Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewfranceinfo — 8h30 franceinfo· 5 mai 2021 26 min

Régionales en Paca, collectivités face au Covid, cannabis... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Présentateur

France Info. Bonjour Gérard Varcher. Bonjour. Ça y est, Renaud Muselier est à nouveau votre candidat au régional en PACA. Tout est pardonné.

0:13
Gérard Larcher

Écoutez, hier nous avons vécu une journée qui au fond est une journée de la clarté. Et la clarté est indispensable, me semble-t-il, dans la vie politique. Parce que c'est l'absence de clarté qui crée la défiance. Et vous le savez, depuis des mois et des mois, je pense qu'il faut que nous créions cet espace qui existe, mais que nous le formalisions entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. On ne peut pas ne pas offrir aux Français, l'an prochain, pour l'élection présidentielle, un vrai choix. Et puis l'élection régionale, c'est une élection territoriale. Le président du Sénat ne l'oublie pas.

Un bon bilan de Renaud Muselier en région sud, rien que son bilan environnemental est un des plus exceptionnels dans le pays. On a la clarté, les choses sont claires. Renaud Muselier est investi, il a d'autres soutiens, c'est ce qu'il souhaitait, et non pas l'investiture. Et il y a six têtes de liste. Ce n'est pas exactement une investiture, c'est un soutien. Oui, mais d'autres présidents sont dans la même situation.

1:15
Invité

Il y a trois jours, Renaud Muselier perdait l'investiture de son parti. Alors, à cause de la fameuse alliance avec les marcheurs, hier soir, elle lui a été rendue. À quoi il s'est engagé précisément pour vous convaincre ?

1:26
Gérard Larcher

C'est très clair dans le communiqué que nous avons voté tous ensemble. Dites-le nous. C'est une tête de liste LR, Renaud Muselier, des têtes de liste départementales, quatre LR et deux centristes, une nouveau centre, une appartenant à l'UDI, aucun parlementaire issu de la majorité présidentielle LREM, aucun ministre, le combat contre le Front National. Tout ça, nous l'avons écrit clairement et il appartiendra à Renaud Muselier de constituer comme les autres candidats soutenus, de composer les listes en lien notamment pour la famille des Républicains avec les présidents de fédération.

2:10
Présentateur

Ça veut dire que si Sophie Cluzel, la secrétaire d'Etat qui était la tête de liste des marcheurs en PACA jusqu'à ce week-end, jusqu'à ce qu'elle annonce son retrait en profit de Renaud Muselier, veut rejoindre Renaud Muselier, elle doit démissionner du gouvernement ?

2:21
Gérard Larcher

Non. Je pense que la clarté, c'est pas des manœuvres. Et que la recomposition politique annoncée de Paris par le Premier ministre, elle a échoué. Donc elle ne peut pas, en aucune manière, être sur la liste, même si elle rend son... Les choses ont été dites clairement, tout est dans le communiqué.

2:36
Invité

C'est pas ce que dit ce matin à Renaud Muselier, il s'est exprimé au cas de vérité sur France 2, et il dit que si Sophie Cluzel démissionne, eh bien elle est la bienvenue sur ses listes. Écoutez, en fait, vous n'êtes pas certain qu'aucune personnalité n'en marche quand tu restes sur la liste ?

2:50
Gérard Larcher

Écoutez, je pense qu'il y a un communiqué clair, il y a des positions claires, et toute la journée, nous avons en quelque sorte clarifié les choses, et ça s'est fait dans un dialogue parfois tonique, mais au fond, dans un vote, dans un vote final qui a été là.

3:07
Invité

Si on vous pose des questions ce matin, c'est que c'est pas très clair, de la bouche même de Renaud Muselier.

