L'invitée de Bourdin Direct : Marine Le Pen - 30/10
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Vous écoutez RMC, RMC, l'interview à Pauline de Valherbe.
Bonjour Marine Le Pen, merci d'être avec nous ce matin. Vous deviez d'ailleurs être en studio mais vous n'êtes qu'à contact, donc vous êtes à l'isolement. Une question évidemment, vous êtes présidente du Rassemblement National. Je voulais simplement d'abord commencer par avoir votre réaction à cet attentat. Donc hier à Nice où trois personnes ont été assassinées dans une église.
Je suis déchiré, nous sommes tous déchirés, tous les Français sont déchirés. Et ce qui est terrible c'est que chaque Français n'a aucun doute sur le fait qu'il y aura d'autres attentats et chaque Français s'interroge sur la date de cet attentat. Il y a vraiment une prise de conscience de la part des Français de la gravité de la situation.
Une prise de conscience de la gravité de la situation, est-ce que vous estimez que les décisions qui ont été prises immédiatement et notamment le fait de renforcer la sécurité des églises et de placer la France sous alerte maximale du plan Vigipirate, est-ce que c'est des réactions qui vous rassurent ?
Oui, je pense même qu'on aurait pu le faire avant, puisqu'il y a eu un communiqué qui a été fait par le ministère de l'Intérieur il y a quelques jours évoquant un communiqué de l'agence de presse d'Al-Qaïda qui appelait au djihad individuel et qui ciblait d'ailleurs très précisément un certain nombre de lieux ou de personnes. Il ciblait les imams qui soutiennent la lutte contre l'islamisme, les lieux de culte, notamment les églises, les représentations ambassades ou consulats de la France à l'étranger. Or c'est exactement ce qui s'est déroulé.
Donc je pense que face à une consigne islamiste de cette nature, il faut se considérer effectivement comme en danger et par conséquent prendre les mesures nécessaires à la protection de ses cibles.
Les mesures nécessaires sont-elles prises aujourd'hui ?
Est-ce que vous m'interrogez sur est-ce que la guerre contre l'islamisme est mise en œuvre ? Je vais vous répondre non. Je suis désolée de vous le dire et encore une fois je suis prête à avoir rendez-vous de multiples reprises avec le ministre de l'Intérieur pour lui expliquer pourquoi je pense que les mesures qu'il a annoncées sont tout à fait en dessous de celles qui sont nécessaires. Qu'auriez-vous fait ? Qu'auriez-vous fait ? Mais je le dis depuis de très nombreuses années. Je considère que la guerre nous est menée par une idéologie qui est l'islamisme. Ce n'est pas un pays, c'est une idéologie.
Mais cette idéologie, elle s'appuie sur des états islamistes, c'est-à-dire qui financent ou qui sont complaisants. Il faut donc mettre notre diplomatie en accord avec cette guerre contre l'islamisme. Elle s'appuie sur des associations, sur des structures qui parfois sont associatives,
plusieurs ont été dissoutes récemment. Une mosquée à Pantin a été fermée. Ça va dans le sens de ce que vous dites ?
Oui, mais c'est un tout petit pas. Entendons-nous bien, depuis 2017, il y a cinq associations qui ont été dissoutes. Ça n'est pas suffisant. On nous explique qu'il y a 231 personnes qui vont être non pas expulsées d'ailleurs, mais reconduites à la frontière parce que ce sont des clandestins qui sont des islamistes radicalisés. Est-ce qu'ils sont en dehors de la France au moment où nous nous parlons ? On parle d'une mosquée qui va être fermée pour six mois d'ailleurs seulement, mais toutes les autres mosquées islamistes qui existent sur notre territoire.
Ce que je veux dire, c'est que maintenant, il faut vraiment qu'on réfléchisse à une législation et pour cela, il faut que nous admettions que nous sommes en guerre contre l'islamisme. Vous dites que les organisations, toutes les personnes, les hommes, les femmes qui font la promotion de l'islamisme, qui le financent, qui le soutiennent, qui font du prosélytisme, doivent être judiciarisés, expulsés immédiatement s'ils sont étrangers, déchus de leur nationalité, expulsés s'ils sont binationaux et judiciarisés sur la base du texte, sur l'intelligence avec l'ennemi, s'ils sont français.
Ça, c'est un plan qui est clair, qui me paraît pouvoir être mis en œuvre extrêmement rapidement et qui sera véritablement efficace.
