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interviewEurope 1 — La Grande interview· 17 juin 2026 19 min

La grande interview de Laurence Ferrari avec Sébastien Chenu

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Europe 1 La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari Et notre invitée ce matin dans la grande interview C News et Europe 1, c'est Sébastien Chenu. Bonjour à vous.

0:10
Sébastien Chenu

Bonjour madame.

0:11
Présentateur

Député RN du Nord, on va évoquer la protection des enfants qui est au cœur des débats. Les Français s'interrogent après la mort de l'IANA, après les scandales, les agressions à répétition dans le Paris scolaire, à Paris et dans d'autres villes. Est-ce que notre République s'est encore protégée les enfants ? Et est-ce que pour vous, au Rassemblement National, c'est une priorité ou une priorité parmi tant d'autres ?

0:30
Sébastien Chenu

Non, vous avez raison, c'est une priorité, c'est une priorité absolue et cette priorité, elle a été délaissée les années passant, avec probablement un certain nombre d'explications à cela. Pour l'instant, c'est un scandale, c'est la faillite de la justice vis-à-vis de l'enfance de notre pays, une faillite qui est quand même alimentée, il faut bien le dire, chaque jour par d'autres scandales, des scandales nouveaux. Le scandale de cet animateur périscolaire à Paris qui était poursuivi pour neuf agressions sexuelles sur des fillettes et qui est relaxé. Comment voulez-vous que les Français...

0:59
Présentateur

Faute de preuve, selon le tribunal correctionnel.

1:01
Sébastien Chenu

C'est Gérard Miller qui est 90 fois présumé innocent et qui continue à se balader. Tout ça, effectivement, souligne la faillite du système. Mais c'est vrai que préservez...

1:11
Présentateur

Mais de tout le système ? Vous ne préservez personne, justement, dans ce système ?

1:14
Sébastien Chenu

De ce système judiciaire. Je disais, il y a eu des raisons à cela. Des raisons objectives et récentes. Par exemple, la réforme de Darmanin sur la police judiciaire a beaucoup abîmé... Quand il était ministre de l'Intérieur. Quand il était ministre de l'Intérieur a beaucoup abîmé la possibilité pour les enquêteurs de pouvoir travailler de façon active. Ça, c'est le résultat des politiques qui ont été menées. Mais ça remonte, je crois, à beaucoup plus loin. C'est probablement aussi la question du rapport à l'enfance, du rapport à la protection de l'enfance.

Nous, parmi les propositions qu'on a, et Marine Le Pen le défendait hier, elle disait, effectivement, il faut reconnaître des signaux faibles. Et la détention d'images pédopornographiques est un signal, même pas faible, mais très fort. Et on pense que les détenteurs d'images pédopornographiques devraient être sanctionnés beaucoup plus lourdement qu'ils ne le sont actuellement.

2:00
Présentateur

Comment ? En allant en prison ?

2:01
Sébastien Chenu

Avec des peines qui soient, effectivement, adaptées. Ça peut être de la prison ferme. En tous les cas, ce sont les Américains, je crois, qui ont révélé qu'il y avait des centaines de milliers d'images de millions d'images pédopornographiques qui étaient détenues par des Français. Et face à cela, qu'est-ce qu'il y a comme moyens qui sont mobilisés ? Je crois qu'il y a 45 magistrats ou personnels de justice qui sont chargés de s'en occuper. Donc, on voit bien que face aux défis majeurs, les moyens ne sont pas au niveau. Donc, d'un côté, il y a les peines. Bien adapter notre arsenal de peines. Elles existent, les peines. La loi existe et il faut les aborder.

Il faut l'adapter parce que souvent, on a des gens qui ont du sursis, on a des aménagements de peines. Et puis, évidemment, je pense que quelqu'un qui tue ou qui viole un enfant doit rester derrière les barreaux.

2:47
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas un problème uniquement de moyens ? Il y a aussi un problème d'idéologie. Est-ce qu'il n'y a pas une idéologie qui irrigue tout le système judiciaire français depuis 40 ans, qui est clairement une idéologie de gauche ?

