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AutreFrance Culture — L'invité(e) des Matins (sur Site radio)· 2 décembre 2025 40 minContradictoireMixte

Attaques contre le CNC, fréquentation en baisse : un mauvais scénario pour le cinéma français ?

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Locuteur 2

La COP32 Belém au Brésil sur les changements climatiques s'est terminée sans accord signifiant L'occasion d'explorer une histoire environnementale quand les machines dévorent la terre Xavier Mauduit, tracteur bétonnière tronçonneuse et clé à molette C'est l'histoire de la mécanisation agricole et de la nature coulée sous le béton C'est aussi l'histoire de l'Amazonie face à la déforestation et celle d'Edouard Abbey Écrivain, fervent défenseur de la nature à coup de clé à molette

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Présentateur

Le cours de l'histoire, du lundi au vendredi à 9h sur France Culture France Culture.fr et l'appli Radio France Bonjour, c'est Antoine Guillot de Plan Large Je vous donne rendez-vous à l'avant-première du film L'Englouti En compagnie de sa réalisatrice Louise Aymond et de la comédienne Galatea Bellucci Elle y joue Aimée, une jeune institutrice de la fin du XIXe siècle Qui débarque en pleine tempête dans un hameau isolé des Hautes-Alpes Bien décidée à éclairer les croyances obscures de ses habitants Une immersion qui va vite tourner à la submersion, celle d'un désir irrépressible Rendez-vous demain à 20h30 au Cinéma Comédia à Lyon Infos et réservations sur franceculture.fr Les matins de France Culture Guillaume Erner

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Invité

Souvenez-vous, c'était en décembre 1895 Les Frères Lumière donnaient la première séance publique de l'histoire du cinéma 130 ans plus tard, le public est moins au rendez-vous Avec des questions de fréquentation en chute libre Des attaques politiques contre le CNC Notamment une offensive du Rassemblement National Des menaces de taxation américaine Bref, le cinéma français traverse une période de turbulence Mais avant de parler de celle-ci, on va parler de la naissance et de la lumière Thierry Frémaux, bonjour Bonjour Vous êtes directeur de l'Institut Lumière de Lyon Vous êtes le délégué général du Festival de Cannes Vous publiez l'Aventure Lumière Un livre aux éditions Une co-édition Institut Lumière Acte Sud Un livre qui prolonge les deux documentaires Lumière, l'aventure commence Et Lumière, l'aventure continue Et puis le 12 décembre prochain Une soirée spectacle au Grand Rex à Paris Va proposer de revivre cette émotion Il faut que vous nous expliquiez Thierry Frémaux Comment vous en êtes venu à vous pencher justement sur l'aventure Lumière D'abord, j'étais jeune bénévole à l'Institut Lumière Quand j'ai commencé à m'intéresser à ça Avec Bernard Charder et Bertrand Tavernier Cinéaste lyonnais et cinéphile Qui était le président de l'Institut Lumière Et moi toujours, je me suis intéressé à ces films-là Non pas en historien, que je suis aussi Mais en cinéphile C'est-à-dire que je pensais qu'il fallait parler des Lumières en parlant de cinéma Et ces deux documentaires que j'ai faits, le spectacle qu'on va faire au Grand Rex le 12 décembre Tendent et souhaitent montrer que quand on parle de Lumière On ne parle pas seulement du cinéma des origines, de l'invention, d'un balbutiement Que tout ça est aussi, mais on parle de cinéma, de plan De tout ce qui fait que l'histoire du cinéma a vraiment commencé là Et qu'entre-temps, il y a 130 années de production et d'émerveillement Et c'est aussi de cet émerveillement-là qu'on veut célébrer Et oui, vous racontez dans l'aventure Lumière Donc le livre qui est tiré Est de ces documentaires Vous racontez Thierry Frémaux A quel point ce fut un choc, un bouleversement ?

Oui, oui Les gens tout à coup se sont représentés Aujourd'hui, on n'a pas idée De ce que ça a pu être C'est-à-dire que les gens ne savaient pas A quoi s'attendre Aujourd'hui, on peut s'attendre à ceux Dont on ne sait pas qu'on peut s'y attendre Parce que la technologie est là Et donc la surprise est moins forte A l'époque, ce fut un bouleversement Mais ce fut aussi tout de suite un bouleversement social Surtout que la victoire de Lumière Contre son rival Thomas Edison C'est la salle de cinéma C'est d'ailleurs drôle Pourquoi ? Qu'est-ce qu'il était ? Quel était l'enjeu ?

Edison, lui, voulait une machine individuelle Et pour voir une image Parce que c'était ça Voir une image qui reproduisait la vie Il fallait payer Et c'était un appareil individuel Lumière dit pas du tout Il faut mettre tout le monde Dans la même salle Et que tout le monde regarde la même chose Au même moment Au même endroit Alors l'américain dit Le français est fou Une fois que les gens ont vu les films Ils ne reviendront pas Bah si, parce que Lumière a fait 2000 films Que Méliès arrive derrière Les pionniers Alice Guy, Max Linder Oui, parce que vous racontez également La production Ce fut une production extrêmement abondante Très fournie Oui, oui, 2000 films 1500 films officiels 500 films qu'on appelle nous hors catalogue Ça fait 2000 courts-métrages De 50 secondes d'une minute Et puis après, rapidement Ça, c'est pendant Ça dure 5 ans Et puis après, déjà Tout le monde est là Gaumont, Pathé Tout le monde arrive Et le cinéma est lancé Je vous propose D'écouter Louis Lumière Le premier appareil

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Locuteur 5

Fut construit suivant mes croquis Et mes indications Et sous mes yeux Par le chef mécanicien de notre usine Monsieur Moisson Qui apporta tout son tel Mais, à qui avez-vous confié La prise de vue ? A personne au début Tournez-moi et développez Et tirez-moi-même Tous les films qui formèrent Les premiers programmes du Grand Café Ouvriers et ouvrières sortant de l'usine Le repas de bébé La pêche aux poissons rouges Baignade en mer Marques sortant du port L'arrivée du train L'arroseur, etc. La première projection en public A eu lieu à quelle date ?

