Prise de parole du Président Emmanuel Macron depuis l’usine Imerys Céramics France dans l'Allier.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Madame, Messieurs les Ministres, Monsieur les Préfets, Mesdames, Messieurs les Élus, Mesdames, Messieurs, en vos grades et qualités, c'est un honneur et un plaisir pour les groupes Imeris et ses salariés de vous accueillir sur le site de Kaolin de Beauvoir à Echassière, qui font la rénommée de la porcelaine française depuis plus de 150 ans. Sous la carrière, derrière de moi, sous la carrière de Kaolin se trouve un des cinq plus grands gisements de lithium en roche au monde. Le projet Émilie, exploitation des mica litinifères, un projet industriel et minier intégré.
Il va de l'extraction minière à Beauvoir, ici, qui sera la première nouvelle mine à la conversion de lithium à Mont-le-Jamp. Le Gine produira 34 000 tonnes par an de lithium permettant d'équiper 700 000 véhicules électriques par an, soit plus de la moitié des besoins français. Émilie est également un projet de territoire, marqué en 2024, par un débat public qui a permis d'associer avec succès les citoyens et de prendre en compte les recommandations des partis prénoms. À terme, plus de 1 000 emplois, directs et indirects, devraient être créés dans le territoire. Émilie est enfin un projet stratégique et souverain.
C'est tout le sens du statut des projets d'intérêt national majeur qui a été conféré en France ainsi, et l'inscription dans la liste des projets stratégiques du Critical Roam Materialism, la Commission européenne. D'avoir récemment accueilli la Banque des Territoires au capital du projet pour les comptes de l'État en tant que coopérateur du volet métacritique de France 2030 pour un montant de 50 millions d'euros. Le lithium, pour terminer, est le carburant de demain. Il est indispensable à l'électrification et à la décarbonation de nos mobilités. Je suis très fier du travail accompli à ce jour pour les équipes d'IMERIS.
Monsieur le Président, votre venue ainsi que celle du gouvernement témoignent du soutien constant, constant, vraiment, qui vous a apporté au projet Émilie. C'est un honneur pour nous et je vous remercie. Merci.
Merci beaucoup pour vos mots et pour votre accueil, Monsieur le Premier ministre, Mesdames, Messieurs les ministres, Mesdames, Messieurs les parlementaires, Monsieur le Préfet, Mesdames, Messieurs les préfettes et préfets, Monsieur le Président du Conseil départemental, Monsieur le maire, directeur général d'IMERIS, et je salue l'ensemble des chefs de services de l'État et d'opérateurs ici présents avec nous tous et toutes. Vous venez de rappeler l'importance de ce projet.
Au fond, j'ai souhaité vous dire quelques mots ici pour évidemment parler de ce projet, mais de la cohérence de ce qui est fait par le gouvernement, de ce que nous souhaitons faire avec l'ensemble des élus locaux qui sont ici présents. Ici, à Echassir, c'est, Monsieur le maire, vous le savez bien, un projet important. D'abord, c'est une histoire industrielle devant laquelle nous sommes, mais c'est aussi un projet important pour l'avenir. Monsieur le directeur général vient d'en rappeler les termes. 34 000 tonnes d'hydroxyde de lithium qui seront produites par an à partir de 2030.
En effet, on a pour objectif environ de produire un million et demi de véhicules électriques, enfin de batteries électriques par an. Ça veut dire que la moitié de ce qu'on doit produire pour ces batteries, on le sécurise avec ce site. Et ça, pour moi, c'est la cohérence d'une stratégie que nous avons depuis des années, qui est de réconcilier les trois points fondamentaux. Compétitivité et création d'emplois, souveraineté et décarbonation. Et quiconque manque un de ces points nous met dans une impasse industrielle. Quand les gens nous proposent d'aller faire de la décarbonation en perdant de la souveraineté, c'est une mauvaise solution.
Quand les gens nous proposeraient de la compétitivité qui renonce au climat, on sait que ce n'est pas durable. Donc il faut tenir les trois. C'est exactement ce qu'on fait, par exemple, sur la mobilité électrique depuis des années. Il y a dix ans, c'est simple, je réunissais les constructeurs automobiles, je disais on va aller plus vers l'électrique. Ils me disaient malheureux, n'y allez pas, on ne produit pas une batterie électrique en Europe. Tout est en Corée et en Chine. On produit aujourd'hui en France des batteries électriques, on a nos 4 gigafactory, c'est le fruit du travail des dernières années. On avait une dépendance sur l'amont.
