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Débat sur LCI le 17/03/2019

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 15 %Attaque 60 %Défensif 25 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 85 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:50RelanceRéponse partielle

    Vous discutez avec les policiers, ils vous disent que ce n'est pas complètement étanche, hein, les deux groupes.

  • 3:03RelanceRéponse partielle

    C'est un peu contradictoire. En commençant votre phrase, vous nous avez dit « je la comprends, cette violence ». Puis après, vous nous dites « non, ben, finalement, non ».

  • 3:40OuverteRéponse directe

    Ces Gilets jaunes qui n'ont pas l'air, en tout cas, d'être des casseurs, au Fouquet's, hier après-midi.

  • 8:15RelanceRéponse partielle

    Mais ça, ce n'est pas le gouvernement, c'est le patronat, à la limite.

  • 10:06FerméeRéponse directe

    Il n'a pas le droit d'aller au ski.

  • 11:20OuverteRéponse directe

    Maintenant, on ne lui laisse pas deux ans avant de demander des comptes.

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:25Invité politiqueFait
    « Vous avez parlé de 1500 personnes, vous avez parlé des Black Blocs, vous avez bien fait la différence, et je crois que c'est une réalité, qu'il y avait, effectivement, des groupes organisés qui venaient là, dans ce but-là, qui sont, justement, pas à confondre avec les Gilets jaunes »
  • 1:03Invité politiqueChiffre
    « C'est peut-être une dizaine. Je ne dis pas que c'est une dizaine, je ne dis pas que c'est les 15 000 qui étaient à Paris, bien sûr que non. »
  • 1:56Invité politiqueFait
    « qu'ils sont voués à des boulots où ils perdent leur santé, où ils ont la trouille toutes les semaines de ne pas pouvoir remplir leur frigidaire »
  • 8:57Invité politiqueFait
    « La réalité, c'est qu'aujourd'hui, le SWIFT ne permet pas de vivre. »
  • 8:59Invité politiqueChiffre
    « même avec les 100 euros de primes d'activité qui nous prend d'ailleurs dans une poche »
  • 12:01Invité politiquePromesse
    « le rétablissement de l'ISF »
  • 16:04Invité politiqueChiffre
    « qu'il y ait 26 personnes qui possèdent autant que la moitié de l'humanité »
  • 18:16Invité politiquePromesse
    « le rétablissement de l'ISF, c'est cette mesure de justice fiscale »
  • 18:20Invité politiquePromesse
    « l'augmentation des petites pensions, des pensions et leur indexation sur les prix »
  • 18:25Invité politiquePromesse
    « l'augmentation des salaires, et leur indexation sur les prix »
  • 18:35Invité politiqueFait
    « cette fameuse taxe carbone qui a encore une fois été payée par les plus pauvres »

Temps de parole

  • Jean-françois Debat90 %
  • Présentateur6 %

5,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Jean-françois Debat

Je voudrais redire ma solidarité avec les Gilets jaunes, voilà, et redire que, moi je comprends qu'ils le veuillent manifester sur les Champs-Elysées, je comprends, parce que, effectivement, c'est le symbole, eh bien, des richesses qu'il y a dans cette société, c'est le symbole, justement, des injustices sociales, des inégalités, et qu'ils aient envie de dire, eh bien, nous, on existe dans cette société. Et qu'ils aient envie de tout casser ? Parce que vous faites l'amalgame, parce que vous, vous considérez, alors que, justement, moi, je pense...

Vous avez parlé de 1500 personnes, vous avez parlé des Black Blocs, vous avez bien fait la différence, et je crois que c'est une réalité, qu'il y avait, effectivement, des groupes organisés qui venaient là, dans ce but-là, qui sont, justement, pas à confondre avec les Gilets jaunes, et moi, d'ailleurs, je...

0:50
Présentateur

Alors, vous discutez, pardonnez-moi, avec les policiers, ils vous disent que ce n'est pas complètement étanche, hein, les deux groupes. Il y a aussi des hybrides...

