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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 27 février 2022 25 min

Les négociations en Ukraine, l'impact des sanctions et la campagne présidentielle bouleversée... Le "8h30 franceinfo" d'Olivier Becht

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Locuteur 4

Bienvenue dans le 8.30 France Info, France Info Radio et le canal 27 de la TNT. Bonjour Jean-Jérôme Bertoluz. Bonjour Marcine. Notre invité ce matin est député du Haut-Rhin et président du groupe Agir à l'Assemblée Nationale, Olivier Becht. Bonjour à vous. Bonjour. Les toutes dernières infos qui nous parviennent d'Ukraine, c'est que le Kremlin annonce l'arrivée d'une délégation russe en Biélorussie et dit être prêt à des négociations avec l'Ukraine. Qu'en dites-vous ? Est-ce qu'il faut encore accorder le moindre crédit à ce que dit le Kremlin ?

0:31
Locuteur 5

Je pense que la voie diplomatique est toujours préférable à la voie de la guerre. Maintenant, comment négocier quand on a un pistolet sur la tempe ? La réalité, c'est que la seule voie diplomatique qui est possible aujourd'hui, c'est celle qui passe d'abord par un cessez-le-feu total en Ukraine et d'autre part par le retrait des troupes russes de l'ensemble du territoire ukrainien. Préalable à toute... Je ne vois pas comment est-ce qu'on peut négocier avec Vladimir Poutine lorsqu'il occupe de facto une grande partie de l'Ukraine.

1:08
Locuteur 6

On va revenir aux éventuelles négociations. On n'en est pas là. On n'en est pas encore à un cessez-le-feu. Hier, Emmanuel Macron, au Salon de l'agriculture, a dressé le cadre de ce conflit inédit. On écoute le président de la République.

1:20
Locuteur 3

Cette crise durera. Cette guerre durera. Mais l'ensemble des crises qu'il y aura derrière auront des conséquences durables. Il nous faut donc nous y préparer avec beaucoup de détermination, avec aussi beaucoup de solidarité.

1:36
Locuteur 6

Il faut que les Français prennent conscience de la gravité de ce conflit. Et puis, j'ai envie d'ajouter, est-ce qu'il faut que les Français soient prêts à faire des sacrifices dans les prochaines semaines et prochains mois ?

1:48
Locuteur 5

Je pense que quand on lutte pour la liberté, on fait toujours des sacrifices. On a aujourd'hui, on va dire, deux sujets qui se posent. La première question, c'est de savoir est-ce qu'on est prêt à risquer notre vie pour la liberté ? C'est ce que les Ukrainiens sont en train de faire. Il faudra, vis-à-vis de Vladimir Poutine, fixer des lignes rouges en étant très claires que, si elles étaient franchies, eh bien, elles pourraient entraîner une entrée en guerre de l'Alliance Atlantique. Je pense notamment au territoire de l'Alliance Atlantique, c'est-à-dire ceux qui sont membres aujourd'hui de l'OTAN.

2:28
Locuteur 6

Et à l'inquiétude qu'il peut y avoir, par exemple, aujourd'hui, très concrètement, en Moldavie, en Géorgie, des pays, effectivement...

2:35
Locuteur 5

Alors, on a derrière un certain nombre de territoires qui sont visiblement visés par Vladimir Poutine. Vous avez parlé de la Géorgie. Alors, la Géorgie, en fait, la Russie occupe déjà de facto l'Ossétie du Sud et l'Abkhazie. Le vrai problème, c'est qu'au-delà de l'Ukraine, il y a, à l'Ouest, la Moldavie, qui n'est pas membre ni de l'Union Européenne ni de l'OTAN, mais où il y a deux territoires, la Transnistrie et la Gagahouzie, qui sont des territoires qui sont plutôt pro-russes. Et puis, nous avons, en Bosnie-Herzégovine, une république autonome, la république de Zapska, qui, elle, également, pourrait revendiquer son autonomie, voire son independence.

