Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 10 juin 2025 26 min

"Madleen" intercepté, discussions avec le Hamas et municipales 2026... Le 8h30 franceinfo de Clémence Guetté

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Clémence Guetté

Bonjour Clémence Guettet, députée de la France Insoumise du Val-de-Marne et vice-présidente de l'Assemblée nationale. Après l'interception par l'armée israélienne au large de Gaza de l'équipage du Madeleine, dont font partie votre collègue Rima Hassan et la militante Greta Thunberg, Emmanuel Macron, a appelé au retour dans les plus brefs délais des six ressortissants français qui étaient à bord du bateau. D'abord, quelles nouvelles disposez-vous ce matin de votre collègue Rima Hassan et du reste de l'équipage ?

0:30
Invité

En réalité, très peu de nouvelles. On a des nouvelles par les avocats qui ont pu s'entretenir avec certains, voire avec toutes les personnes de l'équipage. Donc 12 personnes, 6 français à bord, vous l'avez dit. Le consul de France, visiblement, n'était pas avec les autres consuls suédois, des autres pays à l'aéroport. La protection consulaire a pu être exercée, c'est ce que vient de dire le ministre des Affaires étrangères. Sans doute, en tout cas, ça avait été demandé par la France, annoncé par le Quai d'Orsay. Mais en tout cas, les familles n'avaient pas été informées par le consul, comme c'était le cas pourtant pour les autres familles.

Et je veux le dire quand même en préambule, cette arrestation dont ils ont fait l'objet était vraiment absolument illégale. Et on voit à quel point Netanyahou, son gouvernement, s'assoit sur le droit international, que ce soit le respect du droit maritime, puisqu'a priori c'était dans les eaux internationales que cette arrestation a eu lieu. Et parce qu'aussi, cette flottille, elle avait pour but d'amener de l'aide humanitaire à Gaza.

1:28
Clémence Guetté

On va revenir sur la légalité ou pas de ce qui s'est passé hier. Mais d'après notre correspondant sur place, Thibault Lefebvre, 7 des 12 militants n'ont pas accepté leur expulsion. 4 des 6 français, dont Rima Hassan, ont refusé de signer le fameux document qui mène à l'expulsion du pays, d'Israël. Vous confirmez ça, que Rima Hassan n'a pas signé ?

1:47
Invité

C'est aujourd'hui, à cet instant, ce sont les nouvelles qu'on a. Je vais me permettre d'être très prudente, parce qu'évidemment c'est quand même une situation compliquée, et qu'a priori, celles et ceux qui ne sont pas expulsés immédiatement sont en prison aujourd'hui, sont retenus dans une prison israélienne. Elles avaient la possibilité de l'éviter, cette situation. Et donc, ce que nous savons à cette heure, c'est qu'ils n'auraient pas signé les documents. Ce que nous ne savons pas, c'est ce que contenait ces documents. Et donc, en effet, a priori, certains d'entre eux attendent un conseil juridique avant de signer ces documents.

Alors, on a des informations sur ce sujet tout à l'heure avec l'ancien ambassadeur de France en Israël, qui nous disait, ce document, il est très simple, ces trois lignes, acceptez-vous d'être expulsés du territoire israélien ? Est-ce que dans ces conditions, il y a une raison de refuser ? Je vous donne les nouvelles dont je dispose aujourd'hui. Je ne sais pas ce que contenait ces documents. A priori, l'ambassadeur n'était pas sur place non plus. Il est certain, les choses vont prendre quelques heures. Mais je veux juste dire une chose. Rima Hassan est eurodéputée. Elle n'a pas à être retenue aujourd'hui sur le sol israélien.

Le gouvernement de Netanyahou, son armée, est allé les intercepter dans les eaux internationales. Gaza a le droit d'avoir de l'aide humanitaire. Ce bateau, il contenait des couches du lait, des prothèses et des béquilles pour les enfants. Ce navire, il a pour but de briser ce blocus d'aide humanitaire. Parce qu'aujourd'hui, on a 2,2 millions de personnes qui sont menacées par la famine. Et qui sont menacées toutes les nuits par des bombardements. Il y a déjà plus de 15 000 enfants qui ont perdu la vie. Au minimum, ce sont les chiffres de l'initiation.

