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InterviewFrance Inter — L'invité de 8h20 (sur Site radio)· 16 mars 2016 8 minContradictoireActualité / polémiqueJusticeSolidarités & famille

Gérard Larcher

Source d'origine 2 locuteurs

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 10 %Défensif 50 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 43 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 0:16FerméeÉludée

    Le cardinal Barbarin s'est-il trompé ? A-t-il été négligent ? A-t-il commis une faute ?

  • 0:49OuverteÉludée

    Pourquoi ne s'excuse-t-il pas s'il dit 'je me suis peut-être trompé' ?

  • 3:06RelanceRéponse partielle

    L'image de l'Église est écornée aujourd'hui. Est-ce que vous comprenez que ça pose question ?

  • 3:57OuverteRéponse partielle

    Est-ce qu'il y a une vigilance qui s'endort à l'Église ?

  • 4:33OuverteRéponse partielle

    Si vous étiez à la place du cardinal Barbarin, face à un prêtre qui reconnaît avoir agressé des enfants, est-ce que vous l'auriez maintenu à son poste ?

  • 6:13RelanceRéponse partielle

    Ces mots 'c'était une autre époque' sont-ils audibles pour les victimes ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 1:39PrésentateurFait
    « il n'y a pas de prescription morale. Ou plus clairement, il n'y a pas de prescription de la souffrance. »
  • 1:53PrésentateurChiffre
    « Depuis 15 ans, depuis l'an 2000, il y a eu la mise en examen de l'évêque de Bayeux qui a été un traumatisme pour non-dénonciation de crimes et d'atteintes sexuelles à l'encontre d'enfants mineurs. »
  • 2:28PrésentateurFait
    « l'an 2000 a été pour nous vraiment un tournant. »
  • 6:07PrésentateurFait
    « la souffrance, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, elle ne se prescrit pas. »

Temps de parole

  • Présentateur73 %
  • Invité27 %

3,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

0:00
Présentateur

Et à Salamé, l'évêque de Pontoise est en ligne avec vous.

0:03
Invité

Bonjour Mgr Lalanne.

0:04
Présentateur

Bonjour.

0:05
Invité

Vous êtes en direct de Lourdes où se tient à huis clos la conférence des évêques. Merci d'être avec nous ce matin. Je me suis peut-être trompé à concéder hier le cardinal Barbarin lors de la conférence de presse. Le cardinal Barbarin s'est-il trompé ? A-t-il été pour le moins négligent ? A-t-il commis une faute ?

0:22
Présentateur

D'abord c'est à la justice de le dire. Et d'ailleurs il a clairement dit qu'il faisait confiance à la justice. Mais de fait, hier à la conférence de presse, il a reconnu que peut-être qu'il avait pu se tromper lorsqu'il a cru ce prêtre pour des faits extrêmement anciens. Alors vous allez me dire, c'est toujours aussi grave que les faits soient anciens ou les faits soient récents. Mais de fait, il a dit, j'ai pu me tromper. Ceci étant dit...

0:49
Invité

Pourquoi il ne s'excuse pas s'il dit je me suis peut-être trompé ? Est-ce que ce ne serait pas un début de réponse pour ceux qui s'interrogent que de s'excuser ?

0:58
Présentateur

Je crois qu'il ne faut pas faire une enquête judiciaire ou un procès par médias interposés. Donc je crois qu'il faut que la... Maintenant il y a une enquête préliminaire. Je crois qu'il faut que la justice fasse son travail et on lui fait confiance pour que la vérité soit faite. Ceci étant dit, les actes de pédophilie sont extrêmement graves. Extrêmement graves et j'ai rencontré moi-même des familles dans mon ministère qui avaient été... Il y avait eu des enfants qui avaient été victimes de pédophilie et j'ai vu les blessures terribles. Alors on peut parler des questions de prescription. De fait, il y a des faits anciens, des faits plus récents.

Mais en même temps, moi j'ai envie de dire, il n'y a pas de prescription morale. Ou plus clairement, il n'y a pas de prescription de la souffrance. La souffrance ne se prescrit pas. Et donc je peux vous dire... Je crois que c'est important que les auditeurs le sachent. Depuis 15 ans, depuis l'an 2000, il y a eu la mise en examen de l'évêque de Bayeux qui a été un traumatisme pour non-dénonciation de crimes et d'atteintes sexuelles à l'encontre d'enfants mineurs commis par un prêtre de son diocèse à Bayeux. Et les évêques, je n'étais pas encore évêque, j'étais porte-parole des évêques à l'époque, les évêques de France ont été extrêmement clairs.

Enfin d'abord, il y a eu une espèce de révélation. Et je pense que dans toutes les institutions, éducation nationale, église, toute la société, on n'avait pas pris conscience, il y a 20 ans, 25 ans, des effets terribles pour les victimes. Et je crois que l'an 2000 a été pour nous vraiment un tournant. Et depuis 15 ans, je peux vous dire qu'on n'est pas silencieux sur ces questions. Nous intervenons et nous agissons.

2:39
Invité

On a encore du travail à faire, c'est clair.

2:43
Présentateur

Je pense qu'on a un travail à faire du côté de l'accueil et de l'écoute des victimes. On a encore un travail énorme à faire d'éducation et de prévention. Parce qu'en même temps, il ne faut pas qu'on jette le discrédit sur tous les éducateurs de la foi, que ce soit des prêtres, que ce soit des animateurs, des catéchistes. Je suis témoin d'un travail magnifique qui se fait.

