Nicolas Poincaré : Ces inconnus bientôt maires de grandes villes - 30/06
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Alors, il y a plusieurs analyses, j'entends beaucoup d'analystes politiques depuis dimanche soir, qui nous disent « forte poussée verte » et tout. Je relativise tout cela. Pourquoi ?
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Et le nouveau maire de Bordeaux, Pierre Urmic, lui, lui, n'est pas un néophyte en politique. Non, au contraire.
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Depuis le Lyon, ville riche et conservatrice. Bordeaux, ville riche et conservatrice. Strasbourg, ville riche et conservatrice et Besançon et Poitiers.
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Je reviens à ce que je disais en préliminaire, on ne peut pas vraiment parler d'une vague verte. Moi, je veux bien, il y a une forte poussée de la conscience écologiste.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« une abstention extrêmement forte. Extrêmement fort. »
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« la République en marche, c'est une Bérezina, c'est une débâcle. »
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« la France insoumise qui a totalement disparu. »
- 0:54PrésentateurChiffre
« le Rassemblement national qui a perdu la moitié de ses élus. »
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« les Verts ont gagné dans des villes riches. »
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« Avec des inconnus. Voilà. Et alors, c'est pour ça que ça valait le coup d'y revenir ce matin. Parce qu'on ne les connaît pas, ces nouveaux maires des très, très grandes villes de France. »
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« Il prend un fauteuil qui a toujours été occupé par des notables, des hommes de réseau, des animaux politiques d'Edouard Meriot à Gérard Collomb, en passant par Raymond Barre et Michel Noir. »
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« Le nouveau maire de Lyon n'est pas lyonnais. Il a grandi en Ile-de-France, aux Ulysse. »
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« Il a été expatrié 4 ans aux Philippines, 2 ans au Népal. »
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« Il est venu à Lyon parce que, justement, c'est le siège d'Handicap International où il a travaillé. »
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« C'est un persévérant puisqu'il s'est présenté pour la première fois à la mairie de Bordeaux en 1995 et à toutes les municipales suivantes. Quatre échecs avant ce succès inattendu. »
- 2:52InvitéFait
« Alain Juppé, l'ancien maire, l'appelait le verre de service. »
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« Il veut réduire la place de la voiture à Bordeaux. »
- 3:11InvitéFait
« Il veut aussi obtenir un moratoire sur l'implantation des antennes relais pour les téléphones 5G. »
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Vous écoutez RMC. Nous sommes avec Nicolas Poincaré. Bonjour Nicolas. Bonjour Jean-Jacques. Alors, il y a plusieurs analyses, j'entends beaucoup d'analystes politiques depuis dimanche soir, depuis ce second tour des municipales, qui nous disent « forte poussée verte » et tout. Je relativise tout cela. Pourquoi ? Parce qu'il faut regarder la réalité des chiffres. Quelle est-elle ? D'abord, une abstention extrêmement forte. Extrêmement fort. Donc, ça relativise déjà les victoires. Ensuite, victoire écologiste, oui, mais dans des grandes villes, dans des très grandes villes même.
Parce que si l'on regarde bien dans les campagnes ou dans les villes moyennes, il n'y a pas de poussée verte ou très peu de poussée verte. En fait, il y a trois perdants, trois grands perdants. D'abord, la République en marche, c'est une Bérezina, c'est une débâcle. Ensuite, la France insoumise qui a totalement disparu. Et puis, le Rassemblement national qui a perdu la moitié de ses élus. Il faut aussi le dire. Il y a Perpignan, mais il y a tout le reste. Une fois que cela est dit, parlons des grandes villes, justement. Et dans les grandes villes, les Verts ont gagné dans des villes riches. Dans des villes riches. Je vais vous donner les villes.
Strasbourg, Bordeaux, Tours, Poitiers, Annecy et d'autres. Nicolas.
Exactement. Avec des inconnus. Voilà. Et alors, c'est pour ça que ça valait le coup d'y revenir ce matin. Parce qu'on ne les connaît pas, ces nouveaux maires des très, très grandes villes de France. Vous l'avez dit, Strasbourg, Lyon, Bordeaux. Alors, commençons par le maire de Lyon, le nouveau maire de Lyon. Je vous fais les présentations. Il s'appelle Grégory Doucet. Il n'a jamais eu aucun mandat. Les membres de son équipe et déjà une partie des Lyonnais parlent de lui en l'appelant Greg. Alors que personne n'avait jamais pensé à appeler Gérard Collomb Gégé.
Tout ça pour dire qu'il prend un fauteuil qui a toujours été occupé par des notables, des hommes de réseau, des animaux politiques d'Edouard Meriot à Gérard Collomb, en passant par Raymond Barre et Michel Noir. Il y a du changement avec Greg dans la capitale des Gaules, comme un petit air de révolution. D'abord, le nouveau maire de Lyon n'est pas lyonnais. Il a grandi en Ile-de-France, aux Ulysse. Jusqu'à présent, c'était un travailleur humanitaire. Il a été expatrié 4 ans aux Philippines, 2 ans au Népal. C'est pour dire qu'il connaît l'extrême pauvreté et l'enfer sur Terre que sont les bidonvilles de Manille.
Il est venu à Lyon parce que, justement, c'est le siège d'Handicap International où il a travaillé. Il a été tant directeur des opérations en Afrique pour cette organisation. C'est à Lyon qu'il a adhéré à Europe Écologie Les Verts, en pensant très vite que son parti pouvait conquérir la mairie. Il était le seul à y croire à ce moment-là. Eh bien, à 46 ans, il vient de gagner son pari.
