Vendredi Écologie avec David Cormand - Episode 2: Secrétaire national EELV et présidentielle 2017
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Tu l'as dit tout à l'heure, la politique, c'est un peu une passion exclusive. Donc, en parallèle de tous tes mandats, tu t'es beaucoup impliqué dans le parti des Verts, puis Europe Écologie des Verts. C'est intéressant de nous raconter un peu comment est-ce qu'on passe de militant à Canteleux à secrétaire nationale d'un parti politique français. Ça, c'est le charme des écolos qui, dans le truc foutraque, permet des choses comme ça, qui sont un peu improbables. Et là, vraiment, ça s'est fait. Bon, ce n'est pas très intéressant de développer, mais l'ambiance militante dans ma région n'était pas toujours très simple.
Donc, à l'époque, il n'y en a plus maintenant, mais il y avait beaucoup de conflits sur les enjeux stratégiques. C'est toujours les mêmes trucs, d'ailleurs, sur un gagne-gagne. C'est drôle. Est-ce qu'il faut faire des listes communes ou pas ? C'est toujours les mêmes histoires. Ce n'est pas avec les mêmes, mais c'est toujours les mêmes histoires. Et donc, mon confort militant, ma qualité de vie militante était vraiment raide. Donc, je me suis dit, c'est trop chiant au niveau local. J'en ai marre des réunions interminables. Ça se passe mal. Donc, je me suis dit, tiens, je vais m'intéresser un peu à ce qui se passe au niveau national.
Et par un concours de circonstances, je me suis retrouvé à organiser une des fameuses motions des verts, le fameux courant des verts, parce que le courant dans lequel j'étais, comme ça existe toujours, explose. C'est le Big Bang permanent. Ça crée aussi une vitalité démocratique interne, qui a ses défauts, mais qui a aussi ses qualités. Et je fais un courant qui s'appelait, pour la postérité, Vert et fort, forever. Vous voyez le sérieux et l'intérêt politique déterminant que cette affaire avait. Et avec nos trucs de proportionnel, paf, je le retrouve au bureau exécutif, au moment où Cécile Duflo, d'ailleurs, devient secrétaire nationale du parti.
Et moi, j'étais plutôt dans ceux qui n'aimaient pas, qui étaient contre, qui étaient dans une autre bande. Et comme je suis assez légitimiste, finalement, au contact... Et comme en plus, c'était pénible au niveau de ma région, comme je le disais, je n'avais pas envie de reconduire ce truc-là. En fait, ce n'est pas ma cam, le conflit. Je l'assume quand il faut le faire. Donc, je n'ai pas envie de faire ça. Et donc, j'ai essayé d'être un peu constructif. J'étais un peu le méchant de Ticanard, parce que j'étais la motion un peu des losers, quoi. J'étais un peu mis de côté. Et puis comme, voilà, je faisais des fiches, je donnais des idées, je bossais.
Au fur et à mesure, ils se tiennent encore moins. Et donc, ils m'ont confié des trucs à faire. On est dans un parti qui a beaucoup de mal avec la reconnaissance symbolique. C'est-à-dire qu'en fait, il y a beaucoup de militantes et de militants écolo qui ressentent une forme de frustration à ne pas être, pas tous ou toutes, mais à ne pas être reconnus par rapport à l'engagement, parce que souvent, la militante ou le militant écolo donne beaucoup de son temps, et pour plein de sujets, pas que sur les trucs environnementaux. Souvent, j'ai découvert ça ensuite en devenant dirigeant du parti, en me baladant en France. C'est extraordinaire.
Un militant ou une militante écolo, le mardi, il est à la LPO pour compter les oiseaux. Le mercredi, il est dans l'assaut pour défendre les sans-papiers. Le jeudi, il est dans l'assaut LGBTQI pour les luttes contre les discriminations. Il va être à la manif du samedi pour je ne sais pas quoi. En fait, c'est des gens qui sont complètement prisonniers, mais en passion de ce qui se passe dans la cité, de vouloir peser sur les choses. Donc, c'est des gens qui donnent beaucoup. Mais en même temps, c'est un parti, quand vous vous impliquez, qui vous donne une chance de vous mettre à l'épreuve. Moi, vraiment, c'est comme ça que ça s'est fait. Je me suis trouvé au bureau exécutif comme ça.
