Delphine Batho conférence presse après limogeage
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... du nucléaire, c'est une chose, qu'il annonce ma mise à l'écart à l'avance, c'en est une autre.
De quelles informations disposait-il pour être si sûr de lui ? Est-il normal que des conseillers de Matignon et de l'Elysée me critiquent publiquement dans la presse ? Comment se fait-il que le texte de la réponse de la France à la consultation de la Commission européenne sur les gaz de schiste n'était toujours pas déposé auprès de la Commission européenne samedi dernier ?
C'est sur l'écologie aujourd'hui, en partie, que se concentre l'affrontement avec le monde de la finance et avec la politique d'austérité. Mon constat, c'est que sans une société mobilisée, le changement ne sera pas possible. Les forces opposées au changement sont puissantes.
Le moment est venu de se mobiliser pour faire face aux forces financières qui bloquent l'action de la gauche. J'assume donc ma responsabilité d'être une lanceuse d'alerte pour la gauche, pour l'écologie, pour tous ceux qui aspirent à des changements profonds dans notre société. Je ne suis pas une victime.
J'aurais voulu continuer le travail que j'avais entrepris depuis un an et en voir les résultats. Ce que je n'accepte pas, c'est l'abandon, c'est le fatalisme, c'est le tournant et le rénoncement à l'espoir du 6 mai. A ce jour, je n'ai pas de projet précis, mais j'aspire à trouver sur mon chemin les aides nécessaires pour changer le cours des événements.
Je reviendrai à l'Assemblée nationale et fidèle à mes électeurs, je continuerai le combat dans la majorité. Mon engagement pour l'écologie va aussi se poursuivre. J'apporterai mon aide et mon expérience à la fondation de Nicolas Hulot pour la nature et l'homme.
Devant vous et devant les Français, je voudrais remercier d'abord celui qui est encore député des Deux-Sèvres, mon suppléant Jean-Luc Drapeau, qui aurait mérité de poursuivre son travail à l'Assemblée nationale et qui n'a aujourd'hui plus de mandat exécutif local parce qu'il s'est appliqué à lui-même, alors que ce n'est pas la loi, les principes de morale publique auxquels nous croyons. Je veux ensuite remercier mes collègues ministres qui m'ont apporté publiquement ou discrètement leur soutien ou leur amitié, en particulier Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti, Manuel Valls, Cécile Duflo, Benoît Hamon et Marisol Touraine. Je veux dire aussi que j'ai été touchée par les milliers de messages qui me sont parvenus de ma circonscription, de toute la France, de tous ceux qui ont compris que ce n'est pas une faute que l'on sanctionnait, mais une résistance que l'on voulait soumettre.
J'ai évoqué la déception, j'ai évoqué le doute qui existe dans le cœur de l'électorat de gauche et écologiste. L'exercice des responsabilités suppose de faire des compromis. Ce que je n'accepte pas, ce n'est pas de faire des compromis.
C'est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l'extrême droite dans notre pays. Ce dont il est question, ce n'est pas d'un poste ministériel, c'est du droit de ma génération à avoir des espoirs et à agir. Le temps est venu de reprendre la main du changement.
J'appelle la gauche à un sursaut en faveur de l'écologie, de l'espoir et des générations futures. Il y a cet exemple déjà avec une déclaration publique. Ça fait partie certainement des sujets de tension.
Je ne peux pas l'affirmer et je ne le pense pas. D'abord, les arbitrages sur cette question ne sont pas rendus. Ensuite, moi, le point de vue que je défends, que je défendais, c'est celui que j'ai exprimé devant vous, c'est le fait que s'il y a un rattrapage de cette fiscalité qui est fait, il soit intégralement restitué aux Français en pouvoir d'achat.
Donc, il ne sert pas à remplir les caisses vides de l'État. J'ai dit ce que j'avais à dire sur le diesel. Je n'ai pas regretté de l'avoir fait.
Il y a des résistances. Il y a beaucoup de forces de résistance sur beaucoup de sujets. Mais je ne peux pas répondre affirmativement à votre question.
Ce que je dis, ce n'est pas seulement à mon successeur, c'est à la majorité et au gouvernement, que s'il y a une évolution de la fiscalité des carburants, il faut qu'elle soit intégralement restituée aux Français, parce que c'est la condition pour que les Français acceptent la fiscalité écologique, c'est qu'elle serve à l'écologie. Je ne sais pas. Il y a des gens qui ont fait vraiment tout le passé, mais là, tout le reste du gouvernement.
Est-ce que vous avez fait le soutien ? Est-ce qu'il faut le faire au sein du gouvernement ? Moi, je ne veux pas m'immiscer dans le débat interne à une autre formation politique que la mienne.
Je sais que ce débat existe, mais je ne veux pas m'immiscer au sein du débat interne ouvert. Si la deuxième ministre de l'Environnement est présentée...
Peut-être faites la question une après l'autre, s'il vous plaît. Si la deuxième ministre de l'Environnement est limogée sur la pression de ses forces dont vous parlez, est-ce que ça veut dire que ce gouvernement est particulièrement dans la main sensible à ses loisirs du sujet ? Et il y a assurément des résistances aux changements qui se concentrent sur cette question de l'écologie.
Je l'ai dit. J'ai répondu, je pense, à cette question dans ma déclaration. Vous avez jugé au départ le budget correct et 24 heures après, vous avez jugé le maudit.
Je n'ai pas jugé le budget correct. J'ai indiqué que sur la diminution des crédits, il y en avait une part qui s'explique, et c'est la réalité, par la diminution de la subvention au budget des transports qui doit être remplacée par le produit de la taxe poids lourd. Je n'ai pas demandé que soit ouvert, en tout cas publiquement, le débat sur les lettres de cadrage budgétaire signées par le Premier ministre.
Ce que j'ai demandé, c'est que des signaux forts soient adressés en conséquence en direction de l'écologie au travers des investissements d'avenir et de la fiscalité écologique. Si, bien sûr que si. C'est absolument faux, puisque j'ai demandé l'arbitrage personnel du Premier ministre et que les conseillers de Matignon, comme vous dites, ont déconseillé à bien des ministres dont je fais partie de demander un rendez-vous au Premier ministre sur ce sujet.
Je crois qu'ils ont eu un départ.
Delphine Batho