Les médias au service de l’extrême-droitisation | #AMFIS2024
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue sur cette conférence sur l'extrême droitisation des médias. Je suis heureux de voir que vous êtes si nombreuses et si nombreux déjà généralement à ces enfim mais particulièrement à cette conférence et je pense que votre nombre témoigne de l'importance de sujet parce que pour nous en tant que militante et militant politique la question de l'extrême droitisation des médias c'est un sujet dans le combat politique qu'on mène. Parce que vous le savez, la stratégie de notre mouvement, c'est celle de former un peuple révolutionnaire, c'est-à-dire d'utiliser les arguments, d'utiliser les idées et les concepts pour pouvoir convaincre chaque citoyenne et chaque citoyen du pourquoi et du comment de notre cause et de notre stratégie.
Et euh preuve en est par votre nombre que ça fonctionne plutôt bien. Et c'est peut-être ça qui explique la réaction qu'on voit avec une ultra extrême droitisation des médias qui a été particulièrement prononcée. Euh je peux vous en donner un exemple au sujet de la question euh de de ce qui est en train de se passer à Gaza où vous avez euh le somum de l'absurde et quelque chose qui ressemble un peu à 1984 où les voix de la paix et de celles et ceux qui demandent l'arrêt d'un génocide se retrouvent à être celles et ceux qui se retrouvent apparemment être les criminels.
Et c'est pourquoi je pense pouvoir réaffirmer sereinement avec vous autour de moi que les véritables criminels sont ceux qui se prêtent à ce génocide et s'en rendent complice. Je vous donne cet exemple parce que il a été tellement révélateur pour tellement de gens qui ont vu les mêmes choses que nous et pour autant on se retrouve à avoir ce phénomène qui s'accroit. Mais c'est pas un phénomène qui date uniquement de ces dernières années.
C'est un processus qui est très très long. Et là, on commence à rentrer dans le dur de ce que l'extrême droite peut faire. Et c'est pourquoi c'est important pour nous en tant que militante et militant politique, il faut qu'on saisisse par quel mécanisme et par quel processus s'accomplit cette extrême droitisation des médias.
Et ce sera euh l'enjeu de cette conférence, ce sera de mettre en lumière les mécanismes qui soutendent cette extrême droitisation des médias, de comprendre comment l'extrême droite se mobilise pour contribuer à l'extrême droitisation des médias et enfin revenir sur la nécessité de démasquer ces processus pour pouvoir justement déconstruire cette extrême droitisation des médias et pouvoir poursuivre notre travail de conscientisation. Et afin de pouvoir développer ça le mieux possible, on a un grand casting d'invités que je suis très très fier d'avoir à mes côtés. Je vais vous euh les présenter.
Pour commencer, on a euh Lumi et Usul que vous connaissez pour leur émission sur YouTube. On a aussi à mes côtés Pauline Perena qui est membre d'Acrimède l'observatoire des médias et auteur d'un livre Les médias contre la gauche qu'on vous recommandera à la fin de cette conférence. Et enfin, nous avons Samuel Bouron, sociologue des médias d'extrême droite.
Alors, on va avoir du coup selon les trois axes de cette conférence trois temps et on va commencer ce premier temps avec toi Pauline. Et la première question que je vais te poser et à laquelle Acrimed travaille beaucoup, c'est quel mécanisme soutendre le processus d'extrême droitisation des médias ? Comment est-ce qu'on peut le comprendre ?
Merci, merci à toutes et tous d'être si nombreuses et nombreux. Merci de l'invitation. Donc vaste question là.
Est-ce qu'on est-ce qu'on m'entend ? Il faut que je crie dans le micro ou c'est bon là ? OK, super.
Alors euh peut-être préciser ce que recouvre, tu en as un petit peu parlé en donnant un exemple, mais ce que ce que recouvre déjà le terme extrême droitation à Crimè, on l'entend à la fois comme la légitimation en fait des idées d'extrême droite, hein. Donc c'est ses priorités, ses visions du monde, ses argumentaires, comment tout ça se légitime dans le dans le discours médiatique. Et l'autre point, c'est évidemment la crédibilisation des des de représentants de de l'extrême droite, notamment dans le champ politique à travers principalement, on va dire, les les portees-paroles, les cadres du RN, mais pas que, puisque il y a des phénomènes de consécration aussi médiatique qui touchent des figures intellectuelles, de des experts faux experts médiatiques, des journalistes, des universitaires aussi d'extrême droite ou proche de l'extrême droite. deux trois points supplémentaires en préambule.
Tu l'as dit, je pense que c'est important de d'y revenir. En fait, l'extrême droitisation, on l'entend aussi comme un un processus long qui ne date pas d'hier, premier point, et dont les dynamiques qui sont en cours le sont depuis en fait les années 80, en tout cas pour pour ce qu'and dit à Crimè. Euh et bien sûr en fonction des des des mécanismes dont je vais dont je vais vous parler, ça peut s'accentuer.
Il peut y avoir des phénomène d'accélération en fonction des conjonctures politiques, des rapports de force et cetera. L'extrême droitisation, deuxième point, il faut aussi le l'envisager comme un processus à l'œuvre dans le champ politique qui est soumis à ce que le sociologue Patrick Champagne appelait la double dépendance. Donc le champ journalistique est structurellement, on va dire, subordonné au champ politique et c'est pas une petite affaire puisque quand on quand on prend conscience de la droitisation de l'ensemble du champ politique depuis depuis les années 80 à Forceurie dans la conjoncture actuelle où le projet néolibéral est en crise totale, où la bourgeoisie se radicalise toujours davantage, c'est évidemment pas une petite affaire et ça a des influences évidemment sur le sur le champ journalistique.
Donc dépendance politique et puis dépendance aussi enfin c'est un c'est un c'est un champ qui est sous contrainte économique. Et à CRMÈ, on rappelle tout le temps que évidemment le le mode de propriété capitalistique des grands moyens de communication et des médias est pas sans lien avec la la droitisation en fait du débat public puisque comme vous le savez c'est c'est un système qui est qui enfin c'est des médias qui sont en quête de de rentabilité et donc qui dit quête de rentabilité dit triomphe du des modèles low cost de production de l'information dit sacrifice de l'enquête du sacrifice du reportage de la critique sociale et cetera et ça favorise évidemment un prête à penser, un discours dominant qui se droitise toujours davantage et évidemment comme vous pouvez vous en apercevoir les intervenants d'extrême droite nagifs de débat comme des poissons dans l'eau, là où c'est beaucoup plus difficile pour des intervenants de gauche contestataires, on va dire au sens large de de d'intervenir ne serait-ce que parce qu'il faudrait toujours commencer par contrer le le cadrage médiatique qui est fait, quoi. Euh il faut avoir en tête aussi euh comment dire que les que les biais qu'on met en avant à ACMED relèvent euh parfois de de comment dire de de choix éditoriaux volontaires.
Donc il y a de l'idéologie dans les rédactions, c'est des c'est il y a des effets de cadrage, des parties prix qui sont faits, mais il y a aussi beaucoup de choses qui relèvent de routines professionnelles beaucoup plus inconscientes qui sont pas forcément interrogées par les journalistes et cetera. Donc là aussi, on essaie toujours de de mettre la nuance parce que ça histoire de complexifier un peu le débat mais pour dire qu' aussi que tout se résout pas enfin que tout n'est pas si simple et que et que c'est pas forcément des voilà des directives tout le temps qui qui sont passées et qui se qui se reproduisent comme ça sur sur les journalistes dont certains essayent quand même de faire leur travail et contestent d'ailleurs, c'est toujours important de le rappeler, conteste le tournant pris par les directions. Je rappelle là tout de suite que notamment au moment des législatives, il y a eu beaucoup de mouvements dans des rédactions de des médias comme Westfrance, la Tribune, 28 minutes et cetera et y compris début août un communiqué intersyndical CFDT journaliste SNJ, SNJ CGT assez offensif et qui interrogeait pour une fois enfin qui qui invitait les journalistes à interroger leurs pratiques et qui euh qui disait d'ailleurs être là pour défendre les journalistes contre des pressions hiérarchiques et contre des pressions politiques.
Ça peut paraître fou mais le simple fait de nommer par exemple des représentants de reconquête ou du rassemblement national les qualifiés d'extrême droite visiblement ça ça va pas de soi dans dans les rédactions. En tout cas il il y a des consignes on va dire un peu contradictoires et voilà c'était important aussi se ce se communiquer. Donc pareil c'est c'est des points d'appui sur lesquels il faut il faut s'appuyer.
Voilà. Et donc tout ça pour vous dire que comment dire on le l'extrême droitisation c'est quelque chose qui qui traverse vraiment tous les médias. Pour nous c'est important de le dire de pas circonscrire ce phénomène au médias boloré parce que c'est le plus évident, c'est ce qui fait le plus parler, on va dire y compris dans les médias, mais que ça traverse l'ensemble des médias.
Il s'agit pas pour nous de mettre un signe égal entre C News et France Inter, mais dire que l'ensemble des des rédactions est quand même euh traversé par les par les mécanismes qu'on essaie de pointer. Donc voilà, un continuum important à faire. Et même si dernier point tous les journalistes parce que ce c'est une vaste un vaste milieu professionnel, tous les acteurs qui composent ce milieu professionnel ne n'agissent pas et ne pèsent pas de la même manière sur ce sur ce phénomène.
