Lecornu: C'est glaçant et bouleversant.
Il faut noter le courage des victimes qui parlent. La compétence ASE a été confiée par l'Etat aux collectivités départementales il y a quelques années. Ce sont parmi les compétences les plus difficiles.
J'ai passé beaucoup de temps à m'occuper de ces sujets, dans l'Eure. Il faut redire la confiance pour toutes ces familles d'accueil, ces travailleurs sociaux, ces foyers départementaux, les cellules départementales qui traitent les signalements, ceux qu'on appelle les signalements préoccupants. Il y a des gens qui ont fait le choix de donner toute leur vie pour ça.
Mais ça n'excuse rien et il faut que la justice passe. - P.Lescure: J'en reviens à l'état du monde.
Autre zone de conflit potentielle: Taïwan. Elle a détecté Lundi 125 avions chinois près de l'île après le lancement par Pékin de nouvelles manoeuvres militaires. Ces mouvements ont amené à faire réagir le ministre taïwanais de la Défense. - P.Lescure: Dans les heures qui ont suivi, Pékin a déclaré avoir terminé ses exercices militaires, tout en réaffirmant que la Chine ne renoncera jamais à l'option du recours à la force pour conquérir Taïwan.
Ces manoeuvres, c'est la chronique d'un conflit quasi annoncé et quasi inévitable? - S.Lecornu: Je reviens sur ce pivot qui est en train de se faire dans le Pacifique Nord.
C'est les 3 plus grandes marines de guerre du monde: russe, chinoise et américaine. Elles se croisent près d'un pays dangereux, la Corée du Nord. La Chine est un défi en tant que tel.
La Chine met à l'eau l'équivalent en tonnage de toute notre marine nationale chaque année. Vous avez des pays limitrophes comme les Philippines, l'Indonésie. Il y a de plus en plus d'escarmouches entre les Philippines et les garde-côtes chinois.
Il y a un conflit territorial entre l'Inde et la Chine. Vous avez 2 puissances nucléaires, pratiquement 3 milliards d'habitants qui se contestent une frontière longue de 3000 km, avec des combats de basse intensité. Parfois, les 2 armées s'attaquent à coups de bâtons dans des camps retranchés.
On est un peu autocentrés. On vit encore avec les planisphères de notre enfance, dans la salle de classe, avec l'Europe et l'Afrique au milieu. Vous prenez le même planisphère et vous remettez le Pacifique Nord et le Pacifique Sud au centre...
Pour Taïwan, ça pose des questions de circulation maritime, de respect du statu quo...
La question politique est clé pour arriver à désescalader, ramener un peu de cette unité dans cette région du monde. Mais ce sera compliqué. L'élection américaine est très organisatrice de la manière dont les choses vont se faire dans le Pacifique Nord. - A.-E.Lemoine: Officiellement, c'est la fête à Porte de Versailles depuis ce matin.
Ce sera un spectacle garanti pour les 500 000 visiteurs attendus avec 400 modèles attendus, dont la R5, la 1re voiture française électrique 100 % produite en France. ... - E.Macron: Il y a 5 ans, on pensait inimaginable de produire des véhicules électriques en France, totalement.
Il y a 2 ans, on disait qu'on allait le faire. Là, on a le 1er véhicule 100 % électrique. La batterie est en France...
On a des grands acteurs qui font ces gigafactories de batteries. C'est une avancée qui montre qu'on crée des emplois et qu'on transforme. Il faut tenir, même si la période est difficile.
L'Europe, comme la France, doit apporter du soutien dans cette période et de la stabilité. - A.-E.Lemoine: En coulisses, l'ambiance est un peu plus morose.
Les ventes plafonnent. Une déprime accrue par les projets fiscaux du gouvernement. Une double peine pour le patron de Stellantis. - Je pense que c'est une erreur.
C'est une double peine. Il faut d'abord rendre abordables les véhicules électriques. Il n'est pas utile de rendre les véhicules thermiques inabordables.
