Interview "Découverte" : Boom de la consommation de protoxyde d'azote, un gaz hilarant détourné comme drogue - 18/06
Audio original de l'émission.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
Taux de réponse directe : 94 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:39ComplaisanteRéponse directe
Bonjour professeur Benyamina, merci d'être avec nous.
- 0:39OuverteRéponse directe
À quoi servent ces capsules ?
- 1:14OuverteRéponse directe
Ça se trouve partout dans le commerce, ça ne coûte rien.
- 1:25OuverteRéponse directe
Et puis, l'utilisation a été détournée par des jeunes, des ados, qui utilisent ces cartouches pour connaître un moment d'ivresse.
- 3:04OuverteRéponse directe
Des problèmes de santé, parce que ça peut être très dangereux.
- 3:38OuverteRéponse directe
Alors, lorsqu'on inhale ce gaz, ça provoque une euphorie, donc une sorte d'ivresse, et puis, accompagné d'un fou rire irrépressible.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:41InvitéFait
« Elles servent tout, partout, sauf pour un usage, disons, récréatif, du moins au départ. »
- 0:49InvitéFait
« On les utilise beaucoup dans l'industrie automobile. »
- 0:55InvitéFait
« On les utilise beaucoup aussi dans l'industrie agroalimentaire. »
- 1:16InvitéChiffre
« Ça coûte quelque chose de dizaines de centimes d'euros. »
- 1:37InvitéFait
« C'est un moment d'ivresse furtif, un moment délation, comme on dit, et détente, désinhibition. »
- 1:54InvitéFait
« Ils utilisent, en général, un ballon de baudruche ou bien un autre en vide, le contenu, et puis on prend le temps de l'utiliser. »
- 2:06InvitéFait
« Les premiers à avoir utilisé ce type de gaz, c'était au 19e siècle. »
- 2:31InvitéFait
« Et la plupart des jeunes qu'ils utilisent connaissent un tout petit peu la partie un peu scientifique. »
- 2:53InvitéFait
« Le problème, c'est qu'on a affaire maintenant à un phénomène qui est en train de se généraliser, qui ne touche plus que des étudiants, qui touche des lycéens, et qui a commencé à entraîner des problèmes de santé. »
- 3:11InvitéFait
« Des décès, ça peut provoquer des décès ? Oui, des décès comme ça, automatiques, c'est rare. »
- 3:20InvitéFait
« On a des complications neurologiques, on a vu même, parfois, pour ceux qui le faisaient de manière itérative, des crises d'épilepsie. »
- 4:22InvitéPromesse
« On a pensé qu'il fallait interdire la vente aux mineurs à 18 ans et un jour. »
- 5:28InvitéFait
« Le problème de l'interdiction, vous connaissez ma position, c'est quand on interdit, on donne un coup d'accélérateur au trafic et on augmente les prix et on attire tous ceux qui veulent faire une expérience interdite. »
- 5:53InvitéFait
« Elle est stable. »
- 6:02InvitéFait
« On a avancé un tout petit peu sur la légalisation du cannabis thérapeutique, mais c'est bloqué, la réalité doit sortir. »
Temps de parole
- Invité68 %
- Présentateur32 %
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Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Vous écoutez RMC. RMC 6h-9h. Vos indirectes. Il est 7h moins le quart, le professeur Amine Benyamina est avec nous, président de la Fédération Française d'Addictologie, professeur de psychiatrie et d'Addictologie à l'Université Paris-Saclay. Bonjour professeur Benyamina, merci d'être avec nous. Vous avez vu traîner comme moi, en ville, mais pas qu'en ville. On en trouve dans des petites villes aussi, on en trouve même à la campagne maintenant, des petites cartouches ou capsules. On les voit derrière moi qui sont argentées, vides, évidemment, qui ont été utilisées et qui contenaient quoi ? Qui contenaient du protoxyde d'azote. À quoi servent ces capsules ?
Eh bien, elles servent tout, partout, sauf pour un usage, disons, récréatif, du moins au départ. On les utilise beaucoup dans l'industrie automobile. Oui. On les utilise beaucoup aussi dans l'industrie agroalimentaire. Vous savez, ces fameuses cartouches que l'on met pour faire de la chantilly. Tout le monde a suivi les émissions cuisine. Et vous savez que lorsqu'on fait, on prend cette espèce d'objet dans le siphon, le siphon dans lequel on met des mousses, la chantilly. On a besoin de ce gaz pour donner cet aspect. Donc, ça se trouve dans le commerce.
Ça se trouve partout dans le commerce, ça ne coûte rien.
Ça coûte quelque chose de dizaines de centimes d'euros.
Dans les grands magasins à Paris, dans les commerces, ça ne coûte rien du tout. Absolument rien. Ça ne coûte rien du tout. Alors, c'est utilisé à ces fins-là. Et puis, l'utilisation a été détournée par des jeunes, des ados, qui utilisent ces cartouches pour connaître un moment d'ivresse. On appelle cela le gaz hilarant.
Absolument. C'est un moment d'ivresse furtif, un moment délation, comme on dit, et détente, désinhibition. C'est rapide, c'est quelques secondes, mais ça crée une ambiance très sympathique. Et on a le sentiment d'être dans une pratique sans aucun risque, d'innocuité complète, ce n'est pas le cas. Alors, comment les jeunes l'utilisent ? Ils utilisent, en général, un ballon de baudruche ou bien un autre en vide, le contenu, et puis on prend le temps de l'utiliser. Et puis, on se le passe et on est très, très bien. Vous savez, c'est une histoire ancienne, contrairement à ce qu'on croit. Les premiers à avoir utilisé ce type de gaz, c'était au 19e siècle.
