"Mon fils a été victime de harcèlement scolaire dès son entrée en 6e..."
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 85 %Attaque 5 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:41OuverteRéponse directe
Votre ouvrage part d'une expérience douloureuse avec votre fils Nathan, harcelé au collège. Racontez.
- 2:40OuverteRéponse directe
Nathan vous dit qu'il faut racheter une équerre et un compas. Vous sentez que quelque chose ne va pas.
- 5:10OuverteRéponse directe
4% des collégiens en situation de harcèlement selon l'auto-évaluation nationale de novembre 2025. 19% des lycéens présentent un risque important de dépression. La santé scolaire est-elle défaillante ?
- 6:20OuverteRéponse directe
Vous dites qu'il faut enlever la santé scolaire à l'éducation nationale. Mais pour la confier à qui ?
- 9:22OuverteRéponse directe
Cette angoisse se traduit parfois par la violence dans le mouvement des lycéens. Confier la santé scolaire à des professionnels de santé pourrait-il aider ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:23Invité politiqueFait
« de l'accompagnement qu'il a fallu improviser dans cette situation de harcèlement scolaire, que vivent des milliers de gens aujourd'hui, des milliers d'enfants. »
- 3:37Invité politiqueFait
« Cette expérience, c'était en 2015. »
- 5:14PrésentateurChiffre
« 4% des collégiens en situation de harcèlement selon l'auto-évaluation nationale de novembre 2025. »
- 5:20PrésentateurChiffre
« 19% des lycéens présentent un risque important de dépression. »
- 5:25PrésentateurChiffre
« 23% des lycéens déclarent avoir subi du cyberharcèlement, et 1 sur 5, plus d'un élève du secondaire sur 5, déclarent un sentiment de solitude. »
- 7:51Invité politiqueFait
« la santé scolaire, c'est un problème de santé publique. »
- 8:38Invité politiqueFait
« On parle beaucoup aujourd'hui de prévention. La santé scolaire, c'est quand même certainement l'endroit où on doit faire le plus de prévention. »
Temps de parole
- Invité politique56 %
- Présentateur43 %
≈ 6 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Jean-François Akili. Il est 7h42, le rappel des titres, la primaire à gauche, le vote est prolongé jusqu'à demain, dimanche 18h, après la cyberattaque qui a visé la plateforme, seulement 20 000 inscrits sur 140 000 avaient voté hier soir. Les manifs dans les lycées, nouvelle journée de grève et de manifestation prévue ce mardi, 3000 professeurs mobilisés en urgence, la plateforme de doléances Agora, ouverte depuis lundi, a déjà recueilli plus de 60 000 contributions. Un autre appel pour une journée de contestation entre crise des carburants et colère des lycéens est également lancé pour le samedi 17 octobre.
Enfin, la partie recette du budget rejetée à la quasi-unanimité en commission à l'Assemblée nationale.
Et
je rappelle, vous nous appelez au 0826 300 300 pour réagir à l'actualité. Vous aurez la parole après cet entretien avec vous, David Smadja. Bonjour et bienvenue. Bonjour. Bienvenue dans le studio de Sud Radio. Je rappelle, vous êtes professeur à
l
'université de Paris-Cité et chef de service d'hématologie à l'hôpital européen Georges Pompidou. Vous êtes ce matin dans ce studio pour évoquer un sujet d'une très grande gravité, d'une brûlante actualité, si je puis dire. Votre ouvrage qui est paru, un court essai mais édifiant, coédité par le Laboratoire de la République et les éditions de l'Observatoire, intitulé Grandir sans peur, refonder la santé scolaire pour protéger nos enfants. David Smadja, vous êtes parti d'abord d'une expérience douloureuse que vous avez vécue avec votre garçon, votre fils Nathan, un enfant de 11 ans à l'époque qui a été harcelé au collège, racontez.