Vous dites qu'il faut les mettre hors d'état de nuire légalement. Ça veut dire que, vous avez évoqué le mot de guerre, il faut des lois spécifiques, il faut une loi de temps de guerre.
Oui, oui, oui, je l'assume. On prend des mesures qui sont extraordinairement contraignantes pour les libertés de l'ensemble des Français en raison de la crise sanitaire. Je ne comprends pas pourquoi on ne prend pas des mesures qui sont extrêmement contraignantes contre les islamistes, alors qu'encore une fois, nous sommes attaqués sur notre territoire, que l'islamisme nous mène la guerre.
Il faut assumer cela et il faut le faire avec énergie, car hélas, on s'aperçoit que si l'on n'a pas une vision globale et qu'on ne s'attaque pas avec une législation particulière, mais aussi en arrêtant l'immigration massive, inconsidérée, anarchique dans notre pays, alors nous ne réglerons pas un problème qui tue des Français sur notre territoire, mais aussi à l'extérieur de notre territoire.
Très concrètement, quand vous dites par exemple « il faut des lois », permettez-moi d'être quand même étonné qu'à chaque fois qu'une loi a été passée récemment pour aller plus loin dans la lutte contre le terrorisme, le Rassemblement National ne les a pas votées. Comment est-ce que vous pouvez nous expliquer cette contradiction ?
Je vais vous expliquer ça extrêmement simplement. Toutes les lois qu'on met en œuvre, parce que ce ne sont pas des législations spécifiques, en réalité, visent à attenter aux libertés de l'ensemble des Français sans gêner aucunement les islamistes. Je suis désolée de le dire, mais je me souviens des débats lors de la dernière loi pour lutter contre le terrorisme, où on nous expliquait qu'il ne fallait pas déranger les islamistes avant 6h du matin pour les perquisitions, que si on arrivait dans une fanzone et qu'on ne souhaitait pas montrer l'intérieur de son sac, eh bien c'était tant pis, on pouvait quitter la fanzone. Mais ce n'est pas possible ça.
Il faut savoir contre qui nous nous battons. On ne se bat pas contre l'ensemble des Français. Moi je tiens à préserver la liberté de l'ensemble des Français.
Vous dites ça sur les sacs, en prenant l'exemple des fanzones, effectivement quand on vous entend, on se dit bon ok, c'était peut-être un peu décalé, mais il y a une loi par exemple qui pour le coup visait très précisément ce que vous dites. Vous dites à l'instant, il faudrait pouvoir les déchoir de leur nationalité s'ils ont une autre nationalité que la nationalité française. Quand il y avait eu ce débat et cette loi sur la déchéance de la nationalité, le Rassemblement National, le FN à l'époque, ne l'avait pas voté. Comment vous pouvez justifier ça ?
Mais cette loi n'a pas mis en oeuvre la déchéance de nationalité. Enfin écoutez sérieusement, j'ai arrêté d'essayer de nous faire croire que les différents gouvernements qui se sont succédés ont pris les lois nécessaires. Ils n'ont pas pris les lois nécessaires parce qu'ils sont enfermés encore une fois
eux-mêmes dans une idéologie, dans une peur de l'islamophobie. Mais quand ils vous essayent, en fait il y a toujours une raison pour laquelle vous ne les votez pas.
Vous dites qu'il faut faire plus, il faut faire plus de lois, mais vous ne les votez pas. Madame, nous avons proposé des amendements pour interdire définitivement du territoire national des étrangers coupables de terrorisme, même ça, ils ont refusé de le voter. Pour empêcher qu'une personne condamnée pour acte de terrorisme puisse bénéficier de crédits de réduction de peine, ils ne l'ont pas voté. Pour recréer la peine d'indignité nationale, ils ne l'ont pas voté. Pour supprimer les aides sociales aux ressortissants français ou étrangers partis faire le djihad. Vous imaginez ? Ça paraît quand même une mesure de bon sens. Ils ne l'ont pas voté.
En fait, ils prennent conscience aujourd'hui qu'ils se sont trompés. Moi j'aimerais d'abord qu'ils commencent par le dire. Voilà. J'aimerais que la classe politique vienne devant les Français. Vienne... Non. Non, non. Ils disent qu'ils ont pris conscience, mais ils ne disent pas qu'ils n'ont pas mesuré par le passé la gravité de la situation.