2:57
Sébastien Chenu

Oui, probablement. D'ailleurs, on sait très bien que cette idéologie, l'idéologie de mai 68, a probablement fait entrer dans les têtes un rapport à la petite enfance dans le pays, qui est celui qu'on connaît. Mais je note aussi que cette idéologie, elle s'attaque à d'autres choses. Je regardais le texte de la loi intégrale, dans laquelle il y a des choses très intéressantes, des choses qu'on peut voter. Vous savez, c'est cette loi qui est censée rassembler dans une même loi tous les éléments qui pourraient lutter contre les violences sexuelles et sexistes. Mais je vois que s'il y a des choses très intéressantes dedans, moi j'ai regardé un tribunal dédié par département, ça c'est intéressant.

En revanche, elle porte en elle quand même une vraie faiblesse, qui est celle de s'attaquer à la famille. On sous-entend, voire on dit dans cette loi intégrale, que le danger c'est la famille.

3:47
Présentateur

C'est le cas dans l'immense majorité des cas d'agression sexuelle.

3:49
Sébastien Chenu

Oui mais la famille c'est aussi la protection, donc ne déconstruisons pas non plus la famille. C'est vrai qu'on l'a vu dans la familia grande, Olivier Duhamel, Christina Krent, tous ces gens-là épouvantables, évidemment dénoncés par leur propre vie. Mais c'est dans tous les milieux sociaux. Bien sûr, mais je donne celui-ci parce qu'il a été documenté par un livre très bien fait de Camille Kouchner. Mais attention à ne pas déconstruire un peu plus et abîmer un peu plus la famille. Et puis de l'autre côté, c'est aussi à montrer du doigt les hommes. Moi je crois qu'on a besoin d'embarquer les hommes dans le combat de la protection de l'enfance.

Et le discours qui dit le patriarcat, les hommes sont tous des assassins ou des tortionnaires en puissance, attention à ce qu'à la fin, avec les meilleures intentions de début, on n'arrive pas au pire résultat. On a besoin d'embarquer tout le monde dans la protection de l'enfance.

4:36
Présentateur

Y compris les hommes, qui sont effectivement appliqués en grande majorité dans ces affaires de l'enfance. Bien sûr. On parle quand même des moyens. Quelles sont vos propositions au RN concernant la justice ? Il y a à peu près 7800, 7900 magistrats aujourd'hui. Vous en voulez combien de plus ? Est-ce qu'il ne faut pas renverser la table et mettre le paquet sur la justice ?

4:54
Sébastien Chenu

Oui, bien sûr, ça fait partie. Marine Le Pen l'avait proposé dès 2022, en tous les cas dans son programme. C'est effectivement des moyens. Des magistrats, mais pas seulement. J'allais dire, c'est tout le petit peuple de la justice dont on a besoin. Ce sont des greffiers, c'est du personnel administratif. Je disais tout à l'heure, des enquêteurs qui ne sont pas assez nombreux. Et puis à l'opposé, à l'autre bout de la chaîne, c'est effectivement un système pénitentiaire qui soit adapté. Des peines qui tombent, des peines qui soient effectives et des peines qui ne soient pas aménagées pour des gens qui ont agressé, violé et a fortiori tué des enfants dans notre pays.

5:26
Présentateur

Un dernier mot là-dessus concernant les violences dans le périscolaire. On parle beaucoup de Paris, mais c'est vrai dans de très nombreuses villes de France. Est-ce qu'on est face à des violences systémiques ? Là, on parle de 132 suspendues dans les écoles de la capitale depuis le début de l'année, 52 pour violences sexuelles. C'est un système qui était en place ?

5:41
Sébastien Chenu

En tous les cas, on a l'impression que si ce n'est pas un système, il y a eu des yeux qui sont restés fermés, les yeux des élus parisiens qui sont restés fermés face à ce qui a été visiblement organisé. Or, si c'est organisé, ça ressemble à un système. Et moi, j'en veux beaucoup à l'appareil politique socialiste, socialo-communiste parisien, d'avoir fermé les yeux sur tout cela, dont les remontées ont été quand même significatives toutes ces années passant, et sur une organisation dont les enquêtes nous diront si elle était systémique.

6:09
Présentateur

Emmanuel Grégoire, qui est le maire de Paris, dit qu'il veut poursuivre au pénal. Tous ceux qui sous-entendront que la ville de Paris a sciemment engagé des pédocriminels, évidemment, vous dites qu'il a raison ?