3:17
Locuteur 6

On va revenir au sacrifice que doivent éventuellement faire les Français, mais, compte tenu de ce que vous dites à l'instant, est-ce qu'il faut, sans faire de catastrophisme, est-ce que, quand même, il faut redouter un conflit généralisé au-delà de l'Ukraine ?

3:34
Locuteur 5

Alors, à l'heure qu'il est, on ne redoute pas un conflit généralisé au-delà de l'Ukraine, parce que l'OTAN est une alliance nucléaire, et qu'à partir du moment où la Russie franchirait les frontières, qui serait celle d'un pays de l'OTAN, l'article 5 de la Charte de l'Atlantique Nord s'appliquerait, c'est-à-dire qu'il y aurait une entrée en guerre de tous les pays de l'OTAN, y compris des puissances nucléaires, et dans ces cas-là, c'est la Troisième Guerre mondiale, et je ne pense pas que Vladimir Poutine choisisse ce chemin-là. Le vrai sujet, en réalité, c'est les conséquences des sanctions.

C'est-à-dire que Vladimir Poutine peut avancer, théoriquement, jusqu'aux frontières de l'OTAN, il peut prendre l'Ukraine, il peut prendre la Géorgie, il peut prendre la Moldavie, à travers la Transnistrie, la Gagagouzi, sans entraîner une entrée en guerre de l'Alliance Atlantique, mais les sanctions que nous allons imposer à la Russie auront un coup, et c'est ce que voulait dire le président de la République, Emmanuel Macron.

4:32
Locuteur 6

Mais est-ce que ces sanctions, on va revenir encore une fois à la vie quotidienne des Français, parce que c'est important, effectivement, pour chacun, pour mesurer que ce conflit est vraiment à nos portes, mais est-ce que ces sanctions appliquées, enfin, qui sont décidées par l'Union Européenne, mais également par une bonne partie de la communauté internationale, sont effectivement susceptibles de freiner l'avancée russe sur le terrain ? Sanctions économiques d'un côté, offensives, tous azimuts, de la Russie sur le terrain en Ukraine de l'autre.

5:01
Locuteur 5

Alors, sur le plan militaire, à court terme, certainement non. Sur le plan économique, certainement oui, parce que les sanctions qui ont été décidées, elles vont avoir un impact de 6 points de PIB, c'est-à-dire que la Russie se prépare à une récession massive de son économie. Donc, ça va frapper non seulement la Russie, mais ça va frapper le peuple russe, et donc, forcément, il y aura un impact. Le problème, c'est que ces sanctions, elles ont forcément des effets collatéraux, c'est-à-dire qu'elles ne vont pas simplement avoir des effets sur la Russie, mais elles vont avoir également des effets sur nous-mêmes, sur l'Europe, et c'est ce qu'il va falloir préparer aujourd'hui.

Et quand le président de la République disait, il faut qu'on ait quelque part également le sens du sacrifice, qu'on se prépare à faire des sacrifices, eh bien, ce sont surtout les conséquences collatérales de ces sanctions qu'il va falloir examiner, auxquelles il va falloir se préparer.

5:54
Locuteur 4

Et pour ce qui est de la Russie, est-ce que l'idée est que ces sanctions pourraient, ou devraient peut-être, pousser le peuple russe à chasser lui-même Vladimir Poutine ?

6:06
Locuteur 5

Alors, très sincèrement, c'est ce que moi je souhaite, parce que notre ennemi aujourd'hui, ce n'est pas le peuple russe. Notre ennemi aujourd'hui, c'est Vladimir Poutine, c'est lui qui a donné l'ordre d'envahir l'Ukraine, c'est-à-dire un pays indépendant, de violer le principe d'intangibilité des frontières. C'est lui qui développe cette espèce de rêve chimérique, de restauration des anciens empires.

Et donc, oui, bien sûr, si demain Vladimir Poutine quittait le pouvoir et qu'il y avait un nouveau pouvoir en Russie, eh bien, nous pourrions forcément, si ce nouveau pouvoir s'engagait au respect du droit international et au respect de nos valeurs, eh bien, nous pourrons redéfinir une nouvelle architecture de l'Europe. Et ça doit passer par le peuple russe, c'est ça l'idée des sanctions.

