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interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 12 juin 2024 23 min

Alliance Bardella-Ciotti, législatives anticipées, présidence LR... Le 8h30 franceinfo de Jean-François Copé

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

Bonjour Jean-François Copé.

0:05
Jean-françois Cope

Bonjour.

0:05
Présentateur

Jordan Bardella, président du Rassemblement National, a confirmé hier soir un accord avec votre parti, Les Républicains.

0:13
Jordan Bardella

Je vous confirme ce soir qu'il y aura donc un accord dans ces élections législatives entre le Rassemblement National que je préside et que je conduis, Les Républicains. Et il y aura un certain nombre de députés des Républicains sortant ou investis qui seront soutenus par le Rassemblement National.

0:29
Présentateur

Il parle de plusieurs dizaines de députés LR prêts à travailler avec le Rassemblement National, dont des sortants qui seront soutenus par le RN. Il dit vrai ?

0:38
Jean-françois Cope

Il parle tout seul surtout. Il parle tout seul. Il parle tout seul avec Eric Ciotti tout seul. Donc ce n'est pas comme ça que ça marche en fait.

0:44
Présentateur

Mais il parle quand même de plusieurs dizaines de députés. Est-ce que vous faites un estime en interne pour savoir de qui il s'agit ?

0:48
Jean-françois Cope

Depuis dimanche soir, il y a un nouveau sport qui est à la mode, c'est le poker. C'est du bluff là ? Vous avez Emmanuel Macron qui a joué l'avenir de la France au poker. Et puis là, vous avez Jordan Bardella qui, sur un magnifique coup de bluff, fait croire que LR a fait un accord avec l'extrême droite.

1:07
Présentateur

C'est quand même ce que dit votre patron du parti, Eric Ciotti.

1:11
Jean-françois Cope

Comme vous l'avez vu, dans les deux heures qui ont suivi, la totalité des dirigeants et des responsables politiques des Républicains, moi y compris, j'ai été un des premiers à dire les choses très clairement, nous l'avons totalement désavoué. Voilà. Donc les choses sont très claires. C'est une décision qui est contraire à tous les engagements que nous avons pris, qu'il a pris lui-même, Eric Ciotti, devant les militants. C'est contraire à l'histoire de la droite de gouvernement depuis toujours, qu'elle soit de sensibilité gaulliste, centriste, européenne, libérale, sociale. Nous avons toujours été très clairs sur le fait qu'il n'y aurait jamais d'aller lui avec l'extrême droite.

1:50
Présentateur

Parce que c'est pas n'importe qui, c'est le patron de votre parti. Vous-même, vous avez exercé ces fonctions à la tête du parti. Comment on en arrive là à avoir un patron des Républicains qui arrive sur le plateau du 13h de TF1 et qui annonce un accord avec l'extrême droite ?

2:04
Jean-françois Cope

C'est vous dire que les temps ont beaucoup changé et que malheureusement, le LR d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec la grande UMP que nous avions construite ensemble et qui avait conduit à de magnifiques victoires. La dernière en date étant la vague bleue municipale que j'avais conduite en 2014 et qui fait que nous avions près de 70% des villes de plus de 9000 habitants qui étaient passées à droite. Effectivement, il y avait 400 000 militants et sympathisants. Enfin, c'était autre chose. Aujourd'hui, on a des individualités. On en a une en particulier qui a, au mépris de tout ce qu'il nous a dit, même 24 heures avant. Enfin, je l'ai eu 24 heures avant au téléphone.

Il n'a jamais parlé de ça. J'ai compris qu'avec mes amis sénateurs, il a fait exactement le même mensonge. Donc, en réalité, ça discrédite complètement sa démarche, qui est une démarche individuelle, dont on peut imaginer les ressorts personnels. D'ailleurs, on a bien compris. Il a fait des calculs sur sa circonscription qui est peut-être en danger. Peut-être qu'il rêve d'avoir un ministère, j'en sais rien. Mais en tout état de cause, je peux vous dire que ça ne sera absolument pas la ligne des Républicains. Mais je peux vous dire pourquoi, surtout. Parce que ça vaut peut-être la peine qu'on se pose deux secondes. Parce que moi, le numéro des...

Ah oui, mais il y a des micro-trottoirs qui expliquent qu'il y a des militants qui disent qu'il faudrait le faire, l'union des droites, etc. La réalité, c'est que contrairement à tout ce qu'on peut penser, nous n'avons rien en commun avec l'extrême droite.

