Inflation, pouvoir d'achat, concurrence... L’interview d’Alexandre Bompard, PDG de Carrefour
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Un mot d'abord sur la canicule et son impact sur vos magasins ?
- 0:15OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous avez constaté dans vos magasins pendant la canicule ?
- 0:25OuverteRéponse directe
Quels produits sont les plus vendus en période de canicule ?
- 1:25OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que votre baromètre de consommation révèle sur l'état d'esprit des Français ?
- 2:30RelanceRéponse directe
Votre analyse va à rebours des difficultés économiques, vous confirmez ?
- 3:39OuverteRéponse directe
L'inflation alimentaire est très basse, rassurez-vous sur son évolution ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:09PrésentateurChiffre
« L'inflation alimentaire est autour de zéro, à 1%. »
- 4:16PrésentateurChiffre
« Nous, on a fait une baisse depuis 18 mois de 6 000 produits qui ont baissé de plus de 10 %. »
- 4:21PrésentateurChiffre
« Les pâtes ont baissé de plus de 10 %. »
- 4:22PrésentateurChiffre
« Les yaourts ont baissé de plus de 10 %. »
- 4:24PrésentateurChiffre
« Les huiles d'olive ont baissé de plus de 10 %. »
- 5:33PrésentateurFait
« On est le groupe de la distribution le plus mondial. »
- 6:25PrésentateurFait
« Il n'y a pas un jour sans qu'il y ait un membre du gouvernement, un parlementaire ou un ancien Premier ministre qui nous dit « voilà mes idées pour augmenter les impôts en France ». »
- 6:49PrésentateurChiffre
« On a un taux d'épargne dans notre pays qui est 5 points de plus que le reste de l'Europe. »
- 7:24PrésentateurChiffre
« Je paye 67% d'impôts dans ce pays. »
- 7:39PrésentateurChiffre
« On a 10 points de taux d'imposition de plus que tous les pays européens. »
- 7:41PrésentateurChiffre
« On paye 56% d'impôts dans ce pays par rapport au PIB. »
Temps de parole
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Bonsoir.
Merci d'être avec nous ce soir dans Tout le monde veut savoir, PDG de Carrefour, président de la Fédération du commerce et de la distribution. Un mot d'abord, si vous le voulez bien, Alexandre Bompard, sur la canicule, ce sixième jour de très forte chaleur, ça commence à aller un peu mieux. Qu'est-ce que vous avez constaté dans vos magasins ? Quand il fait chaud, on achète beaucoup moins, on reste chez soi, on dit faire des achats. Qu'est-ce qu'on achète ? Qu'est-ce que vous avez vu ?
D'abord, quand il fait beau au printemps ou beau en été, dans notre métier, c'est bien. Et donc, c'est un joli printemps, c'est un beau début d'été, c'est positif. Quand on est en période de haute canicule, comme ces derniers jours, là, on voit moins de clients dans les magasins. Et qu'est-ce qu'ils achètent globalement ? De l'eau, de l'eau, de l'eau. Donc, on a des chiffres records de vente d'eau, mais je crois qu'on n'avait pas atteint ça depuis très très très longtemps. On vend des glaces, on vend des fruits, on vend des bières sans alcool. On vend moins de viande, on vend moins de charcuterie, etc. Et puis, on vend des ventilateurs.
Voilà, c'est une consommation, au fond, qui s'adapte à ces conditions météo. On est un secteur qui est moins touché que d'autres. Mais par contre, évidemment, on voit des variations à l'intérieur des catégories qui sont très fortes.
Alexandre, on parlera dans un instant de la situation politique budgétaire, de l'impact que cela peut avoir sur le climat des affaires, puisque ce matin, chez nos conférences d'Hertel, vous avez poussé une sorte de coup de gueule. On y reviendra dans un instant. Mais d'abord, une question plus générale pour planter le décor. Vous avez au poste, qui est le vôtre, une sorte de fonction de baromètre et de thermomètre de l'état d'esprit des Français. Qu'est-ce que vous dit ce baromètre et ce thermomètre-là quant à leur consommation et leur état d'esprit ? Qu'est-ce que vous constatez dans vos magasins ?