6:55
Locuteur 4

Vous savez, en démocratie, c'est toujours le peuple qui est souverain. Le Filinfo, à 9h moins 20, voici Diane Ferschit, et on reprend ensuite cette discussion.

7:05
Locuteur 1

Le Kremlin assure ce matin être prêt à des négociations en Biélorussie. Il annonce l'arrivée d'une délégation sur place alors que l'armée russe affirme avoir encerclé deux grandes villes du sud de l'Ukraine, dans le nord-est du pays. Les autorités ukrainiennes rapportent, elles, une percée des troupes russes à Kharkiv, deuxième ville du pays, où se déroulent en ce moment des combats de rue. Les soldats russes tentent toujours aussi de pénétrer dans la capitale. Kiev sous couvre-feu jusqu'à demain matin, 8h, la capitale ukrainienne, où les sirènes d'alarme antiaériennes continuent de retentir. Les habitants ont été appelés à se réfugier dans les abris.

Des frappes ont touché un dépôt pétrolier à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Kiev, provoquant un immense incendie. Au niveau des sanctions, le réseau interbancaire SWIFT dit se préparer à mettre en œuvre dans les prochains jours les nouvelles mesures ciblant des banques russes. Sanctions décidées par les occidentaux. SWIFT constitue un rouage essentiel de la finance mondiale. Objectif isolé, un peu plus Moscou. Les ministres des Affaires étrangères des 27 États membres de l'UE se réunissent ce soir. Toujours invaincus dans le tournoi des 6 nations, les rugbymen français peuvent continuer à rêver au Grand Chelem. Le 15 de France qui s'est imposé face à l'Écosse, 36 à 17.

Il fallait être prêt. On l'a été, se félicite le sélectionneur des Bleus, Fabien Galtier. France Info.

8:25
Locuteur 4

Le président du groupe Agir à l'Assemblée nationale et député du Haut-Rhin, Olivier Becht, est notre invité ce matin, Jean-Jérôme Bertolus.

8:31
Locuteur 6

On vient de l'entendre, effectivement, le système SWIFT qui permet à 11 000 banques dans le monde d'échanger entre elles et d'échanger notamment en devises. Ce système va exclure une partie des banques russes. Les 27 sont tombés d'accord sur ce point. C'est une mesure extrêmement forte. C'est une sorte de blocus économique et financier de la Russie. qui, en contre-coup, est-ce que cette mesure va avoir des effets sur les prix de l'énergie ou sur différentes matières premières et est-ce que ça va affecter directement les Français ?

9:06
Locuteur 5

Oui, bien entendu. Dans la mesure où l'ensemble des transactions qui sont faites avec la Russie passent par ce système SWIFT. Donc, ça veut dire que demain, il n'y aura plus de vente de gaz, de vente de pétrole, mais également de matières premières. Je pense notamment au blé, je pense au titanium, je pense également aux azotes, aux engrais azotés qui sont indispensables pour la production, la fertilisation des sols en agriculture. Donc, nous allons avoir de très graves problèmes d'approvisionnement sur un certain nombre de marchés. Donc, tout ça va faire monter les prix.

Et puis, il y a un risque, je n'ai pas l'impression que les États-Unis se soient encore prononcés sur SWIFT, mais il y a un risque indirect. Si les États-Unis bloquaient également SWIFT par rapport à la Russie, ce serait que, en fait, le pétrole et le gaz, ne pouvant plus passer vers l'Occident via SWIFT, passent finalement par la Chine et que les hydrocarbures soient monnayés, libellés en yuan, la monnaie chinoise, qui mettrait fin à la suprématie du dollar, au monopole du dollar dans les transactions d'hydrocarbures, et ce qui pourrait également avoir des impacts sur les monnaies avec un effondrement du dollar.