0:57
Nathalie Arthaud

Il y a des Gilets jaunes, Nathalie Arthaud, qui ont posé fièrement devant le Fouquet's brûlé. Eh bien, écoutez, moi, je vais vous dire... C'est peut-être une dizaine. Je ne dis pas que c'est une dizaine, je ne dis pas que c'est les 15 000 qui étaient à Paris, bien sûr que non.

1:07
Jean-françois Debat

Je vais vous dire que je fais partie de ceux qui n'ont pas envie de s'apitoyer sur le store du Fouquet's. Ah bon ? Ben oui, oui. Autant, je pense qu'effectivement, quand ils ont brûlé cette banque et que ça a mis en danger la vie des habitants, je trouve ça très choquant, je trouve ça irresponsable, inconscient. Autant, je pense qu'y compris un certain nombre de magasins qui vont mettre au chômage technique leurs salariés, ça va poser des problèmes.

1:30
Présentateur

Mais le Fouquet's aussi, il y a des garçons, il y a des cuisiniers, il y a des plongeurs.

1:32
Jean-françois Debat

Oui, mais le Fouquet's, écoutez, si vous voulez, en Paris, mais demain, il fonctionne. Parce que la réalité, c'est que, voilà, ces vitrines, elles vont être très, très vite remplacées. Parce que, voilà, parce que justement... Donc, ce n'est pas grave.

Non, mais vous comprenez que quand ces femmes et ces hommes réalisent qu'ils sont abandonnés par cette société, qu'ils sont relégués, qu'ils n'ont même pas le droit d'avoir un vrai boulot, mais juste quelques heures de travail, qu'ils sont voués à des boulots où ils perdent leur santé, où ils ont la trouille toutes les semaines de ne pas pouvoir remplir leur frigidaire, pour pouvoir payer des études à leurs enfants, eux, ils vivent cette violence-là. Eux, ils se prennent la société, la violence de la société dans la figure, tous les jours. Et moi, je peux vous dire qu'il suffit que je prenne le métro pour que je la prenne, cette violence.

Parce que le nombre de gens qui font la manche, le nombre de gens qui n'arrivent pas à vivre dans cette société... Donc, moi, je comprends qu'un certain nombre, bah oui, relativisent, relativisent et se disent, ça, finalement, eh bien, c'est de la casse matérielle. Mais comparé à ce qu'on nous fait subir, à nous, petites gens, salariés, chômeurs, c'est pas grand-chose. Et s'il faut les secouer comme ça, c'est ça le raisonnement qu'il y a. Alors, moi, je voulais juste dire que je partage pas du tout ces moyens d'action. Je pense que c'est contre-posé objectif, mais bien sûr...

2:45
Locuteur non identifié

Ah bon ? D'accord. Heureusement, qu'est-ce que ça serait ?

2:47
Jean-françois Debat

Mais, oui, d'accord. Mais encore une fois, encore une fois, moi, je pense que la vraie violence, en réalité, elle est pas là. Et si on ne mesure pas ça, si on ne mesure pas ça, si on ne mesure pas que cet ordre républicain que tout le monde vente, etc., c'est aussi tout ce qui est subi par des millions de femmes et d'hommes, eh bien, en réalité, on ne trouvera pas de solution.

3:03
Présentateur

C'est un peu contradictoire. En commençant votre phrase, vous nous avez dit « je la comprends, cette violence ». Puis après, vous nous dites « non, ben, finalement, non ».

3:11
Jean-françois Debat

Non, je comprends la réaction d'un certain nombre de Gilets jaunes qui... Je comprends la réaction d'un certain nombre de Gilets jaunes qui... Qui relativise. Qui relativise. Ça, c'est un store brûlé. Et moi, quand on me laisse de côté, quand on me vire, quand toute ma vie, elle est par terre, quand mes gosses, ils n'ont même pas de quoi... Je n'ai même pas de quoi leur payer des études, alors qu'on nous explique que tout est dans les études, etc. Et moi, et moi, qu'est-ce qu'on me fait subir ? Eh bien, mais ces questions-là, mais c'est la question de millions de femmes et d'hommes. C'est la question d'une jeunesse qui est révoltée par cette société. Il ne faut pas en être surpris, tout ça.

3:40
Présentateur

Écoutez, ces Gilets jaunes qui n'ont pas l'air, en tout cas, d'être des casseurs, au Fouquetts, hier après-midi.