3:11
Présentateur

Vous lisez le communiqué, Renaud Muselier l'a voté, il est clair. C'est si grave que ça, de s'allier avec les marcheurs, le Premier ministre est un homme de droite, une partie du gouvernement, dont certains des ministres les plus importants sont également issus de vos rangs, issus des Républicains. En quoi ça aurait été une alliance pour vous, entièrement contre nature ?

3:28
Gérard Larcher

Parce que, je le pense, et je reviens à la clarté politique, nous n'avons pas, nous ne soutenons pas, la même politique que celle conduite par le Président de la République et le Premier ministre.

En matière sécuritaire, en matière économique et financière, si on prend avant Covid, qu'on regarde ce que dit la Chambre des Comptes il y a quelques semaines, jamais on n'a réduit la dépense publique, nous n'avons pas réduit la dette, et je parle avant Covid, nous n'avons pas répondu aux défis de la question migratoire, que ce soit au plan européen ou au plan national, et puis nous, ça nous ramènera peut-être à un autre sujet d'aujourd'hui, on ne veut pas déconstruire l'histoire, on veut l'assumer, avec ses moments d'ombre et de lumière, avec ses moments d'ombre et de lumière, mais nous avons une autre vision.

4:19
Invité

Vous parlez de clarté là depuis tout à l'heure, sauf que vous n'avez pas tous réagi de la même manière, quand vous avez appris que Gilles Platret, en Bourgogne-Franche-Comté, faisait alliance donc avec Debout la France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, qui a pourtant rejoint Marine Le Pen en 2017. Il n'y a pas un problème là ?

4:33
Gérard Larcher

Écoutez, d'abord ce n'est pas de la même nature, et je le dis, on ne peut pas s'allier avec Debout la France, tant que Debout la France n'a pas renoncé à la stratégie qui l'avait conduite en 2017 à soutenir Mme Le Pen. Je suis extrêmement clair. Vous ne pouvez pas ne pas dire que moi, je ne suis pas extrêmement clair, jamais d'alliance avec le Rassemblement National.

4:53
Présentateur

Alors est-ce que ce cas, Gérard Larcher, a été abordé hier lors des deux réunions au siège des Républicains auxquelles vous avez participé ? Celui de la Bourgogne-Franche-Comté et de cette alliance ?

5:01
Gérard Larcher

Nous traitions hier de Provence-Alpes-Côte d'Azur, et nous traitions d'Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, à le soutien, l'investiture, à l'unanimité.

5:16
Invité

Mais sur le fond des idées, il n'y a pas un problème à s'allier avec Debout la France aujourd'hui, et de créer tout un psychodrame sur une alliance avec En Marche ?

5:24
Gérard Larcher

On ne s'allie pas avec Debout la France. Vous verrez les réalités. Vous verrez où est Debout la France. Si Debout la France, un jour, renonce à ce qu'il a conduit en 2017, mais ça n'est pas une alliance avec Debout la France, c'est pas une alliance d'appareils. J'ai moi-même dit à Gilles Plattret ce que j'en pensais.

5:41
Invité

Vous lui avez dit de renoncer ?

5:43
Gérard Larcher

Que ce n'était pas mon choix, en tous les cas. Et que vous a-t-il répondu ? Écoutez, il m'a entendu, nous verrons bien. Est-ce que la Commission Nationale d'Investiture pourrait se poser les mêmes questions qu'elle s'est posée avec Renaud Muselier ? Écoutez, c'est un débat qui appartient... On a des structures, on a un comité stratégique, on ne décide pas tout de Matignon ou de l'Elysée, vous voyez ? On n'a pas la centralité absolue dans notre vie politique. Je crois qu'on gagne à la clarté si on veut reconstruire la confiance dans la politique.

6:11
Présentateur

Propos de François Baroin, tenu hier face à Renaud Muselier, propos qui s'adressait à lui. Tu ne peux pas être celui qui met une balle dans la tête de la droite. Est-ce que dans une famille, on se parle comme ça ?

