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Podcast / conversationLegend (sur YouTube)· 29 mars 2026 128 minComplaisantActualité / polémiqueDéfenseInstitutions & électionsEurope & internationalÉconomie & entreprises

LA GUERRE BIENTÔT SUR LE SOL FRANÇAIS ! L’ANCIEN CHEF DES ARMÉES NOUS ALERTE (PIERRE DE VILLIERS)

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 53 %Attaque 26 %Défensif 20 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 2:00OuverteRéponse directe

    Vous pensez que notre génération va connaître la guerre vraiment ?

  • 4:00OuverteRéponse directe

    Est-ce qu'un pays a failli utiliser sa bombe nucléaire ?

  • 6:00OuverteRéponse directe

    Pourquoi avez-vous démissionné en 2017 ?

  • 10:00OuverteRéponse directe

    Qu'est-ce qui vous a marqué au Kosovo ?

  • 15:00OuverteRéponse directe

    Quelle est la différence entre tactique et stratégie ?

  • 20:00OuverteRéponse directe

    Quels États sont les plus dangereux pour la France ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Fait
    « On n'est plus en temps de paix. Et ce qui me fait peur c'est un missile de croisière qui s'abat dans une petite ville de France qui fait 50 morts et 300 blessés. »
  • 4:00Fait
    « Un moment ou un autre, un de ces dictateurs qui n'aura plus la possibilité de manœuvrer, utilisera tous ses moyens, y compris avec le nucléaire. »
  • 11:00Fait
    « J'ai vu les corps au fond des puits femme enfant donc ça ça marque. »
  • 0:30Fait
    « On ne peut pas emmener des gens derrière soi si on ne sait pas où on veut aller. »
  • 4:00Fait
    « Mon général, alors il faut vous présenter aux élections présidentielles. Mon général, on marche sur la tête, c'est le bordel. Il y a plus que vous. On a confiance. »
  • 6:00Fait
    « Je ne suis pas un homme politique. Je continuerai à servir mon pays comme un militaire, comme un officier, mais je ne suis pas fait pour me présenter aux élections présidentielles. »
  • 8:00Fait
    « Je suis plus utile en étant à l'extérieur du système qu'à l'intérieur et je le connais bien le système. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour tout le monde et bienvenue sur légendes. Notre invité aujourd'hui c'est le général Pierre Deviler qui était sma chef d'état-major des armées et c'estàd qu'il était à la tête de l'armée française. Vous pensez que notre génération va connaître la guerre vraiment ?

La guerre est à nos portes. La menace est [musique] grandissante. On n'est plus en temps de paix.

Et ce qui me fait peur c'est un missile de croisière qui s'abat dans une petite ville de France qui fait 50 morts et 300 blessés. On n'est pas capable de dire d'où il vient et on n'est pas capable de l'arrêter. Est-ce que quand vous avez été chef d'étatmajeur des armées, vous avez appris qu'un pays a failli utiliser sa bande nucléaire ?

Aujourd'hui, il faut faire attention. Vous croyez que c'est possible ? Bien sûr, vraiment.

Absolument. Un moment ou un autre, un de ces dictateurs qui n'aura plus la possibilité de manœuvrer, utilisera tous ses moyens, y compris avec le nucléaire. Bonjour tout le monde et bienvenue sur légende.

Notre invité aujourd'hui c'est le général Pierre Deviler qui était Sma chef d'état-major des armé et c'estd qui était à la tête de l'armée française sous le président de la République qui va nous raconter son parcours. Pourquoi est-ce qu'il a décidé de démissionner ? le seul chef d'étatmajor qui a démissionné au cours de la 5e République, était en désaccord avec le président de la République justement par rapport à la diminution des budget des armées alloués aux armées.

Il va nous raconter du coup à quoi ça a servi, pourquoi est-ce qu'il a fait ça, son rapport avec le président, ce qu'il a vu aussi au cours de sa carrière et ce qui nous propose de lire dans son livre. Il est venu avec son livre pour le succès des armes de la France. nous raconter pourquoi il l'a écrit avec sa vision de la France, sa vision du monde qui change.

On va parler beaucoup de géopolitique aussi, de l'évolution en malheureusement du monde aujourd'hui. Lui, est-ce qu'il est pessimiste, optimiste ? Qu'est-ce qu'il a vu au sein des réunions de défense ? qui va nous raconter tout ça.

Juste avant de commencer l'émission, je voulais remercier notre partenaire sur cette vidéo. C'est Emma, c'est une marque de lit qui propose non seulement des matelas, des lits, plein d'accessoires pour améliorer votre sommeil et on le sait he près d'un français sur deux, on en a déjà parlé ici, mais a des problèmes de sommeil et vraiment bien dormir, c'est très important. C'est justement là qu'EMA fait la différence. leurs matelas, ils sont conçus avec une mousse à mémoire de forme qui va s'adapter en fait à toutes les morphologies en fait, toutes les formes de corps et à toutes les positions.

Ils vont intégrer une technologie qui isole les mouvements. Donc si vous dormez à deux, par exemple, vous êtes pas dérangé pendant la nuit. C'est très pratique.

Et puis Emma propose aussi une nouvelle gamme performance avec une mousse plus souple et une housse en fait qui reste fraîche pour éviter d'avoir trop chaud la nuit. Elle existe en trois hauteurs 26 cm, 28 cm et 30 cm. Et plus le matelas est haut, plus il est confortable évidemment.

Et surtout vous pouvez tester leur matelas pendant 100 nuits. Donc si vous n'êtes pas satisfait, vous pouvez le renvoyer gratuitement après l'essai. Et les matelas sont garanti 10 an.

Enfin voilà, si vous êtes pas encore prêt à changer le matelas, il propose aussi des des accessoires comme des couettes, des oreillers ou encore des couvertures lestées, c'est un peu lourde pour améliorer le sommeil en fait sans vous ruiner. Alors si ça vous intéresse, je vous mettrai toutes les infos dans la description. Beaucoup à notre partenaire de sponsoriser cette vidéo.

Et juste avant de commencer, je vous rappelle que vous pouvez prendre vos places pour venir au les gens de tour. On part en tournée à partir du 7 octobre. 2026, octobre et novembre, on aura 18 dates en tout.

On vient dans 16 villes pour vous rencontrer. On sera à Bordeaux, à Nantes, à Rennes, on vient aussi à Montpellier vous voir. On va être à Toulouse, à Chambéry aussi à Dijon.

Je vous mets toutes les dates directement à l'image et sur le site si vous voulez légend-t-our.fr. On a réservé des élites, les grosses salles de chaque ville pour histoire de vous rencontrer, de faire de passer un moment tous ensemble.

On va venir vous rencontrer, on va venir faire un show exceptionnel sans caméra. On ne peut pas filmer à l'intérieur. Vous découvrirez pourquoi.

Et c'est fait exprès pour qu'on puisse se dire des vraies choses, des vraies anecdotes jamais racontées. Tout ce qui va se passer en salle va rester en salle. Et donc il y aura des invités qui ont marqué la chaîne, qui viendra avec nous.

Notamment Philippe Boxol, médecin légiste, un pilote d'hélicoptère tigre justement hélicoptère de combat à l'armée encore en fonction sera là avec nous pour raconter ce qu'il a vu de plus incroyable. Astronophilos aussi Anthony, un astrophysicien de raconter ce qui peut arriver s'il y a une éruption solaire notamment. Qu'est-ce qui se passerait s'il y a une comète de telle taille arrive par exemple sur une grosse ville ?

Ce que ça provoquerait directement sur tout le pays ? On aborder plein de sujets très intéressant. Vous pouvez venir avec des enfants avec des adultes.

En tout cas, on vous met tout ça sur légende-tour.fr et hâte de vous y voir. Et c'est parti avec le général Pierre Deviler, donc ancien chef d'état-major des armées sur les gendes.

On y va. Général Pierre Deviler, en avant. Marche. [musique] Et ben voilà.

Bienvenue. Je je vous appelle mon général. Oui, si vous voulez bien.

Comme ça, avec plaisir. Bienvenue. Merci de nous accorder quelques heures.

Merci de me recevoir. Je suis conscient de l'honneur que vous me faites maintenant que les gens on a une telle euh popularité si je puis dire, notamment chez les jeunes. Vous avez sorti un nouveau livre qui s'appelle Pour le succès des armes de la France.

C'est aux éditions FA. On va aborder votre parcours. Vous avez déjà vu une émission de légende.

Vous voyez comment ça se passe ? Parfaitement. C'est vrai.

Figurez-vous que j'ai six enfants et mes enfants sont des fans de vous. C'est vrai. Bah et regardent légende.

Merci. Et ça m'a ça m'a convaincu euh d'une idée que j'avais en tête, c'était que fallait pas prendre les jeunes sur 3 minutes comme on me le disait depuis des années. Les jeunes, ils ont besoin de durer, ils ont besoin de comprendre et c'est ce que vous faites dans votre émission.

Vous avez du temps et vous creusez les sujets. C'est pour ça que je suis heureux d'être là aujourd'hui avec vous. C'est gentil.

Merci. On s'adresse vraiment à tout le monde. Il y a vraiment tout le monde qui peut regarder l'émission.

Mais je suis content. En tout cas, on embrasse vos enfants du coup. Merci à eux.

Donc votre livre, il est dispo. Je vous mets le lien si vous voulez le le commander. On va en parler, on va parler de d'anecdote aussi qu' y a dans le livre.

Il y a tout dans la description de la vidéo YouTube. Donc en dessous, vous pouvez cliquer directement sur le lien pour le commander. Et en podcast audio, Spotify, Apple Podcast, Amazon Podcast, vous pouvez aussi le commander directement dans la description de de l'épisode.

En tout cas, merci de faire de légendes le premier podcast de France et merci d'être environ 200000 à vous abonner chaque mois en plus sur notre chaîne YouTube. Continuez à le faire, ça nous aide à avoir des invités exceptionnels comme vous. Aujourd'hui, euh on va reparler de votre parcours.

Vous parlez de la France. Euh qu'est-ce que vous abordez dans dans le livre ? On va y revenir après.

Mais de quoi vous parlez dans ce livre ? En fait, j'avais pas du tout prévu de réécrire un 5è livre. Vous deviez pas, je crois, pour votre famille, non ?

Oui, j'avais promis que j'arrêtais parce que il y a un moment où quand même il faut se consacrer aux choses essentielles ses proches. J'ai neuf petits enfants bientôt donc il faut s'en occuper. Et puis j'ai vu la situation un peu du monde, de l'Europe et de la France et je me suis dit que j'avais des choses peut-être à transmettre, à expliquer ce nécessaire réarmement de la France, de l'Europe et puis cette instabilité grandissante du monde avec les États-Puissances, avec le terrorisme islamiste radical, avec les migrations massives, le dérèglement climatique et puis l'incapacité finalement de des organisations internationales. a régulé cette stabilité comme elle le faisait depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'ONU, l'OTAN, l'Union européenne.

Et donc, je me suis dit qu'il fallait réécrire et c'est pour ça que je suis heureux d'être là pour en parler avec vous, pour convaincre nos dirigeants actuels, mais surtout nos dirigeants futurs qu'il faut réarmer nos armées bien sûr, mais réarmer aussi les forces morales de notre pays. On a eu Sébastien Lecornu qui était ministre des armées, abordé pas mal de sujets, qui était pas pessimiste mais qui était concentré comme comme il me disait à l'époque. Comment vous êtes si vous êtes pessimiste de la France ?

Est-ce que vous êtes optimiste ? Honnêtement, on en est où optimiste aujourd'hui dans la situation dans laquelle nous nous trouvons ? Je dirais que ça c'est un petit peu de l'inconscience ou de l'optimisme de volonté.

Non, moi je suis inquis à court terme parce que notre pays est fracturé et notre monde est très volatile. Il suffirait d'une étincelle. En revanche, je suis optimiste à moyen terme parce que je crois que la France a toutes les ressources pour s'en sortir à la condition qu'on prenne les bonnes mesures le plus vite possible.

Mais je vois des gens incroyables euh euh qu'il soit jeune ou ancien euh qu'il soit dans les grandes villes, à la campagne ou dans les cités, partout où je vais, je fais un deux déplacements par semaine quand même dans ma nouvelle vie depuis que j'ai quitté l'armée, ça fait bientôt 9 ans et je vois beaucoup de gens. Le génie français, je je le côtois. C'est pour ça que je suis optimiste pour l'avenir de la France quand même.

Bien sûr, parce que euh d'abord la France ça rime avec espérance et que cette espérance me porte. Et ensuite parce que dans l'histoire de France, on a traversé euh des périodes bien plus compliquées que celles d'aujourd'hui. On s'en est toujours sorti.

Euh vous avez rencontré quatre présidents de la République, vous avez fait 40 ans de carrière dans dans l'armée. Vous avez rencontré Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy à François Hollande, après Emmanuel Macron. Ils vous ont tous posé la même question, vous dites.

Oui. Qu'est-ce que c'est que cette question ? Oui, je les ai rencontré surtout je les ai vu en conseil de défense.

Le conseil de défense, c'est la réunion solennelle qui a lieu euh une à deux trois fois par an et euh qui est très organisé, qui est euh euh le symbole du fonctionnement de notre République. Et en conseil de défense, je les ai vu fonctionner. Et la question centrale d'un conseiller de défense, c'est mon général qui va nous attaquer évidemment qui va nous attaquer.

Et alors à chaque fois je répondait voilà les menaces et voilà les risques et voilà pourquoi il faut arrêter de désarmer parce que nous étions dans cette période depuis la fin du la chute du mur de Berlin, la fin du monde bipolaire en 89, nous étions dans une période où on savourait les délices des dividendes de la paix, si je puis dire. Et puis euh bon euh j'essayais de les convaincre que les menaces euh ressurgissaient progressivement, que il y avait un certain nombre d'États qui cherchaient à reconstituer leurs empires passés, que le terrorisme euh islamiste radical était une menace, mais il est jamais bon d'avoir raison trop tôt et c'était parfois difficile et il me répondait "Mon général, nous avons la dissuasion nucléaire, nous sommes protégés qui va nous attaquer. général, nous sommes pas tout seuls, nous serons en coalition.

Évidemment, personne ne nous attaquera. Et puis, mon général, si quelqu'un veut nous attaquer, nous aurons le temps de remonter en puissance et à ce moment-là, nous rebâtirons nos armées autant que nécessaires. Et dans mon livre, je consacre un chapitre là-dessus pour expliquer que c'était trois lignes Maginaux.

Et d'ailleurs, la guerre en Ukraine nous montre que la guerre conventionnelle est toujours possible et nous montre que euh nous ne sommes pas protégé suffisamment parce que nous avons perdu la notion de la force. La guerre conventionnelle, c'est la guerre des des dans les tranchées avec on voit en Ukraine aujourd'hui. C'est ça dont vous parlez bien sûr.

Et le pilier qui a été mis en place par le général de Gaulle, l'indépendance nationale reposait sur deux euh euh deux murs fondateurs. Premier mur, la dissuasion nucléaire. Deuxème mur, la force conventionnelle, donc les chars, les avions, les bateaux, les missiles et cetera, les munitions, la capacité industriel à la hauteur au même niveau que la dissuasion nucléaire.

Et c'est ce pilier, c'est ce mur porteur de la force conventionnelle que nous avons petit à petit lézardé voir abattu. Vous avez, on va en reparler tout à l'heure, on va vraiment faire votre parcours pour comprendre aussi ce que vous avez vécu en tant que militaire, mais vous avez démissionné en 2017 euh par rapport à une histoire de budget. C'est ça.

Vous trouvez qu'il y avait pas assez de de budget dans l'armée que l'État comprenait pas ça ? C'est ça. Oui.

L'importance. Alors, c'està-dire que j'ai vécu toute cette période où jusqu'en 2015, on a sabré 10 sous, roulé des étendards quasiment chaque année pendant 30 ans euh plan après plan. Et le dernier gros plan, c'était la revue générale des politiques publiques en euh 2007 et on a supprimé 50000 postes, soit un/art des effectifs en espace de 7 ans.