Vous estimez qu'ils ont été coupables ? Ils ont été coupables ? Ils ont une responsabilité, y compris... Mais Madame... Je vais être un peu crue, mais est-ce qu'ils ont une forme de responsabilité ? Toutes ces politiques dont vous parlez, qui depuis des années minimisent. Est-ce qu'ils ont une responsabilité dans la mort de nos concitoyens ?
Non mais Madame, vous ne m'attirerez pas sur ce terrain. Les politiques sont, permettez-moi de le dire, les grands responsables. Et pour cause. Puisque c'est eux qui peuvent prendre les décisions qui permettent de protéger les Français. Il faut assumer ça quand on fait de la politique. Moi, j'assume cela. Moi, je veux être au pouvoir, précisément pour prendre des mesures pour protéger les Français. Mais encore une fois, il faut savoir contre qui nous nous battons. Il ne faut pas avoir de complexe. Il ne faut pas se donner d'excuses. Il ne faut pas avoir peur d'être traité d'islamophobe. Le gouvernement, actuellement, est un puzzle d'annonces totalement contradictoires. M.
Darmanin joue le rôle du ministre ferme. À côté, il y a M. Dupond-Moretti qui nous explique qu'on vit un sentiment d'insécurité et que la France n'est pas un coupe-gorge. La ministre des Sports, je suis désolée d'être obligée de le rappeler, j'ai retrouvé sa déclaration, dit « Le prosélytisme fait partie de la liberté de conscience et de religion. Et l'expression religieuse en soi n'est pas incompatible avec la pratique d'un sport. » Vous croyez qu'avec des ministres comme ça, on peut lutter ? La ministre de la Ville dit « Les fêtes autour de la virginité dans les mariages sont de belles traditions. » Vous croyez qu'on peut défendre les valeurs de la France avec des ministres comme ça ?
Est-ce que vous évoquez la question de la virginité ? La décision d'interdire les contrats, les constats de virginité par les médecins, vous approuvez ? Il y a des mesures de santé.
En 2020, en France, oui, je ne savais même pas que ça existait. Vous le saviez, vous ? Non. J'imaginais même pas que ça puisse exister. Donc, vous voyez, le travail, je veux dire, encore une fois, on ne va pas passer non plus 20 minutes sur les erreurs du passé. Elles sont manifestes, elles sont énormes. En matière de non-maîtrise d'immigration, écoutez, regardez les derniers terroristes. Je veux dire, un Soudanais, un Afghan, un Tchétchène. On voit bien que l'immigration massive, inconsidérée, dérégulée, l'ouverture totale de nos frontières a été un drame. L'ouverture totale de nos frontières. Mais Marine Le Pen, vous parlez de ceux-là, qui est le fondement... Excusez-moi.
Vous parlez de ces derniers qui sont en effet de ces nationalités-là, mais revenons tout simplement sur Mohamed Merah. Il est né en France, il était français.
Oui, mais il était, encore une fois, français, sauf que nous avons accordé sans critères pendant des décennies la nationalité française à des gens sans mesurer s'ils la méritaient. C'est le problème de l'acquisition automatique de la nationalité. Si vous voulez, je pense que pour devenir français, il faut soit être de parent français, c'est évidemment le droit de la filiation, soit mériter de l'être. On ne peut pas devenir français de manière quasi automatique.
Il faut démontrer qu'on a envie de devenir français, qu'on aime la France, qu'on n'est pas animé d'une hostilité à l'égard de la France ou des Français, que l'on contribue, encore une fois, au rayonnement, qu'on en accepte les valeurs, l'histoire, la culture. Nous avons le droit d'être exigeants à l'égard de ceux à qui nous donnons, que nous adoptons en quelque sorte. Et nous avons adopté des gens tout à fait remarquables. Ce n'est pas le sujet dans notre histoire.
Ce n'est pas parce qu'encore une fois, nous sommes coupables, nous la France, les dirigeants français, d'avoir donné la nationalité française à n'importe qui qu'au passage, nous ne l'avons pas aussi donné à des gens qui méritaient de la voie.
Marine Le Pen, une question simple. Vous faites la distinction entre musulmans et islamistes ? Évidemment. C'est visiblement pas si évident. Jean Messia, qui est le délégué études et argumentaires du Rassemblement national, a tweeté hier, je le cite, « Il est temps de dire que l'islam est incompatible avec la République. Cette religion n'est pas comme les autres. Arrêtez de dire que ce n'est pas l'islam. » Bien sûr que si, c'est l'islam.