3:45
Jean-françois Debat

Le frappe, c'est que, justement, là, on est en train de discuter des agissements de groupuscules, enfin, bon, alors peut-être mille, qu'il y avait finalement dix fois plus de manifestants Gilets jaunes dans la rue, qu'il y avait ces manifestations sur le climat, cette contestation aussi qui se développe sur les climats. Sur le climat, et au bout du compte, eh bien, on ne fait que parler, là, depuis 24 heures, de cette fraction, de ces groupuscules.

Eh bien, écoutez, oui, mais bien sûr, mais vous, on peut se poser la question, ces images sont choquantes, c'est le but des Black Blocs de façon spectaculaire, c'est une façon pour eux de s'exprimer, voilà, que je trouve, encore une fois, stérile, contre-productive, je l'ai dit, je pense que ça peut servir sur un certain plan au gouvernement. Et puis, finalement, tous les médias, finalement, foncent dedans, parce que je crois qu'il y a quand même aussi quelque chose, c'est que là, finalement, les quartiers bourgeois ont été quand même, voilà, attaqués quelque part, enfin, ont été défigurés, enfin, bon.

Et là, effectivement, il faudrait que toute la société soit consternée, soit choquée, soit révoltée, etc. Là, ce n'est pas les quartiers bourgeois, c'est l'image de la France. Mais il y a des petits commerces, écoutez. Bien sûr. Oui, alors, mais on s'appuie toujours sur les petits commerces.

5:02
Locuteur non identifié

Autour de ces manifestations.

5:03
Jean-françois Debat

Non, parce qu'en réalité, ce que je trouve frappant, c'est finalement l'instrumentalisation politique et médiatique qui est faite. Je rêverais, je rêverais des missions spéciales pour suivre la vie des Whirlpools qui ont été licenciés, là, parce que Lucie n'a fermé, la vie des Goudieur. Je rêverais qu'on suive la vie de ces vendeuses, de Sephora, de Longchamp, etc. Je rêverais que...

5:33
Nathalie Arthaud

Les vendeuses de Zara qui sont licenciées en licenciement économique, mais Zara a brûlé sur les Champs-Elysées. Nathalie Harko, ce n'est pas Bulgarie, Zara.

5:40
Jean-françois Debat

Mais moi, je rêverais qu'on les interroge sur leur vie quotidienne, sur leur sort quotidien, et qu'on mesure...

5:50
Présentateur

Et on est tout à fait d'accord.

5:51
Jean-françois Debat

Et qu'on mesure... Mais ce n'est pas vrai ! Et qu'on mesure ce qu'est notre société. Comment elle est traversée par des injustices qui sont insoutenables. Mais est-ce que Brûlé Zara va donner quoi que ce soit à la situation ? Vous avez bien compris, je ne le justifie pas. Mais moi, je comprends. Mais il faut qu'à un moment donné, il y ait une telle exaspération que cette femme gilet jaune dise... Puisqu'on a eu les interviews qui m'ont touchée. Vous voyez ? Moi, je me suis reconnue dans la parole de ces gilets jaunes et de cette femme qui a dit « Eh bien, finalement, je suis rentrée pour la première fois de ma vie, et peut-être la dernière fois de ma vie, au Fouquet's. J'ai pris ça, etc.

» Je me reconnais dedans. C'est la première fois que je vole. Parce que... Oui, et encore, c'est pas du vol. Mais moi, je me reconnais. Parce que justement, là, on a de façon spectaculaire... La lutte des classes. Ben oui, la lutte de classe qui est en... Qui apparaît là où, justement, voilà.

6:40
Nathalie Arthaud

Vous avez vu le premier sujet aussi.

