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interviewLe Média (sur YouTube)· 18 mai 2025 33 min

NETANYAHOU : POURQUOI TRUMP ET MACRON VONT ÊTRE OBLIGÉS DE LE LÂCHER

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

En ce mois de mai 2025, il est de plus en plus difficile pour les adeptes du soutien inconditionnel à Israël de faire comme s'ils ne voyaient pas. La soumission cyque de la bande de Gaza. Un blocus humanitaire aux conséquences terribles ne cesse d'indigner dans le monde.

Human Rights W dénonce un outil d'extermination. Médecin sans frontière évoque une éradication programmée des Palestiniens à Gaza. Signe des temps, un journaliste de TF1, média qui ne se caractérise pas par ses audacces vis-à-vis du pouvoir, pressait quasiment le président Emmanuel Macron d'utiliser le mot qui fâche génocide.

Monsieur le président, ce qui se passe actuellement à Gaza relève-t-il du génocide ? C'est pas un responsable politique d'employer ces termes, c'est aux historiens en temps voulu. Mais d'autres présidents chefs d'état l'ont déjà fait avant.

Oui, mais moi je suis pas dans ce je pense c'est pas ça le Ah si non non, pardon. Je aujourd'hui c'est un drame humanitaire et c'est inacceptable. Et qu'est-ce qui sépare ce drame humanitaire d'un génocide ?

Est-ce que c'est Est-ce que j'ai le droit de parler des femmes et des hommes et de pas rentrer dans des caractérisations tout de suite pour avoir demandé à un historien de référence qui est monsieur Ducler de caractériser de travailler sur les génocides arméniens et euh au rondin du génocide tout, j'aurais la plus grande prudence et encore une fois c'est pas un président de la République de dire ceci est un génocide, ceci n'en est pas. Mais des historiens même ce que je veux dire, c'est que des historiens même israéliens en ce horrible. C'est un drame et c'est horrible.

Et vous laissez les historiens trancher plus tard. C'est un drame et c'est horrible. Moi, mon boulot c'est de tout faire pour que ça s'arrête.

Pendant ce temps, le président américain Donald Trump qui a porté le plan insensé de nettoyage ethnique à Gaza qu'il a annoncé vouloir transformer en rivial du Proche-Orient semble prendre ses distances avec le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Pas forcément sur ce dossier palestinien, mais plus généralement, jusqu'où ira-t-il ou plus clairement à partir de quand refusera-t-il de suivre un allié massacreur ? Pour répondre à ces questions, j'ai à mes côtés Bertrand Bad, politiste et professeur émérite à Science Poau auteur notamment de l'art de la paix paru aux éditions Flamarion.

Il est à mes côtés, c'est l'heure du monde n'a pas de centre. On parlera également de l'élection d'un nouveau pape, le premier pape états-Unis. Est-il possible que ça se passe bien avec le locataire de la Maison Blanche [Musique] ?

Bonjour Bertrand Bad. Bonjour Théophile. Et si on commencer par parler rapidement de l'intervention d'Emmanuel Macron sur le dossier palestinien lors de sa très longue émission télévisée durant la semaine qui s'achève.

En a-t-il dit trop ou pas assez sur la nature de ce qui se passe et qu'il a refusé d'appeler un génocide ? Alors, d'abord, il y a une évolution et euh cette évolution, moi, je la mets non pas au crédit de quelconque diplomatie, mais des pressions sociales, des pressions d'opinion publique. Faut quand même pas oublier cet aspect euh important que les Palestiniens gagnent de plus en plus la bataille de l'opinion publique internationale et avec une intensité qui fait qu'un gouvernement ne peut plus être indifférent.

Trump lui-même est obligé d'entendre ses grondements de l'opinion publique. Emmanuel Macron l'a fait, il devient, tu l'as dit dans ton introduction, extrêmement difficile de ne pas se positionner, de ne pas dénoncer. Donc il faut enregistrer euh ce progrès.