J'ai vécu ça et quand j'ai accepté d'être chef d'état-major en 2014 avec François Hollande, je me suis dit je ne serai pas celui qui va continuer tout ça. Ce n'est plus possible. Il y a une incohérence entre les menaces qui grandissent, les missions qui augmentent et les moyens qui diminuent.

Et quand le président Macron est arrivé, les choses étaient claires. Je le lui avais dit et euh il se trouve que euh au moment où on m'expliquait qu'on allait me donner des milliards, on commençait par me piquer 850 millions d'euros euh sans explication et sans m'avoir prévenu. Donc, j'avais prévenu que moi je je fais ce que je dis parce que dans l'armée, on fait ce que l'on dit, sinon on perd la confiance et si on perd la confiance, nos soldats ne vont plus se battre, ils feront demi-tour.

Et j'ai fait ce que j'ai dit. Si on me donne pas les moyens, et bien je démissionnerai parce que ça fait partie de mon éthique et de ce que je suis. Je dis ce que je fais.

Voilà. et je suis parti au grand la grande surprise de nos dirigeants qui ne s'attendaient pas à ça puisque c'est dans la 5e République mais bon voilà c'est arrivé une fois alors peut-être que ça a servi modestement je le pense pour ensuite commencer ce réarmement nécessaire pour reprendre votre parcours. Vous êtes rentré dans l'armée en 1975 juste après.

Vous avez fait donc le bac et une classe préparatoire militaire c'est ça ? Oui. Euh au prétané national militaire de la Flèche, j'ai eu mon bac à 16 ans et du coup j'étais très jeune et j'ai eu la chance d'avoir des professeurs exceptionnels.

Donc j'ai réussi premier coup euh à intégrer Saint-Cir en 1975 promotion Capitaine Guimino qui était un grand soldat mort en Indochine. Et c'est là que j'ai appris ce qu'était vraiment la vie en communauté. Voyez la vie d'une promotion de Saint-Cir à peu près 180 dont une vingtaine d'officiers étrangers et j'ai vu ce que c'était que l'amitié et en fait je l'avais vécu comme interne quand j'étais au collège et au lycée.

J'ai toujours été dans une communauté dans mon village à la campagne. Ça m'a toujours marqué et je savais que pour être heureux, il fallait que je sois en collectivité avec quelque chose, avec quelqu'un autour de moi, avec des gens que j'aime bien. Et Saintcir m'a donné ce goût pour la fraternité, la vraie fraternité.

C'est un des trois mots de notre République, mais aujourd'hui, c'est vrai que la société est beaucoup moins fraternelle qu'il y a 50 ans. Les gens sont beaucoup plus individualistes, je trouve. Vous l'avez vu ça ?

Oui. Ouais. Je trouve que par rapport il y a 50 ans euh on peut vivre seul aujourd'hui.

Beaucoup de gens sont seuls. Voyez, je viens à Paris toutes les semaines, je suis frappé, j'ai un petit studio et dans mon immeuble, les gens ne se disent pas bonjour. Et quand vous dites "Bonjour monsieur, bonjour madame", c'est presque une agression.

Alors si vous allez serrer la main de la personne, alors là c'est presque une attaque. Vous vous rendez compte ? ener hier soir, j'ai pris l'ascenseur avec un un jeune qui venait voir probablement le voisin d'en face sont des des jeunes mais euh vraiment il avait pas envie de parler quoi.

On a même plus envie de se parler et dans l'armée, c'est pas possible, on se parle parce qu'on part au combat ensemble. Vous avez trouvé une vraie fraternité dans l'armée ? Est-ce que c'est vraiment comme ça avec les les autres soldats ?

Est-ce que vraiment Ouais. Et quand on voit quelqu'un qui était dans l'armée tout de suite, il y a ce regard, on se comprend, on sait se parler pas forcément avec beaucoup de paroles. On sait se parler humainement par le regard, par le sourire, par l'attitude.

Mais c'est ce que vous faites se parler avec votre émission. Je je vous entendais l'autre jour parler de de tactique et de stratégie. C'est quelque chose que vous allez apprendre.

Quelle est la différence entre la la tactique et la stratégie ? Ça c'est fondamental. Notre société aujourd'hui est une société de tacticien, souvent petit tacticien.

C'est-à-dire, c'est la question comment c'est le moyen. Et nous dans l'armée à Sains et après on m'a appris à être un stratège. Le stratège c'est celui qui voit loin de l'autre côté de la ligne de Crète et qui est capable d'avoir cette vision et de répondre à la question quoi, pourquoi ?

Voyez, j'avais des entretiens quand j'étais chef d'étatmajor avec le président de la République tous les 15 jours. Il il m'avait dit après le mon premier entretien avec lui, je voudrais vous voir tous les 8 jours. C'était fascinant cet entretien.

Euh j'ai l'impression que vous me dites la vérité et je veux vous voir tous les 8 jours. J'ai dit tous les 8 jours peut-être. Bon, tous les 15 jours, ça serait pas mal.

Ça ça n'existait pas et ça n'existe plus. Et euh dans ces entretiens euh nous nous parlions nous parlions très franchement et je crois que c'est essentiel. Donc la la la stratégie c'est voir le pays dans 10 ans.

On n pas de stratégie aujourd'hui. Est-ce qu'on a moins de stratégie qu'avant ? Je disais souvent au président précisément, vous me demandez de reprendre telle ville par exemple en Syrie.

Raka Raka c'était une ville centrale, c'était vraiment le nid de gê pour pour les terroristes islamistes radicaux. C'est de là qu'ils ont commandé l'attaque du Bataclan avec un réseau incroyable. Euh je lui répondais, "Je veux bien reprendre à casa, je vous proposerai des solutions, mais quel est votre effet final recherché après ?

Quelle stratégie ? Nous on veut l'effet final recherché la tactique c'est comment la prendre et la stratégie en faireque vous proposerez des solutions des modes ce qu'on appelle les modes d'action mais quelle stratégie vous avez après quel effet politique économique social quelle gouvernance quel développement du pays parce que la sécurité c'est une chose mais s'il y a pas de développement avec la sécurité ça ne fonctionnera pas ça recommencera vous voyez c'est ça la différence entre la tactique et la stratégie aujourd'hui ce qui ne va pas de mon point de vue pour notre pays pay, c'est que nous sommes trop dans la tactique, nous sommes trop dans le comment, dans le moyen et dans l'instantané du temps présent. Très court la tactique, c'est la gestion des opérations.

Dans les entreprises, on fait trop de gestion. On fait pas assez de stratégie, on fait pas assez d'axe stratégiqu et dans la stratégie, vous avez la maîtrise des risques. La maîtrise des risques dans leur intensité et dans leur probabilité d'occurrence.

Euh, ça c'est fondamental. Voilà. Puis derrière la stratégie, vous avez l'audace.

On perd l'audace. Moi, je suis un cavalier. Donc, les cavaliers, on dit qu'ils sont audacieux. [grognement] On dit d'eux que ils ne savent pas où ils vont, mais ils y vont vite et plutôt groupés.

Euh, c'est vrai que il faut être audacieux dans la vie pour construire des choses. Et le principe de précaution inscrit dans la Constitution, pour moi, c'est une énorme bêtise pour pas dire autre chose. Parce que la précaution, c'est l'antiaudace.

Nous les militaires, si on pratiquait la précaution, mais on aurait fait aucune opération, ça veut pas dire qu'on est des têtes brûlées. On maîtrise les risque simplement on a des ambitions au service de notre pays et on n'est pas rigidifié, anilé par la peur. La peur, [raclement de gorge] qui fiche tout le monde aujourd'hui.

Mais la peur, c'est terrible. La peur, c'est euh la peur de la défaite en fait et c'est une forme euh Mais la peur de l'échec, ça peut être moteur pour un entrepreneur. Ça ronge et c'est une forme d'orgueil déguisé.

En fait, on a peur d'échouer parce qu'on est orgueilleux. L'humilité amène l'audace et bien sûr le doute, [raclement de gorge] il y a le doute positif et le doute négatif. Mais le doute c'est pas la peur.

Le doute positif c'est le gars qui croit que il va y arriver systématiquement. Moi, je préfère le gars qui doute. Avant toute prise de responsabilité dans mon parcours professionnel, je me suis dit mais ils sont fous de me confier ça.

Jamais j'y arriverai. J'ai pas le niveau. Vous êtes dit ça quand vous proposé d'être chef d'état majeur de l'arm.

Bien sûr, mais j'ai hésité. J'ai dit mais moi je suis pas capable. Vous rendez compte, on m'aurait dit ça chef d'étatmajor des armées.

Non, c'est le doute positif. C'est ce qui amène à des grandes choses. Et le doute le doute négatif, c'est euh non, je vais pas y arriver, je rentre sur le terrain de foot, je sais que je vais perdre.

Ça c'est pas possible. Je perds, c'est sûr. Si je doute de la défaite, la défaite, voyez, c'est le le gars qui dans un champ, il y a une merde, il va marcher dedans. [rires] C'est sûr. [grognement] Ah, c'est sûr.

Le gars qui doute, c'est le gars qui a qui a pensé penser négatif, le trouillomette à zéro, quoi. Ouais. Donc, et après une fois qu'il a marché dedans, il s'essuit les pieds, il en met partout sur son pantalon.

On sait pire que tout, la chance est la forme la plus élaborée de la compétence. Euh Napoléon disait ça et c'est vrai. Alors bien sûr, on peut avoir de la malchance.

On n pas la chance c'est la forme la plus élaborée de la compétence. Oui, mais il y a un moment quand même la chance construit aussi. Donc si vous avez la peur au ventre vous y arrivez pas.

Par contre si vous êtes trop sûr de vous vous cassez la gueule. Donc il y a un juste milieu entre faut pas êre brûé non plus dans l'armée. Faut pas être nous nous calculons nos risques.

Oui, c'est ça voyez. Nous calculons nos risques. La maîtrise de soi, la maîtrise du feu, la maîtrise des risques.

La maîtrise. J'ai plein de questions à vous poser sur tous ces sujets là. Justement, je juste pour faire votre parcours rapidement qu'on comprenne.

Vous avez été lieutenant à Berlin au départ au moment de la chute du mur à Agno. Alors, je suis allé dans l'est de la France et comme j'étais assez mal classé à Saumur, on choisissait son régiment sur le classement. Euh j'avais une appréciation très très modeste, c'est le moins qu'on puisse dire, et on on me considérait comme insolent.

Et ça, je trouvais que c'était injuste alors que c'était probablement pas faux. [grognement] Mais bon, j'avais le choix entre Beach et Agn qui était de régimement peu côté à l'époque. C'est c'est c'est où Beach ?

C'est c'est à l'est d'Agna, presque à la frontière dans les Vauges. À l'époque, il y avait un régiment, le 4e régiment de Curacier et Agno, c'était le deuxième régiment de dragon en Alsace. Si j'ai pris Agno, vous ne saurez vous savez pour le moment pas pourquoi parce que en fait il y avait le l'aéroport de Strasbourg Enshim qui était à proximité d'Agno pas très loin ce qui me permettait de prendre l'avion pour le weekend aller jouer au foot dans mon club dans mon village à Boulogne en Vandait.

Et donc je l'ai fait plusieurs fois pour aller retour le weekend et c'est pour ça que j'ai atterri à Agn tout à fait fortuitement en Alsace et j'ai été vraiment heureux. J'ai fait 4 ans dans cette région que je ne connaissais pas. Vous savez, les Alsaciens, c'est des gens extraordinaires.

Il y a pas besoin de leur expliquer pourquoi il faut une armée. L'histoire leur a expliqué à multiples reprises et j'ai été heureux. J'ai sillonné l'Alsace, j'ai créé un club de football dans ce régiment.

C'est fantastique. Dans dans le régiment, on jouait en ce qu'on appelle en championnat corporatif. On était imbattable.

On avait une équipe d'enfer. J'étais le seul officier jeuneant. J'ai fait mon trou dans le régiment grâce à ça parce que tout le monde me connaissait évidemment.

Le chef de corps venait soutenir les matchs au bord de la de la touche et les sous-officiers m'aidaient. dès que j'avais un emmerde technique sur mes chars, il venait me dépanner et c'est comme ça que j'ai réussi finalement au départ à émerger un peu dans dans ce régiment magnifique et j'ai passé 4 années merveilleuses. Cette cette équipe de foot m'a apporté énormément et j'ai compris au travers du foot là ce qu'ent vraies relations humaines.

Donc c'était Pierre sur le terrain et à la sortie passait la douche, c'était mon lieutenant et il y avait toujours ce respect et d'autant plus respectueux que je jouais avec eux et que j'étais tout à fait correct comme joueur. Voilà. Mais j'aurais pas pu être professionnel mais c'était ma passion.

Et vous voyez le football a cette qualité que il unit des gens très différents. Dans un stade de foot, il y a tout le monde. Et là, j'ai toujours gardé le le maillot de cette équipe parce que ils m'ont offert le maillot quand on est parti.

J'étais numéro 8 ou 10, celui qui unit entre l'attaque et la défense. Et le foot est resté ma passion. J'ai créé des clubs de foot partout où je suis passé dans toutes mes garnisons.

Vous allez prendre le commandement de du régiment de Mourmelon en 95 jusqu'en 98. Vous avez participé à à la guerre au Kosovo après euh ça c'est en en 99 hein, c'est dans dans les Balcans à l'époque. Euh qu'est-ce qui se passe à ce moment-là au Kosovo ?

Alors, je commandais un régiment qui était un énorme régiment 1400 1400 soldats, 80 Charles Leclerciment Phare qui avait reçu le premier les Charlescler en 93 qui n'avait jamais été projeté à l'extérieur et c'était la première expérience. Alors, la décision de la projection a été prise en février. Nous devions partir immédiatement.

Les chars sont partis à Miramas dans le sud de la France, prépositionné pour aller ensuite en Macédoine et au Kosovo intervenir. Et puis on a eu le no quelques jours après le GO, fin février et là on nous a dit stop, Milozevic ne capitule pas donc vous ne partez pas. Donc je me suis retrouvé dans une situation où je commandais le bataillon d'infanterie mécanisée avec le gros noyau était de mon régiment et puis j'avais d'autres d'autres forces notamment du régiment de marche du Tchad et du premier régiment de tirailleur qu'on avait mis en alerte des gens que je ne connaissais pas que je ne pouvais pas voir et [raclement de gorge] nous étions larme au pied au sens propre du terme ma cantine dans ma chambre ma cantine dans ma chambre prêt à partir au coup de siffl Et tant que Milozevic ne euh qui était Milozevic, c'était le président de la Serbie à l'époque et tant qu'il ne capitulait pas, on ne pouvait pas pénétrer au Kosovo.

Et donc je me suis retrouvé, ma femme devait accoucher, on a déclenché l'accouchement de ma dernière 3 semaines avant la naissance pour que j'assiste à l'accouchement pour Ah ! Wouh ! Et ça m'a permis de voir mon petit bébé et finalement nous ne sommes partis non pas non pas fin février, nous ne sommes partis que mi-juin.

Ouais. Et cette période a été très difficile parce que un moment il était envisagé que nous partions et que nous rentrions en force au Kosovo pour chasser les troupes serbes. Et là c'était du combat de haute intensité comme on dit.

C'était une vraie guerre avec des taux de perte qui auraient été monstrueux. Je ne pouvais rien dire à personne sur les hypothèses qui étaient envisagées. C'està-dire les hypothèses, qu'est-ce que ça veut dire ?

Bah les hypothèses, c'était qu'on rentre en force dans le territoire avec nos chars en premier. Euh donc le risque de perte était gros. Ah bah oui, c'était c'était très important.

C'est donné comment d'ailleurs ? C'est en pourcentage il y a des gens qui des des évaluations à partir des forces en présence, nous et eux, nos capacités technologiques et les leurs et l'agressivité de ces troupes serbes éventuell et cetera. et on savait qu'on aurait eu beaucoup de morts.