Je dirais que depuis le début de l'année, on voit des signaux plus positifs de consommation. Deux illustrations. Les volumes, qui étaient très, très, très baissiers, sont repartis légèrement à la hausse. Et la qualité de la consommation s'est améliorée. Le bio est reparti à la hausse après des années de déprime. Les fruits et légumes. Donc on voit, et puis des achats plaisir sont repartis. Qui reviennent, alors qu'ils avaient disparu. Ils avaient complètement disparu, ils étaient vraiment baissiers. Ils sont repartis à la hausse.
C'est des signes un peu positifs qui sont principalement dus au fait que l'inflation alimentaire est autour de zéro, à 1%, et que le pouvoir d'achat réel des Français s'est quand même reconstitué à peu près à plus de 2,5%. Donc pour les Français, petit à petit, il y a un retour à des achats plaisir et à plus de volume.
Et donc ce que vous dites là va plutôt, comment dire, à rebours de cette idée que la situation serait très difficile. Vous dites non, ça va un peu mieux.
Les volumes sont un peu meilleurs, la qualité est un peu meilleure. Mais, évidemment, on conserve une épargne de précaution folle dans notre pays. On est autour de 19%. C'est 5 points de plus que la moyenne européenne. Il y a des comportements de privation. Il y a un tiers des Français qui se privent toujours et qui continuent à se priver. Et puis il y a de l'inquiétude qui existe. Mais, pour essayer quand même de dessiner une tendance un peu différente de celle qu'on avait en 2023 et 2024, j'avais parlé d'ailleurs sur ce plateau d'un tsunami. Un tsunami de déconsommation, oui.
On a des premiers signaux, j'espère qu'ils vont se poursuivre, qu'ils vont se confirmer, qu'ils vont s'amplifier d'une légère reprise et d'une envie de se faire plaisir et d'un tout petit peu plus de confiance. Comme si les Français, petit à petit, s'habituaient à ce climat de crise permanente, à cette succession de crises internationales et nationales et se disaient, bon, on est finalement assez résilients, on a un pouvoir d'achat qui est un peu meilleur, on consomme un peu plus.
Et on en parlera dans un instant de cette instabilité et des effets sur la consommation et sur les Français. Mais juste avant, sur l'inflation, vous disiez effectivement inflation alimentaire très basse, entre 0 et 1. La façon dont ça va évoluer dans les semaines, dans les mois à venir, Michel Loire-Leclerc avait cette expression, il avait dit, moi, je vais aller casser la gueule à l'inflation. Est-ce que dans les semaines et dans les mois à venir, vous pouvez rassurer ceux qui nous regardent ce soir et qui gardent le traumatisme de cette hyperinflation d'il y a deux ans ? Est-ce que là, dans les semaines et dans les mois à venir, ça devrait aller ?
Oui, je le crois. Je le crois parce qu'au fond, les uns et les autres, on a une compétition entre nous qui est forte pour le prix le plus bas, on lutte pour obtenir ces prix. Nous, on a fait une baisse depuis 18 mois de 6 000 produits qui ont baissé de plus de 10 %. Les pâtes ont baissé de plus de 10 %. Les yaourts ont baissé de plus de 10 %. Les huiles d'olive ont baissé de plus de 10 %. Donc, on a 6 000 produits qui ont baissé de plus de 10 %. Donc, c'est un combat qu'on mène collectivement, chez Carrefour de manière très forte, nos concurrents aussi.
Parfois un peu plus que vous.
Parfois, Leclerc le fait plus, parfois on le fait plus. Là, depuis 18 mois, c'est nous qui avons le plus baissé. Globalement, je crois qu'on peut être confiant sur le fait que les prix sont stabilisés. Il faut toujours beaucoup de prudence parce que les événements géopolitiques récents nous ont montré qu'on ne savait quand même pas tout prévoir. Mais, globalement, les consommateurs français peuvent se dire « J'ai devant moi un environnement d'inflation, d'augmentation des prix très limité. » Ce qui permet petit à petit de faire oublier l'énorme traumatisme des deux années d'hyperinflation.