Mais il y a quand même quelque chose qui m'a gêné pour employer un terme aimable, c'est que le président de la République dit "C'est inacceptable. Euh c'est massacre. il a pas employé le terme de génocide, ce qui à mon avis est une erreur parce que ce terme qu'on n'osait pas utiliser autrefois parce qu'il est tellement chargé parce que ces critères sont tellement exigeants, la brutalité de l'évolution historique fait que maintenant euh les ONG, euh les Nations- Unies, la Cour internationale de justice, l'emploi donc effectivement été bienvenu.

Et revenons à cette idée d'inac. Quand je l'ai entendu dire que c'était inacceptable, que c'était une honte, je me suis dit "Mais comment quelque chose d'inac peut être accepté ? Comment peut-on traiter quelque chose d'inac et en même temps l'accepter ?" Parce que l'acceptation ce n'est pas une rhthorique.

L'acceptation c'est une pratique. Et euh passer à l'inacceptable et au refus enclenche automatiquement des décisions qui sont conformes à cette révolte. Euh, on attend toujours les premières sanctions sur Israël quand on voit comment et à juste titre euh euh la Russie a été pénalisée de son action d'agression et d'invasion impériale euh de l'Ukraine, euh quand on voit comment l'Iran qui n'a envahi personne et quelle que soit la nature du régime euh qui est totalement étranglé par les sanctions internationales, mais un point qu'on n'imagine pas. 2 tiers de la population iranienne bascule en dessous du seuil de pauvreté.

La vie devient impossible, insupportable à l'Iran qui n'a envahi aucun voisin. Et voilà un état, l'État d'Israël qui vient depuis plus de 18 mois frapper un peuple, aller jusqu'à officiellement 53000 morts, mais probablement le double et peut-être plus. euh 90 % des infrastructures qui sont détruites, une population sur laquelle s'exerce un chantage de famine absolue.

Il y a pas la moindre sanction. Donc comment peut dire peut-on dire quand on est aux responsabilités suprême, c'est inacceptable mais je l'accepte. Et c'est tragique quelque part parce que il y a probablement une faute éthique que de lier ainsi l'inacceptable à l'accepter.

Mais il y a surtout une crise politique majeure. Est-ce qu'un pays comme la France qui se tarque d'être une puissance en est réduit à accepter l'inacceptable ? Alors ouais, effectivement euh c'est une question euh profonde.

Alors que Netaniaaho veut lancer incessamment son plan de conquête armée de Gaza, lançant confusément que Donald Trump, le président américain qui était, on va dire coproducteur de cette logique folle, se distancie, on le sent se distancier de de de son de Netaniau déjà hors de Palestine en négociant avec les outils au Yémen ou avec l'Iran. Manifestement, Trump en fait pas jusqu'au bout du bout avec Netaniao. Alors, il faut distinguer deux choses.

Il faut distinguer hélas l'essentiel. L'essentiel, c'est que si l'œuvre génocidaire d'Israël se poursuit à Gaza, c'est parce qu'Israël est alimenté en armes et en munition par la puissance américaine. Donc l'essentiel demeure business as usual, il n'y a rien de changé.

Et puis il faut, mais tu as raison de le faire, euh regarder dans d'autres directions qui peuvent surprendre qui peuvent surprendre parce que l'administration Biden aurait fait autant quelques remou seraiit fait entendre et puis euh imaginer que l'administration Trume puisse le réaliser aurait été impensable il y a encore quelques semaines, peut-être quelques jours. ce que tu as dit. Effectivement, cet accord avec les outils, c'est assez extraordinaire.

C'est on vous laisse tranquille, nous américains, vous aussi à condition que vous arrêtiez vos frappes sur la mer rouge, mais il n'a pas été inclus un paragraphe pour dire à condition aussi que vous arrêtiez d'envoyer des requêtes sur Israël. Ça c'est quand même quelque chose d'assez surprenant. Les sont réduits à protéger la route commerciale.

Voilà. bah les bonnes affaires mondiales. Euh l'autre élément qui est effectivement tout à fait remarquable, c'est cette négociation éclairante.