10:26
Locuteur 6

Olivier Becht, le président Zelensky a fait la démonstration qu'il a fait le choix de la résistance. Il l'a démontré, notamment dans des tweets et dans des discussions avec le président de la République, Emmanuel Macron, comment la France aide l'Ukraine à résister à l'offensive russe. De quel matériel militaire livre-t-on sur le terrain ?

10:51
Locuteur 5

Alors, aujourd'hui, on livre essentiellement des matériels défensifs. La question, si vous voulez, en fait, il y a deux questions qui se posent. La question, c'est, est-ce qu'il faut également aider l'Ukraine avec des matériels offensifs, c'est-à-dire ceux qui servent à faire la guerre contre la Russie ?

11:08
Locuteur 6

Excusez-moi, parce que je ne suis pas tout à fait sûr de comprendre la différence entre matériel défensif et matériel offensif. Matériel défensif, encore une fois, qu'est-ce qu'on livre, nous ?

11:17
Locuteur 5

Ou qu'est-ce qu'on va livrer ? Défensif, défensif, ce sont essentiellement des casques, des matériels de protection, voilà, qui servent aux soldats ukrainiens. C'est ce qu'on livre, c'est ce que la France livre. C'est ce qu'on essaye de livrer, parce que c'est quand même le deuxième problème, c'est que la Russie a la maîtrise aujourd'hui du ciel ukrainien, donc on ne peut plus faire atterrir des avions de transport de matériel en Ukraine, et la route est extrêmement dangereuse, parce que là aussi, les convois peuvent être bombardés.

11:42
Locuteur 4

Donc pas d'armement ?

11:44
Locuteur 5

Alors, c'est la question qui se pose, mais livrer les armements, si vous voulez, c'est la même problématique, c'est comment est-ce que concrètement, on les fait parvenir à l'Ukraine ? Ce ne sont pas des armements qu'on peut envoyer par DHL. Et deuxièmement, la question qui se posera aussi, c'est de savoir, est-ce que derrière, la Russie considère que les pays qui livrent des armements offensifs font de manière indirecte la guerre ? Est-ce qu'on s'expose demain à des attaques ?

12:12
Locuteur 4

Oui, oui, tout à fait. Clairement, elle va livrer 500 missiles Stinger, un millier de lance-roquettes.

12:16
Locuteur 5

Je l'ai vu, personnellement, je n'y suis pas opposé, je ne suis pas opposé à ce que la France prenne également cette voie-là, si c'est décidé dans un cadre européen. Ça veut dire quand même qu'il faut qu'on s'attende derrière à des mesures de représailles russes. Ça veut dire que potentiellement, des bombes logiques qui sont aujourd'hui sur les réseaux informatiques ou les réseaux électriques pourraient exploser. Ça veut dire que demain, il s'agit en fait de logiciels malveillants qui pourraient endommager nos systèmes à la fois numériques et nos systèmes électriques. On peut s'attendre... Mais vous dites qu'ils sont sur nos réseaux ?

Vous dites des bombes logiques qui sont aujourd'hui sur nos réseaux ? Ne soyons pas naïfs, Ersine Lebovitch, nous sommes depuis plusieurs décennies dans une guerre numérique. Ça veut dire que les puissances dans le monde installent chacune et chacun des logiciels, on va dire, malveillants sur les réseaux. C'est une sorte... Il faut s'attendre à quoi ? Vous alliez dire, il faut s'attendre à... Il faut s'attendre à ce que la Russie puisse potentiellement lancer des attaques numériques sur nos réseaux. Oui, mais concrètement ? Concrètement, ça veut dire que nous pouvons avoir des systèmes qui s'effondrent du jour au lendemain sur le réseau Internet, voire des blackouts sur le réseau électrique.

Si nous devions arriver à ce degré d'intensité de conflit, c'est la raison pour laquelle je dis qu'il faut aussi être prudent lorsqu'on s'engage sur des armements offensifs pour voir effectivement quelles sont les implications que nous pourrions avoir sur notre propre territoire.