Et donc ça vous le saviez vous ? Moi oui. Vous l'avez dit à votre à votre femme.

Je savais alors je je évidemment je n'ai rien dit à personne. Donc la solitude du chef vous la sentez. Je n'ai pas dit à mes subordonnées évidemment que toutes les hypothèses étaient envisagées.

On ne pouvait pas je ne pouvais pas mettre précisément le doute et la peur dont que nous avons évoqué. Et je me suis retrouvé avec mon nouveau nez, ma femme, ma cantine dans ma chambre, ce secret lourd apporté et pendant 3 mois. Votre cantine, c'est votre sac prêt à partir.

Oui, la cantine c'est le sacard parce que c'est le sac c'est un peu trop léger pour plusieurs mois. Donc on met dans une cantine, on a un petit sac et puis on met dans une cantine des affaires de rechange. Voilà.

Euh souvenir quand même assez fort. Et je voudrais souligner un point à ce propos que j'ai touché du doigt à cette occasion, c'est le rôle des familles de myth. On en parle pas assez.

On a des familles incroyables encore aujourd'hui en 2026. C'est exceptionnel parce que le la vocation militaire, le métier militaire, c'est aussi les familles parce que [raclement de gorge] pendant que j'étais au Kosovo, en Afghanistan ou ailleurs dans mes différents engagements, la vie continuait. [grognement] Et dans les familles, il y a le conjoint parce que parfois c'est un homme, parfois c'est une femme et puis il y a les enfants et le traumatisme pour les enfants.

Quand je suis rentré, mon bébé m'a pas reconnu et j'avais une enfant qui avait 2 ans quand je suis parti et donc 2 ans et demi quand je suis rentré, elle a refusé de me parler pendant une semaine. Elle pourrait vous le dire si elle était là, mais elle m'a tiré la gueule pendant une semaine. C'est dur.

Pendant 2 ans, vous êtes parti d'affilé ? Non, je suis parti euh presque 6 mois au Kosovo. Elle avait 2 ans quand je suis parti, 2 ans et demi quand je suis rentré.

C'est comme si je la connaissais pas. Elle vous en a voulu. Ah bah à mort.

Euh donc tout ça c'est des affaires à gérer. Vous rentrez de 6 mois, vous êtes content de voir vos enfants, il y en a un qui vous tire la gueule. C'est quand même compliqué.

Et puis quand vous rentrez d'un théâtre de guerre, vous avez vu les atrocités de la guerre, les femmes et les enfants dans des puits noyés. Euh moi, j'ai accueilli le tribunal pénal international, donc il déterrait toutes les tombes et nous assurions la sécurité. Ils ont desserré des déterré des centaines de morts et avec les médecins légistes qui essayaient de déterminer comment ils étaient morts pour faire des enquêtes et cetera, tribunal pénal international, des gens incroyables.

Vous rentrez en France et que vous voyez la vie normale avec les préoccupations de la vie normale, aller faire les courses, faire les queue pour acheter sa baguette de pain et cetera. diviser. Oui, mais c'est très difficile et j'ai beaucoup d'admiration pour les familles.

Les familles de militaire, on en parle pas assez. Beaucoup de blessés, beaucoup de morts ces dernières décennies. On est blessé à vie.

On peut être blessé physiquement, on est aussi blessé post-traumatique, moralement, il y en a énormément. Euh et je trouve que ce sont des héros du quotidien, ces ses conjoints et ses enfants. Combien vous avez d'enfants vous ?

Moi, j'ai six enfants, cinq filles et un garçon et je m'en suis beaucoup occupé entre 25 et 35 ans. Ma plus grande fierté, c'est pas d'avoir terminé chef d'étatmajor des armées. D'ailleurs, c'est un incroyable.

Personne n'aurait parié sur moi. Donc c'est c'est une récompense. Mais c'est quoi votre plus grande fierté ?

Ma plus grande fierté, c'est d'avoir euh réussi à mener en même temps ma famille avec six enfants, ma femme dans la fidélité et euh les emmerdes qu'on peut avoir avec des enfants dans la vie quotidienne et la dureté euh d'élever des enfants et puis euh boulot [raclement de gorge] aussi et puis le boulot, mon boulot au quotidien. Et j'ai mené cet équilibre. Euh j'essayais de rentrer plus tôt, j'essayais euh de mener l'un et l'autre à la fois.

Voilà. Et c'est ma fierté parce que j'ai vu beaucoup de camarades qui n'ont pas réussi à faire les deux. On voit beaucoup de gens qui sont finalement bouffés par leur vie professionnelle qui n'arrivent plus à avoir de vie de vie personnelle, de vie familiale.

Et quand on se retourne, on voit ce [raclement de gorge] qu'on a construit, une vie professionnelle, qu'est-ce qui reste ? les relations humaines qu'on a tissé et l'infrastructure que l'on a aidé à construire. La vie personnelle, elle est là.

Votre épouse, elle est toujours là. Vos enfants, ils sont là. Ils ont pris ou ils ont pas pris ce que vous leur aviez enseigné.

Ils réussissent ou pas leur vie ? Et souvent ils réussissent dans leur vie. Mais moi ce qui m'intéresse, c'est qu'ils réussissent leur vie.

Qu'ils réussissent leur vie. C'est pas la même chose que dans leur vie. C'est pour ça que la scolarité c'est important mais c'est pas décisif. parler de sacrifice des familles.

Est-ce que vous avez raté un moment très important dans la vie d'un de vos enfants ? Vous en êtes voulu après en tant que père, en tant qu'homme, parce que vous pouviez pas, il y avait une réunion avec le président, je sais pas. L'éducation c'est une affaire d'humilité déjà parce que dans les enfants on se revoit dans la glace parce que il y a la transmission chromosomique donc ils ressemblent à leurs parents.

Donc déjà on voit les qualités défauts et puis euh oui bien sûr on n' pas que des succès. On se dit on aurait pas dû l'inscrire dans telle école dans telle activité. On a loupé le cochà.

Oui, bien sûr. Euh et puis oui, bah par exemple ce que je vous citais sur le Kosovo, bah c'est meilleur d'être là dans les premier mois de la vie parce que je suis persuadé qu'un bébé ressent beaucoup de choses euh jusqu'à l'âge de 2 3 ans. C'est là qu'il se construit.

Oui, 80 % je crois de Ah moi j'en suis persuadé et j'ai l'expérience avec six enfants et puis j'ai huit petits enfants donc bientôt 9 et je peux vous dire que je le mesure. Donc oui oui mais dans la limite du raisonnable et ce que je trouve absolument fabuleux c'est que mes enfants à aucun moment ne m'ont reproché d'une quelconque manière d'avoir eu ses responsabilités et d'avoir eu ce parcours et une certaine forme d'absentéisme. Si je dois être tout à fait honnête, c'est parce que j'ai eu une une épouse qui a qui a su gérer mes absences et faire à ma place.

Qu'est-ce que vous avez mieux géré en tant que père dans leur éducation ? Vous êtes dit tiens, ça je l'ai je l'ai bien fait. C'est intéressant pour ceux qui vont avoir des enfants aussi de prendre on est là pour se dire la vérité sinon ça n'a pas d'intérêt.

On est d'accord. C'est pas une émission comme les autres. Merci.

Je pense que j'ai été un bon père mais que je n'ai pas été un bon éducateur parce que euh naturellement je suis assez rétiférament. Euh j'obéis d'amitié et je n'obéis pas par réflexe ou par courtisanerie ou par facilité. Et donc quand un de mes enfants était dans cette attitude de résistance, ça m'attirait plutôt de la sympathie.

Et je crois que l'éducation c'est aussi élevé vert. C'est l'exercice d'autorité à guérer élevé vert. Et pour les élevé, il faut de l'humanité et de la fermeté.

Et parfois j'étais peut-être un peu trop bon et pas assez ferme. Mais euh je en étant chef d'étatmajur désormais. Oui, bien sûr, mais bien sûr.

Mais vous savez, le jour de mon mariage, mon chef qui était le général de Dinchin à l'époque était venu déjà très sympathique. J'étais jeune capitaine donc il était venu et au moment où il me félicite, il me dit "Vous verrez, mon capitaine, c'est beaucoup plus difficile de commander quelques enfants et une épouse que des milliers de soldats la division blindée à l'époque qu'il connaissait, qu'il commandait." Et je pense qu'il avait raison euh parce que derrière le chef, il y a l'homme, derrière l'homme, il y a le père de famille et et l'éducateur évidemment et je suis comme tout le monde euh plein d'imperfection et de défauts.

On va on va parler de vos missions après en Afghanistan, on va parler de la France ensuite. Euh est-ce que ça a changé quelque chose ? Dernière question sur les enfants, mais c'est intéressant dans votre parcours d'homme.

Est-ce que le fait d'avoir des enfants, ça vous a fait peur lors d'OPEX, lorsque vous êtes parti en opération extérieure ? Le fait de laisser des enfants, parfois des militaires peuvent changer avec des enfants. C'est ce qu'ils nous ont raconté de certains services comme le CPAD et cetera.

Ça peut faire un petit peu plus peur que quand on en a part. Oui. Oui.

Quand on part, on sait qu'on peut ne pas revenir. Alors, le risque est partout, on peut mourir aussi écrasé par une voiture. Mais là, il y a un peu plus de risque.

Surtout quand on est chef, donc on est visé. Euh donc oui oui, j'ai j'ai envisagé cette ce cas de figure. Les choses étaient très claires avec mon épouse et mes enfants dans la cour de l'école, on leur en parlait, ils le savaient et puis il voyait à la télé au Kosovo, ça fait la une de la presse pendant des semaines et des semaines où on voyait les chars détruits, la misère humaine des Kosovars.

Et bon, les enfants, ils finissent par comprendre, ils [grognement] ont un 6è sens et ils comprennent. L'éducation c'est un bain, donc ils entendent. Oui, j'ai envisagé tout ça.

C'est peut-être pour ça que j'étais un peu naturellement bon parce que c'est une forme de compensation. Mais oui, mais c'est ce qui crée aussi notre liberté au militaire, c'est qu'on sait qu'à tout moment la vie peut s'arrêter. Et donc ce pèlerinage sur cette terre que nous vivons, on en mesure peut-être encore plus la chance, le bonheur au quotidien et du coup on a envie d'en profiter et d'entreprendre.

On a envie de s'engager, on a envie de servir les autres, de faire des grandes choses. En tout cas, c'est ce que ça m'a donné moi euh c'estes ces départs en opération et chaque fois que je suis allé sur les théâtres de guerre, après on apprécie la paix, je vous assure. Franchement, j'ai envie de dire aux français parfois mais arrêtez vos conneries.

Regardez la chance que vous avez de vivre en paix, ça sera peut-être pas éternel. Alors, profitez-en. Arrêtez de nous emmerder avec vos récriminations et vos trucs de gaulois dans votre hut en bois.

Savour le plaisir de la paix parce que nous les militaires, on sait ce que c'est que la guerre et on a vu la misère et la pauvreté apportée par la guerre. Vous êtes déjà dit avant de partir en opération extérieure, en opex, donc en mission, est-ce que vous êtes déjà dit en voyant votre famille la veille avant de partir ? Tiens, c'est peut-être la dernière fois que je les vois, est-ce que vous pensez à ça en tant que militaire vraiment ?

Oui, oui, on n'est pas on n'est pas euh inconscient. Donc euh le départ en opération euh c'est dur, le retour est dur aussi. Ah bon ?

Oui, évidemment. très dur parce que il faut se réacclimater. Quand vous partez 6 mois, les habitudes ont été prises.

Votre femme, elle a pris ses habitudes, son rythme. Elle a pris son rythme. Vos enfants, ils ont continué leur vie sans vous et [grognement] vous vous rentrez, vous voulez être comme avant.

Mais les choses ne sont plus comme avant. 6 mois se sont passés et vous les avez loupé et vous vous arrivez d'un univers, vous avez perdu vos repères. Euh cette réacclimatation est difficile mais le départ est terrible.

Oui. En tout cas, moi je suis un affectif et j'ai essayé de construire avec mon épouse une famille unie. La fidélité, ça compte pour moi.

C'est une notion qui est un peu disparue de notre société. On est des appeurs, on peut tout faire quand on veut. Moi, je pense que c'est pas la clé du bonheur.

C'est peut-être la clé du bien-être passager, mais pas du bonheur. Et c'est vrai que quitter ma famille, c'était terrible. Mais voilà.

Bon, c'était pour plus grand que moi. Une fois qu'on a fermé la porte et qu'on est monté dans le car, c'est fini. On a autre chose.

Mais quand on revient, c'est pas facile et tous les militaires vous le diront. Est-ce que vous avez vu en tant qu'homme, c'est important dans la construction aussi psychique de de votre parcours, est-ce que vous avez vu quelque chose qui vous a choqué ? Vous parlez de de guerre au Kosovo en Afghanistan, on a on a du mal à imaginer à quoi ressemble la guerre tant qu'on l'a pas vécu et vous en vous expliquez d'ailleurs dans le livre.

Mais quelle est votre l'image qui vous a marqué ? Vous êtes dit tiens, vous l'avez jamais oublié. J'ai été plus marqué paradoxalement parce que j'ai vu au Kosovo alors que c'était plus la paix qu'en Afghanistan où il y avait des combats.

Moi moi puisque vous me posez la question à moi spysiquement personnel ou parce que j'ai vu le TPI travailler l'odeur des corps déterré et puis les gens arrivant dans notre campement amputé ayant enfin amputé oui venant de sauter sur une mine euh j'ai vu les corps au fond des puits femme enfant donc ça Ça marque, c'est pas un accident de voiture, c'est pas pareil. Et euh l'odeur d'un corps déterré et euh les médecins légistes qui ensuite, j'ai assisté à tout ça, euh font leur enquête pour savoir si c'était par bal, pas par balle et cetera. Euh ça c'est dur mais bon, ça forme et moi j'en ai fait une force.

J'ai toujours dans la vie considéré que quelque chose de dur devait être une opportunité pour transformer en force. Je suis fasciné par le judo. J'en ai jamais fait mais Teddy Riner qui arrive à prendre la force de l'adversaire pour la transformer à son profit et gagner le combat.

C'est c'est ma philosophie de vie. Donc, j'en ai tiré non pas de la faiblesse parce que certains se trouvent à terre par toutes ces ces vues de l'atrocité de la guerre mais de la force. Et par exemple le courage de reprendre ma plume et dire "Maintenant, ça suffit les gars, vous savez pas ce que c'est que la guerre." Faites attention à gesticuler comme ça par des paroles euh qui vous dépassent parfois.

Faites attention à la guerre, préservons ce trésor qui est la paix. Voilà, cette force, je l'ai puisé dans ce que j'ai vu parce que moi je veux pas la guerre. Et les militaires, on est des pacifiques, on n'est pas des pacifistes.

Les pacifistes, ils veulent la paix à tout prix sans se rendre compte que c'est la force qui empêche la guerre et qui prépare la paix. Si vis pas chem parabellum, si tu veux, la paix prépare la guerre. Vous allez être nommé donc chef d'étatmajor des armées le 15 février de 2014 par C'est c'est le président de la République qui choisit le chef d'état majeur des armées.

Oui. Donc le chef des armées, le président de la République choisit son chef d'étatmajor des armées. Alors après sur proposition évidemment du ministre de la défense à l'époque Jean-Ive Ludrillant.

Euh, j'étais numéro 2, donc major général des armées pendant 4 ans, donc adjoint du chef d'étatmajor 5 étoiles. Et c'est vrai que quand on nomme le chef, on garde qui est l'adjoint. Voilà, c'était assez naturel.

Et j'avais encore de l'eau sous l'acquille, comme disent les marins, c'est-à-dire il me restait 3 4 années à faire. Donc j'étais dans les conditions. J'ai bien réfléchi parce que je n'étais pas naturellement inscrit au Parti socialiste parce que c'est France Hollande le président de ça.

