Incarcération de Nicolas Sarkozy : "Je trouve cela très inquiétant pour le système judiciaire", dit Louis Aliot vice-président du RN
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Bonjour Louis Alliot. Bonjour. Le Rassemblement National n'a pas réussi à provoquer un retour aux urnes pour l'instant. Vous allez nous dire si c'est un échec, quelle stratégie allez-vous adopter désormais ? Allez-vous notamment voter la suspension de la réforme des retraites, vous qui réclamez son abrogation depuis deux ans ? Mais d'abord, Louis Alliot, c'est un événement inédit. Nicolas Sarkozy, ancien président de la République, dormira en prison cette nuit à la prison de la Santé à Paris après sa condamnation dans l'affaire dite libyenne. Et le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, a prévu d'aller le rencontrer. Écoutez, il était invité hier de France Inter.
J'ai été voir Nicolas Sarkozy, vous savez quoi ? J'irai le voir d'ailleurs en prison. Comme garde des Sceaux, je m'inquiéterai de ses conditions de sécurité.
On a appris aussi qu'Emmanuel Macron avait reçu l'ancien président à l'Élysée vendredi. Ses égards venant du ministre de la Justice, du président Emmanuel Macron, ils sont normaux ou ils vous dérangent ?
Écoutez, il est quand même ancien président de la République, c'est pas rien. Il a eu le visage de la France pendant 5 ans. Et il est détenteur d'un certain nombre de secrets d'État, qu'on le veuille ou non. Et donc ce n'est pas un citoyen comme un autre. C'est aujourd'hui injusticiable comme un autre, la preuve. Mais sa qualité d'ancien président de la République en fait un personnage à part. La preuve, c'est qu'il est de droit, par exemple, membre du Conseil constitutionnel. La Constitution, le... Donc c'est pas un personnage... Il y a renoncé depuis qu'il avait été... Oui, mais c'est pour vous dire... C'est pour vous dire qu'il a un statut.
Et que c'est pas tout à fait un Français comme un autre, on va dire. Même si c'est un justiciable comme un autre. Donc Emmanuel Macron a raison de dire que c'était normal, sur le plan humain, de recevoir un de ses prédécesseurs. Alors sur le plan humain, je ne peux pas juger, je ne connais pas leur relation d'amitié ou... Mais c'est M. Darmanin qui finalement, sur le problème de la sécurité de cet ancien président de la République, a trouvé, je pense, le ton juste. Il va aller le visiter. Je pense que là aussi, on entre dans une phase, si vous voulez, que nous ne connaissions pas. C'est la première fois qu'un président de la République, un ancien président de la République, est incarcéré.
Pour des faits, il faut bien le dire, choquent beaucoup de monde. Enfin, le jugement choque beaucoup de monde. Puisque j'ai vu des magistrats, des avocats faire des tribunes, des anciens membres d'ailleurs du Conseil constitutionnel, etc. Parce que c'est vrai qu'une condamnation sans preuve, marquée du saut de l'exécution provisoire, qui vise tout simplement à mettre M. Sarkozy en prison, c'est choquant.
Mais il a été condamné sans preuve ?
Oui, il n'y a pas de preuve. Il y a l'intime conviction...
Il a été condamné en première instance à 5 ans de prison pour association de malfaiteurs.
Oui, non mais sans preuve. Quand vous lisez le jugement, on vous dit, il aurait dû savoir. Il aurait dû savoir, c'est pas tout à fait, il savait. Et donc, on peut s'interroger aussi sur la motivation des magistrats qui, par l'exécution provisoire, le placent en détention.
Est-ce qu'il y a une solidarité avec Nicolas Sarkozy ? Parce que le Rassemblement national, aussi, a été confronté aux affaires. Parce que Marine Le Pen, aussi, est confrontée à l'exécution provisoire de sa peine d'inéligibilité. Ça vous rend solidaire de ce qu'il vit ?