Oui, mais il y a effectivement des gens qui ont cette sensibilité. On voit d'ailleurs Éric Zemmour, par exemple, « Ah, cette sensibilité, ça n'est pas la mienne. » J'ai très clairement dit toujours, et vous savez, je suis d'une belle constance, j'ai toujours dit que je ne mélangeais pas une religion et l'idéologie totalitaire que représente l'islamisme que nous devons combattre. Les choses sont très claires dans ce domaine, dans mon esprit, et elles seront très claires dans la politique que je mènerai lorsque je serai présidente de la République.
Si elles sont si claires dans votre esprit, alors comment est-ce que vous acceptez que Jean Messia, alors qu'il a une responsabilité forte au sein du Rassemblement national, qu'il est le délégué études et argumentaires, puisse argumenter et écrire ce genre de choses ?
Parce que je pense, je l'ai dit à Jean Messia, il le sait par ailleurs, que c'est moi qui détermine la ligne du mouvement, et que c'est moi qui suis candidate à la présidentielle. Par conséquent, si les sensibilités peuvent exister, encore une fois, dans notre mouvement, et je l'ai dit, Jean, et c'est vrai, a vécu dans sa chair, si je puis me permettre, de ce que vive, puisqu'il est français, mais originaire, si vous voulez, d'un pays où les coptes sont persécutés. Voilà, disons les choses. Je le sais, puisque moi-même, dans ma famille, vous savez, ma grand-mère et mon arrière-grand-mère ont vécu en Égypte, elles étaient coptes, donc ça a été très difficile.
Il faut comprendre que les musulmans, en France, sont totalement libres. Personne ne les persécute, contrairement à la propagande que cherchent à diffuser des pays islamistes comme la Malaisie ou, comme dernièrement, la Turquie ou des organismes qui devraient, et pour certains l'ont été, être dissous depuis longtemps comme le CCIF ou comme, je le crois, l'UOIF. Personne ne les persécuter en France. Mais il y a beaucoup de pays dans le monde où les minorités religieuses sont effectivement persécutées. Je reviens quand même, pardon, mais vous dites... Est-ce qu'il faut dissoudre l'UOIF ?
Vous dites l'UOIF dont vous parliez à l'instant, pardon.
Oui, oui, oui. Je pense qu'il faut dissoudre l'UOIF. Je pense que c'est une structure qui a en son sein et développe une pensée islamiste. Et je m'étonne, d'ailleurs, parce qu'on parle de pas de vagues. Aujourd'hui, tout le monde s'agite. Mais enfin, on a laissé des choses inadmissibles se dérouler dans notre pays. Est-ce que vous savez quand même que le CCIF et l'UOIF ont refusé d'être auditionnés par la commission d'enquête sénatoriale sur la radicalisation islamiste ? C'est un délit de refuser d'être entendu. Est-ce que des procédures ont été lancées contre ces deux structures ? Il est arrivé, mais il est pein que vous ne vous rendiez pas à des audiences de juges qui vous convoquaient.
Mais madame, écoutez, je ne sais pas que ça n'a strictement rien à voir. Moi, je n'ai jamais violé la loi. Jamais, je n'ai violé la loi. Vous dites que c'est un délit
de ne pas se présenter devant un juge, vous, en tant que responsable politique.
Non, non, non, madame, non, non, écoutez, si vous ne connaissez pas le sujet, n'en parlez pas. C'est un délit de ne pas répondre à une commission d'enquête parlementaire. C'est clair, voilà. Ils ont refusé de s'y rendre, ont-ils été poursuivis ? Donc, voyez qu'il y a une forme de bonheur
mais Marine Le Pen, pardon.
Non, non, non, vous n'allez pas, non, non, madame, vous n'allez pas faire ce comparatif. Arrêtez avec ce type de comparatif parce que c'est ce type de comparatif qui a permis à ces organisations islamistes d'avancer sans difficulté dans notre pays de développer leurs idées mortifères depuis des décennies. Alors, je ne vous permets pas de demander ce que ça,
mais Marine Le Pen, pardon,
je voudrais quand même revenir là-dessus.
Vous le dites, elles sont dissoutes aujourd'hui, certaines d'entre elles, puisque vous appelez à ce qu'il y en ait davantage. Il faudrait qu'il y en ait beaucoup plus ?
