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Podcast / conversationLCP (sur YouTube)· 8 novembre 2025 13 minComplaisantActualité / polémiqueEnvironnement & énergieTransportsÉconomie & entreprisesSanté

Romain Eskenazi vole au secours des habitants du Val d'Oise | Circo

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 10 %Défensif 30 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Romain EskenaziPromesse
    « Je travaille sur une loi qui paye 100 % pour que les gens puissent isoler chez eux avec du triple vitrage pour dormir tranquillement. »
  • 2:00BruitparifChiffre
    « En 2025, on est à peu près à 48 pics de bruit nocturnes. Certains dépassent 75 décibels en pic. »
  • 4:00BruitparifFait
    « Aux heures où les gens essaient de s'endormir, et où les enfants devraient dormir, on a une succession de pics de bruit. »
  • 6:00BruitparifFait
    « Ca atteint le système nerveux, ça développe des diabètes, des risques de dépression, des troubles de l'attention. »
  • 8:00Romain EskenaziChiffre
    « Le secteur représente 4,3 % du PIB, 1,2 millions d'emplois. »
  • 10:00Air FranceChiffre
    « C'est un investissement massif, de plus d'un milliard d'euros chaque année, qu'Air France investit pour faire entrer dans sa flotte des avions qui remplacent des avions de génération antérieure. »
  • 12:00Air FranceChiffre
    « On est entre un tiers et 50 % d'empreinte sonore en moins. »
  • 14:00Romain EskenaziFait
    « Depuis 2019, Air France ne programme plus de vols entre minuit et 5 h 30. »
  • 16:00FedExFait
    « Effectivement, si demain, on décide d'un couvre-feu à Roissy, eh bien Fedex s'en va. »
  • 18:00FedExChiffre
    « C'est 4 000 emplois directs, 20 000 indirects dans la région. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Avion On les entend bien, là, quand même. -Toutes les deux minutes, il y a un avion qui atterrit ou qui décolle. -Est-ce que ça vous gêne, le bruit des avions, ou pas, la nuit, notamment. -La nuit ?

S'ils arrêtent à minuit. -Eh non. Roissy, c'est 24 heures sur 24.

Orly, ça s'arrête la nuit, mais Roissy, c'est toute la nuit. Les compagnies payent une taxe pour isoler les gens, mais ils payent jusqu'à 80 % de l'isolation. Je travaille sur une loi qui paye 100 % pour que les gens puissent isoler chez eux avec du triple vitrage pour dormir tranquillement.

Vous en pensez quoi ? Ca ne vous dérange pas les avions ? -Au lieu de demander d'isoler tout un peuple, demandez d'arrêter les avions, tout court. -Le problème, c'est que ça fait tellement d'emplois qu'on n'arrive pas à arrêter les avions la nuit.

Ca fait bosser 20 000 personnes. Bonjour, je m'appelle Romain Eskenazi, je suis député du Val d'Oise et porte-parole du groupe socialiste apparenté. On est dans ma circonscription à Sarcelles.

Je travaille depuis mon élection sur la question des nuisances aériennes, atmosphériques, mais surtout les nuisances sonores. Et donc, en tant que législateur, j'essaie de travailler pour préserver les intérêts économiques, mais aussi protéger la santé de celles et ceux qui, comme moi, vivent sous les avions. -La 7e circonscription du Val d'Oise compte les villes de Montmorency et une partie de Sarcelles, situées à une trentaine de kilomètres de l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle, pile sur un couloir aérien.

Pour comprendre l'ampleur du problème, il faut attendre l'heure à laquelle les enfants sont censés être au lit. Il est 22 h 00, Romain Eskenazi a rendez-vous à Gonesse. Certes dans une circonscription voisine, mais sur un lieu très utile pour appréhender le débat.

Avion -On est en plein dans le sujet. -Ah oui, oui. Et encore, il n'est pas si bas que ça.

Pour les gens qui vivent ça au quotidien, tous les jours, tout le temps, et que même fenêtres fermées, ils entendent chez eux, c'est un vrai sujet. Madame la directrice... -La directrice, c'est celle de Bruitparif, un organisme indépendant qui mesure ces nuisances depuis 15 ans.

Elle travaille aussi avec des médecins pour faire de véritables enquêtes auprès des habitants. C'est sur le toit de la médiathèque de Gonesse que le député va découvrir le dispositif. -Nous avons notre station de mesure tout en haut.

Elle se compose d'un microphone principal qui est le plus gros tout en haut. Et en dessous, on a quatre petits microphones qui nous permettent de savoir à chaque instant d'où provient le bruit. -Si ça klaxonne, on sait que ça ne vient pas d'en-haut. -Exactement.

Donc là, on a la station de mesure qui va faire toutes les analyses en termes de niveau sonore en décibels, en fonction de ce qu'ont entendu les microphones. -Les avions n'arrêtent jamais. Il y a bien un ralentissement entre minuit et 5 h 00.