Ça, c'est effectivement important pour les Français. Leur état d'esprit. Moi, j'ai écouté attentivement ce que vous disiez ce matin sur RTL et je vous ai senti assez virulent sur l'impact que peut avoir la parole publique sur leur état d'esprit. Vous avez dit qu'il y en a marre de ces ballons d'essai sur le budget. Il y en a marre, je vous ai bien écouté, de ce concours l'épine fiscale. Donc, au fond, si les Français sont anxieux, attentistes, c'est de la faute des politiques ? C'est ça, Alexandre Bampard ?
Je vais vous donner un chiffre qui l'illustre, au-delà de mon coup de gueule éventuel. On est dans plein pays européens, nous. On est le groupe de la distribution le plus mondial. Dans les autres pays européens, la consommation, elle est repartie beaucoup plus fortement. Or, dans les autres pays européens, est-ce qu'ils ont vécu le Covid ? Oui. Est-ce qu'ils ont vécu l'hyperinflation ? Oui. Est-ce qu'ils ont vécu la crise en Ukraine ? Oui. Est-ce qu'ils ont vécu l'arrivée de Trump et l'imprévisibilité ? Oui. Donc, la seule différence. Il n'y en a qu'une. Ils ont vécu les mêmes crises, mais ils n'ont pas un climat politique aussi anxiogène. Nous, ça fait exactement un an.
Je crois que dimanche, ça sera l'anniversaire du deuxième tour des législatives. Ça fait un an qu'on parle. Incertitude, nouvelle dissolution, changement de gouvernement, et surtout, concours d'idées fiscales permanentes. Il n'y a pas un jour sans qu'il y ait un membre du gouvernement, un parlementaire ou un ancien Premier ministre qui nous dit « voilà mes idées pour augmenter les impôts en France ». Il faut comprendre que pour le consommateur, il se trouve qu'on les connaît bien les consommateurs, ils sont tous les jours dans nos magasins et ils parlent à nos équipes tous les jours.
Les consommateurs, quand ils entendent augmentation d'impôt, quel que soit l'impôt, ils entendent « oh, ce qui arrive » et ils se disent « il faut donc que j'épargne ». Traduction de ça, on a un taux d'épargne dans notre pays qui est 5 points de plus que le reste de l'Europe, qui est 15 points de plus que les États-Unis. Ça dit le niveau d'angoisse des Français, l'angoisse de demain. Alexandre Bonparo, j'entends ce que vous dites.
Et en même temps, quand on a 40 milliards d'euros d'économies à faire, est-ce que c'est tabou de se dire qu'à un moment donné, peut-être, il faudra faire contribuer ceux qui peuvent ? Parce que quand on dit « au concours l'épine fiscale », ça veut dire qu'il ne faut absolument pas toucher aux impôts. Si on demande aux Français de faire des efforts, pourquoi ne pas demander aux grandes entreprises, par exemple à Carrefour, de se dire « voilà, Carrefour, grande entreprise qui va bien, qui a fait des efforts pour accroître sa rentabilité, elle va contribuer à l'effort de redressement ? »
C'est un très bon point. D'abord, je paye 67% d'impôts dans ce pays. 67% d'impôts. 67% de ce que je gagne, je le reverse en impôts de production, en impôts sur les bénéfices. On n'est pas loin du confiscatoire. Et puis le problème de notre pays, ce n'est pas le taux d'imposition. On a 10 points de taux d'imposition de plus que tous les pays européens. On paye 56% d'impôts dans ce pays par rapport au PIB. C'est le niveau de la dépense publique. Il faut s'attaquer à la dépense publique. Il faut définir une méthode de travail sur la dépense publique. Et par ailleurs, ce ne sont même pas les mesures fiscales qui m'angoisse le plus, c'est le fait qu'on en parle toute la journée.