Avec ce site, la concentration et le travail de raffinage qui sera fait par la technologie que vous stabilisez, on va sécuriser l'amont. C'est exactement le sens de l'histoire industrielle que nous devons faire. Ici, vous aurez le quatrième gisement au monde de l'étirement. Donc on ne parle pas de quelque chose d'anecdotique. Alors tout ça, c'est le fruit d'un combat industriel, d'un travail commun qu'il faut absolument consolider. Je le dis parce que ça ne tombe pas du ciel ni ne sort de terre tout seul.
La France, et vous le savez, dans ces territoires, on était à Montluçon il y a quelques instants, qui a souffert de la désindustrialisation comme tant de villes dans notre pays ces dernières années. Notre pays a parfois plus désindustrialisé que les autres voisins, en particulier à la fin du XXe, au début du XXIe siècle, et ont sorti de 12 années de destruction de sites et d'emplois industriels. Ces dix dernières années, on commence la réindustrialisation. Et ça, c'est le fruit du travail collectif. Mais sur les 2 millions d'emplois total, on a 130 000 emplois nets créés dans l'industrie et 300 sites industriels nets.
Ça veut dire, si je compte les fermetures et les ouvertures, on en a fait plus de 300 nets de sites industriels. On a donc stoppé les 12 années de désindustrialisation et c'est en train de repartir. C'est le fruit de quoi ? D'une politique macroéconomique cohérente. On ne peut pas vouloir refaire de l'industrie et vouloir taxer les gens qui investissent. Ça, ça ne marche pas. Même si on veut se faire plaisir au café ou avec les copains, ça ne marche pas. Donc il faut tenir une politique qui attire le capital en France. Il faut garder une politique qui ne surtaxe pas les entreprises qui produisent en France.
Et il faut donc avoir une bonne politique sur le capital productif industriel, une politique qui, avec les ordonnances travail et les réformes successives, et je fais confiance au gouvernement pour finaliser l'adoption de ce qui a été fait par nos partenaires sociaux sur l'assurance chômage, mais qui continue de simplifier la vie du travail et de consolider tout cela. Et puis une politique d'accompagnement de nos industriels. Ce qu'on a fait pendant le Covid, ce qu'on a fait avec France Relance, ce qu'on a fait avec France 2030. Et donc la cohérence de cette décennie, elle nous met dans cette situation de meilleure santé industrielle.
Et elle repose sur une stratégie de consolidation de nos filières, ce qui fait qu'à Toulouse, on a consolidé notre aéronautique. À Dunkerque, on a inventé justement de Dunkerque à douer cette vallée des batteries, que quand on parle de Belfort, on peut reparler aujourd'hui avec fierté d'hydrogène, parce qu'on va le consolider, mais aussi de nos turbines et de ce secteur. À LAC, on va consolider toute une filière sur les terres rares. Et donc on est en train de bâtir aussi les fondamentaux de cette industrie du XXIe siècle et de ce qui marche avec. Donc il faut consolider tout cela et garder ce critique climat, souveraineté, compétitivité.
Il est absolument indispensable, parce que rien n'est acquis. Et on le voit très bien. Et rien n'est acquis parce qu'on a une transformation du monde qui est le nouveau défi. Je l'ai dit, on a été testé, c'est là qu'on a redéveloppé des instruments de souveraineté avec le Covid. On a ensuite eu la guerre en Ukraine et l'inflation. Là, aujourd'hui, on a une concurrence chinoise qui est terrible, terrible. Vous l'avez vécu dans l'acier, dans le département, mais on a des prix qui s'effondrent. Quand on parle de lithium, on a une concurrence chinoise qui est terrible. Ils tirent les prix vers le bas pour avoir le monopole. Et donc, il y a un dumping avec des surcapacités.
Il y a de l'autre côté, les Américains qui répondent avec des tarifs qui nous touchent aussi. Et donc, nous devons absolument avoir une stratégie française et européenne face à cela. Et c'est aussi pour ça que c'est très important de la voir sur ce qui sécurise notre industrie, qui sont ces terres rares, ces mineries critiques. J'en ai juste un chiffre. 86% de la production mondiale de métaux critiques, ce sont trois pays. La Chine, c'est 60% de l'extraction de terres rares et 90% des actions pour les raffinés.