3:21
Clémence Guetté

Sur le fond du sujet, sur cette crise humanitaire, tout le monde vous enjoint. Clémence Guettet, le président de la République lui-même, a parlé d'un scandale et d'une honte sur la situation humanitaire.

3:29
Invité

Il était temps qu'ils le disent, en effet, oui. Ça fait des mois que ça dure.

3:33
Clémence Guetté

Ça fait des mois que le génocide... Mais c'est quand même intéressant ce qui se passe. Parce que vous savez très bien que cette flottille, elle est critiquée aussi. Que la démarche est critiquée. Là, par exemple, ce matin, on apprend que Greta Thunberg, qui était aussi à bord du bateau, elle a décidé de signer le fameux document pour être expulsée. Ce n'est pas le cas de Rima Hassan. Donc la question, c'est de savoir que fait Rima Hassan dans tout ça.

3:55
Invité

Il y a aujourd'hui des gens qui ont réussi à avoir un conseil juridique, qui ont signé les documents et qui reprennent un avion très vite pour rentrer. Les autres devraient suivre. Nous alertons tout de même sur le fait que l'arrestation est illégale, le fait qu'elle soit en prison à ce moment-là est illégal. Nous espérons aussi, et c'est pour ça que je suis très prudente, qu'elle est bien traitée. Nous savons qu'ils ont été obligés de visionner des films. Nous ne savons pas quel type de violence psychologique ont pu être menées. à leur encontre. Donc je suis très prudente à ce moment-là.

Je veux dire quand même que ça suscite, vous dites, cette flottille qui a été qualifiée de croisière s'amuse de manière absolument honteuse dans certains médias par des intervenants, ça suscite aussi beaucoup d'adhésion, parce que je pense que les gens se disent, face au sentiment d'impuissance qu'on ressent pour beaucoup d'entre nous depuis 20 mois maintenant de génocide et de massacre à Gaza, des gens ont entrepris quelque chose.

Je reprends encore les mots de l'ambassadeur Éric Dano, parce qu'ils ont essayé d'aller amener de l'aide aux Palestiniens, palestiniennes, et s'il y a un blocus qu'ils ont réussi à briser, c'est quand même le blocus, le silence médiatique sur ce qui se passe à Gaza. Ça nous permet d'en parler ce matin. On en parle beaucoup de ce qui se passe, et notamment de la situation humanitaire. Il y a quand même des journalistes qui se sont plaints du fait que le traitement de la situation à Gaza n'était pas équivalent, par exemple, à celui de la situation en Ukraine. Je pense à des journalistes de France 3.

Avec ce que disait tout à l'heure sur l'antenne de France Info, Éric Dano, l'ancien ambassadeur de France en Israël, il disait qu'il y a quelque chose de condescendant vis-à-vis des Palestiniens, quand il s'agit de leur dire ce blocus que vous n'êtes pas parvenu à briser depuis des années, nous, on arrive avec un voilier et on va le briser. Voilà, ce sont ces mots. Est-ce qu'il n'y a pas une opération de communication ? Vous vous rendez compte à quel point c'est choquant ? Les éléments de langage que vous reprenez de l'ambassadeur. C'est un élément de langage de l'ambassadeur israélien en l'occurrence. De France en Israël.

Il ne s'agit aucunement de condescendance vis-à-vis des Palestiniens, palestiniennes, qui sont enfermés dans la bande de Gaza, qui depuis des mois subissent les ordres d'évacuation, ont perdu leur domicile. 70% de la bande de Gaza, des infrastructures sont détruites, ils sont soumis à la famine. Nous essayons juste, par une initiative que l'ONU a qualifiée de symboliquement puissante, de montrer à quel point Netanyahou, son gouvernement, aujourd'hui, s'assoit sur le droit international, l'aide humanitaire, le fait que les gens ne meurent pas de faim quand il y a des bombardements, comme c'est le cas aujourd'hui à Gaza, c'est un droit. On n'a pas le droit d'affamer toute une population.