Et que ça change tous les jours. Mais à la limite, on aurait un programme de réforme fiscale en cours qui aura été pris il y a 10 mois et qui serait appliqué aujourd'hui. Je me dirais, franchement, c'est des mauvaises mesures, il ne faut pas toucher la fiscalité. Mais au moins, ça serait fait. Là, c'est tous les jours. Tiens, je mets un ballon d'essai dans l'opinion et je regarde ce qui se passe. Mais les Français, le ballon d'essai, ils se disent juste, ça va m'arriver, ça va me tomber dessus. Et par ailleurs, le sujet, c'est la dépense publique.
Et on le sait tous dans ce pays, quand une dépense publique représente 60% du PIB, 10 à 15 points de plus que la moyenne européenne, il faut la réformer. Ce n'est pas facile, je viens de ce monde-là, je sais combien c'est complexe, mais il faut s'y attaquer.
Vous parliez des ballons d'essai. On a aussi évoqué, et là pour le coup, ça vous concernerait directement sur les produits qui sont vendus, a été évoquée la possibilité d'une hausse de la TVA, ce qu'on appelle une TVA sociale. L'idée au fond, c'est qu'on augmente le salaire net en baissant les cotisations et on compense par une augmentation de la TVA. Et d'ailleurs, si vous parlez comparaison par rapport aux autres pays européens, il s'avère que le taux moyen en France de la TVA est plutôt inférieur à la moyenne de nos voisins. C'est une bonne idée ou pas ça ?
Je pense que c'est une très mauvaise idée, pour deux raisons. D'abord parce que la TVA, c'est un impôt injuste, on paye tous la même chose. Quels que soient les revenus, on paye la même TVA. Deuxièmement, parce qu'il faut arrêter d'emmerder les Français avec les impôts. Vous êtes pompidoliens. Oui, je suis pompidolien, j'ai toujours été pompidolien. Il faut arrêter d'emmerder les Français avec les impôts. Vraiment, c'est une mauvaise idée. Et puis, la réalité, c'est que, à la limite, si on était certain que ça baisse le coût du travail et que 100% de la baisse soit affectée à la baisse du coût du travail, mais ce n'est pas ça qu'on va faire.
Si jamais un jour on faisait ça, on augmenterait la TVA, donc on le ferait payer aux consommateurs, donc on gripperait encore plus le moteur de la consommation et on ne toucherait pas au coût du travail parce qu'on a un problème de déficit public. Donc, je suis absolument défavorable à toucher la TVA. Je crois qu'il ne faut pas s'y amuser. Les dernières fois où on s'est amusé sur ces sujets, ça a donné bonnet rouge, ça a donné gilet jaune. Il faut arrêter avec ces sujets. Et je vous le dis, parce que tous les jours, on l'entend dans nos magasins. Tous les jours, on reçoit des dizaines de millions de clients et c'est ça qu'ils nous disent.
Alexandre Beaupar, en plus d'être PDG de Carrefour, vous êtes aussi patron de la Fédération du Commerce et de la Distribution. Tout à l'heure, on a appris que les enseignes Princesse Tam Tam et Comptoir des Cotoniers étaient placées en redressement judiciaire. La faute à qui ? La faute à Chine, à Tému, à une mauvaise gestion ?
D'abord, vous avez raison, il y a une multitude d'enseignes qui ont disparu ou qui sont en voie de disparition depuis 18 mois. 50 000 emplois ont été supprimés. Je me disais tout à l'heure, imaginons dans le monde industriel, le séisme que ça provoquerait. 50 000 emplois ont été supprimés suite à la disparition. De belles enseignes, de belles maisons qui font partie de notre paysage, qui font partie aussi de l'aménagement des centres commerciaux et de l'aménagement du territoire. C'est vraiment dramatique. À quoi c'est dû ? Consommation est basse, évidemment, il n'y a pas de consommation. Concurrence très forte.
Et puis, depuis 24 mois, le déferlement sur la France, des 200 millions de colis qui arrivent en France chaque année, venant de Chine et Tému. Ça va à une vitesse incroyable. Et ce sont des produits qui ne respectent rien, aucune réglementation européenne, à des prix qui sont complètement fous. La facture écologique est folle. Et la réalité, c'est qu'on ne fait pas grand-chose pour l'empêcher, voire rien. Si on continue 25, 26, 27, c'est l'ensemble du secteur du commerce et de la distribution qui sera sinistré.