On sait pas au jour d'aujourd'hui si elle va aboutir, mais paradoxalement les planètes s'alignent favorablement à la République islamique d'Iran parce qu'on sent et là on commence à découvrir la vérité que Trump a besoin à tout prix en fin d'un accord après plus de 100 jours d'exercice du pouvoir. Rien n'a marché en Russie-Ukraine, rien n'a marché dans le conflit israélo-palestinien, rien n'a marché dans la guerre tarifaire. Peut-être qu'avec l'ar avec l'Iran, on peut arriver à quelque chose, ne serait-ce que parce queavec l'Iran, on est dans le bilatéral parfait et donc effectivement la chance d'aboutir, même en enfonçant certaines portes est plus élevée.

Donc, il peut très bien y avoir un accord et effectivement il serait mortel pour Nathanahou, sinon matériellement, du moins spirituellement, hein. Et puis il y a quand même un troisème élément que j'ajoute à ta liste qui est le fait que un émissaire américain et pas n'importe lequel est négocier avec des plaignis potentiamas la libération d'un notage israélo-américain. C'est une double gifle pour Netaniau parce que d'une part la diplomatie américaine et Trump en particulier ont montré que ce que vous vous n'êtes pas capable de le faire, moi je peux le faire.

Et deuxième donc c'est d'une forme de démenti de la politique menée par Netaniau en direction des otages. Une forme de dénonciation de son indifférence humaine à l'égard de la question des otages. Mais surtout pour Netanielou, ça doit être très dur de penser que le patron, le grand frère américain parle ouvertement, officiellement, publiquement avec des représentants du Hamas. ce que les Européens n'osent pas faire, ce que monsieur Poutine ne fait pas non plus.

Euh, il a reçu une fois une délégation du Hamas tout de suite après le 7 octobre, mais ça a été très discret, ça n'abouti à rien. Là, l'initiative, jamais Biden n'aurait fait ça ou si il y a dû y avoir des contacts déjà du temps de Biden et de Blinken, mais ça n'a jamais été rendu public. Donc là, il y a quelque chose de tout à fait nouveau.

Mais alors si maintenant on met en opposition ce que je disais au tout début, c'estàdire pour l'essentiel euh Trum continue à livrer les instruments meurtriers à euh Israël, c'est-à-dire on est dans une logique de complicité de meurtre, hein, très très clairement. Et d'autre part, prend toutes ces initiatives. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Bah, ça nous éclaire l'un des aspects essentiels de la diplomatie trumpienne. C'est-à-dire Trump agit en dehors des valeurs, y compris des valeurs qu'il a lui-même posé, en dehors du droit, ce droit dont il se considère comme effectivement auquel il se considère comme lié de par l'histoire des États-Unis. Et à chaque fois ce qui guide sa diplomatie, c'est deux choses.

C'est l'affirmation de puissance. Regardez ce que moi je peux faire et c'est d'autre part le les fédoben, c'est-à-dire aujourd'hui je peux marquer un coup en discutant avec le le Hamas, peut-être demain en discutant clirant aujourd'hui en concluant un accord avec les outils. Donc ma boussole, ce n'est pas comme on le dit tout le temps, ça finit par m'aga deal, la transaction, le négociateur immobilier, tout ça c'est des images.

C'est pas comme ça que ça se passe d'ailleurs. Il négocie pas véritablement ce monsieur. Non, c'est tout simplement l'art de saisir une ON pour pouvoir se projeter en avant sur la scène internationale.

Opportunisme quoi. Oui, enfin, c'est un opportunisme, je dirais, totalement libéré et émancipé. Euh c'est un opportunisme, j'allais dire briliste, je dirais égocentré.

C'est-à-dire qu'est-ce qui au jour d'aujourd'hui me permet de me mettre placer au centre de la scène internationale avec ces deux objectifs clés ? un make America great again. C'est les États-Unis qui ont pu avoir un accord avec les outils, avec le Hamas et tout ce qui s'enit.

