MACRON A-T-IL RÉUSSI SON ENTRETIEN SUR TF1-LCI ?
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Michel Apathie est avec nous. Bonjour Michel. Et merci d'être là ce matin. D'abord, je vais vous poser la question qu'on a posée à tous nos intervenants ce matin. Depuis le début de cette émission, qu'est-ce qui vous a, vous, le plus marqué, interpellé dans ce qu'a dit le chef de l'État hier soir ?
Je vais essayer de ne pas être original, parce que j'imagine que tout le monde dit un peu la même chose. C'est une émission singulière dans l'écriture de la communication politique, parce qu'il n'y a pas d'annonce sur le fond. Sauf peut-être une, je vais y revenir. C'est une émission d'empathie. J'aimais la France, j'ai appris à aimer les Français. Et donc, dans cet apprentissage, parfois, j'ai été maladroit. Il y a des choses que j'ai dites, je les regrette. Effectivement, les gens qui ne sont rien, moi, je me suis toujours demandé d'où c'était sorti. Donc, il n'y a pas de vrai mea culpa. Il y a l'explication des maladresses.
Je suis arrivé avec tellement d'énergie au pouvoir, tellement l'envie de bien faire que j'ai fait des petites fautes. Et donc, Emmanuel Macron cherche, sans doute a-t-il réussi d'ailleurs, à purger cela en espérant ou en pensant, avec raison, que ce ne sera pas un enjeu de débat lorsqu'il dira « je suis candidat ». Il a du charme, il a de la séduction. Et de ce point de vue, je pense qu'il a rempli les objectifs qu'il s'était fixés. Ensuite, sur le fond, j'étais un peu surpris quand même par une seule chose. Il est revenu sur la réforme des retraites. Quand même, réfléchissons à la réflexion d'un responsable politique.
En 2016, il fait une proposition tellement peu réfléchie, compliquée, effrayante, angoissante, qu'il la retire. Je ne ferai plus le régime des retraites, comme je l'ai dit. Alors je ferai un régime de retraite avec trois régimes, en introduisant des notions de pénibilité. Et je me suis dit, en l'écoutant, qu'il n'avait pas tiré les leçons de son propre manque de réflexion sur le fond. Parce que ça ne doit pas sortir comme ça. C'est des dossiers très compliqués. Et donc, je me dis, tiens, quand même, à quatre mois du premier tour de l'élection présidentielle, sur le fond, il a encore visiblement un gros travail à faire. Ou bien il n'a pas le temps de le faire.
Ou bien, comme en 2016, il se repose sur son intelligence, sur sa capacité à être séduisant et performant dans le débat pour liquider des problèmes.
Pourquoi ça vous a étonné, Jean-Michel ? La question, c'est à qui il parlait hier soir. Et pour un ancien candidat qui a promis de réformer le pays, de faire la révolution, on va en parler avec Marie-Christine Verdier-Jouclasse, que je salue députée de la République en marche du Tarn, il se devait peut-être d'envoyer un signal à droite ? Oui. Ah, à droite, bon. Ou à ses électeurs, en leur disant, en fait, je n'ai pas renoncé aux réformes.
Non, non, non. Ah, sur la retraite ? Oui, c'est ça. Oui, peut-être, mais à ce moment-là, il ne faut pas... Enfin, il m'a donné l'impression... Peut-être que j'en parle un peu trop, parce que ce n'était pas du tout l'essentiel de l'émission. Mais il m'a donné l'impression, sur le fond, d'une forme d'impréparation comme en 2016. Je trouve que ce passage-là, on y reviendra, on y reviendra dans le débat, mais dire de quelque chose d'aussi important que les retraites. Vous savez, la droite, elle ne s'embête pas, elle dit qu'il faut reculer à mesure d'âge. Voilà. Ce qu'Emmanuel Macron, en 2016, ne voulait surtout pas dire. Ça, c'est simple et c'est compréhensible.
Quand vous commencez à dire que vous allez faire trois régimes de retraite et puis introduire de la pénibilité, vous vous engagez dans un débat avec un discours qui, visiblement, n'est pas stabilisé. Et ça m'a étonné à quatre mois de l'élection. Mais oublions cela. Le but, c'était parler aux Français, dire j'aime la France et maintenant, j'ai appris à aimer les Français. L'arrogance dont j'ai fait preuve au début du quinquennat, j'y réfléchis. Vous ne la retrouverez pas avec moi. Ça, c'est une manière d'entrer dans la campagne en liquidant les éléments de sa personnalité qui peuvent être irritants. De ce point de vue, vraiment, c'est une émission d'empathie.
De ce point de vue, sans doute, a-t-il réussi.
Emmanuel Macron