6:21
Gérard Larcher

Écoutez, entre amis, on peut se dire les choses. Je ne sais pas comment est sorti un ensemble de mots. Vous confirmez que ça a bien été dit. Mais nous avons eu au moins la franchise entre amis de se dire les choses.

6:34
Invité

La droite, elle est menacée d'extinction ou de schisme ?

6:37
Gérard Larcher

Elle a signé hier, à mon avis, la conquête de cet espace pour lequel je milite, qui va me conduire avec d'autres à ce que nous ayons un candidat ou une candidate qui propose une alternative aux Français. C'est, pardonnez-moi, plutôt une bonne journée que la journée de la clarification. C'était pas Waterloo pour reprendre la métaphore. C'est aussi une journée de clarté pour nos alliés. Quant à région PACA, je vois que c'est Chantal Héméhoud dans les Hautes-Alpes qui est nouveau centre, et que c'est Sophie Joissin qui a été sénatrice, qui mènera la liste et qu'elle est UDI. Je me dis que nous sommes en train de construire vraiment cet espace.

Bon, donc vous avez passé une bonne journée hier chez les Républicains, Gérard Larcher. L'important dans la journée, c'est la conclusion de la journée. C'est pas forcément le réveil. C'est en fait quand tranquillement on voit apparaître, non, le soir qui est un soir apaisé.

7:37
Présentateur

Bon, pour l'instant c'est le matin, il est 8h40, c'est le fil infos. Et tout va bien. Mélanie Delaunay.

7:42
Invité

Des parlementaires plaident pour une légalisation encadrée du cannabis. Ils expliquent aujourd'hui dans leur rapport qu'ils veulent permettre à l'État de contrôler la production, la consommation et la distribution du cannabis en faisant respecter une interdiction de la vente aux mineurs. Les sages-femmes vont manifester ce matin. Elles réclament plus de reconnaissance, un statut médical ainsi qu'un salaire à la mesure de leurs responsabilités. Les régionales en Espagne, marquées par le triomphe de la droite à Madrid. Face au résultat, le chef de file de Podemos, le parti de gauche, annonce son retrait de la vie politique.

« Quand on cesse d'être utile, il faut savoir se retirer », souligne Pablo Iglesias. L'amertume des supporters du Paris Saint-Germain, les footballeurs parisiens, s'arrêtent en demi-finale de la Ligue des Champions. Ils ont fini le match à 10 et sur une défaite 2-0 à Manchester City. L'autre place en finale se joue ce soir entre le Real Madrid et Chelsea. France Info

8:36
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info Salia Brakia, Marc Fauvel

8:41
Invité

Toujours avec le président du Sénat, Gérard Larcher. Ce qui nous différencie globalement du Rassemblement National, c'est notre capacité à gouverner. Ce sont les mots d'Éric Ciotti, député Les Républicains des Alpes-Maritimes, dans une interview à Valeurs Actuelles. Vous êtes d'accord avec lui ?

8:55
Gérard Larcher

Je crois que ça va beaucoup plus loin que cela. C'est la vision de la société, c'est notre regard sur l'Europe et sur le monde. C'est aussi, quelque part, une confiance en l'homme et non pas une peur de l'autre. C'est ça, toutes nos différences avec le Rassemblement National.

9:14
Invité

Il ne dit pas tout ça, Éric Ciotti.

9:16
Gérard Larcher

Mais moi, je dis, et ce qui compte pour moi, c'est ce que je pense, pardonnez-moi de le dire aussi fortement, ce sont des valeurs sur lesquelles je ne transigerai jamais.

9:26
Présentateur

Est-ce que vous faites, par exemple, comme une partie de la droite aujourd'hui, le lien entre immigration et terrorisme ? Bien sûr qu'il existe.

