"Sur le terrain" : accord UE-Mercosur, les agriculteurs contre le reste du monde
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 50 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 79 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse partielle
Pourquoi les agriculteurs manifestent-ils moins en Europe qu'en France ?
- 4:00RelanceRéponse directe
La France est isolée sur ce vote. Est-ce suffisant pour vous ?
- 8:00OuverteRéponse directe
Quels sont les gagnants et les perdants de cet accord ?
- 12:00FerméeÉludée
Est-ce qu'il faut sacrifier certains agriculteurs pour favoriser d'autres secteurs ?
- 16:00OuverteRéponse directe
Les normes sanitaires brésiliennes sont-elles compatibles avec les européennes ?
- 22:00OuverteRéponse directe
Pour la France, cet accord est-il globalement bénéfique ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 8:00Elvire FabriChiffre
« La Chine vient d'imposer des droits de douanes de plus de 42 % sur tous les produits laitiers qu'elle importe venant de l'Union européenne. »
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On ouvre la première partie de ce 2123 évidemment consacré à ce terrain explosif du mercour. Je vous le disais, l'accord devrait avoir son feu vert de l'Europe demain et être signé en début de semaine prochaine. La France, par la voix d'Emmanuel Macron, a annoncé qu'elle voterait contre.
Oui, mais la France est isolée et ça ne suffira pas à éviter une signature de cet accord. On va aller plus loin, on va en parler avec tous nos invités sur ce plateau. Quels seront les gagnants ?
Quels seront les perdants ? Pourquoi les agriculteurs européens manifeste moins que les Français ? On va justement en parler avec vous.
Julien Capdeville, bonsoir. Vous êtes agriculteur maréché en Lotégaron membre de la coordination rurale, élu à la chambre d'agriculture du Lot et Garon. Vous êtes venu manifester à Paris, pas en tracteur, vous nous avez dit, mais voilà, vous êtes venu et vous allez nous raconter justement votre colère là-dessus.
Euh Elvir Fabri, bonsoir. Euh directrice du programme de commerce et de sécurité économique à l'institut Jacques Deor. Et puis Paul Turban, bonsoir, journaliste aux échos en charge de l'agriculture et du secteur agroalimentaire, les échos avec qui nous sommes en partenariat sur cette émission.
Alors, on va tout de suite retourner sur le terrain de la contestation, la contestation à laquelle vous avez participé. Julien, regardez d'abord ce reportage de Michel Perrier et on en parle juste après. C'est officiel, la France ne signera pas le Mercur ce soir devant l'Arc de Triomphe, les agriculteurs accueillent la nouvelle avec prudence.
Un bon signal bien sûr, mais je crains que le le le l'accord lui-même sera adopté. Après, il y a pas que le Merco sour, il y a il y a plein de il y a plein d'autres choses aussi. Mais la détermination des agriculteurs reste intacte.
Pensez que des gens qui passé qui sont partis depuis 10 jours ont flanché et qui ont qui ont fait face à à des courses en permanence avec les CRS derrière qui sont rentrés jusque dans Paris. Vous pensez que ces gens-là ont flanché ? Pas flanché.
C'est remarquable ce qu'ils ont fait. Remarquable. Le refus de la France de signer le traité est l'épilogue d'une journée mouvementée venue de tous les départements.
L'objectif est atteint accéder à l'Assemblée nationale. La présidente Yel Bron Pivé vient à la rencontre des agriculteurs qui demandent sa démission. Quelle mission !
Quelle mission ! Elle tente de nouer le dialogue. Montrez que vous vous avez du pouvoir.
Nous nous on compte sur vous madame nationale elle s'est très la discussion a tourné court. La présidente a été chahutée. Devant l'assemblée, les agriculteurs sont déterminés.
Là, on voudrait des actes parce que des promesses, ça commence à bien faire. Il y a 2 ans, on a manifesté, on nous avait promis des trucs. On travaille 70 80 heures par semaine.
Donc en fait le SMIC, on n compte pas. Mais donc on tire quasiment pas de revenu, on tire pas un SMIC, hein. Ce soir, les agriculteurs sont toujours présents dans Paris.
Le gouvernement devrait annoncer demain d'autres mesures pour tenter d'apaiser leur colère. Julien Capdeville, vous étiez donc dans ces dans ces cortèges, dans ces manifestations. Ce soir, vous tirez quel bilan ?
Le président de la République a dit que la France votera contre l'accord. Est-ce suffisant pour vous ? Emmanuel Macron peut pas aller beaucoup plus loin.
C'est pas suffisant dans la mesure où les D sont jetées. Euh la France, le poid de la France ne comptera pas. Enfin, c'est pas sassisant pour l'ensemble de la profession française.
Euh, on n'est pas satisfait de de ce qui va de ce qui s'est passé, de la façon dont ça a été conduit. Ça a manqué transparence, on a on n pas de réponse et on sera livré nous-même sans protection par rapport à cet accord. Elvire Fabri, on comprend, on en a souvent parlé hein sur ce plateau, cet accord, il déchaîne, il déchaîne les passions.
Pourquoi ? On va on va l'expliquer durant cette heure mais c'est un accord voilà éruptif pour nos agriculteurs. Peut-être pas tous nos agriculteurs.
Déjà ce n'est pas l'agriculture dans son ensemble parce que la Chine vient d'imposer des droits de douanes de plus de 42 % sur tous les produits laitiers qu'elle importe venant de l'Union européenne. Comment on va faire toute cette filière laitière qui dépend à 40 % pour ces de sa production pour les exportations vers les enfin de ces exportations ? Vous voulez nous dire qu'il y a des dossiers encore plus brûlants et beaucoup plus problématiques.
Ben c'est la question de la diversification de nos destinations d'exportation voire de nos approvisionnements est centrale aujourd'hui et on voit bien que même semaine après semaine et jour après jour, elle est encore plus pressente et qu'on a des filières comme la filière laitière, comme la filière des vins et des spiritueux qui ont absolument besoin de de cet accord. Donc ça n'est pas non seulement ça n'est pas une opposition unanime de l'agriculture. Alors certaines de ces filières sont plus discrètes que d'autres mais c'est aussi on on je dirais que aujourd'hui on a une sorte d'amalgame euh des revendications liées à l'épidémie, à la difficulté de enfin aux pertes de compétités tous les abattages de troupeaux qu'on a vu notamment ces dernières ces dernières semaines.