Donc à Crimè, la critique se focalise aussi principalement évidemment sur là où se concentre le pouvoir éditorial, donc sur les chefferies, là où il y a là où sont les les décisionnaires, ceux qui ont le choix des sujets, le choix des angles et cetera et cetera. Euh donc voilà. J'ai j'ai déjà dépassé mon temps ou non ? 6 minutes. 6 minutes.
OK. Donc je vais je vais vous dresser un peu les mécanismes mais évidemment à gros trait. J'ai pas le temps de rentrer dans le détail.
Je vous invite à aller au stand d'Acrimède. Euh les camarades qui tiennent le stand et sont au fond là-bas. Euh il y a des revues, il y a des bouquins et on peut on peut on pourra discuter de ça aussi plus largement.
Euh quatre mécanismes très rapidement qu'on met en avant. On met en avant euh je vais commencer par ça, c'est un peu contradictoire avec ce que j'ai dit avant mais c'est pas grave. La consolidation d'un pôle réactionnaire au sein du champ journalistique.
Donc évidemment, je vous en parlais à l'instant, c'est les médias bolorés qui sont à l'avant-poste de la réaction. Là, je vais pas m'étendre parce que c'est un phénomène ultra connu. Une ligne éditoriale d'extrême droite, euh racisme, xénophobie, fake news, tout ça a été amplement amplement documenté.
Euh les fake news également par euh par des très bonnes enquêtes dans Media Part. Euh mais le la quand on dit consolidation du pôle réactionnaire, c'est évidemment les médias bolorées, mais c'est aussi un phénomène qui est la circulation des chroniqueurs et plus largement des intervenants réactionnaires. et comment les là on pourrait en citer plein quoi des des journalistes qui avant ne travaillaient pas sur ces news qui ont fini des intellectuels type Finkle Crot et cetera, toute tout un tas d'intervenants réactionnaires dont enfin on va dire que les chefferies médiatiques, les personnalités journalistes enfin les les journalistes les plus en vues ont pendant des décennies contribué à construire en fait leur capital médiatique.
Et si évidemment ils ont l'exposition qu'ils ont aujourd'hui, c'est aussi grâce à cause de de la contribution de de ces journaliste plus mainstream. Euh et donc euh on en parlait juste juste un peu avant plus largement euh c'est euh on va dire la mutilation totale en fait du pluralisme qui est en jeu au profit euh des droites euh euh en général et puis au détriment en fait de tous les intervenants, des chercheurs, des associatifs, des militants euh qui seraient en capacité de d'apporter des contradictions étayées en fait aussi au discours islamophobe, sécuritaire, xénophobe et cetera qui circulent qui circulent régulièrement dans les médias. Euh on n'oublie pas euh le rôle de l'extrême centre dans le paysage médiatique qui est hyper important et je pense une petite pensée notamment au à fran tireur qui ont un un rôle évidemment très très important dans dans ces phénomènes de droitisation puisque il légitime grande partie des des obsessions de l'extrême droite.
Ils ont un rôle absolument moteur dans la quasi totalité des emballements réactionnaires qu'on peut connaître. C'était le cas après l'assassinat de Samuel Patti. C'est le cas régulièrement depuis.
En fait, ils ont quand même des liens très resserrés avec les directions éditoriales. Ils avaient enfin, ils ont eu leur leur hebdomadaire euh indigent qui est largement légitimé d'ailleurs par les grands par les grands médias, même si on y trouve que de des de l'édito sur l'édito, absolument pas d'enquête et cetera. C'est une propriété valorisée visiblement par les médias.
Euh et ils vont avoir évidemment maintenant leur télé. Euh et donc c'est pas une petite affaire puisqu'ils ont récupéré un canal de la TNT. On est ravi.
Voilà. Euh le deuxième mécanisme dont on parle, c'est évidemment la polarisation euh de l'agenda, mais pas que euh autour des thématiques historiques en fait qui sont qui sont portées par l'extrême droite, insécurité, immigration, islam. Donc là, je vais très vite, c'est à la fois une surexposition à l'agenda, mais c'est aussi et c'est peut-être euh aussi, si ce n'est plus important, euh une normalisation en fait des cadrages de l'extrême droite.
C'est-à-dire la façon dont l'extrême droite va traiter ses problèmes, va les envisager. Ça va être la manière dont la plupart des médias, notamment dans l'audiovisuel, mais aussi dans une large partie de la presse hebdomadaire, la manière dont les journalistes les plus en vu traiter les problèmes, ce qui n'est pas pas une petite affaire là encore avec y compris sur le service public, on insiste surtout sur souvent sur cet exemple mais c'est quand même assez hallucinant, une légitimation par Léa Salamé et Thomas Auto sur France 2, service public d'un concept enfin de d'une d'un concept concept fumeux, théorie fumeuse raciste comme le grand remplacement puisque ça avait été à la une émission politique d'un débat entre PCES et et je ne sais plus qui Darmanan. Voilà, un débat euh et donc ils avaient été lancés et relancés quatre fois sans sans sans rien demander sur par les journalistes sur ce sur le sur le concept de de grand remplacement.
Bon, il y aurait 1000 autres trucs à dire mais je vais vite. Le troisème mécanisme dont on parle, c'est la dépolitisation de la politique. C'est ce qu'àcrimed on appelle le journalisme de dédiabolisation.
Journalisme de dédiabolisation et son pendant dans le mélange des genres qui est vraiment la pipolisation de de l'extrême droite. Donc là de tous les tous les pseudo reportages auquels vous pensez Marine Le Pen et ses chats. Voilà tout ce qui est sont censés les pattes à l'italienne à double page dans Paris Match et cetera.
Euh donc tous ces angles pipol qui sont pas euh l'apanage de la presse pipole mais qui euh gangraineent aussi une partie des médias généralistes des émissions politiques phare. Euh donc euh donc voilà, c'est hyper important à rappeler. Et euh le journalisme des diabolisation plus largement, c'est vraiment euh euh là ça touche à la pratique, on va dire ordinaire du journalisme politique, ses méthodes, ses intérêts, ses pratiques.
Et donc là, c'est euh c'est plutôt que de d'enquêter, plutôt que de faire des reportages sur les pratiques et les politiques concrètes de l'extrême droite, plutôt que en période électorale d'informer sur le fond du programme RN, ça va être un journalisme de commentaire donc qui va paraphraser la communication, paraphraser la communication sous couvert de décryptage et donc tout ça ça fait que renforcer le phénomène de dédiabolisation entre guillemets. Et donc on en a eu un exemple absolument spectaculaire au moment des législatives là de 2024 où les journalistes discutaient plus de la faisabilité des mesures. On a l'impression qu'ils y étaient déjà quoi au pouvoir.
Faisabilité des mesures, comment vous allez gouverner. Là encore, c'était quand même compliqué de de qualifier le RN de l'extrême droite. Les journalistes parlaient encore d'un programme social alors que Bardella démontait lui-même un à un se s'auto débunquait, on va dire.
C'était c'était quand même drôle. et bien sûr euh une omettre systément de de d'informer sur le sur le racisme systémique alors que on avait en plus on était dans une phase où les violences racistes se se déchaînaient. Euh et donc en parler qu'à la marge, ça a été un peu fait dans les médias dans la presse quotidienne régionale et notamment à la télé.
Mais disons que c'était souvent sur tel tel candidat ou tel candidat sans en faisant penser qu'en fait c'était pas enfin c'était pas quelque chose qui structurait en fait concrètement le le parti à partir du moment où on développe la haine de l'immigration et évidemment la préférence la préférence nationale. Et le dernier mo le dernier point important, c'est sans doute le plus important aujourd'hui, j'ai envie de dire, c'est la la décrédibilisation, l'effet de miroir et donc la décrédibilisation systématique de la gauche en fait de de toute gauche intellectuelle, associative, médiatique, euh syndicale qui refuse de s'aligner sur les dogmes néolibéraux, qui refusent de s'aligner sur le cours autoritaire de la vie politique. Et donc on est habitué si vous voulez à avoir depuis des décennies une une mutilation du pluralisme qui entrave en fait le traitement de des questions sociales, des questions économiques, des questions internationales et cetera.
Mais là, c'est vrai que ces dernières années, en particulier depuis 2015, c'est vraiment des cabales des cabales systématiques contre contre la gauche, des médias façon rouleau compresseur euh qui piétinent toute toute déontologie. Donc c'est quand même compliqué de s'en sortir et évidemment après le le 7 octobre là et puis la la séquence législative, ça a été l'apothéose quoi avec une une diabolisation unanime quasi unanime de du nouveau Front populaire surtout de évidemment de la France insoumise à travers la thématique classique de la ruine mais évidemment à travers le stigmat de d'antisémitisme qui est aujourd'hui mais littéralement posé comme une évidence dans le système médiatique que plus que plus quasiment plus aucun journaliste en fait ne vient questionner et cetera. Enfin, c'est vraiment c'est on en est arrivé à un truc assez ahurissant, y compris pour des observateurs d'Acrimède qui faisont ça quand même depuis 30 ans.
On avait je pense qu'on avait jamais vu des séquences comme ça et de fait on l'a posé tel qu'elle en disant qu'on assistait depuis 10 mois à la plus vaste et à la plus violente séquence de de diabolisation et de criminalisation de la gauche sociale et politique et plus largement des mouvements contestataires au cours des au cours des dernières décennies. Et donc on a souvent dit que les médias pouvaient se les médias dominants pouvaient se changer en acteur politique, pouvaient peser sur le débat public. Serge Alimi Pierre Rimbert dans un un article récent du diplô le posait comme danger public.