Et l'ONU a dit aussi que Gaza était, à ce jour, l'endroit le plus affamé de la planète.

6:42
Clémence Guetté

Sur la réaction française à la France insoumise, vous avez dénoncé le manque de courage d'Emmanuel Macron, qui, on l'a dit encore hier, a lui-même accusé le gouvernement israélien d'une crise humanitaire scandaleuse et honteuse. Qu'est-ce qu'il aurait pu faire de plus ?

6:59
Invité

Déjà, ça fait des mois que ça aurait pu être dit par la diplomatie française. Je vous rappelle quand même qu'en plusieurs mois, il y a eu une évolution très nette du discours de la Macronie, qui, quand même, au début, a affirmé son soutien conditionnel à Israël. Monsieur Haddad, qui, à l'époque, avait dit qu'il n'était pas pour un cessez-le-feu. Les choses ont bien évolué. Et donc, aujourd'hui, en effet, il y a un alignement sur la position que nous, nous tenons depuis le début, qui est de dire qu'il faut un cessez-le-feu immédiat. Les massacres ont trop duré. Mais le gouvernement, M. Macron, en l'occurrence, a d'autres leviers en sa position, qu'il n'utilise toujours pas.

C'est-à-dire qu'il nous fait l'enterner sur la reconnaissance de la Palestine. Peut-être que ça aura lieu au mois de juin dans une conférence de l'ONU. Mais ça n'est pas exactement sûr encore. Nous aurions aimé que ce soit certain, alors que d'autres pays européens l'ont déjà fait. Nous pourrions faire des sanctions économiques sur Israël. Nous pourrions suspendre l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël. Nous pourrions faire un embargo total sur les armes. Je rappelle quand même que la semaine dernière, c'est grâce au docker de fosse sur mer qu'un cargo qui transporte des armes pour Israël n'a pas pu venir en France.

8:09
Clémence Guetté

Vous connaissez l'argument du ministère des Affaires étrangères. C'est que ces armes, elles sont amenées à être réexportées après être arrivées en Israël ?

8:17
Invité

Oui, mais vous savez, ce que je vais vous répondre aussi, c'est que ça n'est pas prouvé. Et qu'à vrai dire, nous savons que depuis des mois et des mois, des armes ont transité, au moins par la France. Et que ça, c'est un levier direct. Refuser de prendre part à ce conflit, refuser que la France ait la moindre implication dans le génocide qui est en cours. Nous, c'est la position que nous avons tenue, qui nous a d'ailleurs valu d'être insultées et calomniées. Aujourd'hui, beaucoup de forces politiques s'alignent là-dessus.

Maintenant, je dis, nous avons des ressortissants qui, aujourd'hui, sont emprisonnés illégalement, qui sont en danger, et dont nous devons exiger la libération et le retour immédiat. Et la diplomatie française doit être évidemment en première ligne là-dessus. Et puis, ça a permis d'amener le sujet sur le manque d'aide humanitaire à Gaza, sur lequel la France, là aussi, peut agir.

Un tout dernier mot sur ce dossier, puisqu'au moment où on se parle, il se trouve qu'on apprend l'existence d'une lettre de Mahmoud Abbas, le président de l'autorité palestinienne, à Emmanuel Macron, dans laquelle il se dit favorable, Mahmoud Abbas, à la démilitarisation du Hamas, sans aucun rôle dans la gouvernance de Gaza. Est-ce que, pour vous, ça va dans le bon sens, dans le sens de la paix ? J'apprends l'information, puisque, comme vous le dites, nous la prenons en direct.

