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interviewBFMTV· 9 mars 2026 9 min

Guerre au Moyen-Orient: la prise de parole d'Emmanuel Macron à Chypre en intégralité

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

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Emmanuel Macron

Chien Nikos, merci de nous accueillir et je suis heureux d'être aujourd'hui à Chypre. Et alors que la situation de crise en Iran, de guerre en Iran affecte l'ensemble de la région, venir ici à vos côtés avec le Premier ministre de la Grèce, c'est vous dire que lorsque Chypre est attaquée, c'est l'Europe qui est attaquée. Et que la défense de Chypre est évidemment une question essentielle pour votre pays, pour votre voisin, partenaire et ami, la Grèce, mais aussi pour la France et avec elle, l'Union européenne.

Nous sommes liés les uns et les autres par des partenariats stratégiques et les déploiements qui se sont faits ces derniers jours, notre présence, tous les trois côte à côte aujourd'hui, dit la force de ces partenariats, leur robustesse. Et que vos compatriotes peuvent véritablement y croire et savoir que derrière ces textes signés, il y a la solidarité de nations et leur engagement armé. Et donc le premier objectif de ce déplacement à vos côtés est de marquer la pleine solidarité avec Chypre, qui a été la cible la semaine dernière de plusieurs drones et tirs de missiles.

C'est ce qui nous a conduit à déployer une section de défense antiaérienne Mistral et à déployer immédiatement la frégate Languedoc, qui ont pu être déployées et l'un et l'autre dans le courant de la semaine dernière. Et je veux saluer la mobilisation également de nos amis grecs, vous avez cité les frégates grecs, qui signent aussi la force du partenariat entre nos deux pays, partenariat industriel, il y a un peu de l'Orient qui est ici présent au large de vos côtes, au fond. Et je veux saluer également les collègues européens qui se sont mobilisés et qui ont pu joindre cet effort.

Au-delà de cette présence, comme vous le savez, le groupe aéronaval avec le porte-avions Charles de Gaulle est désormais à proximité de Chypre pour contribuer à la posture de défense d'ensemble et assurer celle-ci dans la durée. Le deuxième objectif que nous poursuivons est aussi de coordonner nos efforts, et nous l'avons évoqué tous les trois à l'instant, pour assurer la sécurité de nos ressortissants et des ressortissants européens dans la région, et accompagner les opérations de rapatriement et prévoir consolider aussi toute opération d'urgence qui s'imposerait.

Le troisième objectif est aussi de réassurer tous nos partenaires, et nous avons les uns et les autres pu échanger avec plusieurs pays qui ont été attaqués ces derniers jours. Et je veux redire ici notre soutien aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Koweït, avec lesquels nous sommes liés par des accords de défense, mais également la Jordanie, l'Arabie saoudite ou l'Irak qui ont été déstabilisés, frappés, auxquels nous avons apporté des éléments de soutien. Au-delà de pays qui, heureusement, sont préservés de ces attaques, mais avec lesquels j'ai pu également m'entretenir, comme vous-même, je pense, à l'Égypte.

Et en vous rejoignant ce matin, j'ai à nouveau, comme vous l'avez fait ces derniers jours, pu échanger avec aussi le Premier ministre d'Israël. Notre objectif est de nous tenir de manière strictement défensive aux côtés de tous les pays qui sont attaqués par l'Iran dans sa riposte, d'assurer aussi notre crédibilité et de contribuer à la désescalade régionale. Enfin, ce que nous voulons faire, c'est d'assurer la liberté de navigation et la sûreté maritime.

En Méditerranée orientale, nous nous trouvons, en mer Rouge, de Suède à Babel-Mandeb, dans le cadre en particulier de l'opération dite Aspides, qui est une coalition qui existe déjà, dont le quartier général est en Grèce, qui est coordonné en ce moment par la Grèce. Et la France y apportera sa contribution avec, dans la durée, deux frégates qui seront dédiées à cet effort.

Et nous sommes en train de mettre en place, et nous l'avons évoqué à l'instant aussi, une mission purement défensive, purement d'accompagnement, qui doit se préparer avec des États européens et non européens, et qui a vocation à permettre, dès que cela sera possible, après la sortie de la phase la plus chaude du conflit, qui permettra l'escorte de porte-conteneurs et de tanqueurs pour réouvrir progressivement le détroit d'Hormuz, ce qui est essentiel au commerce international, mais également à la circulation du gaz et du pétrole, qui doivent pouvoir sortir à nouveau de cette région.