3:21
Présentateur

Ça, on va rentrer dans le détail quand même.

3:22
Jean-françois Cope

Je veux bien qu'on y rentre. Parce que si on ne le fait pas, ce serait dommage de rester sur des arbitrages partisans. Pourquoi on n'a rien en commun ? Parce que le programme économique du Front National, c'est un programme de gauche. Ils ne veulent faire aucune des réformes que nous préconisons. Que ce soit sur la baisse des dépenses publiques, sur la baisse des impôts, sur la modernisation de l'État, sur les retraites, nous ne sommes d'accord sur rien. C'est intéressant, vous commencez par l'économie, mais sur les valeurs ? Premier point. Deuxième point sur les valeurs. Alors là, pour le coup, on n'a strictement rien en commun pour une raison simple.

C'est un parti d'extrême droite, populiste, là où nous sommes un parti de gouvernement. C'est-à-dire qu'on est sur deux couloirs parallèles. Qu'est-ce que c'est un parti de gouvernement ? C'est un parti qui agit en responsabilité et dont la vocation est d'expliquer à nos concitoyens que les sujets sont difficiles, qu'on ne peut pas les traiter dans un claquement de doigts et qu'on doit réussir, dans une démocratie, à avancer à travers un débat et un consensus, soit clair. La normalisation du RN, à laquelle semble souscrire Éric Ciotti, vous n'y croyez pas. Le seul fait que vous disiez normalisation dit tout. Ça veut donc dire que ce parti serait considéré et est considérable comme anormal.

Je vous pose la question. Et pourquoi ? Parce que l'histoire de l'extrême droite comme de l'extrême gauche, car en réalité Mélenchon-Le Pen, même combat. Ce sont des partis dont le seul but est de déstabiliser les institutions à leur profit. Et ça, on le sait, ce n'est pas la même histoire que des partis de gouvernement.

4:49
Locuteur non identifié

Mais vous invoquez l'histoire, mais l'histoire, les gens qui ont voté par exemple à 51% dans le département de l'Aisne dimanche, l'histoire, ils s'en fichent un peu.

4:58
Jean-françois Cope

Ils ne s'en fichent un peu pas du tout. Ils la connaissent parfaitement l'histoire. Qu'est-ce qu'ils ont voulu dire à l'occasion de ces Européennes ? Qu'ils en ont assez d'un pays qui n'est pas tenu. Or, l'échec principal d'Emmanuel Macron, nous ne cessons de le dire, c'est qu'il ne tient pas sur des valeurs essentielles qui tournent autour de l'ordre. Que demandent les Français qui votent pour l'extrême droite aujourd'hui ? Ils veulent qu'on rétablisse l'ordre à l'école, dans la rue, dans les comptes publics et aux frontières. Ce n'est quand même pas compliqué et au nom de quoi la démocratie ne serait pas capable de le faire. C'est tout ce qui est en jeu. Et comme M.

Macron a imaginé cette doctrine absurde du en même temps, qui consiste à vouloir faire plaisir à tout le monde, à gauche, à droite, dans tous les sens, il ne fait rien d'important. Et c'est la raison pour laquelle il n'y a rien d'important qui est mis en place dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre l'immigration irrégulière, de la lutte contre les trafics de drogue. Donc les moyens ne sont pas là, ça n'est pas une volonté politique parce que trop parisien, trop élitiste, probablement trop dans son monde. Il n'a jamais été maire, M. Macron, ce n'est pas le terrain qui l'intéresse, on le voit bien.

Donc il donne des leçons sans s'entourer autour de lui de gens qui ont cette expérience. Donc il a des gens sans doute très talentueux, ils ont entre 22 et 23 ans, ils n'ont jamais eu de responsabilité. Et bien nous expliquer la vie au nom du Nouveau Monde. Résultat des courses, qu'est-ce qui se passe ? Les Français, qui eux, vivent ça au quotidien, n'en peuvent plus et ils l'ont dit.

6:17
Présentateur

Sauf qu'en fait, ils ne font pas confiance à Emmanuel Macron, mais ils ne font pas confiance non plus. Jean-François Copé, quand on regarde les résultats des élections européennes, l'ERN est à plus de 31%, vous êtes à 7,5%.