Cela veut dire que si on ne fait pas des chantiers comme celui qu'on s'apprête à faire sur le lithium aujourd'hui, on est totalement à la main des Chinois et de quelques autres sur les 10, 15, 20, 30 ans à venir pour notre industrie. Ce qui n'est absolument pas soutenable et serait irresponsable. Donc, face à ça, la stratégie maintenant, demain, je disais, il faut consolider ce qu'on a fait côté français. Il ne faut pas les limiter. Il y a des débats, si j'ai bien compris, qui s'ouvriront pour les politiques macroéconomiques à venir. Mais pour les mois à venir, on doit consolider ça.
Maintenant, nous, on doit agir sur, je dirais, deux fondamentaux pour la France qui sont absolument fondamentaux. L'énergie et les matières audio-critiques. Ça, c'est dans les prochains mois un élément clé. L'énergie, on a la stratégie, annoncée à Belfort en 2022, économiser au maximum de l'énergie et donc tout ce qu'on peut faire en effacement, en réduction de nos surconsommations industrielles des ménages, développer le renouvelable, mais surtout consolider le pilier français qui est le nucléaire. Et donc, on a aujourd'hui le grand chantier du siècle qui est le nucléaire.
Il est fondamental parce qu'il va nous permettre de rester compétitif en matière d'énergie, de rester décarboné et de rester souverain. Toujours mes trois points. Donc ça, c'est ce qu'on est en train de consolider de l'amont à l'aval. Et c'est absolument décisif parce qu'au moment où l'énergie est rare, et vous voyez toute la difficulté du moment, nous, nous exportons 90 TWh d'électricité. Et ça, c'est la force du nucléaire historique, du grand carénage qu'on a su faire et accompagner dans nos territoires et de ce qu'on est en train de relancer. La période que nous vivons montre simplement une chose, on doit accélérer avec constance sur cette stratégie.
C'est ce que le Premier ministre a confirmé hier et a annoncé quelques jours. Et on doit réussir ce pari d'avoir une politique d'aide à des filières, ce qu'on fait, mais en même temps une politique qui regarde l'avenir et qui donc accélère notre électrification. Parce que dans le moment où nous sommes en train de voir les conséquences de la dépendance des hydrocarbures fossiles liées à nos mobilités ou autres, on ne doit pas simplement aider ou, si je puis dire, financer les surcoûts qui viennent du bout du monde et qui sont le fruit des déstabilisations géopolitiques ou de nos dépendances. Il faut qu'on accélère notre politique là aussi d'indépendance.
Le plan d'électrification qui va permettre d'ici 2030 de doubler les montants qui sont investis et des véhicules électriques, aux pompes à chaleur, à tout ce qui permet d'accélérer dans les collectivités locales, dans les filières industrielles, pour nos compatriotes, est absolument clé. Et c'est le lien pour cette stratégie. On aura besoin de cette mine. On aura besoin de ce qui est fait ici. Parce que ce n'est pas la peine d'accélérer une stratégie d'électrification, si on n'est pas fichu, de construire ces batteries électriques et de sécuriser à l'amont ce que nous ferons. Ça, c'est pour l'énergie. On a les fondamentaux. On est bon. Il faut simplement accélérer et consolider.
On a ensuite les matériaux critiques. Et là aussi, on a plus de force qu'on ne le croit. Je le dis ici, dans ce territoire qui a une histoire minière sur ce site qui, depuis plus d'un siècle, extrait le kaolin et qui, demain, extraira kaolin et lithium. Mais nous sommes une grande terre, et on l'avait oublié, d'extraction, de transformation, et aux meilleurs critères, là aussi, internationaux. On a le BRGM, qui est quand même l'excellence mondiale en termes de recherche d'études. On a fait d'ailleurs notre cartographie il y a trois ans maintenant. Et on exporte ce modèle en proposant, justement, cette indépendance partout dans le monde.
Et toutes nos stratégies, ça va être d'exploiter au maximum, de transformer au maximum sur le terrain. C'est le projet, Émilie. Extraire ici le lithium, pouvoir faire les travaux de concentration à quelques kilomètres d'ici, sécuriser d'ailleurs, ce sera l'engagement de l'Etat, la partie ferroviaire. Et ensuite, pouvoir le vendre à des producteurs de batteries sur le sol français. Et puis, à côté de ça, nous avons une stratégie de diversification. On réduit nos dépendances à quelques pays, donc on diversifie nos approvisionnements. Et on a une stratégie de réindustrialisation et de recyclage sur ces matériaux critiques et ces minerais. Pourquoi ?