Ce fut le 25 mars 1895 Que je projetais en public Le premier film C'était au cours d'une conférence Que je fis sur l'industrie photographique À la Société d'encouragement Pour l'industrie nationale Sous la présidence du célèbre physicien Mascar Le film en question Représentait la sortie des ouvriers De notre usine de Montréal Enfin, le 28 décembre 1895 Nous ouvrions une salle de projection publique Dans le sous-sol du Grand Café Et ce n'est qu'à partir de cette date Que quelqu'un peut dire Je suis allé au cinéma

6:09
Invité

Un commentaire Thierry Frémaux Donc la voix C'est assez émouvant de l'entendre La voix de Louis Lumière Oui, c'est émouvant Parce qu'il y a un inventeur du cinéma Quel qu'ait été Le grand mouvement Qui fait que partout dans le monde On souhaitait inventer les images Il y a beaucoup d'inventeurs Avant Lumière Il n'y en a pas après Donc c'est lui Et la musique, la littérature, la peinture On ne sait pas où ça a été inventé Comment On ne saura jamais Mais le cinéma, on sait C'est lui C'est à Lyon C'est dans cette rue Saint-Victor Devenue la rue du premier film Alors il se trompe un peu d'ailleurs Ce n'est pas le 25 mars Mais le 22 mars C'est la mémoire des vieilles personnes Parce qu'il était interrogé à la fin de sa vie Oui, c'est assez émouvant De se dire que D'abord quand il dit Avant lui, personne ne peut dire Je suis allé au cinéma Il a raison Et en effet, 130 ans plus tard La question se pose de Est-ce qu'on continuera à aller au cinéma Avec Bertrand Tervéliens On a fait toutes les célébrations Les 90 ans Parce que l'Institut Lumière Est une institution assez jeune Le centenaire du cinéma, etc.

Et chaque fois c'était pour dire Le cinéma comme art, comme langage Aujourd'hui, la deuxième invention Lumière Qui n'est pas la caméra Et le mouvement parfait C'est la salle du cinéma Et cette deuxième partie-là C'est celle qu'on questionne aujourd'hui Et avant ce n'était pas le cas Parce qu'on est en 2025 Parce que les plateformes sont là Parce que plein de questions se posent Bon, ça a exigé tout un travail de restauration Oui, alors Avec le CNC On avait déjà fait tout ça Il y a 30 ans Pour le centenaire du cinéma En argentique Dans des laboratoires Où on travaillait la pellicule Le négatif, la chimie Aujourd'hui, on le fait plus Non pas du tout Avec l'intelligence artificielle Mais avec la technologie numérique Et oui, on est en train de tout restaurer Il y a un problème technique C'était pas en 70 mm ?

Alors, ils avaient plusieurs formats Ils ont inventé plein de trucs formidables Ils ont, en particulier Vous avez raison Inventé pas le 70 Le 75 mm Ils ont inventé ça Pour l'exposition universelle de Paris En 1900 Et c'est le plus grand format Jamais inventé Le 70 mm Ce sera inventé 40 ans plus tard 50 ans plus tard Oui, parce que Ça se fige comment ? Parce que donc On est habitué au format Au 35 mm Ça s'est figé Comment, historiquement ?