Oui. Oui. Voilà.

Et donc euh jamais je n'aurais imaginé d'être chef d'étatmajor de François Hollande, soyons clair. Je le lui ai dit d'ailleurs au premier entretien. Euh et j'ai fini par accepter me disant que j'avais peut-être des choses à apporter et que bah étant numéro 2, je connaissais bien les sujets à la fois opérationnel et organique en matière de réforme à conduire, j'ai accepté et j'ai donc été nommé chef d'étatmajor des armées début au début de de l'année 2014.

Je n'aurais jamais imaginé ça. Euh comme je vous le disais, mon classement en école ne prédisposait pas à ça. J'ai loin qu'on puisse dire.

Et ce que j'incarnais euh ne me prédisposait pas non plus à ça. C'est vrai que j'avais une relation de grande confiance avec Jean-Ive Ludrian pour qui j'ai une grande admiration. C'est sans dire lesquels, mais est-ce que vous apprenez des secrets d'état quand vous passez chez l'État majeur ?

Est-ce qu'on vous brive sur des choses que vous découvrez du coup et vous êtes étonné de ces certaines choses ? dit, "Ja jamais imaginé ça." Ah ben euh l'armée, le la défense c'est un des domaine transverse.

Il y a la finance, il y a la loi, il y a il y a l'armée et c'est [raclement de gorge] peut-être le domaine transverse qui voit le plus de secret parce que nous sommes nous sommes dans tout. Nous sommes dans le fonctionnement du temps de paix. euh la petite petite chose croustillante et [grognement] nous sommes sur des secrets d'état.

Euh la dernière le dernier secret d'État encore à mon avis c'est la dissuasion nucléaire. Et quand vous êtes chef d'état-major des armées, vous portez la dissuasion nucléaire. Vous êtes avec le président les deux qui connaissent la totalité de la chaîne depuis le bouton sur lequel on appuie euh jusqu'au au au gars h qui met en œuvre la totalité de la chaîne dernier secret d'état à mon avis et euh et vous portez ça et puis les opérations dites spéciales qui n'ont pas vocation à être connu Euh vous portez ça avec le président chef des armées et c'est tout un pan qui est méconnu chez les futurs présidents de la République.

Ils ne connaissent pas. Ce qui m'a fait très plaisir quand François Hollande est passé chez vous, j'ai écouté son interview et grand plaisir, c'est qu'il a parlé de ça avec les bons mots et on sentait son émotion en en parlant et c'était des mots que j'avais utilisé pour le briefer notamment euh euh sur les les grands dossiers importants et il expliquait que c'est particulier et il a terminé en disant c'est quand même important, c'est pas euh on envoie des gens au combat jusqu'à la mort. Donc c'est des décisions importantes pour les opérations spéciales là.

Oui, mais quand on décide une opération, par exemple, puis lui il a décidé l'opération Barcane, enfin Serval à l'époque, euh du moment où vous dites c'est décidé, le chef d'état-major des armées quitte la salle, prend sa voiture, 5 minutes après donne les ordres dans son bureau, un quart d'heure après, l'hélicoptère décolle et le capitaine boiteteux se prend la balle et décède. Donc si vous voulez, c'est c'est un vrai impact sur la vie des gens. Ah bah oui, au sens plein plein du terme.

Est-ce que vous az déjà vu des opérations spéciales ? Est-ce que ça se passe ? On avait vu des images de Barack Obama à l'époque qui regardait des forces spéciales américaines en direct avec des caméras sur les soldats faire une action sur Ben Laden par exemple ou d'autres.

Est-ce que ça vous l'avez déjà vécu en direct ? Est-ce que vous pouviez voir les opérations pour voir si ça se passait bien ? Oui, oui, je descendais euh ça m'est arrivé une ou deux fois descendre au CPCO, donc au centre de planification et de conduite des opérations et de suivre en direct.

C'est l'avantage et c'est la grande nouveauté des drones d'observation, c'est que vous avez les images. Mais est-ce que c'est pas encore plus dur nerveusement pour vous ? Alors, c'est très dur de voir vos soldats.

C'est très dur. C'est très dur. Et je ne descendais que très rarement.

J'ai dû le faire deux fois parce que le fait que vous descendiez amène encore plus de stress. Ah oui. Ah bah oui.

Donc euh c'est les gens de l'âge de vos enfants puisque vous envoyez c'est parfois des gens vous pouvez vous projeter en tant que père. C'est les enfants de qualité. Oua bienû oui.

Oui. Et puis en face c'est des hommes donc et puis il y a un contexte autour. Il y a aussi des populations autour.

Il y a donc tout est très complexe aujourd'hui. La guerre la guerre est complexe, elle est aussi hybride. Donc c'est dire quoi hybride ?

Bah ça veut dire que la population est mélangée. J'avais ce slogan au Kosovo Civilan by day Insurgen by night. Donc vous avez des gens qui sont citoyens, ils vous reçoivent en réunion dans la journée puis le la nuit ils font des attentats les mêmes.

C'est très difficile de savoir qui est qui. Bah vous le dit pas hein. Il y a pas marqué terroriste.

Et j'ai eu des cas très précis de gars que j'avais vu dans la journée ou les jours précédents. Tu avais l'air sympa la journée. Ah bah formidable. et qui vous savez l'attaque 12bin en 2008.

Moi j'ai fait une opération dans cette vallée en 2007 donc je connaissais les gens dans la vallée 12. Il y en a dans les photos euh il y a eu des reportages dans certains magazines français. J'ai vu des photos et j'ai reconnu les mecs.

Donc oui oui. Euh donc la vie n'est pas un long fleuve tranquille. Est-ce que vous avez failli déjà euh lancer une guerre contre un pays qui s'arrêtait juste avant et qui dont on n' jamais entendu parler sans sans dire lequel on s'en fiche ?

Mais est-ce que c'est déjà arrivé qu'il y a des trucs qui s'arrêtent juste avant ? Oui, on planifie beaucoup de dans l'armée. On planifie beaucoup au cas où on pense l'impensable.

C'est la phrase de François de Rose dans les années 90. J'aime beaucoup cette phrase. C'est celle que je préconise aujourd'hui.

C'est la phrase à mon avis la plus importante aujourd'hui. Il faut penser l'impensable. On n'est pas dans l'impensable aujourd'hui.

On est beaucoup trop dans nos certitudes intellectuelles. Mais la guerre c'est irrationnel. Et en face de nous, on a des irrationnels qui ont passé toutes les limites qui ne sont plus dans nos règles.

Et oui, oui, j'ai j'ai j'ai passé, j'allais dire mais ma vie d'étatmajor à prévoir l'impensable, ce qu'on appelle la planification, c'est-à-dire des scénarios. [grognement] P scénari les plus intéressants, c'est ceux qui sont les plus improbables et c'est parfois ce qui arrivent parce que nous on planifie parce qu'on peut pas s'engager sans planification. Ça veut dire quoi un scénario improble sans dire de pays ?

C'est juste pour comprendre la mécanique, c'est par exemple si un autre pays comme l'Allemagne, pays allié se retourne d'un coup contre nous, ça c'est envisagé sur de truc. Exemple, par exemple un pays qui envahit un pays voisin et nous qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce qu'on fait ?

Quels sont les modes d'action qu'on peut proposer au président de la République pour réagir face à cette situation ? On fait rien, on fait un peu, on fait beaucoup de telle manière, en souplesse, en force, avec tels équipements. Vous prévoyez quand vous dites tous les scénarios, vous prévoyez même s'il y a très [raclement de gorge] très peu de chance que ça arrive, par exemple une bombe atomique arrive d'un pays qui décide d'envoyer un coup de folie atomique sur la France, vous savez déjà ce qui se passerait ?

Ah ben alors sur la partie nucléaire qui est un qui est un domaine particulier, éminemment confidentiel. Oui, bien sûr. On a des réunions régulières avec le président de la République en tête à tête où on parle de scénario, de moyens, d'adaptation, de doctrine.

Oui, bien sûr. Et évidemment, le scénario le plus fou, c'est l'utilisation d'une bombe nucléaire stratégique ou de plusieurs par un des pays dotés. Et en l'occurrence le scénario global, c'est que nous avons cette capacité de repost de frappe en second grâce à nos sous-marins qui sont invulnérables et indétectables.

C'est ça le principe. Mais oui, oui, nous sommes là-dedans. Alors, quand on est en situation de responsabilité, on porte tout ça, vous comprenez ?

Donc ça président de la République, j'ai une certaine compassion et euh moi je suis pas rencunier donc j'ai pas ce défaut-là. J'en ai plein d'autres. Vous direz ma famille probablement à juste raison.

Je suis pas rencunier. Mais c'est pas facile aujourd'hui d'être responsable parce que vous portez tout ça et quand vous rentrez chez vous le soir, vous avez tout ça à porter. Voilà.

Mais après, vous êtes préparé pour. et ça m'empêchait pas de dormir et je je j'avais une vie normale. Je dirais que ce qui m'a permis de rester stabilisé, équilibré, c'est ma famille.

Vous savez, j'interviens souvent dans les entreprises et je vois des des chefs d'entreprise, c'est pas facile d'être chef d'entreprise. Vous êtes chef d'entreprise et je leur dis, il faut avoir des contrepouvoirs qu'il soient capable de vous dire "Arrête tes conneries, ça c'est pas bien." Voilà.

Et quand je rentrais chez moi euh ma femme et mes enfants me disaient "Bon et c'est bon. Bon, j'avais rencontré Obama ou Poutine ou le président chinois, j'avais envie de raconter. Non non, tu tu nous fais chier avec tes trucs.

C'est bon. [rires] Débarrasser de la vaisselle. Voilà.

Savoir ce que tu penses de mon problème, me disait-il. Et euh et donc et puis comme je le dis souvent, va vider la vaisselle. On discutera après.

Voilà. Et je dis souvent beaucoup de gens devraient vider leur lave-vaisselle ce qui ils n'ont plus conscience de la vie normale. Ces gens-là, ça fait 30 ans qu'ils sont avec un chauffeur et cetera et cetera.

Ils sont plus dans la vie normale. Moi, je suis toujours resté dans la vie normale et c'est ce qui m'a protégé, vous voyez. C'est ce qui a fait que quand j'ai quitté l'armée brutalement tout s'arrête du jour au lendemain.

Plus de chauffeur, plus de garde du corps, plus d'appartement, plus rien. Et vous vous démerdez hein, j'ai déménagé moi-même. Bon, on peut pas dire que j'ai été traité de manière extrêmement sympathique tellement moins qu'on puisse dire "Mais [grognement] vous reprenez la vie normale et grâce à ces contrepouvoirs, j'ai pu me réadapter sans difficulté.

C'est quoi le pays le plus dangereux pour la France aujourd'hui d'après vous et votre expérience ? Est-ce qu'il y a des pays vraiment qui sont dangereux pour nous ? Mais ce sont les États-Puissances qui réarment de 5 à 10 % par an à peu près de C'est quoi les États-Puissances ?

Pardon ? Alors, les États-Puissances euh on va les on va les nommer pas exhaustivement mais euh prenons la Russie, la grande Russie orthodoxe à reconstruire euh dans des décennies. La Turquie, la grande le grand empire ottoman.

Pareil, la Chine, la route de la soie 50 ans. L'Iran, l'éternité pour les chiites, l'Arabie Saoudite, la même chose pour les sunnites, l'Inde, la puissance démographique 1 milliard4 et cetera. Ces pays réarment de 5 à 10 % par an, au moins depuis plus de 20 ans quand nous nous avons désarmé depuis les années 90, 1989.

Ces pays sont dans une stratégie de long terme. Ils ont une stratégie Ils ont une stratégie de long terme. L'Empire ottoman, la grande Russie orthodoxe, la route de la soie et cetera.

Nous n'avons pas de stratégie. Nous nous avons l'Europe de Bruxelles, l'Euro, la stratégie économique et financière si toutefois nous en avons une. Et une stratégie que l'on ne veut pas dire, la construction d'une Europe fédérale qui pour moi sera un échec patant et l'est déjà au lieu de construire une robe de la coopération parce que c'est comme ça que nous redeviendrons forts.

C'est c'est ce que j'appelle de mes vœux dans mon livre. Donc ces états-Puissances sont dangereux. Et la nouveauté, c'est pas qu'il soit dangereux.

La nouveauté, c'est qu'il n'obéissent plus aux régulations internationales, les stabilisateurs automatiques qui nous ont maintenu la paix. Et donc, on peut se demander si ils vont obéir au dernier mécanisme de régulation qui est la dissuasion nucléaire. car pour l'essentiel, ils sont dotés et où ils cherchent à se doter.

Donc avec [grognement] des foyers de tension dans le monde, la mer de Chine, le proche et Moyen-Orient, l'Afrique, la bande saéalienne dans laquelle nous étions, l'est de l'Europe qui font que une allumette peut allumer sur ce terreau préinflammable. C'est ça le danger. C'est pour ça que nous risquons d'être attaqués parce que la force attaque les faible.

Ils s'attaqueront pas entre eux. Et d'ailleurs, je note que on assiste à un nouveau monde bipolaire en quelque sorte. Ces états entre eux, ils s'entendent bien avec un seul but commun.

La seule chose qu'il réunit, la haine de l'Occident et du grand Satan américain. Et nous, on est plutôt du camp occidental aligné derrière. les États-Unis qui sont en train de nous dire "Démerdez-vous les Européens, vous aviez cas à vous réarmer et arrêtez vos conneries.

Vous n'avez plus de force morale. Vous ne savez même pas qui vous êtes." Donc euh la situation est grave.

Oui, oui, oui. Il est grand temps de réarmer et réarmer nos armées bien sûr, leur donner les moyens de mener la guerre parce qu'on a des belles armées, elles sont magnifiques. Franchement, c'est extraordinaire en 2026 d'avoir ces armées-là avec des soldats marins aviateurs.

À aucun moment, je ne doute qui euh qu'ils hésiteront pour sacrifier leur vie pour la France. C'est quand même magnifique aujourd'hui. C'est un signe d'espérance fantastique euh sachant que beaucoup sont jeunes.

Donc euh on a des belles armées mais il faut leur donner les moyens. Qu'est-ce qu'il faudrait comme euh sans parîre politique he mais de de qu'est-ce qu'il faudrait comme président ou présidente pour la France dans comme stratégie ? Est-ce qu'il faut quelqu'un de brutal, quelqu'un de Il faut quelqu'un qui ait d'abord une vision.

On ne peut pas emmener des gens derrière soi si on ne sait pas où on veut aller. Une vision, ça veut dire un axe stratégique. Alors, dans les entreprises, on dit qu'il faut un ou deux ou trois maximum ax stratégiques.

Ce que nous nous appelons l'effet majeur. Et on change pas le cap, on ne change pas l'effet majeur en cours d'action. On gère les aléas, les difficultés quotidiennes pour nous, c'est la météo, le terrain, l'ennemi.

Mais on garde le cap. Ça c'est la première chose qu'il faut, un cap. Ensuite, il faut un projet, un projet global de restauration de la fierté française parce que tout est lié.

Si vous réarmez 5 milliards par an pendant 10 ans, c'est ce que j'écris dans mon livre, on va falloir les trouver les 5 milliards par an. Aujourd'hui, on a 1300 milliards de dettes, au moins 115 % du PIB et la dette n'augmente tous les ans. On est incapable de réguler cette affaire là.

Bah, qu'est-ce qu'il faut faire alors ? et ben il faut trouver de l'argent à l'intérieur du budget de l'État. Et dans mon livre, j'esquise trois pistes parce que c'est un sujet pleinement politique.

D'abord, la réforme de l'État. Et la réforme de l'État, il y a plusieurs aspects. Il y a les effectifs, il y a les organisations, il y a les procédures et cetera.

Ensuite, évidemment notre modèle social qui est le plus généreux modèle social de l'OCDE, mais il y a un moment euh on pourra pas on pourra pas tous payer, hein. C'est le principe sur votre compte bancaire. Quand votre banquier vous appelle, vous êtes à découvert, vous avez dépassé le plafond du découvert, vous êtes bien obligé de trouver les moyens de renflouer et puis ensuite il faudra travailler plus.