6:27
Jean-françois Cope

Bien sûr, et pour cause. Moi, je ne cesse depuis le début de dire que le choix politique des Républicains d'être dans le « en même temps », parce qu'ils ont inventé eux aussi leur « en même temps », un peu au FN, un peu avec les idées du FN, et puis en même temps un peu avec les idées de Macron, fait qu'ils sont devenus illisibles. C'est pour cela que je ne cesse de dire à mes amis, il faut choisir son camp.

6:48
Présentateur

Pardon, vous dites exactement ce que dit Éric Ciotti depuis hier. Lui, il dit « j'ai tenté l'eau tiède, ça ne marche pas ». Là, aujourd'hui, les LR sont trop faibles dans l'échiquier politique. Et puis, il faut le dire, on n'est plus au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, donc le RN. Aujourd'hui, ce n'est plus le FN de Jean-Marie Le Pen, donc pourquoi pas ?

7:06
Jean-françois Cope

Non mais, il y a un truc qui ne tourne pas rond dans ce qu'il dit. Excusez-moi, il n'a pas tenté l'eau tiède. Il a assumé de ne prendre jamais de position qui soit claire, alors qu'en réalité, ce que les Français attendent des Républicains, c'est que ce soit un parti de gouvernement. Un parti de gouvernement, ça gouverne, ça ne fait pas semblant. Ça définit des lignes politiques. Or, nous n'en avons jamais défini.

7:28
Locuteur non identifié

Mais cette ligne politique, elle n'a pas d'espace, en fait. C'est ça qu'il dit. Il dit « j'ai tenté de tenir les deux bouts » et il constate qu'électoralement, aujourd'hui, ça ne rencontre pas.

7:38
Jean-françois Cope

Ben oui, mais pourquoi ? Rentrons un tout petit peu dans le détail. Tout simplement parce qu'il n'a jamais, ni lui, ni ceux qui l'entourent, sorti, depuis qu'il est en responsabilité, d'idées qui soient claires. C'était un peu dans l'un, un peu dans l'autre. Deuxième remarque. Le choix qu'il fait, tout seul, d'aller vers l'extrême droite, c'est exactement le choix qu'a fait M. Fort du Parti Socialiste en allant vers l'extrême gauche. Moyennant quoi, le PS est aujourd'hui ligoté dans des accords scandaleux qui le conduisent à cautionner des propos wokistes, des propos antisémines. Reparlez de la gauche tout à l'heure.

Mais non mais, attendez, c'est parce que nous voyons le désastre du PS qui a renié toutes ses valeurs en se roulant par terre devant Mélenchon que nous voyons bien qu'il ne faut surtout pas le faire avec Le Pen. C'est quand même pas compliqué à comprendre. Et si nous ne sommes pas aujourd'hui avec des meilleurs scores, eh bien je suis désolé de le dire, c'est parce que nous avons une crise de leadership, une crise d'idées, et que par rapport à tout ça, il nous faut assumer ce qu'est un parti de gouvernement, c'est-à-dire des idées qui en appellent à la raison, au bon sens, à l'efficacité, plutôt que des approches qui sont totalement illisibles pour les Français.

8:44
Présentateur

Vous dites qu'Éric Ciotti doit partir, lui dit j'y suis, j'y reste, mon mandat, je le tiens des militants, et seuls les militants peuvent me le retirer. En gros, vous êtes impuissant ?

8:53
Jean-françois Cope

Ben pas du tout. Le but du jeu aujourd'hui, c'est de montrer très clairement qu'il y a unanimité contre cette décision totalement solitaire qui n'a jamais été débattue. D'ailleurs, je vous signale au passage que lorsque M. Bardella nous annonce des dizaines et des centaines de députés qui le rejoignent, venant de LR, moi je n'en ai pas vu beaucoup, c'est moins qu'on puisse dire. Et pour cause, aujourd'hui je vois plutôt des gens qui menacent de démissionner, des parlementaires qui menacent de démissionner si cette ligne est validée. Et elle ne le sera pas.

9:19
Présentateur

Mais qui peut le forcer à partir ? Comment ? Qui peut le forcer à partir, Éric Ciotti ?

