L'entrée des Russes en Ukraine est intolérable
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Jean-Luc Mélenchon à La Réunion, aujourd'hui le leader de la France Insoumise a rencontré Huguette Bello, la présidente de Région, qui lui a d'ailleurs accordé son parrainage et elle a expliqué son choix à Claudette Vaithy-Lingham et Daniel Fontaine, on l'écoute.
Le vote efficace, le vote de progrès efficace, c'est le vote Jean-Luc Mélenchon. Pas besoin de perdre le temps avec les autres, c'est celui qui est le mieux placé pour être au second tour des élections présidentielles parce qu'il partage les valeurs et ce que les Réunionnais veulent aujourd'hui obtenir parce qu'on a perdu toute la nation et nous en particulier, on est en passe de perdre beaucoup de droits, beaucoup de canifs pour la réforme des retraites par exemple. Et donc c'est pour cela, nous appelons les Réunionnais à faire un vote efficace et le vote efficace, c'est le vote Jean-Luc Mélenchon.
Et Jean-Luc Mélenchon est ce soir notre invité, bonsoir. Bonsoir. Alors hier, merci à vous d'être là ce soir, hier dès votre arrivée vous disiez qu'il pourrait y avoir des Réunionnais au sein de votre gouvernement si vous êtes élu président, Hugues Adbello par exemple.
Ah je ne prendrais pas le risque de dire des noms d'abord parce qu'on m'en voudrait d'enlever des gens à leur mandat actuel mais sans aucun doute les Réunionnais forment autour de moi une équipe dont les visages sont connus, il y a Ratnon à l'Assemblée nationale, Younous Omarji qui joue un rôle de conseil extrêmement important pour moi, à la fois sur les questions européennes et sur les questions même fondamentales, philosophiques. Bon, Hugues Adbello, enfin bref, vous êtes nombreux maintenant Madame Karine Lebon, bref, moi j'ai un ancrage politique à la Réunion alors même que je n'en suis pas natif et que je n'ai jamais habité.
Avec Hugues Adbello, 7 élus Réunionnais à l'heure actuelle sur les 540 qui vous ont parrainé, 7 élus Réunionnais, ça y est donc vous êtes officiellement dans la course, très rapidement vous êtes soulagé ?
Oui, oui parce que, bon on faisait un peu les braves mais c'est vrai que nos amis n'ont pas lâché la route pour aller faire du porte-à-porte, alors je tiens à remercier ceux qui m'ont parrainé sans me soutenir, et ils ont été conformes à l'esprit de la loi, une fois n'est pas coutume, je vais féliciter et remercier le Président de l'Union des Maires M.
Linard qui est un républicain, ainsi que le Président du Sénat Gérard Larcher qui était intervenu pour dire, bon écoutez maintenant chacun doit faire son devoir, évidemment tous ceux qui m'ont parrainé directement, alors certains je le dis m'ont parrainé parce qu'ils se sont dit mais ce n'est pas possible que Mélenchon ne puisse pas être candidat, et puis d'autres qui en plus me soutiennent, alors là bon c'est parfait, mais vraiment, bon je suis soulagé, oui, et je remercie ceux qui ont contribué.
Vous avez obtenu notamment les plus de 500 parrainages, ce n'est pas encore le cas de Marine Le Pen et Éric Zemmour par exemple.
Ce qui est un problème, ce sont mes adversaires politiques absolus, mais je vais vous dire, je préfère qu'ils soient battus dans les urnes, que battus parce qu'il y a une formalité administrative qui n'a pas été remplie. Moi j'ai besoin, pardon que je dis moi, comme beaucoup de Français comme moi, je veux que le monde entier sache que la France n'est pas un pays xénophobe, et comme Mme Le Pen, il y a un pays raciste comme M. Zemmour, on montre la figure. J'ai besoin qu'il voit que le peuple français ne veut pas de ça.
Et vous êtes actuellement à La Réunion, avec la présidente de région, on l'a vu il y a quelques instants, avec laquelle vous avez certainement échangé sur le sujet, un sujet qui préoccupe les Réunionnais, c'est la route du littoral. Écoutez, cette dame rencontrée ce matin sur le marché des Camélias, où vos équipes étaient donc ce matin, on l'écoute. – Déjà qu'il finit la route à Corniche, parce que là, vous avez vu, avec le mauvais temps, c'est un gros problème pour les gens, les bouchons et tout. – Alors cette nouvelle route du littoral, Jean-Luc Mélenchon, vous vous engagez à la finir ?