Le 35 mm Venait d'ailleurs D'une idée de Thomas Edison Lumière a piqué un peu Ici et là Il a assemblé tout ce qui marchait Et il a trouvé ce qui ne marchait pas Et longtemps Le cinéma Ça a été 35 mm 70 mm Les formats plus amateurs Le 16 mm Pour les jeunes professionnels La nouvelle vague A commencé à 11 16 mm Et puis les formats familiaux Super 8 Super 8 par exemple Et puis ensuite Il y a eu le 70 mm Aujourd'hui tout ça En gardant les formats 1.85 1.33 1.37 Enfin C'est du charabia technique Mais quand vous allez au cinéma James Cameron Qui sera avatar Ça va être une image immense Et puis vous avez Des auteurs Qui reviennent au format carré Parce que Kelly Richa Par exemple La cinéaste américaine Elle adore le format carré Le cinéma A toujours joué avec ça C'est un peu comme Les peintres Qui peuvent préférer Des aquarelles Ou des La picturalité du cinéma A toujours évolué Bon mais peut-être que justement Les techniques modernes Les techniques numériques Peuvent être justement Au service de l'adaptation De ces différents formats Oui oui Aujourd'hui par exemple Il y a quelque chose d'intéressant Wim Wenders Quand il est venu à Lyon Disait Les films lumières On peut leur faire confiance Et en effet Ce que les lumières filmaient Ou plutôt Ce qu'ils montraient C'est ce qu'il y avait Devant la caméra Il n'y avait rien Entre la caméra Et l'écran Aujourd'hui on ne sait pas Ce qu'il y a La technologie numérique Les trucages Et les trucages numériques Justement pas Le carton-pâte Des péplums Italiens Peut-on avoir confiance Peut-on avoir confiance Dans les images qu'on regarde Et pour nos enfants Pour les nouvelles générations C'est important Évidemment Parce que tout ça On mène Aux réseaux sociaux Et alors Évidemment Cela rappelle aussi A quel point Ce fut Un art populaire Avec Donc aujourd'hui De grands cinéastes Qui sont aussi De grands cinéastes Populaires De Kurosawa A Chaplin Mais c'était déjà Le cas des frères Lumière Oui oui Ça a été un raz-de-marée Contrairement A l'une des légendes Comme quoi Lumière aurait dit C'est une légende formidable Le cinéma Est un art sans avenir D'abord je pense pas Qu'il l'ait dit Du tout En tout cas Pas dans cet esprit-là Et puis Combien même Il l'aurait dit Mais qui pouvait deviner Que le cinéma Deviendrait ça Et vous Vos premiers souvenirs De cinéma Parce que Le petit garçon Ne tue l'un Et dans l'Isère Thierry Frémaux Comment ça s'est passé Votre rencontre Avec le cinéma A l'époque Nous vivions à Brunois En banlieue parisienne Et je me souviens Qu'on était allé voir Blanche-Neige Et dans mon souvenir C'est pas tant Blanche-Neige Que j'ai d'ailleurs Jamais revu C'est l'idée De rentrer dans une salle Un peu en retard La salle était toute noire La personne nous accueillait Avec une lampe de poche Et d'un seul coup Se trouver dans cet endroit Je me suis senti bien Donc mon point De souvenir de cinéma C'est un souvenir De salle de cinéma Je voulais vous faire entendre Un extrait D'un discours D'André Malraux D'abord Parce qu'il faudrait entendre Tous les jours André Malraux Et ensuite Parce qu'il inaugurait C'était en 1966 La maison de la culture Damien Et il parle justement Du cinéma

11:46
Locuteur 4

La machine D'autre part Multiplie le raie Or Jamais Le monde N'a connu Des usines De rêves Comme les nôtres Jamais Le monde N'a connu Une pareille puissance D'imaginaire La puissance De rêve De notre civilisation Est absolument Sans précédent Et voici Où se pose Le problème Que j'ai posé Tout à l'heure Ces usines Si puissantes Les moyens Du rêve Les pires Qui existent Parce que Les usines De rêve Ne sont pas là Pour grandir Les hommes Elles sont là Très simplement Pour gagner De l'argent Un Le rêve Le plus efficace Pour les billets De théâtre Ou de cinéma C'est naturellement Celui Qui fait appel Aux éléments Les plus profonds Les plus organiques Et pour tout dire Les plus terribles De l'être humain Et avant tout Bien entendu Le sexe Le sang Et la mort