Évidemment, on est un des pays de l'OCDE qui travaille le moins. Voilà, c'est les trois pistes. Ça ça vous dégagera les milliards d'euros.

Tout le monde en parle. Tous les hommes politiques depuis des décennies, la réforme de l'État, j'en ai vu, c'est ingouvernable la France aujourd'hui, même avec un nouveau président ou présidente dans dans prochaine élection. C'est bah je pense qu'il faudra beaucoup de courage et affronter beaucoup de mécontents car les mêmes qui disent qu'il faut des réformes seront dans la rue contre ces réformes.

Donc il y a beaucoup de grands sujets. sécurité, immigration, pouvoir d'achat, restauration du régien, défense, sécurité, justice, fierté française, restaurer de l'autorité notamment dans l'éducation nationale. Quand vous voyez les professeurs, c'est pas facile d'être professeur aujourd'hui et quand vous voyez ce ministère qui est devenu très technocratique, moi c'est la priorité au professeurs.

Donc il y a beaucoup de choses à faire mais il faudra du courage. Oui, ça c'est sûr. Est-ce que quand vous avez été chef d'étatmajeur des armées, vous avez appris qu'un pays a failli utiliser sa bande nucléaire ?

Est-ce qu'il y a eu un moment de peur comme ça sans dire lequel ? Non plus, on s'en fiche, mais est-ce que c'est arrivé ? Alors moi dans ma période non mais je pense que aujourd'hui il faut faire attention.

Vous croyez que c'est possible ? Bien sûr, vraiment ? Mais absolument.

Mais la digasion nucléaire est un des éléments qui nous a apporté la paix. euh pendant la guerre froide et nous avons gagné la guerre sans qu'elle n'ait été utilisée. Mais quand vous voyez les dirigeants de ces états puissances h que j'ai rencontré les yeux dans les yeux tous et ils sont toujours en place hein.

Moi, je suis parti il y a déjà bientôt 9 ans. Entre les démocraties européennes ont déjà changé de président m de fois parce qu'il là, il s'agit pas de la France, il s'agit de l'Europe. Je me dis que un moment ou un autre, un de ces dictateurs quand il sera dans un tunnel et qu'il n'aura plus la possibilité de manœuvrer, utilisera tous ses moyens, y compris la dissuasion nucléaire.

Donc le risque existe, j'en suis intimement persuadé. Et s'il n'existait pas, nous ne serions pas encore en train de rénover nos composantes nucléaires nous-mêmes. Et c'est l'honneur de la France, de mon point de vue, d'avoir maintenu la dissuasion au seuil de crédibilité suffisant parce que le mot clé, c'est la crédibilité pour percer les défenses adverses et ça coûte cher tout ça.

C'est pour ça qu'il faut de l'argent. On était à 3 milliards5 en flux annuel en 2017. On est aujourd'hui à 7 milliards.

On sera à 10 milliards en 2030 par an. Plus aujourd'hui qu'il y a 10 ans encore, on a plus de risque que quelqu'un l'utilise. Pensez Oui, bien sûr.

Oui, oui, oui, parce qu'on est dans le rapport de force. Est-ce qu'on est en paix aujourd'hui ou est-ce qu'on période de guerre ? C'est c'est Cornu disait qu'on n plus en période de paix.

On est dans une drôle de paix. On est dans une drôle de paix. On n'est pas totalement en paix.

Ce monde n'est pas en paix. La guerre est à nos portes à 3h d'avion et il y a 1000 morts par jour. 1000 morts par jour avec des drones qui maintenant, c'est la dernière nouveauté de part et d'autres qui sont capables de larguer des champs de mines en avant pour que dès que les troupes cherchent à bouger sautent sur des mines.

Il y a un nombre d'ampations aujourd'hui chez les soldats de part et d'autre. C'est dramatique. C'est une boucherie.

Il faut arrêter cette guerre le plus vite possible. En tout cas, il n'y a pas de solution milité en Ukraine. Mais oui, oui, bien sûr.

Euh si si le risque n'était pas plus élevé qu'il y a 10 ans, je n'aurais pas écrit mon nouveau livre, je serais resté chez moi. Et je continue mes activités et j'espère convaincre les dirigeants parce que nous avons changé d'époque. C'est une rupture stratégique à laquelle nous assistons.

Il suffit pas de le dire, c'est une belle formule, nous avons changé de monde. Oui, d'accord, mais maintenant il faut tirer les conclusions. On peut pas faire comme avec l'ancien monde.

On est trop gentil. Mais bien sûr, c'est pas qu'on est peut-être trop gentil, on est trop endormi, on est trop, nous sommes dans les avantages du bien-être de la vie quotidienne matérialiste. Mais qui dit que justement les les temps les temps bien sûr dou font des gens faibles et cetera.

Mais bien sûr, mais bien sûr. Mais 80 ans de paix, on a fêté les 80 ans de paix récemment. Euh c'est énorme dans l'histoire de notre Europe.

C'est énorme. C'est c'est déjà arrivé ou même c'est très rarement arrivé, quasiment jamais depuis la naissance du Christ. Donc euh faudrait ouvrir les yeux.

Et alors quand on parle d'histoire aujourd'hui, on vous accuse d'être nostalgique. Voilà. Quand on parle de futur à 10 ans, on vous accule d'être douveur.

Non, il faut retrouver les sons de l'histoire pour pour prévoir le futur. Mais là euh il faut accélérer. Il y a fait au lac, c'est plus possible.

Alors faut arrêter de parler de l'économie de guerre, de tout ça. Il faut le faire. En 2015, ça a été l'année la plus meurtrière en France à cause des attentats.

Euh vous vous étiez chef d'étatmajor des armées à ce moment-là. Comment est-ce que vous allez apprendre les les attentats ? Comment est-ce que vous êtes mis au courant ?

Alors le le 7 janvier 2015, le premier attentat Charlie Hebdo. Euh donc ça ça a été un choc terrible. Alors quand on est chef d'étatmajor, on est un des premiers prévenus.

Euh donc là, c'est le gouverneur militaire de Paris qui m'a appelé pour me prévenir, mais en l'occurrence pratiquement en même temps que la presse parce qu'en plus là, c'était une attaque sur la presse. Donc ça a été extrêmement sensible. Euh après, quand on est responsable au sommet de l'État comme ça, on se dit quelles sont les conséquences euh pour moi tout de suite ?

Qu'est-ce qu'on va me demander ? C'est ça qu'il faut comprendre. Quand on est citoyen, on prend l'événement et euh on a son avis sur la question, mais on n'est pas concerné dans les décisions à prendre.

Quand on est responsable, c'est pas comme ça qu'on lit l'événement. On se dit qu'est-ce qui va me tomber dessus ? Comment on fait par rapport à cette attaque ?

Et puis on connaît pas la fin d'histoire. Euh on voit le truc se dérouler, on a des infos, ça arrive et puis on est en réunion. Euh en l'occurrence, j'étais à Paris donc c'était plus facile pour moi de gérer. et et les responsables eux-mêmes sont en déplacement ou donc ça on se l'imagine pas mais il m'est arrivé de gérer des situations opérationnelles où mon ministre Jean-Ive Ludrian était à Bruxelles, le président était en voyage et moi-même en déplacement et il fallait qu'on qu'on se joigne tous les trois.

Donc c'est pas très simple. Là, là, il y a une réaction immédiate. La réaction euh ça a été immédiatement euh euh bon, une fois que les affaires étit terminé, que il y avait plus de d'autres tireurs, euh il y a une réunion.

Donc là, le lendemain matin, il y a une réunion à l'Élysée. Et là, euh pour étudier euh la réposte, enfin les mesures que l'on pouvait prendre. Et donc ben c'est là que est né l'idée de faire appel à la force de protection dans le livre blanc pour la défense et la sécurité et c'est devenu ensuite l'opération sentinelle.

C'est vrai que dans ces moments-là, j'ai pu mesurer l'émotion que ça provoquait chez les responsable euh puisque les responsables sont des personnes, restent des personnes, des individus comme vous et moi dans les décisions à prendre immédiates. Et je pense que sur ce plan, on n plus habitué avec le temps de paix à gérer la mort. Ça c'est une réflexion que je me suis faite à cette occasion.

Tout ce chapelet d'attentat dans nos formations de nos dirigeants. Il manque peut-être ça parce que dans l'armée la mort fait partie du pactage si je puis dire. C'est consubstantiel à notre mission.

Quand on rentre à Saint-Cir, on sait qu'on peut mourir pour la France et on nous prépare à ça. Quand on rentrait à l'ENAT, on leur explique pas qu'ils peuvent avoir des situations extrêmement difficiles et on était encore à cette époque- làà dans une paix quasi éternelle. Est-ce qu'on attend pas qu'il se passe des drames pour prendre des décisions ?

Est-ce qu'on devrait pas les prendre avant ? parce qu'il y a quand même des gens. Mais gouverner, c'est anticipé.

C'est gouverner, c'est prévoir, c'est anticipé. C'est ce qui manque le plus aujourd'hui. On a inventé un concept en 2017 baroque, le concept de surprise stratégique.

Mais la surprise c'est celle que on impose, c'est pas celle qu'on subit. La surprise c'est celle qu'on anticipe, pas celle que l'on subit. Donc oui oui, il faut imposer.

Alors après après on a eu le chapelet d'attentat. Euh moi je l'ai je l'ai vraiment dans mes trips. Euh notamment le Bataclan le 13 novembre 2015, ça été une année infernale hein.

On a eu le pèreamel et cetera. Enfin c'était il y a eu Nice juillet, on a eu on a eu ça sa sœur qui est venu dans votre terrible. C'est c'était terrible.

C'était permanent. On était toujours en train de se dire qu'est-ce qui va se passer. Et puis alors le Bataclan, ça a quand même été quelque chose de terrible.

Moi, j'étais chez moi euh dans un dîner avec des amis. Donc euh j'ai revu récemment d'ailleurs des amis qui étaient à ce dîner qui ont été totalement traumatisés parce que là pour le coup pour des civils, euh ils avaient leurs enfants qui étaient dans Paris en train de boire des pots. Enfin bon, j'ai pris l'entrée du dîner normalement.

À la fin de l'entrée, j'ai reçu un premier coup de fil. Il y a eu une attaque au stade de France. Euh bon, c'est tout ce que je savais.

Bon, j'ai dit bon mais dans l'immédiat, on va prendre le dîner, hein. Et puis le plat de résistance arrive et là, deuxième coup de fil, il y a une attaque à tel endroit, une attaque à tel endroit et cetera. Et là, j'ai senti que c'était terrible.

Mais mais on apprend les choses alors un petit peu avant les journalistes, mais très peu finalement. Donc avant le grand public, donc je suis parti immédiatement me mettre à l'abri pour téléphoner et je le sais parce qu'il y avait un enfant qui dormait dans la pièce où j'étais, j'avais pas vu et là il y a les parents qui venaient écouter l'enfant et qui m'ont vu téléphoner. Je devais avoir une gueule pas très pas sympa parce que la la femme s'en souvient encore. et je me suis mis en tenue et je me suis dit là et assez rapidement donc je suis revenu au dîner mais quelques minutes et j'ai vu que c'était plus possible que là il fallait aller à donc je suis allé à Ballard j'ai appelé conducteur et garde du corp on est parti je pense que on n pas mis beaucoup de temps au ministère de la défense au ministère donc entre l'école militaire et Balard pour ceux qui connaissent Paris On a mis entre 5 et 10 minutes et euh évidemment là on était armé et tout parce que on savait pas du tout où on était les pieds.

Il y a des attentes à partout. Donc c'est dit si vous vouz arrêter sur la route, vous savez pas. Faut se remettre [grognement] et surtout des cibles très différentes.

C'était incohérent comme truc. Oui, Stade de France en même temps. Bah oui, oui, les cafés, les enfin c'était Et puis là, je suis arrivé au CPCO là, on m'a fait un point de situation, il était minuit à peu près.

Je suis donc j'ai donné une poignée d'ordre pour me préparer des hypothèses précisément, des des scénarios, des modes d'action parce que je me doutais bien que j'allais avoir une réunion à un moment ou un autre. Vous appelez vos enfants quand même rapidement dans la voiture pour leur dire vous rentrez à la maison. Alors mes enfants, ma femme les avait appelé et ils étaient chez eux.

C'était un soir ou enfin ou pas loin de chez eux quoi. Donc voilà. Bon et à l'époque on en avait encore deux chez nous.

Donc c ils étaient là. Et donc je me suis couché. vieille expérience du du vieux sage plutôt que de chercher à aller plus loin en me disant euh bon maintenant mes collaborateurs travaillent, essayons de dormir quelques heures pour être en forme demain matin.

Je me doutais que ça allait dur après. C'est peut-être l'erreur qu'on commis certains responsables qui sont allés sur place. Faut jamais aller sur place de mon point de vue parce que l'attentat à la libanaise, c'est-à-dire un double attentat et d'ailleurs on a appris quelques temps après que un des terroristes était pas loin encore à ce moment-là.

Donc moi, j'ai dormi j'ai dormi quelques heures et j'ai convoqué mes subordonnées à 6h ou 6h30 pour une réunion [grognement] de point de situation. Et c'est là où on voit, vous voyez l'armée, c'est extraordinaire parce que le gars qui était là de de c de de garde à la résidence, il a toujours un qui dormait, il est il s'est démerdé pour faire ouvrir une boulangerie. Il est allé acheter les croissants pour qu'à 6h ou 6h30, on ait des croissants.

Il avit préparé le café tout. Incroyable. Ça c'est sans aucune sans aucun ordre.

Et là, mes subordonnés m'ont m'ont proposé quelques d'abord une situation et ensuite quelques quelques décisions et puis là est tombé, il y a réunion à 8h, on a une réunion à 8h à l'Élysée et euh bon l'affaire n'était pas encore on savait pas où on en était. Il pouvait se passer encore d'autres d'autres trucs comme après le 7 janvier. C'est exactement ça.

C'est tout n'est pas fini. [grognement] Voilà. Et puis donc là, on a activé l'opération Sentinelle.

Euh j'ai appelé les chefs d'étatmajor, on a fait une réunion. Ce qu'il faut comprendre, c'est que les responsables sont des êtres humains. Ce sont pas des surhommes.

C'est pas comme dans les réseaux sociaux ou dans les films, c'est pas virtuel. On a affaire à des gens qui sont touchés comme vous et moi. Voilà.

Donc ça, je l'ai en tête. Je me dis que c'est pas fini, que le terrorisme islamiste, on en a pour des décennies. C'est une idéologie qui vise à éradiquer l'organisation de nos sociétés et remplacer nos sociétés par la barbarie.

Non pas en moyen, mais enfin la barbarie la plus extrême. Ils n'ont aucune limite ces gens-là. et il profite souvent de jeunes un peu déstabilisés pour les les convaincre.

Alors, ce sont des individus radicalisés. On se radicalise sur le net, dans les mosquées radicales, sur les réseaux sociaux. Ça peut être des individus ou ça peut être des réseaux.

En l'occurrence, le Bataclan, c'était un réseau depuis Raka en Syrie avec des spécialistes informatiques d'ailleurs au passage de très très haut niveau. Euh tout ça, on le sait après [grognement] coup comme pour les deux tours américaines, où on a appris après coup que le coût était parti euh depuis l'Afghanistan. Donc l'histoire serait écrit après.

Mais et ce qui me soucie aujourd'hui c'est que ce que j'ai vécu là peut se reproduire puisque les frères musulmans sont très présents en France. Il y a des cellules dormantes. Aujourd'hui, on a échappé à énormément d'attentats.

On a des services incroyables de renseignement qui sont d'une efficacité redoutable. Regardez toutes les enquêtes, la façon dont ils arrivent à à dénouer les chevaux, c'est extraordinaire. Donc euh c'est pas fini.