13:54
Locuteur 6

Toujours sur le terrain militaire, la France indique qu'il ne peut pas y avoir de conditions à cesser le feu. Est-ce que, si cesser le feu il y avait, ce qui n'est... On n'en prend pas le chemin. La Russie a décidé une offensive redoublée, globale, en Ukraine. Mais est-ce que s'il y avait un cesser le feu, qu'est-ce qu'il y aurait à négocier avec les Russes ?

14:21
Locuteur 5

Je pense qu'aujourd'hui, la première chose qu'il y a à négocier avec les Russes, c'est qu'ils se retirent de l'Ukraine. Je ne vois pas comment est-ce qu'on pourrait aujourd'hui négocier autre chose avec la Russie que le fait qu'ils respectent le principe d'intensibilité des frontières.

14:37
Locuteur 6

Donc on en est vraiment à des années-lumière, parce que la Russie décide d'un côté une offensive générale, et si la négociation doit porter sur un retrait...

14:44
Locuteur 5

Attendez, qu'est-ce qu'on pourrait négocier d'autre ? La partition de l'Ukraine en deux, avec une république russe, une république qui resterait démocratique et libérale. Moi, je ne vois pas de quel droit, aujourd'hui, la France irait négocier avec la Russie une partition de l'Ukraine, ou d'autres républiques, d'ailleurs, en Europe de l'Est. Et de la même manière, le « désarmement » d'un certain nombre de pays qui sont aujourd'hui dans l'OTAN, je ne vois pas au nom de quoi ces États qui sont souverains, qui ont fait le choix d'adhérer à l'Union Européenne, qui ont fait le choix d'adhérer à l'OTAN, nous leur dirions « Eh bien, il faut renoncer à cette adhésion... »

15:22
Locuteur 6

Et l'Ukraine, un pays neutre, finalement, qui prendrait l'engagement de ne pas adhérer à l'OTAN, de ne pas adhérer à l'Union Européenne ? Si c'est le choix des Ukrainiens, alors soit,

15:33
Locuteur 5

mais il faut que ce soit le choix des Ukrainiens. Je ne vois pas en quoi nous imposerions aux Ukrainiens le fait qu'ils ne puissent pas être candidats. Après, je rappelle que l'Ukraine est candidate à l'adhésion à l'OTAN depuis 2008, sommée de Bucarest, donc ça fait quand même relativement longtemps. Pour l'instant, nous n'y avions pas donné suite. Donc, si vous voulez, c'est une décision à la fois des Ukrainiens, mais c'est aussi une décision de ceux qui pourraient accueillir l'Ukraine dans l'Alliance.

15:59
Locuteur 4

L'une des questions qui découlent très directement de cette guerre faite par la Russie à l'Ukraine, c'est celle des réfugiés. Plus de 150 000 personnes ont déjà fui leur pays. On accueille ces gens en France ? On ouvre les frontières ? On délivre des visas, comme le demande Martine Aubry, par exemple ?

16:19
Locuteur 5

Je pense que c'est l'honneur de l'Europe, bien entendu, d'accueillir les personnes qui fuient la guerre. Nous l'avons fait pour d'autres conflits, notamment la Syrie et l'Irak. Nous devons le faire, évidemment, pour le peuple ukrainien. Ensuite, il faut que nous tirions les leçons de ce qui s'était passé au moment de la guerre en Syrie et en Irak pour faire en sorte que ce ne soit pas un chaos généralisé et que tous les pays de l'Union européenne prennent leur part de l'effort. Les routes officielles, par exemple ? C'est-à-dire une juste répartition des personnes qui fuient.

Et puis derrière, quand même la volonté de dire qu'à un moment ou un autre, il faut que ces personnes puissent retourner dans leur pays, c'est-à-dire avoir l'espoir d'un retour dans le pays et non pas une immigration massive et définitive.

17:13
Locuteur 4

Olivier Bech, t'invité du 830 France Info. On reprend cette discussion après le fil info. 9h moins 10, Diane Ferschit.