6:44
Présentateur

Vous avez vu le premier sujet où on voit un kiosquier, ce matin, sur les Champs-Elysées, qui revient en disant « Le patron, il va devoir réparer, et puis moi, je suis au chômage. »

6:55
Jean-françois Debat

C'est vrai, c'est vrai. Moi, j'espère d'abord qu'il sauvera, que son salaire sera versé intégralement. Parce qu'en réalité, son patron, il sera remboursé par les assurances. Lui, il ne perdra rien. Donc, c'est pas grave. Non, mais je ne vois pas pourquoi le salarié, lui, il en prendrait plein la figure. Ça, c'est une première chose. Et deuxièmement, je trouve qu'il y a beaucoup d'hypocrisie autour de cette histoire de kioskier. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, tous ceux qui, aujourd'hui, en font des tonnes, n'en ont rien à faire de l'avenir des kioskiers. Combien il y a de kioskiers qui ferment tous les mois en France ? Comment ils vivent ? Avec quel salaire ?

Ah ben là, maintenant, puisqu'on peut l'utiliser contre les gilets jaunes, puisqu'on peut l'utiliser contre les gens qui revendiquent légitimement, Eh bien, allons-y ! Alors voilà, c'est toute cette hypocrisie, moi-là, mais je dois avouer qu'il m'écœure. Vous déplacez toujours un peu les questions. La vraie question. Moi, je ne suis absolument pas d'accord avec vous. Vous démarrez en disant, ceux qui sont venus manifester sont venus pour... Non, non, non, non, pas du tout. Ils sont venus parce que ça fait, effectivement, bientôt quatre mois qu'ils attendent des réponses. Des réponses à des problèmes ô combien légitimes.

Parce qu'on a un gouvernement qui nous explique qu'il faut que le travail paye, par exemple, puis le travail ne paye pas. Voilà, tout simplement. Il y a des millions de femmes et des hommes...

8:15
Présentateur

Mais ça, ce n'est pas le gouvernement, c'est le patronat, à la limite.

8:17
Jean-françois Debat

Oui, mais attendez, le gouvernement nous explique que... Pardonnez-moi, les salariés sont souvent le privé. Mais vous avez raison, y compris, vous avez raison, parce que nous, l'ouvrière, on milite depuis le début de ce mouvement pour que, justement, il se développe et qu'il trouve en réalité son issue dans les entreprises. Parce qu'effectivement, nous pensons que si on pose la question du pouvoir d'achat, eh bien, il faut poser bien sûr la question du salaire. Il faut poser la question de l'emploi aussi, parce qu'en réalité, le pouvoir d'achat, il n'existe pas. Le gouvernement ne peut pas tout.

Donc, effectivement, oui, mais le gouvernement se vante d'être un gouvernement qui va faire que le travail paye, voyez-vous. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, le SWIFT ne permet pas de vivre. Et même avec les 100 euros de primes d'activité qui nous prend d'ailleurs dans une poche, parce que ça, c'est un micmac incroyable, eh bien, on n'arrive pas à vivre. Des gens qui s'engagent, qui investissent leur vie dans les entreprises, eh bien, ils vivent avec la trouille au ventre, la trouille qui a un accident de parcours, que leur voiture soit cassée, qu'ils aient un accident de santé. Et c'est le lot général de la classe ouvrière. Mais Nathalie Arthoud, je pense qu'il y a une majorité de gens

9:22
Présentateur

qui sont d'accord avec vous quand vous dites ça.

9:24
Jean-françois Debat

Oui, mais justement, en réalité, ceux qui ne veulent pas lâcher, ce sont ceux qui ont manifesté. Et moi, j'en ai entendu hier dire, mais tant qu'on n'a pas de réponse là-dessus, eh bien, on continuera. Et moi, je leur dis, mais ils ont raison. Bruno Golnich. De toute façon, voilà, s'ils s'arrêtent, s'ils se taisent, eh bien, voilà, les choses vont continuer. Il faut maintenir la pression. Parce qu'il n'y aura rien à l'issue du grand débat. Tout est une question, bien sûr, de rapports de force et de pression à exercer sur Macron et sur le grand patronat. Bruno Golnich. C'est évident.

9:52
Locuteur non identifié

Je ne veux pas qu'elle y graffiez, mais qu'il n'empêchait pas les barbares d'arriver. Nathalie Arthoud.

9:57
Jean-françois Debat

Moi, honnêtement, quand j'ai découvert... Enfin, je n'avais pas vraiment suivi l'agenda d'Emmanuel Macron. Donc, quand j'ai découvert qu'il était au ski, j'avoue que...