Écoutez, je crois que tous les partis sont confrontés à ce genre de choses, et depuis bien longtemps, c'est pas une solidarité, c'est une affaire de droit. C'est soit le droit s'applique de la même manière pour tout le monde, soit il ne s'applique pas de la même manière pour tout le monde. Et sur l'exécution provisoire, on en revient à ce sujet de droit. Aujourd'hui, vous avez quand même le Conseil constitutionnel, qui, par exemple, pour les élus locaux, pointe un certain nombre de choses. Pour les députés, pointe un certain nombre d'autres choses. Et on voit bien que cette exécution provisoire pose problème. Donc, je pense qu'à l'avenir, cette jurisprudence évoluera.
Et dans cette évolution...
Oui, parce que ce n'est pas la faute des magistrats, l'exécution provisoire. C'est le législateur qui a créé cette...
Je suis bien d'accord avec vous. Sauf que le législateur, aujourd'hui, il vote des choses dont il voit aujourd'hui, les conséquences qu'il n'avait pas prévues. Mais il ne fait jamais machine arrière. Parce qu'il ne veut pas prendre le risque de l'impopularité. Donc, on en arrive à des aberrations. Louis Alliot, est-ce qu'il n'y a pas un deux poids deux mesures ? L'exécution provisoire s'est prononcée quasiment tous les jours dans les tribunaux français. Est-ce que vous n'êtes pas en train de demander un traitement de faveur pour les politiques par rapport aux Français lambda ? Elle est prononcée, notamment en matière civile, pour protéger des droits.
Et elle est prononcée en matière pénale pour des faits, j'allais dire, de droits communs, c'est-à-dire de violences, de vols, etc. Donc des choses très graves. Là, si demain, la cour d'appel relaxe M. Sarkozy... Ce qui est possible, parce qu'il est à nouveau présumé innocent, il y aura un nouveau procès... Oui, mais ça, c'est de la fiction. Et on me dit, il est présumé innocent, mais il va en prison, il y a quand même un problème, non ? S'il est présumé innocent, il ne doit pas aller en prison. Tout le monde le voit bien, ça. Or, là, il va en prison, et peut-être sera-t-il relaxé en cours d'appel. Et alors là, les magistrats qui ont prononcé l'exécution provisoire, il se passe quoi ?
Eh bien, il ne se passera rien. Un ancien président de la République française aura été mis en prison, je ne sais pas combien de temps, parce qu'un tribunal l'a décidé en première instance et que cette décision aura été contestée en appel par d'autres magistrats. Moi, je trouve ça, laissez-moi vous le dire, très inquiétant, même pour le système judiciaire.
Louis Alliot, écoutez la réaction de Rémi Hetz, procureur général près de la Cour de cassation. Il était sur France Info tout à l'heure, et il réagissait à l'émotion suscitée par cette incarcération, et notamment à la déclaration de Gérald Darmanin, le garde des Sceaux.
Il y a un risque qu'une telle visite soit ressentie par les magistrats, et soit, et c'est important, soit perçue par l'opinion, comme une forme d'obstacle finalement à cette sérénité recherchée, et de risque donc d'atteinte à l'indépendance des magistrats.
Est-ce qu'il y a un risque d'atteinte à l'indépendance des magistrats ? Olivier Vore, à l'instant, le patron du PS dénonçait aussi des pressions sur les magistrats, qui sont indirectes, avec ces égards qui sont importants à l'indépendance des magistrats ?
Il ne faut pas s'en prendre aux magistrats directement, ça c'est la règle et c'est puni d'ailleurs par le Code pénal, mais on a le droit de discuter d'une décision de justice, et encore heureux. Une République, c'est un équilibre des pouvoirs, l'exécutif, le législatif, le judiciaire. Il y a des décisions de justice qui sont rendues au nom du peuple français, on a le droit de les commenter, de les contester, de manifester le mécontentement quand on juge qu'elles ne sont pas justes, mais ce qu'on n'a pas le droit de faire, c'est de s'attaquer directement à des magistrats. Ça, ça me paraît évident.
Sauf que le garde des Sceaux, qui est quand même le patron, on va dire, de l'administration pénitentiaire, il va voir si cet ancien président de la République sera incarcéré dans les meilleures conditions de sécurité. Ça ne me paraît pas choquant. Je suis assez surpris que le procureur, lui, soit choqué.