Voilà, concernant la filié à Bovine, les problèmes de compétitivité auquels sont confrontés les les agriculteurs français parce qu'ils perdent des parts de marché par rapport même à leurs voisins européens et puis la question du mercour. Mais il faut il faut il faut dissocier ces différents dossiers. Évidemment qu'il y a il y a un enjeu central qui est le la difficulté de certaines filières et la question du revenu.
Et ça, elle est majeur, mais justement, on ferait mieux de s'attaquer à la question de la stratégie française pour notre politique agricole dans les années qui viennent euh que euh de de simplement concentrer tous ces différents problèmes. Et le mercour, ça n'est le mercosour, ça n'est pas le sujet, ça n'est pas le problème. regard voulez dire par là et puis on va tout le monde pourra débattre mais que le mercour finalement c'est c'est un peu l'épouvantail ou le le le c'est devenu un dossier emblématique creusait de toutes les colères alors que il faut dépasser le mercour.
Oui, parce qu'il y a une échéance là. Il y a un vote qui va avoir lieu demain. Donc euh ça fait monter la ça fait monter l'attention et puis et parce que c'est un dossier qui est devenu emblématique parce que en effet ça fait plus de 25 ans qu'on le négocie.
Mais d'abord parce qu'on avait affaire à des partenaires sud-américains qui étaient très fermés, très protectionnistes et que là on arrive à faire une percée, on arrive à ouvrir ces marchés. Donc ça a été difficile ça a été difficile aussi parce que la Commission européenne n'a pas cédé à un accès au marché européen euh très large, c'est petit, c'est très limité, c'est très encadré. Donc ça a été difficile de se de se mettre d'accord.
Euh donc là, on a une sorte de concentration de de de toutes les de toute la tension sur sur ce dossier. Et en fait, paradoxalement, on reste très en surface sur les enjeux de ce de de cet accord alors qu'il faudrait rentrer dedans, regarder, mettre des chiffres et on voit que euh les craintes sont complètement euh ont été ont été complètement exagérés comme ça avait été le cas avec l'accord avec le vragrés. Il y a des difficultés, il y a des difficultés qui sont réelles et qu'il faut adresser et il faut avoir une stratégie pour les années qui viennent et on a besoin de soutenir davantage notre agriculture mais on a besoin de ces exportations.
La la l'agriculture française a été une agriculture très exportatrice aujourd'hui. Pourquoi est-ce qu'elle perd des marchés par rapport à euh que ce soit au aux Allemands, aux Polonais, aux Irlandais, aux Italiens ? C'est ça qu'il faut comprendre.
Et de toute façon, c'est des je dirais qu'il faut qu'on ait une stratégie de long terme pour notre agriculteur, notre agriculture, nos agriculteurs veulent pouvoir vivre de leur exploitation et pas simplement être complètement dépendant de de subvention et de et de protection. On va on va développer tout ça juste Paul Paul Turban juste pour rappeler à nos téléspectateurs ce qui va se jouer euh demain et puis lundi. Donc Emmanuel Macron a dit "La France votera contre." Je lisais he il y a il y a l'Irlande, la Pologne et la Hongrie qui sont qui sont un peu sur la même ligne que la France.
Ça fait 4 pays sur 27 et ce sera adopté à une majorité qualifiée. Il y a 23 autres pays qui diront oui. Donc euh voilà, c'est aussi simple que ça.
C'est un Oui, oui, c'est c'est à peu près ça. En plus, il faut 65 % de la population européenne, je crois. Donc c'est pour ça que le blocage de l'Italie en décembre a permis de décaler d'un mois la signature.
Mais là l'Italie qui est un des grands pays européens avec la France et l'Allemagne ayant basculé pour le coup dans le cas dans le camp des pour comme l'Allemagne, oui, les les D sont jetés et demain la Réunion des ambassadeurs va sûrement donner le feu vert à une Ursula Funder Layon pour aller voter le l'accord et l'accord sera voté dans les jours à venir. On a entendu euh un certain nombre de de responsables du gouvernement qu'on a qu'on a senti un petit peu un petit peu gêné, essayant de manier la chèvre et le chou euh dire "Ouais, mais tout sera pas fini, on pourra peut-être euh bloquer." Est-ce que c'est crédible ?
Est-ce qu'une fois que cet accord sera demain, c'est le feu vert et une fois qu'il sera signé, est-ce que c'est crédible de revenir dessus ou est-ce que ça y est, ce sera fait ? Il y a quand même un vote au Parlement européen le 19 janvier si je dis pas de bêtises. Enf, je crois que c'est entre le 19 et le 21 puisque c'est il siège sur plusieurs jours.
Donc faut quand même un feu vert du Parlement européen qui est pas acquis à ce que je sais. Si ça si si majorité il y a, ce sera une majorité assez faible. Surtout que la COPA KOJKA, donc l'équivalent européen qui est la Confédération européenne des FNSEA de tous les pays d'Europe, prévoit une nouvelle manifestation le 20 janvier à Strasbourg.
Euh et voilà. Et les eurodéputés, typiquement euh la France a quand même 80 eurodéputés et on peut s'attendre à ce que les 80 eurodéputés au mieux s'abstiennent euh plutôt vote tous contre. Donc il y a il y a beaucoup d'autres pays où où les où les les opinions publiques et les politiques sont pas unanimes.
Donc c'est pas complètement joué. Après, il me semble qu'il y a une opportunité juridique pour que la Commission européenne puisse s'affranchir du vote du Parlement européen. Mais là, j'avoue qu'on dépasse mes mes compétences.
On posera la question tout à l'heure notamment à notre à notre correspondante à Bruxelles. On va continuer le débat mais pour éclairer nos tél nos téléspectateurs qui nous regarde. On va aller un petit peu sur les chiffres.
Vous retrouvez Tffen Le riche parce que Tifen, vous avez travaillé toute la journée sur ce fameux accord sur ce Mercosur déjà pour comprendre de quoi on parle. Que représente le Mercosur exactement ? Bien le Mercosur c'est quatre pays he le Brésil, le Paraguay, l'Argentine et l'Uruguay.
C'est un marché important hein. C'est la 6e économie mondiale, 270 millions d'habitants et à l'heure où les échanges commerciaux s'avèrent plus compliqués, notamment avec les États-Unis, l'Union européenne aimerait avoir accès plus facilement à ce marché en levant les barrières commerciales. He le tout étant de supprimer les droits de douanes ou encore de simplifier les normes et réglementations. tout l'enjeu hein de ce fameux traité adopté en septembre dernier par Bruxelles qui doit encore être ratifié par les pays membres.
À noter également que à eux2 l'Union européenne et le mercent pas moins de 700 millions de consommateurs. Alors la grande question Tifè quels sont les perdants et les gagnants ? gagnant, il y en a beaucoup mais on va commencer par les perdants.