13:01
Invité

Les usines À rêve Thierry Frémaux C'est drôle Parce que Un discours comme ça Ce serait un discours Tout à fait Anarchisant Gauchiste Sur la puissance De l'argent Et Malraux Qui était Le ministre de la culture De De Gaulle Alertait Sur ces questions là Aujourd'hui Elle s'alerte non plus Sur le cinéma Le cinéma apparaît Comme une sorte D'usine à poésie Pas toujours Mais quand même un peu Surtout que Dans son essence même Le cinéma Par cette idée Du partage Collectif Par cette idée De l'acte social Qu'il est Le cinéma Apparaît plutôt Comme quelque chose Je le dis d'ailleurs Au sujet des films Le cinéma Le cinéma D'emblée Était un instrument De paix Il y avait quelque chose D'éthique Et il y a toujours Quelque chose D'éthique Les cinéastes Signent leurs images Contrairement à toutes Les images Qu'on voit un peu Partout aujourd'hui Bon mais Les usines à rêve Ce pourraient être Les plateformes Puisque vous rappelez Thierry Frémont A quel point Le cinéma fut Une aventure artistique Avec la composition Des images Puisque dans l'aventure Lumière C'est un livre Tiré de ces images Et donc On voit la manière Dont il composait Les frères Lumière Mais je ne sais pas Renoir D'autres pionniers du cinéma Et puis il y avait aussi De la musique Il y avait Camille Saint-Sens Il y avait Foré On va écouter Quelques notes De Foré Puisque ça aussi C'était un art complet Gabriel Foré Était un Gabriel Foré Était un contemporain Des Lumières Il y a eu assez rapidement Dans les séances Pas les séances Lumière Mais Méliès Ça arrive vite Il y avait tout de suite Du bruit De la fureur De la rumeur Et de la musique Des pianistes Et puis après Des petites formations Et quand la cinématèque française Qui a restauré Napoléon d'Abel Gans A fait Il y a un an Une projection Telle que C'était un orchestre symphonique Avec des chœurs Etc Donc le cinéma a tout connu Jusqu'à devenir parlant Et aujourd'hui encore A Lyon beaucoup Nous faisons des ciné-concerts Mais C'est très beau De voir comment Sur Lumière Il n'y a pas d'archives Donc on ne sait pas S'il connaissait la peinture S'il connaissait la musique S'il connaissait Les disciplines artistiques De leur époque Je pense que oui Un peu Mais Louis Parce que quand on dit Les Lumières C'est surtout Louis C'était un homme D'une telle modestie Qu'il n'a pas laissé De traces Pas l'archives Il y a un côté Shakespeare On ne sait rien Donc il n'y a plus Que des analyses A faire Et d'emblée En effet L'aventure Lumière Est une aventure de cinéma D'ailleurs Le film aurait presque Pu s'appeler Précisément Parce qu'on est en 25 Et que le cinéma Est menacé Non pas Lumière L'aventure continue Mais le cinéma L'aventure continue Parce que ça On en a la ferme conviction Et ça veut dire Que eux aussi Enfin Louis Lumière Mais aussi Son frère Ont fixé Une forme de langage Cinématographique D'emblée Oui D'emblée Parce qu'ils se sont posé Les questions de cinéastes Donc la première D'entre elles étant Où est-ce que je mets la caméra La deuxième étant Qu'est-ce que je veux raconter La troisième étant Comment le faire D'ailleurs Là où on voit Que Lumière Est un cinéaste Lui et ses opérateurs C'est que la lumière Ne se raconte pas Ils se voient C'est-à-dire Je dis Thomas Edison Et tous les grands techniciens Chercher un format Lui il trouve Une forme Et plein de cinéastes Arnaud Desplechin Me dit Mais moi quand je vois ça Ça me pose des questions Sur mon propre métier La simplicité du plan Serge D'Analysé Le cinéma C'est pas une histoire d'image C'est une histoire de plan Et chez Lumière C'est des plans Des plans de 50 secondes Qui mis Un peu bout à bout Les uns avec les autres Dans une sorte de narration Que j'essaie de faire Disent des choses Sur le cinéma lui-même Thierry Frémot Directeur de l'Institut Lumière De Lyon Délégué général du Festival de Cannes Vous publiez l'Aventure Lumière C'est un beau livre Co-édition Institut Lumière Acte Sud On va évoquer dans quelques minutes Le cinéma aujourd'hui Bon le cinéma a quelques difficultés Il subit des attaques Des attaques politiques Des attaques budgétaires Vous serez en compagnie de Marie-Ange Lucianiste Une grande productrice de cinéma On lui doit Enzo L'intérêt d'Adam Et puis aussi 120 battements par minute En attendant il est 8h sur France Culture

17:35
Présentateur

6h30, 9h Les matins de France Culture Guillaume Erner

17:41
Invité

Qui veut la peau de l'exception culturelle française ? Le Rassemblement National menace de supprimer le CNC Donald Trump promet de taxer les films étrangers Le modèle français peut-il résister à ces offensives ? Nous sommes en compagnie de Thierry Frémot Directeur de l'Institut Lumière de Lyon Délégué général du Festival de Cannes Vous publiez l'Aventure Lumière Une coédition Institut Lumière Acte Sud Et puis j'ai choisi de vous inviter Marie-Ange Luciani Bonjour Vous êtes productrice de cinéma On vous doit de grands films Enzo L'intérêt d'Adam 120 battements par minute Anatomie d'une chute Êtes-vous inquiète en ce moment ?

Moi je pense que l'inquiétude C'est un état de producteur Quand on fait du cinéma On est toujours inquiet Mais c'est un moteur L'inquiétude c'est pas Quelque chose C'est un état de résistance aussi Moi je suis rentrée dans le cinéma J'ai commencé à produire des films Et le cinéma était en crise Et pour d'autres raisons Qu'il l'est aujourd'hui On a toujours su S'organiser et résister C'est-à-dire que La France est un pays Très syndicalisé Et qui sait aussi Faire face à des crises Et on a un système Unique au monde Qui est l'exception culturelle Et on se battra Pour le préserver Alors expliquez-nous L'exception culturelle Pour vous producteur Ça fonctionne Comment ? Ça veut dire quoi ?

Pour moi Alors moi je suis vraiment L'enfant de l'exception culturelle Puisque moi je produis Des films Pas avec du tout Ma fortune personnelle Mais je produis des films Avec l'aide du CNC En grande partie C'est-à-dire Enfin ça commence par là C'est-à-dire L'exception culturelle C'est quoi ?

C'est aujourd'hui C'est le spectateur Qui en achetant un ticket De cinéma Reverse Une partie de ce ticket de cinéma Une taxe est prélevée Et est reversée au CNC Qui permet Et qui est redistribuée A l'ensemble de la profession C'est-à-dire De l'écriture d'un film Jusqu'à sa diffusion en salle Jusqu'aux exploitants C'est-à-dire C'est un système Un peu communiste C'est-à-dire L'argent n'est pas capitalisé Mais l'argent est redistribué A l'ensemble de la chaîne Professionnelle Pour nous permettre De faire des films Mais aussi de les distribuer De les exploiter en salle De les exploiter à la télévision Aussi A quoi sert le CNC C'est aussi Rénover des salles de cinéma C'est aussi C'est tout un système D'accompagnement Mais c'est aussi Aider le festival de Cannes A exister C'est-à-dire Que ça travaille A tous les niveaux Donc l'exception culturelle Qu'est-ce que c'est ?