6:19
Sébastien Chenu

Enfin, Emmanuel Grégoire aurait dû déjà s'occuper de poursuivre au pénal toute personne qui a offert des articles 40, visiblement à chaque fois qu'il y a eu un signalement de fait. Là, je l'entends en train d'essayer de mener la guerre à ceux qui dénoncent les faits. Moi, je pense qu'Emmanuel Grégoire n'a pas pris la mesure, visiblement, et encore moins pendant la campagne électorale, où quand même les regards ont été très détournés de ça, n'a pas pris la mesure de ce qui se passait dans la ville de Paris.

6:44
Présentateur

Laure Miller, qui est une députée EPR, a dit il y a quelques jours à l'Assemblée nationale qu'elle avait honte de l'attitude des élus de la République. Et il dit, est-ce qu'il est possible de travailler sur ce sujet de façon transpartisane et de laisser les querelles politiques de côté ? Est-ce que vous êtes prêts à vous mettre tous ensemble autour de la table pour un grand projet de protection de l'enfance ?

7:00
Sébastien Chenu

Non mais, d'abord, il y a deux choses. On ne cherche pas, quand on fait de la politique, à tout prix le consensus. Je veux dire, faire de la politique, c'est avoir des idées. Ce n'est pas des grandes causes qui nous dépassent tous. Mais il peut y avoir des grandes causes qui nous mobilisent tous, ça en fait partie. Mais je vous disais, et d'ailleurs on le disait, tout ça, on arrive chacun avec une philosophie, avec un rapport aux choses. Et quand vous avez effectivement à l'extrême gauche des gens qui vous ont dit pendant des années comme M.

Gunn-Bendit que tripoter des gamins, ce n'était pas grave, comment voulez-vous qu'on trouve un consensus avec des gens qui défendent ce genre d'idéologie ? J'ai entendu des propos de Mme Rousseau sur les hommes bien souvent qui font qu'on ne peut pas trouver des consensus avec ce genre de personnages. On peut trouver des moyens, on peut ouvrir des débats. Est-ce que c'est la recherche du consensus avec des gens qui pensent à l'opposé de vous, qui pensent que la famille est à détruire, qui pensent que tous les hommes sont des coupables en puissance ? On ne peut pas trouver de consensus avec des gens qui pensent ça.

En revanche, que ce soit une cause qui nous mobilise tous et la recherche de solutions les plus pérennes, les plus efficaces, les plus dures aussi en matière de punition de ceux qui s'attaquent aux enfants dans notre pays, oui, là, ça doit pouvoir nous mobiliser.

8:04
Présentateur

Protéger les enfants, notamment les enfants comme la jeune Philippine qui a été assassinée en 2024 par un OQTF. La proposition de loi du député Charles Rodouel a été adoptée. Elle porte le nom de cette jeune fille, non ? Pour permettre d'allonger les délais de rétention à 210 jours pour les étangeries dangereuses. Vous l'avez votée. La gauche est opposée. Charles Rodouel affirme que certains élus de gauche ont comparé ces CRA, les centres de rétention administratives, au camp de concentration. Qu'est-ce que ça vous inspire, Sébastien Chenu ?

8:30
Sébastien Chenu

Pour d'abord, moi, je veux féliciter Charles Rodouel qui a pu faire passer cette proposition grâce aux voix du Rassemblement national. Je pense que cette proposition, cette loi dite la loi Philippine, effectivement, si elle avait existé, aurait protégé cette jeune fille. La gauche a été indigne. La gauche, dans son ensemble, est toujours là pour défendre le délinquant, toujours là dans des excès de langages qui sont très choquants, car faire le parallèle entre un CRA, un centre de rétention et un camp de concentration.

Je vous rappelle que les centres de rétention administratives sont gérés par des fonctionnaires français, sont des centres dans lesquels il y a des gens qui ont vocation à repartir et mettre le parallèle avec le camp de concentration me semble au mieux déplacer. Au pire, c'est encore l'utilisation de l'histoire la plus épouvantable du monde à des fins politiciennes. L'extrême-gauche et la gauche et ses partenaires se sont encore une fois déshonorés. Ils ne sont jamais là, jamais au rendez-vous pour protéger les Français. Jamais.

9:29
Présentateur

Est-ce qu'il faut un référendum ? Ce matin, à la ligne du JD News, Alexandre Jardin demande un grand référendum sur la justice. Il faut rendre la parole au peuple sur ces grands sujets. Sébastien Chenu ?