Et deuxièmement, deuxème objectif, ce retour de la puissance américaine que mes prédécesseurs n'avaient pas réussi à faire, il s'incarne en ma personne, c'est-à-dire la personnalisation extrême. Tout le reste, c'est c'est du bar. Alors euh quelque part finalement euh euh cette euh euh manière trumpienne euh prend en compte les rapports de force plus que euh disons euh euh les la diplomatie idéologique pure et dure d'un Biden.

Oui. Alors, j'aime pas beaucoup le mot rapport de force. D'abord parce que mon cher Théophile, depuis 1945, ça marche pas le rapport de force.

Le faible gagne généralement sur le fort. Les rapports de gène alors et en tout cas je sais pas quoi. Qu'est-ce que c'est que la force en relation internationale ?

C'est plus la capacité d'aligner des divisions comme disait Stalin au pape. Tout ça se défait. Non mais les outils le gênent. il gêne les transactions internationales mondiales, Trump le prend en compte alors que peut-être Biden ou les Européens seraient plutôt dans une logique disons civilisationnelle entre guillemets et idéologique pure.

Oui, ça nous sommes d'accord. C'est ce que je disais tout à l'heure, c'est-à-dire que la diplomatie occidentale, elle se elle voulait se distinguer de manière d'ailleurs le plus souvent hypocrite en disant "J'agis non pas pour moi mais au nom des valeurs auxquelles j'adhère pour défendre la civilisation, pour défendre la liberté, pour défendre la démocratie, pour défendre et cetera et cetera." Ça c'est fini.

C'est-à-dire que euh nous sommes en train de découvrir la puissance nue, c'est-à-dire euh je disais tout à l'heure, le rapport de force, il est défait. Donc ça c'est quelque chose que Trump n'accepte pas et il essaye tous les subterfuges pour rétablir une idée de puissance qui l'emblématise, qui en fait euh en quelque sorte le personnage clé des relations internationales. Fondamentalement entre c'est un nostalgique.

Make America great again, bah ça veut dire qu'autrefois elle était pas elle était great et qu'elle ne l'est plus. Donc on va utiliser ce subterfuge et ce subterfuge va apparaître comme étant la puissance nue parce que c'est la meilleure façon de rétablir euh les États-Unis dans leur starting block, hein. Maintenant euh tout ce tout cela est de l'écran de fumée parce que est-ce que c'est véritablement faire preuve de puissance que d'être obligé de négocier avec le Hamas ?

Est-ce que c'est faire preuve de puissance que de négocier avec les outils groupe rebelles plus ou moins qui plus ou moins qui apparaît le pouvoir sur une partie du Yémen, on voit bien qu'il y a quelque chose qui cloche là-dedans et que c'est davantage une opération de restauration formelle et égocentrique que véritablement le rétablissement de rapports de puissance qui ont craqué. depuis fort longtemps. Alors justement en parlant de ben d'autres intérêts de du caractère un peu évanescent, on va dire, de la diplomatie de Trump, est-il prêt à renoncer à ses intérêts, ces autres intérêts qui sont pas compatibles avec les intérêts israéliens tout le temps au Moyen-Orient pour les beaux yeux de Netaniao ?

Par exemple, l'Arabie Saoudite c'est c'est lui promet mons et merveill d'investir beaucoup aux États-Unis et l'Arabie Saoudite n'est pas non plus l'allié des Palestiniens, mais elle saurait être trop longtemps insensible si les images d'enfants décharnés qui meurent en série continuent d'être vu. Faut jamais oublier que l'opinion publique saoudienne, il y a une opinion publique parce qu'il y a une société civile saoudienne et euh de toutes les opinions publiques arabes la plus hostile a euh une réconciliation avec Israël, hein. Donc monsieur MPS aussi autocrate soit-il est bien obligé d'en tenir compte.