Nous préparons cette mission avec nos partenaires, elle se fera en bon ordre, et nous avons commencé à l'évoquer aujourd'hui. Elle a pour but d'être strictement pacifique, défensive, d'accompagner, mais elle est essentielle, justement, là aussi, à nos économies et notre économie mondiale. Enfin, nous sommes vigilants, et je le dis depuis cette pointe avancée orientale de l'Union européenne dans la région à la situation du Liban. Le Liban, en effet, depuis que le Hezbollah a pris la responsabilité et a commis la faute majeure d'attaquer Israël et de viser Chypre, le Hezbollah a déclenché une réaction israélienne.

Israël, aujourd'hui, par ses opérations terrestres et ses frappes, a répondu, évidemment, à l'attaque du Hezbollah. Cette situation est évidemment très préoccupante, et au fond, notre objectif est simple. Le Hezbollah doit cesser toute frappe, depuis le sol libanais, car il met en danger toutes les Libanaises et tous les Libanais. Israël doit ensuite cesser au plus vite son opération militaire et ses frappes sur le Liban pour permettre à la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban d'être recouvrés, et aux forces armées libanaises seules légitimes d'assurer la sécurité de leur sol. C'est ce que nous avons veillé les uns et les autres à redire ces derniers jours.

J'ai pu chaque jour l'évoquer avec le président Aoun, et je veux redire ici à nos amis libanais notre soutien, et nous oeuvrons pour que le calme puisse revenir, cette désescalade puisse se faire, et pour que les forces armées libanaises soient en situation, justement, de pouvoir ainsi opérer.

Afin de porter cet effort, au-delà des positions qui sont déjà les nôtres dans la région, au-delà de ce qui a été livré en système de défense dans les différents pays avec lesquels nous sommes liés par des accords et de ce qui a été fait pour Chypre, la présence française qui se déploiera de la Méditerranée orientale en mer Rouge et justement au large d'Hormuz mobilisera huit frégates, deux portes-hélicoptères amphibies et notre porte-avions. Elle permet aussi de mobiliser et d'attirer avec elle la contribution de plusieurs autres pays européens, et je veux saluer ceux qui, d'ailleurs, ont suivi notre porte-avions Charles de Gaulle depuis l'Atlantique jusqu'à la Méditerranée.

Plusieurs collègues européens ont fait le choix de continuer à nous accompagner. Cette mobilisation de notre marine est inédite. Elle se fait, évidemment, avec la mobilisation aussi de nos forces aériennes et terrestres dans la région, et elle manifeste la volonté de la France de contribuer à la désescalade, à la sécurité de nos ressortissants, à la sécurité de nos partenaires et à cette libre navigation et cette sûreté maritime à laquelle nous voulons, par ce biais, oeuvrer. Voilà, mesdames et messieurs, ce que je voulais ici rappeler. Nous aurons d'autres initiatives à prendre dans la semaine.

Nous allons continuer de travailler aussi sur les questions énergétiques, qui sont extrêmement importantes, et les questions économiques. Un G7 finance s'est tenu aujourd'hui. Il y aura une réunion demain en marge du sommet à Paris sur le nucléaire qui se tiendra entre ministres de l'énergie. Et j'ai souhaité qu'on puisse mobiliser au niveau du G7 une coordination étroite pour piloter au mieux les sujets énergétiques. Et par les initiatives que nous prenons, nous allons, je l'espère aussi, contribuer à la désescalade indispensable.

En tout cas, je remercie à nouveau le président et le Premier ministre de m'accueillir aujourd'hui, redire ici notre soutien à Chypre, à tous les pays de la région, redire combien c'est important pour notre Europe, et alors même que Chypre assure la présidence de l'Union européenne, dire que l'autonomie stratégique des Européens est l'unité d'une Europe qui sait se défendre.

En fait, Europe de la défense que nous appelons nos voeux ne sont pas simplement des mots, des concepts maintenant que nous avons élaborés, des instruments et des financements que nous avons mis en place, ce sont aussi des femmes et des hommes engagés, ce sont aussi des capacités militaires déployées, et c'est au fond la solidarité en acte de nos nations. Pour toutes ces raisons, je suis très heureux et très fier d'être à vos côtés aujourd'hui et de pouvoir dire aux Chypriotes notre soutien réel.