Après, j'ai arrêté d'y être parce que, comme je disais, j'étais dans un petit cours en machin. Je ne vais pas faire ça pendant 30 ans. Mais comme il y avait besoin... En fait, c'est le moment où il y a eu la fusion entre les verres et Europe Ecologie. Pour les plus anciens, c'est un des épisodes de l'histoire des verres. C'est le moment, d'ailleurs, où on passe des verres à Europe Ecologie les verres. Après, d'ailleurs, des élections européennes de 2009, où il y a un succès. Et donc, il y a une fusion qui se fait un peu dans la douleur. D'ailleurs, il y avait besoin de quelqu'un pour administrativement faire la fusion. Cécile m'a proposé d'être directeur du siège des verres pour...
Ce qui était très sympa, mais c'est curieux, parce que je ne suis pas vraiment un génie d'administratif. Et donc, on fait la fusion des deux entités pour faire Europe Ecologie les verres en 2010, si j'ai bonne mémoire. Et après, je retourne au bureau exécutif en 2011 pour préparer, charger les élections, pour préparer l'échéance 2012 et préparer les accords, puisqu'il y avait l'enjeu pour les verres, après le succès de 2009 aux européennes, un succès quand même certain aux régionales de 2010, de réussir, revenir au gouvernement dans le cadre d'une victoire de la gauche, etc. Donc là, c'est un moment assez captivant, qu'a donné ce qu'on a su, ce que ça a donné Hollande à la fin.
Et surtout la fin à Hollande, c'était pas... Voilà, c'était pas 2012, après. Et c'était un moment qui a été captivant, parce que j'ai été amené de m'occuper, à m'occuper de l'obtention du premier groupe parlementaire pleinement écolo de l'histoire de la Ve République au Sénat, en 2011. On l'oublie, mais le premier groupe parlementaire en France, 100% écolo, c'est au Sénat qu'on l'obtient, au Sénatorial 2011. Et c'est aussi le seul moment dans l'histoire où le Sénat passe à gauche. Ça durera que trois ans. Et c'est la première fois dans l'histoire de la Ve République qu'un groupe parlementaire est paritaire.
Et donc on fait un groupe de justesse, je crois qu'on a 11 sénatrices et sénateurs, qui... Et c'est la première fois qu'il y a un groupe parlementaire paritaire de l'histoire de la Ve République. Et un an plus tard, c'est la première fois qu'on aura un groupe écolo à l'Assemblée nationale, 100% écolo, qui, hélas, finira pas le mandat, puisqu'il sera 10 ou avant, qui, là aussi, est le premier groupe à l'Assemblée nationale paritaire de l'histoire de l'Assemblée nationale. Et ça, par contre, il avait fallu mettre en place une méthode assez stricte que... Je ne suis pas tout seul, mais en tant que délégué aux élections, où on avait établi la gagnabilité des circonscriptions.
Bon, je ne sais pas si les gens qui nous écoutent savent comment ça se passe, mais en France, le mode de scrutin, c'est par circonscription. Et quand vous êtes de telle couleur politique, la circonscription dans laquelle vous vous présentez n'a pas la même probabilité de gagnabilité qu'une autre. Si vous êtes de gauche, si vous êtes candidat à Neuilly, il y a assez peu de chances. Les électrices et les électeurs décident, mais... de gagner. Par contre, si vous êtes candidat à Montreuil ou dans le 18e arrondissement ou dans le 19e arrondissement à Paris, un peu plus de chances que vous gagnez.