17:19
Locuteur 1

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky rejette à l'instant l'offre russe de pourparler en Biélorussie. Il dit rester ouvert aux discussions, mais pas sur le seul biélorusse. Volodymyr Zelensky qui propose aux Ukrainiens vivant à l'étranger de rejoindre ce qu'il appelle la Légion internationale de la défense territoriale de l'Ukraine. Dans le nord-est du pays, ce matin, le maire de Kharkiv indique que des troupes russes ont fait une percée dans sa ville. Des combats de rue sont en cours en ce moment même. Les Ukrainiens qui attendent les armes et les équipements militaires annoncés par les Occidentaux.

Des armes défensives envoyées par la France, la Belgique, les Pays-Bas ou encore l'Allemagne, Berlin, qui jusqu'à présent s'interdisait d'en exporter vers les zones de conflit. Et les réfugiés ukrainiens continuent d'affluer dans les pays frontaliers. Ils sont près de 167 000 à être arrivés dans les pays voisins. Précise sur France Info le haut commissariat aux réfugiés de l'ONU. En France, l'épidémie de Covid poursuit sa décrue, baisse des contaminations, baisse aussi du nombre de patients en réanimation. Ils sont un peu moins de 2 500 dans les services de soins critiques.

Le port du masque sera levé demain dans les lieux clos soumis au pass vaccinal, sauf dans les transports en commun, les avions et les trains.

18:28
Locuteur 4

Le président du groupe Agir à l'Assemblée, Olivier Becht, est l'invité du 8.30 France Info ce matin. Jean-Jérôme Bertolus.

18:38
Locuteur 6

Demain, le Premier ministre Jean Castec reçoit les principaux candidats à l'élection présidentielle pour les informer en quelque sorte de l'action de la France. Mardi, vous les députés, vous allez avoir un débat sans vote autour de l'Ukraine. Est-ce qu'aujourd'hui, compte tenu de la gravité de ce conflit, il faut en quelque sorte maintenir une sorte d'union nationale ? Écoutez ce que disait Jean-Luc Mélenchon, c'était samedi en meeting à la Réunion.

19:04
Locuteur 2

Je mets en garde le président de la République contre la tentation du cynisme qui serait, après tant d'erreurs, de s'agiter dans le rôle qui plaît toujours à un garçon, petit comme grand, du grand soldat avec ses arcs et ses flèches. Nous allons envoyer des armes. Ah bon ? Vous avez réellement l'intention d'aller vous fourrer dans ce nid de frolon ? Vous ne croyez pas que le plus important, c'est d'exiger le cessez-le-feu immédiat et de commencer les discussions sérieuses au lieu d'envoyer du matériel de guerre ?

19:36
Locuteur 6

Il faut savoir préserver aussi le débat et les critiques contre l'action de la France et du président de la République vis-à-vis de ce conflit. Écoutez, nous sommes dans une démocratie.

19:48
Locuteur 5

Chacun a le droit de s'exprimer. Moi, je pense que dans ces circonstances-là, ce qui prévaut, c'est l'unité nationale. Après, derrière, on voit bien qu'un certain nombre de candidats, M. Mélenchon, Mme Le Pen, M. Zemmour, M. Ciotti, qui est le principal lieutenant de Mme Pécresse, ont été relativement proches de la Russie et parfois ont fait l'éloge de M. Poutine. La seule chose que je constate, c'est que tous ceux qui nous parlaient du grand remplacement, aujourd'hui, le vrai remplacement, ce n'est pas entre des chrétiens et des musulmans, c'est entre des démocrates et des dictateurs avec des chars. Voilà le remplacement auquel nous sommes en train d'assister en Europe.

Et donc, je pense qu'il est important que ceux qui se situent très clairement dans le camp des démocrates et des amoureux de la liberté le fassent savoir. Et je pense que les Françaises et les Français seront très intéressés par le positionnement des uns et des autres parce que ce n'est pas simplement de la liberté du peuple ukrainien dont il s'agit, c'est également la liberté du peuple français et des peuples d'Europe.

21:03
Locuteur 4

Est-ce que les prises de position que vous évoquiez des uns et des autres, d'après vous, disqualifient un certain nombre de candidats à la présidentielle ? C'est ce que dit Valérie Pécresse, par exemple.