Mais Louis Allure, vous n'avez pas le sentiment que vous vous protégez tous un peu entre vous, Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy ? Parce que le français lambda, quand il est condamné et qu'il va en prison, il n'y a pas de rassemblement organisé, il n'y a pas de visite du garde des Sceaux.
Ce n'est pas vrai, mais encore une fois, on n'est pas là dans des faits. On est dans la délinquance, entre guillemets, financière. On n'est pas dans la délinquance de violence. Tous les jours en France, et j'en suis un témoin en tant que maire, vous avez des malfrats qui sont arrêtés 10, 15, 20 fois, remis au juge et libérés. Ça, les français, excuse-moi, les français sont témoins de cela. L'autre jour, des policiers à Dunkerque, je crois, ont été passés à tabac, et puis des magistrats les ont relâchés. Bon, depuis, ils ont été incarcérés.
Donc, on voit bien qu'il y a quand même, en matière de justice, des choses plus positives, d'autres négatives, et il est tout à fait normal de pouvoir les critiquer. Parce que je ne vois pas pourquoi il y aurait un pouvoir au-dessus des autres. Mais, Louis Alliot, vous pouvez donc faire du en même temps, critiquer le laxisme de la justice, et en même temps vouloir remettre en cause l'exécution provisoire dès que ça touche des politiques. Mais l'exécution provisoire, je vous ai dit qu'elle a été faite pour protéger des intérêts, notamment civils. quand il n'y a pas de danger pour l'avenir. Enfin, je veux dire, M. Sarkozy n'allait pas recommettre des faits qui lui ont été reprochés.
D'ailleurs, il a été relaxé pour beaucoup. Il n'allait pas s'échapper de France pour aller se cacher, je ne sais où. Donc, l'exécution provisoire, elle vise à ça. Elle vise à protéger la société de la récidive, en quelque sorte, ou de la... comment on appelle ça ? Des faits qui pourraient encore être commis. Mais ce n'est pas le cas. Donc là, on voit bien que cette exécution provisoire choque beaucoup.
Et quand vous avez quand même un ancien secrétaire général du Conseil constitutionnel, des membres du Conseil constitutionnel, des hauts magistrats en retraite qui disent que ça leur pose problème, ce cas précis, il faut aussi entendre que des gens de la profession du pouvoir judiciaire sont eux-mêmes, j'allais dire, surpris et quelquefois inquiets pour des décisions qui sont prises en matière judiciaire.
Donc, lui a lieu un ancien président en prison, c'est inédit. En tout cas, écoutez l'un des avocats de Nicolas Sarkozy, Jean-Michel Darrois, sur France Info, tout à l'heure.
Bien sûr, il s'y est préparé, d'abord en préparant un sac dans lequel il a mis quelques affaires, quelques plovers, parce qu'il fait froid en prison, des boules qui aissent, parce qu'il y a beaucoup de bruit. Un isolement comme celui qu'il va subir, lui, est pénible, mais il s'y est préparé.
Cela vous choque, ces conditions de détention pour un ancien président, une cellule du dizaine de mètres carrés, des denrées, que Nicolas Sarkozy devra acheter à la prison ?
Non, mais là, on rentre, si vous voulez, dans le commentaire. Je ne vais pas rentrer là-dedans. Les conditions de détention, je peux vous dire, elles sont difficiles pour tout le monde. Vous avez visité des prisons ? Je suis allé moi-même visiter des prisons lorsque j'étais parlementaire. L'état des prisons françaises est absolument minable, il faut quand même le dire.
Moi, je vois même à Perpignan, il n'y a pas une semaine, sans qu'il y ait des problèmes, soit d'incarcération, parce qu'il y a une surpopulation carcérale, mais surtout de violence au sein de la prison, à l'encontre des gardiens de prison, et que jusqu'à présent, on ne peut pas dire que beaucoup de choses ont été faites pour préserver les gardiens de prison sur leur sécurité. Donc, c'est le milieu carcéral en général qui doit être repensé de A à Z. Il faut construire des prisons, libérer des places, mais tout le monde en parle depuis maintenant 20 ans, on va dire, mais personne n'a rien fait ou pas grand-chose.