Mais une nuit, selon l'Organisation mondiale de la santé, l'OMS, c'est 22 h 00-6 h00. Et sur cette durée, les relevés sont alarmants. -En 2025, on est à peu près à 48 pics de bruit nocturnes.

Certains dépassent 75 décibels en pic. Aux heures où les gens essaient de s'endormir, et où les enfants devraient dormir, on a une succession de pics de bruit. Ca a des conséquences importantes sur la santé. -Il suffit au député de regarder les relevés de Bruitparif depuis 10 ans pour comprendre que le niveau sonore subi par les habitants est hors-norme. -La ligne rouge là, c'est ce qu'on ne devrait pas dépasser pour respecter la réglementation française et la ligne verte, ce qu'on ne devrait pas dépasser par rapport aux normes de l'OMS qui considère à partir de quel niveau de bruit il y a un impact sur la santé.

Finalement, ça atteint le système nerveux, ça développe des diabètes, des risques de dépression, des troubles de l'attention. Et ce n'est pas juste "je suis gêné, je ne peux pas boire le café sur ma terrasse". Non, c'est, au bout de 20 ans, des complications de santé. -En tant que conseiller municipal de la ville de Montmorency, Romain Eskenazi est proche des associations de riverains qui militent pour interdire les vols de nuit.

Avion Mais en tant que nouveau député, il sait finalement qu'il a peu de pouvoir pour changer les choses. -Ce n'est pas un sujet où on arrive, on fait une loi, il y a des accords internationaux qui interdisent de taxer le kérosène dans le monde entier, la TVA sur les vols internationaux dans le monde entier. Et vous avez des directives européennes qui limitent les régulations au nom de la liberté de vol.

Vous n'avez pas le droit de prendre une loi nationale pour dire que les vols de nuit sont interdits en France par exemple. Les marges de manoeuvre sont plus réduites. Mais il faut travailler, travailler ses dossiers, passer entre les mailles du filet pour obtenir des petites victoires petit à petit pour protéger la santé des habitants. -Et pour Romain Eskenazi, il est possible d'agir sur le fonds de compensation des nuisances aériennes payées par les compagnies et qui permet aux habitants comme Gislain de vivre avec le bruit.

A Montmorency, ce retraité a bénéficié de cet argent. 100 % de ses travaux ont été pris en charge. -Qu'est-ce que t'avais fait ? -Ils ont changé toutes les fenêtres de la maison. -C'est double ou triple vitrage ? -Double vitrage. -T'ouvres, t'entends un avion, tu fermes, tu l'entends plus. -Ca fait une vraie différence. -Mais c'était il y a 10 ans.

Aujourd'hui, les choses ont changé. Non seulement les travaux ne sont plus pris en charge à 100 % mais à 80 %. Et en plus, les délais d'attente sont très longs. -J'ai le cas de ma fille, son dossier.

Elle l'a déposé en septembre. Pour la commission de décembre, c'est complet. La prochaine commission sera en juin. -En juin ? -Oui. -Les commissions sont trop rares.

Résultat, les dossiers s'accumulent et le fonds atteint 120 000 millions d'euros n'ont dépensé. Le député a proposé qu'on augmente le niveau de remboursement des travaux, qu'on repasse à 100 %. Mais en pleine élaboration du budget, il vient d'apprendre une mauvaise nouvelle. -Voyant qu'il y avait un peu de réserve, je voulais vraiment trouver des raisons utiles de dépenser cet argent.

Et là j'apprends qu'ils veulent nous prendre les deux tiers pour boucher le trou du budget de l'Etat. Alors qu'on nous annonce une augmentation du trafic, qu'on a aujourd'hui des études qui montrent que c'est dangereux pour la santé, je trouve que c'est un peu fort de café. -Dans le débat à l'Assemblée nationale autour du projet de loi de finances, le député socialiste va déposer des amendements afin que toute la réserve du fonds serve bien à isoler les bâtiments.

Romain Eskenazi est le spécialiste des questions aériennes pour le PS à l'Assemblée. Il sait que le secteur représente 4,3 % du PIB, 1,2 millions d'emplois. Alors il joue les équilibristes entre protection des habitants et écoute des intérêts économiques des compagnies françaises notamment. -Quand vous avez des intérêts économiques importants, vous avez des lobbies importants.

Et c'est le cas de l'aérien qui défendent leurs intérêts à la fois au niveau mondial, européen, national. -Le député se rend régulièrement à l'aéroport Roissy-Charles-De-Gaulle pour rencontrer les acteurs d'Air France comme Aurélien Gomez. Ce jour-là, ils vont échanger sur les avions nouvelle génération, comme celui-ci qui arrive de Kinshasa et repart pour Mumbai. -C'est un Airbus A-350.