Tout à fait, cette réflexion sur la santé scolaire, puisque c'est vraiment le sujet de l'ouvrage, elle est partie d'une expérience personnelle, je dirais presque une référence intime. De papa,
de
mon job de papa, qui est quand même notre premier job dans la vie. Et en fait, de l'accompagnement qu'il a fallu improviser dans cette situation de harcèlement scolaire, que vivent des milliers de gens aujourd'hui, des milliers d'enfants. Et je crois que de cette expérience un peu douloureuse, il faut en sortir avec des idées pour essayer que ça ne se reproduise pas.
Alors votre fils Nathan, âgé de 11 ans à l'époque, vous êtes dans une brasserie, c'est le départ du récit. Il vous dit, vous êtes en train de déjeuner, en famille, il vous dit qu'il faut racheter une équerre et un compas. Oui, encore, il a perdu son
équerre et son compas. À quelques jours de la rentrée scolaire.
Ça vous agace ? Ça m'agace et c'est comme ça que j'essaye de tirer les ficelles de pourquoi je ne le sens pas bien. Et c'est comme ça que
je
me rends compte qu'il est racketté à l'école. On était à un petit mois de la rentrée. Et c'est comme ça que commence une année d'enfer pour lui. Il venait de rentrer en sixième. Et cette rentrée en sixième, ce cauchemar du nouvel établissement, nous a montré plein de dysfonctionnements de la prise en charge. C'est un sujet qui était beaucoup moins dans l'actualité à l'époque. Cette expérience, c'était en 2015. Depuis, c'est vrai qu'on en a beaucoup parlé. Mais je crois qu'aujourd'hui... L'administration de l'école publique, à ce moment-là, ne vous écoute pas.
L
'administration ne l'écoute pas.
Elle charge votre enfant
même. Bien sûr, à cette époque,
c
'était de sa faute. Et nous, moi, en tant que papa, une incompréhension totale sur la dichotomie entre les faits, ce qui se passe, ce que Nathan nous raconte, et ce qui est mis en face, la réaction d'un établissement. Mais je voudrais aller plus loin que d'accabler un établissement. Je crois que c'est vraiment une sorte de système de prise en charge, de détection de problèmes à l'école qui est défaillant. Mais aujourd'hui, l'idée n'est absolument pas de faire un procès du système éducatif. Au contraire, moi, je crois qu'il faut qu'on en fasse un vrai sujet de santé publique.
Parce que la réalité, c'est que, que ce soit le harcèlement, que comme toutes les autres origines de troubles psychiques ou de problèmes de santé à l'école, on voit qu'aujourd'hui, on a une explosion des troubles de santé mentale chez nos jeunes. Je crois qu'une des réponses, ça doit être de pouvoir mieux détecter les problèmes, mieux apprécier les problèmes, et mieux s'occuper des problèmes que peuvent avoir nos enfants à cause du harcèlement, mais à cause aussi d'autres sujets de l'école.
Alors, il y
a
des données chiffrées qui sont sur la table. Je les lis, là. Je les ai notés. 4% des collégiens en situation de harcèlement selon l'auto-évaluation nationale de novembre 2025. 19% des lycéens présentent un risque important de dépression. Et ça, ça se ressent peut-être dans ces manifestations qui courent depuis désormais 15 jours. 23% des lycéens déclarent avoir subi du cyberharcèlement, et 1 sur 5, plus d'un élève du secondaire sur 5, déclarent un sentiment de solitude. Donc, quand nous dépassons le phénomène du harcèlement, qui est déjà massif, et qui est un énorme problème, qui n'est pas pris en compte, la santé scolaire plus largement est défaillante.
C'est une chaîne qui ne fonctionne plus. Moi, j
'ai
le souvenir de l'infirmière à l'école, quand j'étais gamin, mais ça, c'est dans un autre temps, qui était présente. On n'avait pas les mêmes problèmes. Il n
'y
avait pas la même massification des problèmes urbains, et même ruraux, dans les écoles. Aujourd'hui, vous dites, David Smadja, j'allais vous appeler Nathan, parce qu'il
se
trouve que je connais votre fils aussi, au passage. Je le connais aujourd'hui. Je l'ai rencontré. David Smadja, vous dites qu'il faut enlever la santé scolaire à l'éducation nationale. Mais pour la confier à qui, au juste ?