10:06
Présentateur

Il n'a pas le droit d'aller au ski.

10:07
Jean-françois Debat

J'ai vraiment cru à une blague. Non, mais j'ai vraiment cru à une blague. Parce que vendredi, il y a eu quand même des manifestations massives avec des lycéens et des collégiens dans la rue qui, y compris, interpellaient le gouvernement. Et ce qui le mettait en cause, justement. Le lendemain, il y avait effectivement ces dates importantes qui, encore une fois, interpellent le gouvernement. Alors, effectivement, moi, j'ai l'impression qu'il est complètement déconnecté. Sur l'urgence, l'urgence de la situation, clairement, il n'a pas l'air du tout de mesurer l'urgence de la situation. C'est une évidence. Moi, ce que je...

10:43
Présentateur

Mais dans ce cas-là, il ne prend jamais un jour de congé. Parce qu'en ce moment... Non, mais attendez.

10:47
Jean-françois Debat

Je veux terminer sur l'urgence. C'est que, justement, y compris ce grand débat... Parce qu'il a quand même une stratégie, en réalité. C'est le pourrissement de ce mouvement des Gilets jaunes. Sa stratégie du grand débat, qui n'en finit pas, qui l'a transformé, d'ailleurs, en grand show présidentiel. On était censé débattre. Et, en réalité, il a fait sa campagne. Et c'est une deuxième campagne. Parce que, maintenant, les hommes politiques s'usent tellement vite au pouvoir qu'ils ont besoin, finalement, de relancer leur campagne présidentielle, finalement. Tellement la situation est dure. Tellement... C'est la crise. Ils ne s'en sortent pas. C'est ça, la réalité.

11:20
Présentateur

Maintenant, on ne lui laisse pas deux ans avant de demander des comptes.

11:23
Jean-françois Debat

Je pense qu'il risque de ne pas finir son quinquennat, absolument.

11:26
Présentateur

Vous, vous réclamez de nouvelles élections.

11:28
Jean-françois Debat

Non, mais... Non, moi, je pense que, justement...

11:31
Présentateur

Parce que la France insoumise, par exemple, le réclame.

11:33
Jean-françois Debat

Moi, je pense beaucoup de mal de la politique... Des élections. De Macron. De Macron.

11:38
Présentateur

Ça, on l'avait compris.

11:39
Jean-françois Debat

Beaucoup de mal de sa politique anti-ouvrière. Mais je pense, effectivement, que le problème, il le dépasse. C'est le problème d'un système qui est en crise. C'est un problème d'un chômage de masse qu'on ne résorbera pas si on ne s'en prend pas à la rapacité des capitalistes. Donc, moi, je pense que ça le dépasse, tout ça. Mais c'est quand même... Même pour faire un geste. Un geste. Par exemple, vous savez, le rétablissement de l'ISF, ce geste qu'attendent les Gilets jaunes. Il a dit non. Il a dit non. Il a dit non. Alors, il a été très rapide pour le supprimer, cet impôt. Enfin, le couper en deux. Parce que l'ISF immobilier... Il n'y a rien.

Donc, on est dans cette situation-là où, effectivement, il y a une pression de la société pour que ça change avec un gouvernement qui est complètement... Bruno Fource. Je comprends votre position. C'est un discours que vous avez depuis. Je dois vous dire qu'en fait, je suis... Je suis las. Je suis écœuré. J'ai l'impression vraiment que là, tout est fait pour qu'on soit conditionné. Vous voyez, c'est... C'est sûr que les images, c'est spectaculaire. On ne voit pas ça tous les jours. Voilà. Il y a une vitrine. On prend trois sweatshirts, etc. Et tout de suite, c'est la catastrophe du siècle. Le gouvernement va s'organiser en urgence. Il faut tirer sur ceux qui... Non, mais on est où, là ?

12:58
Nathalie Arthaud

Non, mais on n'est pas d'accord avec ça, Nathalie Arthoud.