Louis Alliot, on a appris ce week-end, dans la tribune du dimanche, que Nicolas Sarkozy avait appelé Marine Le Pen ces derniers jours. Est-ce que vous savez ce qu'ils se sont dit ? Non, je crois qu'il l'a remercié, si j'ai lu comme vous le papier. Parce qu'on avait cru comprendre que Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen étaient des adversaires de toujours. Mais vous pouvez être adversaire politique, vous n'êtes pas ennemi. Je veux dire, le sectarisme en général, c'est à gauche que ça se passe, ou à l'extrême gauche. Mais la plupart du temps, avec nos adversaires politiques, notamment de droite, on a des contacts courtois, même si on ne pense pas à la même chose.
Et heureusement, la politique, ce n'est pas la guerre civile. Ça, c'est M. Mélenchon, la guerre civile. La politique, c'est la confrontation des idées. On s'est opposé à M. Sarkozy lorsqu'il était au pouvoir. On s'oppose à la droite lorsqu'elle fait n'importe quoi. Mais dans ces moments-là, on peut avoir des échanges. Mais c'est un homme, c'est un responsable politique et il a été le président de la République française. C'est quand même pas rien. Donc le fait que, suite aux déclarations de Marine, il appelle Marine Le Pen pour discuter de cette affaire-là, ça ne me paraît pas assez... Ça ne me paraît pas US.
Louis Alliot, il faut qu'on avance. Le Conseil d'État a rejeté récemment une demande de Marine Le Pen visant à contester l'application immédiate de son inéligibilité dans l'affaire des assistants parlementaires européens. On en parlait. Est-ce que c'est terminé pour elle ? Ou vous avez encore l'espoir de parvenir à contester...
Non, ça, c'était que l'un des recours sur le chemin de tous les recours que nous avons prévus. Vous en avez beaucoup d'autres qui pourraient fonctionner ? Vous verrez bien, mais la véritable audience...
Vous ne voulez pas les dévoiler ?
Non, mais la véritable audience, ce sera celle qui commencera mi-janvier et qui se terminera mi-février. Parce que nous pensons que sur la décision de première instance et notamment encore une fois... Vous voulez dire le procès en appel ? Oui. Sur l'exécution provisoire, nous avons beaucoup de choses à dire. Vous pensez qu'elle pourra être candidate à la présidentielle ? Moi, je le pense, mais depuis que, d'ailleurs, ce jugement de première instance a été prononcé, il y a eu une jurisprudence, notamment le Conseil constitutionnel, qui a légèrement modifié son point de vue sur la question, notamment pour les élus locaux, puisque vous en avez bénéficié, d'ailleurs.
Mais vous n'avez pas l'exécution provisoire sur votre mandat actuel de l'air de Perpillot. Et sur l'arrêt Falco, de la même manière. À Toulon. Donc, cette exécution provisoire dans des procès comme ceux-là nuit à ce qui est un principe fondamental du droit, c'est le droit de faire appel, c'est-à-dire le second degré de juridiction. Et c'est ça qui est choquant. Et je reviens à l'affaire de M. Sarkozy, parce qu'autant la exécution provisoire sur l'inigibilité, c'est gênant, puisque ça pourrait empêcher Marine Le Pen d'être candidat à l'élection présidentielle. Mais là, ça met quelqu'un en prison. Privation de liberté, c'est quand même pas rien. Voilà.
Le 8.30 France Info, Aurélie Herbemont, Agathe Lambret.
Avec Louis Alliot, maire de Perpignan, premier vice-président du Rassemblement National. Le RN qui a échoué à renverser le gouvernement. Quelle stratégie désormais, Aurélie, notamment sur la réforme des retraites ?
Au Rassemblement National, vous réclamez depuis deux ans l'abrogation de la réforme des retraites. Comme la gauche, le gouvernement a fini par céder sous la pression des socialistes. Ça veut dire que les députés du Rassemblement National voteront la suspension de la réforme des retraites prévue dans le budget de la Sécu ? On verra la forme que ça prend, au niveau du texte. Puisqu'ils vont être obligés de l'introduire dans le projet de loi de la Sécurité sociale. Et donc, si ça arrive jusque-là, et si elle est bien présente au vote, nous voterons la suspension, bien sûr. Mais cette suspension, je le dis avant que vous me posez la question. Ce n'est pas tout le budget.