Parce que si on veut réduire là aussi nos dépendances, on doit trouver le moyen, nous, de créer de la valeur dans le cycle. Je vous parlais par exemple de Carester à Lac. On est en train de créer un champion mondial de séparation des terres rares pour les utiliser sur le plan industriel. Et puis, on doit au maximum recycler. C'est ce qu'on fait par exemple avec Orano qui va travailler l'aval du futur, qui va permettre de réduire nos dépendances en matière d'uranium. Et c'est ce qu'on fait avec beaucoup d'acteurs de l'économie circulaire française qui, ce faisant, nous permettent de réutiliser ces matériaux critiques, ces minerais critiques, ces terres rares.
Ça, c'est la stratégie qui est essentielle et il faut la consolider dans les années à venir pour notre industrie. Et puis, à côté de ces deux piliers, énergie et matériaux critiques, on a un triptyque français-européen. Investir, protéger et accélérer. Et c'est pour ça, sur ce deuxième pilier, qu'on est en particulier là aujourd'hui. Investir, c'est clé. C'est ce qu'on fait avec France 2030, qu'on est en train de consolider au niveau européen. On va convaincre nos partenaires qu'on a besoin d'investir massivement dans ces technologies pour réindustrialiser, parce que la bataille est mondiale et que nos compétiteurs investissent beaucoup et plus que les Européens aujourd'hui.
Les Chinois, les Américains, quand on regarde ce qu'ils font sur les industries de défense, sur le quantique, sur l'intelligence artificière, sur les technologies de transition, dont celle-ci, ils investissent des montants considérables. Les Européens, au niveau agrégé, ne le font pas assez. Donc c'est la bataille qu'on va mener au niveau européen. Et on a besoin de consolider aussi de l'investissement privé. Alors on a créé des instruments, des fonds, le crédit d'impôt industrie verte. On a bâti là aussi des possibilités de faire. Mais de la même manière qu'on a su pour l'argent public avoir France 2030, on doit vraiment remobiliser l'épargne privée européenne sur l'industrie.
C'est toute la bataille qu'on a pour l'union des marchés de capitaux, c'est-à-dire une union d'investissement. Ça, c'est la clé pour investir. Ça va être notre bataille des prochains mois. Ensuite, c'est protéger. Et ce mot n'est pas un gros mot. Et je me bats de tous les coins pour qu'on le pousse et qu'on convainque nos partenaires. Je vous parlais de la bataille que nous livrent les Chinois. Vous l'avez vécu avec Eurasil sur le territoire. Parce que là, on célèbre les succès. On a des moments difficiles aussi. Qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce qui est en train de se passer ? On a des tas de secteurs où la Chine fait du dumping et nous casse la matière.
Alors nous, on résiste un peu mieux, parfois parce qu'on avait plus des industrialisés que les voisins, parce qu'on s'est mis sur des meilleurs segments, parce qu'on a protégé très vite. ArcelorMittal, ils sont encore là. Ils nous font des investissements parce qu'on a tout de suite protégé. On a pris ce qu'on appelle des clauses de sauvegarde pour freiner. Mais l'Europe, c'est la conversion qu'on est en train de faire, doit davantage protéger. Protéger en mettant de la préférence européenne, en imposant dans les filières des composants européens et en sachant prendre, quand on a de la concurrence déloyale, des mesures de protection.
Les Nord-Américains le font, les Chinois le font, n'étaient les derniers à ne pas le faire. Ça, c'est la bataille qu'on mène, celle que vous m'entendez conduire et les ministres avec moi ces dernières années, tout particulièrement, pour cette souveraineté européenne. Elle est clé. Et je le dis à un moment où nos voisins allemands et quelques autres sont en train de subir la pire vague de désindustrialisation connue dans les dernières décennies. L'année dernière, c'est plus de 250 000 emplois industriels détruits en Allemagne. Comparé avec les nôtres, ils partaient de beaucoup plus haut. Pourquoi ?