Je pense qu'il faut aussi peser les mots et le dire comme tel. Il y a un confusionnisme de masse, une désinformation de masse sur ces sujets et c'est évidemment évidemment euh problématique. Et donc en finir avec en finir avec ça en une phrase, dire que dans ces conditions là évidemment c'est la la possibilité même en fait de l'existence d'une parole de gauche sur le long terme construite qui soit pas entravée par des calomnies systématiques en fait qui est qui est posé son existence même dans le débat public qui est posé et qui est en jeu.
Et donc j'en profite de le dire parce que c'est un d'être là pour le dire parce que c'est évidemment ça fait partie du du combat d'acrimètes depuis depuis plus de 30 ans. Il faut prendre cette question médiatique à bras le corps et il faut qu'on se réunisse le les les structures les plus nombreuses possibles, qu'on arrive enfin à mettre à l'ordre du jour une campagne commune radicale sur la question des médias. cette campagne radicale, il y a il y a plein de de choses qui sont qui sont déjà faites.
Je vais pas détailler euh détailler toutes les choses et puis Loui et Usul en parleront sans doute, mais évidemment poser la question de la propriété des médias euh et pas euh limiter un tout petit peu les seuils de concentration. Il y a des choses de des choses très ambitieuses qui peuvent être fait. Attaquer de front la question de l'indépendance et donc du statut juridique des rédactions.
Prendre à bras le corps aussi, reposer sans doute la question de l'existence des chaînes d'information. Est-ce qu'on a besoin d'autant de chaînes d'information dans ce pays ? Elles existaient pas il y a il y a quelques années.
Pourquoi ? Qu'est-ce que fait ce ce modèle à l'information, au débats public, au champs politique ? Prendre à bras le corps la question du service public également, de son financement pérenne parce que c'est plein de critiques, mais c'est aussi un lieu de résistance, il faut le signaler.
La question des sondages, la question des aides à la presse et cetera et cetera. Donc voilà, il y a plein de choses qui existent et et vu que tous les mécanismes dont je vous parlais pointent des des comment dire des euh des problèmes structurels dans les médias qui sont évidemment financiarisés, ultra concentré, euh il faut adresser ce problème de façon structurelle et donc porter des propositions radicales très larges sur sur les médias dominants pour se réapproprier l'information. Merci.
Et ben merci beaucoup à à Pauline Perna et à l'association Arimed pour ce travail vraiment essentiel de critique des médias. Euh je vais continuer de vous parler euh de la façon dont l'extrême droite en fait s'empare des médias euh dont elle utilise les médias comme une arme idéologique. Euh moi j'ai j'ai commencé à enquêter plus particulièrement sur l'extrême droite identitaire dans les années 2010 en faisant ce que les sociologues appellent de l'observation participante incognito.
Donc je voilà, j'ai participé au processus de formation des militants identitaires et notamment pour comprendre comment euh ce qu'il faisaient des médias finalement. Euh et donc je vais vous toucher je vais vous toucher deux mots de ça, vous faire un peu entrer dans ce dans ce monde-là. Euh donc là c'était euh 2010 ça ça remonte hein, c'était l'époque euh Philippe Vardon, Damien Rilleux euh voilà qui euh qui sont maintenant euh passé par euh par le RN puis par Reconquête.
Euh alors le mouvement dont je parle, euh cette extrême droite identitaire, elle se elle se caractérise par ce qu'on appelle parfois la la stratégie métapolitique ou la bataille culturelle. C'est-à-dire que ils vont s'adresser prioritairement au monde culturel, au monde médiatique pour faire infuser euh les idées et ils reprennent euh une certaine idée de Gramchi qui est que en fait il faut réussir à faire un consensus autour des idées euh parce que finalement une fois que tout le monde sera plutôt en accord avec les visions du monde extrême droite et ben la victoire politique deviendra acquise euh et en cela les médias constituent le levier euh de cette colonisation des esprits. Donc ça c'est c'est une vieille idée he finalement.
Ça vient notamment du Grèce, le groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne qui dans les années 60 se dit déjà que les idées racistes, suprémacistes, sexistes de l'extrême droite sont finalement relativement oustratisés dans un contexte où le mouvement anticapitaliste, féministe prend un certain essort où le vieux monde est remis en question et se demande comment finalement résister à cette à cette vague. Ce qui est intéressant, c'est qu'au départ cette stratégie métaptique des identitaires, elle va pas à l'encontre de d'une stratégie plus électoraliste finalement. Euh ils se disent que euh tout simplement ça nourrit certains cadrages médiatiques et que euh ils peuvent tout à fait présenter des candidat, gagner des élections mais en fait ils y parviennent pas très bien.
En France le le RN le FNRN a un tel monopole électoral que c'est c'est assez compliqué en fait de d'émerger à ses côtés. Euh et ils sont dans un contexte où ils ont tous des casseroles euh euh ils sont tous condamnés. Et donc l'idée ça va être euh euh non plus de subir des faits divers mais d'en produire et de faire circuler des cadrage médiatique dans l'ensemble de l'espace médiatique.
Euh moi quand j'arrive au cours de mon enquête, on est en 2010 euh et euh autant ils sont pas très satisfaits des résultats électoraux qu'ils font. Euh autant ils sont super contents euh des opérations d'agit propre qui viennent de réaliser. Alors ils ont, je donne deux exemples, euh ils ont à Lyon, à Villeurbane, ils ont envahi un quickal, ils ont mis des masques de cochon euh pour en fait euh euh dire que voilà, on est plus chez nous, il y a une forme de grand remplacement qui passe par l'alimentation et cetera.
Et donc il publie des vidéos sur les réseaux sociaux et ça fait un petit buzz. Euh et dans la même lignée euh ils font un apéro saucisson pinard. Donc il y a une une militante euh de identitaire qui se fait passer pour une habitante du quartier de la Gutte d'Or à Paris et qui là aussi exprime son désarrois face aux prières de rue, face au petit commerce de français de souche qui serait en train de disparaître et cetera.
Et donc pour se réapproprier le territoire, ils organisent cette apérociation pinard. Euh euh et ce qui est intéressant, c'est que euh d'emblé l'idée en réalité c'est pas vraiment que l'événement se tienne. Euh l'idée, c'est de faire parler d'eux et de diffuser ses visions du monde auprès d'un large public.
Ils choisissent le jour d'un France Algérie. Ils savent très bien qu'il va y avoir énormément de tension. Ils vont jusqu'à euh créer des groupes Facebook antifascistes pour euh euh pour alerter sur le danger que même produisent.
Euh l'enjeu en fait, c'est que l'opposition fasse des communiqués de presse. L'idée c'est de buzer, l'idée euh c'est de euh faire parler d'eux. Euh et effectivement euh le l'action euh sera interdite euh par la préfecture mais euh il y aura eu 8 9 une dizaine d'articles dans le Parisien et euh notamment dans la presse écrite.
Donc ça ça va être une modalité qui vont répéter euh euh lors de plusieurs actions col de l'échelle, euh le bateau en Méditerranée et cetera et cetera. Euh voilà, dans les sections, ils sont euh ce qu'ils vont faire, c'est que notamment sur l'invasion du Quicalal, ils compte le nombre d'article qu'il y a, le nombre d'articles euh en presse quotidienne régionale, le nombre de vues sur les réseaux sociaux euh et en fait ils se rendent compte que ils peuvent en fait faire un trail de propagande mais à moindre coût. Enfin, ils ont pas besoin d'être très nombreux, ça leur coûte pas grand-chose.
Et donc ça va devenir vraiment le mode d'emploi d'identitaire. provoquer l'adversaire, polariser, créer des images, des visuels, toute une mise en scène. Et il y a quelque chose qui qui revient, qui est super important, c'est qu'il faut qu'il y ait des mots, des mots qui en fait contiennent les visions du monde de l'extrême droite.
Alors ces mots vous les connaissez hein. Français de souche, grand remplacement, enauvagement, francoide, racisme antiblanc effectivement qui sont des mots produit par l'extradroite mais qui en fait circulent dans le champ politique et médiatique. Ils sont français de souche ça a été repris par exemple par François Hollande, PCR a repris grand remplacement.
On a énormément d'exemples comme ceux-là. Euh ces mots-là, ça permet de créer des chaînes d'équivalence, c'est-à-dire euh voilà, vous voyez bien que euh ces gens-là donc ils sont des groupes racisés, ce sont aussi des délinquents, ce sont des racailles, ce sont des mauvais pauvres. C'est une façon de produire de de racialiser la société, de de mettre en minorité, de stigmatiser.
Bon, en fait, c'est du racisme. H alors ce ce mode d'action, pourquoi il va marcher ? Pas seulement parce que les identitaires sont de géniaux communiquants et que ils vont ils ont trouvé le truc pour gagner la bataille culturelle, ben en fait ils y parviennent parce que ils rencontrent un circuit de diffusion qui est favorable.
En fait, c'est autrement dit la structuration de l'espace médiatique contemporain favorise l'extrême droite. Et là, tout ce qu'a dit Pauline Pernu, tout le travail de rhinoceros, je crois dans ce sens. Euh on a longtemps attribué aux réseaux sociaux l'idée que finalement ça permettrait à l'extrême droit de proliférer.