9:31
Gérard Larcher

25% de ceux qui ont commis des attentats sont des étrangers. Mais ça ne se résume pas à la seule question migratoire. Quand vous regardez le drame de Rambouillet, qui nous a touchés, les Rambouilletains, mais chez tous les Français, la communauté policière, quand vous voyez ce qui s'est passé dans d'autres lieux, il n'y a pas si longtemps, à Romand-sur-Isère ou à Nice, vous voyez bien qu'il y a des réalités. Puis il y a aussi la question de l'échec des politiques d'immigration, de l'échec de l'intégration. Donc il faut des réponses. Il faut des réponses nationales en matière de maîtrise de l'immigration. Il faut des réponses européennes. La question de la réforme de Dublin sur l'asile.

L'asile, c'est une valeur fondamentale. Voilà une des différences avec le RN. Mais il y a aussi la question de Frontex, du contrôle des frontières, de l'aide au pays en développement et de sa conditionnalité à des politiques de retour.

10:32
Invité

Pierre Marchier, on voudrait vous faire écouter un extrait d'une séance au Sénat qui date de 2015. Le sénateur de la Moselle, Jean-Louis Masson, qui siège parmi les non-inscrits, avait créé la polémique au Sénat pour ses positions proches de l'extrême droite. Le débat portait donc sur l'immigration. Justement, c'est vous qui présidiez la séance. On écoute. Par le passé, nous avons eu d'énormes vagues d'immigration, des Polonais, des Italiens, des Portugais. Et c'était des gens qui ne posaient pas de problème. On nous a dit que l'immigration avait conduit à des gens qui étaient de très bons Français, des Français remarquables.

Et c'est vrai, Necker, Madame Curie, etc., c'était des Français remarquables. Simplement, j'aurais voulu que la liste soit continuée. L'immigration d'aujourd'hui, c'est les terroristes de demain. À cette époque, il s'est fait huer par les sénateurs de droite. Aujourd'hui, s'il disait la même chose dans votre hémicycle, est-ce qu'il se ferait huer de la même manière ?

11:26
Gérard Larcher

Écoutez, je ne vous ai pas préjugé, mais je pense que oui. Parce que je vois les valeurs qui sont portées par la majorité sénatoriale, elles sont des valeurs très comparables à celles que je viens de donner. Vous savez, quand je vois la situation des camps de migrants, quand je vois la situation dans la Méditerranée, ce sont des hommes et des femmes. Moi, je me suis rendu à Lampedusa. Moi, je me suis rendu à la frontière espagnole. Je me suis rendu dans des centres de rétention administrative. En même temps, il faut gérer la politique.

11:58
Invité

Pourquoi on a l'impression que sur ce sujet, il y a deux droits irréconciliables, Gérard Larcher ? Le discours que vous tenez aujourd'hui, ce n'est pas le discours que tenait il y a quelques jours les cadres du parti.

12:06
Gérard Larcher

Écoutez, c'est le discours que je tiens et a priori, j'ai la confiance de mon parti.

12:11
Présentateur

Autre sujet, Gérard Larcher. La tribune des généraux publiée il y a quelques jours dans l'hebdomadaire Valeurs Actuelles qui a provoqué une vague d'indignation à gauche et, comment dire, un sentiment plus contrasté à droite. Écoutez ce qu'en disait par exemple la maire, les Républicains, de votre parti du 7e arrondissement de Paris, Rachida Dati, sur ce plateau.

12:30
Locuteur non identifié

Je n'aurais peut-être pas écrit comme ça, mais moi, je pense qu'on ne peut pas uniquement s'attacher au fait de dire, nous allons poursuivre ou sanctionner ces militaires en oubliant ce qui est écrit. Ce qui est écrit, c'est une réalité. Je dis simplement que sur le constat, je suis d'accord sur le constat.

12:46
Présentateur

Je suis d'accord sur le constat, ce qui est écrit est une réalité. Les militaires dénonçaient notamment la menace d'une horde des banlieues. Vous diriez la même chose qu'elle ?