9:23
Jean-françois Cope

Écoutez, je ne sais pas, vous savez, quand vous êtes adhérent aux Républicains, a fortiori quand vous êtes président des Républicains, vous adhérez à des statuts et à une charte des valeurs. Dans cette charte des valeurs, il est clairement indiqué qu'il ne doit-il jamais y avoir d'alliance de quelque forme que ce soit avec les extrêmes. C'est d'ailleurs la meilleure preuve, c'est que quand tel ou tel candidat s'allie avec l'extrême droite, il est exclu. Il est exclu. Comment cet après-midi ? Parce qu'il y a un bureau politique... Moi, je ne suis pas directement dans la conduite de la conduite des choses. Je serai présent au bureau politique, naturellement, je dirais ce que j'en pense.

Mais encore une fois, à partir du moment où vous n'êtes pas dans la ligne des valeurs du parti, de fait, vous êtes contre les statuts et à partir de là, ça devient compliqué de vous maintenir. Vous imaginez sortir de la salle cet après-midi et que Éric Ciotti soit toujours le président ? Ah bah écoutez, je pense que ce ne sera pas comme ça que ça va se passer, mais encore une fois, on va laisser ce bureau politique se dérouler. Après tout, faisons le débat, on verra bien qui a un avis contraire.

10:22
Locuteur non identifié

Et en attendant, il faut désigner des candidats. La dernière présidente de la commission d'investiture s'appelle Rachida Dati, elle n'a pas été remplacée depuis sa nomination. Vous êtes plus précis que ça.

10:31
Jean-françois Cope

La présidente de la commission d'investiture, c'est Michel Tabarro. Alors ça y est, c'est pas du tout Rachida Dati. Elle est présidente du conseil national. Effectivement, elle n'a pas été remplacée.

10:38
Locuteur non identifié

Elle n'a pas été remplacée. Alors comment est-ce qu'on fait pour investir ? Comment est-ce que vous faites pour investir ? On fait une commission d'investiture

10:42
Jean-françois Cope

qui est présidée par Michel Tabarro. Elle aura lieu quand ? Elle aura lieu quand ? Je n'en sais rien. Je ne sais pas les détails, mais ça va se faire très vite. Vous savez, les délais sont très courts.

10:50
Locuteur non identifié

Et s'il y a conflit entre ceux qui disent on soutient le Rassemblement national et ceux qui disent on n'y a pas, il y a deux candidats ?

10:56
Jean-françois Cope

Il n'y a pas deux candidats. Il y aura un candidat du parti, point. C'est comme d'habitude, ça ne change pas. Il y a une ligne. Et à partir du moment ceux qui adhèrent à cette ligne ils ont l'investiture et ceux qui n'adhèrent pas n'ont pas d'investiture. Ça me paraît logique.

11:08
Présentateur

Jean-François Copé, Emmanuel Macron doit s'exprimer en conférence de presse tout à l'heure dans les coups de 11 heures. Est-ce que vous lui en voulez Emmanuel Macron ?

11:16
Jean-françois Cope

Je lui en veux. Moi je l'ai dit très clairement. Je pense que ce qu'il a fait est indigne et scandaleux. C'est impardonnable. C'est une faute politique très grave.

11:24
Présentateur

Redonner la parole aux Français.

11:25
Jean-françois Cope

Oui, mais écoutez. C'est s'il dit. Oui, je la connais par cœur la chanson de redonner la parole aux Français. Vous avez compris d'ailleurs qu'il nous a expliqué également que s'il était une nouvelle fois désavoué il démissionnait pas. Donc il y a une fois il donne la parole aux Français mais pas l'autre. C'est pour convenance personnelle. La vérité c'est que moi je l'analyse comme une espèce de coup de tête de quelqu'un qui n'a pas supporté d'être désavoué qui d'ailleurs n'a jamais parlé d'échec personnel. Jamais. C'est toujours de la faute des autres et qui ne veut pas voir qu'il y a un rejet sur sa personne considérable.

Plus il a parlé plus il a occulté la campagne de sa candidate qui n'a même pas pu ni l'ouvrir ni la clôturer sa campagne plus il a fait perdre des voix à son camp. Pourquoi ? Parce que les Français qui l'ont beaucoup aimé en d'autres temps lui font un procès en inefficacité. Voilà. Et c'est ça la réalité. En inefficacité sur ce sujet du rétablissement de l'ordre dans un pays qui est déstabilisé par les mouvances extrémistes de toutes sortes et par rapport auxquelles personne au sein de l'exécutif actuel n'est capable d'assumer clairement les choses.