9:39
Sébastien Chenu

On peut imaginer des référendums. Moi, je suis partisan du référendum. Nous, au Rassemblement National, on en propose un sur l'immigration. Vous me direz, il y a un lien très fort entre immigration et délinquance. La surreprésentation de populations étrangères, on le voit dans les prisons, 25% des détenus ont la nationalité étrangère. Donc, nous, on veut d'abord un référendum sur l'immigration. Après, un référendum sur quoi ? Sur la justice. Occupons-nous d'abord d'ajuster les peines, de trouver des moyens. Mais on peut tout regarder. Mais je pense que la priorité, c'est le référendum sur l'immigration. Et puis ensuite, c'est de remettre debout notre système judiciaire.

10:11
Présentateur

Vous pouvez aller les étrangers qui sont détenus dans nos prisons. Évidemment, votre proposition, c'est de les expulser. On en arrive toujours au même problème. Les laisser passer consulaires, les renvoyer dans des pays qui ne veulent pas les accepter. Qu'est-ce que vous faites ? Est-ce que vous avez une proposition ?

10:24
Sébastien Chenu

Oui, mais à partir du moment où on ne tente pas le bras de fer avec ces pays-là, on le voit avec l'Algérie. Est-ce que ça a marché ? Rien n'a marché avec l'Algérie parce que rien n'a été tenté. C'est-à-dire que le bras de fer qu'on doit tenter...

10:34
Présentateur

Bruno Retailleau n'a pas tenté ?

10:35
Sébastien Chenu

C'était très timide. C'était un petit bras tout maigre. C'était un petit bras sans muscles. C'était pas grand-chose. Et puis, il a été vite découragé. Et puis, finalement, il s'est sauvé du gouvernement dans lequel il n'avait finalement jamais rien eu à faire. Il n'aurait jamais dû aller dans ce gouvernement Macron-Bruno Retailleau. C'était mort d'emblée. Mais tenter le bras de fer, ça veut dire faire pression sur les visas, faire pression sur, là aussi, une espèce de caste qui se fait soigner dans notre pays, qui a un certain nombre de biens, sur la possibilité des transferts d'argent, sur les subventions, l'aide internationale, la coopération.

Tout ça, c'est des chantiers sur lesquels il faut agir si on veut faire pression sur les États. Je rappelle qu'il y a aussi des États européens qui ont des étrangers, qui ont des citoyens à eux, qui sont des étrangers pour nous, qui sont dans nos prisons, et avec lesquels il est possible d'avancer probablement un peu plus facilement.

11:24
Présentateur

Sébastien Chouinou, on parle d'immigration au niveau européen. Le pacte Asile, l'immigration est effectif. Est-ce que ça va changer quelque chose ? Est-ce que vous saluez, par exemple, le travail de François-Xavier Bellamy, qui a fait bouger les lignes, qui n'a pas hésité à travailler avec toutes les droites européennes ? Est-ce que ce n'est pas un signal que vous pourriez faire pareil en France ?

11:38
Sébastien Chenu

C'est une bombe à retardement, ce pacte des migrations, parce qu'en fait, ça dit idéologiquement qu'on doit accepter le déménagement du continent africain sur le continent européen. Et je pense qu'à partir du moment où l'Union européenne essaye de faire passer cette fumisterie, cette idée néfaste, c'est une bombe à retardement qui va en plus nous coûter cher financièrement. Moi, je salue les élus, quels qu'ils soient, et ceux du Rassemblement national ont été largement à la manœuvre, pour essayer effectivement de protéger les Français de cette idéologie européiste. Demain, ça fait partie des chantiers qui sont devant nous. Vous savez, François Bayrou parlait d'Himalaya.

Il y a plusieurs Himalayas devant nous. Il y a la lutte contre l'immigration, il y a le narcotrafic, il y a la démographie. Si vous ne vous attaquez pas à ces Himalayas-là, alors le pays va s'écrouler.

12:24
Présentateur

Il y a un autre Himalayas qui se dresse devant vous, Sébastien Chenus, c'est la date du 7 juillet. La justice rendra son verdict dans l'affaire des assistants parlementaires européens. Tout le monde retient son souffle, j'imagine, au parti que vous représentez. Savoir si Marine Le Pen sera éligible ou pas. Est-ce que vous avez, vous, déjà choisi votre candidat, ou est-ce que c'est la justice qui va le faire ?