12:53
Gérard Larcher

Pas tout à fait, parce que je pense que dans une démocratie, les militaires, j'en disais, sont sous l'autorité de l'exécutif, que les militaires ne sont pas là d'ailleurs pour assurer des maintiens de l'ordre, sauf cas particuliers, et qu'il y a dans ce texte une espèce d'appel sur un vrai sujet, pardonnez-moi à appeler les militaires à remettre de l'ordre. Ça n'est pas leur fonction, ça n'est pas leur mission. Et par contre, les questions qui sont posées sur l'insécurité, sur les violences dans notre pays, tout ça, c'est des sujets qui sont posés, mais que les politiques doivent régler, en lien avec les citoyens, ça n'est pas le rôle des militaires.

Ils sont là pour être au service de la nation.

13:38
Invité

Vous vous rendez compte que depuis tout à l'heure, à chaque fois qu'on vous parle de l'opinion de vos collègues, vous dites l'inverse ?

13:43
Gérard Larcher

Pas du tout, mais je crois que vous faites aussi une sélection de mots choisis, et moi je vous réponds avec mes mots. On a cité les propos, c'est l'un de vos collègues, il était à la Réunion, Rachida Dati, c'est une voix qui compte. Vous ne m'opposerez pas les uns aux autres, nous sommes un rassemblement avec des sensibilités différentes. Vous avez ma sensibilité, c'est autour de cette sensibilité-là, avec la dimension de collectivité territoriale, que j'ai été élu, et que je suis aujourd'hui,

14:09
Présentateur

par la confiance de mes collègues, président du Sénat. La crise sanitaire, Gérard Larcher, Jean Castex l'a confirmé hier devant l'Assemblée nationale, il y a en ce moment un million de doses du vaccin AstraZeneca qui sont dans des frigos, qui attendent d'être utilisés. Quand on regarde la courbe aujourd'hui d'utilisation des vaccins, tout monte, assez fortement même, sauf celle de l'AstraZeneca qui stagne ces derniers jours, on pourrait même dire ces dernières semaines. Qu'est-ce qu'il faut faire ?

14:33
Gérard Larcher

D'abord, retrouver la confiance, c'est vrai que ce vaccin est né sous une étoile, qui était une étoile qui n'a pas illuminé tous les jours, recréer la confiance. Ça ne se décrète pas la confiance. AstraZeneca, si nous voulons qu'il reprenne un chemin, j'allais dire, de croissance, je crois beaucoup à la relation entre les patients qui souhaitent se faire vacciner, leurs médecins traitants, leurs pharmaciens qui les connaissent, pour déterminer dans quelles conditions ils peuvent être vaccinés. L'exemple du Royaume-Uni démontre, quand on a fait attention aux risques éventuellement emboliques, on peut vacciner avec AstraZeneca.

Je retiens, moi, simplement que la vaccination, c'est la voie qui va nous permettre de retrouver, j'allais dire, une vie normale, et de désengorger ceux qui sont sous la pression, quand même, depuis 15 mois, je pense aux soignants.

15:29
Invité

3 milliards, c'est ce qu'ont déboursé les communes, selon l'AMF, pour permettre l'Association des maires de France, pour permettre l'installation des centres de vaccination, et leur gestion, plus du tiers des communes, ont prévu d'augmenter leur fiscalité cette année, pour combler les dépenses dues à la crise sanitaire. Est-ce que vous trouvez ça normal ?

15:45
Gérard Larcher

Qu'elles payent en lieu et place de l'État ? C'est ça la question.

15:50
Invité

C'est l'augmentation de la fiscalité que je pose.

