Eric Ciotti pour un durcissement des conditions d'immigration - C à vous - 12/05/2015
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Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« C'est une fausse solution, et ensuite, je dis que c'est une mauvaise solution. »
- 1:20Invité politiquePromesse
« Si l'Europe lance ce message, demain, les flux migratoires ne vont cesser de croître. »
Temps de parole
- Éric Ciotti68 %
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Bonsoir, Dixioti. Bonsoir. Alors, le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, veut que les pays européens prennent en charge les migrants demandeurs d'asile qui se retrouvent tous en Italie, à Malte et en Grèce en fonction de leur taille, la taille des pays, du chômage, de la richesse. Est-ce qu'il n'est pas logique de soulager nos partenaires qui sont en première ligne ?
Il faut soulager nos partenaires, mais je crois que pas de cette façon. En tout cas, ça me paraît être un message qui va avoir des résultats contraires à l'objectif.
Cette façon, c'est donc, non pas d'envoyer les migrants partout dans tous les pays d'Europe, mais de répartir le nombre de demandeurs d'asile en fonction de la richesse du pays.
Oui, mais cela ne veut rien dire, puisqu'on est dans un espace européen qui applique la libre circulation, c'est un principe fondamental de l'Europe. Donc, les migrants pourront circuler librement dans l'Europe, et c'est normal, donc cette répartition, d'abord, c'est une fausse solution, et ensuite, je dis que c'est une mauvaise solution, parce qu'elle va lancer un message, si demain, qui peut revêtir les habits d'une grande générosité. Et c'est vrai que face à la détresse de ces personnes, il doit y avoir une réponse humanitaire.
Surtout que là, c'est une gestion à court terme, c'est une réponse provisoire, pour des gens qui sont déjà là.
C'est une fausse bonne réponse. Si on lance ce message, si l'Europe lance ce message, demain, les flux migratoires ne vont cesser de croître. C'est ça le danger. Ils vont peut-être être multipliés par 10. Il y a un deuxième volet dans le plan de Juncker, que je préfère, et qui sera des...
On va en parler, on va en parler. Mais le nombre de demandeurs d'asile, il varie aussi en fonction des conflits qu'il y a dans la région. Il y a des années où il y a moins de demandeurs d'asile, parce qu'il y a moins de conflits. Et là, effectivement, c'est reparti avec le conflit syrien.
Il y a une motivation avec les conflits, avec ce qui se passe en Syrie, en Irak. J'étais en Irak en septembre dernier. J'ai constaté sur place, à Erbil, la volonté, notamment des chrétiens d'Orient, ou des minorités, des yézidis, de venir en Europe, essentiellement en Allemagne ou en Suède.
Donc eux, il faut leur accorder les îles.
Il faut leur accorder ce qui est la difficulté aujourd'hui.
Et les non-chrétiens d'Orient ?
Bien entendu, aussi, il y a les érythréens, il y a tous les réfugiés politiques.
Ce ne sont pas les demandeurs d'asile. Pas tous. Au contraire, c'est une minorité. L'Europe a accordé l'asile à 185 000 migrants en 2014, un chiffre en hausse de 50% par rapport à l'année d'avant. Et il y a 37% de Syriens, 8% d'Afghans, 8% d'Érythréens. Enfin, ce sont des personnes qui fuient la guerre.
Vous parlez de ceux qui bénéficient de ce statut noble de réfugiés. Pour la France, 64 000 demandent d'asile en 2014. Je suis rapporteur du budget de l'asile à l'Assemblée nationale. Environ 12 000 ont bénéficié, ont obtenu ce statut de réfugiés. Sur ceux qui ne l'ont pas obtenu, ce qu'on appelle les déboutés, ce n'est pas un beau mot, 1% à peine ont été reconduits dans leur pays d'origine. Là est le problème, parce que l'asile est trop souvent détourné de son objectif.
Dans les chiffres que vous citez, il y a aujourd'hui, dans ces flux migratoires considérables, il y a beaucoup de migrants qui viennent, qui veulent venir en Europe, et on peut comprendre leur motivation, qui fuient la misère, mais qui viennent pour des raisons économiques, pas pour des raisons politiques. Donc, la difficulté, là, ceux-là, on ne peut pas les accueillir. On ne peut pas les accueillir, et il faut très clairement avoir une attitude de fermeté. Alors, je ne dis pas ça en prenant une attitude inhumaine.
Je dis que la fausse générosité, demain, va accroître les difficultés de ces personnes, va grandir le commerce qui se livre aujourd'hui en milliers, en millions de dollars, d'euros, des passeurs, c'est un chiffre d'affaires colossal, aujourd'hui, c'est ce commerce de la mort. On vend 6 000 euros la place sur des bateaux qui... Ça, tout le monde est d'accord, après, voyons ce qu'on fait avec les personnes qui sont dans ces bateaux. Les solutions, pour moi, elles sont simples.
Créer des centres de rétention ?