3:03
Invité

Oui, il y a un travail magnifique et vous en êtes responsable, vous le dites. Mais tout de même, l'image de l'Église est écornée aujourd'hui. Vous dites qu'il y a eu une prise de conscience, Mgr Lallane, à partir des années 2000. Mais quand on voit la deuxième affaire, si j'ose dire, qui touche le cardinal Barbarin, c'est-à-dire cette affaire de ce jeune homme, Pierre, qui est victime de harcèlement sexuel et qui va le dire au cardinal Barbarin en 2009. Donc on est après les années 2000. Et ce prêtre-là reste à son poste, reste au diocèse de Lyon. Est-ce que vous comprenez que ça pose question ?

3:38
Présentateur

Je comprends que ça pose question. Ce que je sais aussi, c'est que le cardinal Barbarin, d'après ce que j'ai compris, a reçu cette personne, cette victime, de fait aussi très très ancien. Et il y a eu un non-lieu de la justice. Alors est-ce que les mesures de prudence ont été prises ou pas ? C'est à la justice de le dire.

3:57
Invité

Est-ce qu'il y a une vigilance qui s'endort à l'Église ?

3:59
Présentateur

Je ne crois pas. Je ne crois pas. D'abord, vous savez que la pédophilie est un phénomène extrêmement complexe, souvent caché. Ce n'est pas facile de repérer les personnes qui sont pédophiles. C'est un travail très très complexe. Et donc, nous avons à travailler sur les questions de prudence, de vigilance, de prévention et d'éducation. De fait, il y a encore un travail à faire. Je ne vais pas dire tout va bien. Dès qu'il y a un seul cas, pour moi, c'est terrible.

4:27
Invité

Monseigneur Lalanne, c'est toujours difficile de se mettre à la place des gens. Mais si vous étiez à la place du cardinal Barbarin, face à un prêtre qui reconnaît avoir agressé des enfants, est-ce que vous l'auriez maintenu à son poste ou est-ce que vous l'auriez écarté du contact des paroissiens et des enfants ?

4:44
Présentateur

Bon, sincèrement, je ne sais pas ce que j'aurais fait. Parce que quand on est en situation, j'ai eu ce type de situation aussi, ou similaire, ou approchante. Chaque cas est différent. Là, la difficulté, c'est que Monseigneur Barbarin, quand ces faits ont été commis, ces terribles faits ont été commis par ce prêtre ou par ses prêtres, Monseigneur Barbarin n'était pas évêque de Lyon. Donc, c'est des faits très anciens. Donc, après, on apprend les choses. On apprend les choses. C'est pas facile, 20 ans après.

Pour vous dire, quand même, le cardinal Barbarin, il me l'a dit encore, il l'a dit d'ailleurs à la conférence du presse, mais il me l'avait dit, quand il a appris pour d'autres des faits qui ont eu lieu pendant son ministère d'évêque à Lyon, à Moulin, je crois, et à Lyon, par deux fois, il a été extrêmement ferme, comme nous essayons de l'être les uns les autres. Qu'est-ce qu'on fait d'abord ? Quand les victimes, on demande aux victimes ou à leur famille de porter plainte. Deuxièmement, on demande, on exige du prêtre qu'il aille s'expliquer devant la justice, devant le procureur ou la gendarmerie ou la police.

Et puis, s'il ne le fait pas, nous sommes amenés à faire le signalement nous-mêmes. Donc, c'est pas facile à faire. Quand on est l'évêque d'un prêtre, c'est pas facile à faire. Mais je pense que nous avons ce devoir, parce que, comme je vous disais tout à l'heure, c'est pas nous à décider de la prescription, si c'est des faits anciens ou pas, mais la souffrance, comme je vous l'ai dit tout à l'heure, elle ne se prescrit pas.

6:10
Invité

La souffrance ne se prescrit pas, et pourtant, il y a ces mots qui reviennent dans votre bouche aujourd'hui, et dans ceux du cardinal Barbarin, quand il dit, à l'époque, il y a 25 ans, il ne faut pas oublier qu'on est aussi dans une autre mentalité par rapport à la pédophilie. Tous ces mots qui reviennent en disant que c'était une autre époque. Et ces mots-là, c'est peut-être les mots qui sont les plus difficilement audibles pour beaucoup de catholiques, et pour ceux qui ne le sont pas, de remettre en perspective l'époque.

6:36
Présentateur

N'empêche que c'est vraiment le cas. Je vous ai dit tout à l'heure, je connais, j'entends parler de victimes ou de familles. C'est pas facile de dire qu'on a été victimes. Il faut du temps. Souvent, d'ailleurs, les victimes le disent beaucoup plus tard, parce qu'elles se sentent coupables. Enfin, c'est incroyable, mais c'est comme ça. C'est difficile de dire qu'on a été victimes d'attouchements, de viols, etc. C'est difficile à dire, et donc, nous devons être très, très attentifs à la parole des victimes. Pour les aider, est-ce qu'il faut... Encore plus qu'hier. Et donc, notre travail, ça va être de plus en plus de voir comment nous allons mettre en place des cellules d'écoute.

7:19
Invité

Est-ce qu'il faut, justement, sur les cellules d'écoute, est-ce qu'il faut étendre le numéro vert à tous les diocèses au niveau national, comme le proposent certains ?

7:26
Présentateur

Oui, certains proposent. Moi, je ne suis pas sûr que ça soit la bonne solution. En tout cas, je suis responsable depuis deux ans de cette cellule de veille. Et nous allons travailler depuis novembre pour voir qu'est-ce que nous allons faire comme proposition. Moi, je pense qu'il faut que ces cellules d'écoute soient plus près des diocèses, et pas une cellule nationale qui est très loin des victimes.

7:49
Invité

Merci. Merci beaucoup, Mgr Lallane, d'avoir été en direct avec nous de la Conférence des évêques, qui se tient à Lourdes en ce moment.

7:55
Présentateur

Et merci à Mathias Terrier de nous avoir permis d'établir ce duplex avec les studios de Radioprésence à Lourdes. Merci.