15:52
Gérard Larcher

Attendez, un moment, pour payer, il faut bien avoir des recettes. Or, on est dans un moment de pandémie, où il y a une baisse des recettes des collectivités territoriales, une augmentation des dépenses. Je vous rappelle, qui a fait face au masque, si ce n'est que les régions, les départements et les communes, qui, quand c'était le désordre sur testé, tracé, isolé... Et aujourd'hui, les communes, elles tiennent... Je vais prendre l'exemple de ma propre commune. Le cours, pour 20 journées, c'est 80 000 euros. Pour la vaccination. Pour la vaccination. C'est 100 000 à 50 ans d'Yvelines. Et aujourd'hui, l'État parle de donner 50 000 euros pour 6 mois.

Il y a une réalité de prise en charge par les collectivités. Donc vous allez augmenter les impôts aussi, la taxe foncière ?

16:38
Invité

Bah oui, c'est ce qui est prévu.

16:39
Gérard Larcher

Il faudra bien assumer, aujourd'hui, des dépenses, quand elles ne sont pas prises en charge, par l'État. Or, je rappelle que la santé, c'est une compétence de l'État.

16:46
Présentateur

Donc soit l'État indemnise les communes, pardon Salia, soit les communes risquent fortement d'augmenter les impôts dont elles disposent, en l'occurrence, en premier lieu à la taxe foncière.

16:55
Gérard Larcher

Aujourd'hui, à la protection de la population. Leur priorité, c'est la protection de la population. Mais les impôts, c'est la fin d'année. Or, nous savons qu'il y a, dans cette priorité-là, le vaccin, le respect des gestes barrières, et qu'il y a de poursuivre, tester, tracer, isoler. Quoi qu'on en ait dit, notamment au sommet de l'État, s'il n'y avait pas les collectivités territoriales, on ne s'en sortirait pas comme aujourd'hui, je crois, nous sommes en train de nous en sortir.

17:22
Invité

Alors vous dites au maire d'envoyer les factures au ministère de la Santé ?

17:24
Gérard Larcher

Je pense que c'est un sujet dont on débattra au Sénat, je le dis puisque nous aurons un projet de loi de finances rectificative qui est annoncé pour la fin juin et le début juillet, et qu'on ne pourra pas laisser à l'abandon financier les collectivités territoriales qui, elles, n'ont pas abandonné les citoyens.

17:42
Présentateur

Le Sénat dont le président Gérard Larcher est l'invité de France Info ce matin pour quelques minutes encore. On s'interrompt quelques instants pour le Fil Info à 8h50 avec Mélanie Delaunay.

17:51
Invité

Une réunion de famille pour clarifier et les Républicains maintiennent leur soutien à Renaud Muselier dans le sud pour les régionales. Le président sortant de PACA assure ce matin qu'il n'y aura pas de parlementaire LREM sur ses listes, comme l'a demandé son parti. En aucun cas, ma région ne sera le rat de laboratoire de la recomposition politique, assure Renaud Muselier. C'est l'une des conditions fixées pour la poursuite du déconfinement le 19 mai. Le taux d'incidence est désormais en dessous du seuil de 400 cas pour 100 000 habitants dans tous les départements. Mais il n'y a pas eu de test anti-Covid samedi dernier, jour férié.

Le pass sanitaire pour les rassemblements de plus de 1 000 personnes sera débattu lundi prochain à l'Assemblée. Hier, les députés de la Commission des lois en ont validé le principe. Aux Etats-Unis, cette décision attendue sur le rôle politique des réseaux sociaux. Facebook doit dire s'il autorise Donald Trump à revenir sur sa plateforme. Le compte de l'ancien président américain est suspendu depuis 4 mois et l'invasion du Capitole par ses militants. Pas de deuxième finale de Ligue des champions d'affilée pour le PSG battu 2-0 par Manchester City qui connaîtra ce soir le nom de son adversaire, le Real de Madrid, à France-Chelsea. France Info

19:02
Locuteur non identifié

Le 8.30 France Info, Salia Brakia, Marc Fauvel.

19:07
Invité

Toujours avec le président du Sénat, Gérard Larcher. Alors le président de la République va commémorer cet après-midi le bicentenaire de la mort de Napoléon. Cet après-midi. Donc vous trouvez qu'il le célèbre à la va-vite en catimini ?