Moi, je crois que c'est antérieur à l'émergence des réseaux sociaux. Euh si vous relisez par exemple un ouvrage comme sur la télévision de Bourdieu, euh voilà, il montre il dit dans les premières pages euh que en fait euh le fait de euh penser dans l'urgence euh l'ajustement à des contraintes commerciales euh établit une forme de censure empêche l'émergence d'une d'une pensée critique au profit de raccourcis d'idées reçues qui sont souvent réactionnaires. Et donc le job de l'extrême droite aujourd'hui, c'est en fait d'amplifier ses raccourcis, ses idées reçues, de produire une frontière nette entre nous, les Français de souche et eux ce qu'ils appellent parfois les halogènes, il y a d'autres mots.
Et donc en fait les faits d'hivers notamment sont l'outil idéal pour ça. On peut penser au meurtre de Lola. Euh euh le meurtre de Lola euh c'est euh en 2022, ouais, je me trompe pas, de Thomas Acréol en 2023 qui sont euh autant euh d'occasions pour eux euh de profiter d'un contexte émotionnel euh qu'ils vont essayer d'exploiter.
Euh c'est-à-dire que il me semble que s'il y a il y a quelque chose d'important à retenir, c'est que les idées d'extrême droite aujourd'hui elles se diffusent moins par le un journalisme politique ou une vieille presse réactionnaire type minute qui va toucher le petit peuple des militants d'extrême droite. elle vise à toucher vraiment le grand public par l'audiovisuel beaucoup plus que par le passé, mais aussi en utilisant ces faits divers qui sont réputés et là je vous renvoie notamment au travail d'Acrimed qui sont réputés pour faire de l'audience, pour euh capter pour capter l'attention. En plus, produire des faits divers, ça coûte pas cher.
Euh, vous allez faire un micro trottoir justement, vous recueillez l'émotion des gens qui sont, je sais pas, pris en otage par les grévistes. Euh euh vous pouvez à moindre coût en tout cas produire de l'information. Euh ça nécessite pas d'enquête.
Et là aussi, l'extrême droite avance en dehors du journalisme d'enquête, du journalisme de reportage. Vous regardez des trajectoires comme celle d'Anouna, de Pascal Pro. C'est des personnes qui se sont construites médiatiquement pour faire de l'audience et et donc ce l'extrême droite aujourd'hui, elle elle est dans un projet politique qui emprunte ces circuitsl.
Euh donc on est vraiment euh dans un contexte médiatique et je crois que ça c'est une façon peut-être de prolonger les analyses bordosiennes sur les transformations de l'espace médiatique. On est dans une forme de tyrannie des émotions en fait. Euh le le la machine audiovisuelle euh finalement impose un cadre dont il est très difficile de sortir.
Est-ce que vous condamnez les violences ? Qu'est-ce que vous qu'est-ce que est-ce que c'est est-ce que la Palestine c'est un génocide ? Euh et donc c'est c'est autant les les émotions, c'est un signal quoi.
Vous vous êtes avec ou vous êtes contre. Et c'est une façon en fait d'exclure. C'est une façon de produire en permanence de la polémique.
Et ça c'est un circuit médiatique qui est complètement favorable à l'extrême droite parce qu'il est impossible finalement de construire des cadrages autre. Il est impossible notamment de construire des relations de cause à effet, de penser de façon structurale, d'exprimer une pensée critique qui va qui va permettre de lutter contre ce cadrage de l'information. Donc ça se fait au détriment des faits et de l'information.
Euh c'est quelque chose ce qui ce que ça permet aussi, c'est en fait de produire de la confusion euh de faire en sorte que finalement la vérité, l'idée même de vérité, d'objectivité importe peu. Euh voilà, on s'en fout des chiffres. Ouais, ça c'est ces news.
Euh euh et donc à partir du moment où on crée de la de la confusion, en fait, on peut dire n'importe quoi. On peut mettre la gauche à droite, la la droite à gauche, les les antisémites chez les antifascistes, et cetera et cetera. Euh c'est hyper important euh parce que c'est vraiment un décrit un un décrit détric cotage euh des repères politique qui va aussi euh euh faire en sorte euh qui qui va favoriser le les intérêts de certains patrons notamment.
Euh et là je vous je vous renvoie au travail fait dans Rinoceros sur par exemple sur le réseau Atlas, voilà, des patrons qui ont intérêt à entretenir une confusion, une certaine ignorance notamment euh sur le climat par exemple euh ou sur des vérités établies. Euh donc l'extrême droit, c'est aussi le vecteur d'intérêt réactionnaire et et de de conservation du capital en fait. Voilà, je m' moi je ben du coup je vais développer avec quelques exemples un peu ce que vous avez dit parce que des fois c'était un peu abstrait euh mais mais c'était très juste tout ce que Non non non mais je veux dire par exemple structure j'ai noté structurellement subordonné au champ politique.
Très bien. On peut expliquer comment un petit peu on peut expliquer pourquoi. Je voulais revenir d'abord sur vous savez, on dit souvent, ça a été dit aussi la bataille culturelle, Gramchi, tout ça.
Pourquoi ils se pourquoi ils sont penchés là-dessus ? Parce qu'en fait on dit souvent ça pour rien dire là-bas l'extrême droite c'est en gros Gramchi, lui il dit que ce qui est nouveau dans le mouvement communiste à ce moment-là c'est que dans le mouvement marxiste, on se dit que le monde des idées est l'expression des rapports matériels et des rapports de force entre les classes et que donc les idées naissent de là qu'il y a pas d'autonomie du champ des idées vu que tout n'est que rapport matériel et matériel de production. Et Gramchi dit "Non, il y a une autonomie quand même du champ des idées.
On peut quand même gagner sur ce terrainlà, même si on n' pas toutes les rotatives, même si on n' pas tout le capital et cetera." Donc c'est pour ça que Gramchi, il est intéressant dans ce dans ce sens-là. Et je sais pas pourquoi ils ont bloqué dessus euh eux parce que ça les intéresse pas.
Enfin, c'est pas leur débat ça. Et en effet, paradoxalement, eux, ils n'ont jamais autant avancé que quand justement tout le champ matériel s'est aligné dans leur sens. ce que tu as très bien dit, c'està-dire à partir du moment où on commence à privatiser les antennes, à privatiser les antennes commerciales, les les antennes de de d'abord de TF1 et puis les libéraliser les ondes et à ce moment-là la pub commence à avoir un rôle très important et puis il faut aller vite et puis les plus jeunes ne savent pas que en effet c'est pas ça date pas de C news la télé vulgaire, la télé bête, la télé sécuritaire, ça date des de TF1.
Moi je pense faut revenir à TF1 d'abord, c'est que dès qu'on a donné au capital "Allez, tu as la main sur la télé, ils nous ont fait de la merde au kilomètres, des programmes. Euh non mais les premiers trucs où on commence à suivre des flics, attention l'insécurité et cetera, euh c'est pas aujourd'hui on on voit ça en 2è partie de soirée sur des chaînes de la TNT, c'est plus un programme star mais ça existe toujours. C'est un programme qui est très très commun aux États-Unis. s'est inspiré de des des trucs américains.
C'est TF1 les premiers qui nous mettent ça. C'est TF1 qui est le premier qui nous mettent des programmes vulgaires, abétissants et sécuritaire. Et c'est important.
Donc en gros, le vraiment le champ économique a reconfiguré ce tru-là et vraiment ils avaient le vent dans le dos. Donc le truc de l'autonomie du champ intellectuel. Oui.
Alors, leur champ intellectuel aussi, faut voir le le terrain de ruine aussi que c'est quoi. C'est il y en a un qui a lu trois livres chez eux, c'est un intellectuel et il l'invite partout. Euh pour qu'il en ait écrit un, c'est un esséiste.
Euh donc voilà. Non mais vraiment. Donc ça c'est le pour ce qui est de la la bataille culturelle.
Je pense qu'on a on a plus d'armes nous normalement pour la bataille culturelle de d'autant. Moi j'ai suivi avec attention, non, je suis là, je digresse complètement. Mais la la cérémonie d'ouverture des Jo, tu vois, ça c'est de la bataille culturelle.
Ça c'était de la bataille culturelle. Et j'ai regardé, j'ai fait "Ah [ __ ] je suis étonné. Je m'attendais pas.
Je pensais que ça allait être un truc, je me souviens, on en discutait ensemble, on était étonné. Bon structur, est-ce que le champ médiatique par contre reste structurellement subordonné au champ politique ? Oui.
Euh structurellement subordonné au champ politique, ça peut être de manière très fine, par exemple, qui compose l'ARCOM, qui va sanctionner, attribuer les fréquences et cetera. Là, on a vu que bah en fait, c'est des gens qui sont nommés. Le président est nommé par le président de la de la République mais les autres sont nommés.
Alors une partie, je sais plus par le Sénat, une partie par donc en fait c'est déjà le champ politique qui nomme le régulateur. En soit, c'est pas une mauvaise chose. C'est-à-dire de dire que le régulateur ultime du champ médiatique ne doit pas être le seul marché.
On peut le comprendre comme ça aussi l'ARCOM. À la base, le CSA est compris comme ça. Le CSA est créé précisément au moment où on libéralise et où on se dit il faut pas que le politique perde complètement la main.
Donc on crée le CSA pour dire bon faut quand même que ça devienne pas trop n'importe quoi. Donc il faut quand même que le champ médiatique soit subordonné au champ politique mais pas au sens où le le champ politique est lui-même normalement subordonné à l'intérêt général. C'est dans ce sens-là qu'il faut le comprendre.