Nous prenons toutes les initiatives, émanant d'autorités, quelles qu'elles soient, qui vont dans le sens de négociations, qui vont dans le sens de cessation des massacres, parce que, ce que nous savons aujourd'hui, à Gaza, c'est que les premiers, premières touchées, les premières victimes, ce sont des civils, très largement, des enfants, notamment, et des femmes. Et donc, évidemment, tout ce qui peut accélérer, on va dire, la cessation des bombardements, des frappes, qui ont lieu encore aujourd'hui, toutes les nuits, est bon à prendre.

Et puis, la France, malheureusement, quand même, a été trop silencieuse, depuis des mois et des mois, et elle a perdu, je pense, une part du rôle qu'elle aurait pu avoir dans la négociation, dans le fait d'améliorer le sort des Palestiniens. Sur la reconnaissance

10:13
Clémence Guetté

de l'État de Palestine, effectivement, qu'Emmanuel Macron a évoqué sous certaines conditions lors de la conférence à l'ONU avec l'Arabie Saoudite, parmi les conditions, est-ce que vous le rejoignez sur le statut du Hamas, à ce moment-là ? Il faut que le Hamas, effectivement, dépose les armes, et qu'en plus, il n'ait plus de pouvoir dans la bande de Gaza. Là-dessus, vous le rejoignez ? Nous disons qu'évidemment,

10:38
Invité

pour qu'il y ait une paix durable dans la région, il va falloir un cessez-le-feu immédiat qui tienne. On a bien vu que les différentes trêves n'ont pas tenu jusqu'ici et que les bombardements reprennent à la moindre occasion. Et il va falloir réunir les différents acteurs qui sont aujourd'hui engagés sur ce territoire. Mais sans le Hamas ? Moi, ce que je souhaite, ce que je souhaite aujourd'hui, c'est que vous pouvez me poser la question autant de fois que vous voulez, je vous apporterai la réponse que je souhaite.

Ce que je souhaite aujourd'hui, c'est que la France puisse retrouver un rôle diplomatique dans la région et que les tergiversations aujourd'hui d'Emmanuel Macron, à ce stade, nous l'ont fait perdre. Mais si on vous pose la question, c'est que si vous ne répondez pas, c'est qu'on entend que vous n'excluez pas que le Hamas prenne part. Non, c'est parce que ça me paraît prématuré et c'est parce que je pense que tous les acteurs qui aujourd'hui sont engagés sur le territoire doivent pouvoir prendre part à ces discussions si on veut que la paix soit durable. Voilà. Parce que... Y compris le Hamas, donc. Pardon ? Y compris le Hamas, donc. Aujourd'hui, c'est une autorité sur le territoire, oui.

Ça ne l'est pas selon Mahmoud Abbas. C'est pour ça qu'on vous pose la question. Oui, mais c'est pour ça que ce n'est pas moi qui ferai le périmètre des discussions. Mais ce que je vous dis, c'est que si nous ne voulons pas que ce conflit qui, je le rappelle quand même, tient du fait qu'Israël a colonisé, notamment la Cisjordanie, mais aussi la bande de Gaza, venu pour une solution à deux États, n'ont pas été suivi des faits. Aujourd'hui, nous savons qui prend part aux discussions. Le Hamas, aujourd'hui, prend part aux discussions.

Et donc, il est certain que pour une paix durable, pour le retour des otages, pour la libération des prisonniers politiques palestiniens, il faut que le plus grand nombre possible d'acteurs prennent part à ces discussions. Clémence Guettet, avec nous sur France Info jusqu'à 9h. On laisse passer le fil infos. Il est 8h46. Maureen Finiard. Le feu est circonscrit à Land en l'ennemi. Deux pompiers sont toujours recherchés ce matin. Il se trouve sous les décombres d'un immeuble qui s'est effondré à cause d'un incendie la nuit dernière. Plus de 160 pompiers sont mobilisés en ce moment même. Un rassemblement est prévu à 15h à Bercy, devant le ministère de l'Économie à Paris.