Mais c'est intéressant ce qui s'est passé euh dans sur la péninsule arabique ce début de semaine, cette rencontre entre Trump et MBS, Mohamed Ben Salman euh parce que euh ce sont deux personnages qui se comprennent parfaitement, c'est-à-dire deux personnages qui considèrent que les alliances traditionnelles, les engagements durables sont beaucoup plus coûteux que productif et que ce que j'ai déjà appelé à ce micro l'union libre diplomatique, le polyamour diplomatique est beaucoup plus rétributeur que la fidélité des alliances. Et ça c'est le langage de Mohammed Ben Salman qui lui a réussi, qui lui a permis de se réconcilier avec client, d'établir des relations avec la Chine, avec la Russie de Poutine avec qui il a les meilleures relations du monde, faut pas l'oublier, avec Raménéi, avec Erdogan, et Erdogan lui fait la même chose. Or que voit-on comme étant les deux principales places en ce moment plaque tournante de la diplomatie mondiale comme par hasard la Turquie d'Erdogan et l'Arabie Saoudite de Mohamed Ben Salman.

Donc on voit un euh Trum qui est attiré par ces deux modèles, par ces deux personnages parce que fondamentalement, il pensent la même chose. Fondamentalement, Trum considère que les alliances dans lesquelles les États-Unis étaient engagés depuis le lendemain de la Seconde Guerre mondiale se révèle aujourd'hui, c'était pas le cas pendant la guerre froide, beaucoup plus coûteuse que productive et avantageuse. Et donc il peut il cherche et il cherche avec des résultats à construire toute une série de connivance avec l'Arabie Saoudite.

J'ai bien dit connivance, j'ai pas dit alliance de manière à faire progresser ses intérêts personnels et faire progresser aussi les intérêts personnels de Mohammed Ben Sou. Faut pas oublier que Benam Ben Salman, c'est le seul responsable du monde arabe à pouvoir prétendre s'ériger en puissance régionale. Autrefois, il y avait la concurrence de l'Égypte, de la Syrie et de l'Irak, ils ont pour des raisons différentes mais souvent voisines, tous les trois disparus.

Donc Mohammed Ben Salman, il a besoin, il ne rêve que d'une chose, c'est d'être le pivot du Moyen-Orient. D'autant que il y a deux autres puissances pivots au Moyen-Orient, c'est la Turquie et l'Iran et c'est pas des puissances arabes. Donc Mohamed Ben Salman joue très gros dans cette affaire et ça crée des effets d'OBen que Trump pense pouvoir exploiter pour avancer ses propres pions.

C'est ça qui s'est passé. C'est c'est l'image du monde de demain. Faut pas oublier une chose, c'est que dans le trumpisme, il y a beaucoup de loufoqu, beaucoup de fantasques, beaucoup de ridicules, beaucoup d'échecs également.

Mais il y a un petit goût de modernité. Trump a compris que les alliances conclues euh au à la sortie de la seconde guerre mondiale et pendant la guerre froide ne s'adapte plus au contexte mondialisé d'aujourd'hui. Bah ça Biden avait du mal à le comprendre.

Obama le pressentait un peu mais il est jamais allé très loin dans ce type d'affirmation. Donc peut-être qu'on entre dans un moment nouveau. Alors pour revenir à à Gaza, les États-Unis soutiennent une sorte de fondation basé à Genève pour acheminer de l'aide bah à ceux qui qui meurent de faim littéralement.

Une manière de renforcer une forme de tutelle donc sur cette partie la Palestine, une tutelle américaine, ce que les Nations- Unies rejettent. C'est quoi l'enjeu ? Alors l'enjeu euh c'est d'abord de mettre le multinatéralisme et singulièrement le multilatéralisme on usien hors du circuit.

Euh aucun de ces deux personnages, Netaniaou et Trump n'aime le multilatéralisme et pas seulement pour des raisons de sensibilité. Du côté israélien, la haine du multilatéralisme tient au fait que ce que d'ailleurs Emmanuel Macron avait rappelé, c'est le multilatéraliste qui avait créé Israël, mais sur un format qui n'a absolument rien à voir avec ce qu'Israël est devenu. C'est-à-dire que Israël tel qu'il existe actuellement est en contravention absolue avec tout ce que les résolutions 180 et 194 de l'Assemblée générale des Nations- Unies avaient décidé en matière de découpage de la Palestine.