Et donc, on avait établi une stratégie et une méthodologie pour évaluer la gagnabilité, autant qu'on puisse le faire, des circonscriptions par paquet de 6. Et chaque paquet de 6, donc il y avait les meilleurs, les mêmes, il fallait 3 femmes, 3 hommes. Et on partait du principe qu'avec cette méthode-là, toute chose étant égale par ailleurs, on se retrouverait avec à peu près autant de femmes que d'hommes. Et ça a marché, puisqu'il y a eu 18 élus. Et c'était 9-9, de mémoire. Et il y a une part de hasard aussi là-dedans. Et voilà, donc ça n'a pas empêché... Il n'y a pas de relation de cause à effet avec la parité et le fait que le groupe soit dissous.
Ça, c'est vraiment de la faute de François Hollande, etc. Mais ça, c'est un moment qui était à la fois très captivant et très décevant, parce qu'on avait mis quand même beaucoup d'espoir gauche, mais aussi écolo. Toujours l'habitude de dire que je suis écolo avant d'être de gauche. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas de gauche, mais je suis écolo avant d'être de gauche. Et on avait vraiment espéré que ça soit une mandature qui change la donne, qui intègre complètement la question écologique à la matrice à l'époque social-démocrate. Et ça a été très vite une déception, parce qu'on se rend compte que non seulement ce gouvernement n'était pas écolo, mais il n'était pas de gauche non plus.
C'est-à-dire que c'était la double peine. Et donc voilà, ça a été la sortie du gouvernement dans des conditions qui ont été douloureuses. L'explosion du groupe parlementaire, la division de la famille écologiste, le départ. Et c'est là que ça m'a impacté, parce que moi, j'étais dans toute cette période-là, j'étais entre guillemets, si ça n'existe pas chez les Verts, mais numéro 2. Enfin, j'étais délégué aux élections en relation avec Cécile, avant qu'elle devienne ministre, avec Pascal Durand, qui était secrétaire nationale, et avec Emma Coss. Jusqu'à ce qu'Emma décide de rejoindre le gouvernement Valls, en avril 2014, si je ne me trompe pas. Et là, par la... 2016. 2016, pardon, 2016.
On quitte en 2014, on revient en 2016. Et par la force des choses, Emma partant, je me retrouve secrétaire nationale par intérim. Donc il y a un petit côté, M. Smith au Sénat, je ne sais pas si vous connaissez ce film américain, où il y a un peu Man Next Door, qui se retrouve parce que... Mais c'est aussi un écosystème, pour ça que je suis très attaché à la famille politique des écolos. Bon, je connais vraiment les défauts, ils existent, mais qui savent, malgré tout, donner des possibilités à des gens qui, je pense, dans aucun autre contexte, n'auraient pu donner à avoir l'opportunité d'essayer de se rendre utile pour les causes qui sont les nôtres.
Et donc c'est vrai que c'est assez opaque quand même, vu de l'extérieur, d'être secrétaire nationale des Verts. Surtout que tu es arrivé dans un moment qui était un peu compliqué pour l'écologie. Il y en a beaucoup qui considèrent que tu as un petit peu relancé le parti en France. Qu'est-ce que c'était son quotidien de secrétaire nationale ? Et qu'est-ce que c'était ta vision de l'écologie à ce moment-là ?
Moi, enfin, c'est pas maligne, c'est pas la mienne, mais ma conviction sur l'écologie politique, pour faire très court, parce que c'est un peu le propos du livre, d'ailleurs, c'est que c'est quelque chose de spécifique. L'écologie politique, c'est une pensée spécifique, qui peut être compatible avec d'autres cosmogonies, d'autres imaginaires, mais elle a une spécificité, une identité politique propre. Et elle est complète. C'est une pensée complète, c'est-à-dire qu'à travers le prisme, le paradigme de l'écologie, on appréhende l'ensemble des questions de la société, et même au-delà de la société, de la vie sur Terre.
Et d'ailleurs, je pense même que c'est la pensée politique la plus complète, fondamentalement. Or, il y a dans la façon dont on parle de l'écologie souvent l'idée contraire, c'est qu'elle serait par nature supplétive. C'est qu'il y aurait les pensées politiques sérieuses et auxquelles il faudrait, dans le meilleur des cas, adjoindre un peu d'écologie. Moi, j'ai toujours pensé, qui est quasiment l'inverse, c'est que l'écologie est une pensée qui appréhende l'ensemble des enjeux et qui peut être compatible avec d'autres pensées qui ont coexisté à côté, même s'elles étaient dominantes par rapport à la pensée écolo. Bref.