Et le nouveau maire de Bordeaux, Pierre Urmic, lui, lui, n'est pas un néophyte en politique. Non, au contraire.
C'est un persévérant puisqu'il s'est présenté pour la première fois à la mairie de Bordeaux en 1995 et à toutes les municipales suivantes. Quatre échecs avant ce succès inattendu. Alain Juppé, l'ancien maire, l'appelait le verre de service. Il le prenait d'ailleurs un peu de haut. Mais il est vrai qu'Alain Juppé prend tout le monde un peu de haut. À 65 ans, c'est un avocat qui a défendu Noël Mamère, José Bové et les faucheurs de Culture EGM. Il a aussi défendu le chanteur Bertrand Cantat. Il veut réduire la place de la voiture à Bordeaux. Il veut aussi obtenir un moratoire sur l'implantation des antennes relais pour les téléphones 5G.
Son adversaire, Philippe Poutou, vous savez, l'ancien candidat à la présidence de la République, NPA, l'appelle le cato basque et le traite de bourgeois. Et il répond calmement qu'effectivement, il est basque, il est catholique et il est bourgeois. C'est en fait un homme très convenable, mais en même temps un véritable militant écolo qui va donc diriger une des villes les plus conservatrices de France puisque Bordeaux était à droite depuis l'après-guerre.
Depuis le Lyon, ville riche et conservatrice. Bordeaux, ville riche et conservatrice. Strasbourg, ville riche et conservatrice et Besançon et Poitiers. Trois femmes là ont créé la surprise.
Alors à Strasbourg, elle s'appelle Jeanne Berséguian. Elle n'était pas favorite du tout. Elle a 39 ans. C'est une spécialiste du droit de l'environnement. Elle est conseillère en écologie à la région et à la métropole. Elle connaît bien les dossiers écolos. Elle parle l'allemand et l'arménien. Et le soir de la victoire, elle a présenté aux militants son compagnon qui justement est un allemand. La ville de Strasbourg, qui est une des capitales européennes, va donc être dirigée par une... J'allais dire par un couple franco-allemand. Non, on parle de françaises, mais mariée à un allemand. Et à Besançon, oui. Alors elle s'appelle Anne Vigneault. Elle a 60 ans.
Elle sera la première femme à diriger la ville. C'est une fille d'ouvrier. Elle a grandi dans une cité à Daule. Elle a fait toute sa carrière au CNRS en empruntant l'ascenseur social puisqu'elle a commencé comme technicienne avant de devenir ingénieure puis présidente d'un grand parc régional. C'est donc une scientifique écolo. Dans la vie, elle a un vélo, mais elle n'a pas de voiture. À Poitiers. Léonore Monconduit, ce sera elle aussi la première femme mère de cette ville. Elle vient tout juste d'avoir 30 ans. Elle a forcément un parcours un peu court vu son âge, mais un parcours marqué par l'engagement. C'est une ancienne scout unioniste protestante. Elle a fait son service civique.
Elle a fait Erasmus en Italie, Sciences Po à Paris. Et en apprenant son élection, elle a réagi comme les gens de son âge. Elle a dit, c'est un truc de ouf. Bien, et dans cette série de victoires écologistes, Marseille est un cas un peu à part. Oui, parce qu'on ne sait pas qui sera élu samedi prochain maire de Marseille. Michel Rubirola est arrivé largement en tête, mais elle n'a pas de majorité absolue. Sa victoire n'est pas acquise. Un cas à part aussi parce qu'elle a été exclue d'Europe Écologie Les Verts, parce qu'elle a préféré se présenter sur une liste d'union de la gauche. Les écolos peuvent donc difficilement revendiquer cette victoire.
Mais si elle devait l'emporter, c'est une femme qui a un très fort caractère, qui prendrait le bureau de Jean-Claude Godin sur le Vieux-Port. C'est une médecin, petite fille d'immigré italien et espagnol, une fille de communiste. Elle est issue des quartiers nord et elle a travaillé toute sa vie comme médecin spécialiste de la prévention dans ses quartiers populaires. C'est une féministe militante associative, aussi préoccupée par le social que par le climat. Voilà, en gros, le portrait. C'est 7 ou 8 nouveaux venus en place.
Voilà, et on ne peut pas, donc, je reviens à ce que je disais en préliminaire, on ne peut pas vraiment parler d'une vague verte. Moi, je veux bien, il y a une forte poussée de la conscience écologiste. Mais attention, hein, attention parce que ces grandes villes masquent tout le reste. Et il y a aussi d'autres villes qui ont été gagnées. Annecy, Tours, Colombe. Annecy, grosse surprise, avec 27 voix d'avance. C'est une énorme surprise, Annecy.
Annecy, Tours, où une jeune femme bat le maire sortant. Colombe, en région parisienne.
Non, à Tours, ce n'est pas une jeune femme. C'est un homme qui gagne, à Tours.
Pardonnez-moi, je confondais avec Poitiers.
Oui, c'est un homme qui bat le maire sortant.
Exactement. Le maire sortant, Christophe Boucher, l'ancien président de l'OM, d'ailleurs. N'oublions pas Grenoble, que les écologistes étaient déjà. Vous avez raison, ce sont des grandes villes. Mais si on prend les Alpes, là où Croix-Claire est pur et il n'est pas toujours pur, eh bien, on a effectivement Grenoble, Annecy, Lyon, plus Genève, en Suisse, qui vient de passer aux écolo. Il y a quand même toutes les grandes villes de la région Rhône-Alpes et au-delà de la frontière qui sont maintenant des écolo.
Bien, merci beaucoup.