– Oui, écoutez, cette histoire de… – Si vous êtes le président, évidemment. – C'est le grand roman, le grand feuilleton de La Réunion. Moi, je n'étais pas d'accord avec l'idée de cette route, quand elle a commencé. Mais maintenant, elle est quasiment au bout, on se couvre de ridicule si on ne finit pas. Vous imaginez, le monde entier va dire, alors les Français construisent un bout de route dans la mer, ce n'est pas rien de construire une route dans la mer, et puis ils arrêtent. Bon, donc il faut terminer et honnêtement…
– L'État s'est engagé avant le 19 mars.
– Oui, c'est à l'État de prendre ça en charge, parce qu'on ne va pas dire que c'est les Réunionnais qui vont se payer une route dans la mer. Je trouve qu'on n'a pas demandé aux habitants de la Véron de payer le viaduc de Milot. Donc, je pense que là, il y a quelque chose qui est assumé par la patrie. Sinon, la Réunion ne pourra plus rien faire, la région n'a plus de budget. Enfin, je ne comprends même pas qu'on discute un sujet pareil. Alors, je peux dire que si je suis élu, eh bien, je m'en chargerai. Je ne vous dis pas que ça me fait plaisir, parce que l'ardoise est salée.
– Mais vous vous engagez clairement.
– Ben oui, ben oui, quoi faire d'autre ?
– Les attentes des Réunionnais, vos propositions, Jean-Luc Mélenchon, parlons-en aujourd'hui, Total, a finalement décidé de suspendre son opération concernant la baisse de 10 centimes sur le litre d'essence. Je vous vois lever les yeux au ciel, c'est une bonne chose pour vous ?
– Ben écoutez, ils ont fait le plus grand bénéfice qu'une entreprise française n'ait jamais fait toute l'histoire. Ils peuvent mettre la main à la poche, mais je ne suis pas d'accord pour que nous, nous avons notre dignité de citoyen, nous ne vivons pas des aumônes ou de la bonne volonté des grands groupes. Ah, ça c'est article 1. Donc, je suis pour que l'État fasse un impôt, un impôt sur les profiteurs de crise. S'il trouve que le mot est trop violent, on va appeler ça autrement. Mais je m'en fiche, ce qui compte, c'est de prendre de l'argent.
Et puis ensuite, franchement, quand on est en pleine crise, on ne l'aggrave pas avec des mesures aussi stupides que de dire « ici, je diminue le tarif, mais pas là-bas, alors donc je fais mourir tout le monde ». Il y a eu une idée aussi stupide qui a été trouvée dans l'Hexagone, c'était Leclerc. Alors lui, il avait décidé de baisser la baguette à 29 centimes. Alors évidemment, tout le monde disait « c'est formidable », mais moi je comprends que les gens réagissent comme ça.
Mais vous ruinez des milliers de boulangers, et puis vous, vous allez acheter votre baguette à 29 centimes, et vous allez payer l'essence plus chère pour aller l'acheter là, et puis vous allez payer dans les autres rayons.
La vie chère, c'est un sujet qui préoccupe les Réunionnais, et vous, par exemple, parmi vos propositions, vous proposez d'établir un SMIC à 1 400 euros net. Comment on fait ça ?
Eh bien, ce n'est pas très difficile, vous savez, on fait, on prend la décision, c'est un décret du gouvernement. Après, il faut le payer, le SMIC à 1 400 euros, qu'est-ce qui fait que ça va marcher ?
Vous dites d'ailleurs que c'est la mesure la plus chère.
Non, non, il y en a une autre qui est plus chère. Ah bon, qu'il y en a d'autres plus chères, oui. Non, c'est la retraite pour tous ceux qui ont une carrière complète à 1 400 euros. Alors là, bon, en effet, ça fait beaucoup d'argent, mais je sais comment le payer, à chaque fois, il y a une recette en face. Là, ce sont les entreprises qui paieront. Alors, qu'est-ce qui va aller avec ? Évidemment, c'est l'augmentation des carnets de commandes. Pardon, mais moi, des chefs d'entreprise, j'en connais, et je leur dis en blaguant. Je leur dis, qu'est-ce que vous préférez ? Un impôt de moins ou une commande de plus ? À chaque fois, le gars Olafi me répond, je prends la commande.