Et le moment où, oui, le moment où je deviens secrétaire national, c'est un moment d'implosion, l'écologie politique en France, avec une volonté politique de la part du président de la République de l'époque, François Hollande, pour la petite histoire, à l'époque, il débauche pour le gouvernement Valls, l'un des présidents de notre groupe à l'Assemblée nationale, François de Rugy, le président de notre groupe au Sénat à l'époque, qui était Jean-Vincent Placé, plus en prime notre secrétaire national. Et le message tacite de Hollande, du haut de sa puissance, on a vu ce qu'il en a été d'ailleurs ensuite, c'était de dire, regardez ce que je fais de vous.
C'est-à-dire que ces groupes parlementaires, c'est moi qui vous les ai donnés, je vous les reprends, et en prime, j'arrive même à vous prendre votre secrétaire national. Autant dire que vous n'êtes plus rien. Tout ce que vous aviez bâti ces dernières années fait partie maintenant de mon magistère, et vous n'avez plus qu'à disparaître. Vous êtes passé à côté de l'histoire. C'est ça, et le traitement médiatique d'ailleurs de ce moment-là, nous concernant, c'est celui-ci. Et il n'est pas complètement illégitime. C'est vrai que c'était un moment d'échec. D'échec de Hollande, mais aussi le nôtre, de ne pas avoir pesé suffisamment.
Et donc il y a un moment de dire, et moi je me rappelle, ma hantise, pendant toute cette période-là, je suis quelqu'un qui a plutôt un sommeil paisible, c'était, ma hantise, c'était dire, mais je ne peux pas être le dernier secrétaire national de l'écologie politique en France, enfin du principal parti de l'écologie politique en France. Donc c'était assez dur. Et d'un ce point de vue-là, ce qui nous a sauvés, c'est la résilience absolue des militants écolos. C'est pour ça que là aussi, j'ai beaucoup de tendresse et d'admiration, d'ailleurs pour eux, c'est pour elle. C'est qu'il n'y avait plus grand monde, il y avait 4 000, 5 000 adhérents, aujourd'hui on est 15 000.
C'est des gens qui pleuvent, qui vendent, qui neigent, ils sont là, ils tiennent, ils savent pourquoi ils sont là, quand ça marche c'est bien, ils sont plutôt de meilleure humeur, quand ça ne marche pas, c'est plus dur, mais ils sont là. Et c'est ça qui nous a, je pense, permis de nous interroger sur, quand même, ce qu'avait foiré, parce que là, et de dire sur quelle vision on se reconstruit, sur quel imaginaire on se reconstruit, on refait la démonstration de notre utilité, de notre objet social. À quoi ça sert d'avoir encore des écolos ?
Là-dessus, Hollande nous a beaucoup aidés, parce qu'il a montré que le fait d'avoir débauché les gens qu'il avait débauchés ne permettait pas de faire de l'écologie. Ça illustrait même le, de mon point de vue, le contraire. Et ça, je pense que les gens l'ont perçu. Après, ça a été une période compliquée, alors pour moi, mais aussi pour nos équipes, avant tout pour nos équipes salariées, parce qu'on n'avait plus d'argent, donc on a dû faire un plan de licenciement qui a été extrêmement douloureux, encore une fois, avant tout pour les personnes qui ont perdu leur emploi à ce moment-là, et puis pour les militants qui avaient assumé de fait ce moment qui n'était évidemment pas plaisant.
Après, il y avait très vite, il y a la campagne présidentielle de 2017, bien sûr, où, je ne sais pas, c'est très intéressant de refaire les épisodes, où la bonne nouvelle, croit-on à l'époque, d'ailleurs c'était quand même une bonne nouvelle, je pense, c'est la victoire de Benoît Hamon à la primaire du Parti socialiste de l'époque, contre toute attente, où au fond, c'est là qu'on a une revanche. Moi, c'est comme ça que je le ressens à ce moment-là, c'est de dire, Hamon nous venge et venge l'écologie par procuration.