13:02
Jean-françois Debat

Franchement, Non, c'est... Là, on est... C'est vraiment... Enfin, ça, ça devient du... Bon, moi, je... Oui, vous préférez que le gosse gris. Je suis... Vous préférez que le gosse gris. C'est vraiment, voilà. L'ordre, il faut maintenir. L'ordre, attention, la propriété privée, quand elle est mise en cause dans ces quartiers-là, quand c'est la propriété privée sur les Champs-Elysées, là, c'est la catastrophe. Mais encore une fois, moi, ce que... Il faut quand même réaliser que quand il y a des femmes et des hommes qui perdent tout en perdant leur boulot, qui perdent leur... dont la vie, elle est foutue par terre, eh bien, je peux vous dire qu'il n'y a jamais, jamais cette mobilisation.

Il n'y a jamais cette dramaturgie. Là-dessus, tout le monde est d'accord,

13:37
Présentateur

mais l'un n'est pas réductible de l'autre.

13:39
Jean-françois Debat

Mais si, parce que c'est le lot quotidien dans notre société. C'est que, finalement... Vous savez, hier, j'ai vu un reportage qui m'a touchée. Il s'agissait de ceux qui... Les sinistrés de l'aube. Vous savez qu'il y a eu donc une inondation majeure, 15 morts. Eh bien, la moitié des sinistrés ne sont pas indemnisés et sont livrés à eux-mêmes. Non plus de chez eux. Et là, vous éloignez du sujet. On parle de dégâts, de gilets jaunes sur les Champs-Elysées. Non, parce que ce que je veux dire, c'est que ça fait 5 mois des injustices, des catastrophes dans la société. Il y en a beaucoup, beaucoup. Et là, clairement, on se concentre toujours, toujours sur...

Quand il s'agit de dénoncer, finalement, ceux qui... Voilà, les... Comment dire ? Certains caillassages, certains... Et puis, on fait monter la source et puis, il faut faire...

14:26
Présentateur

Vous allez avoir beaucoup de temps...

14:27
Jean-françois Debat

Là-dessus, moi, je... Voilà, je...

14:29
Présentateur

Beaucoup de temps en dernière heure de cette... Vous avez dit un peu ça, quand même, en début de l'émission.

14:33
Jean-françois Debat

Non, non, je n'ai pas dit ça. Bon, allez-y. J'ai dit que, voilà... Non, j'ai dit que je comprenais les gilets jaunes que ça choquait, enfin, qui, voilà, qui disaient, bon, bah, ok, d'accord, le store est brûlé. Bon, et alors ? Et alors ? Ce n'est pas non plus, nous, ce qu'on vit et ce pourquoi on est dans la rue, c'est quand même autre chose. Et justement, on voudrait être entendus. Donc, moi, c'est ça que je comprends. Et encore une fois, c'est vrai que le décalage est quand même...

Enfin, je ne sais pas, peut-être que vous ne vous en rendez pas compte, mais le décalage est assez extraordinaire pour, justement, tous ceux qui vivent cette vie dure, dure, dure, où ils se sentent, encore une fois, abandonnés, relégués, avec pas de futur, avec une vie, mais par procuration, parce qu'en réalité, ils voient qu'il y a des richesses, il y a plein de richesses. Ils voient ces magasins, ils les voient à la télé, ils voient qu'une robe, pour l'acheter, il faudrait 4 mois de travail, 5 mois de travail. Ils voient tout ça. Et justement, ils ne comprennent pas. Ils ne comprennent pas. Alors, effectivement, c'est tout ça, notre société.

C'est cette dureté, c'est cette violence qui est vécue et qui, qui, qui, qui, parfois, se transforme, se transforme en exaspération, en quelque chose, c'est devenu insupportable, etc., etc. Donc, moi, c'est ça que je, et c'est ce que je ressens aussi, cette société, les injustices de cette société, mais c'est incroyable. Et on doit considérer ça normal. On doit considérer normal qu'il y ait 26 personnes qui possèdent autant que la moitié de l'humanité. On doit considérer normal que l'argent dégouline à un pôle et puis qu'il n'y ait pas de quoi embaucher l'apprenti qui a bossé, qui a donné le meilleur de lui-même, etc.