12:44
Sébastien Chenu

C'est quand même étrange que dans une démocratie, ce soit la justice qui dise finalement qui sera le candidat du Rassemblement national à l'élection présidentielle. Nous, on est organisé toujours de la même façon. Marine Le Pen est notre candidate. Si la justice la privait du rendez-vous avec les Français, qui est un rendez-vous attendu, pour lequel elle est prête, eh bien Jordan Bardella, qui est le président de notre parti, prendrait la relève et irait effectivement rencontrer les Français pour porter notre proposition politique.

Donc nous, on s'est organisé, mais c'est vrai que notre sort politique est entre les mains de la justice et quelque part finalement, c'est aussi le sort des Français qui est entre les mains de la justice à travers la possibilité ou pas pour Marine Le Pen d'être candidate.

13:20
Présentateur

Est-ce qu'il n'y a pas des tiraillements en interne, en coulisses, ORN, entre les deux équipes ? On peut imaginer que, voilà, il y a une forme de concurrence entre les équipes de Marine Le Pen et de Jordan Bardella ?

13:29
Sébastien Chenu

Non, je crois que ça travaille bien. D'ailleurs, vous savez, les programmes, que ce soit ceux des élections européennes ou des législatives anticipées, les dernières qu'on ait pu avoir, elles ont été organisées, portées par les mêmes équipes. Chez nous, vous savez, l'offre politique, ce qu'on propose aux Français, je crois que c'est assez clair. Les Français savent très bien qu'avec nous, il y aura moins d'immigration, moins de fiscalité, plus de sécurité et la restauration de toutes les autorités. L'éducation nationale en fait partie. Donc, vous savez, sur ça, il n'y a pas de mystère.

On n'a pas de mystère sur nos candidats, contrairement aux autres et à la cinquantaine de candidats aux élections présidentielles. Ce n'est pas de mystère pour Jean-Luc Mélenchon.

14:02
Présentateur

Non, ça, c'est clair. C'est votre adversaire le plus inquiétant pour vous ?

14:06
Sébastien Chenu

Ça dépend de ce qu'on met inquiétant. Jean-Luc Mélenchon, il est inquiétant dans le sens où je pense qu'avec lui, c'est la bascule du pays, c'est la ruine du pays. Moi, je trouve qu'Edouard Philippe, dans un autre genre, est très inquiétant parce que c'est la poursuite de la Macronie. Gabriel Attal, son clone, c'est pareil. Ça, c'est la poursuite de la Macronie. Ce qui est très inquiétant aussi parce qu'à la fin, le pays bascule également. Donc, moi, je crois qu'il faut prendre les gens très au sérieux, nos adversaires très au sérieux. D'un côté, vous avez un candidat de la espèce de révolution permanente et du communautarisme qu'est Jean-Luc Mélenchon qui souffle sur les braises.

Et de l'autre côté, vous avez la poursuite de la Macronie. Ni l'un ni l'autre ne sont des scénarii qui permettront à notre pays de relever la tête.

14:42
Présentateur

Mais avec le risque de voir la France insoumise au second tour, vous pensez que Jean-Luc Mélenchon peut passer, être élu un jour président de la République ?

14:52
Sébastien Chenu

C'est capable de rassembler plus de 50% des Français. Mais je ne sous-estime pas Jean-Luc Mélenchon. Son discours est clair. Sa technique est claire. Il sait faire campagne. Je pense qu'il est un adversaire dangereux pour le pays. Et le sous-estimer en disant que ce sera 60-40, ce serait faire commettre une faute importante.

15:11
Présentateur

Il y a des élus comme Xavier Bertrand qui estiment qu'il est difficile de vivre en France quand on est musulman, juif ou quand on ne porte pas le prénom issu du calendrier grégorien. Vous comprenez ces déclarations ?

15:20
Sébastien Chenu

Je ne sais pas dans quoi Xavier Bertrand s'est perdu. Je crois surtout que dans ce qu'il dit, il n'y a zéro sincérité.

15:26
Présentateur

Il dit Bardella Le Pen, c'est la même chose. Il n'y a pas de sincérité

15:27
Sébastien Chenu

dans ce que dit Xavier Bertrand. C'est une espèce de calcul pour dire moi je vais essayer d'entrer par la petite porte et puis devenir l'adversaire numéro un du Rassemblement National. C'est un calcul. Un jour, Xavier Bertrand était un homme de droite. Il y a longtemps, il a été un homme de droite. Il a été un homme qui défendait l'identité de son pays. Aujourd'hui, il est finalement un sous-marin du mélanchonisme.