C'est-à-dire qu'en fait, le plan des Hollandais ou les plans des valsistes ou les plans qui font un truc, une usine à gaz incroyable, et à la fin, c'est l'écolo de la bande qui gagne cette primaire. D'ailleurs, les autres ne l'ont pas supporté, ils ont abordé sa campagne. Et moi, à ce moment-là, je me dis, et le mouv' est très dur à faire, parce qu'on se construit en défiance par rapport au PS hollandais, et elle a dit, oui, mais ça change tout que Hamon ait gagné, parce que ça valide le fait que c'était une fausse piste, le hollandisme, et que ce que le peuple de gauche et écolo voulait, c'était de l'écologie.
Et donc, moi, je dis, écoutez, est-ce que ça vaut vraiment le coup de faire une candidature jusqu'au bout, alors que le gars vient de montrer que, en fait, c'est nous qui avions raison. Et donc, on décide assez vite de soutenir la candidature de Benoît à la présidentielle de 2017. Et là, c'est le drame, comme dit l'autre. L'affaire ne prend pas du tout. Ce n'est pas que ce soit de la cause de Benoît. Je pense que la victoire à la primaire lui tombe dessus. Nous, pour être tout à fait francs, on n'a pas été d'une aide décisive, parce qu'on n'était pas non plus dans une forme olympique. Et tous les barons socialistes ne savent pas quoi inventer pour le faire chier.
Donc, ça a été quand même un chemin de croix à l'arrivée, cette revanche. Et il y a le phénomène Mélenchon qui aussi déboule à ce moment-là avec une ligne en plus très écolo. Il préempte vraiment le truc écolo. Et puis, il y a l'arrivée du petit prince, Macron, qui est tout à la fois. Qui est le renouveau, qui est le dégagisme, qui est la révolution. C'est le titre de son livre de l'époque. Qui est l'écologie. Qui est l'écologie. Il va embrasser tout. Et donc, nous, là-dedans, on reprend une tôle. On reprend un coup sur tous nos députés. Les quelques qui étaient restés avec nous se font ratiboiser aux élections législatives qui suivent.
Donc, c'est suite à ça qu'on n'a plus de sous, on n'a plus de recettes. Donc, on vend le siège, on va à Montreuil, tout ça, ce qui était d'ailleurs très bien à Montreuil. Ce n'était plus le même cadre. C'était un étage de débats de bureaux. Donc, c'est très fonctionnel, mais ce n'était plus le même esprit. Et là, on refait les bases. Et très vite, on me dit, en fait, tout est à refaire. Et on doit repartir de notre récit qui est l'Europe et les territoires. Et donc, il y a les européennes de 2019, Europe, écologie, le retour.
Et très vite, derrière, les élections municipales et régionales, on dit, voilà, il faut repartir de nos fondamentaux qui est le fédéralisme européen et le niveau critique de l'Europe et le costier local de repartir de la base, reconstruire par le contact direct, etc. Et on verra où ça nous mène le coup d'après. Mais là, il faut arrêter de se... il faut revenir à la glaise, quoi. Et voilà. Et ça a fonctionné en 2019, etc. Et justement, ton mandat de secrétaire national, il coïncide... Enfin, la fin de ton mandat coïncide avec les élections européennes. À quel moment est-ce que toi, t'as voulu monter à cet échelon européen ? Parce qu'on a beaucoup parlé de ton engagement local.
Mais qu'est-ce qui fait que t'as voulu arriver au Parlement européen ? Mais en vrai, je me dis à ce moment-là que je ne me vois pas refaire un mandat de secrétaire national. Parce que je me dis, soit on arrive à faire quelque chose de bien aux européennes et je ne vais pas rester secrétaire national. Il faudra que quelqu'un d'autre prenne la suite ou quoi. Soit on se vôtre et ça sera de ma faute. Donc en fait, ça n'a pas de sens de rester secrétaire national. Donc dans les deux cas, je ne me voyais pas continuer cette mission. Qu'elle se solde par une séquence de réussite ou qu'elle se solde par une séquence d'échecs.