L'exception culturelle C'est un système Fait d'aides Remboursables Attention Et ce n'est pas Les impôts Ce ne sont pas Les impôts Qui payent le cinéma français Il faut faire tomber Quelques idées reçues Qui recommencent A circuler aujourd'hui Non ce ne sont pas Les impôts Qui payent le cinéma français Ce sont les spectateurs Qui en achetant Un ticket Permettent A la profession D'exister Et de s'organiser Thierry Frébeau Oui oui Et en précisant Que le cinéma américain A sa façon Par le biais De cette taxe Sur les tickets Contribue aussi A financer Le cinéma français Lequel cinéma français Contribue à financer Aussi Et qu'en est En effet L'écho Le cinéma international Le film de Jafar Panahi Et j'ai une pensée Pour lui Puisqu'il vient d'être condamné En son absence Puisqu'il est à New York A un an de prison En Iran Eu égard Au film Qui a gagné La Palme d'Or Le cinéma français A comme tradition Coutume Et efficacité D'aider aussi Le cinéma international A se faire Tout ça C'est grâce aux spectateurs Il faut que chacun sache Que chaque fois qu'il va au cinéma Il y a quelque chose D'extraordinairement collectif Et donc C'est pas en effet Marie-Ange a raison C'est pas du tout L'argent public Le côté Et tout ça C'est avec nos impôts Y compris les films Qui n'ont pas de succès Les films qui n'ont pas de succès Ce sont des films Qui en auront peut-être Et c'est un système Extrêmement vertueux Donc il n'est pas vraiment question De le supprimer Justement Puisque vous parlez Du nombre d'entrées On va écouter Sébastien Chenu Député Rassemblement national On l'écoute Moi je pense Qu'il y a des bons films Des mauvais films En fait Un bon film se juge Au nombre d'entrées Qu'il fait Un film sans spectateur Devant la toile Est-ce qu'il mérite D'être soutenu Financé Etc

22:00
Locuteur 9

Mais vous savez bien Qu'on ne peut jamais savoir L'art c'est une prise de risque Et le cinéma aussi

22:03
Invité

C'est vrai que l'art Est une prise de risque Avec vous Il y aurait les bons films Validés par le pouvoir officiel