C'est une mesure symbolique, mais ce n'est pas cette mesure sans tout le reste. Vous pouvez très bien voter la suspension de la réforme des retraites si ça passe bien un amendement, mais rejeter l'ensemble du budget de la Sécu, et donc rejeter la suspension de la réforme des retraites. Exactement, parce qu'il y a d'autres choses qui ne sont pas dans le vote de ce budget-là. On peut parler de l'AME. Le grand chantage de cette réforme des retraites, c'est la gauche et le Parti socialiste qui l'ont fait. C'est-à-dire, nous voulons la suspension et nous empêchons la censure, mais en contrepartie, on arrête de parler d'immigration, de tout un tas de problèmes comme ça.
On met tout ça sous le tapis, on verra plus tard, en quelque sorte. Mais ça, les Français ne sont pas idiots. car sur le terrain, ce qu'ils demandent, eux, c'est plus de sécurité, plus de contrôle aux frontières, etc., etc., etc.
Et non à la retraite à 64 ans. Oui, le Parti socialiste a réussi à obtenir quelque chose que vous n'avez pas réussi à obtenir en deux ans. Oui, par le chantage. Et aussi,
le non-recours au 49-3. Par le chantage et par le fait de sauver un gouvernement qui est ultra minoritaire dans le pays. C'est ce que vous aviez fait avec le gouvernement de Michel Barnier aussi. Vous n'avez pas accusé les socialistes de faire la même chose que vous avez fait l'an dernier Michel Barnier. Encore une fois, avec M. Barnier, on avait posé des règles. Il ne les a pas respectées. Il a été censuré. Avec M. Bayrou, ça a été la même chose. On a laissé à M. Bayrou le temps, j'allais dire, de nous proposer quelque chose avec des choses qu'on lui a avancées, des propositions qu'on lui a faites. Il n'en a pas tenu compte. Il a été censuré. M.
Lecornu a passé un deal avec le Parti socialiste que Grand Bien lui fasse. On verra la suite. Nous n'en sommes qu'au début. Mais j'ai quand même l'impression que sous couvert de suspension de la réforme des retraites, derrière, est-il popularisé ? Et quand les entreprises ou les foyers vont voir l'augmentation de la fiscalité, 15 milliards d'impôts supplémentaires et le... 14. Oui, d'accord. Moi, je vous dis 15. Et les 28 milliards de dépenses supplémentaires dans le budget, c'est-à-dire qu'on n'a fait aucune économie, eh bien, je pense qu'ils vont se rendre compte que c'est un marché de dupe qui n'aura bénéficié, finalement, qu'à une caste et à un arrangement entre M. Lecornu, M.
Macron et les socialistes.
En attendant, ils ont réussi à obtenir quelque chose du Premier ministre. Est-ce que vous n'êtes pas venu hors-jeu, Louis Alliot, au Rassemblement National ? Parce qu'en fait, ça fait depuis des semaines que vous dites nous, on censurera a priori. Donc, on ne discute plus
avec le Rassemblement National. qui ne consiste pas à se maintenir au pouvoir coûte que coûte. Le jeu est de regarder si, à la base, dans les rues, dans les entreprises, dans les services publics, les gens sont heureux et s'ils cautionnent cette politique-là. Ils n'en veulent pas. Ils ne veulent plus de M. Macron. Ils ne veulent pas de ce gouvernement. Et ils voient bien, aujourd'hui, que c'est une majorité qui a été faite de briques et de brocs pour sauver ce gouvernement au nom de la stabilité. Stabilité qui est tout à fait, je vais dire, fumeuse. Parce qu'il y a une élection demain ou après-demain, il faudra revenir aux urnes. C'est une certitude parce que ça ne tiendra pas.
Sur le budget, il y a aussi la question de la fiscalité pour les plus riches. La taxe Zuckman, c'est une mesure phare proposée par la gauche. Elle a été rejetée hier en commission des finances de l'Assemblée. Elle sera de nouveau débattue dans l'hémicycle à partir de vendredi. Le RN ne la votera toujours pas ? Non, c'est un totem de la gauche qui croit qu'on avait à les ponctionner les riches pour sauver le déficit de la France. Mais la gauche a refusé notre propre IFF sur les fortunes financières qui préserve au moins l'outil de travail, ce que ne fait pas la taxe Zuckman. Mais voilà, c'est idéologique.