Il y a eu beaucoup d'attentat des jouets. C'est pas fini. Beaucoup d'attentats des jouets.

Oui. Plus qu'on le dit à l'image, probablement plus. Sachant qu'un attentat des jouets, c'est pas toujours aussi simple que ça.

Euh oui, on arrête beaucoup de gens qui probablement seraient passé à l'action. Oui. Alors après, on on dit déstabilisé, on dit euh euh que ce sont des gens déséquilibrés.

Oui, pour se faire péter la gueule comme ça euh faut être un peu pété quand même. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Alors, c'est quoi la solution pour Alors, d'abord la solution c'est d'être convaincu que tout va pas se régler en un instant, en un quinquena ou en quelques années.

C'est une affaire de long terme. C'est une guerre idéologique que ces gens-là continueront à amener. Il s'appuie sur des mouvements différents, transnationaux, transrégionaux, mais qui ont la même finalité.

Euh et la solution c'est la force. Il faut être fort et les traquer là où ils sont et sans faiblesse avec une justice qui soit suffisamment forte et dissuasive pour en arriver au bout. Et ensuite, il faut essayer de creuser l'origine du mal.

Pourquoi ces gens souvent jeunes arrivent à se radicaliser de la sorte ? Alors, une des raisons, c'est la pauvreté, une autre c'est le désespoir, une autre ce sont les réseaux sociaux et cetera. Et travailler sur ce terau de la radicalisation en profondeur, c'est la répression et la prévention tout simplement.

C'est comme d'habitude, c'est assez simple mais c'est compliqué à mettre en œuvre. Mais après, il faut une vraie volonté et ne pas se dire que parce qu'il n'y a pas d'attentat, l'affaire est réglée. Non.

Quand vous voyez ce qui se passe en Afrique aujourd'hui avec le terrorisme islamiste qui descend du nord vers une rapidité incroyable, ils sont aux portes de Bamaako aujourd'hui et ils sont descendus dans de nombreux pays. Ils descendent au nord Bénin. C'est incroyable quand vous voyez ce qui se passe euh dans d'autres continents, ils sont partout maintenant. même en Amérique du Sud.

Donc c'est une menace mondiale transnationale qu'il faut traiter comme telle et une des solution c'est incontestablement la coopération internationale. Euh après, on peut se poser la question de Schengen. La libre circulation c'était bien mais le contexte actuel, est-ce que vraiment euh on pourrait pas faire autrement ?

Moi, je crois au rétablissement des frontières, soyons clair, dans la situation actuelle avec d'un côté les États-Puissances et le terrorisme islamiste et les migration massive, je ne vois pas d'autres solution que le rétablissement des frontières nationales et qu'on me dise pas que c'est impossible. Rétablir les frontières nationales, [grognement] c'est possible parfaitement. Quand j'étais capitaine, je commandais un escadron d'éclairage 130 soldats.

J'ai été en 86 déployé la frontière suisse. On contrôlait une partie de la frontière suisse. Tout est possible.

C'est une question de volonté. Mais là aussi, on se heurte à une forme d'idéologie et de naïveté. La naïveté aujourd'hui, ce n'est plus admissible.

C'est de la naïveté ou c'est un manque de courage des politiques ? Les deux. Mon général, [rires] c'est moi qui doit vous appeler mon général.

Les deux. Ouais. Bah oui, naïveté parce que euh on croit queon sera jamais attaqué finalement même après le Bataclan, même après ce chapelet d'attentat, même après la guerre en Ukraine, encore ça ne suffit pas pour certains cerveaux qui nous dirigent et puis il manque de courage parce que va falloir aller contre l'air ambiant et puis les petits copains à Bruxelles parce que tout ça se connaît.

Tout ça est aux mêmes idéologies. fédéraliste et c'est vrai que c'était beau la libre circulation mais c'était dans un certain contexte. Ce n'est plus le même monde, ce n'est plus le même contexte.

De 2014 à 2017, vous avez occupé le le plus haut gras hiérarchique dans l'armée française, vous aviez 200000 militaires environ sur votre responsabilité. Donc c'est armée de père, mère a donc la totalité. Vous avez écrit un livre qui s'appelle qu'est-ce qu'un chef en 2018.

C'est quoi les qualités pour être un bon chef et un grand chef comme vous avez été ? Alors, j'ai écrit ce livre parce que je me suis aperçu après une année avoir quitté l'institution militaire que on avait beaucoup de choses à apporter à la société civile et beaucoup plus que je ne le pensais quand j'étais militaire, notamment sur un aspect qui est euh manager, diriger, commander euh la relation avec les autres. On est quand même très bon.

Et ça s'explique parce que nous on va jusqu'à la mort. Nous c'est pas des euros, c'est pas des organisations, c'est pas des lois, c'est pas des papiers. Nous c'est de la réalité, ça va jusqu'à la mort.

Donc on doit convaincre. Donc on doit pratiquer la confiance euh l'obéissance active là où l'adhésion l'emporte sur la contrainte. Donc, j'ai écrit ce livre et quand je l'ai écrit, je me souviens très bien la page blanche.

Bon, je me suis dit je vais c'était pour me faire plaisir au départ puisque c'est un sujet qui m'a toujours fasciné et j'ai formé cinq générations de jeunes officiers à Saumur. Donc, j'ai réfléchi qu'est-ce qu'un officier, qu'est-ce qu'un chef ? J'ai beaucoup réfléchi à ça.

Et puis euh après, je fais beaucoup d'interventions sur ces sujets-là. Ben alors, il y a des qualités euh il y en a beaucoup. C'est très compliqué d'être chef aujourd'hui.

Bon, enfin si on synthétise. La première qualité qui est éliminatoire, elle suffit pas, mais éliminatoire, c'est l'exemplarité. Vous pouvez pas demander à des gens de faire quelque chose si vous faites le contraire.

Par exemple, quand on est haut responsable, on va pas en boîte de nuit parce que en boîte de nuit, le téléphone portable fonctionne pas. que c'est pas forcément le meilleur exemple de quelqu'un qui a des décisions à prendre toutes les 15 secondes. Voilà l'exemplarité.

Par exemple, quand on dit quelque chose, on le fait. Si on le fait pas, on n'est pas exemplaire. Donc on perd de la confiance.

Puis à un moment, le capital confiance, c'est comme la pile du racel. Il y a un parallèle avec la parentalité là. Bien sûr, faire ce qu'on mais vous savez, on est tous chef de soi-même.

On décide de son propre chef. On est chef de famille. chef de famille.

Quand on a des enfants, on est chef de famille, on est responsable. L'exemplarité, après il y a l'authenticité. Aujourd'hui, on est dans un monde de comédie humaine, d'éléments de langage.

Souvent, après quelques interviews, il m'est arrivé que le journaliste me dise en off après c'était vraiment intéressant et puis alors je pense que l'audience va être bonne parce que vraiment vous vous êtes pas comme les autres. On a l'impression que ce que vous dites vous le pensez quand même grave. les éléments de langage, la société de communication, la société balsacienne, la comédie humaine.

Un chef, il doit être vrai. Comme ça, quand vous déléguez euh vous avez même pas besoin de de dire votre ordre, ils le font à votre place. L'autorité, c'est quand l'ordre a été exécuté avant d'avoir été donné.

C'est ça la finalité de l'autorité. C'est merveilleux. Après, il faut de la passion.

Faut être passionné. Chc disait les emmerdes vol escadri. C'est vrai que il y a une définition du bonheur.

Le bonheur c'est quand les emmerdes de cessent. Bon c'est vrai que après bah il faut de l'ouverture [grognement] aux autres. Aujourd'hui trop de chasses sont dans tout à l'ego.

Il faut du courage. Le courage l'inverse de la paresse, mais le petit courage mais le grand courage, le courage de décider, l'inverse de la lâcheté. Le déclin du courage de ce Yenit en 78.

Formidable. Il faut de l'équilibre. L'équilibre entre l'intelligence, le cœur, euh le corps et l'esprit.

On parle de charisme parfois en parlant de grand chef. Qu'est-ce que c'est que le charisme pour vous et comment est-ce qu'on peut en avoir si on a Alors, le charisme c'est l'inverse des slides. Vous voyez aujourd'hui, on a beaucoup de chefs qui parlent avec des slides.

Ça c'est c'està-dire des PowerPoint, des des présentations quoi. Mais tout le monde parle avec des PowerPoint. Si vous avez pas de PowerPoint, vous êtes pas crédible aujourd'hui.

En anglais, s'il vous plaît, parce que ça fait plus sérieux. Non, mais j'ai jamais eu beaucoup power PowerPoint, moi. Je je supporte pas les slides et je parle en français.

Le charisme c'est c'est le regard, c'est la parole, c'est le courage de dire la vérité, c'est le courage de trancher. C'est ça le charisme. Et il y a pas de charisme sans courage.

Et aujourd'hui, le courage n'est pas la vertu la plus pratiquée, je trouve, parce que la situation de la France par exemple ou de l'Europe n'est pas une surprise. C'est un lent d' délitement, on le voit venir et les mesures à prendre. Faut pas croire, les gens qui nous gouvernent sont des gens très intelligents.

Ils ont toutes les qualités pour savoir et ils savent. Donc après bah il faut faire pourquoi ils le font pas ? il faut faire ben parce que ça sera douloureux, ça sera difficile.

C'est ce que je vous disais tout à l'heure, ça sera délicat, ça il va falloir affronter les forces contraires. Alors c'est vrai que dans l'armée, on nous apprend le courage physique d'abord très tôt. Le courage du dépassement de soi, le courage de dépasser ses limites et puis le courage le plus difficile, le courage intellectuel, le courage de dire la vérité à son chef.

Il m'est arrivé plusieurs fois quand j'étais chef d'étatmajor de dire "Arrêtez de me licher les bottes, dites-moi la vérité. Quel est votre avis vrai ? Pas ce que vous avez écrit, mais vous votre avis c'est quoi ?" Vous voyez ?

Euh quand on est chef, les gens vont plus facilement vous dire que c'est une super idée ouvrir à vos blagues. Ils vont vous dire que depuis que vous êtes arrivé, c'est formidable et que c'est vraiment incroyable. mon général, monsieur le directeur, monsieur l'ingénieur général, monsieur le président, vous voyez vous, pardon ce vous disiez au ça vous arrivé de dire au président là vous vous trompez, je ne suis pas d'accord avec vous mais évidemment dans ses entretiens tous les 15 jours, vous croyez que c'était pour lui dire qu'il était bon ? que je je faisais des propositions, je faisais je donnais mon avis et et je je n'étais pas forcément de la vie dominant.

J'ai pas voilà, je je disais ce que je pensais et je savais certaines fois que ce que je proposais n'était pas directement dans le dans le cerveau du président et c'est normal. Et lui me répondait de la même manière. C'est comme ça que ça doit être la relation.

Euh je trouve que aujourd'hui on n'est trop dans le paraître, on n'est plus assez dans l'être. En tout cas, c'est mon avis et c'est ce que je trouve bien dans l'armée globalement, c'est que le faillot, l'imposteur, le calculateur, l'ambitieux, il est assez vite détecté. En 2017, vous allez démissionner de votre poste, de votre un poste de chef d'étatmajor des armées.

C'est la première fois dans la 5e République, un chef d'étatmajor des armées démissionne. Comment est-ce que vous allez prendre la décision et pourquoi est-ce que vous partez ? D'abord, je ne regrette rien.

Il y a des décisions dans la vie que j'ai pris que j'ai regretté après. [rires] Et là, franchement, je regrette pas. C'est vrai.

Je pense que c'est ce qu'il fallait faire à ce moment-là parce que bon quelque part ça a été utile pour envoyer un signal de pour envoyer un signal. Je pense que après le président aurait eu du mal à ne pas réarmer. Ensuite je pense que je n'aurais pas pu travailler en confiance avec le président.

Mon analyse était la bonne parce que voilà quand la le fil de la confiance est rompu, il est difficile à et puis la confiance entre le chef des armées et son chef d'étatmajor c'est capital. Euh donc j'ai pris la bonne décision. Euh bah écoutez euh on était parti sur euh j'arrive en bout de course, vous arrivez avec la nouvelle équipe, je pars avec le président qui arrive le Emmanuel Macron.

Ouis. Moi, j'avais fait plus de 3 ans 3 ans et demi. La nouvelle équipe arrive et j'étais arrivé au bout de mon mandat.

Il était logique que je parte. Bon euh rien ne se décide. Durant le mois de mai, durant le mois de juin, je pose la question au président.

Euh, monsieur le président, le 26 juillet, c'est mon anniversaire, c'est la fin de mon mandat. C'est une bonne date, sont les lions. Et euh donc bon, pas de réponse, la faire traîn, il me dit "Mais je comprends pas moi, j'aimais parlé de ça." Donc voilà.

Euh et puis euh il me il me dit clairement après euh vous restez et euh 2 ans. Donc euh 2 ans me paraissait très long parce que j'avais promis à ma famille d'arrêter. Donc euh je lui explique qu'il allait avoir une manife donc il valait mieux tabler sur 1 an.

Nous tablons sur 1 an et c'est reparti. Et puis là euh les choses étaient claires, si je puis dire, je n'ai pas mis des conditions au président de la République comme ça a été écrit. J'ai simplement dit euh voilà, est-ce que vous acceptez cela ?

Sinon, vous repartez avec un un autre cheval et moi ça m'ira très bien. J'ai aucun problème. Je vous mets très à l'aise.

Je connaissais le président Macron depuis un certain temps. Il avait été secrétaire général adjoint et je l'appréciais. Donc il n'y a aucun problème humain entre nous deux.

C'est ça qu'il faut comprendre. Bon après par un b que je n'ai jamais compris est arrivé dans le Parisien lors d'une interview par le ministre du budget de l'époque 850 millions d'euros en gestion qu'on m'enlevait là j'ai dit c'est pas possible. J'ai demandé des explications.

J'ai eu une à ce moment-là une audition à l'assemblée dans laquelle j'ai dit comme d'habitude ce que je pensais mais pas plus moins que d'habitude avec un un discours qui était le mien. J'ai toujours parlé franchement ça ne m'a jamais nui et là ça m'a nuit. Pourquoi ?

Ben parce que ça a fuité et que euh les jeunes députés sans expérience que l'on avait probablement pas briefé sur le fait c'était la défense et la sécurité nationale et que ça nécessite un peu plus de confidentialité que dans d'autres domaines avait fait fuiter euh quasiment mon texte dans lequel je disais que je ne me feris laisserai pas avoir en langage fleurri et donc tout ceci est mal passé et on est arrivé progressivement, un peu de tension et puis bon, le président ne m'a pas semblé perturbé et c'est là qu'il a prononcé son discours après cette réunion que je raconte le Merkel le matin, la chancelière et Trump le président américain l'après-midi, le grand discours à Bri dans lequel il il a il a cette phrase je pense improvisé qui n'était pas dans son discours, je suis votre chef et cetera. Et là, j'aiimé que euh voilà l'accumulation de ces facteurs faisait que il fallait que je réfléchisse bien. C'était la veille du 14 juillet, je ne voulais pas aller défiler.

Finalement, euh je raconte ça, le soir, j'ai eu au téléphone tard la ministre, je lui ai dit "Mais parli, je ne sais pas si j'irai au défil des demain. Et puis j'ai décidé d'aller au défilé après avoir réfléchi parce que je considérais que les soldats que j'avais l'honneur de commander n'avait pas à être [raclement de gorge] mêlé à mon cas personnel. D'une part, c'était pour eux une fête et ça devait le rester.

Et ensuite, ça pouvait, si j'étais amené à partir être considéré comme mes adieux aux armes. C'était mes plus beaux adieux aux armes puisqu'ils étaient seuls pour moi avec en lien direct avec les militaires que j'avais eu l'honneur de commander pendant 3 ans et demi. Voilà ce qui s'est passé.