Si on avait des politiques qui nous représentaient bien, et bien il pourrai configurer mieux le champ euh médiatique derrière. Donc ça faut aussi le comprendre comme ça. Mais le notre CSA, il est flingué à nous.
Enfin l'arcom là aujourd'hui, vous voyez bien que c'est flingué et qu'il faudrait au contraire non pas euh tout péter, euh enfin si, il faut tout péter. Non, faut faut tout péter. Faut tout péter pour avoir un un un conseil supérieur de l'audiovisuel ouou une une inter un acteur de la régulation, faut tout péter pour qu'il ressemble plus à la société, qu'il soit plus démocratique, plus à l'image de ce que nous on représente.
Par exemple, la gauche, c'est quand même un/ers de l'électorat. On n pas un/ tiers des chaînes qui sont attribuées à des projets idéologiques qui sont quand même assez proches du nôtre malheureusement. Alors les autres, ils vont dire "Oui ben France interre, c'est je suis désolé France interre, France info c'est à vous.
On parlait tout à l'heure de l'influence néfaste, nocive du printemps républicain et de tous ces acteurs islamophobes là qu'on qui ont eu pignon sur rue à partir de beaucoup de 2015 qui ont pollué le parti socialiste et qui on pollué les matinales de France culture. Euh ça c'est largement dans le dans le dans le sur le service public qu'on l'a vu et et donc on peut pas dire que France on l'a aussi documenté largement partout sur Acrimed dans Rinoceros. Notre service public n'est pas à l'image de notre pluralisme.
Le maximum que tu as le droit d'être à gauche dans le service public, je parle pas en tant qu'invité mais en tant que intervenant qui est là sur les plateaux un peu tout le temps entre Patrick Cohen et Caroline Forest, tu vois, tu as pas le droit d'aller plus loin que ça hein. C'est Gluxman le le max de gauche que il faut il faut être de gauche mais euh pas Mélenchon déjà. pas Mélenchon, il faut et puis après il y a c'est vrai aussi pour les éditorialistes, mais c'est vrai aussi pour les journalistes, il y a tout un tas de choses qu'on on a le droit de dire, droit de pas dire.
Il y a ce qu'il faut dire hein, par exemple, il faut dire que le la France insoumise est antisémite. Il y a des trucs faut cotiser au POS. Sinon, tu as pas le droit de dire la suite quoi.
Quand tu es éditorialiste, journaliste et cetera. Il y a des choses qu'il ne faut pas dire. On a montré aussi assez souvent que il ne faut pas parler du racisme.
Il ne faut plus dire il y a des trucs qu'on ne peut plus dire, on ne peut plus dire les électeurs du Rassemblement national sont racistes. Voà, on vous reprend tout de suite. Vous pouvez pas dire ça.
Voilà. Alors, faut pas parler de violence policière évidemment. Et il y a les choses que même en tant que professionnel, et c'est là où c'est intéressant aussi de parler des conditions d'exercice de la profession, en tant que professionnel, il y a des choses où on ne peut pas ne pas les dire parce que sinon on sera taxé. tu fais mal ton boulot si tu ne dis pas que je sais pas dans certains quartiers la France insoumise fait du clientélisme dans certains quartiers de je sais pas quoi.
Si tu l'as pas dit, tu as l'impression on va te dire que tu as mal fait ton travail que il faut le dire. Pourquoi tu le dis pas ? C'est suspect si tu le dis pas.
Il y a des gens alors là je vous renvoie aussi aux travaux de franchement les tensions raciales dans ce pays c'est hyper chaud les tensions racistes mais il ne faut pas en parler. Je renvoie à l'association des journalistes antiracistes et racisés. Il y a un soupçon qui est jeté, ils nous l'ont raconté.
Ils l'ont raconté dans les communiqués. Euh, par exemple, on a dessisi racisés en leur disant "Ça vous vous allez pas pouvoir en parler de cette questionlà, vous allez pas être objectif. Les questions de violence policière, les questions de police de manière générale, les questions de Palestine, ça vous n'en parlez pas.
Donc a il y a des logiques professionnelles mais parce que eux non pas en se disant les gens qui à la tête des rédactions ont ces idées là et se disent ça Amina, tu vas pas pouvoir en parler. On va pas te mettre là-dessus, on va te mettre sur les inondations, je pense c'est mieux pour tout le monde. Si s'ils se disent ça, c'est pas ils se disent pas qu'ils sont racistes, ils se disent "Ce sera plus objectif".
Ils ont une certaine idée de l'objectivité et l'objectivité en fait c'est la leur en fait c'est leur subjectivité bourgeoise. C'est la subjectivité de la bourgeoisie qui s'établit comme objectivité. Et quand je dis que c'est toujours subordonné au champ politique, c'est que mine de rien, Macron détermine le pouvoir détermine encore énormément le champ de ce qui est raisonnable et de ce qui n'est pas raisonnable.
Par exemple, un président qui ne respecte pas le résultat des élections législatives, qui choisit de tergiverser, procrastinier, qui détermine que tiens, il y a une trêve pour les JO, admettons, qui au retour dit "Je vais consulter tout le monde, je sais pas, je sais pas quoi." Il y a des pays où on hurlerait en disant "Mais c'est pas possible, c'est une dérive monarchique." dans un vrai pays parlementaire, dans un pays une vraie démocratie parlementaire, déjà c'est pas le président qui peut dissoudre comme ça hein, c'est plutôt le premier ministre normalement qui devrait avoir ce rôle-là parce que du coup, il s'engage sa propre responsabilité.
Cette prérogative là qu'a le président de dissoudre quand il est pas content, même avec le coolown d'un an, c'est quand même très bizarre. C'est très très bizarre. Mais il y a dans notre pays, c'est normal.
Tu peux pas dire que c'est bizarre. Si tu dis que c'est bizarre, si tu commences à dire dérive autoritaire, waouh euh, c'est pas normal de dire dérive autoritaire. Macron est en gros le pouvoir, ce que le pouvoir se permet ou ne se permet pas.
Moi, je pense qu'il est largement responsable du dépassement des limites à chaque fois. C'est à partir du moment où euh euh Vidal, Frédéric Vidal, ministre de l'enseignement supérieur, à ce moment-là commence à prendre au sérieux le terme d'islamisme, que le terme d'islamchisme commence à être pris au sérieux par les journalistes et cetera. Le pouvoir détermine encore le le cran de violence auquel on a le droit d'aller euh contre les minorités, contre la gauche.
Très important ça aussi. Là, il il paraît normal de dire euh on n'acceptera pas de toute façon vous c'est bien normal, tu vois. J'ai vu un un éditorialiste sur BFM TV qui disait qui trouvait "Oh non, c'était Marchal ou je sais pas quoi ou je les confonds Marchal et Truchud." Mais si les grosses lunettes, je crois que c'est Marchal qui disait "But comprenez bien qu'on peut pas avec des ministres insoumis, c'est pas possible.
Enfin voilà, vous comprenez bien que c'est uno. Évidemment sur le ton de l'évidence. Pourquoi ?
Parce que Aurore Berger avait dit la la même chose la veille sur France Interre. Aujourd'hui, le RN va plus loin. Donc on va voir le RN dit carrément ce sera aussi sans les écolos.
On va voir jusqu'à quand euh finalement Macron va reprendre ça à son compte et dire aussi "Oui, d'ailleurs et sans les écolos finalement, on est d'accord." Bon, bref, tout ça pour dire quoi ? parce que là je je je finis.
Ah puis en plus j'ai perdu ma page. Oui. Donc déglinguer l'ARCOM et en faire un truc un peu plus démocratique.
He il s'agit pas de dire il y a plus de régulation mais la régulation elle doit être démocratiquement et ça doit être un grand débat national et on devrait faire une convention citoyenne sur l'état du champ médiatique hein. Voilà on peut être d'accord. Poser les problèmes sur la table et dire il y a un problème avec les Salamé.
Parlons-en entre nous. Voilà. Et et il va et et évidemment démantel les l'empire de Bolloré comme ça a été dit.
Je veux dire, c'est évident pour les résistants après la après la Seconde Guerre mondiale. Le rôle, ça a été dit. Je sais pas vous étiez chez Chaputo avant là, il y avait Chaputo Palieta et Clémence Gueté qui parlaient aussi de ça.
Et le rôle structurant de la presse là-dedans et des milliardaires qui ont euh pavé la voix au nazi derrière. Bon bah comme nous aujourd'hui, ils pavent la voix n'importe quel médiocre peut faire une carrière extraordinaire que ce soit en politique ou médiatiquement euh s'il a le vent dans le dos de Bolloré parce que il y a plein de place à prendre. L'autre il a de l'argent à distribuer.
Vous vous rendez pas compte à quel point Bolloré paye est en train de payer des fascistes. Leur métier c'est on a on s'est aperçu là cet été qu'il y avait un autre ancien du Gut, je sais plus lequel. Son boulot c'était de surveiller l'île de Bolloré pendant l'été.
C'était lequel celui-là ? Vous vous rappelez ça ? Non, je sais plus.
Bon oui, vous savez vousier Val oui Marc de Calcré Valmenier c'est ça et voilà ben lui voilà un nazi notoire bon bah lui son son job d'été c'est du boloré mais mais finalement c'est le le job de de Pascal pro c'est du Boloré Anouna il a beau avoir le régulateur qui a tapé et on a vu les limites du truc quoi. Bolloré dit bah tant pis j'ai Canal encore. D'ailleurs, je vous fais du chantage avec Canal et vous allez garder Canal puisque Canal finance le cinéma.