19:19
Gérard Larcher

D'abord, j'y serai à l'Institut de France. Moi, je n'ai pas une mémoire sélective. Je n'ai pas non plus l'objectif de déconstruire notre histoire, mais de la prendre dans sa totalité avec ses ombres et ses lumières. Bonaparte, Napoléon, c'est d'abord, en 15 années, une formidable transformation de notre pays. N'apport à nos institutions, l'organisation d'aujourd'hui, qu'elle soit territoriale, qu'elle soit économique, qu'elle soit l'enseignement au travers des lycées. Et Napoléon, c'est aussi celui qui a rétabli l'esclavage. Le retour de la paix religieuse, à l'époque, c'est Napoléon. Quelque part, l'accès au mérite, c'est Napoléon.

Naturellement, il y a un sujet, je le dis puisque j'ai présidé le comité Schellscher, c'est cette décision de rétablir l'esclavage.

20:17
Présentateur

Et des guerres sanglantes dans toute l'Europe pendant 15 ans, qu'on fait un million et demi de victimes.

20:20
Gérard Larcher

Oui, mais je rappelle que toute l'Europe vivait cela, mais que... Je veux dire qu'on était habitués aux guerres à l'époque. C'est d'ailleurs, en 1848, c'est un certain Victor Schellscher, dont le but est présent au Sénat, parce qu'il y a siégé, qui définitivement a effacé l'esclavage. Et on peut commémorer en même temps Schellscher et Napoléon. Bien sûr, parce que notre histoire, elle n'est pas sélective. Et là, je le disais, c'est part de lumière et c'est part d'ombre.

20:46
Invité

Et pourtant, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy n'ont pas célébré Napoléon. Le seul qui l'a fait à droite, c'est Pompidou.

20:52
Gérard Larcher

Moi, j'étais à l'anniversaire de la naissance de Bonaparte à Jacques Chiot. Et je le dis parce que, je trouve que j'occupe, comme président du Sénat, le président, celui qui a été occupé pendant quelques semaines par Bonaparte, premier consul. C'était au petit Luxembourg. Il l'a engagé. Il a, en quelque sorte, achevé ce que la Révolution avait engagé, mais aussi ce que les excès de la terreur avaient conduit.

21:22
Présentateur

Gérard Larcher, un rapport parlementaire publié aujourd'hui propose de légaliser en France le cannabis, ce qu'on appelle le cannabis récréatif, par opposition au cannabis médical, qui lui va être expérimenté ou l'est en ce moment en France, en l'encadrant sous la tutelle de l'État, en interdisant la consommation de cannabis pour les mineurs. Est-ce que la France y viendra ?

21:43
Gérard Larcher

Vous croyez qu'il est récréatif, le cannabis qu'a utilisé M. Traoré pour assassiner Mme Alimi ? Vous croyez qu'il est récréatif, le cannabis de celui qui conduit et qui provoque un très grave accident sur la route, qui conduit sous l'emprise ? Non, je suis défavorable à la dépénalisation, c'est clair, du cannabis. Par contre, je pense que nous ne faisons pas assez de prévention vis-à-vis de l'usage du cannabis. L'usage du cannabis nécessite une politique d'éducation, de prévention. Et bien sûr, la lutte contre tous les réseaux, c'est parce que nous n'aurions pas réussi dans la lutte vis-à-vis des réseaux de trafic que nous légaliserions le cannabis. J'ai une position là-dessus, Claire.

22:31
Présentateur

Qu'est-ce que vous dites aux 5 millions d'usagers réguliers des cannabis, qui sont tous des drogués ?

22:36
Gérard Larcher

Non, je leur dis que l'usage du cannabis est dangereux pour eux-mêmes, pour leur santé et pour autrui.