C'est une pénalité pour la liberté de mouvement de nos concitoyens et pour la liberté de mouvement des classes moyennes. 70 % de nos concitoyens ont besoin de leur voiture pour leur vie de tous les jours, notamment pour aller travailler. Porter atteinte à la liberté de mouvement par l'aspect économique de nos classes moyennes est une erreur. - A.-E.Lemoine: Bonsoir, F.-X.Pietri, journaliste économique et auteur de "Rendez-nous la liberté de rouler!", comme un écho à ce que vient de dire C.Tavares.
Le Salon de l'auto s'est ouvert dans un contexte difficile pour les constructeurs européens et français. Vous partagez le constat du patron de Stellantis? Sur cette taxe qui va toucher 80 % des véhicules thermiques et pas seulement les plus polluants... - F.-X.Pietri: Ce n'est plus qu'une taxe incitative à rouler vers l'électrique, mais une taxe tout court.
Quand on touche 80 % des véhicules, y compris les tout-petits, ça veut dire que cette taxe, qui va rapporter dans quelques années plus que la carte grise, devient tout simplement une taxe. - A.-E.Lemoine: Les véhicules thermiques vont devenir inabordables.
La Twingo valait 8000 euros en 2010 et en vaut aujourd'hui 18 000. Combien va-t-elle coûter avec ce malus? - F.-X.Pietri: Quelques centaines d'euros de plus.
Quand la Twingo valait 8000 euros en 2010, il fallait 6 ou 7 mois de Smic pour l'acheter. Aujourd'hui, il en faut 14. Le pouvoir d'achat n'a pas suivi.
Ca éloigne de plus en plus les Français, notamment la classe moyenne, ceux qui ont besoin de la voiture, de la voiture thermique. Ne parlons même pas de l'électrique. - A.-E.Lemoine: C'est inabordable, l'électrique? - F.-X.Pietri: On est à 22 000 euros sur la Twingo électrique. - A.-E.Lemoine: En incluant le bonus écologique de 4000 euros. - F.-X.Pietri: Le prix moyen de la voiture électrique en France, c'est entre 40 000 et 45 000 euros.
C'est énorme. Les constructeurs commencent à présenter des voitures un peu moins chères. Ils communiquent énormément là-dessus.
On a vu la R5 à l'instant. - A.-E.Lemoine: Avec le porte-baguette. - F.-X.Pietri: Le modèle de ce matin Est vendu 32 000 euros. - P.Cohen: Mais on n'est pas obligés de les acheter.
Des formules permettent la location longue durée, le leasing... - F.-X.Pietri: Mais vous êtes piégé.
On vous condamne à une marque. Au bout de votre leasing, quand vous voulez rendre votre voiture, il faut la payer vraiment. Plutôt que de la payer, on vous propose la suivante. - A.-E.Lemoine: Les constructeurs français ont mis le paquet pour rattraper le retard qu'ils ont pu avoir sur l'électrique, dominé par les Chinois et l'américain Tesla.
Renault se dit prêt à affronter le futur: l'interdiction du moteur thermique à partir de 2035. - Ca représente le futur, avec une nouvelle gamme complètement renouvelée. On a fait cette offre sur les 2 segments qui compteront demain dans le futur. - Vous voyez sur le stand toutes nos voitures qui ont une version électrique.
On a la gamme la plus large qui soit en termes de véhicules électriques, avec des autonomies qui vont jusqu'à 700 km. - C'est plus de 400 km sur Renault 5. Vous avez de quoi planifier votre trajet. - Quand vous connaissez le type de véhicule que vous avez et le temps de charge, qui peut être très rapide... - A.-E.Lemoine: Les constructeurs sont prêts.
Et les Français? Sont-ils prêts à changer leur rapport avec cette mobilité? - F.-X.Pietri: Si j'en crois le niveau des ventes aujourd'hui, pas tout à fait.
