Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewPS - Parti socialiste· 4 novembre 2025 3 min

Sécurité sociale : "Nous avons besoin de clarification avant d'entrer dans le débat" - Jérôme Guedj

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Jérôme Guedj

Monsieur le Premier ministre, c'est les 80 ans de la Sécu, nous débutons tout à l'heure l'examen du PLFSS, un texte essentiel pour l'ensemble de nos concitoyens. Mais à vrai dire, au moment où nous débutons, nous ne savons pas exactement où nous allons. Il n'y a pas de 49.3, tant mieux, mais on a besoin quand même de quelques clarifications. Nous avons accepté, par notre non-censure, de permettre à ce débat de se déployer. Votre texte a abandonné la suppression de deux jours fériés et la réforme de l'assurance chômage. C'est heureux. Vous vous êtes engagé à suspendre jusqu'au 1er janvier 2028 la réforme des retraites, y compris pour les carrières longues.

Mais au nom du pouvoir d'achat, préoccupation première de nos concitoyens, nous devons vous dire notre position ferme à l'année blanche sur toutes les pensions et sur toutes les prestations. Vous vous êtes d'ores et déjà engagé dans ce sens. Au nom de notre amour de l'hôpital public, nous défendrons le renforcement de l'ondame hospitalier d'au moins un milliard supplémentaire. Au nom de notre attachement à l'universalité de la sécurité sociale et au nom de la protection des classes moyennes et des classes populaires, nous voulons vous redire notre opposition farouche au doublement des franchises médicales. C'est de votre seul ressort, car ça se fait par décret.

De même manière, fragiliser le salaire des apprentis, plafonner les indemnités journalières, pénaliser les tickets restaurant et les chèques vacances, nous ne pourrons l'accepter. Mais nous sommes lucides. Pour renoncer à ces mesures injustes, il faut dégager d'autres économies et mieux lutter contre la fraude. Nous y sommes prêts. Mais surtout, et je le dis avec solennité, pour la sécurité sociale, il faut mobiliser de nouvelles recettes. Des propositions sont sur la table, mais sans votre assentiment, comme sur la CSG Capital, elles ne pourront pas prospérer.

Monsieur le Premier ministre, nous avons besoin de cette clarification avant d'entrer dans les débats, amendement par amendement, car sinon, il n'y aura pas d'atterrissage global. Vous n'êtes ni spectateur, ni arbitre de ce débat. Vous en êtes un acteur essentiel comme chef de votre majorité relative, ne vous en déplaise. Et nous avons besoin que vous l'entraîniez dans la construction de ce nécessaire compromis. Quel niveau de recettes êtes-vous prêts à avaliser dans ce PLFSS ?

2:05
Présentateur

Je pense qu'il est effectivement extrêmement important, quand on construit un budget, qu'il soit de l'État ou de la Sécurité sociale, de ne pas détacher les recettes des dépenses et les dépenses des recettes. Il se trouve que la LOLF nous amène à d'abord étudier les recettes. Que ce soit sur la fraude ou les mesures d'économie, nous voyons qu'il y a des compromis possibles. Et vous l'avez dit, les recettes doivent aussi faire l'objet de compromis collectifs. Notre conviction, depuis le début du débat, vous le savez, c'est que nous, gouvernement, nous sommes au service des parlementaires, nous sommes au service du compromis, nous facilitons l'émergence de ces compromis.

Et nous avons bien en tête que nous devons être attentifs à deux choses. Bien partager l'effort et rendre notre modèle social soutenable, soutenable pour chacun et soutenable dans le temps. A la fin, nous pouvons y arriver, si tout le monde veut y arriver. Merci.