22:43
Invité

Mais ce n'est pas la première fois qu'on le dit, que des responsables politiques le disent. Est-ce qu'il n'y a pas un discours d'hypocrisie ? Parce que justement...

22:50
Gérard Larcher

Est-ce que vous croyez que c'est de l'hypocrisie, pardonnez-moi, de penser que ce serait récréatif de consommer régulièrement du cannabis et dans une bouffée délirante de se conduire à un assassinat ? Nous sommes là-bas à un vrai sujet. Si vous faites allusion à l'affaire... Mais je ne fais pas uniquement... C'est parce qu'elle dit la Cour de cassation. Les accidents de la route, les contrôles routiers.

23:11
Présentateur

Elle n'a pas dit que c'était parce qu'il avait fumé des joints qu'il avait tué Mme Alimi. Il a dit que depuis des années, il souffrait de démence.

23:19
Gérard Larcher

Au Sénat, il y a plus d'un an, une collègue, Nathalie Goulet, a déposé une proposition de loi que nous allons examiner. Un autre collègue, Jean Sol, sur les expertises, a déposé un texte que nous examinerons le 25 mai prochain. Ce n'est pas simplement le cannabis qui est visé, c'est la responsabilité et l'analyse de la responsabilité. On a dit qu'il n'était pas responsable. Je note simplement que c'était la surconsommation de cannabis.

23:46
Présentateur

Vous avez vu hier sans doute cette image d'un député qui s'est présenté à l'Assemblée nationale avec ce qui ressemblait à un joint. Personne n'allait vérifier ce qu'il y avait évidemment à l'intérieur. Ça vous a semblé quoi ? Incongru ?

23:56
Gérard Larcher

Écoutez, la liberté des parlementaires est absolue, mais les parlementaires sont là aussi pour respecter l'état de droit. L'usage de la drogue n'est pas aujourd'hui hormis conditions médicales, parce que le cannabis peut avoir des dimensions médicales. Et là-dessus, je pense qu'il faut être ouvert. Mais la légalisation, même encadrée, j'y suis défavorable. Je crois qu'on l'aura compris. On l'a compris.

24:24
Invité

Une dernière question à Emmanuel Macron. Mais c'est mieux de l'en dire. Ne vous énervez pas, Gérard Larcher. On va finir calmement. Emmanuel Macron a prévu de faire un tour de France cet été pour aller à la rencontre des maires, prendre le pouls du pays, dit-il. C'est une bonne chose pour vous qui critiquait son exercice du pouvoir vertical, justement ?

24:40
Gérard Larcher

Je vous raconte une petite histoire. 2017, tout part bien pour Emmanuel Macron, Conseil National des Territoires. 2018, les gilets jaunes, les maires le sauvent. Avril 2018, il nous annonce, avril 2019, à l'issue du grand débat, qu'il va faire une grande texte de décentralisation. 2020, nous venons de l'évoquer, s'il n'y avait pas eu les maires, les départements, les régions, la crise sanitaire, souvenez-vous, il y a un an, encore, porter un masque pouvait être dangereux. Et puis, aujourd'hui, nous allons avoir la loi sur la décentralisation qui doit être inscrite au Sénat.

Alors, je pense dire au président de la République, puisqu'on va se voir très vite, chiche, chiche, on fait un grand texte de décentralisation, de déconcentration, on fait confiance aux maires. Ce que je crois, et là, je le partage avec le président de la République, c'est qu'il voit bien que les 35 000 maires de ce pays, c'est dans ces temps de décohésion, dans ces temps de fracture, c'est ce qui tient le pays. Là-dessus, mettons-nous d'accord, parlons-nous. Je pense que les maires, c'est aujourd'hui un arc-boutant, un des piliers de la République. Merci à vous Gérard Larcher, très bonne journée.

Régionales en Paca, collectivités face au Covid, cannabis... Le "8h30 franceinfo" de Gérard Larcher — Gérard Larcher · Pourquijevote