Donc ça irrite Netaniaou. Ça s'ajoute un deuxième élément, c'est-à-dire que euh Netaniaou, mais pas seulement Netaniaou, je pense que c'est un dénominateur commun à l'ensemble de la classe politique israélienne considère que la sécurité d'Israël dépend de son absolue souveraineté et de son usage total du levier de la puissance, y compris, de la puissance militaire, ce qui par définition rend toute initiative multilatérale suspecte. Donc le but de l'opération c'est été et depuis le début d'éliminer toute trace de multilatéralisme sur le sol palestinien.

Ce qui veut dire d'abord la liquidation de l'un roi qui a été déjà programmée par Trump 1, celui du du précédent mandat mais que Netaniaou a a mise en place. Et deuxièmement, ça veut dire quelque chose de très inquiétant. Ça veut dire que l'assistance humanitaire qui en droit humanitaire est absolue, elle n'est conditionnée par rien.

C'est un droit premier, hein, sera sous le contrôle de l'impératif de sécurité israélien. Ce qui traduit dans la réalité veut dire sera dosé en fonction des intérêts stratégiques d'Israël, y compris celui d'utiliser le chantage alimentaire et humanitaire pour pouvoir progresser dans l'action et peut-être dans une éventuelle négociation post-guerre. C'est tout ça est extrêmement dangereux d'autant que l'ONU a eu vite fait ainsi que les ONG de dire mais attendez vous prévoyez 60 camions par jour alors que il en faudrait probablement 10 fois plus.

Donc tout ça est assez inquiétant. Euh justement est-ce qu' d'une certaine manière il deviendra dans les prochains jours et dans les prochaines semaine impossible euh pour les médias, pour la société civile euh ceux parmi euh euh parmi les voies médiatiques et les voix de la société civile qui défendaient inconditionnellement Israël de le continuer tout en se prétendant démocrate et et civilisé en France. On constate que certains soutiens inconditionnels dans la sphère de laabule médiatique commence à se rubifer.

Est-ce que est-ce qu'il y a pas un signe d't ? Euh on a parlé par exemple de Delphinolviller, on a vu un journaliste de TF1 a monesté quasiment Emmanuel Macron lui demandant de parler de génocide. On sent qu'il y a quelque chose qui bruisse.

Ah mais c'est évident euh les relations internationales, ce ne sont pas seulement des relations interétatiques et Israël l'a très bien compris en fermant le dossier Gazaoui à tout ce qui est extraitatique. Tout à fait remarquable, notamment aux journalistes. s'ils y vont, bah ils ont un risque statistique absolument énorme de de mourir sur place et d'être même ciblé, d'être visé.

Donc tout ceci, on peut pas ne pas en en prendre compte. Euh maintenant euh il y a aussi ce que je disais tout à l'heure, je veux pas me répéter, mais une opinion publique qui qui évolue de manière extrêmement rapide, hein, et qui qui est probablement la seule planche de salut. Il n'y aura pas d'initiatives qui viendront d'État, c'est clair, on le sait.

Sinon, depuis un an et demi, ça serait déjà fait sentir. Alors, il eu quelques petites initiatives timides mais qui n'ont pas mener très loin. Donc, ça ne peut venir que de la société civile.

Et maintenant, la grande bataille, elle est là. Maintenant, est-ce que euh les médias peuvent faire tout cela ? Peut-être.

Moi ce que je constate et que j'expérimente c'est que les manœuvres dissuasif pour dire la vérité sur Gaza continue à être extraordinairement efficace. la peur d'être traité d'antisémite dès qu'on dit quand même 53000 morts était est-ce qu'on s'interroge sur la pertinence et l'efficacité même pas l'éthique d'une telle initiative on risque de se retrouver au tribunal pour apologie du terrorisme. Donc il y a une ambiance.