Oui, côté perdant, on en a beaucoup parlé. D'abord chez les agriculteurs, ce sont notamment les éleveurs de beauvin et de Volaille, les producteurs de maïs ou encore les producteurs de betterave notamment en fait à cause de la concurrence jugée desloyal en Amérique du Sud. Mais cette concurrence, elle doit être relativisée.
Prenez notamment l'exemple de la viande bovine. Et bien la réduction des droits de douane pour ces produits sera limités dans la limite de 99000 tonnes de produits importés vers l'Union européenne par an. C'est en vérité très peu.
Cela représente seulement 1,6 % de la production totale de l'Union européenne, on voit que c'est vraiment très peu. C'est vraiment très peu. Et puis même dans le secteur agricole, il y a des gagnants.
He c'est notamment le cas des viticulteurs, les producteurs de Champagne et de Cognac. Actuellement, leurs produits sont taxés à hauteur de 35 % en Amérique du Sud et bien ils ne seraient plus du tout avec la signature de cet accord. Puis d'autres secteurs he seraient gagnants.
C'est notamment le cas du secteur automobile, de l'aéronautique, de l'industrie du luxe ou du secteur de la chimie. Pourquoi ? Parce que ce sont des secteurs où nous exportons beaucoup plus que nous importons et donc forcément avec la suppression des droits de douanes.
C'est intéressant pour ces secteurs. Quelques chiffres pour comprendre. Prenez le secteur de l'agriculture.
Cela représente seulement 2,9 % des produits français exportés vers le mercure. On est très loin des 20 % du secteur de la chimie ou encore du des 15 % du secteur de l'aéronautique. Et bien merci beaucoup Tifen pour ces chiffres éclairants qui vont nous permettre de d'alimenter le débat avec nos invités.
Quand on vient de voir ces chiffres là, j'ai envie de vous poser une question un petit peu brutale à tous les trois. Euh est-ce que voilà, c'est pas d'une certaine manière, il faut en sacrifier quelques-uns. Et vous êtes agriculteur, vous exploitant de chou, je crois.
C'est ça. Est-ce qu'il faut pas sacrifier quelques agriculteurs ? J'allais dire tant pis pour eux, mais on donne gagnant l'aéronautique, le luxe, les vins, les spiritueux.
Voilà, c'est brutal. Est-ce que est-ce que c'est ça la raison ? Non non, il s'agit il s'agit de sacrifier personne et c'est pour ça que dans un accord comme celui-là, il y a non seulement la question des contingents tarifaire, c'est qu'on limite encore une fois le volume de marchandises de biens agricoles sur lesquels s'appliquent ces ces baisses de droite douane, qui a des clauses de sauvegarde pour surveiller qui a pas de perturbation du marché et sinon qui permettent de réappliquer ces ces ces ces droits de douanes et puis que il y a une enveloppe qui est supplémentaire qui avait été prévue déjà initial de 6 milliards d'euros pour aider éventuellement les filières en difficulté et que là la la Commission européenne vient encore de garantir un déblocage anticipé d'une partie des prochaines aides de la politique agricole commune.
C'estàd que les les beaucoup d'attention est prêté à ces filières les plus défensives. Il est évident que de manière générale dans un accord comme celui-là qui concerne l'agriculture, l'industrie, les services également et et encore bien d'autres enjeux, toutes les filières ne sont pas bénéficiaires de la même façon. Ni d'ailleurs ni d'ailleurs les pays c'est inhérent un accord, il y a des concessions.
Bah oui, parce que il y a même des différences entre les pays. Il y a des différences entre des régions, il y a des différences enfin euh voilà, c'est réparti. Donc à la fois, il faut avoir une vue d'ensemble sur l'Union européenne et en même temps des prendre des précautions pour les les filières les plus vulnérables.
Et dans ces concessions justement Julien, est-ce que vous avez l'impression d'être sacrifié ou est-ce que vous êtes d'accord avec avec ce que dit Elvia ? Le sacrifice est impossible. La pyramide des âges des producteurs déjà ne nous favorise pas.
Mais en plus quand on veut développer l'élevage, les contraintes réglementaires nous nous aident pas non plus. Donc on peut pas sacrifier le peu qui reste. D'autant que l'élevage au-delà d'avoir l'acte de production de de production de nourriture a aussi des aménités pour l'environnement.
On veut de vastes prairies, on veut de beaux paysages. Si on enlève les beaux vins, demain, qui va entretenir le paysage ? Les vaches, les animaux sont font partie du paysage donc on peut pas le sacrifier aujourd'hui.
C'est il en va de notre souveraineté alimentaire aussi. Euh un pays qui perd sa production euh il s'affaiblit. Alors là, il s'agit pas de perdre la production.
On a vu là dans les chiffres par exemple sur les sur les bovins dont dont vous parliez 1,6 %. On peut dire que c'est pas euh Oui, mais on on recule surtout on recule sur toutes les productions. D'accord.
Mais on recule sur toutes les productions. On est en déproduction totale dans toutes les filières. Pourquoi aujourd'hui on on doit encore sacrifier des choses ?
Non. Réarmons-nous, réinvestissons dans l'agriculture, renforçons-nous, soyons plus forts, mettons des contrôles sur les produits qui rentrent, favorisons dans les assiettes de nos enfants, dans les épades, dans les collectivités de la viande française pour produire en France de la richesse. Et si c'est pour favoriser d'autres débouchés, vous avez des confrères par exemple dans le voilà dans les dans le dans les vins des exploitants, eux ils sont très contents et ils vont et ça va faire fructifier l'agriculture française et l'économie française.
Mais pourquoi on n pas pourquoi on est faible en négociation ? On doit être fort. On peut pas sacri négociation là.
Certes, mais on doit pas sacrifier l'agriculture. Non. Stop.
Paul Turban. Bah le sentiment du sacrifice chez les agriculteurs, je veux pas parler à la place des agriculteurs, mais le sentiment du sacrifice chez les agriculteurs, il est là, il est là. Euh je je sais je sais pas exactement comment a été négocié le Mercosure.
J'imagine qu'on s'est pas dit on va sacrifier les agriculteurs à la chimie. Mais ce qui est sûr, c'est que sur tous les dossiers et et c'est là où le le Mercosur est est un peu un totem pour les agriculteurs, c'est que sur tous les dossiers, les agriculteurs ont l'impression d'être à chaque fois les sacrifiés. Donc sur le Merco c'est les perdants, euh il y a un problème par exemple de prédation avec le loup.