Il y a le modèle australien. Vous savez, au large des côtes australiennes, en 2013, il y a eu 1 200 morts. Le nouveau Premier ministre conservateur, Tony Abbott, a pris des mesures très radicales, c'est-à-dire empêcher les bateaux de migrants qui partaient de Sumatra d'Indonésie pour venir et ouvrir des centres de rétention et les reconduire dans leur pays d'origine.
Alors, on va écouter un message, justement, vidéo.
C'est ce message de fermeté qui convient aujourd'hui.
On va écouter ce message de fermeté. Il est ferme, effectivement. Il s'adresse aux migrants.
Si vous voyagez sans visa, vous ne devrez pas l'Australia à l'Oise. Les règles sont à tous. Les enfants, les enfants, les enfants, les enfants, les enfants, les enfants, les enfants, les enfants et les enfants. Il n'y a pas d'exception. Ne croyez pas les lieux de la vie des smugglers. Les criminels vont te débrouiller et placez votre vie et le vie de votre famille à risque. Pour rien. Le message est simple. If you come to Australia illegally by boat, there is no way you will ever make Australia home.
C'est ça qu'il faut faire. Même les enfants, même non accompagnés, sachez-le. Si vous venez, vous ne rentrerez pas en Australie. Il faut savoir ce qu'on veut.
1 200 morts en 2013 en Australie, 0 en 2014.
Les migrants continuent d'affluer, mais ils pourraient partir ailleurs.
Il faut arrêter peut-être avec ce discours qui se part encore une fois des vertus de la générosité. Il n'y a pas d'un côté les méchants qui veulent repousser les migrants et les gentils qui veulent les accueillir. Ce message de l'accueil indéfini, où on ne fixe aucune limite, il conduit à quoi ? Il aboutit à quoi ? À multiplier les filières de passeurs, à accroître les flux migratoires. Aujourd'hui, il faut, moi je soutiens beaucoup le plan de Jean-Louis Borloo, sur le développement des pays d'Afrique. Pour éviter que les millions de réfugiés... C'est une solution à moyen terme, peut-être à long terme aussi.
Mais la solution, elle est là, et dans l'immédiat, je pense que c'est le deuxième volet du plan de Juncker, il faut intervenir sur les côtes libyennes pour arrêter le départ des bâtiments.
Vous citez l'exemple australien, Marine Le Pen aussi d'ailleurs, elle l'a fait lors de son discours du 1er mai, en 2008...
Si, d'ailleurs, puisque vous venez d'en parler.
Mais non, c'est vous, enfin, c'est vous le revendiquez, moi je vous confonde à ce que vous dites. En 2008, l'Australie avait renvoyé également des migrants afghans, qui s'étaient ensuite fait décapiter de retour dans leur pays. Est-ce qu'on peut prendre le risque avec des personnes comme ça, qui sont à ce point en danger dans leur pays ?
Il faut faire la distinction, c'est toute la difficulté, j'en conviens, entre ceux qui méritent, nécessitent, imposent ce devoir de protection. La France, c'est sa tradition, et avant la République même, d'accueillir ceux qui sont persécutés. C'est la noblesse de notre modèle, donc il faut accueillir ceux qui doivent bénéficier du statut de réfugiés politiques. Mais on ne peut pas accueillir tout le monde, et on ne peut pas accueillir ceux qui détournent ce droit d'asile fondamental, pour des raisons qui sont différentes. Parce que si on le fait, si on pouvait les accueillir, pourquoi pas ? Mais on n'a pas les moyens de leur offrir un travail, un logement.
Cela fait monter des réactions xénophobes, et il y a cette nécessité d'avoir une politique de lucidité, et donc de fermeté.
Vous parlez d'immigration économique, effectivement, ça existe en France, on le voit notamment à Calais, avec ces migrants qui essaient de rejoindre la Grande-Bretagne. On va voir des images de cet accueil dans l'humanité de ces migrants.
Ces images, elles sont intolérables. Il y a un code de déontologie pour la police nationale, je pense qu'il doit s'appliquer. Après, je ne veux pas, par rapport à, manifestement, ce qui constitue un dérapage, ou une dérive, ou une faute, même plus que ça, personnel, jeter l'opprobre sur toutes les forces de police. Aujourd'hui, elles sont confrontées à une situation de tension, c'est vrai à Calais, c'est vrai chez moi, à la frontière franco-italienne, à Menton. Il y a plusieurs centaines, aujourd'hui, d'interpellations par jour, et avec le sentiment aussi que ces policiers font un travail totalement inutile.
À Menton, ils reconduisent les centaines de personnes dans des convois à pied, qui traversent la frontière italienne, et puis quelques heures après, c'est ce qu'on appelle la réadmission, ils reviennent. Ce qui n'excuse pas, c'est évidemment un manque de respect. Ce qui, naturellement, n'excuse pas, mais il faut quand même rappeler ce contexte aussi de très grande tension. Et moi, je ne veux pas que, par rapport à ce comportement qui est scandaleux, que je dénonce, qui doit être sanctionné, il y ait un amalgame qui soit effectué avec toutes les forces de police républicaines qui font un travail difficile.
Éric Ciotti