12:23
Présentateur

Mais justement il existe cette décision pour mettre plus de clarté pour que les Français voilà pour qu'il y ait un débat apaisé à l'Assemblée Nationale vous-même Jean-François Copé à titre personnel vous avez plusieurs fois appelé à travailler avec Emmanuel Macron à envisager un accord de gouvernement envisager une coalition c'est terminé ? Il n'en est plus question ?

12:40
Jean-françois Cope

Mais encore une fois c'est pour ça que j'étais contre les débauchages individuels pourquoi une coalition ? Parce que si vous faites une coalition entre des partis forcément vous acceptez de faire des concessions. Or de mon point de vue il refuse de faire parce qu'il ne travaille pas avec les Républicains de concessions sur ce qui est aujourd'hui la défaillance majeure de notre pays qui est le régalien regardez ce qui se passe à l'école regardez ce qui se passe dans les domaines de la sécurité c'est aujourd'hui gravissime et c'est là-dessus que les Français mais vous entendez aussi ce que dit le Premier ministre

13:09
Présentateur

Édouard Philippe Édouard Philippe depuis hier il multiplie les apparitions médiatiques et il dit moi je propose une coalition du bloc central du parti socialiste OLR avec le camp présidentiel

13:20
Jean-françois Cope

mais ça ne va pas on ne va pas faire une alliance avec le PS ça n'a pas de sens on ne va pas continuer de faire de l'eau tiède il faut choisir vous savez je veux dire une chose non mais je voudrais vraiment qu'on soit clair la Ve République ça ne marche que sur le clivage gauche-droite c'est-à-dire deux partis de gouvernement qui s'opposent de manière claire dans un cadre qui soit un cadre républicain et où on évite les alliances avec les extrêmes mais ça est-ce que ce n'est pas avant parce que là actuellement

13:49
Locuteur non identifié

actuellement si on regarde le paysage politique l'un des scénarios il y a plusieurs scénarios mais il y en a un dans lequel on est à peu près sur une configuration comme celle-ci avec peut-être le RN un peu plus haut et un pays qui n'est pas gouvernable sauf à ce que des élus LR s'allient avec des macronistes éventuellement avec des socialistes

14:07
Jean-françois Cope

mais on ne peut pas s'allier avec des socialistes qui se sont alliés avec l'extrême gauche on ne va pas s'allier avec des socialistes qui ne veulent pas la réforme des retraites alors qu'elle nous paraît vitale pour notre pays comment voulez-vous qu'on fasse avec des gens avec lesquels on est contre nature mais la France est gouvernée comment dans ces cas-là s'il n'y a pas de majorité s'il n'y a pas d'accord il pouvait y en avoir une si monsieur Macron avait fait le choix de bon sens d'entendre que les français lui avaient dit on ne vous donne pas de majorité absolue donc vous devez composer voilà vous ne pouvez pas être un monarch absolu

14:35
Présentateur

là il parle à nouveau tout à l'heure qu'est-ce que vous attendez de lui qu'est-ce que vous attendez de lui

14:38
Jean-françois Cope

qu'est-ce que vous voulez que j'attende de lui la seule chose que je peux espérer d'abord c'est qu'il ne parle pas trop y compris pour ses propres troupes parce qu'à chaque fois qu'il parle il perd des centaines de milliers de voix et la deuxième chose c'est que surtout il assume qu'il faut un virage régalien un virage sécuritaire qui doit être porté par des partis républicains et non pas par les extrémistes c'est quand même pas compliqué de le comprendre toutes nos valeurs sont là et en réalité il n'a jamais été écrit nulle part que la démocratie ça devait être le désordre vous comprenez notre sujet aujourd'hui c'est quoi c'est que les démocraties elles sont mortelles il faut arrêter de penser que tout ça est une évidence vous avez vu le nombre de gens qui disent aujourd'hui bah finalement une dictature c'est peut-être pas mal ça remettrait de l'ordre vous voyez c'est ça le risque ils disent aussi

15:21
Présentateur

on a essayé la droite on a essayé la gauche et en fait c'était pas bien du coup on va essayer l'extrême droite