On a voulu réintroduire le loup. Bah du coup, qui est-ce qui paye ? Les agriculteurs disent bah c'est encore nous qu'on a sacrifié avec le loup.
Sur le mécanisme d'ajustement carbone aux frontière, donc la taxe carbone aux frontières. Euh, on a voulu faire ça pour protéger les industries européennes mais les agriculteurs disent "Bah oui, mais nous nous on n' pas de production d'engrais ou pas assez de production contre le changement climatique d'abord et le changement climatique euh et quand même pour protéger l'industrie européenne, c'est quand même ça le sous-jacent qui est assez assumé en plus par l'Europe. Euh ils disent on n pas de production assez de production européenne d'engrais donc nous ça va faire augmenter le prix de nos engrais et cetera et cetera." il y a quand même un sentiment qui est partagé en plus par tous les les syndicats agricoles et et par tous les agriculteurs qu'on peut entendre que à chaque fois c'est eux les sacrifier.
Et je voudrais juste dire un une toute petite chose sur la quantité par exemple sur l'exemple de la viande, c'est intéressant parce que en fait le Brésil exporte déjà beaucoup de viande aux États-Unis, en Chine. C'est de la viande hachée. Donc la viande hachée c'est les bas morceaux.
La crainte des agriculteurs, la crainte aussi des abatteurs, c'est que euh là, ce soit les bons morceaux qui rentrent euh en Europe, donc les morceaux les plus valorisés. On parle notamment de la bavette d'alloyau euh que les les fins gourmets euh connaissent sans doute. Euh or évidemment, si le prix de ces ces morceaux les plus nobles baisse, le prix de ce qu'on appelle le prix carcasse, donc le prix de la bête au total à la fin baisse aussi.
Donc donc forcément ça fait perdre de la rendtabilité et de la valeur à pour les abatteurs et à la fin pour les agriculteurs. C'est ça la crainte. Alors justement ce que vous venez dire est important.
On va vous emmener sur le terrain en Argentine il y a quelques mois. une de nos équipes pour envoyer spécial avait été tournée justement en en Argentine. Elle avait suivi des avonis, des Avéronnais donc des Français qui allaient en visite en Argentine et qui assistait à la vente aux enchères du plus grand marché aux bestiaux d'Amérique latine et ils étaient effectivement impressionnés par les prix les prix au kilos de cette viande bovine.
Regarder un extrait donc d'envoyer spécial et on en parle juste après. Les enchères commencent quand la cloche s'arrête. Allez pour le lot 46.
Allez le lot 46. Va falloir mettre les billet. Ce jour-là 9200 bêtes doivent être vendu en moins de 3 he des acheteurs du monde entier.
Dans une matinée, j'en achète [musique] entre 20 et 30 brutard. Ça c'est c'est des lot de 5 ou 6 bêtes. Ça rien à voir par rapport ici où ils achètent d'un coup 20 ou 30 bêtes si c'est pas plus.
Ouais c'est non c'est c'est si on peut pas mieux dire. Ce lot de 15 vaches va partir en moins de 20 secondes. Le kilo là-bas. 2,50 € c'est bon. 2,60 € Allez 2,50 € le kilo.
Gérard Gask a repéré des vaches réformées de moins bonne qualité et là les prix défient toute concurrence. Le lot qui viennent de vendre, voilà les blanches et noirs, ça part pour la Chine et ils sont à 1,3 € du kilo vif. Vous avez demandé à la Chine vous ?
Non, on a pas mais 1,3 € c'est donné quoi. C'est pour les aéronés le constat pique un peu. On n'est pas compétitif 1,30 € à 2,50 € alors que nous là maintenant on est à 4,50 €.
Ah tu imagines un peu. Non là c'est pas possible de lutter. Ouais non mais c'est sûr de toute façon puis elle est bonne leur viande en plus.
Julien CDVille, je vous voyais réagir au au reportage. Peut pas lutter, on peut pas lutter 1,30 € le le kilo de pas, on a des charges, on a des normes, on a des coûts de production qui sont démesurés face à ça. Dans le reportage, il le montre très bien.
Il montre le jeune, c'est des hectares à perte de vue, c'est limite à l'état sauvage que c'est produit. Tant mieux, tant mieux pour eux. Mais nous on a des territoires à entretenir.
On a des territoires très spécifiques en Lotégaron. Rien que chez nous, il y a pas deux territoires qui se ressemblent. Et on a besoin pourtant par exemple des beauvins pour pour ça quoi.
On a toute une industrie derrière enfin tout les transformateurs, les abatteurs, la main d'œuvre, il y a il y a de l'emploi. Donc si on délègue si on délègue tout ça et qu'est-ce qu'on fait après chez nous comme activité ? C'est c'est aujourd'hui on cherche de la croissance.
Si on produit chez nous, on a de la croissance. pas tout, on rappelle 1,6 % sur les Bovins. Mais mais mais je vous entends euh et pendant que vous vous répondez tous les deux, Elvir Paul, on va voir des images pendant que vous parlez cette fois-ci au au Brésil où on voit la taille, c'est un reportage de de Simon Ricotier en en novembre dernier où on voit la taille de ces exploitations en Amérique du Sud avec un un nombre de têtes absolument hallucinant dans ces dans ces gigantes exploitations latines.
Que répondre Paul à ce que vient de dire Julien ? Moi je veux je veux aussi mettre un complément, c'est que on importe déjà l'Union européenne 200000 tonnes par an de viande du Mercure, donc avec des droits de douane. Donc ça veut dire que elle est déjà très compétitive y compris avec les droits de douane.
Cette cette viande brésilienne, c'est bien la preuve qu'ils produisent beaucoup moins cher que nous. Donc le contingent des douanés porte sur 99000 tonnes, c'est-à-dire à peu près la moitié de ce qu'on apporte déjà. Ça veut dire que cette viande va être encore plus compétitive quand quand elle va entrer au Brésil.
Donc en fait finalement les Brésiliens aujourd'hui enfin le mercur pardon aujourd'hui n'a pas besoin de de d'enlever des droits de douane pour faire rentrer de la viande en Europe. Ce qui est bien le signe encore une fois qu'elle est beaucoup moins chère que la viande européenne. Ellev là ce qui serait intéressant de savoir si c'est une filière de d'exploitation de viande aux hormones ou ou sans hormones.
C'est c'est une question décisive parce que on va voir dans un extrait de reportage suivant que c'est c'est tout le problème. Oui, mais c'est c'est une question décisive parce que entre 2011 et 2019 euh les importations de de viande bovines venant du mercour ont stagné. Euh elles ont fait x 6 à destination de la Chine.