Et je me dis que c'est un bon moment aussi pour moi de m'engager au niveau d'un mandat parlementaire. C'est quelque chose qui m'intéresse. Paradoxalement, je me dis l'Europe, c'est pas mon... Dans tous les sens du terme, c'est pas ma première langue. Donc, et je me dis, justement, pourquoi pas prendre un peu... J'avais quand même... On avait vraiment été les mains dans le cambouis. J'avais une idée de prendre de la hauteur. Et j'avais un autre élément, c'est que je me rappelais à quel point ça s'était mal passé le succès de 2009. 10 ans avant, c'était la bande à Dany, Europe Écologie, la bande des Verts.
Et on a raté la transformation parce qu'il y a eu une guerre, un conflit, des conflits politiques très importants, d'incompréhension, de... Pas vraiment que nos fonds, d'ailleurs. Vraiment de... Entre le parti et les Verts. Et ça, je l'avais vécu en tant qu'érecteur du CIEF. Enfin, j'avais été un peu... J'avais assisté à ce truc-là, un peu démuni, d'ailleurs. Et je me dis, il faut qu'il y ait des gens très attachés au parti qui soient aussi à Bruxelles. Qui soient... Ça peut pas... Les députés européens, ça peut pas être un truc un peu à part du parti, un peu en contre, un peu en machin. Il faut que... Y compris pour renforcer la culture européenne du parti.
C'est ça, parce que quand j'étais secrétaire de l'Assemblée aussi, j'ai un peu découvert le parti vert européen. Mes prédécesseurs, à part Pascal Durand, pour être franc, s'interrogeaient pas, s'intéressaient pas trop au truc du PVE, du parti vert européen, parce qu'ils avaient beaucoup de trucs au niveau local à refaire. Je sais quand même qu'ils n'avaient pas le temps. Moi, j'avais pris le temps quand même d'y aller avec... Malgré mon anglais déplorable, tout ça, pour essayer de... Que les Français pèsent dans la famille verte européenne, plus qu'ils l'avaient fait, etc., etc. Et donc, je me dis, voilà, c'était aussi pour ça que je voulais...
C'est aussi en tant que dirigeant politique que je voulais aller à l'Europe. Et après, j'ai découvert, en plus de ça, plein d'aspects que je trouve chaque jour passionnants, mais bon, c'est autre chose. Et donc, c'est comme ça. Et dans mon choix, j'ai longtemps hésité, parce qu'il y avait aussi un truc, j'avais une culpabilité de dire, ouais, mais quand même, TSN, aller faire le truc, de sauter... On a toujours ce truc-là, de sauter d'un mandaneur. Et c'est... On n'est pas toujours d'accord. Et c'est vraiment un militant, un vieux militant qui s'appelle Henri Arevalo. J'étais en visite, je crois que c'était en Dordogne, sur le projet, je crois que c'était contre le contournement de Bénac.
Pour ceux qui connaissent ce dossier, parce qu'il y a les grands, immenses projets inutiles et imposés. Là, c'en est un plus petit, mais très destructeur. D'ailleurs, il est arrêté. On va parler du contournement de Bénac à un autre moment. Et dans la bagnole, il m'emmène Toulouse à... Enfin, ouais. Et il me dit, écoute, David, t'as une opportunité, t'as une possibilité, ça arrive comme ça dans la vie de militante. Il dit, il faut que tu le fasses, sinon tu le regretteras toute ta vie. Et je pense, je pense que je l'aurais fait quand même. Mais c'est lui qui me déculpabilise sur le fait de solliciter auprès de mon parti la possibilité de devenir député européen. Et ça a marché.
Ça a marché puisqu'on a eu beaucoup d'élus qui sont toujours là, d'ailleurs. C'était plutôt un succès. Merci beaucoup, David Cormand. Merci. Merci de nous avoir suivis également. Dans le prochain épisode, on reviendra sur les élections européennes de 2019 qui ont été un succès pour les écologistes, sur le mandat en cours et sur les perspectives pour 2024. Bon, maillette. Ça va?
David Cormand