La gauche ne partage pas ce que l'on propose et nous ne partageons pas ce que la gauche propose. Donc voilà, ça fait partie du jeu démocratique.
Mais si elle a été votée, cette taxe Zuckman, c'est aussi grâce à l'abstention du Rassemblement National en février dernier. Est-ce que ce n'est pas le symbole ? Vous êtes abstenu. Enfin, les députés, ils auraient pu voter contre les députés RN. Est-ce que ce n'est pas le symbole de votre ambiguïté sur la fiscalité des plus riches ? On a du mal à comprendre parce que dans une situation
sociale et économique compliquée, une majorité de Français comprend de plus en plus mal qu'il y ait des très gros patrimoines et des très grosses richesses qui ne contribuent pas autant qu'ils devraient, j'allais dire, à l'effort national. Et précisément, cette taxe Zuckman, idéologiquement, elle frappe d'une manière, j'allais dire, indéterminée, les hauts patrimoines, mais sans tenir compte de l'outil de production. Or, dans une période compliquée comme la nôtre, il faut protéger l'outil économique pour permettre la croissance et de cette croissance-là, permettre le développement économique et donc combler les trous des retraites, de la Sécurité sociale, etc.
Mais la mesure que vous proposez, l'impôt sur la fortune financière, selon vos estimations, aurait un rendement de 3 milliards d'euros. C'est moins que l'ancienne ISF. La gauche vous accuse de protéger les milliardaires. Qu'est-ce que vous leur répondez ? Mais la gauche, elle a été au pouvoir pendant 30 ans. Il n'y a jamais eu autant de milliardaires que sous la gauche. Il faudrait bien de s'intéresser à ce qu'ils racontent. Moi, je me souviens de M. Hollande avec son grand discours à l'époque où il avait dit sur les valeurs... La taxe à 75%. Oui, voilà, de ces choses-là.
Et en fait, on voit bien que quand ils sont aux affaires, c'est une autre manière de gouverner et que l'on voit bien des grands patrons qui sont... Il y a eu des petits soucis au niveau du Conseil constitutionnel sur la taxe à 75%. Les fameuses grandes richesses, elles sont autant de droite que de gauche dans notre pays. Ce qu'il faut regarder, c'est ce qu'elles apportent au pays en matière d'emploi, en matière de prestige de la France et en matière de croissance. Ça, il faut le regarder.
Mais taper comme des sourds, je vais dire, d'une manière aveugle et indéterminée sur les plus riches d'entre nous, puisque c'est quand même le peuple français, je trouve qu'il y a là quelque chose de particulier, sauf à vouloir transformer la France en Venezuela. Je ne pense pas que ce soit le but et en tout cas l'objectif de l'Assemblée des Français. Mais donc,
le RN est prêt à s'asseoir sur les 15 à 20 milliards que rapporterait la taxe du Gman selon la gauche. Mais si vous appliquez la taxe du Gman... Pour un impôt, l'impôt sur la fortune financière qui rapporterait 3 milliards d'euros... Non, Louis Alliot, c'est juste pour savoir si c'est à la hauteur des enjeux.
Est-ce que vous donnez un chiffre où dites la gauche se dit la taxe du Gman, c'est... Je dis que c'est la gauche qui...
par des économies
qui n'y a pas dans le budget.
Mais quelles économies ?
La fraude sociale, l'immigration, la contribution européenne. Il y a beaucoup de choses où on pourrait aller chercher des économies qui ne sont pas dans ce budget. En revanche, là, ils sont allés chercher... Il y a un projet de loi contre aussi la fraude fiscale et la fraude sociale qui a été déposée en même temps que le budget par le gouvernement. Et combien, le rendement ? Vous l'avez regardé ? Vous savez que c'est très... Un milliard ! C'est beaucoup, un milliard. Alors qu'on sait très bien que la fraude sociale, c'est au minimum 10 milliards. Oui, mais c'est pas forcément très facile à tracer ce concept de la fraude.