C'està-dire que notamment le Brésil mais l'Argentine aussi s'est complètement tourné vers la demande la demande chinoise et il ne consomme pas en effet la les mêmes morceaux. Et c'est une vraie c'est une vraie question. C'est vrai pour le poulet aussi euh ça a fait ça, il y a eu une transformation complète de la consommation du poulet avec les filets plutôt que le poulet entier.
Ça a un impact pour nous et l'avenir de l'agriculture française comme d'ailleurs de l'agriculture italienne, espagnole plus plus largement, il est dans une spécialisation sur de la qualité. Euh donc c'est on on a intérêt à euh à consommer plutôt et à vendre dans l'Union européenne notamment les morceaux de la loyau euh et à exporter le reste euh et peut-être à importer euh justement les les euh les les les morceaux qui sont moins qui sont moins chers. Julien, je voulais réagir parce que aujourd'hui quand on veut monter un élevage, on est limité en nombre de têtes.
Il y a des seuils réglementaires jusqu'à 150 unités beauin vaches. C'est à peu près facile mais quand on passe sur des fermes de 1000 vaches, c'est des levés de bouclier de partout. Donc au final, la question c'est quel est le projet de société ?
Donc si on doit exporter notre pollution ou notre industrialisation de l'agriculture qu'on le ramène après c'est on est un peu schizophrène aussi. Donc qu'est-ce qu'on veut vraiment à la base ? hypocrite où on se contredit.
C'estàd vous avez raison, c'est une vraie question. c'est-à-dire la taille de nos exploitations, comment est-ce qu'on peut assurer la la le un coût euh un un prix euh au kilos que qui soit compétitif avec à la fois des limites sur la taille d'exploitation une surnormalisation qui a lieu en France par rapport aux normes européennes. C'est c'est là-dessus qu'il faut se concentrer aujourd'hui.
Alors juste pour pour finir sur la viande, allez-y Paul si c'est sûr. Non, j'allais dire c'est de là que vient le sentiment de sacrifice, c'est que vous avez un politique et en partie soutenu par le citoyen qui impose des normes qui dit il nous faut une agriculture vertueuse. Emmanuel Macron en 2017 a fait un grand discours sur l'agriculture au marché de Ringist.
C'était la montée en gamme. On va faire des produits de qualité, les gens vont manger des produits de qualité et cetera. Derrière, vous avez un consommateur qui est la même personne que le citoyen.
On voit dans les dans les études de marché qui globalement est quand même bien content de manger du poulet et de la viande et des fruits et légumes d'entrée de gamme. Donc en fait, on crée une on a créé une production haut de gamme mais il y a pas forcément la demande. Et derrière, on a ce troisème acteur qui arrive qui sont les accords de libre échange où on nous explique qu'on va importer de la viande qui de fait est moins 10 an parce que les normes sont pas sont pas exactement les mêmes même sans rentrer dans dans les hormones et cetera.
Mais envoyer la taille des exploitations, c'est sans commune mesure avec ce qui se passe en Europe. Et donc forcément, les agriculteurs euh ne ne peuvent pas entendre ce discours. Euh sur la volaille, c'est intéressant.
On manque de volaille, on importe la moitié euh la moitié des poulets qui sont mangés en France viennent de l'extérieur et on narrive pas à construire de poulailler à l' céit ma question pour vous. J'ai lu que on importe plus de poulet d'Ukraine que ce qu'on importera de poulet peut-être avec le avec le Mercosour. Bah pour le coup, les agriculteurs et les syndicats agricoles quand vous les écoutez euh sont un peu plus réservés sur l'Ukraine parce que évidemment l'Ukraine est en guerre, c'est une manière d'aider l'Ukraine dimension.
Exactement. Mais encore une fois, les syndicats en off nous expliquent que encore une fois, ils ont l'impression d'être les sacrifiés parce que qu'est-ce qu'on a fait pour aider l'Ukraine entre autres ? on a enlevé des taxes sur les produits agricoles et donc on a cette concurrence qui il faut le dire est déloyale qui entre de sur le marché commun et qui effectivement en terme de quantité et sans comm une mesure avec le le mercur je reviens juste sur l'Ukraine le sacrifice il a déjà été opéré on a eu des bâtiments d'élevage poulailler qui sont restés vides au début de la guerre on a des gens chez nous qui avaient des emprunts des crédits sur les bâtiments.
Les bâtiments sont restés désespérément vides. Ça les a mis en très grande difficulté. Donc au-delà du mercur tous les accords de libre échange, on à chaque fois on doit être de notre poche, on doit être sacrifié pour faire plaisir à d'autres secteurs d'activité.
Vouz dire que là le le 1000 feuilles ça commence à faire beaucoup et qu'on nous dise pas c'est pour vendre des voitures parce qu'on est même pas foutu chez nous euh de dire non aux voitures électriques chinoises et de les fabriquer chez nous. Donc à moment donné, on n'est même pas cohérent sur la politique générale économique et industrielle. Donc où est le pilote dans l'avion ?
Alors juste pour pour continuer le le le débat, vous l'avez soulevé tous les trois. La question, la grande question c'est celle des normes sans doute en Ukraine et à Forceur là peut-être au Mercosour dans les pays du Mercosour, il y aura pas du tout les mêmes contrôles contrôles de qualité sur que ce soit des pesticides, des hormones sur le sur l'élevage. effectivement regarder un un extrait de de reportage justement de Simon Ricotier quand il était au Brésil qui va vous montrer que les contrôles bien sûr ne sont pas les mêmes au Brésil qu'en Europe même s'il y a dans l'accord Europe Mercosour normalement des choses écrites noir sur blanc des garanties on va voir que ça va être peut-être difficile à appliquer.
Regardez ici, 300 employés découpent et emballent 4000 pièces de viande par jour. Pour espérer obtenir l'habilitation pour exporter en Europe, l'abattoir a dû se moderniser et mettre en place un système de traçabilité pour prouver l'origine de chaque animal. Vous avez la date d'abattage, le numéro de l'eau et le numéro de l'animal.
Celui-ci, c'est le 356. Pour pouvoir être exporté, la viande doit [musique] provenir d'animaux exents de toute contamination par des produits qui seraient interdit en Europe. Or, le Brésil en utilise beaucoup, notamment certains pesticides pour protéger le soja qui nourrit les bêtes, certains antibiotiques pour traiter les animaux ou favoriser leur croissance.