En 2023, il y a eu une forte poussée sur les ventes d'électriques. L'an dernier, on est passés au-dessus du diesel. Là, on est repassés en dessous.
Ca fait 3 mois que c'est une baisse continue. Les Français se sont rendu compte que plein de promesses n'étaient pas tenues. Par exemple, celle du prix. 42 000 euros, c'est beaucoup.
La promesse de la recharge...
En 2 ans, les prix de l'électricité ont augmenté de 40 % en France. Si vous ne pouvez pas recharger chez vous...
La recharge d'une voiture électrique coûte plus cher que celle d'une voiture essence. - P.Cohen: Non. - F.-X.Pietri: Si! "Que Choisir" a fait une étude.
C'est 15 euros en électrique. Je vous le garantis. - A.-E.Lemoine: J'ai 10,60 euros pour 100 km. - F.-X.Pietri: Sur des bornes qui ne sont pas les bornes d'autoroute, où on paye l'électricité... - A.-E.Lemoine: C'est sur une borne de recharge ultrarapide. - P.Cohen: Franchement...
Ca me paraît exorbitant. - F.-X.Pietri: Si! - A.-E.Lemoine: Il va quand même bien falloir réduire nos émissions de gaz à effet de serre.
Il va falloir faire un effort, changer notre rapport à la voiture. Séduire de jeunes générations qui se sont détournées de la voiture... - F.-X.Pietri: Je n'ai rien contre l'électrique.
Le passage tel qu'il est organisé aujourd'hui est d'une violence extrême. On met les constructeurs dans une nasse. Ils voient arriver les voitures chinoises.
J'étais au salon ce matin. C'est spectaculaire. E.Macron nous montrait l'intérieur de la R5.
Quand vous voyez celui de la BYD ou d'autres voitures électriques, c'est spectaculaire. Vous avez une concurrence qui arrive. Les Français et les Européens sont dans une situation difficile. - E.Tran Nguyen: Réduire la pollution des voitures, c'est l'objectif affiché de la maire de Paris.
Elle vient de réduire la vitesse sur le périphérique parisien depuis le début du mois, de 70 km/h à 50 km/h. Cette politique continue à diviser. Votre réaction à cette décision? - F.-X.Pietri: Je ne suis pas un fan de la vitesse.
Si on me prouve que rouler plus lentement provoque moins d'accidents et que ça pollue moins, ça ne me pose aucun problème. Ce qui me pose problème, c'est le côté coercitif. C'est une décision univoque, prise sans en référer à la préfecture de police, sans discussion avec l'Ile-de-France et V.Pécresse. - A.-E.Lemoine: Monsieur le ministre? - S.Lecornu: La question de la recherche est clé.
Il y a des propositions formidables en matière de recharge. Comme P.Cohen, je suis sidéré par les chiffres que vous annoncez.
J'apprends des choses. J'ai été secrétaire d'Etat à l'Ecologie. C'étaient 1 % des véhicules vendus qui étaient... - A.-E.Lemoine: Qui étaient électriques.
On ne va pas rouvrir le dossier. - S.Lecornu: Aujourd'hui, c'est 17 %.
Les choses avancent. - A.-E.Lemoine: Elles doivent avancer à marche forcée. - S.Lecornu: Il faut comprendre le bouleversement économique et industriel que cela suppose pour nos industriels et nos constructeurs automobiles.
Si on veut rester dans le game, dans le marché...
Il faut être vigilant. L'essentiel du besoin en voiture est en province, chez nos concitoyens qui n'ont pas d'autre choix que d'avoir recours à la voiture. Tous les schémas de transition doivent être regardés de près.
On se souvient de la taxe carbone, de ces Français qu'on a montré du doigt parce qu'ils roulaient en voiture diesel, mais ils n'avaient pas le choix. Ils ont fait confiance aux pouvoirs publics parce qu'on leur a dit qu'il fallait acheter diesel. Il faut de la méthode, de la visibilité et de la bienveillance. - A.-E.Lemoine: Le 5/5 de L.Sénéchal.