21:11
Locuteur 5

Moi, je ne dirais pas que ces personnes sont disqualifiées. Ce n'est pas à moi de tirer ces enseignements. Mais je pense que les Françaises et les Français dans les urnes feront ça. Et quand Valérie Pécresse dit ça, je note que M. Ciotti, il y a quelques semaines, demandait que la France retire du commandement intégré de l'OTAN et se rapproche de la Russie, de M. Poutine, au motif qu'ils étaient chrétiens. Voilà quand même un certain nombre de sujets. Je pense que Mme Pécresse serait bien avisée de commencer à balayer dans son propre camp.

21:48
Locuteur 6

Comment, dans ce contexte de guerre, le président de la République peut annoncer sa candidature à l'élection présidentielle ?

21:55
Locuteur 5

Écoutez, je pense que ce n'est un scoop pour personne. Il a jusqu'au 4 mars pour porter candidat. Donc, je peux sans me tromper vous dire qu'il annoncera sa candidature la semaine prochaine. C'est une formalité nécessaire. Je pense que le président va continuer à présider l'État, c'est-à-dire à s'occuper de la crise. Et puis, il fera campagne en parallèle. Il a derrière lui une majorité qui fera campagne pour lui et qui montrera que le camp des démocrates, des amoureux de la liberté, est le camp qui permettra à la France de se tenir droite en Europe. Mais aussi de réfléchir, si vous me permettez, également à la suite. Parce qu'on parlait tout à l'heure, justement, de M. Mélenchon, de M.

Ciotti, de Mme Le Pen, de M. Zemmour, etc. Toutes ces personnes-là veulent moins d'Europe. Or, aujourd'hui, la leçon qu'on doit tirer de la crise, c'est qu'il ne faut pas moins d'Europe. Il nous faut plus d'Europe et mieux d'Europe. Il faut revoir l'architecture européenne au niveau de la grande Europe parce qu'il y aura un après-crise, un après-Poutine, un après-Erdogan. Il faudra proposer des choses concrètes à la Russie, à la Turquie, à d'autres pays, comme nous l'avons fait avec l'Allemagne après la Seconde Guerre mondiale, notamment autour de l'énergie, c'était le charbon et l'acier. Demain, ce sera vraisemblablement autour des énergies renouvelables.

Ce sera un enjeu pour la Russie parce que la Russie, elle dépend exclusivement des hydrocarbures. Donc, son avenir dépendra également de la manière dont on l'accompagnera dans la transition énergétique. Et puis, il y a également l'architecture de la petite Europe, l'Union européenne, dont on voit bien qu'aujourd'hui, elle va devoir être beaucoup plus politique. Elle va devoir être capable d'avoir sa défense propre, peut-être dans le cadre de l'OTAN, mais en tout cas une défense autonome. C'est donc cette Europe-là, peut-être sur un noyau dur, qu'il va falloir construire.

Et je suis certain que c'est dans le camp du Président de la République, dans le camp d'Emmanuel Macron, que nous arriverons à le faire, et certainement pas dans le camp de Mme Le Pen, de M. Ciotti, de M. Zemmour ou de M. Mélenchon.

24:01
Locuteur 6

Dans l'immédiat, Olivier Bech, cette guerre va avoir un impact direct sur la campagne présidentielle. Vous parliez d'Emmanuel Macron qui va continuer à être président. Il va faire une campagne à minima. Par exemple, on parlait d'un meeting à Marseille, le 5. Ce meeting est annulé ? Je n'en sais rien. C'est le Président de la République qui le décidera.

24:17
Locuteur 4

Merci beaucoup, Olivier Becht, invité du 8.30 France Info ce matin, président du groupe Agir à l'Assemblée Nationale, député du Rhin, et je ne l'ai pas dit tout à l'heure, membre de l'Assemblée Parlementaire du Conseil de l'Europe. On vous réécoute sur franceinfo.fr et l'appli Radio France. Sous-titrage Société Radio-Canada