22:08
Locuteur 9

Et les films gauchistes

22:09
Invité

Non mais pas du tout On n'est pas des senseurs Mais moi je suis contre La culture du guichet C'est à dire l'idée C'est-à-dire que les structures Se transforment en guichets Se transforment en guichet à subvention Vous avez un projet Vous venez juste Demander une subvention C'est-à-dire que vous utilisez Les structures Comme des guichets Des pompes à fric Ça je trouve que c'est pernicieux Voyez-vous La voix de Sébastien Chenu Députée Rassemblement National Marie-Ange Luciani Une réaction On est quand même Sur un débat idéologique De qu'est-ce que c'est Que la rentabilité d'une oeuvre D'abord elle ne se mesure pas Le cinéma c'est des prototypes Thierry Frémont en face de moi Il y a son livre Là sur ma gauche L'Aventure Lumière C'est-à-dire que le cinéma C'est au-delà d'une rentabilité Le cinéma c'est ce qui fait histoire aussi C'est ce qui doit tenir Dans le temps et la durée Et pour y arriver C'est-à-dire que je prends souvent L'exemple de Justine Trier Qui est souvent citée C'est-à-dire que Justine Trier Commence le cinéma En faisant la bataille de Solferino Qui fait 30 000 entrées Et puis elle arrive Au bout du quatrième film Avec Anatomie d'une chute A faire une oeuvre Qui dépasse le million et demi d'entrées Voir qui atteint presque Les deux millions d'entrées La plus récompensée de l'histoire L'une des plus récompensées de l'histoire C'est-à-dire que ce discours-là C'est un long débat Qu'on ne peut pas avoir ici Puisqu'on n'a pas le temps Mais la rentabilité d'une oeuvre Une oeuvre de cinéma Le cinéma c'est l'industrie d'un côté Mais c'est aussi l'art C'est aussi qu'est-ce qui fait histoire Qu'est-ce qu'on laisse Qu'est-ce que c'est que le geste D'un auteur aujourd'hui Toutes ces questions-là Ne peuvent pas Et par ailleurs Le mot subvention Qui est encore utilisé ici Peut-être que Les seules subventions Qu'on est aujourd'hui C'est ce qu'on appelle Le crédit d'impôt D'une certaine façon C'est une aide de l'État Qui nous permet De ne pas délocaliser les films De continuer De pouvoir tourner en France Et d'accueillir Des oeuvres étrangères en France Et les aides régionales aussi Qui sont parfois Sous forme de subvention Mais les aides régionales Il faut savoir que Quand un film arrive dans une région Et s'installe dans une région C'est aussi une dynamique économique Qui emploie des gens localement Qui font marcher l'hôtellerie La restauration Enfin on pourrait Donc on est quand même Je vais défendre Jusqu'au bout Le fait que le cinéma N'est pas du tout Un système subventionné Mais c'est un système De redistribution De l'argent Thierry Frémaux Non Il y a évidemment là Dans ces propos là Quelque chose Qui fait qu'un homme politique Quel qu'il soit A toujours envie De s'emparer du cinéma Parce que c'est un peu Comme le sélectionneur De l'équipe de France de foot Tout le monde a son mot à dire Sur le cinéma Bon L'idée Que les bons films Sont les films qui marchent Il faut l'inverser C'est à dire que Le public a du talent Jean-Christophe Buisson Dans son livre Sur l'année 45 Dit que Le dictateur De Charlie Chaplin Qui évidemment N'est pas sorti Pendant la guerre Est sorti juste après la guerre Il fait 9 millions De spectateurs Donc tout à coup Les français vont voir On est en 45 Et vont voir Un film de Chaplin En noir et blanc Quasiment muet Un film politique Au combien Ils sont 9 millions A y aller Chaplin avait du succès Vous avez mentionné Tout à l'heure Que Rossavoie Kubrick Les grands cinéastes Ont du succès Donc cette notion De succès Et Marie-Ange A raison de rappeler Que Duplantis A pas battu Les records du monde Du saut à la perche Tout de suite Il a fallu qu'il progresse Et la France Est un extraordinaire Réservoir Grâce à ce système là Et par ailleurs Il est évident Que à la fois Sur le plan économique Que le cinéma Produit La culture Produit de l'économie Parce qu'on est en train De parler du cinéma Mais c'est le mot culture Donc il faudrait Qu'il soit un peu plus employé Par les élus Par les gens Qui sont aux responsabilités Quels qu'ils soient Parce que la culture Produit de l'économie Il faut là aussi Renverser Tout ça Et puis quand on parle Aussi des prisons Quand on parle de délinquance Quand on parle de la culture Et ils sont nombreux À l'avoir montré Que la culture A été une grande rencontre Dans leur vie Et la culture Est aussi un ciment national J'arrive d'Argentine Ravier Millet Le président argentin A coupé absolument Toutes les subsides Publiques Mais il a tort Parce que lui Qui est un nationaliste L'Argentine Existe aussi Grâce à la musique Je parle même pas De Gardel Et de Borges Ou de Mercedes Sosa Mais existe aussi Grâce à son cinéma Un cinéma Qui est complètement À l'arrêt Aujourd'hui Et c'est un tort D'ailleurs Tous les grands Tous les grands dictateurs De Staline À Goebbels Ont toujours compris La puissance La puissance du cinéma Donc tout ça C'est des débats anciens Et la notion de Nous on est les premiers À Cannes À mettre des films Les films que j'appelle Les films à structure Narrative lente C'est-à-dire Les films chiants Mais d'abord Il y a des livres chiants Il y a des films chiants Mais ça fait partie Du cinéma Et puis il y a En effet Des films Nous on est très fiers À Cannes De montrer Mission Impossible De rendre possible Le succès De l'amour ouf De rendre possible Le succès De Monte Cristo Et puis on montre À la fois Bac Nord Et on montre Les misérables Et vous parliez D'un cinéma politique D'abord c'est pas Le festival de Cannes Qui est politique Ce sont les artistes Qui le sont Mais ils sont pas Politiques Les artistes parlent Du monde qui les entoure Les écrivains aussi Les musiciens aussi Bref tout ça Est un monde Qu'il faut absolument Préserver Mais là Sébastien Chenu Fait de la politique Nous on fait du cinéma Mais alors je ne sais pas Si c'est parce qu'il y a De plus en plus De films à structure Narrative lente Mario Justiani Mais bon Les chiffres du cinéma La fréquentation des salles Est mauvaise Vous l'expliquez Comment ça aussi C'est Alors moi je me méfie Alors non que je ne veuille pas Regarder les chiffres du cinéma Mais chaque année On les réinterprète C'est à dire que l'année dernière On a eu une très très bonne année Cette année Je crois qu'il y a 20 millions D'entrées de moins Cette année Mais on peut se dire Par exemple Que l'année dernière On avait Montecristo Et un petit truc en plus Qui a eux deux Récolté plus de 19 millions D'entrées Cette année Peut-être qu'on n'a pas Ces locomotives là C'est comme le 20 On a des très très bonnes années Avec une diversification Des propositions Cette année Peut-être que On est un peu moins Sur les oeuvres Qu'on dit locomotives Mais quand même Quand on regarde Les chiffres De films Qui étaient présents Au festival de Cannes Que ce soit Et qui sont des films Je précise Par exemple C'est très important Qui sont portés Par des producteurs indépendants Des distributeurs indépendants Donc qui sont un peu Le fleuron De l'exception culturelle Que ce soit Le film de Dominique Molle Que ce soit Le film de Thierry Clifat La femme la plus riche du monde Que ce soit Le film de Hafsi Erzi La petite dernière Ce sont des films Aujourd'hui Qui font le marché En salle Thierry Frémaux Oui Et en plus Pour revenir à cette question Des films à succès En effet Le cinéma d'auteurs français Et le cinéma d'auteurs international Le film de Jaffa Panehi De Joachim Trier De Clemer Mendoza Qui va sortir Le film de Oliver Lacks Ce sont des films Qui dans le monde entier Font des entrées Le problème aujourd'hui Vient beaucoup plus Du cinéma grand public Du cinéma commercial Du cinéma populaire Et nous qui venons tous Du cinéma d'auteurs Et c'est la vocation première Du festival de Cannes On va devoir veiller Sur le cinéma commercial Sur le cinéma populaire Et c'est peut-être ça En effet Quand on voit Montecristo La réussite de Montecristo D'un petit truc en plus De l'amour ouf Ce sont les films Qui ont raflé Des millions de spectateurs Et en effet Il y a des bonnes Et des moins bonnes années Il est évident Que s'il y avait Une deuxième moins bonne année De suite Une troisième Moins bonne année de suite Il faudrait se poser la question Mais on ne va pas Hurler à l'arrivée des loups Comme ça après Et puis Il y a autre chose Qu'il faut Évidemment envisager Tout à l'heure On parlait de la lecture Les jeunes lisent Ils lisent sur les écrans Ils ne lisent pas des livres Mais ils lisent Le cinéma est partout Le cinéma a gagné Le langage De la moindre vidéo Tiktok C'est le langage Du cinéma Ce que Le cinéma A de particulier On revient A la lumière C'est l'invention De la salle de cinéma Parce que ça va bien au-delà La salle de cinéma Structure Une ville Le jour où il n'y aura Plus de restaurants Parce que les gens Ne feront que commander Des pizzas A des types Qui viendront Le livrer Et bien Les villes Ne ressembleront plus A ce qu'elles étaient Donc il faut préserver Alors Il y a toujours C'est drôle Parce qu'au sujet De lumière Et tout le reste On parle toujours De la mort du cinéma Mais pourquoi On ne parle pas De la mort de la musique De la mort de la littérature Et de la mort du théâtre La mort de la littérature Hein ?