J'ai bien compris que quand c'est eux qui proposent, c'est pas facile et que quand c'est nous qui proposons, c'est irréalisable. Voilà.
Alors c'est pas tout à fait ça parce que le Haut Conseil du Financement de la Protection Social estime que même le gouvernement est trop ambitieux avec... C'est un peu plus de 1 milliard alors que vous, RN, vous prétendez récupérer 10 milliards sur la fraude sociale. Non mais Louis Alliot, c'est-à-dire que vous prétendez qu'avec le RN au pouvoir, vous allez faire tout ce que personne n'a jamais réussi à faire, recouvrir quasiment l'intégralité de la Somme.
Pas l'intégralité de la Somme. Mais je prétends que tous les comités théodules qui sont là depuis 20 ans dans les meubles de la République et qui font des appréciations, des commentaires, des prédictions, se sont plantés depuis 20 ans. Et qu'à cause de ces gens-là, nous en sommes dans la situation où nous en sommes aujourd'hui, c'est-à-dire 3 000 milliards de dettes, un déficit budgétaire de plus de 130 milliards, un déficit commercial de 95 milliards, etc. Donc les experts, c'est très joli sur les plateaux de télévision, mais quand ils sont dans le dur de la décision, je me rends compte qu'ils se plantent beaucoup plus que les autres.
Alors laissez finalement des politiques qui n'ont aucune responsabilité dans la situation actuelle et qui aspirent à gouverner telles que nous et peut-être, alors là, à ce moment-là, vous verrez que des décisions qui peuvent vous paraître farfelues, sont de nature à résorber une partie du déficit qui est celui de la France aujourd'hui.
Louis Alliot, comme tous les jours, c'est le moment de la question qui à retrouver sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui cherche sa boussole, un autre sujet sur lequel on a du mal à comprendre le positionnement du RN, Jordan Bardella a tendu la main où elle est en vue de former une alliance de gouvernement en cas de dissolution, mais Marine Le Pen répète, elle, qu'il est hors de question de faire l'union des droites. Vous, vous êtes plutôt bardelliste ou mariniste sur ce sujet ?
Je suis les deux, parce qu'en fait, on ne parle pas de la même chose. Oui, en même temps, oui, mais hier, par exemple, j'écoutais M. Copé. Il est évident qu'on ne peut faire aucune alliance avec M. Copé, qui nous déteste, qui fait des commentaires en permanence, etc. Mais cette alliance avec la droite, quelle droite ? L'alliance avec la droite, elle se fait dans les urnes déjà. Je rappelle qu'il y a 20 ans, à peu près, les LR faisaient 30% et nous faisions 10-15%. Aujourd'hui, nous faisons plus de 35% et les LR font moins de 10%. Donc, dans les urnes, les électeurs se sont déjà chargés de faire cette union de droite.
Au niveau des élus, Marine Le Pen dit qu'elle ne veut pas d'union avec les LR macronisées, sauf que les LR sont dans le socle commun. Donc, c'est qui les LR avec qui vous pourriez travailler ? Sauf qu'on voit bien encore dans la récente crise sur le budget qu'il y a deux sortes de LR. Il y a ceux qui vont au secours de M. Macron et M. Lecornu pour sauver le budget et pour sauver ce gouvernement. Et puis, vous avez les autres LR qui n'en veulent pas et qui, petit à petit, font un pas vers nous. M. Bellamy, à l'Europe, qui a voté la motion de censure qui a été déposée par Jordan Bardella, même M. Retailleau qui pense que la censure était la meilleure chose à faire sur ce budget.
Donc, on voit bien que les positions bougent et en tout cas, au niveau local, et moi, je l'ai expérimenté à Perpignan, sur ma liste, il y avait des gens en DLR et finalement, on se comporte plutôt bien ensemble. C'est peut-être un modèle à regarder pour les autres villes. Merci,
Louis Aliot, d'avoir répondu aux questions de France Info. Merci Aurélie. On se retrouve demain ? A demain. Vous restez avec nous. Je vous retrouve dans un instant pour les informer avec Renaud Delia. A tout de suite.
Louis Aliot