Manifestation des chauffeurs de taxi, toujours contre l'évolution des tarifs pour le transport des malades. Les VTC manifestent également. Ils réclament un moratoire sur le nombre de conducteurs et une hausse de leur grille tarifaire. Le ton se durcit un peu plus entre Donald Trump et le gouverneur de Californie, le démocrate, parle d'un président dictatorial. Le chef d'État américain envoie 2000 réservistes de plus à Los Angeles et 700 Marines, une unité emblématique de l'armée américaine contre l'avis des autorités locales. Des manifestations contre la politique migratoire du président américain sont en cours depuis quelques jours maintenant. Et puis, il a été l'un des pionniers du funk.

Le musicien américain Sly Stone est mort à 82 ans. Il était à la tête du groupe Sly and the Family Stone, une formation rock, multiraciale et mixte qui a été très rare dans les années 60. Le groupe avait notamment donné un concert mémorable au festival de Woodstock en 1969. France Info

13:35
Présentateur

Le 8.30 France Info Jérôme Chapuis Saliabraclia

13:40
Invité

Et Clémence Guettet, vice-présidente de l'Assemblée nationale députée LFI du Val-de-Marne. On revient avec vous sur ces déclarations du ministre de l'économie ce week-end. Éric Lombard dit qu'il faut qu'on engage la baisse du nombre de fonctionnaires. Il parle du budget 2026. La masse salariale de l'État souligne-t-il a augmenté de 6,7% l'an dernier. Voilà une solution originale que les néolibéraux ne nous avaient jamais proposé jusqu'ici. On rappelait ce chiffre sur France Info. Hausse de la population ces dernières années 14%, hausse du nombre de fonctionnaires 23%. Ce chiffre-là, vous le contestez ou pas d'abord ? Je ne conteste pas vos chiffres.

Ce qu'on sait aussi, c'est que dans la fonction publique, il y a une précarisation qui est quand même croissante, un nombre de contractuels notamment qui est beaucoup plus important que par le passé, ce qui fait qu'il y a aussi un turnover extrêmement important. Et ce qu'il y a derrière ces chiffres-là, notamment, c'est des services publics pour les Français qui sont moins bien assurés qu'auparavant. On sait très bien que dans l'hôpital public, la situation est catastrophique. Je suis allée encore il y a peu de temps dans les urgences de Créteil dans ma circonscription. Les soignants tiennent l'hôpital à bout de bras. Vraiment, c'est une catastrophe.

Dans l'éducation nationale, les classes ferment. Le métier d'enseignant n'est plus assez attractif parce que les enseignants sont mal rémunérés.

14:57
Clémence Guetté

C'est pour ça que le ministre de l'économie dit qu'il faut tout réorganiser. On n'a peut-être pas besoin d'autant de gens, mais il faut mieux s'organiser pour offrir un meilleur service public.

15:07
Invité

Ça, c'est l'argument des partisans de l'austérité. Ils nous disent toujours qu'on va pouvoir faire mieux avec moins de gens. Vous savez ce qu'on dit quand on vous entend parler d'austérité ? Il y a toujours des gens qui disent qu'on ne peut pas parler d'austérité dans un pays qui dépense 57% de sa richesse nationale. Les dépenses publiques représentent 57% de la dépense nationale. Depuis trois ans des budgets qui coupent entre 30 et 50 milliards d'euros chaque année dans le budget de l'État, vous pensez qu'on ne peut pas parler d'austérité ? Je vous donne l'argument qui est souvent...

D'accord, mais moi je vous dis qu'il y a de l'austérité, une politique austéritaire dans notre pays qui est totalement absurde et en fait c'est le nœud de l'affaire. C'est le dogme macroniste qui empêche qu'on s'en prenne à la question des recettes. C'est-à-dire comment on trouve davantage d'argent ? Comment on trouve davantage d'argent ? En taxant les grands groupes et les milliardaires, en tout cas les plus riches de ce pays. Il y a des milliards à aller récupérer et c'est d'ailleurs... En fait, on est en train de constater le résultat de leur choix budgétaire.