Une minute de silence dans tous les collèges et lycées de France en hommage à S.Paty et D.Bernard. - L.Sénéchal: Les 2 enseignants assassinés par des terroristes islamistes.
Minute de silence respectée aux 4 coins de la France. S.Paty et D.Bernard sont devenus des figures de la laïcité dont s'emparent certains élèves. - Dans certains pays, on n'a pas accès à ça. - C'était de se soutenir ensemble.
C'était être solidaires. - L.Sénéchal: Minute de silence demandée et non imposée aux collèges et lycées de France, officiellement pour leur laisser la liberté de les organiser au mieux.
Mais ça fait dire à Mickaëlle Patty que les enseignants sont seuls aujourd'hui face aux questions de laïcité. Le Premier ministre s'est lui-même rendu au collège de S.Paty, qui doit être renommé en fin de semaine collège Samuel-Paty. - Il faut y aller.
On n'effacera jamais ce qu'il s'est passé à Conflans-Sainte-Honorine. Il faut s'en saisir, que ce soit une fierté. - L.Sénéchal: Une rue a déjà été rebaptisée Samuel Paty, à Vichy, il y a 3 semaines, en présence de ses parents.
Moment émouvant quand la plaque a été dévoilée. Hommage aussi à D.Bernard hier. - Il y a un an, l'attentat d'Arras retentissait dans la France toute entière, dans le monde entier.
Ce 13 octobre 2024, nous réaffirmons notre force et notre unité contre toutes les barbaries, contre toutes les violences. - L.Sénéchal: Un chiffre pour vous dire que tout n'est pas tout noir: les atteintes à la laïcité sont en baisse.
Ca avait culminé à 1800 en octobre il y a un an, au moment de l'interdiction de l'abaya à l'école. - A.-E.Lemoine: La tension reste forte en Martinique. - L.Sénéchal: Le mouvement contre la vie chère a débordé, surtout la semaine dernière.
Calme relatif ce week-end, avec tout de même des barricades en feu. Un centre des impôts, des commerces incendiés...
Un couvre-feu est maintenant instauré chaque soir à 21h en Martinique, où la vie est 11 % plus chère qu'en métropole. C'est le mot d'ordre politique des émeutiers: le pouvoir d'achat. - Tu vas en France, avec 200 euros, ton caddie est blindé.
Ici... - Tu as un sac cabas. - On est obligés de faire des dégâts... - L.Sénéchal: "Il faut ça pour se faire entendre." Les écoles étaient fermées aujourd'hui en Martinique.
Le constat est connu depuis longtemps. P.Cohen s'emportait vendredi. - S.Lecornu: La vie chère a des causes.
Il y a des causes qu'on n'arrivera jamais à comprimer: l'éloignement, les coûts de transport...
Il y a d'autres causes, comme certains monopoles, des monopoles sur la logistique, le transport, qui font que, parfois, on n'arrive pas à diminuer les prix par manque de concurrence. - L.Sénéchal: C'était quand vous étiez ministre des Outre-mer.
Pourquoi on n'arrive pas à limiter le nombre d'intermédiaires, à réduire l'impôt local qui frappe toutes les arrivées de denrées? - P.Cohen: Les comptes ne sont pas publiés.
C'est illégal. - S.Lecornu: On va dissocier la violence de la contestation sociale.
La dernière crise de sécurité était sur fond de vaccination pendant le covid. Toutes les enquêtes judiciaires et les procès ont démontré que les violences et les violents étaient liés au trafic de drogue. Les Antilles sont une plaque importante en matière de trafic de stupéfiants. - L.Sénéchal: Il y a parfois des ingérences de l'Azerbaïdjan...
Concernant le pouvoir d'achat... - S.Lecornu: Il faut dissocier le combat social et politique des violences.