On en parle parfois Oui enfin On parle de la mort De la littérature Comme on parlait d'abord De la mort du cinéma Dans les années 80 Quand c'était Godard Vendor Serge Danais Qui le faisait C'était une certaine idée Peut-être du cinéma Mais le cinéma Ne mourra pas Les salles Les gens y vont Alors attendez Parce que Les salles justement Marie-Ange Luciani Il y a de plus en plus De problèmes Avec les salles indépendantes Notamment Il y a une utilisation Des salles On le comprend Par ailleurs Les exploitants Cherchent des solutions Il y a des conférences Organisées Différentes retransmissions Qu'est-ce que Qu'est-ce que vous en pensez ?

Il faut surtout pas Que ça exclue Le rôle premier De la salle Qui est la diffusion D'une oeuvre De cinéma Mais je pense que Pourquoi pas Par exemple MK2 Aujourd'hui A développé Ses conférences De cinéma Dans les salles MK2 C'est-à-dire que L'idée de faire revenir Ou faire venir Des jeunes en salle Des étudiants Etc Pour écouter Même l'idée De s'asseoir Ensemble Dans un fauteuil Devant un écran Même s'ils ne diffusent pas L'oeuvre Mais qu'on discute Cinéma Philosophie Littérature Que ça reste Un lieu culturel De partage Et si ça permet Aux exploitants De réhabituer Le spectateur A la salle Pourquoi pas Moi je ne suis pas Opposée à ça Après il ne faut pas Que ça exclue La diffusion Des oeuvres de cinéma Qui est le rôle premier De la salle de cinéma Thierry Frémeau Non non Les salles de cinéma Ce sont des églises Dans les villes Dans les villages Partout Il y a plein de municipalités Qui aident Les salles de cinéma Parce qu'elles considèrent Que c'est un ciment Un ciment social Et culturel D'ailleurs des mômes Qui sont en effet Tout le temps Les yeux devant les écrans Si vous leur dites Samedi on va au cinéma Ils vont faire On va au cinéma A un moment Vous vous souvenez Quand Canal Plus est arrivé Elle a dit On va montrer Les matchs Les gens ont pensé Que ça allait vider les stades Ça a été le contraire Ça a rempli les stades Et ça a rempli Les téléspectateurs Devant Canal Plus Alors j'ai parlé Donc de l'utilisation De salles polyvalentes Il y a aussi D'autres stratégies Thierry Frémeau Il y a des salles De plus en plus chères Avec des séances A 25 euros Ou bien au contraire Des salles low cost Qu'est-ce que Alors d'abord La première séance De cinéma Coutait 1 franc Et à l'époque Le progrès de Lyon Le journal de Lyon Coutait 10 centimes Donc ça coûtait 10 fois plus cher Aujourd'hui Je ne sais pas Le monde de Figaro C'est 3,50 3,80 Donc c'est comme si Le cinéma Coutait 35 euros Bon On n'en est quand même pas là Après il y a des tentatives Assez formidables Le pâté opéra Par exemple En effet Est un pâté D'une salle 3 étoiles Et puis Il y a tout un système De cartes illimité De réduction Pour les jeunes Pour les vieux Les retraités Les chômeurs Quand on veut vraiment Aller au cinéma Et qu'on aime le cinéma L'entrée n'est pas si chère Le cinéma Ça aussi C'est une légende Contre laquelle il faut Lutter Le cinéma N'est pas un archer Je veux dire Les mômes Ils payent 600 euros Pour aller voir Bien c'est au stade de France Ils trouvent L'argent pour y aller Bon et Les plateformes Qui bouleversent tout Marie-Ange Lucianet Alors est-ce qu'elles bouleversent tout En tout cas en France Encore une fois Je vais défendre L'exception culturelle Mais on est le seul L'un des seuls Pays au monde Et on est suivi aujourd'hui Par beaucoup de pays européens A avoir obligé Les plateformes A investir Dans le cinéma Et dans la diversité Du cinéma Puisque c'est bien La diversité du cinéma Qui est attaquée Dans les propos Aussi du Rassemblement national Mais Donc les plateformes Pour le moment Je veux dire Qu'on travaille bien Et on vit bien Avec C'est à dire Que c'est toujours Une question d'équilibre Aujourd'hui C'est à dire que moi Ce que je défends Aujourd'hui En tant que productrice De cinéma C'est la salle Je produis des oeuvres Pour la salle Et je me battrai Jusqu'au bout Pour pouvoir Continuer à diffuser Des oeuvres en salle Après les plateformes Aujourd'hui Par exemple Netflix Disney Ont des obligations D'investissement Dans le cinéma Et ensuite Il y a cette fameuse Chronologie des médias Qui est encore Préservée Et voilà Où il faut être Et là encore Le CNC Notre garant C'est à dire que Les discussions Autour de la chronologie Des médias Etc Se passent Avec les syndicats De producteurs De distributeurs De réalisateurs D'auteurs Mais aussi Et tout ça Dans la maison CNC Qui est le garant De cette économie là Et de cet équilibre là Et oui parce que c'est Une vraie question Thierry Frémaux Non seulement Donc la chronologie Des médias Mais le retour En fait On retrouve cette bataille Entre Edison Et Lumière Est-ce qu'il faut regarder Les films sur petite Ou sur grand écran ?