Donc au pire, hop, pile tu hop le boloré le boloré, le Hanouna, je le fous sur Canal. Donc là, il va falloir péter ça mais fort et puis dans une certaine mesure, il y a pas que Boloré, ça a été très bien dit. Nous, on regarde Rodolphe Saad qui vient d'acquérir voilà CMA CGM qui vient d'acquérir BFM TV.
Le mec, il a eu des avantages ce qu'on disait dans dans Rinoceros, il a eu des avantages fiscaux considérables sous Macron. Si on euh lui il ira pas plus loin que ce que Macron lui laisse faire. Déjà que c'était lui hein euh enfin non c'était pas lui mais c'était c'était le c'était déjà des macronistes avant à BFM plus ou moins du coup avec Fael on avait pas le droit de parler de violence policière hein du AML.
Oui. Non mais voilà. Bon, on est dans une ambiance macroniste de base.
Voilà, ça devrait pas changer. Mais plus Macron s'extrême droitise aussi et on a constaté le le le la dérive totale de Macron à l'extrême droite ces dernières années, il y a plus trop de limite. Bon bah, plus ils vont l'accompagner sans gêne sur BFM aussi et on pourrait et je pourrais développer longtemps aussi et je vais peut-être m'arrêter là parce que je après j'avais des trucs sur Twitter et tout mais il y aura il y aura des échanges après non ?
C'est ça. Donc voilà. Bon, j'espère qu'on a j'ai un peu explicité des trucs.
Merci. [Applaudissements] Bon, du coup, c'est un peu compliqué de passer après les camarades qui ont déjà dit quand même énormément de choses. Euh moi, je vais essayer de vous expliquer un petit peu rapidement justement pourquoi est-ce que on fait de la critique média, pourquoi c'est important de d'analyser les médias et cetera parce que bah c'est dit comme ça, c'est un peu ça paraît un peu bête, mais ça permet aussi de surveiller justement nos journalistes, de surveiller un petit peu ce qui se passe.
C'est quoi l'information qu'on nous produit ? Et en quoi c'est très souvent de la désinformation ? Et c'est hyper important en fait de faire ce travail de Ah, faut que je parle plus fort.
D'accord. Donc en gros le faire de la critique média, alors évidemment c'est un outil parmi tant d'autres et c'est pas nous qui allons faire en sorte que tout ça change et qu'on arrête tout de suite la montée de l'extrême droite dans les médias. Mais au moins, ça permet de euh les corriger, de les reprendre, de rappeler aussi euh les faits et parce que c'est vraiment des la plupart bon encore une fois quand on dit les médias, voilà, on parle principalement effectivement donc de ces médias de Boloré bien sûr, mais également BFM, enfin voilà, tout le service public comme tout le monde l'a dit ici.
Euh voilà, pas les médias indépendants, on va dire, qui font de l'enquête et qui font correctement leur travail et plutôt voilà, les médias de d'opinion, on va dire, et pas d'information. Euh et en fait le la critique média, ça permet de poser des questions qui sont extrêmement importantes, qu'on pose jamais, qui sont jamais dites, comme par exemple bah voilà justement qui sont les journalistes, qui sont les personnes qui devont inviter parce que par exemple maintenant c'est même plus indiqué dans les bandeaux sur ces news dans les bandeaux, il y a plus expliqué que euh telle personne travaille pour tel institut, pour telle entreprise. Simplement, il y a son nom et il va y avoir peut-être écrit spécialiste ou expert, mais on sait pas pour qui il travaille.
On sait pas qui c'est qui le finance. Et donc ça, c'est hyper important de revenir là-dessus en fait, de faire un peu la sociologie. euh de ces gens et puis donc des sondeurs, des journalistes.
Euh on parlait tout à l'heure de la presse people. Il y a un truc hyper intéressant intéressant pardon avec la presse people, c'est par exemple bah c'est important de savoir qui sort avec qui parce que très souvent il y a des politiques qui sortent avec des journalistes. Ça nous est pas dit.
On se retrouve avec des plateaux, ça avait été le cas avec Jean-Michel Blanquer et son sa compagne qui est journaliste dont je n'ai plus le nom. Euh ah oui, qui avait euh qui qui s'était retrouvé en fait à à commenter du coup la politique de son compagnon. Euh c'est important peut-être qu'on sache effectivement que Léa Salamé et Raphaël Gluxman soient ensemble.
Euh tout ce genre de choses-là qui peuvent paraître un petit peu euh ça paraît un petit peu euh Ouais voilà. Enfin pas pas forcément intéressant au premier abord mais en fait pour le public c'est hyper important de savoir ça. C'est quoi les intérêts de ces gens ?
Pourquoi ils protègent telle personne ? C'est quoi leur relation ? Et après, on peut aller encore effectivement comme on disait tout à l'heure, la famille du Amel Safois c'est des grandes familles, des familles qui vont manger chez les Macron.
Enfin bref, tout ça c'est des choses enfin on pourrait voilà en parler pendant des heures et des heures. Quelles sont les relations qu'ils ont qu'ils entretiennent les uns avec les autres ? Et pour revenir spécifiquement sur l'extrême droite, ça c'est vraiment pas nouveau.
On avait déjà Yve de Cardrel, je crois qui était le directeur de valeur actuelle qui allait dans la maison de vacances de Nicolas Sarkozi. On a eu bah Emmanuel Macron qui a invité Geoffrey Le jeune, donc de valeur actuelle à l'époque dans l'avion présidentiel pour faire une interview. Euh donc le pouvoir aussi montre se montre avec l'extrême droite.
Parfois il se rencontre en secret mais en tout cas il y a vraiment des liens entre les journalistes et les politiques et ça on a vraiment besoin de le savoir. On a besoin de savoir voilà quels sont les intérêts des uns et des autres. Ils font des petits cadeaux entre eux et cetera et cetera. euh les relations effectivement par exemple de de Marc Olivier Fogiel donc qui était le directeur de BFM jusqu'à peu euh avec euh les politiques donc je sais pas si vous avez vu l'enquête de Média Part qui est sortie il y a pas très longtemps qui expliquait que euh en gros Nicolas Sarkozi quand il était venu s'expliquer sur euh c'est long, j'essaie de la faire très breve euh il était il avait été invité à BFM il y a quelques années pour une interview avec Rutel Crief où il devait s'expliquer en fait sur l'affaire libyenne des financements libiens et Il y a eu une interview sur BFM TV qui a été réalisée où il a pu se justifier, où il a pu expliquer qu'il n'était pas un voyou et cetera et cetera et donner tous ses arguments.
Et Media Part a révélé qu'en fait cette interview, elle avait été organisée entre Routel Crief, Marc Olivier Fogiel et la femme qui était la chargée de communication de Nicolas Sarkozi. Et dans ces SMS, il se tutoi. Ils espèrent que ça s'est bien passé, que est-ce que ça vous arrange ?
Celle qui est responsable de la communication de Sarkozy dit même "Ah mais vous pourrez le réutiliser cet extrait par exemple et voilà, il il s'appelle Marco. Enfin c'est vraiment c'est une connivance impressionnante et tout ça c'est heureusement que ça a été révélé parce qu'en fait tout ça a été mis en œuvre. Alors peut-être que peut-être que voilà on sait aujourd'hui la plupart on sait que bon BFM TV est quand même toujours très proche du pouvoir mais on sait pas ça on sait pas ces échanges de SMS avant.
On sait pas que ça a été organisé en fait par plus ou moins Sarkozy lui-même toute cette interview et ça remet en question beaucoup de choses et c'est hyper important de qu'on ait tout ça en tête en fait. Et donc je sais plus où j'allais mais en gros voilà la critique média ça ça permet donc de de démontrer en fait tous ces liens et puis et puis voilà effectivement de d'essayer de d'arrêter en fait la la désinformation terrible qu'il y a. Euh tout à l'heure, tu en parlais un petit peu Samuel et puis toi aussi Pauline euh par exemple voilà aujourd'hui ça va être classique d'entendre sur un plateau de télévision ou à la radio que maintenant les vrais fascistes sont les antifascistes.
Ce genre de chose qui l'extrême droite n'est plus d'extrême droite. Enfin, on joue sur les mots et on fait en sorte de renverser toutes les réalités. Voilà, le LFI qui sera antisémite, enfin vraiment euh tout est sans dessus dessous et c'est à force de en fait que ce soit martelé, ça rentre effectivement euh dans les têtes des gens.
Et donc c'est hyper important de venir rappeler en fait les définitions des choses, de venir réexpliquer euh euh à chaque fois et de venir dire "Non, là il y a c'est pas une vérité. Euh que ce soit sur les chiffres aussi, ça c'est un gros travail que faited euh parce que sur les les chiffres c'est constant constant. On nous donne des chiffres, on nous donne on nous balance des sondages, on sait pas comment sont fait les sondages.
Du coup, ça veut dire que les Français pensent ceci, donc c'est mieux pour vous, donc il faut suivre tel sondage. Enfin bon, c'est vraiment euh euh quelque chose que qui est beaucoup enfin, on a beaucoup de fausses informations et euh et puis aussi l'important, c'est bah voilà comme on disait de de quels sont en fait du coup quelles sont les sources de ces journalistes. Encore une fois, on parle vraiment pas des journalistes qui font bien leur travail d'enquête et cetera et cetera. a vraiment plutôt les éditorialistes star et en fait donc c'est des personnes qui euh vont véritablement dire ce que eux veulent mais qui ne vont pas euh vérifier les faits qui vont choisir les les faits qui eux euh les intéressent.