Le reste, je garde pour moi l'entretien que j'ai eu avec le président en tête à tête pendant 1h35 ou 1h40. Euh ça, je considère que ça fait partie de la confidentialité nécessaire, mais le bilan, c'est que je ne regrette pas. Je pense que ça serait à refaire.

C'était la bonne décision. Vous savez, c'est une décision compliquée à prendre. Je savais qu'après il allait avoir un peu de serrage de boulon.

ça a eu lieu. Je savais que on allait dire les militaires, ils ont pas s'occupé de budget, ça a eu lieu. Euh et cetera et cetera.

Mais bon euh bon malant, je pense que sur ce coup-là, j'ai été bien inspiré. On vous parliez des armements juste pour qu'on comprenne. C'est c'est j'avais noté mais en en quelques années, il y a eu en gros 50000 postes en moins.

C'est ça. Il il y a eu un qu'on qu'on se rende compte, c'est beaucoup de budget qu'il y a eu en moins. Donc entre 2009 et 2015 50000 postes supprimés soit 25 % des effectifs en 6 ans seulement.

En 7 ans. 7 ans. Ouais. en 7 ans.

Euh donc de nouveaux de de nombreux régiments, bateaux des armées, base aérienne supprimée, organisation changé parce que euh 20 % des effectifs, faut les trouver. Alors la RGPP euh la revue générale des politiques publiques qui était interministériel, chaque ministère devait amener ses économies. Alors nous, on a fait 20 % des effectifs, on a représenté 60 % de l'ensemble de la fonction publique, l'ensemble des ministères.

Voilà. Donc qu'est-ce qui nous reste aujourd'hui dans l'armée française ? J'ai j'avais noté il y a quatre scénneux.

On a on a une plus petite armée, on a une magnifique armée très opérationnelle. On a réussi l'armée de métier en 95, c'était pas évident. En très peu d'années, on a professionnalisé nos armées.

On en a fait un outil de projection très performant. On est passé d'une armée qui préparait la guerre avec de la conscription à une armée professionnelle de projection. C'est quand même totalement autre chose dans quelques années.

Fantastique. Je pense que c'est le génie français qu'on est les seuls au monde à être capable de faire ça. La question c'est qu'aujourd'hui la guerre se rapproche et que pour mener une guerre c'est l'affaire d'un pays et donc il faut les forces morales dans le pays.

Ça c'est le premier dossier. Et le deuxième dossier, il faut des armées capables de durer. Il faut des munitions, il faut des pièces de rechange, faut des effectifs, faut des équipements.

Et ça, on n'est pas prêt pour ça. Donc il faut changer notre système de fabrication. On a deux atouts majeurs mais qui sont extraordinaires.

Un, on est encore la meilleure armée en Europe et on sait faire la guerre. On l'a faite au Moyen-Orient, en Afghanistan, on a fait partout. Et deuxième atout, on a la base industrielle technologique de défense, une dizaine de grands groupes avec des centaines de PME et on est capable et on est euh là-dessus pratiquement les deuxè au monde derrière les Américains.

Donc ces deux atouts doivent être doivent nous maintenir en tête de ce combat du réarmement en Europe. La seule chose, c'est qu'on a un gros inconvénient, c'est que on ne veut pas considérer qu'on a changé d'époque et que on n plus en temps de paix. Et on le fait en parole mais pas suffisamment en acte.

Il faut accélérer. Les alliances peuvent changer. Par exemple, on a vu les Américains moment donné nous mettre un petit là alors que ce sont nos alliés depuis toujours.

Est-ce que les alliances peuvent vraiment changer ? Est-ce qu'on peut se retrouver un peu seul à un moment donné ? Les alliances dans l'histoire du monde, ça change tout le temps.

Et oui, les Anglais sont nos amis, ils ont été nos ennemis. Les Allemands sont actuellement nos amis, ils ont été nos ennemis. Et on oublie ça.

Les Russes aujourd'hui sont pas nos amis et ils l'ont été un moment. Ils nous le rappellent d'ailleurs souvent. Et donc euh les alliances, c'est comme les civilisations, elles sont mortelles, elles peuvent disparaître.

Et nous n'avons pas d'amis, disait de Gaulle. Nous avons que des intérêts. Les États, les États, il par des États en général.

Ou il a raison. On a du mal à imaginer de l'extérieur. Si je vous cite des pays qu'on devait mettre une note sur nos relations, est-ce que les États-Unis aujourd'hui on est plus vers 1 ou plus vers 10 ?

Est-ce que ça reste nos amis, nos alliés ? Mais les États-Unis sont nos alliés, mais ils ont leurs intérêts et ils les défendent. Alors, ce qui est nouveau, c'est que depuis le président Obama, il y a une bascule stratégique vers le Pacifique et vers la Chine qui est leur principal adversaire. donc une forme d'abandon européenne et avec le président Trump une accélération de ce phénomène America first et c'est d'abord les Américains et il faut lire le président Trump alone de cette de cette lecture America first d'abord les Américains et ensuite le reste.

Donc les amis passent après et si les amis sont emmerdants, ils deviennent adverseurs. Voilà conjoncturellement ou structurellement. Et euh le président Trump n'est rien d'autre que euh un businessman.

Il fait du du deal, il fait des accords. Euh il y a a d'autres pays mais c'est comment on est aujourd'hui avec la Russie par exemple ? Parce qu'on est euh sur une sur de 1 à 10, on est où avec la Russie ?

Avec la Russie, moi je je suis un disciple de l'Europe de l'Atlantique à l'Oural. C'est ce que voulait le général de Gaulle. stratégiquement, il avait raison à l'époque.

Il se trouve que la Russie euh probablement que nous avons une responsabilité les occidentaux, les Européens singulièrement dans cette dérive de la Russie actuellement avec le président Poutine, mais aujourd'hui la Russie a franchi la ligne rouge. Le 24 février, c'était hier, 4 ans, c'est c'est l'envahisseur, c'est l'attaquant en Ukraine, un pays souverain. Et la Russie est agressive aujourd'hui vis-à-vis de ses voisins, vis-à-vis de l'OTAN, vis-à-vis de de nous.

Après, moi je reste persuadé que un jour, j'espère euh on reviendra à un régime russe qui sera compatible avec une alliance avec nous parce que nous avons une histoire commune. C'est notre géographie, c'est notre culture, c'est notre continent. Simplement aujourd'hui, c'est pas possible.

Mais quand vous regardez l'histoire, encore une fois, c'est ça qui est inquiétant et rassurant à la fois. Il y a des phases. Il y a des phases.

La Russie a été parfois notre allié dans l'histoire et parfois notre ennemi. Vous dites dans votre livre pour le succès des armes de la France pour terminer, vous dites "Je je crains que le sens de l'histoire n'aille dans la mauvaise direction vers la guerre. La guerre approche plus vite que prévu même vous dites.

Bah oui. Alors pas rassurant quand on sait que vous avez beaucoup d'improch je je je vois quand même sur les médias aujourd'hui, on en parle de plus en plus. D'ailleurs, le vocabulaire de notre président, on l'a vu avec le Covid, on était en guerre contre le Covid, on était en guerre et il y a de la tension partout, la violence est partout.

On voit bien que la force quand on parlait de la force il y a quelques années, on était un dangereux extrémiste tout de suite. Quand on parlait des armées, l'antimilitarisme prévalait. Non, on a changé d'époque.

C'est vrai que moi, je suis inquis à court terme sur l'instabilité du monde. Que vont faire ces états-Puissances ? Que va faire le terrorisme islamiste ?

Comment va-t-on gérer les migrations massives et le dérèglement climatique ? que vont devenir ces organisations internationales ? L'ONU, la réforme de l'ONU, on en parle depuis 25 ans, il s'est rien passé.

Donc autant de facteurs qui rendent ce monde instable et dans les périodes de l'histoire, l'histoire ne repasse pas les plats. Et 70, 14 et 39, trois cas différents, on est d'accord. 1870 Ouais. trois cas différents.

Mais ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un point commun entre ces trois cas et on n'est pas loin de la situation d'aujourd'hui. On était en crise politique à chaque fois avant avant le déclenchement de ces conflits. On était en crise économique, on était en crise sociale, on était endetté jusqu'au coup, on n' pas pu réarmer et on a eu la défaite à chaque fois.

On a perdu trois fois. On a perdu trois fois au départ. Après, on a fini par gagner grâce à nos alliés et ressources intérieur alliés, grâce à notre génie, grâce comme si la France fallait d'abord qu'elle perde avant de gagner.

Moi, j'aimerais une France qui gagne d'abord, qui évite de perdre et faut pas me dire qu'on sent pas le couvenir là. Et depuis 10 ans, en 2017, je sentais déjà tout ce que je dis aujourd'hui sur les états puissants, ce terrorisme, je l'ai dit en 2015. C'est le même discours, mot à mot, vous pouvez apprendre mes discours, c'est sur internet.

Donc oui, c'est pas un discours de complotiste là. C'est quelque chose qui se passe vraiment. Vous alors à une certaine époque on pouvait être accusé d'extrémistes, de complotistes, de défétistes, de dépressif, de tout ce qu'on veut.

Mais c'est la réalité. On sent le couvenir. On voit bien que le terreau se rapproche et que une seule étincelle, l'attentat de Sarayevo, imprévisible en 14, une étincelle peut déclencher quelque chose de très grave parce que le terreau est là. le terro tout simplement de la force de la force désinhibée complètement désinhibée.

Vous pensez que notre génération va connaître la guerre vraiment ? Moi, je le crains. Je le crains.

Ouais. Alors, je suis là pour préparer toutes les hypothèses comme comme militaire. On est là pour ça.

Donc intellectuellement, maintenant que je ne suis plus en service actif, je suis là pour prévenir évidemment vous qui avez été chez l'étatmajor des armées, s'il y a une guerre aujourd'hui, c'est qui serait mobilisé ? Les hommes, les femmes ? C'est partir de quel âge ?

Comment ça se passerait ? Alors, il y a différentes déjà il y a différentes formes de guerre. On peut déjà dire qu'on est rentré dans une guerre informationnelle.

On appelait ça la subversion dans le temps. Mais quand on voit ce qui se passe sur les réseaux sociaux, sur l'ingérance étrangère, vous parlez des fausses news bien sûr dans l'espace, dans les fonds marins, c'est déjà plus la paix. C'est plus la paix.

C'est pour ça qu'il a raison Sébastien Lecnu de dire qu'on n'est plus vraiment en paix. On n'est pas encore en guerre mais on est dans une drôle de paix. Il a dit quelque chose aussi dans l'émission qui était important et c'est la première fois qu'il je crois qu'il l'a dit parce queon en parlait à l'extérieur.

Il disait qu'on avait des hackurs qui étaient offensifs. On éit pas que dans le défensif. Ça c'était assez nouveau parce que dans l'armée française on le disait pas avant.

Il disait non mais il faut arrêter de d'attendre la jour. On le dit. Moi j'ai assisté à la naissance du cyber en 2009 où à l'époque c'était tout était passif, c'était le cyber passif et cetera.

Ensuite on a dit défensif. Ensuite, on a dit que on était capable de faire de l'offensif et maintenant on dit qu'on fait de l'offensif. Donc oui, mais on met toujours du temps.

Cette graduation montre bien que la menace est grandissante. Et ce qui me fait peur, c'est par rapport à votre question, est-ce que la guerre est possible ? Je réponds oui.

Et après, il restera à imaginer quel type de guerre. Est-ce qu'on va être envahi sur notre territoire ? Je n'en suis pas sûr, mais tout est possible.

En tout cas, je décris une hypothèse dans le livre que je trouve particulièrement possible, j'ai pas dit probable, mais possible. C'est un missile de croisière qui s'abat dans une petite ville de France qui fait 50 morts et 300 blessés. On n'est pas capable de dire d'où il vient et on n'est pas capable de l'arrêter.

Le président d'ailleurs dans ses vœux l'a dit, a repris cet exemple. Je ne sais pas s'il a tiré de mon livre. En tout cas, il a dit ça, il faut que ça cesse.

Ce n'est plus possible. On doit savoir d'où ça vient et on doit pouvoir être capable de l'arrêter. avoir une sorte de bouclier intérieur.

Voilà. Et je vois bien un dictateur agacé parce qu'on lui a chatouillé les doigts de pied qui appuie sur ce type de guerre. Donc oui oui, tout est possible.

Après, il faut s'y préparer. Et ce qui me fait peur, c'est sommes-nous prêts ? Que se passerait-il si nous étions dans la situation des Ukrainiens demain matin ?

Comment réagiraient les Français ? Sont-ils vraiment prêts ? Fait-on le nécessaire pour leur donner les forces morales nécessaires ?

Parce que à la guerre, il faut des forces morales. Et les forces morales, nous on sait que la guerre, c'est un affrontement de deux volontés. Regardez entre les Russes et les Ukrainiens.

On a ça sous nos yeux avec des images tous les soirs au journal de 20h. Alors, qu'est-ce qu'on fait pour s'y préparer ? Est-ce que vraiment on cultive le sens de l'amour de notre pays ?

Est-ce qu'on parle de la Marseillaise, du drapeau ? Est-ce que on apprend à nos jeunes à aimer notre histoire, notre géographie, notre culture, notre gastronomie ? Est-ce que vraiment on se prépare ?

Est-ce que on aime notre pays ? Dès qu'on parle de la France, pour certains, on est un nationaliste, on est un extrémiste. Quand on parle de la nation, c'est dangereux, c'est du nationalisme et cetera.

Mais euh regardez les Français, il y a un retour de la fierté française. On l'a vu avec Notredame de Paris, on l'a vu avec les Jeux Olympique, on le voit, on l'a vu avec la Coupe du monde de football, on le voit à chaque compétition sportive. Mais je me demande s'il y a pas que les dirigeants qui sont plus patriotes.

Alors pourquoi est-ce qu'on n'est pas patriote ? Mais on est patriote avant d'être européen quand même. Moi je suis fier d'être vendéin et c'est pas pour ça que je suis pas patriote.

Je mets cette fierté au service de la France et ça ça n'est pas exclusif de prôner une Europe de la coopération évidemment et je suis pas dans dans mon alvéole étanche à toute action internationale bien au contraire. Donc moi, j'appelle de mes vœux cet élan national pour que on ne on on ne renferme pas cet amour du pays euh cadnasser à double tour alors que c'est ce qu'attendent les Français. Est-ce que c'est ce dont nous aurons besoin dans les forces morales nécessaires ?

Je reprends un chiffre par rapport à votre sujet. 60 % des jeunes de 18 à 25 ans, ces chiffres de cette année he seraient prêts à s'engager dans les armées en cas de guerre dans le pays. Voilà. selon l'IRSEM euh 60 %.

Oui, pas étonné. On sera surpris en bien. Euh j'espère que non, qu'on aura pas à être surpris en bien, mais si là venait cette situation, je pense qu'on serait surpris en bien.

J'ai été 5 ans professeur à sciences pot. Alors dans un module particulier, mais euh on peut pas dire que Science Poau soit un conservatisme du militarisme forcé. Et euh j'ai été surpris par ces jeunes, certains étaient profondément antimilitaristes et bien je pense que ils se lèveraient pour défendre la France.

Euh faut passer la mode parisienne de l'infrapériphérique. Il faut aller voir à l'extérieur. Moi, je rencontre beaucoup de gens, des gens très différents, toute génération confondu, des gens des cités, des gens des villes, des gens des campagnes.

On a besoin de proximité. La proximité c'est la France. Vous avez déjà rencontré en tant que chef d'étatmajur des armées des des familles parfois de soldats décédés ?

Quand vous avez choisi certaines opérations ? C'est un des moments les plus difficiles que l'on est à affronter quand on est en situation. Et c'est ce moment-là qui a été pour moi le révélateur de la vraie personnalité des personnalités politique que j'avais l'honneur de servir parce que là il y a plus de comédie.