Trop souvent, on ne traite les problèmes en outre-mer que quand il y a des violences. On finit par associer les deux. C'est une catastrophe pour les syndicats et les élus locaux.
Les causes sont connues. Des choses ont été faites. Sur la centaine de produits de première nécessité, vous avez eu des diminutions importantes.
La question de l'octroi de mer...
C'est un impôt douanier qui va aux collectivités d'outre-mer et qui est censé protéger les marchés locaux. Quand on transfère aujourd'hui des armements pour les forces armées aux Antilles ou en Guyane, on paye l'octroi de mer. Quand j'étais ministre et qu'on livrait des masques ou des vaccins, on le payait.
On a une fiscalité très compliquée à réformer car elle touche aux collectivités locales. Je ne suis plus ministre des Outre-mer, donc c'est plus facile à dire. C'est un chantier de longue haleine et sur lequel je pense qu'il faut un énorme choc de simplification.
Il faut repenser la fiscalité. On a voulu bâtir une fiscalité de droit commun...
On y a rajouté aussi des couches de complexité. Au final, on a des choses très compliquées. - A.-E.Lemoine: Obliger ceux qui sont dans l'illégalité à ne plus l'être en publiant leurs marges... - P.Cohen: Et faire évoluer des habitudes alimentaires aberrantes.
Les Antilles n'ont pas forcément vocation à se nourrir exactement comme la France hexagonale. Il y a des habitudes bizarres. - S.Lecornu: C'est un territoire plus grand...
Le modèle agricole réunionnais a quelque chose de miraculeux. C'est une inspiration pour les autres territoires. - A.-E.Lemoine: Le procès des assistants parlementaires du RN...
M.Le Pen interrogée par le tribunal correctionnel de Paris. - L.Sénéchal: Elle est jugée pour détournement de fonds publics et complicité du même délit en tant que présidente, à l'époque, du parti d'extrême droite.
Elle assume avoir payé des salariés au service du RN avec l'argent de Bruxelles. ...
Elle ne voit pas de différence entre le mandat d'un assistant national et celui d'un européen. - S.Chenu: C'est le procès de la liberté parlementaire. - Bien sûr que c'est un procès politique.
Le Parlement européen tente de salir une honnête femme qui s'est battue pour la France depuis des années. - L.Sénéchal: M.Le Pen a remboursé 339 000 euros au Parlement européen mais conteste un aveu de culpabilité.
Son père a aussi dû rembourser sensiblement la même somme. Il avait acheté des bonnes bouteilles de vin, des lunettes de réalité virtuelle et des balances de cuisine, et il avait envoyé la facture à Bruxelles. - A.-E.Lemoine: Un commentaire? - S.Lecornu: Je n'ai pas à me prononcer là-dessus.
Présomption d'innocence d'un côté...
C'est à l'autorité judiciaire de se prononcer. - A.-E.Lemoine: La fusée SpaceX a été récupérée dans l'espace. - L.Sénéchal: SpaceX a envoyé son mastodonte dans l'espace, la fusée Starship...
Le 1er étage de la fusée a été récupéré par SpaceX. Elle a été rattrapée presque gracieusement. C'est comme si les équipes de SpaceX avaient remporté la Coupe du monde.
Explosions de joie au centre spatial au Texas. Ce 1er étage de la fusée, c'est 70 m de haut, l'équivalent d'un immeuble de 23 étages, d'un Boeing 747...
Tout s'est passé comme prévu. E.Musk rêve de Mars mais garde les pieds sur terre.
Il présentait la semaine dernière des armées de robots-serveurs. On peut même leur parler. ... - L.Sénéchal: Il vaut 20 000 à 30 000 dollars.
On ne sait pas quand il sera en vente. - A.-E.Lemoine: Les drones et les robots, c'est l'avenir de la guerre, que vous abordez dans votre livre.
Merci d'avoir accepté notre invitation.
Marine Le Pen