À chaque étape de la chaîne de production, l'éleveur doit déclarer sur l'honneur s'il a utilisé ou non ses produits. Dans les faits, il est souvent impossible de le vérifier. [musique] Selon un audit de la Commission européenne en 2024, les exploitations d'élevage au Brésil ne sont pas légalement tenues de conserver des registres des traitements effectués sur les animaux et aucun contrôle n'est effectué concernant l'utilisation des médicaments vétérinaires.
Suite à cet audit, le Brésil dit avoir [musique] renforcé ses contrôles. En juin dernier, pourtant, de la viande brésilienne importée en Allemagne présent [musique] des traces d'hivermectine. Un antiparasitaire a un taux quatre fois supérieur au seuil autorisé.
Un mois plus tôt, un abattoir brésilien non autorisé à exporter en Europe a tenté d'y introduire de [musique] la viande en la camouflant sous le nom d'un autre abattoir. Elle vir quand on voit ça, on comprend que les agriculteurs français notamment dans les filières d'élevage s'insurgent. Je dirais pas simplement là c'est pas simplement un sujet pour les agriculteurs français.
C'est agriculteurs européens c'est le consommateur d'abord. Enfin, c'est nous tous parce que le la question du contrôle sur les importations, c'est là aussi c'est un sujet structurel. Mercosour, pas Mercosour, tel accord, tout ce qu'on importe aujourd'hui, tout ce qu'on a dans nos assiettes aujourd'hui, encore plus que ce que l'on porte, mais aussi euh enfin de tout tout ce que nous achetons en permanence euh doit être contrôlé de manière beaucoup plus effective.
Les ces ces contrôles, ils sont faits par les États-membres aux frontières. Euh les moyens ont été renforcés et là la commission a décidé de créer une agence qui permet de centraliser d'avoir une supervision d'ensemble déjà pour avoir un une notamment pour les produits agricoles pouvoir assurer une un contrôle d'ensemble sur l'Union européenne et pouvoir intervenir rapidement. Euh il faut renforcer ces moyens mais c'est au niveau des États-membres qu'il faut renforcer les moyens et on fait des contrôles aléatoires.
Euh évidemment chaque produit peut pas être individuellement testé, contrôlé. euh ces moyens doivent être augmentés. Tout ça c'est un coût.
Tout ça c'est un coût. C'est pas c'est pas comme s'il y avait une euh comme s'il y avait une une paresse politique gouvernementale, c'est que c'est des questions d'arbitrage. Euh il faudrait renfor il faut plus de moyens pour l'agriculture, plus de soutien, mais assurer euh à avoir une stratégie plus compétitive.
C'est c'est massif de faire des contrôles comme ça. Ça ça n'a rien à voir. Mais j'ai l'impression d'avoir la même discussion que celle qu'on a souvent sur ce plateau sur le le trafic de drogue quand policier cœur tous les services de l'État nous expliqu qu'on peut contrôler que grand max 5 % des containers.
Donc les col nous on a proposé quelque chose. On a proposé quelque chose. On a proposé un moratoire sur toutes les réglementations pour 10 ans pour favoriser le redémarrage des exploitations en France.
L'argent qu'on misiserait sur les contrôles des exploitations françaises chez les agriculteurs, on le met pour contrôler ce qui est importé. Le budget, il est déjà là. Il y a juste à mettre les gens ailleurs pour faire le boulot.
Qu'on fasse plus confiance aux agriculteurs français et moins à ceux qui arrivent. On est déjà au taquet, on est déjà plus vertueux que les autres. Maintenant que mettre les moyens de contrôle sur ceux qui rentrent parce que ils ont les produits qu'on a pas, on les laisse rentrer et en plus on les contrôle pas suffisamment ou pas du tout.
Donc nos contrôles qu'on a chez nous pour nos fermes, on les allège et on les met sur ceux qui rentrent et on verra qu'est-ce qui se passera. Et puis il faut peut-être éduquer un peu le consommateur européen un peu plus. C'està-dire que là c'est une question de comportement de de de civisme.
Il faut savoir que ce que l'on achète est une incitation supplémentaire ou pas à importer des produits ou au contraire Oui. Mais là encore je fais beaucoup de comparaisons là ce soir mais vous parliez de Chine parce que vous parliez des petits colis. Bon bah, on a eu le même débat sur Chine, c'est bien joli.
Mais le consommateur il verra un petit haut à 5 € plutôt qu'à 90 chez un fabricant français. Il achètera 5 €. Il verra une bavette d'aloyau trois fois moins cher.
Il Oui, mais avec ça, on finance le système social français, on finance la sécurité, on finance l'éducation. C'est bien pour ça qu'il faut produire chez nous parce que cette marge, ce résultat, cette croissance, elle est pas chez nous. Si on perd toute cette productivité, on se tire mon dies et demain on aura plus nos services qu'on est bien content d'avoir aujourd'hui.
Paul, c'est exactement ce que je vous disais sur la montée en gamme tout à l'heure, c'est que on a expliqué qu'il fallait faire du poulet label rouge et du poulet bio et du poulet tout ce qu'on veut. Et en fait finalement, on se rend compte que les gens ce qu'ils veulent des nuggets ou du poulet, des filets de poulet pas forcément de bonne qualité pour mettre dans leur sandwich le midi. Et donc aujourd'hui, on a plus les poulaillers qui permettent de répondre à cette demande qu'on appelle d'entrée de gamme dans des termes beau mais qui en fait du poulet, je dirais bas de gamme.
Et et et la France a du mal à produire son poulet bas de gamme parce que parce qu'on a dit on va produire du haut de gamme mais en fait le le consommateur en consomme un petit peu. Peut-être que mamie va acheter un poulet entier pour le faire retir le dimanche. Et en fait, c'est plus du tout adapté à la consommation quotidienne des des consommateurs français.
Et et donc encore une fois, on a tous nos nos incohérences, mais bien sûr, il faut que le le monde politique comprenne ça et il faut arriver à mettre en adéquation ce qu'on demande aux agriculteurs et ce que demandent les consommateurs. Donc soit en contre un l'un, soit en contre l'autre, mais on peut pas laisser le consommateur choisir ce qu'il veut et et notamment l'entrée de gamme ou la recherche du bas prix à à tout prix et imposer de toujours plus de de normes et de contraintes aux agriculteurs. Pour revenir sur cette différence de réaction euh en Europe euh dans sur le terrain, on aime toujours aller voir nos nos voisins européens.
Là à Forceuris, ça va être un accord Europe euh Amérique latine, Europe Mercosour. Euh on va prendre la direction de de Bruxelles. On va aller retrouver notre correspondante Valérie euh Astruc.