Mais si, c'est normal de voir, aujourd'hui, vous savez, il y a des gens qui réservent, qui réservent un billet pour faire le tour de la Lune en 2023. Alors, c'est des milliardaires, hein. Mais ils réservent ça. Mais ça n'a rien à voir. Mais c'est notre société. Moi, vous savez, je travaille à Aubervilliers. Moi, je suis prof à Aubervilliers. Est-ce que vous savez que malgré tout cet argent qu'il y a dans la société, on est en train de nous enlever des moyens dans l'éducation, dans l'éducation de ces quartiers, de ces banlieues, ces banlieues où on sait tous les problèmes qu'il y a, justement, pour se loger ? Parce que c'est pareil pour le logement.

Aucune solution par rapport au logement insalubre. Pas de solution pour les urgences hospitalières. Alors, vous voyez, c'est ce décalage-là et c'est ce qui devient insupportable. Alors, vous voyez, que ça crée des réactions comme ça, il faut le comprendre. Et moi, encore une fois, les gilets jaunes qui étaient là et qui disaient ben oui, voilà, et nous, et nous, et ben moi, je suis de leur compénie.

17:11
Locuteur non identifié

Mais ce qu'il y a à vendre...

17:13
Jean-françois Debat

...le lève pour défendre leurs intérêts et qui essayent de s'organiser, eh ben, ils sont légitimes à le faire et il faut qu'ils le fassent parce que c'est pas en attendant les choses d'en haut que ça viendra et ça, ils l'ont bien compris. C'est ça la réalité de nos sociétés. Il n'y a rien qui vient de ce gouvernement, rien qui vient des plus riches. Eux, c'est après moi le déluge. Je fais mon fric, je fais mon business et puis, même pas donner la possibilité à leurs salariés de donner une vie digne. C'est ça notre société. Alors, ceux qui ont compris qu'il fallait qu'ils y aillent, qu'il fallait qu'ils prennent leur sort en main, eh ben, ils essayent de le faire.

On va réécouter, si vous le voulez bien. Il y a beaucoup de gilets jaunes qui étaient... Le mécontentement, il est profond et qu'il va durer. Évidemment, donc là, un certain nombre a peut-être raccroché le gilet en disant ben, attendons de voir, etc. D'autres, sentent que le mouvement patine et un peu dans une impasse, voient pas trop les perspectives. C'est ça. Mais le mécontentement, il est là et il ne peut que grandir. Aucune des revendications qui sont mises en avant et elles sont assez claires, quand même, et elles ont été assez clairement à exprimer depuis le début. C'est aussi, d'ailleurs, c'est évidemment...

Bon, le rétablissement de l'ISF, c'est cette mesure de justice fiscale, mais c'est l'augmentation des petites pensions, des pensions et leur indexation sur les prix. C'est l'augmentation des salaires, et leur indexation sur les prix. C'est le fait d'accéder à un logement, c'est le fait de ne pas être taxé, y compris, voilà, cette fameuse taxe carbone qui a encore une fois été payée par les plus pauvres. Je vous pose une question. C'est ces taxes, la TVA...

18:40
Présentateur

Emmanuel Macron, il ne va pas pouvoir contenter tout le monde. Effectivement. Quand le 15 avril, il va dire, j'ai décidé ça, ça, ça, ça, forcément, il y en a tout un tas qui vont dire, attendez, ça, nos revendications, ce n'est pas... Non,

18:51
Jean-françois Debat

mais très clairement, c'est une stratégie pour décourager, pour endormir tout le monde, pour essayer qu'il y ait, effectivement, une démobilisation, mais Macron, le gouvernement, n'ira pas dans cette direction-là, parce que, tout simplement... Attendez de voir, attendez de voir, mais attendez de voir. Il va faire quelques gestes publics, mais tout simplement parce que vous l'avez dit tout à l'heure, il n'y a pas d'argent pour faire ça, on ne peut pas, il y a la compétitivité, c'est impossible d'augmenter les salaires, etc. Vous l'avez dit tout à l'heure, Emmanuel Macron va dire exactement la même chose.