On t'en parlais tout à l'heure mais c'est très intéressant effectivement le la question des faits divers. Donc je vais pas revenir sur ce que tu viens de dire mais en gros euh les faits divers, c'est vrai que on ne choisit et là c'est tous les médias ne choisissent que l'effet d'hiver que l'extrême droite a choisi pour eux. Et très souvent, c'est des choses qui vont effectivement partir de un tweet de Damien Rilleux qui va euh repris sur F de souche, repris après par valeur actuel, puis ça arrive au Figaro.
Là déjà c'est hop, on passe une étape et ensuite du Figaro, ça passe à ces news et très très vite comme ça, ça se retrouve sur France info et vraiment euh et on va parler de ce fait d'hiver en boucle et ce sera le fait d'hiver qui a été choisi par l'extrême droite. Il y a un exemple qu'on avait pris dans rhinocéros que je trouve intéressant, c'est par exemple, ils avaient dit au sujet de du meurtre du jeune Thomas à Crépole, ils avaient dit "Mais non mais c'est pas un fait divers, c'est un fait de société, faut qu'on en parle et cetera." C'est là où effectivement Zemour avait encore plus parlé de francoide et cetera.
Et euh en fait ce qui était choquant, c'était la la mort d'un jeune homme. Mais euh en fait ce même jour, il y a une jeune femme de 17 ans qui a été tuée par un homme qui s'appelle Romain et qui est agriculteur. Et donc c'est aussi une adolescente qui a été tuée ce même jour.
Mais on a parlé de Thomas, on a pas parlé de cette jeune fille et pourtant ça aurait pu être aussi un fait de société. Faudrait peut-être qu'on parle des féminicides, faudrait peut-être qu'on parle de de de la violence. euh de de Oui, exactement.
Il y avait eu aussi Ben alors là, ouais, je prenais l'exemple parce que là pour le coup, c'était une mineure morte. Enfin, c'était vraiment le même si c'est pas le même jour, c'était la veille ou le lendemain, mais dans le sens où on aurait vraiment pu aussi y passer autant de temps disons, mais ils ont pas choisi ça. Effectivement, comme tu le rappelles, il y avait eu quelques temps avant ou après Mediaapart avait récupéré des vidéos de d'un jardinier qui s'appelait Mourad, je sais pas si vous en rappelez, qui a été attaqué au cuteur qui était une vidéo très choquante et avec des insultes racistes, enfin il y avait vraiment aucun doute sur le mobile de la tentative de meurtre qu'on qu'on dont on avait des images quand même des images concrètes de d'une tentative de meurtre raciste et ça ça aurait dû être quelque chose qui qui aurait dû révolter justement toute la classe médiatique et et cetera, mais on n pas choisi ça et vraiment donc ça ça a été voilà le moment créole, ça a été c'est l'extrême droite qui impose ses victimes, qui impose ses coupable aussi parce que il fallait absolument sortir les prénoms dans la presse.
Euh enfin, je vais passer toute la tout mon temps de parole là-dessus, mais en tout cas si c'était important cette histoire des des prénoms, parce que ça aussi, si je dis pas de bêtises, c'est le Serge Njar, le dirigeant de C News qui euh demande toujours à ce qu'on vérifie les prénoms et il choisit en fait si c'est un prénom à consonance musulmane, arabe ou africaine, il dit "On parle de ça, si c'est pas le cas, il dit non non, c'est bon, on va pas parler de ça, c'est pas intéressant." Ça c'est je sais plus qui avait révélé ça mais euh mais en tout cas c'est un fait. Et il y avait le le collectif Sleepy Giant aussi qui avait expliquer qu'il y avait euh sur C News News, dans les bandeaux de C News sur 365 jours, il y en a 335 où il y a les mots islam et immigration dans les bandeaux en bas.
Donc c'est vraiment ce sont des choix politiques, des choix euh qui sont faits et qui veulent imposer donc effectivement cette vision raciste, que ce soit du fait d'hiver, mais aussi par les sondages, enfin tout ce qu'ils peuvent utiliser et même quand ils ont des véritables informations de leur reporter sur place, ils ne les écoutent pas. et Sonia Mabrou qui avait un exemple comme ça où elle ne euh pareil, je m'excuse, je sais plus qui avait révélé ça, je me demande si c'était pas les jours médiia part encore. Et ben bravo à eux parce que ça en fait euh qui avait qui avait révélé que Sonia Mabrou pareil recevait des informations en direct de son reporter sur place et qu'elle choisissait de dire une autre information parce que la vérité ne lui convenait pas.
Enfin c'est vraiment voilà, c'est presque caricatural en fait. On a du mal à à se dire voilà qu'on c'est presque difficile à croire finalement. Euh et puis aussi non, l'important avec la critique média, c'est aussi de de d'aller regarder donc effectivement comme tu disais déjà dans l'histoire ce qui s'est passé et puis aussi ce qui se passe un petit peu dans le monde même si voilà, je vais pas partir là-dedans, mais on peut voir voilà ce qui se passe en Argentine avec la fin de de Telam, l'agence de presse de là-bas qui a été fermée du jour au lendemain.
Ce qui se passe en Italie avec Mélonie qui censure, des penseurs qui critiquent Mussolini. Enfin voilà le il y a énormément de choses en fait euh qui nous permettent d'observer en fait l'état de la presse et on se rend compte que en France donc l'état voilà comme tout le monde l'a très bien expliqué là c'est très très préoccupant euh le pouvoir en place ne fait rien absolument rien. Il y a même beaucoup de les journalistes sont même de plus en plus en danger.
Il y a eu on a eu des journalistes en garde à vue qui ont fait des heures et des heures de garde à vue. Les les sources sont en danger. Les sources sont mises en danger.
Il y a des menaces régulières et absolument rien n'est fait. Effectivement, on continue de laisser les milliardaires accumuler de plus en plus de choses. Le petit nouveau, enfin pas non, il est pas nouveau, mais celui dont on va beaucoup entendre parler, c'est Pierre Édouard Sterrain qui a repris, enfin qui voulait reprendre Marianne qui ne l'a pas eu et mais qui a repris quelque chose.
Je doute du crayon. Il a un bout du crayon. Oui, il a un bout du crayon, c'est vrai.
Et l'humanité a révélé ce qu'ils appellent le projet péiclessè. C'est-à-dire que cet homme-là en fait, il a c'est vraiment son plan, c'est écrit noir sur blanc euh l'objectif de faire passer, quoi qu'il arrive l'extrême droite au pouvoir en France. Et pour ça, enfin voilà, c'est c'est comme Boloré, sauf que lui, il y a carrément des preuves.
Ça a été révélé par l'humanité. Euh enfin, c'est vraiment euh voilà, je vous conseille d'aller voir ça. C'est histoire de flipper encore un petit peu pour ce qui arrive.
Et rien n'est fait contre ça. Absolument rien ne euh il y a aucune décision qui est prise. Euh voilà, je vais pas faire de la redit effectivement par rapport à l'ARCOM et cetera, mais c'est extrêmement préoccupant et c'est vrai que que nous là-dessus euh évidemment de notre côté, mais ça je pense que vous le savez tous ici, il faut absolument soutenir bah la presse indépendante, libre et cetera comme vous le pouvez.
Enfin, en tout cas, voilà, essayer de de partager le plus possible ces enquêtes là, ces informations là parce que c'est hyper important le travail de terrain et c'est vrai que c'est compliqué à faire, c'est difficile et justement travailler sur l'extrême droite, bah street press vous connaissez, vous voyez toutes les menaces qui se prennent et à quel point ça peut être dangereux et comme il faut absolument effectivement essayer de de soutenir cette presse là, mais après ça n'empêche que ça n'enlève pas le problème que nous on a besoin en fait de tout changer. On peut pas accepter par exemple, on dit "OK, c'est bon, si on a le média, on garde ces news". Non, il faut plus qu'il y ait c news.
Un média comme C News peut plus exister, c'est pas possible parce que c'est un média qui est concrètement raciste, qui a violé toutes les règles qui qui devait normalement respecter. Et donc ça ça aurait dû être tout simplement interdit. Et là voilà, on peut crier à la censure et cetera et cetera.
Mais non, c'est c'est comme ça. Ça devrait c'est des certains médias ne devraient plus pouvoir diffuser parce que c'est beaucoup trop dangereux et voilà. Je sais pas trop quoi. [Applaudissements] Bon, je pense que Loui a raison en disant que c'est important que les politiques aient de la transparence par rapport à leur lien avec les journalistes.
C'est pourquoi je vous dis que aucun journaliste ne veut être ami avec moi et que c'est bien le problème pour la France insoumise, c'est que nous n'avons pas de mais qu'à la limite, on peut leur les inviter à prendre un grec à la maison. Mais on ne pourra pas faire plus. Je pense que c'est important aussi quand on parle d'extrême droitisation des médias de définir aussi ce que c'est que l'extrême droite et par quel processus l'extrême droite cherche à convaincre.
L'extrême droite, elle a posé un clivage. Ce clivage, c'est l'autre. Et ce qui est pratique pour l'extrême droite, c'est que l'autre, il a rien de matériel.
Mais à force d'obsession, on est capable de définir ce qu'est l'autre. Et ces obsessions, on peut les résumer, il y en a beaucoup d'autres. Mais je pourrais dire que c'est l'immigration.