Parce que dans la machine outil ou dans l'automobile, ils sont percutés par cette concurrence, il faut bien le dire, déloyale qui vient de Chine. Se battre pour la préférence européenne est clé si on veut le succès de cette stratégie que je vous présente. Et je vais te dire quelque chose de simple, c'est clé pour le site qu'on fait là. Parce que si on veut que le lithium qu'on extrait ici aille dans nos batteries qu'on fait en France, il faut qu'on crée des incitations pour que les producteurs de voitures européens achètent des batteries françaises et européennes. Parce que s'ils font comme ils font depuis 20 ans, ils iront acheter la moins chère sur le marché.
Et si les Chinois font du dumping pendant 6 mois, 1 an, ils créeront mécaniquement par des subventions d'État la batterie la moins chère du monde. C'est pour ça qu'on a besoin de sécuriser cette préférence européenne. C'est une question de cohérence industrielle. Et puis le dernier point de cette stratégie, c'est accélérer. En même temps qu'on investit, qu'on a des compétences, qu'on est en train de faire ça, il faut absolument qu'on puisse accélérer sur nos projets. Accélérant en Europe, c'est ce qu'on fait avec ces...
Vous entendez peut-être parler des Omnibus Act, ces lois un peu diverses dispositions, on dirait, chez nous, qui permettent justement de réduire les délais européens, qui freinent, qui simplifient. Et ça, c'est un combat qu'on mène en particulier avec l'Allemagne depuis un an maintenant, avec des premiers résultats. Mais c'est ce qu'on fait au niveau français. On n'a pas commencé hier, je vous rassure. Il y a eu plusieurs lois de simplification, mais ces 3 dernières années, on a accéléré ce travail. Il y a 3 ans, quand je recevais beaucoup des porteurs de projets de la réindustrialisation, certains d'ailleurs qui sont là, on avait pour le départ d'un grand projet 17-18 mois.
Grâce à la loi Industrie verte, la loi ASAP, qui ont été promulguées et commencées à appliquer, et appliquées par nos préfets qui sont là, les services de l'État, on est passé à 8-9 mois pour nos grands projets. Donc on a déjà diminué par 2 les délais. Ça veut dire que ça marche et c'est possible, avec un effort très important, en regardant avec les filières industrielles ce qu'il fallait simplifier, et en mobilisant tous les services de l'État avec un chef sur le terrain, et on avance. Et là, ce que le gouvernement lance aujourd'hui, par les réunions de ce matin, par tout le travail de mobilisation, ce sont nos 150 grands projets stratégiques.
150 projets industriels partout sur le territoire. Je remercie les ministres qui, avec les filières, les industriels, les ont présentés ce matin et ont préparé tout ça. Et je remercie nos préfets qui sont là, qui vont avoir à les accompagner en plus de tout le reste. Au fond, je le disais au maire il y a quelques jours, c'est la méthode Notre-Dame de Paris. C'est pas compliqué. C'est-à-dire un projet identifié, une chaîne de commandement claire, des gens à qui on rend compte, et des délais records qu'on doit tenir. Et donc sur ces 150 grands projets, on parle de quelque chose qui est important pour la vie du pays.
C'est plus de 70 milliards d'euros d'investissement, c'est 30 000 emplois, c'est 63 départements concernés, c'est en quelque sorte les cathédrales industrielles de l'indépendance française. Et donc ces 150 grands projets stratégiques vont être suivis. Et pour ça, on prend comme on a fait pour les JO, comme pour Notre-Dame, les textes. Alors on s'appuie sur les textes que j'évoquais, sur le texte de simplification qui a été voté la semaine dernière. Et puis le gouvernement prend des mesures très concrètes. Un décret contentieux projet stratégique qui sort aujourd'hui là.
Et donc ce projet va permettre, tous les maires ici présents, les préfets, les porteurs de projets le savent, ce que nous disent souvent les investisseurs, ce que vous nous dites les industriels, c'est très bien, même si vous accélérez les projets, le contentieux c'est trop long. On prend des années parfois de recours et ça nous freine. Là, c'est l'unification du contentieux, c'est quelque chose qu'on a déjà testé, ça marche, un seul niveau, la Cour administrative d'appel. Le gain, c'est un an, un an de gain sur le délai de recours. C'est acté, ça sort aujourd'hui. Deuxième élément, le foncier économique. C'est très important, les élus le savent aussi, nos préfets ont fait ce travail.