Valérie, on s'est demandé et vous allez nous répondre pourquoi les autres agriculteurs européens manifestaient moins que les Français ? Est-ce que c'est parce que on va dire qu'on a notre légendaire tradition gauloise de de manifestation ou est-ce que c'est parce que et bien leur leur agriculture peut-être est moins puissante que la nôtre. Qu'est-ce qui explique cette différence Valérie ?
Si Paris est au diapason des agriculteurs, c'est pour une raison très simple. La France est la première puissance agricole de l'Europe. Ce sont donc les éleveurs et les agriculteurs français qui ont le plus à perdre de l'accord avec le Mercossur.
À cela s'ajoute la probable baisse du budget de la PAC et de ses aides aux revenus dont la France est le principal bénéficiaire. Ce qui alimente la colère paysane en France et rend inaudible tout argument en faveur de ce traité. Et le président Macron a tellement martelé que cet accord était inacceptable en l'État qu'il n'a pas pu faire la pédagogie. sur les filières gagnantes comme la viticulture ou l'aéronautique.
On peut comparer avec l'Italie qui a un secteur agricole développé mais aussi un secteur industriel très puissant qui a besoin de l'accord avec le Mercossur pour pouvoir vendre plus de machines ou de voitures. Georgia Meloni a réussi à satisfaire tout le monde en obtenant des concessions pour ses agriculteurs, tout en rassurant les entreprises qui veulent exporter. Quant à l'Allemagne, grande puissance exportatrice, la voix de ces agriculteurs n'a pas pesé grand-chose car toute l'économie germanique militait pour se traiter avec le mercure.
Je voyais réagir. Est-ce qu'on peut dire, je sais que je caricature complètement, mais que pour une grande partie de l'Europe, cet accord est un bon accord pour l'Europe, mais dans son ensemble parce qu'il y a des industries notamment automobiles et que ben dans certains pays, la France notamment, il va y avoir un peu de cas dans l'agriculture mais que au final, si on est vraiment très large, très macroéconomique, c'est un bon accord pour l'Europe. Bah quand vous regardez les pays qui vont voter contre à la fin, c'est exactement ça. la Pologne grande puissance agricole, l'Irlande grande puissance agricole, la France grande puissance agricole.
Voilà, on on comprend que que dans ces pays le poids de l'agriculture a a pesé et le cas de l'Italie est vraiment très très intéressant de ce point de vue parce que on a senti quand même l'hésitation de Mélonie qui avait à la fois une agriculture puissante et à la fois une industrie puissante et qui donc elle a dû faire un arbitrage et l'attermoiement du mois dernier Oui. Mais l' termoement du mois dernier où elle a dit on se donne un mois de plus, voilà, il fallait qu'elle donne des gages à ses agriculteurs. Je voulais dire que c'était une une manière de une posture, une manière de faire tomber un peu la pression. une posture, je sais pas parce qu'on a parce qu'elle a elle a avantagé ses industriels plutôt que Oui, mais on a eu ces derniers jours des annonces euh de la Commission européenne notamment hier, on a parler du déblocage anticipé de 45 milliards d'euros.
Donc c'était 45 milliards d'euros qui étaient déjà programmés mais qui devaient être débloqués à partir de 2030 qui seront finalement débloqués à partir de 2028. Euh voilà, il y a eu quelques avancées comme ça qui ont été obtenues en réunion de des ministres de l'agriculture hier et on peut imaginer que c'était une manière aussi de dire à l'Italie, bon bah c'est bon, on a entendu, vous êtes prêt à nous embêter, donc on vous donne quelques avancées sur d'autres dossiers et maintenant on va pouvoir signer le Mercosur tranquillement. Je Elv, une question Elvière avant de que vous répondiez Julien, est-ce que pour la France, là je reviens vraiment à la France vu qu'on a entendu que euh euh certes, la France est une grande puissance agricole, mais il y a l'aéronautique, il y a le luxe, il y a euh les vins spiritueux.
Est-ce que pour la France dans son ensemble et ça fait des victimes chez certains agriculteurs, est-ce que pour la France en tant que pays, c'est cet accord est une bonne chose ? Oui, cet accord est une bonne chose. Euh le le l'accord euh que l'on avait signé avec le Canada euh encore une fois les craintes le CTA euh et qui est entré en vigueur provisoirement depuis 2017.
Donc on a quand même maintenant du recul pour voir son impact. Euh c'est en France et en Italie qu'il y a le plus d'entreprises qui se sont tournées vers l'exportation grâce à cet accord. Donc ça veut dire que c'est pas simplement un accord qui bénéficiait aux grandes entreprises, aux grandes notamment aux grands groupes industriels ou aux grands exploitants agricoles.
Euh encore une fois euh le bilan de cet accord, si on a quand même une très large majorité de l'Union européenne qui le soutient, ça devrait nous interpeller. euh ça nous devrait nous interpeller face à une classe politique française qui unement euh s'est euh s'est opposé et finalement a rejeté euh le le débat. C'est-à-dire que aujourd'hui, on a une classe politique française qui a décidé de de d'elle-même de s'ostraciser au sein de l'Union européenne et qui et et qui profite à certains partis politiques qui critiquent finalement une Union européenne qui avancerait toute seule et qui a alors qu'on devrait se remettre.
Juste question parce que par rapport à ce que vous venez de dire Paul, est-ce que vous pensez que la classe politique française qui a créé son indignation, il y a un petit peu de théâtre à la mélonie et que au fond, elle a dit il faut qu'on donne des gages en criant à l'indignation pour pour nos agriculteurs. Mais en fait au fond nous, on sait que globalement pour la France c'est plutôt profitable. Bah d'abord Mélonie, elle était pas elle était pas contre.
Elle est restée sur la barrière longtemps. Elle savait très bien que c'est elle qui serait l'arbitre. Euh et elle en a tiré partie en effet pour tirer des avantages supplémentaires, des garanties supplémentaires pour euh pour dans le prochain budget de l'Union européenne.
De la même façon que les pol pour les Polonais, le problème c'est pas le mercoso, c'est l'Ukraine. C'est le gros dossier ukrainien qui va venir, qui va falloir traiter dans les années dans les années qui viennent. Mais c'est pas le c'est pas le Mercosour en soi.