C'est-à-dire ces génies qui nous font des leçons d'économie à longueur de temps qui ont fait 1000 milliards de dettes supplémentaires, un quart de cette dette ce sont les cadeaux fiscaux décidés par la Macronie, c'est-à-dire l'ISF, c'est-à-dire toutes ces réformes en faveur des ultra-riches qui par ailleurs n'ont pas produit d'effet sur le fait d'attirer davantage...

16:17
Clémence Guetté

Les investissements si quand même, les investissements étrangers si.

16:19
Invité

Il y a des investissements supplémentaires mais pas à la hauteur en tout cas de ce qu'on compense par des aides publiques. Par exemple les aides publiques aux entreprises de constater l'échec de cette politique de cadeaux fiscaux absolument massifs qui ont été faits aux plus riches et aux très grands groupes et puis ensuite Macron nous dit les français vont payer la facture, il faudrait se serrer la ceinture, pourquoi pas augmenter la TVA, pourquoi pas... Des solutions qui sont totalement...

16:45
Clémence Guetté

Sauf que vous savez sur le volet fiscal on est l'un des pays qui taxent le plus au monde. Mais pas tout le monde.

16:50
Invité

Du coup, vous le savez ça aussi. En fait de manière très très différente. C'est-à-dire qu'on taxe très fort les plus modestes notamment par la TVA qui est un impôt qui touche tout le monde et puis l'impôt sur le revenu. Mais alors les plus riches en fait en proportion ils sont très peu taxés ils vont très bien dans notre pays. D'ailleurs les 500 ménages les plus riches ont doublé leur fortune depuis 2017. Je pense que personne n'a de soucis à se faire pour eux. Par contre les gens ils galèrent. Les gens ils galèrent parce que l'inflation en plus est passée par là et que ça devient difficile de se nourrir, ça devient difficile de bien vivre dans notre pays. Il y a eu des contributions

17:24
Clémence Guetté

exceptionnelles cette année. Mais l'idée là du gouvernement c'est dire il faut payer.

17:28
Invité

C'est pas exceptionnel que les plus riches et les grands groupes ils participent à l'effort de la nation. Avec l'idée qu'ils partent sur les taxes d'avantages. Mais ils ne partiront pas. Ils ne partiront pas. Rendez-vous compte que si on leur taxe par exemple la taxe du Kuhmann les 2%, il leur reste encore 3, 4, 5 bons pourcentages pour se faire des dividendes et de l'argent. Et on parle en millions d'euros. C'est-à-dire que moi je ne comprends même pas ce qu'ils font de cet argent ces gens.

Donc c'est une réalité qui nous dépasse et nous devons récupérer cet argent pour le bien commun pour l'intérêt général pour faire des services publics pour que tout le monde aille à l'école pour que tout le monde soit soigné correctement. Donc on touche pas aux économies

18:02
Clémence Guetté

on doit toucher aux recettes selon votre manière de faire.

18:05
Invité

Et ils ne le feront pas. Je peux vous dire déjà je connais la suite du film. Ils ne le feront pas. Ils vont nous dire c'est impossible pas de hausse d'impôts tout en nous faisant croire que c'est pour les ménages modestes qu'ils parlent mais en fait c'est pour les plus riches donc ils parlent pas de hausse d'impôts. Et donc il va falloir en fait faire des coupes budgétaires et puis nous nous proposerons de censurer ce gouvernement qui proposera un budget qui n'est pas celui qui aurait été décidé par les français puisque c'est le nouveau Front populaire qui est arrivé en tête

18:30
Clémence Guetté

pendant qu'il y a une bataille politique à l'Assemblée nationale le FMI lui réagit. Il regarde ce qui se passe en France. Surprise ! Le FMI dit le FMI dit le FMI la situation n'est pas alarmante mais les prochains mois seront critiques. Et il faudra faire des décisions prendre des décisions

18:45
Invité

difficiles pour les français sans augmenter les impôts mais en faisant des coupes budgétaires.