On avait lancé il y a quelques années, rappelez-vous, le fonds Friche, qui avait permis d'accélérer dans beaucoup de territoires les choses avec nos Friches. On l'avait relancé avec France Relance. On a un foncier économique qui est disponible. Ce qu'il nous faut réussir à bâtir, c'est des dispositifs clés en main pour les extensions, pour des grands groupes qui viennent s'installer, pour des ETI, des PME. Et donc là, on a 44 sites classés déjà disponibles, 22 000 hectares entre maintenant et 2030. Et avec France Foncier, on relance une grande stratégie pour justement, non seulement identifier avec les élus, mais préparer ces terrains.
Parce que quand on a un foncier industriel, il y a des tas de choses, ou d'ailleurs, quelle que soit la nature du terrain avant, je dis industriel, à vocation industrielle. Mais quand on a une Friche, quel que soit l'usage précédent, si on veut qu'il y ait un projet industriel qui arrive, on doit préparer tout l'administratif, on doit regarder les raccordements. Toutes ces choses-là peuvent se faire en temps masqué. Et c'est exactement ça qu'on va préparer. On l'a déjà fait sur beaucoup de sites. On va l'accélérer.
Le ministre de l'Industrie, Martin, va justement préparer ces zones d'accélération industrielles pour justement utiliser les textes européens, en particulier justement notre accélérateur industriel qui est à l'échelle européenne, et permettre d'avoir, si je puis dire, ce sucre rapide pour avoir ces zones d'accélération avec les élus partout où on les a identifiées. Troisième élément, c'est la loi de simplification de la vie économique adoptée justement la semaine dernière qui va permettre de réduire massivement les délais, en particulier pour les data centers, pour ne citer qu'un exemple.
Si on veut être compétitif, attirer les data centers du monde entier, on a commencé l'année dernière, on commence à rattraper notre retard. La clé sont les délais. Cette loi, elle nous remet dans la compétition. Sans ça, on était encore un peu trop long. Et puis le quatrième point, c'est aussi de simplifier les évaluations environnementales. Non pas pour réduire l'exigence environnementale, mais simplement pour acter le fait qu'on a beaucoup de procédures et qu'on a des procédures qui sont faites par les services de l'État. On a des procédures qui sont faites par des autorités environnementales indépendantes qui sont souvent redondantes et qui sont souvent séquentielles.
Et là, le ministre Lefebvre va avoir à piloter ce travail justement avec une mission qui part dès aujourd'hui et avec des textes très concrets sous l'autorité là aussi du Premier ministre pour finaliser justement une accélération de toutes ces procédures. On ne réduit pas l'ambition environnementale ou de biodiversité, simplement on remet du bon sens, on paralélise tout ça et on réduit massivement les délais.
Voilà ces 150 cathédrales industrielles, ces 150 grands projets industriels, c'est vraiment ce qu'on sort aujourd'hui avec des éléments nouveaux, avec des annonces, une mobilisation du gouvernement, une mobilisation, et je vous en remercie, de nos préfets qui sont là et de tous leurs collègues, de l'ensemble des services de l'État que je veux remercier, de nos opérateurs, parce que tout ça, ça mobilise le BRGM, je l'ai dit, RTE et toutes celles et ceux qui sont là, et de nos élus, parce que ça se fait par ce tandem fondamental, justement, préfet-mère, on dit souvent, mais qui est la recette de ce succès et de ce qui permet d'avancer.
Et donc, dans les mois qui viennent, on doit redoubler d'énergie et accélérer encore massivement sur ce chantier. Puis je voudrais avoir un dernier mot pour dire que le combat jumeau qu'on mène sur l'industrie, on le mène sur l'agriculture. Quand on parle de souveraineté industrielle, il ne faut jamais perdre de vue qu'on a la souveraineté agricole. La ministre est là, à nos côtés, qu'il sait ô combien, et on porte cette ambition.
Alors, on porte cette ambition, et ces derniers mois, le gouvernement a accéléré les choses en la matière avec les conférences de souveraineté alimentaire qui permet justement, filière par filière, d'identifier toutes les simplifications, les accélérations de projets et des changements qu'il faut porter, avec aussi une approche très concrète, ce qui a été fait sur les projets hydrauliques, 400 projets identifiés sur lesquels l'accélération est déjà en cours, ils sont en train de sortir, et là aussi, avec une mobilisation de nos préfets, et puis des projets d'élevage qui d'ores et déjà, par les textes législatifs ou réglementaires des derniers mois, ont été accélérés et qu'on commence à sortir beaucoup plus vite.