En revanche, en France, oui, on a on a on a un bénéfice un bénéfice global à tirer de cet accord et y compris pour la filière automobile parce qu'on a des constructeurs français qui sont déjà implantés au Brésil, Argentine depuis longtemps, mais nos nos fournisseurs, les petites entreprises qui elles sont très exposées à la transition vers le véhicule électrique qui vont pas toutes pouvoir assurer une une transition vers une nouvelle une nouvelle industrie parce que c'est complè industrie, c'est de la chimie, de la du numérique sur vous. Elles ont besoin de pouvoir encore bénéficier de ses ventes et de ses exportations. Julien, comment vous recevez là ce qu'on dit sur voilà, on en revient à ce qu'on disait au début, globalement pour la France, c'est bénéfique.
Globalement pour l'Europe, c'est bénéfique. Et j'avais en dire bah malheureusement pour vous, on en revient, vous êtes un peu les sacrifés ceux qui doivent être sacrif pour le bénéfice du plus grand nombre. On est l'idèg du jeu que les copains européens.
On ne veut travailler plus de manière plus vertueuse en France. Les Allemands ont pas les même réglementaire pour produire du poulet ou du beau vin. Donc forcément ils sont moins inquiets.
On a voulu verdir davantage nos nos champs. On a voulu avoir plus de normes sanitaires, plus de réglementation contrainte, les zones vulnérables. Je me suis aperçu que en Hollande par exemple, ils avaient des seuils de dépendage d'engrais organique supérieur à nous.
Ils ont des Vous voyez d'ailleurs he que le salaire des agriculteurs allemands, il est quasiment deux fois le salaire moyen des agriculteurs français. Il y a peut-être d'autres raisons. Mais voilà.
Mais ça ça contribue. C'est c'est on a des entraves de partout. C'est ce qu'on est venu dénoncer encore aujourd'hui ça.
Voilà ça. Si on avait tous les mêmes règles du jeu en Europe, on pourrait discuter mais non, on est toujours affaibli et je pense que nos négociateurs français ne sont pas suffisamment pertinents. Ils pourraient dire comme ils ont fait en Italie, si on vous enlève d'un côté, on vous en rajoute de l'autre.
Toujours une contrepartie. Et là c'est c'est brut, c'est alors il y a eu quelques contreparties, on peut en dire un mot. Je crois que l'enveloppe globale de la PAC euh a été augmenté de de 45 milliards, je crois.
Donc il y a eu quand même des contreparties pour la France. Alors la 45 milliard c'est pour l'Europe la France je crois la première bénéfici on reste le premier bénéficiaire. Oui mais ça arrive pas chez nous.
On est on perd chaque exploitation tous les ans avec la convergence des aides avec a perdu des aides de la ça arrivera pas chez nous si cette ces 45 milliards mais c'est ce qu'on disait ces 45 milliards étaient déjà programmés en fait ils sont avancés 2 ans donc donc il y a pas vraiment eu de de gonflement de de l'enveloppe. Et pour revenir sur le débat précédent, je pense quand même que c'est symptomatique de la faiblesse de la France. C'est-à-dire que le problème finalement, c'est pas tant c'est pas tant est-ce que la France a obtenu des contreparties ou pas.
C'est est-ce que la France est capable de relever les défis qui se présentent, y compris avec la concurrence intraeuropéenne comme on le disait. Et aujourd'hui, on voit bien que pour l'agriculture mais aussi pour d'autres secteurs, la France n'arrive plus à être compétitive. Donc forcément quand toute la classe politique s'émeut des accords de libre échange, je pense que c'est pas une posture.
C'est juste que peut-être que pour beaucoup de marchés aujourd'hui la France n'est pas capable d'affronter le la concurrence internationale. Alors juste une dernière question dans les 2 minutes qui nous reste là-dessus qui élargit un petit peu le débat mais depuis le début de la semaine vous vous le savez vous en doutez sur ce plateau, on débat énormément euh du nouvel ordre mondial, l'expression un petit peu galvodée, mais avec les bouleversements auxquels on assiste, notamment avec l'Amérique d'aujourd'hui, l'Amérique de Trump. Est-ce que finalement que l'Europe alors que Donald Trump a dit c'est mon hémisphère, toutes les Amériques y compris l'Amérique latine, on intervient au Venezuela et cetera.
Est-ce que le fait que l'Europe a un un gros un gros ancrage en Amérique latine avec le avec le Mercosour avec cet accord, est-ce que c'est pas dans le grand échiqué mondial finalement un beau coup de l'Europe pour pas laisser tout le champ libre aux Américains ? Mais cette dimension géopolitique, elle est essentielle gé géopolitique géoéconomique, c'est-à-dire que finalement cet accord euh on on en sera enfin on on sera bénéficiaire mais c'est pas une révolution ni des ce c'est ni des craintes euh ni des craintes ma enfin il faut il faut pas exagérer les craintes et il faut pas non plus exagérer le bénéfice qu'on tirera d'un accord comme celui-là mais la dimension géopolitique est majeure c'est-à-dire que aujourd'hui dans le contexte actuel envoyer le signal que l'on veut veut continuer à avoir des échanges encadrés sur des avec des règles qui d'ailleurs ont un chapitre important sur pour limiter la déforestation, pour continuer à s'engager sur les les l'accord de Paris face à toutes les initiatives que prend Donald Trump, c'est décisif. Et puis à un moment où en effet, on l'a vu avec le Venezuela et euh et où il s'apprête quand même à intervenir de manière beaucoup plus unilatérale et sans règle euh hors des clos de toutes les réglementations internationales, plus largement en Amérique latine et voir dans d'autres régions. majeur aujourd'hui de resserrer les rangs avec des pays avec lesquels on peut se mettre d'accord encore une fois sur ces sur ces engagements et puis qui ne sont pas complètement à la mercie de la Chine parce que c'est la mer c'est la Chine qui investit beaucoup le mot de la fin rapidement mais il faut aussi euh ne pas oublier qu'en fait ce cet accord il est négocié depuis 25 ans.
Il y a quand même forte à pariller que si les négociations commençaient aujourd'hui, on négocierait pas tout à fait de la même manière. Et je pense notamment sur l'agriculture, peut-être que on aurait pas négocié exactement les mêmes contingents sur les mêmes produits avec les les mêmes clauses. Donc voilà, il y a il y a il y a le le poids de de l'histoire et du comme a dit Emmanuel Macron, je cite, c'est un accord un peu passéste.
De fait, je pense que 25 ans plus tard, on aurait pas négocié cet accord tout à fait comme ça. En tout cas, merci à tous les trois. Je vous laisse avec la une de votre journal Paul, la une des échos avec qui nous sommes en partenariat et bien justement Trump relance la course à l'armement.
On en revient à ce grand échiquier et un tracteur de la Tourfel. Et voilà et un tracteur au pied de la [rires] Tourfel. On en revient à notre débat de ce soir.
Emmanuel Macron