J'ai jamais vu cette ambiance de destruction du débat public. porté à ce niveau. Peut-être aussi ça traduit l'angoisse de de des soutiens inconditionnels qui s'entend que le moment de vérité approche deviennent de plus en plus argueux.

Ah mais bien sûr, mais je pense qu'il quand on est à cour d'argument, on utilise le chantage et là on est dans une logique de chantage. Euh maintenant je constate que ça marche, que ça fonctionne. Alors évoquons rapidement l'élection de Léon X, le nouveau pape, le pape premier pape de nationalité états-unienne mais pas forcément compatible avec Donald Trump.

Est-ce que la cohabitation peut-elle peut bien se passer ? euh entre ces deux princes américains. Oui.

D'abord, je trouve quand même assez malsin de vouloir identifier un acteur euh en fonction euh de ses papiers et de la nature de son passeport. Bon, historiquement, on a eu le pape polonais pendant la guerre froide. Euh ou mais c'était peut-être un peu différent parce que c'est Jean-Paul II-même qui s'est affiché comme polonais.

C'est pas le contraire. Euh Jean-Paul II a choisi euh de faire de sa fonction, de son pontificat, un instrument de promotion d'une mobilisation euh en Pologne et dans l'Europe de l'Est contre un système soviétique finissant. C'est lui qui s'est identifié comme pape polonais en quelque sorte.

Euh on voit bien que François n'a pas eu le la même attitude. Euh euh bon, il a quand même il s'est quand même identifié comme pape du sud global d'une manière ou d'une autre. Il a exprimé sa solidarité avec le sud global sans mettre pour autant en avant nationalité argentine plus que sud-africaine, indienne ou brésilienne ou je ne sais quoi.

En plus, le pape Léon XIV, il est États-unien mais en même temps d'origine française, d'origine italienne, d'origine espagnole. Euh moi ça m'agace parce que je me dis mais laissons-le choisir son identité. Mon mon maître Alfred Grosser quand j'étais étudiant nous disait "Je déteste ce doigt qui est pointé sur moi pour me prescrire une identité.

La seule identité que l'on connaisse de Léon X, c'est celle qui l'a déclaré en disant "Je m'inscris dans le sillage de Léon X" et en se faisant appeler Léon X. C'est un choix identitaire. Moi, j'aime beaucoup les choix identitaires.

Je pense que l'essence de la liberté humaine, c'est de pouvoir choisir l'identité que l'on a envie d'afficher. Vo euh donc euh cette histoire de dire "Ah, c'est un pape américain, ah c'est un pape ceci, on verra. Moi, je je j'en jugerai en fonction de ce qu'il nous dira et de ce qu'il fera." Mais on est quand même dans une planète cybernétique où Donald Trump a publié lui-même un montage photo de lui habillé en pape.

Oui, d'accord. Et alors en quoi ça nous renseigne sur l'orientation de de Léon X ? Ça nous renseigne sur la perception que Donald Trump peut avoir de de ce pouvoir renseigne mais c'est ce que je te dis et qui se rapproche de lui.

Ce qui est significatif dans l'identité c'est celle que programme l'acteur en question. L'identité qu'on lui prête. Tu me prêtes quelle identité ?

Hein ? Tu es français ? Pas seulement. tu sais bien mais encore bref merci en tout cas ça nous permettra d'y réfléchir de réfléchir finalement au lien entre l'identité la nationalité les projections aussi qu'on se fait sur les acteurs publics et ce qu'ell choisissent ce cet ensemble de projection de de revendiquer.

Merci Bertrand Bad. Alors, nous voici arrivés à la fin de cet épisode du monde n'a pas de centre, la chronique internationale de Bertradi sur le média. Si vous avez apprécié cette émission et que vous souhaitez soutenir notre travail, n'hésitez pas, n'hésitez plus, sautez-le pas et soutenez-nous de manière pérenne via un abonnement de soutien ou un don mensualisé.

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