Il va nous expliquer qu'il est impossible de toucher à un cheveu de la bourgeoisie, qu'il est impossible de prendre sur ces méga-profits, que tout ça, ça va déstabiliser le système. L'augmentation des salaires,

19:39
Présentateur

c'est le patronat, c'est pas Macron. Et voilà, le SMIC,

19:42
Jean-françois Debat

il peut donner le l'un, le gouvernement, il a cette responsabilité-là de donner le l'un. Et d'ailleurs, entre parenthèses, vous savez, il y a beaucoup de SMICards dans la fonction publique aussi. Alors, c'est pas le SMIC, ça fonctionne par indice, mais c'est pareil. Toutes les assistantes maternelles, toutes les, pardon, qui travaillent dans les écoles, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, c'est, les oxydières de vie,

20:06
Présentateur

je trouve. Alors ça, c'est dans les écoles maternelles. Voilà.

20:09
Jean-françois Debat

Dans les écoles maternelles, ils sont au SMIC. Et combien de fonctionnaires sont au SMIC ? Donc, la réalité, c'est qu'il a des leviers, mais on va entendre dans sa bouche ce que vous avez dit. C'est pas possible. La compétitivité, etc. C'est un langage qui effectivement justifie toujours qu'une minorité s'en mette plein les poches, qu'à la fin de l'année, on découvre qu'il y a plus de millionnaires, plus de milliardaires

20:30
Présentateur

et toujours plus... C'est les impôts des Français, le budget de l'État.

20:33
Jean-françois Debat

Non, mais justement, pas prendre sur le budget de l'État.

20:36
Présentateur

Ah bon ? Alors pour les fonctionnaires, comment on fait ?

20:37
Jean-françois Debat

Je vous parle de profit. Il faut remplir les caisses de l'État avec... Où va-t-on prendre de l'argent ? Bah là, je suis désolée. Voilà. Dans la poche de ces riches, il y en a en France. Il y en a beaucoup qui sont les plus riches. Il faut prendre dans ces poches et pas dans la poche des pauvres, pas dans la poche des migrants ou je ne sais quoi qui n'ont rien dans les poches. Dans la poche des plus riches.

20:56
Locuteur non identifié

Non, mais dont certains coûtent quand même très cher. Mais c'est de la blague tout ça. C'est de la blague. Bien sûr. C'est de la blague. La plupart des migrants,

21:03
Jean-françois Debat

c'est des travailleurs. Des travailleurs qui font les tâches les plus dures, les plus pénibles et heureusement qu'ils sont là. Mais je suis d'accord. Certains,

21:08
Invité

moi ce que j'ai beaucoup apprécié

21:13
Jean-françois Debat

dans ces manifestations et en particulier celles des jeunes, c'est que précisément ils s'adressaient au gouvernement et qui mettaient en cause la politique du gouvernement. Parce qu'il y a quand même un petit discours sur l'écologie consistant à dire que nous sommes tous quelque part un peu responsables, une culpabilisation permanente, etc. Alors cette jeunesse, elle s'en est emparée et c'est vrai qu'ils ont pris et ils essayent de faire leurs petits gestes écolos, mais ils sont bien conscients que ça ne suffira pas et qu'il faut aller chercher du côté des vrais responsables de cette société que sont le gouvernement et que sont les grands groupes.

Et ils disent, à juste titre, que le gouvernement ne fait rien. Moi je suis désolée, mais il y a du temps, moi je suis frappée, de voir la résolution sur les routes, l'arrêt du chemin de fer, ce projet incroyable du Charles de Gaulle Express alors qu'il n'y a pas d'argent pour entretenir le RERB. On voit les gares se transformer en centres commerciaux, les aéroports, centres commerciaux, c'est ça le problème. En France,

22:14
Invité

un Français, il produit 4 tonnes de cilodaux par an, un Allemand 8 tonnes et un Chinois 7 tonnes. On a une responsabilité du gouvernement et je pense que moi, ce problème de l'écologie,

22:23
Jean-françois Debat

il faudra mettre sous contrôle ces grands groupes industriels et financiers parce qu'ils n'en ont que faire de l'écologie. Ils s'en moquent en tout cas

22:30
Présentateur

d'avoir participé à ce tout-info alors qu'il n'y a pas

22:33
Locuteur

de l'écologie. Merci. Merci. Merci.