Bon, donc c'est un peu ça l'idée. Si vous voulez, le mécanisme économique sur lequel repose mon plan, c'est la relance par la consommation populaire, parce que ça représente 52% du PIB français. Et au fait, c'est facilement la soudure. Ça, c'est la mesure rapide. Il y a le blocage des prix, mais vous, à La Réunion, vous avez l'habitude. Et je vous emprunte une idée.
Le BQP ?
Ben oui, comment vous y prenez ? Le bouclier, je trouve ça très bien, c'est au point. Et la bonne idée, ça a été de mettre des citoyens dedans, tirés au sort. Donc, vous fonctionnez sur 153 produits. C'est moins bureaucratique que quelqu'un dans un bureau qui décide si c'est cette semaine les choux-fleurs ou les artichauts dont on bloque les prix. Je trouve que c'est une bonne idée, donc je propose de l'étendre à tout le territoire national.
L'actualité internationale bouleverse forcément votre visite dans l'île et s'invite dans la campagne. Deux mots, votre position aujourd'hui sur la guerre en Ukraine et les rapports avec Vladimir Poutine ?
Franchement, peu nombreux étaient ceux qui croyaient qu'il interviendrait sur l'Ukraine même. Les deux premières actions, c'est-à-dire reconnaître l'indépendance de deux républiques bidons qu'il y a là au milieu, bon, on se disait, c'est dans le bras de fer, c'est purement diplomatique, il n'y a pas un soldat qui bouge de place. Et moi-même, j'ai cru ce que disait monsieur le président actuel de l'Ukraine, Zelensky, qui disait, vous exagérez, disait-il aux Américains, le danger n'existe pas. Et moi, je l'ai cru, parce qu'à qui voulez-vous que je crois ?
Alors, ben, il s'est trompé, puis lourdement, mais du coup, je me pose la question de savoir qui est responsable de quoi là-dedans, parce que madame Parly, moi j'ai de la mémoire, elle a dit, nous avons des moyens de voir, nous Français depuis l'espace, c'est vrai. Et nous voyons comme les Américains, mais nous n'en tirons pas les mêmes conclusions. Ben, bravo, c'est une erreur complète. Et en effet, les Russes sont entrés en Ukraine, c'est intolérable. Ça veut dire qu'en Europe, on recommence avec les guerres pour changer les frontières. Ça, c'est pas possible. Alors, bon, maintenant, il y a des sanctions qui sont prises. Honnêtement, je n'y crois pas.
Vous avez vu, il y a une bagarre, parce que les Italiens ont réussi à sortir les articles de l'Uk, ça devient grotesque. Je pense que la seule chose à faire, c'est d'accepter de discuter des questions de sécurité. Point, on en discute avec les Russes. Enfin, c'est toujours avec l'ennemi qu'on discute la paix, je vous signale.
Beaucoup de thèmes à...
Je ne dis pas ça pour vous, mais pour ceux qui me critiquent, on dit, ah, vous proposez de négocier, vous voulez quoi faire d'autre ? La guerre totale ? Sarkozy a eu l'excellente réponse. Il a dit, si c'est pas la diplomatie, c'est la guerre totale. Il y a quelqu'un qui veut la guerre totale ? Personne. Alors, on arrête de faire des phrases et des gesticulations.
Beaucoup de thèmes que vous aborderez certainement demain aussi, lors de votre meeting à la Nordelle.
On m'a dit, on est à la Réunion, c'est trop loin. Je m'excuse, c'est pas loin, puis c'est un département français, donc j'en parlerai dans un département...
Vous attendez combien de personnes demain ?
Je ne sais pas, j'espère que la salle soit pleine. Je dis aux réunionnais, ah, il ne me fait pas sentir ballot si vous n'êtes pas là. Donc, venez, vous y serez les bienvenus, vous m'entendrez, et vous savez que vous m'avez placé en tête ici. J'en suis très fier, et j'espère à nouveau être en tête.
Merci beaucoup, Jean-Luc Mélenchon, d'avoir répondu à toutes nos questions ce soir.