Ce qu'on appelle les gaz partis en Grande-Bretagne. C'est souvent comme ça, l'histoire des drogues. Ce sont les gens plutôt bien en société, bien placés, et qui ont une véritable impunité sur le plan des lois, et qui s'amusent à utiliser des drogues. Ça commence toujours comme ça. Toutes les drogues dans le monde. Et donc, un siècle après, les jeunes l'ont de nouveau utilisée. Et la plupart des jeunes qu'ils utilisent connaissent un tout petit peu la partie un peu scientifique, puisque là où ce gaz est le plus souvent, le plus répondu, c'est les étudiants en médecine, les étudiants en pharmacie.
Et j'ai eu l'occasion, au titre de la Fédération Française d'Addictologie, de venir faire une conférence dans des universités, des facs de pharmacie. Ils n'étaient pas étonnés, ils connaissaient très très bien la manière avec laquelle les choses fonctionnent. Le problème, c'est qu'on a affaire maintenant à un phénomène qui est en train de se généraliser, qui ne touche plus que des étudiants, qui touche des lycéens, et qui a commencé à entraîner des problèmes de santé.
Des problèmes de santé, parce que ça peut être très dangereux. On peut avoir des décès.
Des décès, ça peut provoquer des décès ? Oui, des décès comme ça, automatiques, c'est rare. Il peut y avoir des phénomènes comme ça, d'arrêt cardiaque, ou bien... Ça arrive, ça a été rapporté, c'est rare, mais ça arrive. On a des complications neurologiques, on a vu même, parfois, pour ceux qui le faisaient de manière itérative, des crises d'épilepsie. On peut avoir des complications psychiatriques, au long cours, lorsqu'on est consommateur régulier, avec des problématiques de type troubles de l'humeur. Vous connaissez les troubles de l'humeur, et qu'on peut avoir des problématiques de type cardiaque. Ça, c'est les trois.
Alors, lorsqu'on inhale ce gaz, ça provoque une euphorie, donc une sorte d'ivresse, et puis, accompagné d'un fou rire irrépressible.
Oui, c'est un fou rire irrépressible. Vous savez que ça reproduit un tout petit peu ce qu'on voit dans ce qu'on appelle l'ivresse des profondeurs. C'est un excès de gaz qui vient, qui vient perturber toute la circulerie. Bien sûr. Circulation du sang. Complètement. Et donc, c'est marrant sur le coup. Mais après, vous avez un effet de crash qui est très désagréable. C'est souvent le cas. Quand on a un effet comme ça, on suraccélère l'humeur et le plaisir, il y a toujours un retour. Et là, c'est très pénible pour eux.
Et là, c'est très pénible à vivre. Absolument. Très pénible. Mais que faire contre cela ?
On a eu quelques pistes. On a pensé qu'il fallait interdire la vente aux mineurs à 18 ans et un jour. On est à la fac.
Tout ce qui est interdit aux mineurs est permis d'acheter. Complètement. Donc, l'interdiction va attirer l'œuvre finalement.
Je pense qu'il faut essentiellement, probablement, faire ce que vous faites, c'est-à-dire parler, attirer l'attention pour ceux qui sont un peu naïfs ou ceux qui ne connaissent pas. Probablement, je ne sais pas si c'est le cas, je ne me suis pas renseigné, pour être tout à fait honnête, il faut assortir avec une note précise sur les risques liés au détournement de ce type de capsules procédées et espérer que c'est un phénomène de mode. Et comme tout phénomène de mode, un jour ou l'autre, il peut disparaître. Mais je n'ai pas le sentiment, parce que ça commence à bien s'installer dans les pratiques chez les jeunes. Oui, et plusieurs communes
ont pris des arrêtés municipaux pour interdire l'usage et la vente du protoxyde d'azote, notamment en région parisienne. J'ai vu la commune de Brunois, dans l'Essonne, qui vient de prendre un tel arrêté, à Évreux, à Ouatre-le-Au, à Madeleine, à Valenciennes, parce que ça touche absolument tous les milieux. Sociaux, tout le monde est touché.
Le problème de l'interdiction, vous connaissez ma position, c'est quand on interdit, on donne un coup d'accélérateur au trafic et on augmente les prix et on attire tous ceux qui veulent faire une expérience interdite. C'est un peu ça. Bien sûr.
Et puis, qui veulent trafiquer ces produits en même temps et se faire de l'argent sur ces produits. On connaît ça avec le cannabis, on connaît ça avec... Avec toutes les drogues. Vous connaissez. Complètement. Où ça en est d'ailleurs, la consommation de cannabis ?
Elle est stable.
Elle est stable. Elle est stable,
mais elle atteint une population qui consomme beaucoup avec des risques psychiatriques. On a avancé un tout petit peu sur la légalisation du cannabis thérapeutique, mais c'est bloqué, la réalité doit sortir. Mais la grande avancée serait très certainement de faire un gros travail sur l'encadrement du cannabis festif. Et là, je pense que la France a beaucoup de retard. C'est-à-dire un encadrement du cannabis ? La légalisation, tout simplement. La légalisation, vous êtes favorable. Ce n'est pas un gros mot. La plupart de ceux à qui vous posez la question disent qu'ils oublient carrément que c'est un produit qui est interdit. Donc, il faut accompagner, encadrer et protéger.
Bien. Merci beaucoup, professeur Benyamina. Merci d'être venu nous voir ce matin. Merci.
Merci. Merci.