Les plateformes D'abord c'est une invention Géniale Mais c'est peut-être En effet La revanche Sournoise De Thomas Edison Contre Lumière Puisque les plateformes Bah il faut payer Et on voit une image Individuelle Donc tout le contraire Du vœu universel De Lumière Mais le cinéma A toujours dû affronter La télévision Dans les années 50 La vidéo Dans les années 80 Internet Maintenant les plateformes Les plateformes Viennent titiller La question des séries Qui est encore une fois Les séries c'est du cinéma C'est un autre format C'est une autre manière de faire Ça vient quand même Questionner Les scénarios Les comédiens Le dialogue Les projets Les sujets Ça oblige le cinéma A monter le niveau Et il va le faire Et il le fait Moi je suis abonné A absolument Toutes les plateformes Ça ne m'empêche pas D'avoir envie d'aller au cinéma Et alors on revient toujours Aux expressions formidables De Godard Le cinéma crée de la mémoire La télévision crée de l'oubli Mais c'est vrai Que quand on va au cinéma On se souvient Être sorti de chez soi Puis quand on est arrivé Il y avait un grand Alors on a changé de place Il y a des souvenirs Et ces souvenirs-là Sont créés Par l'échange social Marie-Ange Luciani Moi je suis aussi d'accord Enfin moi je consomme Je suis abonné A plein de plateformes Et je trouve Qu'il y a quand même Une Oui il y a une dynamique Je pense qu'il y a des formes D'écriture Aujourd'hui au cinéma Qui sont nées De la plateforme Par exemple Des séries Très importantes pour moi Comme Mad Men Comme The Wire Comme on crée HBO qui fait un travail Incroyable sur l'écriture Cérielle A emmener au cinéma Des formes d'écriture Qu'on utilise aujourd'hui Et ça accompagne même La cinéphilie Parce que Il faut que tout le monde Regarde cet extraordinaire Documentaire de Rebecca Miller Sur Martin Scorsese Là Et tout à coup Il y a Donc Lucille Comeau Nous a vanté les mérites Mais non Ça donnera envie A tout le monde De faire du cinéma Vous pourriez Produire des séries Marie-Anjou Jussiani Alors J'aimerais bien Mais alors moi Je travaille de façon Très artisanale Donc produire un film Ça prend à peu près Trois ans Donc j'en produis À peu près Un et demi par an C'est à dire que J'en produis un dans l'année Je commence à développer Celui de l'année suivante Donc la série C'est quand même Un travail au long cours Il faut une certaine Endurance Et comme je suis Très très Impatiente Je ne suis pas sûre D'y arriver Mais j'essaye J'ai eu plein d'idées Plein de propositions Et puis je ne vais jamais au bout Mais je pourrais En tout cas J'en consomme Pas mal Enfin voilà Là je viens de voir Los Anios Nuevos De Rodrigo Sorgoyen Sur Arte Que je trouve Assez incroyable Et qui me fait réfléchir A lui-même Qui est un cinéaste De cinéma Les artistes Vont et viennent Il y a de plus en plus De circulation Oui oui oui De plus en plus De circulation Et aussi Une métamorphose Il nous reste Quelques secondes Je ne vais pas vous parler De l'intelligence artificielle Mais comment faire L'impasse complète Là-dessus Faire l'impasse complète C'est une bonne réponse Et puis elle me convient En termes de temps Marie-Ange Je dois dire Que j'ai personnellement Fait l'impasse Parce que je ne m'y intéresse pas Mais il va falloir Que je m'y intéresse Puisque c'est un des grands Bouversements Qui nous attend Et je ne peux pas faire Comme si ça n'existait pas Moi la première question Que j'ai posée A Chad GPT A été Qui a tué John Kennedy Et la réponse a été On n'est pas sûr On en reparlera Thierry Frémaux Merci Vous êtes directeur De l'Institut Lumière De Lyon Délégué général Du Festival de Cannes Vous publiez L'Aventure Lumière Une coédition Institut Lumière Acte Sud Merci Marie-Ange Duciani Productrice de cinéma Enzo L'intérêt d'Adam 120 battements par minute Et anatomie D'une chute Dans le monde