15:52
Présentateur

90% des voix une motion appelant à faire barrage aux idées de l'extrême droite. Elle part du principe que si vous étiez au pouvoir, vos idées seraient un danger pour les personnes les plus précaires. Est-ce que vous comprenez une telle prise de position sur des associations qui sont censées être neutres politiquement ?

16:06
Sébastien Chenu

Moi j'ai beaucoup de respect pour les bénévoles et les permanents d'ailleurs de l'association Emmaüs et cette première, cet engagement politicien d'Emmaüs me semble raisonner de façon très négative. Pourquoi ? Parce que d'abord, Emmaüs est censé s'occuper de la solidarité dans notre pays et pas faire de la politique politique politicienne et puis surtout Emmaüs c'est une association qui est subventionnée par le Fonds Social Européen et moi je pense que lorsqu'on touche des subsides publics et bien on ne fait pas de politique. Lorsqu'on a un financement important ou pas important d'ailleurs et bien on reste neutre et ça devrait être un principe sain dans notre société.

Toute association qui prend des positions politiques au moment des élections ne devrait pas recevoir de soutien financier de la puissance publique. Si vous voulez faire de la politique, vous avez le droit d'en faire mais pas avec l'argent des Français. C'est valable pour l'audiovisuel public, ça devrait être valable aussi pour les associations qui touchent l'argent des Français.

16:56
Présentateur

Sébastien Chenu, un mot de la Coupe du Monde, l'équipe de France a entamé hier son parcours en remportant le match face au Sénégal. Vous dites bravo bien sûr et vive les Bleus.

17:06
Sébastien Chenu

Bien sûr, notre équipe a été extraordinaire. Je salue le beau match qu'on a pu voir hier soir.

17:14
Présentateur

de Kylian Mbappé notamment.

17:15
Sébastien Chenu

Oui, mais moi j'étais en séance avec Marine Le Pen. On défendait la Corse hier et une autonomie encadrée, une autonomie modernisée finalement des institutions corse. Donc on n'a pas pu regarder le match. Je note simplement qu'on est parfois moins exigeant de pays comme le Sénégal que d'autres pays comme Israël. Je n'ai pas entendu d'appel ni au boycott ni de réserve sur le Sénégal. Je rappelle que le Sénégal a pris des dispositions pour maltraiter les homosexuels dans son pays. J'aurais bien aimé entendre quelques voix, les grandes voix de gauche, les donneurs de leçons, le journal, l'équipe, etc. Là, il n'y a pas un mot.

17:49
Présentateur

Un dernier mot sur les violences liées au football. On a vu après la victoire des PSG ce qui s'est passé à Paris. Est-ce que vous redoutez qu'un tel scénario se produise ou pas ? Ou est-ce qu'on peut espérer avoir des soirées festives sans débordement violent ?

18:02
Sébastien Chenu

Il faut l'espérer, il faut le souhaiter. C'est comme ça que notre pays doit vivre. Mais malheureusement, à chaque fête de la musique, à chaque match de foot, le 14 juillet, les Français redoutent, se posent la question de savoir s'ils vont sortir en sécurité. C'est quand même problématique que dans notre pays, on se pose ce genre de questions avant d'aller célébrer un bon moment. C'est le problème

18:23
Présentateur

du dispositif du maintien de l'ordre pour vous qui est posé ou pas ?

18:25
Sébastien Chenu

Ce n'est pas forcément le problème du dispositif du maintien de l'ordre. C'est le problème, là encore, de l'autorité, des peines, de l'exécution des peines et de la justice. Vous savez, si des gens cassent vol, cassent un abribus, ça coûte 5000 euros de casser un abribus, mais savent qu'à la fin, ils ne le rembourseront jamais et ne verront jamais les barreaux d'une prison, ne serait-ce qu'une semaine, eh bien, ils vont continuer à le faire. Donc, je pense que là encore, la restauration des autorités dans notre pays, c'est un chemin sur lequel nous, nous sommes engagés.

18:50
Présentateur

Merci beaucoup. Sébastien Chenu, député RN du Nord, d'être venu ce matin dans le matin à le CNews et à l'Europe 1. Bonne tournée.

18:55
Sébastien Chenu

Merci Sébastien Chenu, merci Laurence Ferrari. Dans un instant, vos signatures européennes du mercredi et votre club culture. A tout de suite.