Je pourrais dire que c'est l'islam et je pourrais dire que c'est les quartiers populaires et tout ce qu'on toute la dynamique d'extrême droitisation des médias, ça consiste à légitimer ce clivage, à légitimer le fait que et ben oui, finalement peut-être que l'autre est un problème. Et euh parfois en allant dans des trucs mais qui n'ont absolument aucun sens, écoutez, regardez quand ils disent "Non, arrêtez de dire que les électeurs du Rassemblement national sont racistes parce que leur premier centre d'intérêt c'est le pouvoir d'achat." Allez interroger un électeur du Rassemblement national sur "E qu'est-ce que tu veux pour le pouvoir d'achat ?
Vous croyez qu'il va répondre je sais pas moi un peu sur la fortune augmentation des salaires. L'une des premières choses qu'il vous disent c'est qu'il va falloir aller aller prendre à l'immigration qui ne leur convient pas et il vous pose un clivage raciste sur la question de l'emploi. Ils le font aussi de manière complètement contradictoire.
On se retrouve à avoir à la fois une extrême droite qui vous dit que l'immigration prend tous les boulots et qu'en même temps les immigrés veulent pas bosser. Et ça c'est des choses que vous avez en permanence et qui sont rabâchées, rabâchées, rabâchées, rabâché constamment sur les médias. Comme à chaque fois qu'on parle d'insécurité, à chaque fois qu'on parle d'insécurité, ces journalistes, ils vont venir vous parler de quoi ?
Ils vont venir vous parler d'immigration et ils vont venir vous parler de quartier populaire. Et c'est pourquoi je pense que c'est important de dire quelque chose. Ces journalistes n'ont jamais foutu un seul pied de leur vie dans un quartier populaire.
N'ont jamais fréquenter une seule fois de leur vie une personne de l'immigration et connaissent absolument rien à l'islam et aux musulmans. Et pourtant, ces gens sont littéralement payés à commenter des choses qu'ils ne connaissent pas. Et ils nourrissent ils nourrissent ce clivage à travers alors attention hein, jamais on valide la thèse mais on pose la question.
Par exemple, on a le traditionnel débat de l'été et on l'a à nouveau eu et le Burkini parce que c'est absolument indispensable de reparler euh du Burkini. Vous avez eu par exemple Manuel Bompard qui hier a été interviewé, je crois que c'était sur BFM TV, peut-être que je me trompe, a été interviewé sur BFM TV. Vous avez le chef d'un mouvement politique dont qui est une des composantes de la force qui est arrivé en tête aux dernières élections législatives qui demain va aller rencontrer le président de la République pour parler du fait qu'il est en train de faire un coup de force et de voler les résultats d'une élection.
Quelle est la question qui est posée ? Manuel Bompard : "Une mosquée a été fermée à Marseille. Qu'est-ce que vous en pensez ?" Et à chaque fois à chaque fois que vous avez des sujets qui sont absolument évidents, il vous ramènent toujours les sujets dont ils ne maîtrisent rien, c'est-à-dire l'islam, les quartiers populaires et l'immigration.
Et ce qui est intéressant, c'est qu'à chaque fois qu'il vous ramènent ces débats, ils le font toujours et j'insiste vraiment toujours sans les personnes concerné. C'est quand la dernière fois que vous avez vu un débat sur le voile avec une femme voilée ? La dernière, c'est quand la dernière fois qu'on a vu ça ?
Moi je me rappelle, j'en avais vu un un jour, une femme qui avait été discuté avec l'autre idiot de Jean Messia là, une femme voilée. Écoutez, elle était merveilleuse et criante de vérité en lui disant "Ferme-la, mais ferme-la." Et et et elle et elle expliquait globalement ce qu'il va falloir à chaque fois expliquer sur ce débat, c'est que l'espèce d'abruti qui veut obliger une femme à retirer son voile et le même espèce d'abruti qui veut obliger une femme à porter un voile, juste foutez la pé aux femmes.
Et ça c'est le débat politique actuel. sur les quartiers populaires. Sur les quartiers populaires, c'est la même chose.
Et vous savez, c'est quand la dernière fois qu'on a vu des représentants d'association et des quartiers populaires sur les plateaux de télévision ? Parce qu'ils sont jamais là, ils sont jamais ils sont jamais sur les plateaux télé. Vous savez, à chaque fois que vous avez les émissions W9, M6, Enquête d'action et compagnie, ils sont jamais là pour dire qu'il racontent des conneries dans ces émissions.
Mais on les a vu une fois au moment où il y avait les révoltes dans les quartiers populaires suite à la mort de Naël. Et ils étaient invités que pour une chose, pour dire aux jeunes "Rentrez chez vous Et après on a dit "Vous inquiétez pas les quartiers populaires, oui, on va en parler mais dites aux jeunes de rentrer et après on pourra en discuter." Et à partir du moment où tout ça s'est terminé, j'ai pas vu un seul représentant d'une association des quartiers populaires sur un plateau de télévision.
Et l'extrême droitisation, c'est à la fois légitimer l'extrême droite, légitimer le clivage qu'elle pose avec la définition de l'autre. C'est aussi et c'est surtout retirer la parole aux personnes concernées, retirer la parole au peuple. Et quand on pose la question sur qu'est-ce qu'on fera nous pour lutter contre l'extrême droitisation, et c'est sur ça que je vais venir, pour lutter contre l'extrême droitisation, il faut déconstruire, il faut premièrement déconstruire le racisme.
Se pose la question de comment est-ce qu'on lutte contre l'extrême droite, vous ne luttez pas contre l'extrême droite si vous ne déconstruisez pas le racisme. C'est le meilleur moyen que vous avez de lutter contre l'extrême droite. Et les personnes qui croient qu'on peut réussir à agglomérer des électrices et des électeurs d'extrême droite sans déconstruire le racisme se trompe profondément.
Impremièrement parce que souvent il se retrouvent à légitimer les discours de l'extrême droite mais surtout parce que derrière il y a des personnes qui se sentent insultées par ces débats à longueur de journée et qui demandent à ce qu'on soit-ce qu'elle soit défendue. On parle énormément de faire de l'alliance des tours et des bours. Vous faites pas l'alliance des tours et des bours si jamais vous avez un match de foot au moment où fa manifester contre l'islamophobie.
Vous non mais parce que les tours méritent d'être défendus. Vous faites pas l'alliance des tours et des bourgs si vous avez un barbecue au moment où faut défendre le droit des lycéennes à s'habiller comme elles veulent. Quand Gabriel Atal fait une polémique avec la Baya pour discriminer, pour insulter et pour faire diversion sur sa rentrée calamiteuse.
Vous ne faites pas l'alliance des tours et des bours si jamais vous n'avez pas un cap clair sur la question palestinienne qui symbolise et qui cristallise toute la situation entre les personnes opprimées et les personnes qui oppressent. C'est ça. C'est comme ça qu'on lutte contre l'extrême droitisation.
Pas en essayant de la contourner, pas en essayant d'être poli, pas en essayant d'être gentil. Croyez-moi, il y en a qui ont essayé, ils sont tombés. Il faut aller déconstruire, déconstruire le racisme et déconstruire la légitimité de ces médias.
Il faut aller un jour, je me rappelle, j'avais Christophe Barbier, il était en train de me parler de quartier islamisé de la République. Mais quand est-ce qu'il a été dans un quartier populaire ? Et ben écoutez, vous pouvez avoir des personnes qui disent "Oui, peut-être queil y a ça." Non, il faut regarder Christophe Barbier droit dans les yeux et lui dire "Quand est-ce que tu as été dans un quartier populaire ?" Et vous savez ce qui répond ? "Oh, je prends le métro." À partir de ce moment-là, là vous là vous délégitimez l'adversaire parce que ce sont des adversaires.
Là aussi, vous contribuez à déconstruire. Et ensuite, il y a la question de qu'est-ce que nous on fera ? Qu'est-ce que nous on fera ?
Et ben premièrement, on va empêcher les milliardaires d'avoir un monopole sur les médias. Ce ne sera plus possible pour une seule personne de posséder un média à elle seule. Mais mais ça passe aussi par le fait de soutenir les médias indépendants et ça a déjà été dit à de nombreuses reprise, il faut qu'on soutienne les médias indépendants parce que si jamais il y avait pas ces émissions, sincèrement, il y aurait juste que de la déformation de la vérité.
Il y aurait plus de vérité. Et heureusement que ces émissions, elles existent. Mais surtout vous aussi, vous êtes un média parce que il y a un paramètre qui change absolument tout, c'est les réseaux sociaux.
Et les réseaux sociaux vous permet à toutes et à tous d'être un média, de faire porter un message et permet aussi pour une fois de permettre à la parole du peuple d'émerger dans le débat public parce qu'il y a beaucoup de personnes qui regardent plus la télévision parce qu'ils se disent de toute façon ces gens-là sont tous des guignoles et qui ne s'informent qu'à travers les réseaux sociaux. Et là ici vous y avez votre place. Et dans le programme l'avenir en commun, il y a aussi le soutien à ces médias indépendants, à ces petits médias qui cherchent à se lancer, à faire entendre une autre voix et c'est notre rôle de les soutenir particulièrement dans le monde d'Internet.
Parce que oui, maintenant le monopole des milliardaires sur les chaînes de télévision, on le retirera par la loi, mais ce monopole, il est retiré de fait par l'existence d'une plateforme sur laquelle on a toutes et tous le droit à la parole, c'est internet. Saisissez en vous. [Applaudissements]
Louis Boyard