15:25
Jean-françois Cope

et bah oui c'est dommage parce que contrairement à ce que certains pensent l'extrême droite malheureusement l'histoire de France n'est pas une page blanche elle a été déjà essayée en d'autres temps le pouvoir absolu conduit forcément à l'extrémisme et à la violence c'est cela que l'on doit empêcher mais pour l'empêcher il faut qu'on fasse notre travail il y a un risque de crise de régime de faire leur travail il y a un risque de crise de régime on ne peut pas jouer comme ça avec les institutions cette dissolution n'a aucun sens elle n'était pas demandée et le faire comme il l'a fait c'est en réalité un coup de tête alors qu'il s'agissait d'une élection intermédiaire européenne qui est un malheureusement je le regrette en tant qu'européen une opportunité pour les français de manifester leur mécontentement il fallait qu'il aille à la télévision non pas une heure après mais deux jours après au calme pour dire je vous ai entendu je change de politique mais je reste dans un cadre républicain et au lieu de ça il est sorti du cadre républicain non je reste dans le cadre républicain mais je change de politique voilà encore une fois je répète je fais ce virage à droite que les français attendent mais je le fais dans un cadre républicain par opposition à cette approche qui a consisté à dire puisque c'est comme ça je dissous l'assemblée sous-entendu c'est pas moi le problème c'est mes députés et à partir de là on rentre dans une approche qui est forcément déstabilisatrice on a les JO qui arrivent comment est-ce qu'on le fait avec un gouvernement qui expédie des affaires courantes alors qu'on a un risque terroriste maximum on a un G7 qui commence quel est le poids du président de la république dans un moment international comme celui-là vis-à-vis des autres partis européens c'est absolument incompréhensible monsieur Scholz se trouve du coup devant une pression dingue de la part d'extrême droite allemande et alors le pire du pire c'est vis-à-vis de monsieur Zelensky parce que le dimanche on explique que c'est l'ami absolu et le dimanche soir on le lâche bon et le tout quand même puisque vous parlez d'histoire quand on se rappelle que le 6 juin dernier on commémore le 80e anniversaire du sacrifice de gens qui se sont battus pour la démocratie contre la dictature et que 3 jours après on a 38% de français qui votent pour l'extrême droite et 9% qui votent pour l'extrême gauche mais quand même c'est un sujet c'est quelque chose dont on doit pouvoir parler sans commencer à tout envoyer balader c'est irresponsable

17:34
Présentateur

Jean-François Copé c'est vraisemblablement Jordan Bardella qui deviendrait premier ministre si le Rassemblement National emportait la majorité absolue aux législatives le 7 juillet prochain il a l'étoffe d'un premier ministre

17:45
Jean-françois Cope

vous savez le sujet c'est pas seulement Jordan Bardella le sujet c'est de savoir ce qu'on veut pour la France et en réalité tout doit être fait pour que le Rassemblement National n'ait pas la majorité absolue parce que ça ce serait pire que tout et en réalité il faut que chacun comprenne que les conséquences psychologiques économiques financières pour notre pays seraient considérables ça voudrait dire des tensions partout parce que vous pensez bien que l'extrême gauche à ce moment là va être dans une violence permanente vous allez avoir un décrochage de la bourse qui va conduire des millions d'épargnants à se retrouver dans des situations de perte de portefeuille très significatives vous allez avoir des entreprises qui vont du coup être extrêmement fragilisées des risques de chômage et le tout avec un fonds national un Rassemblement National dont le programme économique est totalement inepte vous savez

18:37
Locuteur non identifié

il y a des entreprises d'ailleurs le MEDEF et le CPME qui sont en panique ils sont assez prudents

18:42
Jean-françois Cope

ils sont prudents ils sont prudents je suis désolé ils sont prudents oui c'est pas une organisation politique enfin les entrepreneurs ils voient bien le risque que ça veut dire je vous dis quand on voit très rapidement les inquiétudes sur les taux d'intérêt ça y est ce qu'on appelle le spread c'est à dire le décalage de taux d'intérêt entre la France et l'Allemagne vient de s'accroître de manière très significative on est dans une phase de risque majeur il faut que les français l'entendent parce que c'est leur portefeuille qui sera concerné en premier

19:09
Présentateur

justement si vous mettez deux secondes à la place de ceux qui nous écoutent qui nous regardent à la place de vos habitants un mot vous avez sûrement entendu certains de vos habitants vous dire écoutez pour moi le rassemblement national il dit ce que je vais entendre il me parle de pouvoir d'achat il me dit que je vais gagner plus il me dit que voilà les étrangers qui profitent sur le système social français et bien ce sera plus le cas avec lui quand ils vous disent ça vos habitants vous leur répondez quoi ?