18:49
Clémence Guetté

Est-ce qu'on va laisser effectivement une instance supranationale décider à notre place ou alors on est capable nous français de décider entre nous ? Si vous voulez

18:56
Invité

c'est pas qu'ils décident à notre place c'est que les gouvernements qui se succèdent depuis quelques années maintenant en France et notamment ceux choisis par monsieur Macron sont complètement dans la même idéologie que celle qui est portée par le FMI. Donc c'est une croyance dans une forme économique qui aujourd'hui nous a montré son échec. Nous savons qu'il faudrait faire davantage payer davantage les gens pour que le pouvoir d'achat redémarre pour que l'activité redémarre pour que le PIB augmente et aujourd'hui il est fait exactement l'inverse.

Donc on force les gens à travailler avec une réforme des retraites qui pousse l'âge ensuite vous avez le taux de chômage qui augmente Allons-y quand même sur les retraites parce que le conseil d'orientation des retraites doit rendre son rapport annuel après-demain la version définitive doit être validée dans quelques jours dans la version de travail qui a circulé avant le week-end le corps le conseil d'orientation des retraites paraît encourager le recul de l'âge de la retraite par rapport à d'autres options notamment les hausses de cotisation ça vous surprend ?

Ce qui me surprend enfin ça ne me surprend pas vraiment à vrai dire mais ce qui me surprend c'est que dans ce rapport du corps il y a une seule hypothèse qui est testée Ils en parlent de quatre hypothèses mais en effet dans la version dont nous avons eu en tout cas écho jusqu'ici et dont nous avons pu discuter jusqu'ici il y a une seule version qui est celle dont vous parlez en effet qui fait que nous travaillerions d'ici 2045 66 ans il me semble d'ici 2070 voilà 67 ans c'est une hypothèse qui est la seule qui est privilégiée par le corps dont je rappelle la présidence a quand même été repris en main repris en main par un très proche d'Emmanuel Macron alors que vous ne faites plus confiance à cet organisme relativement critique vous ne faites plus confiance à cet organisme en effet ce changement de présidence donc par un proche d'Emmanuel Macron qui est celui notamment qui dirigeait la rédaction de son programme économique ça nous paraît potentiellement un peu orienté nous allons voir les autres hypothèses en tout cas nous c'est clair qu'on privilégierait d'autres hypothèses mais pourquoi parce que nous sommes attachés d'abord de manière philosophique et principielle au droit au repos au droit à la réduction du temps de travail de manière générale et notamment dans la vie et que les gens partent à la retraite en bonne santé parce que quand on a beaucoup discuté de cette réforme passée en force la dernière fois par 49-3 nous avons prévenu que des gens allaient mourir avant de connaître l'âge de départ à la retraite ça c'est la raison principielle mais il y a aussi des raisons économiques très objectives c'est que quand vous rallongez l'âge de départ à la retraite vous augmentez le nombre de pathologies chroniques vous augmentez le nombre d'accidents du travail vous augmentez le nombre de personnes qui sont au chômage et in fine tout ça n'a pas un bon effet sur l'économie donc même y compris en termes très comptables puisque c'est une langue qui a priori leur parle il y aurait d'autres choix il y a une question démographique c'est à dire qu'il y a un moment où il y a une réalité démographique où il y a de plus en plus de personnes au-delà de 60 ans et de moins en moins qui naissent actuellement oui mais il y a aussi le facteur de productivité dans notre pays qui vous le savez depuis 70 on est trois fois plus productif aujourd'hui en France et il y a aussi le fait que dans ce rapport du corps d'ailleurs il démontre que la part des retraites dans le PIB va plutôt diminuer toute proportion 14% de la richesse nationale ce qui est plus que la moyenne européenne qui est autour de 11% ça va arriver à 13% et quelques et donc c'est pas cette question des dépenses qui est en jeu là aussi c'est la question des recettes pardon mais c'est pour ça que je vous dis qu'il y a un véritable dogme imposé par la Macronie parce que là aussi pourquoi on ne discute pas d'une hausse de cotisation sociale par exemple sur les dividendes ou sur les très hauts salaires parce que ce serait dit le corps récessif voilà on va clore ce débat parce qu'on a d'autres questions à vous poser plus politique parce que leur politique est récessive aussi sur cette question donc vous voyez qu'on pourrait peut-être essayer d'autres solutions d'autres questions