La gestion. Et pourquoi ? Aujourd'hui, déjà, je crois qu'il faut qu'on reclasse cette santé scolaire. La santé scolaire et le problème de santé mentale de nos jeunes, c'est un problème de santé publique. Et cette santé publique, il faut qu'elle existe dans des parcours de santé publique. Et aujourd'hui, la santé scolaire, qui est en manque cruellement de
professionnels de
santé, de
moyens. Mais
au-delà d'un moyen, parce que tout n'est pas une question de moyens, réellement. Bien sûr que, quantitativement, aujourd'hui, on n'a pas assez de professionnels de santé dans les écoles. Mais je crois que les organisations, aujourd'hui, nos institutions, elles ont été imaginées au siècle dernier. Et on vit avec des organisations et des institutions qui ont été créées au XXe siècle. Et certaines d'entre elles, encore plus anciennes. Et aujourd'hui, vous l'avez dit, il y a de multiples causes au problème de santé mentale des jeunes. Vous avez parlé du cyberharcèlement, le sujet des réseaux sociaux et de la crainte post-pandémie, de la crainte sur le sujet environnemental.
Le monde a changé et notre système d'organisation, nos institutions ne sont pas passées, alors même que le monde a complètement changé, à une organisation du XXIe siècle. Et donc, je le redis parce que vraiment, moi, c'est mon message principal, la santé scolaire, c'est un problème de santé publique. Pour faire de la santé publique, il faut pouvoir avoir des gens qui soient connectés aux autres organismes de la santé. Et la santé scolaire, c'est un métier de la prévention. C'est détecter un enfant qui va mal, c'est apporter des solutions. On ne demande pas à un professionnel de santé scolaire de connaître toutes les solutions, mais on demande d'orienter l'enfant.
Et aujourd'hui, le fait que la santé scolaire soit purement dans l'éducation nationale... Il
faut en sortir, ce sera votre message de ce
matin,
et il faudrait confier, selon vous, cette santé scolaire au ministère de la Santé, qui est connecté sur toutes les autres structures
qui
s'occupent de la santé des Français. Tout à fait, exactement. On parle beaucoup aujourd'hui de prévention. La santé scolaire, c'est quand même certainement l'endroit où on doit faire le plus de prévention. aussi bien pour détecter, mais que pour éduquer aussi aux questions de santé. Et aujourd'hui, ces questions de prévention à l'école, on a quand même beaucoup de mal à y répondre. On n'a pas de jeunes professionnels de santé.
Ça permettrait d'avoir un regard extérieur aussi dans l'institution.
Tout à fait, de soutenir le
système éducatif. Et aussi de donner envie à des jeunes professionnels de santé de s'investir dans la santé scolaire, de faire ce métier. Puisqu'aujourd'hui, les jeunes professionnels de santé n'ont pas accès à des terrains de stage à l'école. Et je pense que les étudiants en médecine, en pharmacie, en soins infirmiers auraient leur rôle et leur place dans le système éducatif.
Et gérer éventuellement aussi cette angoisse qui se traduit dans parfois la violence, les colères que l'on voit aujourd'hui dans le mouvement des lycéens. Mais qui est une angoisse de l'avenir qui est bien réelle. Et la confie à des professionnels de santé, et non pas au sein de l'éducation nationale. Qui n'a pas de personnel suffisamment formé pour se faire. Merci, je rappelle le titre de votre ouvrage, David Smadja, Grandir sans peur, Refonder la santé scolaire pour protéger nos enfants. Aux éditions de l'Observatoire, avec le laboratoire de la République auquel vous appartenez également. Et puis je précise à Nathan, qui a grandi depuis, va bien.
Nathan va extrêmement bien, et je le salue ce matin.