19:34
Jean-françois Cope

je leur réponds qu'il y a des sujets sur lesquels je suis d'accord avec eux et d'autres sur lesquels je ne suis pas d'accord avec eux et qu'en réalité bien sûr il y a un certain nombre de partis de gouvernements qui n'ont pas fait leur boulot et que c'est inacceptable et que c'est pour ça qu'on est dans cette situation mais ce n'est pas pour ça qu'on peut donner les clés du pays à un parti extrémiste dont les solutions ne seront pas les bonnes et qui risquent au contraire de nous plonger dans un véritable chaos je vous l'ai dit sur le plan économique je vous le dis aussi sur le plan psychologique car ce sont des tensions qui vont s'accroître de plus en plus et qui non seulement ne vont pas régler les problèmes mais vont s'aggraver

20:07
Locuteur non identifié

il y en a déjà beaucoup

20:08
Jean-françois Cope

actuellement mais bien sûr ça peut encore s'aggraver évidemment évidemment que ça peut encore s'aggraver vous voyez bien le déchaînement de l'extrême gauche face à l'extrême droite et le tout dans un contexte qui n'a plus rien à voir avec la raison j'ai l'image internationale de la France tous ces éléments enfin je veux dire quand on est un citoyen français on voit bien les conséquences et pour le pays et pour soi-même encore une fois c'est sa propre épargne qui va être menacée c'est des taux d'intérêt qui vont exploser à nouveau alors qu'on est en train d'essayer de calmer le jeu enfin tout ça c'est des choses qu'il faut absolument intégrer c'est un appel à la raison plutôt qu'à la passion et encore une fois je le répète bien sûr les partis de gouvernement ils font beaucoup d'erreurs mais les partis extrémistes c'est pas des erreurs qu'ils commettent c'est beaucoup plus que ça c'est une déstabilisation des institutions alors que les périls géopolitiques

20:55
Locuteur non identifié

sont majeurs autour de nous et justement à ce propos le Kremlin déclare suivre avec attention la montée des partis d'extrême droite en France et en Europe d'autant plus dit le Kremlin qu'on mesure l'attitude extrêmement inamicale voire hostile des dirigeants français quand vous entendez ça quand est-ce que vous réagissez ? Oh je réagis

21:11
Jean-françois Cope

c'est la ritournelle des russes en ce moment ils sont évidemment ils supportent de manière ils encouragent de manière très très claire tous les partis d'extrême droite en Europe ils ont un lien que chacun connait avec le Rassemblement National et qui va évidemment nous mettre dans une situation de porte-à-faux terrible terrible et donc moi je suis là aussi pour cette raison-là très inquiet de cette situation

21:37
Présentateur

parce que vous avez vu j'imagine comme nous les leçons du scrutin des européennes les français ceux qui ont voté pour le Rassemblement National l'ont fait pour les questions de sécurité de pouvoir d'achat et aussi parce qu'ils avaient peur de la guerre la guerre en Ukraine

21:51
Jean-françois Cope

oui vous l'entendez cette crainte aussi mais attendez bien sûr qu'ils ont raison d'avoir peur de ce qui se passe en Ukraine et c'est la raison pour laquelle les occidentaux que nous sommes avons fait le choix de soutenir l'Ukraine parce que c'est une invasion d'un territoire par la Russie qui est l'imitrophe de l'Europe et donc on doit protéger notre continent bien entendu face à cette situation c'est le bon sens même et je peux comprendre tout à fait que les maladresses d'Emmanuel Macron disant qu'il allait envoyer des soldats français sans en parler à personne est venu évidemment aggraver la situation mais une chose est de soutenir l'Ukraine une autre est d'entrer en guerre il n'est pas question pour nous aujourd'hui d'entrer en guerre notre sujet aujourd'hui c'est comment on arrive à empêcher la Russie à travers son invasion de l'Ukraine à déstabiliser notre continent en termes énergétiques en termes de sécurité et en termes de valeur c'est quelque chose qu'on peut comprendre le problème c'est qu'à partir où Marine Le Pen et le Rassemblement National ont des liens extrêmement forts avec le régime de M.

Poutine comment vous dire je pense que les français peuvent l'entendre voilà malheureusement c'est un tout quand on vote Front National on ne vote pas que par rapport à l'immigration on vote aussi par rapport à ces options en politique étrangère merci beaucoup Jean-François Copé d'être venu sur France Info