Donc là, cette mobilisation a commencé et on va la poursuivre avec de la même manière plusieurs centaines de projets agricoles identifiés partout sur le territoire qui vont être accélérés, qui vont s'appuyer sur les premières simplifications qu'on a prises, le fonds hydraulique qui a été largement augmenté, triplé, et qui va permettre d'accompagner justement les 400 projets identifiés, et puis la loi d'urgence agricole qui va permettre là aussi de sortir beaucoup plus vite des projets. On a 400 projets hydrauliques je le disais, mais un quart d'entre eux tout spécifiquement va être massivement accélérés par cette loi, les plus importants.
Pour nos éleveurs, avec cette loi, on va pouvoir passer d'une logique pour un quart des projets d'enflux et à 40% en stock, on passera d'une logique d'autorisation à une simple logique d'enregistrement, donc on va beaucoup plus vite sur le terrain. Pour nos éleveurs de volailles, on aura des changements de seuil. Donc c'est des choses très concrètes qui pour les éleveurs en particulier sur toutes les installations classées qui peuvent parfois prendre des années, on va simplifier, changer les seuils, accélérer là aussi avec justement des projets territoriaux qui seront accompagnés.
Et donc là aussi, sur le plan agricole, on a pris des textes, on a identifié des projets, on les accompagne, on a déjà gagné en délai et on va continuer avec la loi d'urgence agricole et la mobilisation des projets identifiés sur le terrain avec nos préfets, avec les services de l'Etat d'accélérer la mise en oeuvre de ces projets. Parce que rien ne justifie que nous soyons une nation qui sait faire en 5 ans la reconstruction de Notre-Dame et je le disais l'autre jour qui parfois met plus de 5 ans à faire un projet industriel ou à faire un poulailler. Il n'y a rien qui justifie ça.
Si ce n'est au fond une forme d'aquabonisme, c'est-à-dire tout le monde s'est habitué et on a laissé les choses s'entasser. On doit accélérer pour réussir cette bataille industrielle. Voilà, mesdames et messieurs, ce que je voulais vous dire aujourd'hui en étant devant vous. On doit consolider ce qu'on a fait ces dernières années parce qu'on est bien meilleurs que d'aucuns ne veulent nous le dire ou que nous regardons nous-mêmes. On venait d'une situation difficile mais on est en train de réindustrialiser, on se tient mieux en dynamique que nos voisins et donc on doit consolider cette politique macroéconomique.
On doit se battre sur l'énergie et les minerais critiques et on doit investir, protéger et accélérer. Et le jour d'aujourd'hui, c'est un jour pour l'accélération de nos projets avec ces 150 grands projets industriels. On va continuer. Le 30-31 mai prochain, nous aurons les journées de Chousse France qui, dans tous les sites qui ont fait l'objet de ces investissements, on aura des ouvertures au grand public pour qu'aussi sur nos territoires, nos compatriotes voient l'importance de l'industrie et de la force de ces projets qu'on accompagne. Le 1er juin, on aura Chousse France pour attirer encore des investisseurs étrangers dans des projets comme celui-ci.
Je le rappelle, la France, pays le plus attractif d'Europe depuis 6 ans sur le plan industriel. Et nous aurons, en novembre 2026, l'édition France de Chousse France comme on l'a tenu il y a quelques mois pour faire le suivi de tous ces projets. Et on aura donc une revue de tous les 150 projets annoncés aujourd'hui. Et tous les deux mois, sous l'autorité du ministre de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, il y aura une revue de ces projets, de ces 150 projets pour voir si ça avance au bon rythme. Revue de chantier et que comme ça, que ça marche. Voilà, mesdames et messieurs, merci pour la mobilisation d'aujourd'hui.
Merci pour votre combat de chaque jour en tant qu'élu, en tant que serviteur de l'État, en tant qu'entrepreneur, industriel, collaborateur et collaboratrice. Je vais ici vous dire notre confiance, mais vous l'avez compris notre détermination. On doit continuer de l'avant. La France est une magnifique nation et c'est une grande nation de recherche, de technologie, d'industrie, d'agriculture. C'est à nous de nous battre pour que les projets sortent et continuent d'avancer et qu'on continue d'embaucher et on y arrivera. Vive la République et vive la France. Merci.
Merci. Merci. Merci.
Emmanuel Macron