Oui, mais c'est là où vous êtes paradoxal, Alexandre Bompard. Parce que là encore, je vous ai entendu. Vous dites, pourquoi pas taxer à carrément à 100 %, on fait Donald Trump. Bon, donc vous dites, pendant toute la première partie de cet entretien, Carrefour, on se bat pour les prix bas, il faut que les consommateurs aient confiance, il ne faut pas les taper. Bon, et là, Chine et Tému, vous avez raison de soulever les questions que posent ces entreprises. Mais à un moment donné, il y a une demande. Il y a aussi des Français qui ont eu du mal ces dernières années à acheter des vêtements et qui là, se disent, c'est pour nous l'occasion de le faire.
Donc en fait, quand ça vous concerne, vous voulez des prix bas. Mais par contre, quand ça concerne vos concurrents, là, vous dites, il faut les taxer. D'abord, je ne suis pas du tout… En fait, la taxe, vous ne la voulez pas, sauf quand ça concerne Chine et Tému.
D'abord, je ne suis pas paradoxal. Moi, j'adore le sport. J'adore concourir à règles légales. Quand je suis face à Chine et Tému, je n'ai aucune règle légale. Ils ne respectent rien. Toutes les règles qu'on m'impose tout au long de l'année et que je respecte, on ne leur impose pas. Donc c'est une compétition. C'est comme si vous faisiez un 100 m avec Carl Lewis et vous partez avec 50 kg sur le dos. Vous avez assez peu de chances de gagner. Et puis, la réalité, c'est que le prix bas pour lequel je me bats tout au long de l'année, il ne peut pas être à n'importe quel prix.
On ne peut pas se dire, je fais disparaître les fabricants de jouets, je fais disparaître l'industrie de textile, je casse le petit commerce, je casse l'industrie spécialisée, la facture écologique est dingue et je mets en danger les enfants parce qu'il n'y a aucune norme réglementaire qui est respectée. Il y a une limite au prix bas. Le prix bas, je me bats tous les jours de l'année, mes camarades aussi. Mais il y a une limite. Le prix bas à n'importe quel coût, n'importe quel prix, ce n'est pas possible.
– Un tout dernier mot avec vous, Alexandre Bompard, pour parler un petit peu politique. Alors, je ne vais pas vous refaire dire du mal de Michel-Henri Leclerc. – En plus, je ne dis pas du mal. – Puisque ses oreilles ont sifflé à plusieurs reprises. – Mais pas du tout, il le fait. – Non, mais il faut, professionnels de la politique, moi… – Mais pas du tout. – Est-ce que ce n'est pas un peu étroit d'esprit, ça, de se dire que seuls les professionnels de la politique peuvent concourir à l'élection présidentielle ?
– Non, je ne crois pas que ce soit étroit d'esprit. Ce que je disais, c'est que je ne croyais pas à cette génération spontanée d'entrepreneurs avec le chef d'entreprise qui, du jour au lendemain, pouvait devenir président de la République.
– Donc, ça veut dire quoi ? C'est le cursus honorum de 30 ans d'élection, procédé général, maire, député ?
– Non, je crois qu'il faut réunir un certain nombre de conditions. Il faut avoir un bout de légitimité démocratique. Il faut avoir un pays, une vision d'ensemble des sujets. Il faut connaître un peu les sujets régaliens. Si vous connaissez un peu l'État, ce n'est pas plus mal. Il y a un certain nombre de choses qu'il faut connaître. C'est dur, cette fonction-là, elle est difficile. Et quand vous regardez ce qu'il faut comme conditions pour y arriver, je me dis que même si vous gérez bien votre entreprise, même si vous connaissez bien le pouvoir d'achat des clients, même si vous êtes au contact tous les jours, vous ne réunissez pas du jour au lendemain toutes ces conditions-là.
– Bien donc, Michel Leclerc restera patron des magasins Leclerc. Merci Alexandre Bompard d'être venu nous voir ce soir dans Tout le monde veut savoir. – Sous-titrage ST' 501