C'est les nouveaux long-courriers qu'Air France intègre dans sa flotte depuis les années 2000. C'est un investissement massif, de plus d'un milliard d'euros chaque année, qu'Air France investit pour faire entrer dans sa flotte des avions qui remplacent des avions de génération antérieure et qui permettent à la fois de réduire les émissions de CO2 parce qu'ils consomment moins de carburant, de l'ordre de... -25 %. -Et de réduire l'empreinte sonore de façon très significative puisque selon les modèles, on est entre un tiers et 50 % d'empreinte sonore en moins. -En conséquence, Air France peut faire voler plus d'avions sans pour autant plus gêner les riverains. -Il n'y a pas de corrélation entre le trafic et les émissions sonores puisque nous sommes sur une tendance depuis le début des années 2000 à la réduction de nos émissions sonores. -Je considère qu'Air France fait partie quand même parmi le panel des compagnies, des compagnies qui sont plus vertueuses pour l'ambition de renouvellement de flotte.

Mais moi je suis convaincu, et c'est là-dessus qu'on n'est pas d'accord, qu'il faut une forme de maîtrise de la croissance avec ces mesures-là. C'est pour ça que j'avais déposé des amendements l'année dernière, pour augmenter un peu la fiscalité sur l'aérien. pour contenir cette croissance.

Mais la limite, c'est qu'en mettant plus de taxes, on limite le trafic. Mais si on réduit leurs marges, on réduit leur capacité à investir et à racheter des avions moins brillants. -Air France, comme Airbus, compte sur la technologie pour limiter les nuisances. -Vous êtes capable peut-être de me parler un peu des leviers techniques qui sont utilisés pour réduire le bruit sur cet avion-là ? -Le principal levier sont les réacteurs.

Ce sont les motoristes qui contribuent à réduire les nuisances sonores puisque c'est au décollage qu'un avion fait le plus de bruit. -Mais le député est tenace et il revient toujours sur son champ d'action : les fameux vols de nuit. -Depuis 2019, Air France ne programme plus de vols entre minuit et 5 h 30.

Des arrivées de Tokyo, de Pékin ou même de Tel Aviv, qui étaient programmées et réalisées autour de 4 h 30 aujourd'hui sont programmées en dehors de cet horaire-là, ce qui limite fort les nuisances sonores. -C'est une bonne initiative de leur part. de ne plus programmer de vol de minuit à 5 h 00, mais une nuit au sens de l'OMS, c'est pas de minuit à 5 h 00, mais 22 h 00-6 h 00.

Donc je considère qu'il y a encore des marges de manoeuvre pour ne pas décoller ou atterrir à ces heures-là où les enfants ou les gens s'endorment, pas en coeur de nuit, mais en début de nuit. -Romain Eskenazi sait que l'activité de nuit concerne d'autres acteurs que les compagnies de passagers. Rendez-vous avec AdP Aéroport de Paris qui gère entre autres Roissy-Charles-de-Gaulle.

Le groupe est aussi le numéro 1 de la gestion aéroportuaire en nombre de passagers au monde. -Monsieur le député, merci d'être venu. -Avec plaisir.

Merci. -Avec plaisir. -Yanaël Billard s'occupe de RSE au sein de l'entreprise et il explique en quoi interdire les vols de nuit paraît totalement impossible. -La plateforme de Paris-Charles-de-Gaulle est le hub de l'activité passager, commerciale, classique, à laquelle on pense tous, de Air France et de l'Alliance Sky Team.

Mais c'est également le hub de l'acteur du fret qui est FedEx, le hub européen de FedEx. Et c'est aussi d'ailleurs le hub de la Poste. Et ces activités-là sont inhérentes au modèle économique.

Si vous enlevez la partie fret, vous déséquilibrez complètement le modèle de l'aéroport et des compagnies concernées. -Il y a quelques jours, Romain Eskenazi a rencontré les acteurs de FedEx qui lui ont directement annoncé la couleur : sans vol de nuit, plus de fret express. -est-ce qu'il n'y a pas des vols que vous pouvez avancer, déporter pour moins voler au coeur de nuit ?

C'est cette activité de hub, où il m'expliquait qu'effectivement, c'est un colis qui part en Espagne pour New York, il part d'Espagne, il atterrit à 23 h 00 ici, et il repart à 2 h 00 pour arriver le samedi matin à New York. Donc en fait, c'est le modèle même de ce qu'on appelle le fret express, c'est-à-dire le principe d'être livré en 24 heures, c'est très peu des commandes de petits colis de particuliers, c'est beaucoup du business to business. Effectivement, si demain, on décide d'un couvre-feu à Roissy, eh bien Fedex s'en va. -Et FedEx, c'est 4 000 emplois directs, 20 000 indirects dans la région, selon l'entreprise.

Des chiffres que le député du Val d'Oise a forcément en tête.