Oui, bien sûr. Très certainement. Il y a toute une série d'organisations dans notre pays de structures sportives, de structures culturelles, associatives, qui sont tenues par des islamistes. Et donc, il ne suffit pas d'ailleurs de dissoudre une association. Il faut aller beaucoup plus loin. Il faut saisir leurs biens. Il faut saisir leurs biens et leurs avoirs. Il faut interdire de gérer ou de diriger en droit ou en fait une association avec une sanction pénale à la clé pour tous ceux qui sont des dirigeants des associations qui sont actuellement dissoutes. Il faut vraiment, encore une fois, mettre en place un plan global de lutte contre l'islamisme.
Sinon, nous viderons la mer avec une petite cuillère et nous continuerons à être déchirés par les attentats qui se multiplieront dans notre pays. Nous continuerons à voir remettre en cause à l'école, dans le sport, dans les associations, mais aussi dans un certain nombre de mairies, la laïcité, les valeurs de la République française.
Marine Le Pen, il y a une autre épreuve que traverse la France, c'est la lutte contre le coronavirus. Je voudrais quand même d'un mot qu'on en reparle de ce confinement. Vous disiez tout à l'heure qu'il faut assumer le fait d'être politique, c'est aussi savoir trancher. Hier, il y avait ce débat sur le reconfinement. Vous n'y avez pas pris part. Vous n'avez pas pris part au vote.
Non, comme les Républicains par ailleurs. Et pour une raison simple, c'est que nous contestons formellement la manière dont tout ceci s'est déroulé. Soyez conscients que nous sommes des députés, nous représentons le peuple français. Si vous n'êtes pas d'accord, pourquoi vous n'êtes pas contre dans ces cas-là ? Non, non, mais madame, écoutez-moi. Nous n'avons pas pu amender ce texte. C'était une simple déclaration. Les mesures avaient déjà été décidées et annoncées par le président de la République. Donc, nous analyserons ce texte. Demain, le Sénat est en train de le faire.
Il vient de passer un amendement que je trouve très bon permettant au préfet de réouvrir les petits commerces s'ils considèrent que la situation sanitaire le permet puisqu'aujourd'hui, la grande distribution bénéficie totalement de ce confinement. mais une déclaration d'intention de la part du gouvernement qui vient nous dire est-ce que vous avez confiance en nous ? Est-ce que vous avez confiance en nous ? Non, nous n'avons pas confiance dans le gouvernement. Nous pensons qu'il a mal géré cette crise sanitaire. Nous pensons que la France est dans une situation très difficile.
Vous pensez vraiment quand vous regardez à l'étranger la difficulté dans laquelle sont tous les gouvernements, tous nos voisins que vous l'auriez géré mieux ?
Oui, je le crois. Je vous le dis très sincèrement, dès le mois de janvier, j'aurai maîtrisé nos frontières, ce qui n'a pas été cas et ce qui n'est même pas le cas encore aujourd'hui. Les frontières intérieures de l'Union européenne ? Oui, bien sûr, les frontières intérieures de l'Union européenne. Oui, j'aurai encore une fois immédiatement mis en place un plan pandémie qui n'existe pas. J'ai fait toute une série de propositions au gouvernement pendant toute cette crise sanitaire, pas une seule n'a été mise en œuvre. J'aurai ouvert des nouveaux lits. J'aurai contacté les anciens personnels soignants pour être sollicité dans le cadre notamment de cette deuxième vague.
J'aurai soutenu le développement d'une production nationale d'appareils de réanimation, d'écouvillons, d'analyse de PCR, ce qui n'a pas été le cas. J'aurai évidemment annulé les charges sociales et fiscales qui sont aujourd'hui réclamées au TPE-PME à raison du premier confinement. J'aurai fait les choses effectivement radicalement différemment. Mais la situation de la France est bien pire que celle de nos voisins contrairement à ce que nous racontent nos dirigeants. Le taux de contamination par millions d'habitants est bien plus important en France, y compris que dans des très grandes démocraties, non seulement européennes, mais extra-européennes.
Il est 8h54, Marine Le Pen. Merci d'avoir été mon invitée ce matin et donc, voilà, une des illustrations puisque vous êtes cas contact et donc à l'isolement en attendant d'être testé. Merci d'avoir été sur RMC et BFM TV. Il est 8h54.
Marine Le Pen