22:53
Clémence Guetté

politiques on vient vraiment faire la politique c'est donc Olivier Faure qui a été réélu à la tête du parti socialiste est-ce que vous l'avez félicité

22:59
Invité

comment Olivier Faure est-ce que je l'ai félicité non pas spécialement je ne sais pas s'il est très satisfait de son congrès parce que le parti socialiste apparaît d'abord un peu rabougri il y a moins de votants que la dernière fois et puis divisé en deux donc c'est quand même une situation qui va être difficile à manier pour lui la seule chose sur laquelle ils étaient relativement tous d'accord en tout cas c'était sur le fait de ne plus vouloir travailler avec la France insoumise et du coup vous êtes triste pour nous les choses sont claires vous savez j'ai d'autres motifs de tristesse que en tout cas les résultats du congrès du parti socialiste

23:32
Clémence Guetté

je vous pose la question parce qu'Olivier Faure à la tête du parti socialiste ça va compter et ça va compter notamment pour les municipales l'année prochaine pour l'élection présidentielle allez-vous travailler avec les socialistes oui ou non est-ce qu'il y a une envie de votre côté

23:44
Invité

en réalité le congrès du PS ne change rien pour les municipales parce qu'ils avaient déjà dit ce sera au cas par cas localement etc nous avons des baronnies socialistes qui ont affronté le nouveau Fonds populaire et ses candidats au moment des dernières élections législatives donc les situations locales vont être sans doute variées mais pour notre part il y aura un candidat insoumis devant chaque socialiste il y aura on se prépare en tout cas à pouvoir présenter une liste dans chacune des villes du pays pourquoi ?

pas par dogmatisme mais pour pouvoir appliquer notre programme et pour pouvoir avoir des élus qui portent la voix d'un programme de rupture véritablement avec des façons de faire aussi dans la gestion municipale qui ont pu être exercées auparavant qui portent une voix aussi pour la bifurcation écologique locale vous savez au niveau municipal on peut faire beaucoup de choses pour les gamins la cantine pour mieux manger pour mieux vivre tout simplement dernière question Emmanuel Macron hier soir a affirmé que son souhait n'était pas qu'il y ait une nouvelle dissolution d'ici 2027 c'est votre souhait ou pas ?

mais qu'il ne se privait pas de recourir à un outil constitutionnel donc nous verrons bien de toute façon on touche là au coeur de la 5ème république et de ce qu'elle permet au président c'est à dire de dissoudre sans consulter personne c'est ce qu'il a fait l'année dernière résultat des courses nous sommes repartis en campagne et il n'a pas respecté le résultat des urnes donc je pourrais vous dire oui je souhaite une dissolution parce que nous avons envie de faire campagne nous avons envie de convaincre nous avons envie d'avoir notre chance à l'assemblée nationale et de pouvoir gouverner le pays le président de la république aujourd'hui c'est ce qu'il a fait l'année dernière peut encore ne pas respecter le résultat des urnes monsieur Bayrou qui est en place aujourd'hui qui ne va pas durer très longtemps parce que nous allons bien réussir à le censurer à un moment ou à un autre est illégitime merci d'avoir été avec nous ce matin Clémence Guettet députée LFI du Val-de-Marne vice-présidente de l'assemblée dans un instant les informer avec Salia Braclia et Renaud Delis

"Madleen" intercepté, discussions avec le Hamas et municipales 2026... Le 8h30 franceinfo de Clémence Guetté — Clémence Guetté · Pourquijevote