Il y a plus que la personne, il y a plus le président de la République, il y a le père de famille, l'homme et en face il y a le parent, les parents éplorés. Ce sont des situations terribles avant ou après la cérémonie aux invalides avec les cercueils et les drapeaux bleu blanc rouge, la musique dans la cour des invalides, le temple des soldats, euh c'est très difficile et ce cette relation directe avec la famille qui vient de perdre son fils, son frère, des enfants aussi, non, c'est terrible et ça restera un des moments les plus difficiles et c'est là que vous mesurez la conséquence des décisions que vous prenez euh c'est dans ces moments-là. Mais nous on avait 1 2 10 cercueils.

En Ukraine, ils en ont 1000 par jour. Et la guerre, c'est ça. C'est pour ça qu'il faut tout faire pour préserver la paix.

Ce trésor, il faut tout faire. Et c'est quoi tout faire ? C'est la force.

C'est c'est être suffisamment fort pour dissuader qu'on nous attaque parce que c'est ça l'homme est un l pour un loup pour l'homme. On l'a oublié. Il y a des affaires euh vous par vous le disiez des opérations pour terminées euh qui sont non officielles quand il y a un décès.

Une question plus personnelle et vous me dites si vous pourriez répondre ou pas d'ailleurs. Est-ce que quand il y a une famille qui vient vous voir et le soldat est décédé, est-ce que vous leur racontez les conditions ? Est-ce que vous leur racontez le pays ?

Quel est le niveau de ce que vous leur dites pour quand même parce que c'est c'est horrible de pas savoir. Je pense he alors c'est horrible de pas savoir. C'est pour ça qu'on leur dit tout ce qu'on sait.

Ah, vous leur dites à ce momentlà tout ce qu'on sait. Parfois, malheureusement on ne sait pas tout. Et il nous est arrivé là, on est vraiment dans l'intime que des familles nous demandent à les voir sur place dans un pays étranger.

Du coup, dans un pays étranger et on essaie dans la mesure du possible de les emmener sur place là où la personne est laissée. Alors c'est pas toujours possible, c'est souvent d'ailleurs impossible pour des raisons de sécurité mais on l'a déjà fait. Incroyable.

Ça m'est arrivé moi incroyable. donner mon autorisation euh après avoir rencontré les familles et de faire le nécessaire parce que ça fait partie du deuil de s'imaginer où euh il est mort. Et je pense que c'est très important.

Alors l'armée est une grande famille, c'est dans ces moments-là qu'on mesure que c'est une grande famille. Et là où je je dis que notre pays est un grand pays encore, c'est la dignité des familles dans ces moments-là. J'ai vu parfois de la révolte, mais je n'ai jamais vu de l'indignité et c'est assez extraordinaire.

Et généralement c'est il a choisi, il savait les risques, nous l'avons laissé, il était heureux. Il était heureux, c'est ce que j'ai entendu souvent et donc il a fait ce qu'il voulait faire. Mais ces moments-là sont terribles et j'ai vu beaucoup d'autorités politiques euh HS à ce moment-là liquéfié face aux familles H et tous les ministres de la défense, ancien ministre de la défense vous le diront, c'est le moment terrible et bon c'est vrai comme chef d'étatmajor, on a une relation de proximité avec le ministre et euh et que nous on est un peu plus habitué.

Euh c'est jamais banal, hein. C'est c'est toujours terrible. Et mais c'est dans ce moment-là qu'on se dit l'armée est une grande famille.

C'est extraordinaire. C'est c'est c'est Est-ce que vous avez un dernier exemple d'une leçon de courage ? Vous avez vu une personne extrêmement courageuse que vous avez pu croiser dans votre vie de militaire ?

Vous êtes dit là c'est un exemple de courage pour qu'on comprenne aussi ce que c'est. sans dire le pays. S'il faut changer le pays, on change le pays.

J'ai vu j'ai vu plein de plein de courage au sens de de l'inverse de la lâcheté, c'est-à-dire aller au-delà de l'humanité de sa propre humanité pour donner son corps à la patrie. Ça c'est le somum du courage. Euh oui, j'ai j'ai je suis toujours en contact avec cette personne.

On communique par message et on se reverra certainement un jour. Un jour, j'allais donc dans l'opération Barcane tout au nord là où étaient les terroristes pour voir un peu sur place les forces spéciales. C'est dans quel Enfin, on va peut-être Normal.

Normie. Et là, je vois un sous-officier euh du chef à l'époque, je crois et on discute mais vraiment sympathique. Je sais plus si on avait une bière à la main, mais enfin bon, c'était vraiment sympa.

Et euh il me dit "Tel chef, on aimerait bien arriver à l'attraper." Mais donc je lui dis "Écoutez, ça tombe bien que vous m'en parliez. Ce gars-là, faut vraiment l'attraper parce que si on l'attrape ça va vraiment les affaiblir et les renseignements de ma possession me disent que c'est quand même la tête de réseau.

Donc bon, m'attraper. Donc quelques quelques semaines après, on vient me prévenir dans mon bureau donc ils avaient neutralisé l'individu. Donc je je j'envoie un petit texto.

Voyez c'est c'est chef d'étatmajor un adjugent chef. Enfin, c'est c'est Mais bon, moi je suis un affectif et puis j'aime cette relation humaine. Je lui envoie un petit texto.

Bravo. Lui était pas chef de détachement mais il avait fait partie des types qui avaient été parachutés dans l'opération pour attraper le mec quand même. C'est c'est un sacré sacré loustique, un type exceptionnel.

Ensuite, quelques mois après, on me dit "On a un mort et deux blessés grave au Mali et cetera. Je demande les noms et dans les blessés graves, il y avait cet adjudant chef. Donc je me souviens et je me renseigne, on me dit "Demain, il sera à l'hôpital Pery." Onévacue.

Il sera à l'hôpital Pery. Il a pris trois balles. Une dans le mollet, une dans le dos et une dans l'épaule.

Enfin bon. Et trois balles pour aller sauver un mec. Et là, je vais le voir à l'hôpital Percy et j'ai vu un type extraordinaire, extraordinaire, un soldat.

On est resté en contact et quand j'ai quitté l'armée et depuis il m'écrit plusieurs fois par an, deux fois par an, il est parti major et alors il se trouve que à l'automne 2017, j'ai cru que j'étais encore jeune et j'ai participé à un match de bienfaisance de l'équipe de France militaire qu'on avait construit momentanément là de football pour jouer contre contre l'équipe classique là qui fait des matchs de bienfaisance et puis je me suis cassé à cheville [grognement] donc de tr mois dans le plâre enfin bon c'était les popés la maléole c'est long et j'étais en en reconstruction au même moment que lui terminait sa reconstructionéducation rééducation et je suis allé visiter son régiment. Régiment un peu spécial. Petite pause.

Il a dû être surpris de vous voir arriver à l'hôpital à Pery. Alors, j'ai j'ai pas alors j'étais à Per mais pour 24 heures il y était plus le temps qu'on m'opère. Non non, je parle avant quand vous êtes su qui était là, il était à Uri mais il était un peu KO.

Il était à Uri et c'était magnifique parce que il était donc allongé, entubé de partout et il a essayé, il a fait un mouvement de bras pour se mettre au garde à vous. C'est c'est incroyable. Incroyable.

Extraordinaire. On se sent tout petit. On se sent tout petit, croyez-moi.

Même vous à ce momentl oui, tout petit. Est-ce que j'aurais été capable de faire ce qu'il a fait ? J'en sais rien.

Et sa famille dans la pièce ? Non non, il était tout seul quand je suis allé le voir. Il venait d'arriver hein.

Il était arrivé dans la nuit hein. Donc après, je suis allé le revoir plusieurs fois évidemment. Donc, j'apprends qu'il était revenu au régiment et qu'il était euh en train de terminer sa reconstruction, sa rééducation.

Et donc euh j'ai dit, on va faire un footing ensemble. Et alors moi, j'étais pas capable de faire plus de 3 4 km et lui non plus. Et donc on a fait un footing euh tous les deux boîteux [souffle coupé] sur la plage sur la plage.

Donc ça vous donne une indication. Et après on a passé la soirée ensemble avec certains de ses camarades. C'était extraordinaire.

Et depuis on est resté amis, voyez. Et c'est pas le général de Villier et l'adulent chef ou le major tel. C'est vraiment deux hommes qui qui se sont rencontrés.

C'est ça qui est fantastique dans l'armée et le courage. Est-ce que j'aurais eu ce courage ? Et ce courage dans la rééducation, dans la j'appelle ça la reconstruction parce qu'il s'est reconstruit complètement et après il est major.

Et vous voyez il y a quelques jours dans le métro, j'ai rencontré des soldats de son régiment qui m'ont reconnu. Les gens vous arrêtent beaucoup dans la rue ? Oui, beaucoup.

Je crois vous êtes une énorme côte de plus de plus en plus et je n'ai jamais été emmerdé par quiconque. C'est que des gens qui me qui me félicitent, qui me soutiennent et donc je vois cinq lascars costaud qui arrivent vers moi et mais respect mon général. Voilà.

Et donc ils m'ont donné des nouvelles et pour eux ce type-là est un héros et c'est eux euh qui qui ont qui sont façonnés. Vous voyez, dans la vie, il faut avoir des héros, faut avoir des modèles. Aujourd'hui, on est dans une société où on offre des contre-modèles.

Comment voulez-vous tirer les gens vers le haut à faire des grandes choses si on est dans les contemodèles ? Et euh donc ces typeslà, ça m'a fait plaisir ce qu'ils m'ont dit. Euh ah c'est un héros, c'est c'est un modèle pour nous.

Voilà. Bon après, j'en ai eu plein d'autres. Vous pouvez dire son prénom ou pas ?

Non. Euh non non. Euh ou la première lettre de son prénom.

Non, parce que bon, je veux pas voilà. D'accord. C'est en tout cas, je me sens tout petit devant un gars comme ça et euh vous voyez quand j'ai démissionné, j'ai pensé à des gars comme ça parce que j'avais plein de visages que j'ai rencontré.

J'ai fait énormément de rencontres. Je me disais "Tu peux pas rester." Et leur expliquer que tout va bien madame la marquise alors que tu sais très bien que ça va pas bien se passer.

Donc j'ai préféré voilà euh à l'époque j'étais pas conscient du Ramdam que ça allait faire et de la nouvelle vie finalement que ça allait me créer puisque j'étais homme public un peu parfraction et maintenant bah j'assume ce nouveau statut. J'essaie simplement que ça ne me tire pas vers le tout à l'ego et vers une fierté mal placée. Vous savez l'orgueil c'est le péché originel.

Il faut faire toujours très attention. Et je compte là-dessus sur ma femme et mes enfants pour me corriger si nécessaire, pour vous [grognement] rappeler où elle la vaisselle, pour me remettre dans le droit chemin. Si d'aventure je pensais à un moment ou un autre que j'étais un type important.

Vous dites que les gens vous vous arrêtent dans la rue souvent. Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Je parle pas des militaires parce que les militaires vous reconnaissent.

Est-ce qu'il personnes de la vie civile qui vous arrêtent ? Alors il y en a plein de plus en plus. Hier, il y a même eu un début d'atroupement.

C'est la première fois que ça m'arrive. Il y avait deux personnes qui m'ont arrêté différemment qui se connaissaient pas. Une vieille dame et un jeune mec.

Et deux autres qui se sont arrêtés mais qui ont vu que bon, j'étais pressé. Voilà. Bon, c'est la preuve que les armées sont populaires.

Qu'est-ce qu'ils vous disent ? Ils vous disent alors ils me disent "Mon général, alors il faut vous présenter aux élections présidentielles. Mon général, on marche sur la tête, c'est le bordel.

Il y a plus que vous. On a confiance. Mon général, pourquoi vous voulez pas vous présenter ?

Voilà, j'entends ça toute la journée. Et qu'est-ce que vous leur répondez toute la journée ? Parce que ce n'est pas mon métier.

Je ne suis pas un homme politique. Je continuerai à servir mon pays comme un militaire, comme un officier, mais je ne suis pas fait pour me présenter aux élections présidentielles. Vous n'y avez jamais pensé ?

Non. Ben si j'y avais pas pensé, c'est vraiment que je serai un couillon. Mais c'est tous les gens qui me le disent, [rires] je suis obligé d'y penser.

Mais non, avoir de carrières dans une vie. J'ai fait un choix. Et alors en plus quand je prends une décision, je la prends.

Donc voilà, j'ai fait le choix de pas virer dans la politique. Par contre, c'est vrai que quand j'écris un livre comme pour le succès des armes de la France, quelque part, c'est du politico militaire bien évidemment parce que tout se tient. Je propose une forme de stratégie pour protéger la France et les Français.

Mais voilà, c'est un choix déterminé. Et puis on verra bien. Depuis bientôt 9 ans que j'ai quitté l'armée, vous savez, c'est là aussi c'est beaucoup d'humilité parce que tout ce que je prévois, c'est pas du tout ce qui se passe.

Je fais je fais plein de choses, il y en a aucune que j'avais prévu. Donc euh là, je suis en train de je préside une association nouvellement créée. Nous allons organiser une compétition de jeunes de 13 ans de football, la Ligue des étoiles et bientôt ça sera rendu public, vous verrez, ça sera un événement intéressant dans toute la France avec la finale à Paris et voilà.

Bon ben, j'avais pas du tout prévu de faire ça, mais les circonstances ont voulu que je rencontre des gens incroyables et que je me lente du football parce que je suis un humoureux de ce sport. Voilà. Et puis euh euh je fais des choses différentes, je vois des gens différents.

Cette expérience de légende par exemple. Voilà. Euh je prends la vie euh je n'ai pas euh je suis pas dans le billard à quatre bandes.

Je je n'ai pas de plan caché. Je vis ma vie et je savoure chaque jour qui passe tant que je suis en bonne santé pour essayer d'être encore utile à la France. Vous êtes utile à la France en écrivant des livres.

Vous pourriez vous poser la question légitimement de de de donner 5 ans de votre vie en tant que président ? Oui, mais je pense que je suis plus utile en étant à l'extérieur du système qu'à l'intérieur et je le connais bien le système. Dernière question de curiosité pour si vous nous écoutez en podcast audio, vous verrez, il y aura votre photo qui sera affichée dans les voitures ou sur les téléphones.

Qu'est-ce que représente la médaille que vous avez exactement ? Alors, je suis grand officier de la Légion d'honneur. Euh, j'ai été décoré juste avant d'avoir été nommé euh chef d'état-major par le président Hollande dans la cour des invalides.

Euh alors euh c'est une très belle décoration. Vous savez, c'est le dernier stade avant d'être grand croix de la Légion d'honneur. Donc, mais bon, la plus belle décoration, c'est celle que j'aurai au ciel et c'est pas la République qui me la donnera.

Donc c'est celle-là après laquelle je cours, faire du bien autour de moi et essayer de rendre meilleur les choses les gens au service de mon pays. Voilà, ça c'est la décoration que j'attends [grognement] pour le succès des armes de la France, c'est chez Fillard. Je vous mets le lien.

Général d'armée Pierre Deviller, la couverture est belge, je vous la mets dans la description. Vous avez plus qu'à cliquer pour commander le livre directement dans la description de la vidéo YouTube. Et si vous nous écoutez en podcast audio, dans la description de l'épisode, il y aura marqué description, vous cliquez dessus, vous aurez le lien directement sur Spotify 10er, Apple Podcast et Amazon Podcast.

Merci de nous écouter de plus en plus nombreux chaque semaine, de faire de légendes le premier podcast de France. Merci d'être environ 150000 à 200000 à vous abonner chaque mois en plus sur la chaîne YouTube. Merci mon général.

Merci à vous. C'était passionnant et vraiment euh singulier et intéressant. Vous avez un grand talent.

Merci beaucoup. C'est très gentil. Merci beaucoup.

Je vous embrasse fort. On se retrouve tous les mercredis, vendredi et dimanche pour des interviews ou documentaires sur les gendes. À très bientôt et puis merci à toute l'équipe d'avoir préparé l'émission.

Je vous embrasse. Ciao tout le monde. [musique] [musique] Ah. [musique] [musique]